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Wallaby

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Tout ce qui a été posté par Wallaby

  1. https://www.bbc.com/news/world-asia-india-63957562 À la mi-avril, l'Inde devrait dépasser la Chine en tant que pays le plus peuplé du monde. Les géants asiatiques comptent déjà plus de 1,4 milliard d'habitants chacun et représentent depuis plus de 70 ans plus d'un tiers de la population mondiale. La population de la Chine devrait commencer à diminuer l'année prochaine. L'année dernière, 10,6 millions de personnes sont nées, soit un peu plus que le nombre de décès, grâce à une baisse rapide du taux de fécondité. Le taux de fécondité de l'Inde a lui aussi considérablement diminué au cours des dernières décennies - passant de 5,7 naissances par femme en 1950 à deux naissances par femme aujourd'hui - mais le rythme de la baisse a été plus lent.
  2. 8 avril 2016 Henry Brands retrace les grandes lignes de la politique de Wilson, quoique faisant l'impasse sur ses efforts de paix en 1916 - mais c'est une bonne mise en contexte - et fournit les arguments expliquant pourquoi les Etats-Unis, aujourd'hui encore, sont toujours wilsoniens.
  3. http://www.senat.fr/international/groupes_amitie_cr/groupe_damitie_france_afrique_de_louest_audition_m_hallade.html (5 juillet 2022) M. Luc HALLADE a indiqué que le Burkina Faso connaissait une situation préoccupante et que le coup d’État militaire du 24 janvier dernier, qui avait renversé le Président KABORÉ et porté au pouvoir une junte dirigée par le lieutenant-colonel DAMIBA, n’avait pas arrangé les choses. La faiblesse de la réaction du pouvoir déchu aux nombreuses attaques terroristes, dont les populations peules musulmanes sont les premières victimes, explique en partie le coup d’État et son accueil favorable par la population. Celle-ci a cru aux promesses du nouveau pouvoir, mais l’absence de résultats provoque des frustrations de plus en plus fortes dans le pays. Par ailleurs, environ 10 % des 21 millions de Burkinabés sont des déplacés internes, dont beaucoup, chassés des zones rurales par la peur des groupes armés, viennent grossir la population urbaine déjà éprouvée. Le nombre de ces déplacés internes augmente chaque jour, tandis que le territoire contrôlé par les terroristes s’étend. En outre, la route Ouagadougou-Bobo-Dioulasso, qu’empruntent beaucoup de Français établis dans le pays, est dangereuse ; utiliser l’avion plutôt que la voiture est désormais nettement préférable. L’ambassade a appelé à deux reprises les ressortissants français à se relocaliser, mais il n’est pas facile d’assurer leur sécurité, en particulier celle des jeunes et des Français établis de longue date, qui n’ont pas la même perception du danger. L’ambassadeur a fait observer que le bilan de la junte était pour l’instant mitigé. Le 1er avril dernier, le Président DAMIBA a indiqué avoir besoin de temps, jusqu’au 1er septembre, pour faire un bilan d’étape. L’armée burkinabée n’est pas suffisamment professionnalisée, souffre de sous-effectifs et reste mal équipée. Et le régiment de sécurité présidentielle, seule unité véritablement opérationnelle, a été dissous à la suite d’une tentative de coup d’État en 2015. Aussi l’armée est-elle régulièrement défaite par les groupes armés, très déterminés et bien organisés – la mort de 53 gendarmes à Inata en novembre 2021 avait provoqué une profonde indignation dans le pays. Les nouvelles autorités ont récemment défini des zones d’intérêt militaire où sont menées des opérations anti-terroristes, mais 40 % du territoire échappe désormais à leur contrôle (en particulier dans l’Est, le Sud-Ouest, le Sahel, les zones frontalières avec les pays du Golfe de Guinée). La situation délicate au Mali – les deux pays ont une frontière commune de 1 200 kms – n’arrange rien. M. Luc HALLADE a estimé pour conclure que la situation sécuritaire au Burkina Faso était extrêmement inquiétante et que la restauration de l’autorité de l’État serait une œuvre de longue haleine. Ce « conflit endogène » est, en réalité, une guerre civile : une partie de la population se rebelle contre l’État et cherche à le renverser. Depuis 2011, un détachement de forces spéciales françaises d’un peu moins de 400 hommes est stationné dans la banlieue de la capitale, Ouagadougou, afin de pouvoir intervenir contre les groupes armés, leurs chefs en particulier. Les autorités de transition ont engagé des discussions avec les chefs des groupes armés à la suite du coup d’État ; toutefois, ces discussions n’en sont qu’à leur début. Ces efforts ont d’ailleurs été sapés par les Volontaires pour la Défense de la Patrie, des citoyens armés pour lutter contre les terroristes, mais non formés, dont ils constituent la cible prioritaire. Le Burkina Faso, surnommé « la patrie des hommes intègres », a longtemps été réputé pour sa grande tolérance religieuse ; ce pays-là a aujourd’hui disparu. Les groupes armés ont pour objectif de détruire l’État. L’ambassadeur a indiqué que la méfiance et le nationalisme expliquaient une certaine retenue des Burkinabés envers la France, en particulier dans l’opinion publique numérique. Dans ce contexte, ils appellent à un appui de la Russie, bien plus que de la Chine. La Russie pousse ses pions ; dès le lendemain du coup d’État, un responsable de la société militaire privée Wagner s’est d’ailleurs exprimé. Pour l’instant, le Président DAMIBA exclut cette option russe et affirme privilégier la relation avec la France. M. Luc HALLADE a souligné la qualité des relations bilatérales, les autorités burkinabé reconnaissant la France comme un partenaire majeur et très présent. Pour autant, elles s’en prévalent assez peu car l’opinion publique est plutôt hostile, surtout sur les réseaux sociaux où la présence française est régulièrement vilipendée. Il conviendrait de changer de paradigme : plutôt que de faire de la communication institutionnelle, il faudrait donner davantage de visibilité aux bénéficiaires de l’aide française. Le sentiment anti-français est surtout présent chez les jeunes, très désillusionnés, qui considèrent la France comme responsable de leurs malheurs, alors que les Burkinabés ayant connu la période coloniale sont beaucoup moins vindicatifs. Cela explique aussi la volonté du Président MACRON de s’adresser d’abord à la jeunesse africaine et de valoriser l’aide française au plus près des populations. Les autorités militaires ont de toute façon démis l’ensemble des élus, parlementaires – l’Assemblée législative de transition est composée de personnalités nommées – et élus locaux – remplacés par des délégations spéciales, gérées directement par les préfets. Il n’y a plus d’élus aujourd’hui au Burkina Faso ; la disparition de ces interlocuteurs bien connus ne facilite ni le contact avec les nouvelles autorités, ni l’apport de solutions aux problèmes du pays. Pour conclure, M. Luc HALLADE a appelé à soutenir avec détermination les institutions étatiques du Burkina Faso, dont l’effondrement serait dramatique pour la population burkinabée, pour l’ensemble de la région et pour l’influence française.
