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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Terminator président de l'UE ...
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
En tout cas, si ça devait arriver un jour, il s'agirait bien d'une Europe devenue l'Empire Américain d'Orient :lol:! Enfin, bravo à Serge qui a réussi à accoler "culture" à "Schwartzeneger" :lol:! -
Terminator président de l'UE ...
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Ben c'est tout qu'est-ce que j'ai dit :lol:, la preuve: Tu vois, faut pas s'énerver :lol:! -
Frappes sur la Libye, le sujet officiel!
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Fenrir dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca c'est ce que certains ont voulu vendre, dans le droit fil du "peuple contre le dictateur", mais la réalité tribale en Libye est TRES puissante, sans doute l'une des plus puissantes du monde arabe. La Libye est-elle encore juste un conglomérat bancal de tribus faisant un deal autour du pétrole? Vraisemblablement non. Mais est-elle pour autant un pays, avec une société? Non plus, pas encore: un processus de construction nationale est une chose lente, partiellement volontaire, partiellement incontrôlable, et la Libye est loin d'avoir entamé très fort ce processus. Les grandes villes et les "institutions" chargées de gérer la manne pétrolière et les quelques services purement "nationaux" ont certes pu créer dans une partie de la population un esprit "national" qui est plus en concurrence (chez ces personnes) avec l'attachement/appartenance tribale qu'il ne l'emporte complètement sur elle. Difficile, voire impossible à évaluer. Mais ce qui est sûr, c'est que les corps intermédiaires, les cadres de référence et d'appartenance, les forces internes à la Libye, en terme d'organisations politiques ayant donc des capacités de délibération, de décision et d'action, sont encore plus que largement tribaux, et une situation de conflit a plus tendance à renvoyer chacun dans cette matrice qu'à développer une société dans son ensemble (même si, ce n'est pas incompatible, certains rapprochements et changements de façons de voir peuvent se développer entre clans et tribus qui restent les intermédiaires, en tant que corps constitués). Tout connement parce qu'il s'agit de sentiment d'appartenance, de refuge, de confiance et, à de multiples degrés, d'intérêts. En attendant, les délibérations, discussions, rivalités.... Dans la Libye et au sein même du CNT se font encore sur base tribale et pour des intérêts tribaux dont un certain nombre se trouvent coalisés dans une cause "supérieure" jugée d'intérêt commun (chasser Khadaff), et en fait 2 (chasser Khadaff d'un côté, le garder de l'autre :lol:). Les tribus ne sont pas le passé, elles sont le présent et n'ont rien d'incompatible en elles-mêmes avec l'avenir, fut-il "national", si et seulement si certaines conditions sont réunies. La question n'est pas de commenter après coup, et de dire avant "impossible à dire", mais il peut être opportun de voir et dire que la situation peut évoluer de bien des façons et de dresser plusieurs scénariis alternatifs ;). -
Généralisme ou spécialisation dans le combat terrestre....
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Sauf que l'interarme reste une réalité limitée dans l'AdT (pas d'unités interarmes permanentes sauf outremer, et encore ont-elles des compagnies tournantes). Le "plug and play" est une idéologie plus qu'une réalité, parce que pour le faire, il faut plus de cohérence doctrinale, plus de cohérence entre les matériels (ce qui se définit en amont, en fonction d'une conception tactique), une meilleure formation, un meilleur recrutement, une haute exigence, une forte dispo, des cadres réellement adaptés, et aussi une reconnaissance des limites du principe qui imposent certains éléments de spécialisation à certains niveaux (EM opérationnels surtout, mais aussi spécificité de certains métiers de grandes unités: amphibie, montagne, para, blindés). Entre le soldat universel et l'ouvrier spécialisé, il y a plusieurs options réalistes, mais encore faut-il bien les approcher. -
Frappes sur la Libye, le sujet officiel!
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Fenrir dans Politique etrangère / Relations internationales
Non parce que tu ne regardes que ce que tu veux bien regarder (et quel rapport entre Cathares et guerre insurrectionnelle?): nombre de pays sont devenus indépendants via ce moyen, ou ont été colonisés par d'autres que le premier envahisseur qui s'est cassé le nez sur une résistance trop farouche et efficace qui a pu soit l'emporter par elle-même (et passer graduellement, avec la montée en puissance, à un modèle d'armée plus conventionnel pour frapper plus fort plus vite) soit avoir un allié qui vient s'en mêler. A la stupidité de l'opinion très gauchiste que "la guérilla l'emporte toujours, forcément et par essence" (et que "l'élan révolutionnaire pallie à tout et gagne tout"), faut pas répondre par la stupidité inverse de dire que les guérillas sont toujours vaincues pour peu que le fort sache se comporter bestialement: illusion complète. Certains soulèvements ou guérillas marchent, d'autres sont écrasés complètement, et entre ces 2 extrêmes existe une multitude de réalités: combien de guérillas/soulèvements, souvent internes à un pays, se sont résolus par un deal entre le pouvoir en place qui récupère la zone concernée mais à certaines conditions en échange? L'Histoire de France à elle seule est pleine de tels exemples. La guerre est la confrontation des volontés.... Et une négociation permanente, sauf affrontement avant tout idéologique et sans compromis aucun, ce qui est une rareté. Preuve que tu ne t'es pas vraiment du tout documenté sur le sujet. Yep: la vraie inconnue, le plus grand déterminant sans doute, ce sont les soutiens de Khadaffi. C'est avec eux que ça se jouera, sauf si l'occident arrive à trouver une configuration politique favorable où une intervention au sol pourrait se faire EFFICACEMENT (donc politiquement). Et encore, une telle intervention aurait surtout pour conséquence de virer Khadaff, mais pas forcément d'installer quelque chose de stable en libye. -
Généralisme ou spécialisation dans le combat terrestre....
