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Tout ce qui a été posté par Wallaby

  1. http://www.dailymail.co.uk/news/article-3582287/Suicide-bomber-blows-Britain-s-second-biggest-shopping-mall-chilling-night-anti-terror-training-exercise-featuring-thousands-volunteers-playing-victims.html Exercice d'entraînement de la police dans un centre commercial. Avec 800 figurants.
  2. C'est interdit par le droit international. L'Italie a lancé l'opération Cyrène en 2012 consistant à former 2000 soldats libyens. http://leplus.nouvelobs.com/contribution/949743-lampedusa-une-consequence-de-la-guerre-en-libye-a-l-epoque-j-avais-alerte-juppe.html (4 octobre 2013) Alberto Toscano : J'ai posé une question sur Lampedusa Après le discours du ministre Juppé, relatif surtout au cadre diplomatique de l’intervention militaire, je me permets de lui poser la question suivante : "Monsieur le ministre, êtes vous conscient que les opération militaires en Libye et la déstabilisation de ce pays, où vivent un grand nombre de travailleurs originaires d’autres Etats africains, vont provoquer une vague migratoire vers l’Italie et en particulier vers l’île de Lampedusa ? Êtes-vous prêts à aider l’Italie face à la probable crise humanitaire qui va se vérifier dans la Méditerranée ?" La réponse est en pure et simple langue de bois politicienne. On tourne la tête de l’autre côté. Comme si j’avais dit des banalités révélatrices de mon origine nationale, incapable d’apprécier les grands desseins stratégiques à la française, parrainés par le duo de tonnerre Sarko-BHL. D’ailleurs aucun journaliste français présent s’est montré sensible à mes arguments.
  3. 25 février 2015. Pierre Defraigne, ancien directeur de cabinet du Commissaire européen au Commerce : 42:07 : Entre l'Europe et TTIP il faut choisir. Toute libéralisation apporte de la croissance, mais quelle croissance ? Certains pays, c'est sûr, l'Allemagne notamment vont gagner à l'exportation hors de l'Union Européenne vers les États-Unis. D'autre vont perdre. Où est le mécanisme en Europe qui permet de solidariser les pays qui gagnent avec les pays qui perdent ? Il n'y en a pas. Deuxième objection : est-il sage de confier à la politique commerciale - [sachant que] dans une négociation commerciale le secret est la condition du succès - la responsabilité de créer un marché intérieur transatlantique ? Un marché cela demande des institutions. Nous avons fait un grand marché en Europe en 1992 : il y a eu 300 pièces de législation qui ont été votées par le parlement et par le conseil dans des procédures de transparence où on pouvait amender les textes. Ici il n'en est pas question. À la fin de la négociation on viendra dire au Conseil et au Parlement : à prendre ou à laisser, oui ou non. Troisième observation : c'est l’asymétrie. C'est la première fois que l'Europe fait une négociation du faible au fort. Toutes les zones de libre échange conclues par l'Europe ont été du fort au faible. Pourquoi sommes-nous plus faibles que l'Amérique ? Nous sommes plus nombreux, et notre PIB est de la même importance. Mais nous ne sommes pas unis. Nous n'avons pas achevé notre marché intérieur dans le domaine des télécommunications, de l'énergie, du digital, des services financiers et bien évidemment les industries de défense. Nous avons huit monnaies. L'Amérique en a une. L'Amérique est unie. Elle a un gouvernement. Nous en avons vingt-huit. Alors pensons-nous que malgré le talent immense de nos négociateurs (...) nous pouvons compenser ce handicap ? Quatrièmement : c'est la question du choc des modèles : nous n'avons pas les mêmes préférences collectives. Sur beaucoup de plans : sanitaire, social, environnemental, culturel, nos sociétés portent des valeurs différentes. Et par la convergence réglementaire on va mettre ces modèles en compétition, en arbitrage. Comment allons-nous trancher ces conflits profonds qui font que la société américaine, innovante, créative, dynamique, est aussi une société inégalitaire, violente ? Cinquième question : est-ce que les vieux de la vieille, l'Amérique et l'Europe vont maintenant faire une coalition pour expliquer aux autres ce qu'ils doivent faire ? Et imaginer que les autres vont les écouter ? Est-il sensé, nous qui avons créé le Gatt et l'OMC, de miner la base de ce système de gouvernance multilatérale qui est seule compatible avec une économie mondialisée ? Dernière chose : Madame Hillary Clinton dit : TTIP, c'est un Economic NATO. Je pose la question : qui est l'ennemi ? On