  4. Merci pour cet article. Il se base sur ce rapport américain : https://ctc.westpoint.edu/how-the-wagner-group-is-aggravating-the-jihadi-threat-in-the-sahel/ et sur cet article : https://www.letemps.ch/monde/apres-retrait-francais-mali-occupe-aux-trois-quarts-djihadistes Après le retrait français, le Mali est occupé aux trois quarts par les djihadistes C'est un rien plus pessimiste que Thierry Vircoulon, mais pourquoi pas ? Et, toujours tiré de l'article de Watson : L'Allemagne, qui sécurise une partie de l'aéroport de Gao, où se trouvent également des mercenaires de Wagner qui ont remplacé les Français dans leurs baraques, menace de se retirer également, selon la RTS. Au total, cela représenterait prêt d'un quart de Minusma.
  5. http://malijet.com/actualite-politique-au-mali/flash-info/275767-region-de-koulikoro-une-double-attaque-perpetree-fait-quatre-vic.html Hier, lundi 02 janvier 2023, des individus armés non encore identifiés ont perpétré une double attaque contre des positions de l’armée malienne. Il s’agit du poste de péage de Kassela à l'entrée de Bamako et le poste de la protection civile de Markakongo situé à 80 km de la capitale. Lesdits individus étaient à bord de trois (03) motos selon des sources locales. Le bilan provisoire fourni serait quatre (04) morts, dont deux (02) agents de la protection civile et deux (02) civils ; un véhicule d'intervention aurait été emporté et deux (02) autres incendiés appartenant aux agents de service et le dortoir aussi incendié. Après leur acte barbare, les bandits se seraient dirigés vers Tenindougou.
  6. https://www.rfi.fr/fr/podcasts/revue-de-presse-afrique/20230103-à-la-une-tension-diplomatique-entre-le-burkina-faso-et-la-france Rien n’est encore officiel mais selon plusieurs médias burkinabé et français, c’est fait… Les autorités de Ouagadougou demandent à la France de rappeler son ambassadeur sur place, Luc Hallade, estimant « qu’il n’est plus un interlocuteur fiable. » « depuis ses déclarations devant le Sénat français, le 5 juillet dernier, Luc Hallade était la cible de nombreuses critiques à Ouagadougou. S’exprimant sur la crise sécuritaire qui mine son pays d’accueil depuis 2015, il avait alors affirmé que 'ce conflit endogène' était 'en réalité une guerre civile'. » Début décembre, le Premier ministre, Kyélem Apollinaire de Tambèla, avait séjourné huit jours à Moscou dans la plus grande discrétion.
  7. https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230102-îles-chagos-les-négociations-entre-londres-et-maurice-sur-la-souveraineté-de-l-archipel-ont-débuté Les liens entre Rishi Sunak et Maurice se tissent également à travers des accusations de fraudes fiscales concernant son épouse. Akshata Murty détient 5% des parts d’IMM, une société écran mauricienne spécialisée dans l’évasion fiscale pour les contribuables indiens. Un scandale que la presse anglaise a fait ressortir avant son accession au poste de Premier ministre, rapporte notre correspondante à Londres, Sidonie Gaucher.
  8. Pour les gens qui s'intéressent à la campagne électorale de 1952 : Je n'ai regardé que de courts extraits. Ce qui distingue la vidéo que j'ai présentée ci-dessus, c'est que le youtubeur a fait l'effort - peut-être pas sur tous les points, mais sur un bon nombre d'entre eux - d'objectiviser son ressenti en allant chercher des statistiques et des études académiques sur les sujets abordés. Quelque part il dit "mon ressenti était faux, je suis allé cherché des données plus objectives, et je tire de nouvelles conclusions avec les données objectives". C'est différent d'une démarche qui consisterait à dire "mon ressenti c'est ça", tout court. C'est presque la démarche inverse. C'est une invitation à sortir de la subjectivité.
  9. Wallaby

    Guerre de Corée

    25 octobre 2016 Henry Brands présente son livre "le général contre le président" (MacArthur contre Truman) et sa thèse : MacArthur a échoué à rassembler des soutiens pour sa campagne présidentielle de 1952, parce que les parlementaires républicains avaient compris durant les sessions à huis-clos de la commission d'enquête sur la destitution de MacArthur, que sa volonté d'attaquer la Chine conduiraient à une guerre mondiale et à une victoire soviétique en Europe où les forces alliées étaient en infériorité. Autrement dit, Truman avait raison, et MacArthur avait tort, et même les Républicains l'avaient compris.