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
En quoi? Là, la "double armée" légionnaires-auxilliaires est terriblement interdépendante; les groupements d'unités d'auxilliaires ne sont pas les Marines, même s'ils peuvent souvent gérer seuls les petits accrochages locaux. mais quand il faut se déployer en task forces un peu plus conséquentes, la totalité du dispositif est requise pour avoir une force "complète". Les auxillaires, ce sont des unités d'archers, de cavalerie lourde (puis aussi "d'ultra-lourds"), de cavalerie légère (archers et javelinistes montés), des fantassins légers (pour l'escarmouche, l'embuscade, la reco, le harcèlement, la poursuite) et des fantassins d'assaut et flanquement. Les légionnaires, bien que polyvalents, fournissent l'infanterie lourde, les spécialités techniques (avant que des unités permanentes d'ingénieurs et artilleurs ne se créent aussi) et surtout la capacité d'infanterie lourde en grandes unités avec sous-unités, pour le combat articulé. Plus globalement, il est quand même loisible de constater dans l'Histoire la tendance au conformisme des appareils militaires, qui tendent toujours vers la spécialisation de leurs unités pour une foultitude de raisons, bonnes (recherche d'optimisation d'efficacité, maximisation de l'avantage comparatif particulier) et mauvaises (rivalités et concurrences internes, poursuite jusqu'à l'absurde de la logique en cours, pensée en "petites cases" qui hait la versatilité, réflexe grégaire, castes d'appartenance interne à l'armée, compensation de la faiblesse réelle ou perçue du recrutement et trop faible formation interne qui incite à driller au maximum une tâche unique).... Et ce aux dépends de la versatilité, de la formation.... Résultat, il faut régulièrement créer ou recréer des unités "intermédiaires" entre 2 métiers devenus trop spécialisés pour assurer la cohérence du tout, complexifiant ainsi le dispositif, rendant la coordination plus dure, ainsi que la rapidité, cassant la souplesse, privilégiant certaines armes aux dépends d'autres, créant de nouvelles chapelles.... Et à l'arrivée réduisant la capacité opérationnelle, non seulement parce que le dispositif est plus dur à gérer mais parce qu'il existe plus de catégories avec un effectif équivalent, donc moins de chaque type de troupe, ce qui limite le nombre de "task forces"/armées dont il est possible de disposer, sous peine d'avoir des forces incomplètes ou trop réduites. -
Généralisme ou spécialisation dans le combat terrestre....
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Autre exemple historique: l'armée romaine, qui a évolué lentement du modèle légionnaire "généraliste" vers la spécialisation dans un dispositif interarme. Le modèle légionnaire pour les citoyens romains ne pouvait fonctionner sans des unités spécialisées, d'abord alliées (socii) puis, avec le changement d'échelles des armées et l'extension progressive de la citoyenneté, mercenaires et alliés moins fixes (auxilliaires). L'avènement de l'empire a intégré militairement les auxiliaires pour en faire une "deuxième armée" numériquement équivalente à l'effectif légionnaire, puis plus nombreuse, mais surtout rendue ainsi plus homogène en qualité et fiable politiquement. La mise en garnisons communes, l'extension de la citoyenneté, puis l'usage opérationnel de task forces adaptées aux tâches du jour (donc n'emmenant pas des légions entières, mais "dosant" mieux les forces nécessaires, surtout en fonction des impératifs de mobilité et de conservation de troupes aux frontières) ont progressivement rendu inévitable une spécialisation. Il est discutable de voir aussi dans cette spécialisation progressive des unités un corollaire d'une baisse de qualité du recrutement, ce qui ne compromettait pas forcément l'efficacité globale, mais si et seulement si le commandement, et par là aussi la tête politique, était à la fois compétent (et il faut plus de compétence pour gérer un tas d'unités spécialisées) et uni (et les querelles internes peuvent être nombreuses: des rivalités "calmes" aux conflits de personnes et aux guerres civiles ouvertes ou en devenir). Mais il est clair que de toute façon, la spécialisation fragilise un dispositif global en rendant chaque unité relativement plus "précieuse", moins risquable, mais aussi plus dépendante des autres, ce qui exige une coordination supérieure. De même, l'adaptabilité, la réactivité, peut en pâtir. -
Frappes sur la Libye, le sujet officiel!