va me dire c'est la Chine. Ah ! C'est la Chine ? Oui, parce que l'Amérique est en train de conclure un accord transpacifique avec onze pays du pacifique sans la Chine puis avec nous et on laisse la Chine en dehors : cela s'appelle une politique d'endiguement. Est-ce que nous croyons que la Chine va tout simplement se laisser faire ? Je pense qu'il ne faut pas sous-estimer ses concurrents. La Chine est le plus grand marché du monde, dorénavant et va être celui qui va de loin croître plus vite que celui du reste du monde et toute l'Asie est en train de s'organiser autour de ce grand marché avec une intégration industrielle et avec une coopération monétaire déjà très forte. Donc nous sommes en train d'encourager la constitution d'un bloc asiatique de l'Est avec lequel nous allons devoir rivaliser. Est-ce qu'on a pensé sérieusement à ce que ce type de morcellement de l'économie mondiale, ce type de confrontation de bloc, d'accords commerciaux et monétaires et puis peut-être des blocs stratégiques représente pour la sécurité et pour la paix dans le monde ? Moi je crois que cet accord TTIP est un accord du passé. C'est un accord qu'il faut tout de suite prolonger en l'élargissant tout de suite à d'autres partenaires y compris bien sûr la chine. Il faut viser à revitaliser le système multilatéral de l'OMC. À un moment donné, dans une démocratie, quand les choses deviennent trop compliquées, quand on n'y voit plus clair sur les enjeux, quand on n'y voit plus clair sur les rapports de force, quand on n'y voit plus clair sur les manœuvres qui sont menées par les uns et par les autres avec des moyens d'information considérables, et on peut véritablement parler de matraquage, dans le cas de TTIP, c'est pourquoi au moins ici je me réjouis que nous ayons un débat pluraliste et ouvert, est-ce que la sagesse n'est pas de retourner au peuple ? Retourner au peuple après un débat. Ce débat a commencé, mais il faut le mener jusqu'à son terme. Et le terme normal c'est l'élection du parlement européen dans quatre ans. Je pense qu'il serait sage de ne pas pousser les négociateurs européens à conclure trop vite. 1:33 Dans la négociations nous sommes trois. Qui est le troisième ? Eh bien figurez vous que les États-Unis ont entamé une négociation avec onze pays du pacifique. Leur but, proclamé, affirmé, redit la semaine dernière, c'est de conclure l'accord avec le Japon, la Malaisie etc. avant TTIP, et alors quoi ? La "négociation à deux, en tête à tête, avec nos amis Américains"... ne vont-ils pas nous sortir un papier en disant : "nous on aimerait bien vous suivre, mais zut, on vient de négocier et de signer avec des pays qui nous ont fait confiance, maintenant ça va être très difficile d'amender ce texte" ? Alors je trouve tout de même assez ahurissant que cet élément là soit absent du débat en Europe. On fait comme si on avait un dialogue de bonne foi, sur pied d'égalité avec les Américains. Or les Américains, grand pays avec des intérêts et pas d'amis, ce qui est logique, c'est de la saine géopolitique, sont occupés à pratiquer cette politique.
  4. Je recopie ce que j'avais mis dans le fil Daèche mais qui concerne aussi la Libye : http://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/sahel-l-evolution-des-conflits-et-instabilites (10 mai 2016) 3:12 Thierry Garcin : Il y a eu une dévastation de la Libye : la France a une responsabilité considérable en la matière... André Bourgeot, anthropologue : Absolument, la France a une responsabilité considérable, alors le président des Etats-Unis, le président Obama a fait [une déclaration] il y a quelques semaines en disant : "on a commis des erreurs dans l'absence de suivi de l'intervention", mais il n'a pas dénoncé la nature de l'intervention. Je crois qu'il y a deux choses différentes, c'est que si on ne dénonce pas la nature de l'intervention... C'est cette nature de l'intervention qui a conduit à la déstabilisation généralisée des États sahariens. Cela veut dire sur l'Algérie, le Mali, le Niger, y compris aussi le Tchad. C'est ça la gravité de la situation. Et le pays le plus sensible à cette déstabilisation a été le Mali.
  5. http://www.zeit.de/politik/ausland/2016-05/tuerkei-eu-mitgliedschaft-recep-tayyip-erdogan (9 mai 2016) Erdogan qui souffle le chaud et le froid. Après avoir dit vendredi aux Européens "vous allez votre chemin, nous allons le nôtre", le voilà qui dit maintenant que son objectif est d'adhérer à l'UE et que la Turquie va coopérer avec l'UE à la résolution des problèmes.