  10. https://unherd.com/2022/12/how-brexit-exposed-the-westminster-elite/ (31 décembre 2022) Comme l'a observé Marquand, "la vision impérialiste whig de l'État britannique a contribué à façonner la mentalité de l'ensemble de la classe politique, de gauche comme de droite". La Grande-Bretagne impérialiste whig était la Grande-Bretagne. "L'État britannique était l'enfant aussi bien que le parent de l'empire. Son iconographie, ses codes opérationnels, les réflexes instinctifs de ses dirigeants et gestionnaires étaient marqués de part en part par les présupposés de l'empire." Même si l'empire s'est effondré, ses fantômes hantent encore Westminster, sous une forme inversée, sous la forme d'un internationalisme besogneux et d'un dégoût esthétique pour le domestique et le familier. Contrairement à nos voisins européens, dont les révolutions et les guerres d'indépendance nationale ont contribué à clarifier un sens sûr de la nation, l'attention constante que la Grande-Bretagne porte à la périphérie a laissé un vide au centre, du moins pour ses dirigeants. Comme le fait remarquer Marquand, aujourd'hui converti au nationalisme gallois, "privée d'empire, la "Grande-Bretagne" n'avait aucun sens". Cette interprétation explique en grande partie les étranges pathologies de la classe de Westminster du 21e siècle et élucide l'étrange mystère de la raison pour laquelle la Grande-Bretagne, de manière plus ou moins unique en Europe, possède une classe de commentateurs (intelligentsia n'est pas le mot juste) nettement anti-nationale, dont les prétentions européennes, comme les affectations continentales de Hyacinth Bucket, sont simplement celles du petit bourgeois provincial, repoussé par les mornes simplicités de son pays. Cela explique pourquoi la Grande-Bretagne, pour un pays européen, est particulièrement exposée au risque d'auto-dissolution par les forces économiques mondiales, et pourquoi le sens de l'identité nationale de sa classe dirigeante, pour autant que l'on puisse en juger par les tests de citoyenneté, est un gruau si léger, totalement indifférencié des vagues normes internationalistes de tolérance libérale. Une telle interprétation explique également l'extraordinaire facilité avec laquelle la classe dirigeante britannique a réduit le pays à un factotum impuissant de l'empire mondial américain, et le degré auquel cette abnégation totale de la souveraineté est présentée et vécue, non pas comme un fétiche d'humiliation, mais comme l'ordre naturel des choses, et le fondement de la sécurité de la Grande-Bretagne. Pour maintenir ses prétentions mondiales, la classe de Westminster a été forcée d'adopter une posture de ce que Perry Anderson a appelé "l'hyper-subalternité par rapport aux États-Unis à une époque où l'Amérique était devenue la seule superpuissance". Cela explique pourquoi nos populistes de droite sont amoureux des marchés libres mondialisés alors même qu'ils s'insurgent contre le "mondialisme", pourquoi notre radiodiffuseur d'État fonctionne comme un vecteur des nouvelles fixations idéologiques de l'Amérique, et pourquoi nos membres de la famille royale ainsi que nos politiciens regardent avec envie les meilleures opportunités que l'on peut trouver en Californie.
  11. https://www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2007-1-page-69.htm Après le règne nazi, les scientifiques allemands se dépêchèrent de publier en anglais. C’était d’un côté – comme dans les autres pays – une conséquence de l’énorme poids politique, économique et culturel des États-Unis qui rendit la langue anglaise quasiment exclusive dans les sciences naturelles. Mais la docilité des scientifiques allemands, la vitesse avec laquelle ils se convertirent à l’anglais, l’absence totale d’opposition ou de regret face à ce changement de langue, l’absence donc de language loyalty, étaient (en dehors de l’indifférence traditionnelle des sciences naturelles face à la langue) certainement dues au sentiment de honte et à la perte de l’estime pour leur (propre) langue : écrire en anglais, parler anglais dans les congrès internationaux c’était une manière de se faire ré-admettre dans la communauté internationale et de se distancier de la communauté nationale coupable [3]. On ne pouvait pas attendre d’un monde brutalement attaqué par les Allemands qu’il parle, écrive ou comprenne encore leur langue. Après les sciences naturelles, l’économie, la psychologie, la politologie se convertirent à l’anglais international [4]. Les disciplines historiques et littéraires (Geisteswissenschaften) résistent encore, mais la pression pour suivre l’exemple des autres disciplines est énorme. Un autre domaine de discours d’élite, peut-être encore plus important que celui des sciences, est celui du monde des affaires. Le big business est devenu global et donc anglophone. À la centrale de Siemens à Munich la langue de communication est depuis longtemps l’anglais. La diplomatie allemande a cessé d’utiliser l’allemand dans les relations internationales [5]. Bref, les élites abandonnent l’allemand dans les discours prestigieux, elles ont trouvé dans le globalais non pas seulement un moyen de communiquer avec le monde entier mais aussi une nouvelle innocence, une manière parfaite de ne plus appartenir à la communauté de ceux qui développèrent le Zyklon B. La publicité qui singe toujours les discours prestigieux se fait de plus en plus carrément en globalais. La réduction de l’usage de la langue nationale se passe avec le soutien actif de la classe politique du pays, ce qui l’accélère énormément. L’Allemagne a réduit depuis la guerre – surtout depuis les années soixante-dix – ses aspirations « nationales » : le national-socialisme étant considéré comme une exagération criminelle du nationalisme, tout ce qui est « national » – comme la langue commune – est traité avec méfiance, voire avec mépris. Cette réduction active du « national » se réalise, d’un côté, par le renforcement du fédéralisme [6] et par une internationalisation (européisation et mondialisation), de l’autre. Le fédéralisme culturel soutient aussi le régional linguistique, c’est-à-dire les dialectes, et l’internationalisation favorise l’anglais (quasi exclusivement). Donc toute activité politique en faveur de la langue « nationale », voire une « défense et illustration » de la langue nationale comme en France est pratiquement impensable en Allemagne. La langue que l’Allemagne politique « défend et illustre » est l’international, donc