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Fenrir dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est pratique d'avoir des clichés rassurants (c'est tout la faute aux 68-ards, bouh les méchants bien-pensants).... Alors pourquoi Machiavel, au XVIème siècle, disait déjà que les guerres de ce type (contre un adversaire "faible") étaient facilement gagnées dans les premières semaines (un adversaire avec un centre faible) et terriblement difficiles à réduire ensuite précisément parce que l'adversaire avait beaucoup de centres? Et pourquoi Rome s'est-elle échinée à rationaliser et repenser sa stratégie frontalière pendant 4 siècles contre des adversaires "faibles" et vaincus à répétition, voire dévastés, mais revenant toujours? Pouquoi tous les empires ont passé des décennies, et souvent des siècles dans ce genre de conflits sans jamais les résoudre, dans pas mal de parties de leurs territoires? Par ailleurs, l'Irak réglé? Tu as fumé quelque chose? La très relative paix du pays repose sur des groupes et bandes armés achetés par les ricains (qu'ils ne paieront pas éternellement) et qui n'attendent que l'occasion de se foutre sur la gueule et de se "partager" le territoire façon maffias: il y a une guerre civile larvée qui n'est qu'à grand-peine contenue par un gouvernement peu crédible, corrompu jusqu'à la moëlle et faible. Et l'Afghanistan gagné? Là c'est sûr, t'as fumé! Et malgré l'embargo total, les privations, la coupure des zones pétrolières (donc de la manne qui asseoit l'assise du pouvoir), la dite oppression a encore le soutien de larges groupes tribaux/claniques (pourtant par essence portés à l'auto-préservation plutôt qu'à l'enfermement dans la fuite en avant) sans qui le Khadaff ne pourrait rien; donc faudrait plutôt se poser des questions de ce côté, et non dire "le méchant dictateur contre le gentil peuple opprimé". Pourquoi ces groupes calculent-ils ainsi? -
Ils continuent leur politique de micro-parcs et micro équipements qui sont leur forme de progression incrémentale, mais ce n'est pas ainsi qu'ils comptent s'équiper: d'ici quelques temps, ils arriveront à certaines gammes de matériels satisfaisants et/ou ayant une bonne capacité d'upgrades, et les produiront pour le coup en masse et pour longtemps. Pas forcément pour TOUTES les forces, mais pour des pans significatifs d'entre elles, les autres attendant un autre matériel qui arrivera quelques années plus tard: ils peuvent se permettre, à terme, de faire dans les faits 2 ou 3 armées, voire plus, progressant en rythme différé pour ce qui est des équipements. A leur échelle, une unification totale du matos ne serait-elle pas contre-productive vue l'importance des effectifs et la réalité des besoins? Des programmes d'équipements totalement unifiés seraient trop lourds, surtout en l'état de leur complexe militaro industriel, de sa corruption, de sa lourdeur, de sa lenteur.
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Terminator président de l'UE ...
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Pas vraiment étudié la chose, mais il a été si catastrophique que cela? L'Etat de Californie était déjà terriblement mal géré avant lui, c'est d'ailleurs ce qui a permis à Schwartzy, républicain, de passer. Pour le reste, son élection sans le moindre débat contradictoire (ni avec adversaire, ni avec journaliste non aligné), uniquement avec une campagne de discours de communicants, ultra financée et ultra médiatisée, passerait mal en France et ailleurs. Enfin quand même: les 2 candidats à une "vraie" présidence européenne sont autrichiens: Otto de Habsbourg (ou son rejeton) et Schwartzy! Mais c'est quoi ce bordel?! Y'a longtemps que le coup de sa chemise sur son torse malingre ne marche plus.... Ca vieillit ces trucs là.... Et hors de France, il est plutôt ridicule quand il est, par hasard, connu: aux USA, son petit essai n'a pas été concluant. Mais s'il devait être avancé comme candidat à ce poste virtuel, ça prouverait bien que personne ne veut d'une Europe politique :lol:! -
Terminator président de l'UE ...
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Un peu de respect, jeune gourgandin, espèce de sale zazou et de graine de communiste :lol:! C'est "VAN machin truc", bordel! Ou "machin Van truc" .... -
Systèmes de recrutement: quelle meilleure armée pour quelle tâche?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Certains ici te diront que ça rentre pas dans le budget :lol:.... Disons quand même que: - repérer les profils voulus, ça ne peut se faire que au sein d'effectifs existants: l'armée peut pas et va pas faire du ciblage individuel :lol:. Donc il faut rameuter du monde et avoir un nombre donné de candidats par poste, avec incitations plus ou moins grandes à comprendre en amont que les flemmards, abrutis et glandus en manque de planque ne sont pas vraiment le matériau souhaité - une telle approche devrait imposer de pouvoir supporter quelques années de vaches maigres et de sous-effectifs avant que la chose puisse "prendre" - de toute façon, il y aurait plusieurs grands profils recherchés, y compris un volant (quantité à définir) de recrues moins destinées à rester (donc vraisemblablement moins qualifiées et/ou motivées), et sans doute là pour 5-6 ans au maximum. Le profil qui correspond à ce volant ne pouvant être une chose précisément définie, cette proportion sert aussi de "zone de sélection" pour repérer et prélever les meilleurs qui ne peuvent être reconnus comme tels qu'à l'usage et non par test, à l'entraînement, en sélection.... - le package "carrière longue avec tout le bastringue d'avantages" ne peut être octroyé à tous: c'est un objectif, pas un acquis. C'est d'ailleurs ce genre de différenciations qui a été mise en avant par Louvois, afin d'inciter les bons à venir, à rester et à faire