  6. Dans la mesure où même Israel a plus ou moins un accord officieux de déconflictualisation avec la Russie dans le ciel Syrien, cela pourrait créer des situations embarrassantes si la Turquie faisait des opérations aériennes en Syrie en dehors du consentement russe.
  7. http://www.thenews.pl/1/9/Artykul/251790,Mass-protest-and-countermarch-in-Warsaw (7 mai 2016) Le chiffre de 240.000 est celui de la mairie de Varsovie (maire Hanna Gronkiewicz-Waltz, Plateforme Civique). http://www.thenews.pl/1/12/Artykul/252027,Polish-agriculture-ministry-says-no-to-TTIP (9 mai 2016) Le ministre de l'agriculture soutenu par son collègue de l'environnement, s'oppose au traité transatlantique.
  8. Bourlanges à répondu à Guéhenno pour dire que le traité de l'OTAN est suffisamment clair : si c'est la Turquie l'agresseur, l'article 5 ne peut pas fonctionner. Lorsque la France et l'Angleterre avaient fait l'opération de Suez, Eisenhower aurait dit clairement que la France et l'Angleterre n'étaient pas sous protection de l'OTAN lorsqu'elles se mettaient en danger de riposte soviétique en attaquant l'Égypte.
  9. http://www.thenews.pl/1/10/Artykul/251939,Polish-President-Duda-in-Canada-visit (9 mai 2016) En amont de la visite de Duda au Canada, le ministre de la chancellerie présidentielle Krzysztof Szczerski a dit : "le Canada est le deuxième plus important allié de la Pologne dans l'OTAN". On voit tout de suite le grand amour qu'il a pour la France, l'Allemagne ou l'Angleterre...
  10. http://www.dw.com/en/obama-celebrates-shakespeare-as-uk-debates-to-be-or-not-to-be-in-the-eu/a-19210330 (23 avril 2016) Sondage : le fait que le président Obama exprime une préférence sur le référendum de Brexit est : - inapproprié : 53% - approprié : 35%
  11. https://www.foreignaffairs.com/articles/united-states/2016-03-21/making-america-great-again (21 mars 2016) Écrit en réponse au programme de Ted Cruz sur le "moins d'État" et la suppression d'un certain nombre d'agences fédérales, cet article est un plaidoyer en faveur de l'économie mixte. Il la défend en revenant aux propres doutes d'Adam Smith sur le marché et à partir d'un certain nombre de preuves empiriques comme le fait que sur la planète les pays riches sont des pays à gros gouvernement tandis que les pays pauvres sont des pays à petit gouvernement. Surtout il raconte la chronologie de la création des services publics que nous connaissons en Amérique, depuis Theodore Roosevelt. Il nous étonne en disant que Nixon quoique Républicain, était plus dirigiste que Clinton ou Obama. Une citation d'Eisenhower pimente le tout : Si quelque parti politique essayait d'abolir la sécurité sociale, l'assurance chômage, et éliminait le droit du travail et les politiques agricoles, ce serait sa dernière apparition dans notre histoire politique. Il y a un étroit groupe dissident, bien sûr, qui croit que l'on peut faire de telles choses. (...) Leur nombre est négligeable et ils sont stupides.
  12. http://www.boursorama.com/actualites/le-parlement-finlandais-debat-d-une-sortie-de-l-euro-1524b0e0cd3b8f9c6299b3edd99e1270 (28 avril 2016) Débat au parlement finlandais sur la sortie de l'euro. Dans un sondage publié en décembre, 54% des Finlandais disaient souhaiter le maintien du pays au sein de la zone euro, contre 31% qui préconisaient d'en sortir.
  13. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/video-l-incendie-de-fort-mcmurray-reduit-la-production-de-petrole-canadien-569742.html (7 mai 2016) & http://www.spiegel.de/wirtschaft/unternehmen/kanada-waldbraende-lassen-oelpreis-steigen-a-1091350.html (9 mai 2016) La production de pétrole canadienne baisse d'un quart (3 millions de barils au lieu de 4) à cause des incendies et en conséquence le prix du pétrole augmente de 1,9% à 45,2 dollars sur le marché américain (West Texas Intermediate).
  14. http://www.independent.co.uk/news/world/americas/us-elections/hillary-clinton-i-am-so-sick-of-bernie-sanders-lies-on-climate-change-a6962836.html (31 mars 2016) Hillary Clinton est financée soit directement dans sa campagne électorale soit autrefois sous la forme d'une série de conférences à presque un million de dollars par diverses industries des hydrocarbures américaines ou canadiennes. Elle a promis de réguler la fracturation hydraulique, ce qui ne l'empêche pas d'avoir organisé en mars 2016 une journée de levée de fonds pour sa campagne auprès d'industriels de la fracturation.