l’anglais. « L’amour de la langue », investi depuis la Renaissance par les élites européennes dans leurs langues « vulgaires »[7] et le « soin de la langue » qui en découle sont transférés à l’anglais[8] : l’Allemagne introduit l’enseignement de l’anglais à l’école maternelle et à l’école élémentaire, elle oblige les lycées à enseigner les matières importantes (sciences, histoire, politique) en anglais, elle pousse ses universités à l’usage de l’anglais. La fondation Humboldt, grande institution pour la promotion des relations scientifiques internationales de l’Allemagne, parle de préférence anglais avec ses boursiers. Le chancelier allemand – Helmut Schmidt – s’adressa en anglais à un congrès de professeurs d’allemand en Corée [9][9]H. Schmidt est une figure très typique de cette attitude des élites allemandes : ancien officier de la Wehrmacht, traumatisé par le nazisme, il affichait ses connaissances de l’anglais en signe de cosmopolitisme et d’absence de tout nationalisme. La Propreté urbaine de Berlin fait de la publicité avec des jeux de mots germano-anglais, comme We kehr for you (paronomase sur We care for you et kehren, « balayer »). C’est vraiment très spirituel, mais cela présuppose une excellente connaissance de l’anglais, comme si la population de Berlin était déjà bilingue. La compagnie des télécommunications présentait, pour un certain temps, ses factures quasi-ment en anglais, les usagers allemands payaient des choses comme Citycall, Germancall et Worldcall. Tout spécialiste de n’importe quelle technique ou savoir spécialisés truffe son discours de mots américains. Quand des puristes protestent contre cette avalanche de mots américains, les répliques n’hésitent pratiquement jamais à qualifier ces protestations de plus ou moins « nazi » (tout en ignorant que les nazis n’étaient pas du tout des puristes de la langue)  [11]. Toute lutte pour un « enrichissement de la langue allemande », pour des activités de remplacement de mots américains par des mots allemands, pour un « soin de la langue » est immédiatement disqualifiée. Le soupçon « nazi » rend pratiquement impossible une activité pour la « défense » de la langue allemande. En Allemagne, il n’y aura jamais des mesures de l’État (ou de tout autre corps politique) comparables à celles mises en place par la législation française. Le ministre-président de cet état fédéral [Bade-Wurtemberg] a publiquement déclaré l’anglais langue des discours importants et prestigieux : Arbeitssprache (langue de travail), et l’allemand langue du foyer : Familiensprache [14]. Ce qui, traduit en politique linguistique, veut dire en fin de compte que l’allemand (standard) disparaitra dans cette région parce que dans les foyers souabes ne règne pas l’allemand mais le dialecte. La discussion des problèmes linguistiques de l’immigration est à tout moment profondément marquée par l’expérience nazie, ainsi que l’a montré récemment un débat sur un cas de « politique » linguistique d’un collège berlinois : les parents, les professeurs et les élèves de cette école multinationale étaient convenus, il y a un an, pour alléger des conflits communicationnels entre des groupes à langues différentes et pour favoriser la connaissance de la langue allemande – et donc la réussite professionnelle des élèves –, de rendre l’emploi de la langue allemande obligatoire dans la cour de récréation. Tout le monde était content jusqu’à ce que des journalistes aient pris connaissance de cet état de choses : d’abord, un journal turc a protesté contre ce règlement, le caractérisant comme un dénigrement de la langue turque (comme si la cour de récréation d’une école berlinoise était un domaine légitime de cette langue). Ensuite des journalistes allemands ont présenté le cas comme un cas de « germanisation forcée » (Zwangsgermanisierung). Ce terme-là renvoie la chose explicitement à la guerre et au nazisme. De tels soupçons bloquent tout et renferment le problème dans un enclos idéologique au lieu de le résoudre. Les responsables politiques ont pris, ces dernières années, des mesures tellement drastiques pour l’avancement de l’anglais dans toutes les écoles allemandes que l’on doit se demander quand l’initiation des immigrés et des dialectophones à la langue nationale pourrait encore avoir lieu. Au lieu d’augmenter les heures d’enseignement de l’allemand face aux problèmes linguistiques des immigrés (et des écoliers allemands ! )  [16]. on a introduit un enseignement massif de l’anglais à partir des écoles primaires (et maternelles), jusqu’à enseigner certaines matières (sciences, politique, histoire) carrément en anglais dans les classes supérieures. Or cette solution-là, qui chasse l’allemand de l’école, serait-elle peut-être la solution des problèmes linguistiques de l’actuelle Teuthonia ? Avec une école carrément globalaise, on aurait éliminé l’injustice qui consiste dans le fait que l’allemand (ou une variété de cette langue) est langue maternelle d’une partie des écoliers. Turcs, Allemands, Bavarois et Frisons seraient tous scolarisés dans une langue également étrangère à tous. Ils utiliseraient cette langue dans tous les discours importants ( « langue de travail »), et leurs langues autochtones, l’allemand inclus, resteraient des vernaculaires, des « langues de la famille » (et de la cour de récréation). Les ci-devants Allemands seraient libérés de leurs mauvais souvenirs liés à leur langue maudite. De toute façon, c’est à cela – et pas à une politique pour la langue allemande – que travaille la politique linguistique allemande.
  12. Il y a deux façons de faire face à la baisse de l'approvisionnement, ou à la hausse des prix de l'énergie. Il y a certes une adaptation consistant à améliorer l'efficacité (renforcer l'isolation d'un logement, installer une pompe à chaleur, habitat passif, transport en commun plutôt qu'individuel, etc...). Cet investissement dans l'amélioration de l'efficacité énergétique en même temps prive les autres secteurs dans lesquels il faudrait investir. Il y a un petit effet « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Un hôpital par exemple qui va refaire son chauffage et son isolation, ne pourra peut-être pas s'acheter en même temps la dernière machine d'imagerie médicale ultra-perfectionnée dont il pensait avoir besoin. Mais l'autre partie de l'adaptation est une simple baisse de la consommation qui se traduit par une baisse de la production industrielle, du PIB et des recettes fiscales de l'État.