des efforts: outre les grades et distinctions, avec leur impact sur la paie et tel ou tel avantage, il y avait aussi des statuts comme celui d'anspessade ("vétéran", grosso modo) pour le soldat du rang, soit un soldat recevant privilèges pour le mérite - au global, une approche fondée sur la qualité du matériau humain et sa valorisation, outre les réformes profondes de l'institution (façon de voir la troupe, comportement des officiers, mode de discipline....), suppose un investissement d'une toute autre gamme, un qui impacte la structure du budget des armées, ou au moins de l'AdT (GRH, conditions de vie, paie et avantages). Donc en soi, c'est porteur d'un autre modèle d'armée et de dépense - outre le salaire et les conditions de vie, il y a des facteurs importants, cruciaux même, qui ont globalement disparu des armées: valorisation du statut et du métier de militaire (image de l'uniforme), valorisation de l'individu en tant que tel, dépassement et défi, sentiment que l'institution "répond" aux actes (punition dans un sens, mais récompense/ouverture/écoute dans l'autre), valorisation de la carrière comme accomplissement (et pas juste avec des mots creux balancés dans un discours préfabriqué du politique ou de l'officier), sentiment d'appartenance (aujourd'hui plus symbolique qu'autre chose).... Ca passe par des facteurs "nobles", mais aussi, il faut le dire, d'autres moins reluisants, notamment et avant tout une certaine forme d'exclusion/exclusivisme, un "moule" (par opposition au plus petit dénominateur commun qui est la donne quand le recrutement s'assimile à racler les fonds de tiroirs) Un des trucs que Van Creveld rappelle justement, et qui est assez démontré par l'Histoire, c'est que c'est paradoxalement quand l'exigence est grande que ça marche mieux, pas quand tout est ramené au plus petit dénominateur commun comme actuellement dans les armées occidentales. Sous l'Ancien Régime, il est fréquent de montrer que les armées étaient minées par la désertion.... A ceci près qu'il faut nuancer et qu'il est possible de le faire avec les chiffres disponibles: quand la fièvre patriotique est passée sous le Premier Empire (compter après la campagne de Prusse), la désertion, du moins au sein des troupes proprement françaises, n'a pas été énorme, surtout quand la chose est comparée aux armées professionnelles d'en face, et particulièrement l'anglaise, la plus "ancien régime" des armées coalisées, si épitomisée et hagiographiée (à tort), qui recrutait dans le bas du panier et traitait fort mal ses troupes en pensant qu'équipement et intendance abondants (ainsi qu'une limitation des efforts demandés: l'armée anglaise était peu capable de couvrir de grandes distances et de bouger vite) compensaient un traitement de merde et une spécialisation abrutissante (fait mentionné par Wellington lui-même). De même, au XVIIIème siècle, seule l'armée prussienne souffrait significativement moins de la désertion: encadrement, entraînement, valorisation, esprit de corps.... Compensaient une paie de merde, une discipline cruelle (que les réformes de l'après 1806 amenderont sérieusement), un sous équipement chronique et un emploi surintensif. Au XVIIème-début XVIIIème, c'était surtout l'apanage de l'armée française, celle de Louis XIV, qui avait une proportion bien moindre de déserteurs (et d'après Catinat, Turenne, et Villars apparemment, ceux qui partaient n'étaient pas les meilleurs). Mais bon, une armée qui motive, c'est aussi une armée qui sert beaucoup.... Et par extension, ça suppose que l'Etat qui la dirige VEUT réellement une armée. Sans compter la tempête de polémiques en tous genres qui risquerait d'accompagner les changements internes à cette armée: outre les débats sur l'emploi de la force armée (si elle est modifiée ainsi, surtout les forces au sol, c'est pour aller chercher l'adversaire), y'aura les féministes sur le cul (niveau d'exigence poussé au plus haut sans arrangements discrets = beaucoup de femmes sur le carreau, de même qu'une GRH prévoyante réservera des postes fixes comme "seconde carrière" pour une proportion donnée de vétérans), les gardiens du temple de l'armée et tradis de tous poils (militaires ou non), les antimilitaristes.... Autre façon d'envisager la chose, précisément au travers de l'exemple anglais qui semble fasciner tant de monde: si les cadres britanniques furent si mauvais au XXème siècle (au XIXème siècle aussi d'ailleurs), c'est entre autre précisément à cause de la mentalité en vigueur et de l'habitude qu'elle a impulsé: - considérer la troupe comme un ramassis de ratés qui se mènent à la baguette le plus souvent, teinté d'un paternalisme condescendant pour le reste, soit une attitude purement sociale d'ancien régime et de caste. Depuis le XVIIIème siècle en Angleterre, l'armée de terre, c'est pour les ratés, et les officiers adoptent cette attitude d'autant plus volontiers qu'eux-mêmes sont un peu pointés du doigt au sein des élites (par rapport à la Royal Navy notamment) - entrisme social et sociétal qui forme un moule fermé pour l'élite militaire - le "rebut" qu'est l'armée pour l'Angleterre du XIXème siècle l'a cantonnée dans cet entrisme de petit univers, fait multiplié par le cantonnement aux conflits coloniaux.... Au final, le devenir de cette armée anglaise au XIXème est un modèle pour les armées européennes "expéditionnaires" actuelles, parce que c'est exactement le chemin qu'elles prennent. Quand le temps des "grands" conflits "chauds" est revenu, c'est à partir de ce moule et de ce corpus habitus à tous les niveaux, de ces castes d'officiers et façons de gérer et attribuer le commandement et le rapport au politique, que l'armée anglaise a réentamé sa croissance..... Soit pas vraiment la base de départ idéale pour une remontée en puissance efficace - l'excellence