  15. http://www.franceculture.fr/emissions/l-esprit-public/les-tensions-internationales-avec-jean-marie-guehenno (8 mai 2016) Jean-Marie Guéhenno : 7:10 Ce n'est pas en bombardant Raqqa qu'on assure la sécurité des Français. 10:08 Les Européens font exactement les mêmes erreurs que les Américains. 12:15 La France à une tendance (...) à être trop proche des monarchies sunnites. (...) On ne fait pas le lien entre la politique turque et la politique syrienne. [en soutenant les Kurdes sans tenir compte de l'impact sur la Turquie : voir plus bas 54:42] 26:10 Sur la question de la ligne rouge, du non-emploi de la force après l'utilisation des gaz par Assad (...) j'ai été très hésitant. Je pense que cela n'aurait pas été une bonne solution [d'attaquer Assad]. (...) On peut argumenter que le président Obama a pris la bonne décision. 32:45 Si demain on libère Raqqa, on libère Mossoul, on libère Syrte en Libye, qui administre[ra] ces trois villes ? Si ce sont demain des milices chiites à Mossoul, (...) on prépare une cinquième vague de terrorisme, parce que les conditions de légitimité d'un pouvoir qui gèrerait les zones entre guillemets "libérées" ne seront pas là. (...) C'est pas un hasard si Syrte est le fief de Daèche en Libye, c'est parce que Syrte, c'est là où était la base de Kadhafi et de sa tribu. (...) Demain si vous avez des milices de Misrata, qui sont haïes à Syrte, qui prennent le contrôle avec un appui occidental, de Syrte, oui, il y aura une victoire, mais ce sera une victoire à la Pyrrhus parce qu'ensuite tous les problèmes politiques resteront ouverts et même aggravés. 38:38 Daèche sera battu par des sunnites. Daèche ne sera pas battu par nous. 40:27 Les acteurs qu'on embrasse, on les décrédibilise. 54:42 Si les Kurdes de l'autre coté de la frontière prennent de plus en plus de consistance, il y a un moment où cela va devenir inacceptable pour le gouvernement turc et où le risque d'opération militaire turque va augmenter. Et à ce moment là, le risque que les Russes frappent fort sur les Turcs est réel. La question qui se posera à ce moment-là est : est-ce que c'est une situation qui relève de l'article 5 de l'OTAN ?
  16. Soirée intéressante hier soir sur la chaîne LCP, en rediffusion sur internet sur le lien suivant : http://www.lcp.fr/emissions/grand-ecran/274159-grand-ecran-quai-dorsay (8 mai 2016) Cela consiste en une heure de documentaire dont on trouvera un résumé ici : http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/quai-d-orsay,97922518.php : il s'agit d'interviews de presque tous les anciens ministres des affaires étrangères encore en vie, ponctuées par des interventions de Bertrand Badie, professeur de relations internationales. puis d'une heure de débat avec : Vincent Jauvert, journaliste, auteur de La Face cachée du Quai d'Orsay. Enquête sur un ministère à la dérive (avril 2016) ; Paul Quilès, ancien ministre de la défense; Jean-Marc de la Sablière, ancien conseiller diplomatique de l'Élysée puis ambassadeur de France à l'ONU.
  17. http://fr.euronews.com/2016/05/06/turquie-erdogan-refuse-de-redefinir-la-loi-antiterroriste-comme-le-veut/ (6 mai 2016) Le président a refusé ce vendredi de redéfinir la loi antiterroriste, jugée trop large par l’Union européenne. La récente manifestation de sympathisants du PKK à Bruxelles lui reste en travers de la gorge. http://www.rtbf.be/info/monde/detail_turquie-l-ambassadeur-de-belgique-convoque-pour-une-tente-du-pkk-dressee-a-bruxelles?id=9246452 (20 mars 2016) L'ambassadeur de Belgique en Turquie a été convoqué par le ministre turc des Affaires étrangères au sujet d'une tente dressée par les sympathisants du PKK près du bâtiment du Conseil européen à Bruxelles durant le sommet entre l'Union européenne et la Turquie, rapporte l'agence de presse turque Anadolu.