  13. https://www.handelsblatt.com/politik/international/aussenhandel-grossbritannien-verfehlt-eigene-ziele-bei-handelsvertraegen-nach-brexit-/28898638.html (31 décembre 2022) La Grande-Bretagne a largement manqué l'objectif qu'elle s'était fixé pour le début de l'année en matière d'accords commerciaux post-Brexit. Moins des deux tiers du volume du commerce extérieur ont été couverts jusqu'à présent par des accords commerciaux post-Brexit, comme l'a confirmé un porte-parole du ministère britannique du Commerce, interrogé à ce sujet. A l'origine, le gouvernement de Londres avait fixé comme objectif que les nouveaux contrats commerciaux représentent 80 pour cent d'ici la fin 2022. La possibilité de conclure, en tant qu'Etat souverain, ses propres contrats commerciaux sans être soumis aux règles de l'UE était l'une des promesses centrales du Brexit. Selon les derniers chiffres officiels disponibles, seuls 63 pour cent du commerce extérieur sont jusqu'à présent couverts par de tels accords. "Nous nous sommes fixé des objectifs élevés, mais pour les atteindre, nous avons besoin d'un accord avec les États-Unis, et il est clair que l'administration Biden n'accorde pas la priorité aux accords commerciaux avec d'autres pays", a déclaré un représentant des milieux gouvernementaux britanniques à l'agence de presse allemande. Le ministère britannique du Commerce a fait savoir qu'il souhaitait se concentrer ensuite sur les accords avec l'Inde, les pays du Golfe, le Canada, le Mexique, Israël et l'Indo-Pacifique. Dans de nombreux cas, les accords commerciaux avec d'autres pays ont été largement copiés de l'époque de l'UE, les conditions sont nettement moins bonnes que dans le cas du pacte commercial de l'UE ou l'ordre de grandeur n'est tout simplement pas aussi important pour l'économie britannique - par exemple dans le cas de l'Australie ou du Japon. Selon un sondage, le pacte commercial avec l'UE n'apporte pas aux entreprises britanniques les avantages escomptés : Dans un sondage de la British Chamber of Commerce, plus des trois quarts des entreprises interrogées ont déclaré que l'accord de Brexit ne les aidait pas à augmenter leur chiffre d'affaires. Plus de la moitié d'entre elles (56 %) ont déclaré avoir des problèmes avec les nouvelles règles commerciales.
  14. Quant à l'idée que le français devrait être la langue de travail de l'Union Européenne, il y a eu au moins un Allemand pour la défendre, un autre Otto : https://www.lemonde.fr/archives/article/1982/06/26/l-archiduc-et-la-langue-de-l-europe_2904096_1819218.html C'est en sa qualité de président du GEDULF que l'héritier de la Maison d'Autriche était invité, mardi 22 juin, à exposer son action devant l'Union internationale des journalistes et de la presse de langue française, à Paris ; " Si nous parvenons à maintenir le français, langue la plus difficile du continent, nous sauverons toutes nos autres langues et, en même temps, l'essence, l'âme de l'Europe. En outre le français, par sa précision sans taille, est irremplaçable pour l'entendement politique entre Européens, et par conséquent, indispensable à l'avenir de la Communauté. " Le projet soutenu par le prince-député, et sur lequel l'Assemblée européenne devrait se prononcer bientôt, est au reste fort raisonnable, puisqu'il implique que " tous les députés pourraient continuer à s'exprimer dans l'idiome de leur choix, seuls le français et l'anglais faisant foi pour les documents, au lieu de sept langues qui font qu'actuellement 65 % des dépenses de l'Assemblée vont à des travaux de traduction, alors que 80 % des parlementaires européens entendent le français ". Les oppositions les plus vives viennent des Pays-Bas et du Danemark, d'où un député européen, M. Nyborg (démocrate de progrès, groupe dont font partie les gaullistes), mène campagne pour " l'égalité absolue entre toutes les langues dans la Communauté ". Égalité chaque jour démentie dans les faits, ce qu'encourage un pays comme le Danemark, où un ancien ministre n'a pas hésité à déclarer ; " Il est de l'intérêt des Danois que progresse en Europe l'anglais ! "
  15. https://www.radioclassique.fr/classique/guerre-en-ukraine-le-danseur-mikhail-baryshnikov-appelle-a-ne-pas-sanctionner-les-artistes-et-sportifs-russes/ (22/03/2022) Début mars, Mikhaïl Baryshnikov, avec l’écrivain russe Boris Akunin et l’économiste russe Sergei Guriev, a lancé un appel à ses compatriotes eux aussi exilés dans le monde entier. Dans cet appel, intitulé True Russia (Vraie Russie) et accompagné d’une campagne de dons (plus de 980 000 euros déjà récoltés), les signataires demandent à la communauté russe en exil à ne pas « rester les bras croisés » et de venir en aide aux Ukrainiens qui fuient l’armée russe. « Parce que la véritable Russie, c’est celle de Dostoïevski, Tolstoï, Tchékhov et Sakharov, et non l’État poutinien de la Fédération de Russie. La Russie n’est pas Poutine et Poutine n’est pas la Russie. La véritable Russie, c’est nous. Il faut que tous les Russes, unis, ensemble, viennent en aide aux réfugiés ukrainiens », lit-on dans l’argumentaire de cet appel qui précise également que le mot « Russe » est devenu « toxique ». https://www.radioclassique.fr/classique/slovenie-le-drapeau-de-lukraine-interdit-de-scene-a-lopera-de-ljubjana/ (21 mars 2022) La direction de l’Opéra National de Ljubljana a proscrit