de quelques unités spécifiques (en tant qu'unités élémentaires), la sympathie qu'inspirent certains clichés (le sous-off avec ses hommes contre le "Rupert" galonné, le solide "paddy", "Jock" ou "Cockney"....) et le jingoisme des historiens militaires britanniques ne doivent pas masquer certaines réalités sur l'efficacité de l'armée anglaise. Et pour le XIXème siècle et jusqu'à la Somme et aux Dardanelles, c'est même catégoriquement un mauvais bilan; même la conquête coloniale a subi des échecs retentissants qui ont nécessité, pour être compensé, de lancer plusieurs campagnes massives, d'envoyer des renforts par immenses paquets, de financer des expéditions chères.... L'économie réalisée à l'année par une petite armée expéditionnaire très équipée mais mal recrutée n'a t-elle pas, au final, été outrepassée par le coût de ces échecs, le temps perdu, les investissements ponctuels pour les compenser et peut-être encore plus le coût humain et stratégique pendant la 1ère Gm (voire la 2ème)? L'Histoire a ceci de particulier que comme elle est passée, on a une tendance naturelle à se dire que les choses ont été faites comme elles devaient, pour le mieux et, qu'au final, elles n'auraient pas pu être faites autrement. Mais de l'Afghanistan aux Dardanelles en passant par la Crimée et le Zoulouland, l'armée anglaise devrait se regarder moins jingoistement dans le blanc des yeux. -
Pas particulièrement, mais il faut bien différencier la "résilience" des individus en eux-mêmes et celle de la collectivité, qui ne passe pas seulement par l'addition des individus, mais aussi par les corps intermédiaires et cette nébuleuse réduite mais difficile à pleinement circonscrire de l'opinion publique. En tant que collectivité nationale, la "résilence globale" s'il devait en avoir une, se traduisant par une décision et/ou une posture politique, passe par cela. Et effectivement, dans ce cadre, "l'idéologie de la nation" est une base, à défaut d'autre chose puisqu'il s'agit, quel que soit son état, du seul cadre de référence de la communauté politique concrète d'appartenance. Donc bon an mal an, elle doit bien encore être considérée comme telle, puisque c'est elle, et non les individus, qui est appelée à prendre part à un conflit, là où chaque citoyen ne le serait qu'en cas de dommages et/ou invasion sur le territoire et sur leurs personnes, ce qui a peu de chances d'advenir pour encore un moment, sauf troubles civils majeurs. Après, y'a t-il surinterprétation justement par cette sphère de "l'opinion publique", principalement parce qu'elle est de moins en moins représentative, caricaturale, trustée par un nombre très réduit de courants? Possible, mais pas non plus totalement. Et en l'occurrence, c'est de peu d'importance parce que ce qui compte, c'est que c'est cette opinion publique, véritable "pouls" de la société du point de vue du décideur politique actuel (que ce pouls soit un reflet fidèle ou déconnecté de la société "concrète"), qui impacte au moins à court terme beaucoup (trop) de décisions effectives. Comme le sentiment d'insécurité peut parfois être déconnecté du niveau réel d'insécurité en somme: l'opinion publique, à la fois capteur et transmetteur (en théorie) est un outil qui prend sa propre latitude et en vient à monopoliser l'émotion ayant une traduction pour le politique qui n'a sinon que peu de rapports avec une population sans autre intermédiaire. Sinon au moment des élections où il y a bien d'autres sujets prioritaires que les OPEX et la politique extérieure.
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Plus depuis quelques temps ;). C'est en train d'être revu point par point.... Enfin ça l'était avant Fukushima et les suites économiques qui risquent d'impacter salement le budget militaire japonais. La voie de la "normalisation" est maintenant à l'ordre du jour, sauf pour le nucléaire.... Le Japon étant dans un environnement à menaces plus ouvertes que l'Allemagne, ces aspects sont appelés à évoluer d'autant plus vite que la présence US, ou en tout cas leur présence relative, tendront à baisser. L'Allemagne, en revanche, peut s'enferrer encore longtemps dans son attitude de protectorat US, et même s'y renforcer.
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Frappes sur la Libye, le sujet officiel!
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Fenrir dans Politique etrangère / Relations internationales
A force de faire de l'activisme militaire aux petits pieds ici et là, en cumulé (et dans le cas d'une intervention au sol), le Mindef arrivera peut-être à équiper correctement la majorité des troupes :lol:. -
Le problème de la résilience est qu'elle ne se connaît que face à l'épreuve elle-même. Elle ne peut même pas être estimée de loin en temps de paix: là, c'est vraiment quelque chose de trop spéculatif hors contexte de crise bien directe. Comme l'organisme humain: il développe massivement des allergies à tout (sensible depuis 2-3 générations) parce que, de façon contradictoire, il n'a rien à combattre face à l'omnistérilisation et à la qualité sanitaire de son environnement. Y'a besoin d'une épreuve et/ou d'une exigence forte, voire brutale, pour forger la volonté, qu'elle soit "pour" ou qu'elle soit "contre" cette exigence ou cette épreuve.... Peut-être un peu trop métaphorique là :lol:, désolé. Mais en tant que collectif, c'est l'absence d'antagonisme clair et identifié (donc un qui le menacerait réellement) qui nuit au collectif :lol:. Une idée pour commencer un débat national sur la chose, et pas dans des termes qui en font un débat comme un autre, mais un qui emmerde? Redonner au ministère concerné son vrai nom, d'ailleurs plus pertinent aujourd'hui: MINISTERE DE LA GUERRE! C'est fait pour ça, ça rend pas plus agressif, et c'est attaquer le politiquement correct à sa source.