l’utilisation de drapeaux ukrainiens pendant les représentations de Faust de Gounod. À l’issue de la première, le metteur en scène belge, qui avait prévu de les utiliser à la place des drapeaux français, a déclaré qu’il ne pourra plus collaborer avec l’institution slovène. https://www.radioclassique.fr/classique/guerre-en-ukraine-boycotter-tchaikovsky-la-demande-surprenante-du-ministre-de-la-culture-oleksandr-tkachenko/ (08/12/2022) Boycotter Tchaïkovski, la demande surprenante du ministre de la Culture Oleksandr Tkachenko. Dans une longue lettre adressée mardi au quotidien britannique The Guardian, le ministre de la Culture ukrainien accuse la Russie de vouloir détruire la culture et la mémoire de son pays. Oleksandr Tkachenko demande que « les œuvres préférées du Kremlin », dont celles de Tchaïkovski, soient suspendues jusqu’à la fin de la guerre. [Tchaïkovsky préféré du Kremlin ? Pardon, je croyais que c'était Wagner.] Certaines institutions concernées ont déjà répondu à cette injonction qu’elles ne suivront pas. La Scala de Milan a ainsi maintenu les représentations de Boris Godounov qui ont débuté ce mercredi malgré la pression du consul ukrainien. Idem pour l’Opéra de Francfort qui propose en ce moment L’Enchanteresse de Piotr Ilitch Tchaïkovski. Le Royal Ballet House a indiqué qu’il n’est pas question de déprogrammer le ballet Casse-Noisette qui est donné jusqu’au 14 janvier. https://www.reuters.com/world/europe/italy-theatre-cancels-show-by-putin-tattooed-russian-dancer-2022-12-30/ Un théâtre italien a annulé vendredi le spectacle d'un éminent danseur russe [1] qui a trois tatouages du président Vladimir Poutine sur la poitrine et les épaules, en réaction aux protestations en ligne concernant l'apparition prévue de l'artiste. [1] https://www.vanityfair.fr/culture/voir-lire/story/qui-est-sergei-poulunin-la-sulfureuse-star-du-ballet-/5198 Né en 1989 à Kherson (Ukraine), Sergueï Polounine grandit dans un milieu défavorisé. Dès l’âge de trois ans, ses talents innés de danseur le distinguent de la masse. Bien décidée à lui offrir une meilleure vie, sa mère exploite son potentiel en le poussant sur le devant de la scène. À 13 ans, le petit prodige rejoint la Royal Ballet School à Londres, sans parler le moindre mot d’anglais. Il intègre ensuite la compagnie britannique en 2007, avant d’en devenir le plus jeune danseur principal, trois ans plus tard. Comparé à des icônes comme Rudolf Noureev, le jeune homme s’illustre autant par sa grâce, que par ses coups d’éclat. En l’occurrence, la drogue qu’il consomme à foison, en soirées ou avant ses performances. Si la prise de cocaïne et d’amphétamines lui donne des ailes dans un premier temps, ses effets néfastes se font vite sentir : « Au début, tu te sens bien, puis ton corps commence à tomber en morceaux. Ton cerveau ne fonctionne plus aussi bien, tu es en retard de quelques secondes. Après, je ne pouvais même plus parler, j’étais constamment silencieux ». Détenteur d’un passeport russe depuis novembre 2018, le jeune homme voue aussi une fascination à Vladimir Poutine dont il ne cesse de faire les éloges. Prompt à se scarifier, adepte des tatouages « comme les véritables hommes se doivent de l’être », il se fait imprimer à même la peau le visage du président. Un comportement qui se répercute sur sa carrière : le danseur n'interprétera donc pas Siegfried du Lac des Cygnes à l'Opéra Bastille. Il est l'illustration même de l'interpénétration des cultures russe, ukrainienne et européenne et de ses avatars en termes de production de passeports.
  16. https://www.sudouest.fr/international/europe/ukraine/apres-l-annonce-de-mobilisation-deux-russes-fuient-vers-l-alaska-et-demandent-asile-aux-etats-unis-12509370.php (6 octobre 2022) Deux Russes sont arrivés par la mer en Alaska mardi et réclament l’asile aux États-Unis.
  17. 15 septembre 2022. Hydrologie : pourquoi 80% de la population américaine vit-elle dans la moitié Est du pays ? Et quelles prédictions peut-on faire pour l'avenir ?
  18. J'ai aimé cet article et je l'approuve à 95%. C'est plusieurs fois mieux que ce que produisent les médias dominants dans leurs compte-rendus du type dépêche d'agence qui restent à la surface des choses. Je diverge seulement avec quelques lieux communs idéologiques simplificateurs, ou avec l'orthographe inclusive caricaturale ("qu’iels partent toustes"). Je me demande s'il n'y aurait pas un lien entre la politique de "diviser pour mieux régner" de l'empire inca, et l'actuelle fragmentation des partis politiques dispersés au niveau local et régional, empêchant quoi que ce soit de cohérent d'émerger au niveau national : En effet, début décembre 2022, le président jouit d’une popularité de 30 %, et le Congrès de moins de 10 % – car il est composé de parlementaires qui font l’objet de scandales de corruption à répétition, et qui ont fait preuve de positions ouvertement racistes et classistes. - -
  19. Rien de ce que je reproche à Macron n'a à voir avec l'Europe. Par exemple le Rwanda n'est pas en Europe, au cas où tu n'aurais pas remarqué. Par contre les instincts néo-impériaux américains en Afghanistan, auxquels l'Allemagne a complaisamment participé, ce n'est pas une "tendance rétrograde", hein. L'Afghanistan c'est une bonne derzeitige Realität (current reality) à laquelle l'Allemagne ne peut que souscrire.