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Systèmes de recrutement: quelle meilleure armée pour quelle tâche?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Evidemment, mais fallait forcer un peu le trait pour porter l'accent sur ce point là qui, quand il s'agit d'histoire, est un des facteurs les plus mésestimés et peu traités parce qu'il est par essence très peu facilement quantifiable. Plus facile de parler de structures comme un EM, de modes d'organisation et plus encore de technologies bien concrètes. C'est pourquoi, malgré la pertinence de la référence allemande en terme d'efficacité obtenue, il s'agit d'un exemple peu adéquat à l'époque actuelle: disparition des nationalismes puissants et de la menace de conflits aux frontières, fin des idéaux nationaux et de la sacralisation du devoir, fin de la conscription militaire (qui permet le repérage et la sélection.... Et en Allemagne ce filtre s'ajoutait aux écoles qui servaient aussi ce but) et de sa pertinence. D'où l'insistance sur l'action de Louvois et Colbert qui ont voulu changer drastiquement la figure du soldat dans un contexte d'armée de métier et sans consciption (sauf dans la marine pour Colbert). Mais là encore, la référence est incomplète; pour un pays donné, chaque époque a sa spécificité, son contexte et sa société, et l'Histoire ne fournit que des précédents dont aucun ne peut être intégralement retranscrit sous peine de se planter gravement. Cependant, chaque époque a aussi ce vers quoi elle veut tendre et/ou ce vers quoi certaines parties de cette société, plus actives, plus proches de la décision, estiment devoir la faire tendre (pour éviter le déterminisme seul de ce qu'un pays ne pourrait fournir qu'un effort adapté à ce qu'il est). Avec ceci à l'esprit, qu'est-ce qui pourrait être fait aujourd'hui, en l'état des choses, à la lumière du passé? -
Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
ON NE PRONONCE PAS LE "S - word" :lol:.... Voire autant de fric gâché dans cette merde jingoiste casse le moral :P! Pour eux c'est quand même assez bouclé: HBO est une chaîne par abonnement, donc l'audience au jour le jour n'est pas leur critère de référence. -
Tu as l'option optimiste: "ils s'en foute parce que l'importance de la chose est masquée au bon peuple d'individus intelligents et responsables" Et l'option pessimiste: "ils s'en foutent parce que ça ne touche par leur gamelle de façon directe et tangible"(cad même si tout était bien expliqué, avec insistance sur la chose, ce serait encore trop abstrait, trop indirect, trop débattable.... Ca ne frappe pas assez en pleine gueule) Et évidemment le fait qu'il n'y ait pas de conscription en général, et surtout pas de conscrits envoyés en OPEX, fait qu'il n'y a pas de foyers "lambda" touchés en grand nombre par la chose (fait renforcé par le petit nombre de militaires). Ajoute à ça l'enfermement de la caste militaire (officiers essentiellement) sur elle-même, dans une attitude de gardiens du temple maniérés outragés par les temps et les moeurs (plus leur sabir technico-politiquement correct imbitique et très peu français), le désintérêt et la connerie des journalistes et rédactions, l'encouragement à ce désintérêt mené par les politiques eux-mêmes, l'enfermement individualiste qui a grimpé en dimension depuis 50 piges, les modes tiers-mondistes et culpabilisatrices..... Et tu as ta sauce. Personnellement, je me rappellerais toujours de cet abruti hypocrite de Robert Hue pendant la crise yougoslave, déblatérant des conneries sans nom sur la futilité de la solution militaire et l'importance de la "négociation" dans l'affaire en question, le tout applaudi par un public débile; aucun journaliste n'a même posé la question "et négocier sur base de quoi? Avec quoi?". J'avais à peine 20 piges à cette époque, et la connerie de la chose frappait! Le mot "négociation" était magique: c'était apparemment une sorte d'arme en soi qui voulait dire "pas les armes parce que les armes c'est mal" :P.... Mais quand à savoir comment et avec quoi négocier, ça, que dalle. Là tu as le versant "société civile" du problème, parce qu'au final, ça n'influait de toute façon en rien sur aucune élection.... Ce qui autorisait les politiques, opposition en tête (c'est son premier privilège), à dire ENCORE PLUS n'importe quoi.
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Systèmes de recrutement: quelle meilleure armée pour quelle tâche?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Autre façon d'aborder le sujet, sous forme de devinette: pourquoi l'armée prussienne puis allemande a t-elle été considérée (hors de l'épisode Révolution-Empire et, de façon plus discutable, sous le Second Empire) comme la meilleure, au niveau de la troupe en général, des armées européennes du XVIIIème siècle à la 2ème GM? Passé les délires sur la "race" allemande, il reste un fait double: - l'encadrement a été très travaillé dès le XVIIIème siècle, avec une conscription nobiliaire obligatoire, chaque famille noble ayant devoir d'éduquer et d'envoyer à l'armée au moins un de ses enfants. Ce système est étendu au XIXème siècle, et trouve aussi une application au niveau des sous-officiers, dont l'importance quantitative et le cursus de sélection et de formation (impliquant aussi la fidélisation et la motivation) sont l'objet d'énormes attentions, ce qu'accentuera encore l'armée d'armistice de 1918, réduite à une "armée de cadres" sélectionnée parmi les meilleurs issus de la Grande Guerre, ce qui place un niveau d'exigence incomparablement plus élevé auquel les suivants devront coller. Un chiffre indicatif: en 1914, l'armée allemande a, à effectif équivalent, 2 fois plus de sous-offs que l'armée française. Ca laisse réfléchir sur l'aspect crucial de la chose et l'optimisation de la qualité et de la versatilité des bas échelons - la conscription: après 1815, l'armée prussienne puis allemande est le grand précurseur en la matière, consciente du besoin d'un différentiel qualitatif important (qu'il s'agit après de cultiver par l'entraînement et la formation) en plus des besoins en effectifs. Pour cela, il faut résoudre l'équation éternelle à laquelle peu de pays et de gouvernements ont su répondre autrement que ponctuellement, à savoir: comment avoir les meilleurs dans l'armée? Cette question des meilleurs est quand même cruciale et a été l'objet de l'immense travail de Louvois et Colbert sous louis XIV avant d'être gaspillée au XVIIIème siècle au profit du retour au recrutement-bas du panier. Les possibilités tactiques et stratégiques d'une armée, à effectifs, organisation formelle et entraînement équivalents, ne sont juste pas les mêmes. Qu'en est-il aujourd'hui selon vous? Un effort sur la qualité moyenne du recrutement dans les armées de terre professionnelles aurait-il ou non, toutes choses égales par ailleurs, un impact significatif sur les possibilités des armées? -
Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Il est assez amusant de constater, finalement, que question réalisme pour la restitution du combat, de la bataille et de la guerre, un film SF (au moins les ambitieux dans ce dernier cas, pas la foultitude de merdasse à budget petit ou moyen, et souvent cantonné au marché vidéo ou restant aux USA ou en Asie) ou fantasy a plus de chances d'être bon qu'un film historique, qui offre plus souvent un prétexte à de l'action bouffée par les canons visuels de l'époque actuelle, là où le film SF/fantasy essaiera de coller à son propre univers et au réalisme qui va avec. Peut-être aussi parce que ces films sont moins fréquents, et représentent plus d'investissement, ce qui force à faire gaffe (surtout la fantasy, domaine craint par les productions). Mais combien de films de guerre (actuels ou historiques récents) se gâchent, souvent malgré des moyens importants, avec des soldats faisant n'importe quoi, s'élançant en hurlant (limite en gueulant "vive la patrie"), une armée idéalisée avec des rapports humains et des bons sentiments vraiment trop débilitants, avec une tendance à la facilité puérile? Le pire étant l'habituelle réplique "c'est ce qui marche".... Quand on connaît un peu le taux de foirade des productions (un blockbuster par an qui marche et rentabilise toute la prod peut être considéré comme un bon résultat par certains conseils d'administrations que ça arrange.... Il y a une trentaine d'années, il fallait au moins que 40% des films produits marchent pour que l'année soit "bonne"), ça fait doucement marrer. Surtout avec le refus des boîtes de prod de parler du budget com des films importants (souvent équivalent ou supérieur au budget prod, qui lui est utilisé comme argument de vente), la rentabilité est rarement au rendez-vous. L'omniprésence de la culture managériale dans les studios (qui n'est plus compensée par des décideurs "artistes", comme les grands producteurs de jadis) a tué la capacité à faire du grand film. et pour les films de guerre, d'époque ou contemporains, par essence chers, c'est assez dramatique. -
Euh, c'est l'inverse: c'est nettement plus proche du double que de la moitié du budget annuel de la défense US :-[.
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C'est un sujet qui m'énerve parfois quand il est question de "résilience", des discussions sur les OPEX quand survient un accrochage qui coûte un peu de monde, que les débats s'étirent dans leur habituel champ d'abstraction le temps d'une brève émotion superficielle. Il est souvent répété que "la société s'émeut et ne tolère pas le moindre mort en opération", que les "opinions occidentales sont sensibles aux pertes", que l'idéologie du "zéro mort" en a découlé.... Mais qu'en est-il en réalité? Avez-vous vu la cote de popularité d'un gouvernement varier sensiblement, hors du phénomène épidermique de quelques jours qui suit un accrochage VRAIMENT notable qui coûte plus qu'un mort -et encore ne joue t-il que sur quelques points-? Avez-vous vu des manifestations, massives ou non? Avez-vous vu la moindre variation sur des intentions de vote, ou des votes effectifs, pour ce motif? Peut-être aux USA, et encore les dernières présidentielles, pourtant très suivies et particulièrement délicates, ont montré que pas tant que ça finalement. Le fait est que les sociétés occidentales sont assez indifférentes aux pertes militaires, pour autant qu'il soit possible d'en juger. Et pas pour les "bonnes" raisons (certitude de la cause, confiance en la nation, conscience de la nécessité de certaines choses), mais par effet de l'indifférence totale aux choses des affaires extérieures, de la stratégie et plus encore des armées. Au "mieux", ça finira par dire "ce sont des pros, ils ont choisi ce chemin et ce risque". Au pire, c'est "rien à foutre" même si ce sera rarement exprimé en ces termes. L'embuscade d'Uzbeen a surtout été un "moment" médiatique que les politiques, même au pouvoir, n'ont pas hésité à laisser monter en épingle pour voir l'actualité s'acharner sur autre chose que la situation intérieure: parce qu'ils savent avant tout que jamais ces choses n'influeront sur les intentions de vote, ou même la perception générale de leur action, ou encore sur le fait d'avoir des troupes en Afghanistan (y'a t-il eu une seule manif ou pétition, une seule action? ZERO), ils laissent pisser ce genre de polémique qui ne sont rien d'autre qu'une émotion très momentanée surtout là pour que certains se donnent bonne conscience à protester un petit coup (sur le manque d'équipement des soldats, leur jeunesse, ce qu'ils foutent là-bas ou "à Dantzig" :P). Mais au final, ça n'influe en rien et sur rien, parce que la société européenne est complètement indifférente, en termes concrets (à savoir politiques) aux affaires extérieures et militaires. C'est d'ailleurs un grave problème qui donne justement aux élites actuelles une bonne latitude pour employer ce qu'il reste de l'outil militaire à tort et à travers, au gré de leur amateurisme, de leur court-termisme et de petits intérêts politiques intérieurs (politique d'image) ou extérieurs (un ch'tit compromis bancal pour tel deal, mais surtout la soumission à l'atlantisme omniprésent). Besoin de travailler la résilience? Pitié! Besoin de lutter contre l'indifférence et l'égocentrisme individualiste des sociétés développées, surtout!