  20. L'Europe a zéro hard power. Donc l'Europe est déjà 100% du soft power. Le problème de l'Europe n'est pas qu'elle manque de soft power, mais de hard power. Macron a sabordé la francophonie en permettant à une Rwandaise d'en prendre la présidence [1] (ainsi qu'en faisant un discours en anglais à Berlin en 2017 [2]). Il a également dit en 2017 "il n'y a pas de culture française" [3]. [1] http://www.air-defense.net/forum/topic/20208-la-francophonie/?do=findComment&comment=1171890 [2] https://www.dailymotion.com/video/x58811k [3] https://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/02/06/31001-20170206ARTFIG00209-emmanuel-macron-et-le-reniement-de-la-culture-francaise.php
  21. Si tel aurait été l'état d'esprit de Macron à l'origine, l'AUKUS aura contribué à lui dessiller les yeux en 2021 : https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/17/sous-marins-australiens-la-france-rappelle-ses-ambassadeurs-a-washington-et-a-canberra-pour-consultations_6095091_3210.html
  22. https://www.ouest-france.fr/europe/royaume-uni/la-penurie-de-bouchers-au-royaume-uni-menace-les-repas-de-noel-l-abattage-de-150-000-porcs-envisage-eca69af0-229e-11ec-bbd7-9fd0eb5422e3 (1er octobre 2021) La pénurie de bouchers pourrait entraîner l’abattage de 150 000 porcs dans les dix prochains jours, a averti le Syndicat national des agriculteurs. Ces bêtes n’entreront pas dans la chaîne alimentaire et seront plutôt incinérées ou jetées à la poubelle ». https://unherd.com/2021/10/crisis-is-the-new-normal/ Comme le souligne l'économiste américain Matt Stoller, la mondialisation "nous a laissés particulièrement mal préparés à gérer un choc d'approvisionnement. Notre chaîne d'approvisionnement mondialisée hyper-efficace, autrefois romancée par des hommes comme Tom Friedman dans The World Is Flat, est le problème. Comme le système financier avant le crash de 2008, ce type d'ordre économique cache sa fragilité. Il semble fonctionner très bien, jusqu'à ce que ce ne soit plus le cas." Maintenant, nous commençons à voir à quoi ça ressemble quand ça ne fonctionne pas. Prenons l'exemple de la transformation de la viande. Pendant des décennies, en quête d'efficacité, les supermarchés ont centralisé le traitement de la viande dans de gigantesques méga-abattoirs, forçant les petits abattoirs régionaux à fermer et évinçant les agriculteurs locaux. L'environnement de travail dans ces lieux est si épouvantable et exploité, et les salaires si bas, qu'ils ne peuvent être occupés que par des immigrants issus des régions les plus pauvres du monde. En conséquence, plus des deux tiers de la main-d'œuvre britannique du secteur de la transformation de la viande est constituée de migrants, ce qui rend l'approvisionnement alimentaire du pays dépendant de la libre circulation de la main-d'œuvre étrangère et de la distribution nationale d'animaux vivants et de viande transformée vers un petit nombre de centres centralisés. Il s'agit d'un état de fait totalement insoutenable et immoral. Comme l'observe le commentateur Richard North, expert de l'industrie de la viande, le nombre d'abattoirs en Grande-Bretagne a diminué "de 3 326 unités dans les années 1960 à seulement 156 en 2020", de sorte que "la structure de l'industrie de la viande au Royaume-Uni est déjà si concentrée qu'elle n'est pas viable". Dès que le système subit un choc, comme c'est le cas actuellement, il est incapable de faire face... La mondialisation des lignes d'approvisionnement selon la logique du marché libre est également un désastre pour l'environnement. Comme l'a révélé une enquête de Greenpeace la semaine dernière, la consolidation croissante de l'industrie laitière britannique en une poignée de méga-laiteries à l'américaine permet aux multinationales de l'agroalimentaire de nourrir leurs vaches avec du soja provenant de l'écorégion Cerrado du Brésil, une région menacée. L'impact est profond : il a accéléré la déforestation et le réchauffement climatique, forcé les vaches à vivre dans des conditions d'élevage misérables et non naturelles dans des hangars géants et poussé les petits producteurs laitiers britanniques à la faillite. Pourtant, au-delà des questions morales, la chaîne d'approvisionnement du soja est également extrêmement susceptible d'être perturbée en temps de crise, comme la sécheresse - la pire depuis plus d'un siècle - qui ravage actuellement le secteur agricole brésilien. Les pénuries de soja causées par l'effondrement de l'environnement au Brésil ou par les blocages du système mondial de transport maritime entraîneront à l'avenir des pénuries de lait et de fromage, une situation absurde dans un pays comme la Grande-Bretagne qui bénéficie de pluies abondantes et d'une herbe luxuriante. En effet, comme le souligne l'économiste de gauche James Meadway, bien que le Brexit ait exacerbé l'exposition de la Grande-Bretagne aux perturbations de la chaîne d'approvisionnement, "c'est une erreur nombriliste que de désigner la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE comme la cause première de la crise". Nous vivons plutôt "les premières secousses de l'effondrement environnemental généralisé de ce siècle. Les prix du gaz ne vont pas baisser de sitôt et la crise de la chaîne d'approvisionnement ne sera pas résolue cette année, ni même l'année prochaine". La crise est la nouvelle normalité : pour maintenir le bien le plus élémentaire qu'est la sécurité alimentaire, la Grande-Bretagne devra devenir plus autonome, en décentralisant les chaînes d'approvisionnement dans un souci de résilience plutôt que d'efficacité et en relocalisant la production alimentaire autant que possible.
  23. La situation est critique, et la crise profonde : 200 ans d’une République « créole », issue de la colonisation et excluante. L'Empire Inca lui-même était un rien colonisateur : https://en.wikipedia.org/wiki/Mit'a#Mitma_resettlement_system Il s'agissait de transplanter des groupes entiers de personnes d'origine inca en tant que colons sur de nouvelles terres habitées par des peuples nouvellement conquis. L'objectif était de répartir les sujets incas loyaux dans tout leur empire afin de limiter la menace de rébellions localisées. et excluant : https://en.wikipedia.org/wiki/Mitma Afin de montrer leur domination, les Incas exigeaient que les groupes nouvellement capturés adoptent des pratiques qui les distingueraient des groupes voisins. Par exemple, les membres des Huancavelicas extrayaient six dents de devant de chaque colon. Pour perpétuer davantage les différences locales, les colons devaient conserver leurs vêtements et pratiques traditionnels après avoir été relogés[14]. Ces politiques permettent à l'État de surveiller les déplacements de ses sujets, et les fonctionnaires peuvent facilement déterminer qui a sa place dans une région donnée et qui n'est pas censé s'y trouver. Comme nous l'avons mentionné, être trouvé hors de sa place avait de graves répercussions. Cependant, le fait de ne pas porter les costumes traditionnels constituait un crime contre l'État, passible de torture ou de mort.