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Généralisme ou spécialisation dans le combat terrestre....
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
La question du "généralisme" n'est pas celle de l'étendue du spectre d'une formation en matière de systèmes d'armes, mais plus de l'aptitude de chaque soldat dans les troupes terrestres, attention. De toute façon, aucun soldat ne sera à la fois un fantassin, un chef de char, un pilote d'avion et d'hélico.... Quand même, faut être raisonnable :lol:! Mais au sein des troupes de mêlée actuellement, comme à toutes époques, il est possible de voir quand même ces 2 pôles de conception s'affronter, entre le troupier monotâche et le soldat qualifié capable de changer rapidement si besoin est, et surtout d'appréhender le métier des autres pour une meilleure efficacité/intégration du dispositif interarme. Les armées d'Ancien Régime au XVIIIème siècle sont l'incarnation d'un retour vers une spécialisation extrême et de l'usage unique du troupier dans son métier très stricto censu. A l'inverse, la Guerre de Trente Ans avait vu quelques armées entraîner intensivement leurs troupes pour qu'elles puissent se redéployer rapidement dans les métiers divers de leur arme afin de conserver une capacité homogène et équilibrée en cas de pertes disproportionnées, mais surtout pour qu'elles fonctionnent bien ensemble. Autre exemple: pendant la 1ère GM, il y a eu un moment, dans les armées allemandes, françaises et anglaises, où les unités de mitrailleuses ont bien failli ne pas être considérées et ne pas se considérer comme de l'infanterie, mais comme une spécialité, voire une arme, à part, soit extension lointaine de l'artillerie, soit quelque chose de nouveau. Et ça aurait pu advenir, écartant les groupes de mitrailleuses de la troupe au lieu d'en faire un métier du fantassin. C'est ce genre de trucs que la "spécialisation" implique. Et dans l'exemple américain, c'est vraiment une tendance fondamentale qui oppose Marines et Army: le Marines des troupes de mêlée est plus polyvalent (ou censé l'être) que l'ouvrier spécialisé de l'Army. Et plus le recrutement baisse en qualité, plus la mentalité de l'institution tend vers cette spécialisation, plus cette tendance s'affirme. La baisse de qualité du recrutement (et éventuellement le mépris du "haut" pour la basequi peut s'accroître à cause de ça) est même un facteur fort d'accentuation de cette tendance. -
Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Weber dit qu'il ne tape pas sur la France (ça c'est une interprétation personnelle et égomaniaque, petit canaillou) malgré les noms français de certains Havriens, ni sur l'URSS/le socialisme (ce qui lui a été reproché), mais sur ce que pourraient devenir les USA non à cause de l'idéologie socialiste, mais bien en raison de l'abus de capitalisme et de l'ultra-élitisme qui en découle. Pour lui, Haven est ce que pourraient être des USA où la concentration des richesses et postes de décision par l'élite serait telle que cette même élite "achèterait" la paix sociale avec ce système d'allocations universelles. Il est donc quand même moins facilement manichéen que certains autres auteurs plus "militants" (notamment Heinlein qui argumente beaucoup sa diatribe politique, mais simplifie trop facilement les aspects économiques.... Contexte des années 50 peut-être). Et puis les personnages havriens sont loin d'être tous débectants, même très loin: évidemment, les bons sont surtout militaires (dont un amiral Tourville :lol:). Sinon, y'a aussi un cycle fantasy qui a bien marché et qui pourrait faire l'objet d'une bonne adaptation à l'écran, avec un aspect militaire bien visuel: Codex Alera. C'est plus light et "tous publics", mais l'écriture est salement efficace et s'enquille à toute berzingue. En attendant évidemment aussi, en matière de space opera, ZE grand truc, plus grand que Honor Harrington, bien meilleur même si utilisant moins de grandes scènes de bataille et plus de l'escarmouche/commando/combat terrestre: la trilogie du Vieil Homme et la Guerre.... Grandiose, génialement écrit, drôle et original. Ca c'est du matériau HBO.