  24. https://unherd.com/2022/12/the-fall-of-seattle-2/ (26 mars 2022) En février dernier, Bruce Harrell, nouvellement installé comme maire de Seattle, a rendu officiel le déclin de sa ville. "La vérité est que le statu quo est inacceptable", a-t-il déclaré dans son premier discours sur l'état de la ville. "Il semble que chaque jour, j'entends des histoires de petites entreprises de longue date qui ferment définitivement leurs portes ou qui quittent notre ville." Mais il ne s'agit pas seulement de petites entreprises. À la mi-mars, Amazon a annoncé qu'il abandonnait un espace de bureaux de 312 000 pieds carrés dans le centre-ville, en invoquant des préoccupations liées à la criminalité. Que de tels malheurs touchent l'une des villes les plus riches du pays, avec un revenu médian des ménages supérieur à 100 000 dollars, ne peut être imputé au déclin économique. Pourtant, une grande partie du centre de Seattle ressemble à une ville fantôme marquée au fer rouge. Les commerces des deux côtés de la troisième avenue, une artère principale, sont fermés par des panneaux. À quelques rues de l'hôtel Four Seasons et de l'hôtel Fairmont, des tentes encombrent les trottoirs et des toxicomanes sont assis sous des auvents, tenant des morceaux de papier d'aluminium au-dessus de flammes de briquets. L'application des règles de circulation est minimale, voire inexistante. L'année 2020 a vu un pic de 68 % des homicides, le chiffre le plus élevé depuis 26 ans, et l'année 2021 a vu une augmentation de 40 % des appels au 911 pour des coups de feu et une augmentation de 100 % des fusillades en voiture. La petite délinquance sévit dans tous les quartiers de la ville, et les entreprises du centre-ville ont payé des centaines de milliers de dollars pour financer leur propre sécurité. Qu'est-il arrivé à Seattle ? La réponse, bien sûr, dépend de votre politique. Dans la section des nouvelles du Seattle Times, par exemple, le lecteur a peu de chances de voir une réflexion sur le lien entre maintien de l'ordre et sécurité publique. "Aucune cause unique pour la recrudescence des tirs à Seattle en 2021", déclare un titre récent typique au-dessus d'un article qui n'évoque que des possibilités telles que la pandémie ou un cycle malchanceux de "violence de représailles". Mais l'opinion majoritaire à Seattle semble avoir évolué vers la reconnaissance que les troubles et les destructions survenus après le meurtre de George Floyd en 2020 ont marqué un tournant et que les politiques de la ville à l'égard de ses forces de police, dont les rangs sont aujourd'hui réduits, sont pertinentes pour comprendre l'histoire. L'article suivant, basé sur des entretiens avec un certain nombre d'anciens et d'actuels officiers de police - dont cinq sont enregistrés dans cet article - est une tentative d'offrir une perspective évidente mais non prise en compte. Il s'agit d'un point de vue de policier sur la déchéance de Seattle.
  25. La "durabilité" est aux défis qui s'annoncent ce que l'homéopathie est à la médecine : https://www.commonwealmagazine.org/higher-education-environment-greenwashing-climate-change (2 décembre 2022) Arrêtons de nous faire des illusions sur les programmes de durabilité environnementale de nos campus universitaires. Leur principale fonction n'est pas la transformation institutionnelle pour réduire sérieusement notre impact environnemental. Leur fonction est de nous faire nous sentir mieux dans notre peau, même si nous continuons à détruire l'environnement. Une véritable durabilité, compte tenu de notre véritable crise environnementale, exigerait des changements institutionnels substantiels dans les attentes et les pratiques de chacun. Mais la plupart des programmes de durabilité dans l'enseignement supérieur - comme partout ailleurs - sont fragmentaires, marginaux, symboliques. Nous recyclons le carton et le plastique ici, nous organisons des événements "verts" sur le campus là. Les étudiants ont des clubs de durabilité, les résidences ont des représentants de la durabilité et le personnel a des comités de durabilité. De temps en temps, un administrateur produit un rapport de planification dans lequel il promet d'atteindre la neutralité carbone d'ici trois décennies. Puis les affaires continuent comme si le problème était résolu. C'est ce que l'on appelle la "durabilité thérapeutique". Elle fonctionne comme une gestion organisée des apparences et des sentiments, et non comme les changements institutionnels difficiles que la véritable durabilité exigerait. Cela fait également bonne impression sur les documents promotionnels destinés aux étudiants potentiels et aux donateurs. Le souhait de se sentir bien est compréhensible, surtout après les traumatismes de ces dernières années. Mais, qu'on le veuille ou non, la vie dans les années et décennies à venir sera bien pire que ce que nous venons de vivre. Les lois et les effets de la physique et de la biologie ne sont pas modifiés par nos sentiments les plus heureux. La civilisation moderne industrielle et post-industrielle mondiale détruit progressivement l'environnement naturel dont dépend toute vie, et l'enseignement supérieur américain y contribue. Les programmes et événements de durabilité des campus qui nous permettent de croire le contraire ne font qu'aggraver la situation. Dans le meilleur des cas, l'enseignement supérieur poursuit la recherche disciplinée de connaissances fiables sur la réalité afin de bien y vivre. Et si nous essayions de le faire avec l'environnement et la durabilité ? Si nous ne pouvons pas gérer de véritables transformations en matière de durabilité, soyons au moins honnêtes et mettons un terme à nos faux-semblants. Au moins, nous pourrions alors revendiquer une once d'intégrité alors que nous continuons à détruire la Terre. Peut-être qu'à ce moment-là, les illusions actuelles ayant disparu, certains se lèveront pour exiger beaucoup mieux.
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