  18. Au mois de février, France 2 avait diffusé un documentaire Un oeil sur la planète qui prenait le contre-pied d'un certain nombre d'idées reçues, et on en avait parlé dans ce fil de discussion, tandis qu'une partie de la blogosphère française se mettait en ébullition parce que le documentaire ne correspondait pas à l'image qu'ils se faisaient de la situation en Syrie. Parmi les articles de critique de Un oeil sur la planète, quelqu'un avait cité : http://syrie.blog.lemonde.fr/2016/02/23/na-pas-un-oeil-sur-la-syrie-qui-veut-analyse-de-d-un-oeil-sur-la-planete-du-18022016/ (23 février 2016) Le fait que les groupes jihadistes supplantent les groupes rebelles modérés n'a pas ou peu à voir avec la question des salaires – un kamikaze ne se soucie guère de savoir s’il va toucher 200 ou 1200 euros/dollars pour son opération suicide ou par l’obtention du martyre tant espéré par certains. Il s'agit d'un phénomène lié à trois facteurs : la popularité au combat des jihadistes – motivation, organisation, discipline, efficacité –, la corruption de certains groupes rebelles et surtout l'inaction occidentale face aux bombardements aériens. L’absence de réaction suite à l’attaque à l’arme chimique de la Ghouta orientale le 21 août 2013 marque ainsi un tournant qui va affaiblir la rébellion au profit des groupes plus extrémistes. Là encore, le commentaire n'en fera pas état alors que ce tournant de 2013 est essentiel pour traiter sérieusement de la rébellion syrienne. à comparer avec ce que dit Le Figaro sur la base du rapport International Alert : http://www.lefigaro.fr/international/2016/05/07/01003-20160507ARTFIG00001-syrie-ce-qui-poussent-les-jeunes-syriens-a-rejoindre-les-groupes-extremistes.php (7 mai 2016) Avec un taux de chômage pouvant atteindre 90% dans certaines régions, le principal facteur cité est lié aux problèmes économiques que rencontre la population. Le commerce est contraint par les contrôles aux frontières et l'agriculture, pilier de l'économie rurale, a été sévèrement impactée par l'absence de ressources et l'insécurité. Par ailleurs, l'inflation ne fait qu'accroître la précarité des familles souvent contraintes d'emprunter des sommes qu'elles ne sont pas en mesure de rembourser, soulève l'étude. Dans un tel contexte, les groupes extrémistes armés offrent une perspective d'avenir. Les jeunes Syriens qui prêtent allégeance sont assurés de recevoir un salaire leur permettant de subvenir aux besoins primaires de leur foyer. Signe de l'ascendance du facteur économique sur le facteur idéologique, il n'est pas rare de voir ces jeunes hommes quitter un groupe pour prêter allégeance à un autre plus généreux. C'est à celui qui rémunère le mieux, qu'importe que ces entités aient des visions et des intérêts divergents.
  19. http://www.lematin.ch/monde/Exemption-de-visas-pour-les-Kosovars-proposee/story/14731629 (4 mai 2016) Comme elle l'a fait pour la Turquie le même jour, la Commission européenne a proposé mercredi de placer le Kosovo sur la liste des pays dont les ressortissants peuvent se rendre sans visa dans l'espace Schengen pour des séjours courte durée, jusqu'à 90 jours. http://www.euractiv.com/section/enlargement/news/kosovo-serbs-worried-about-eu-proposal-for-visa-free-travel/ (6 mai 2016) Les serbo-kosovars craignent d'être forcés à reconnaître l'indépendance du Kosovo pour avoir un passeport et voyager dans l'UE. https://euobserver.com/migration/133344 (5 mai 2016) L'Espagne dit qu'elle continue sa non-reconnaissance du Kosovo et du passeport Kosovar.
  20. http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/05/06/coups-de-feu-devant-le-palais-de-justice-d-istanbul-le-journaliste-can-dundar-vise_4915063_3214.html (6 mai 2016) Les journalistes de Cumhuriyet Can Dündar et Erdem Gül condamnés à cinq ans de prison. Tir de trois coups de feu.à la sortie du palais de justice. http://www.welt.de/newsticker/news1/article155130161/Scharfe-Kritik-an-Urteil-gegen-regierungskritische-Journalisten-in-der-Tuerkei.html (7 mai 2016) Les réactions de Reporter Sans Frontières, de l'association des journalistes allemands et du parti Les Verts.
  21. http://www.welt.de/newsticker/dpa_nt/infoline_nt/brennpunkte_nt/article155128824/CSU-notfalls-zu-eigenem-Bundestagswahlkampf-bereit.html (7 mai 2016) La CSU envisage de faire campagne en 2017 sur un programme distinct de celui de la CDU. Dans une telle hypothèse, Seehofer serait tête de liste en Bavière pour bien signifier aux électeurs qu'il s'agit d'un programme différent et que Merkel ne pourra pas si facilement appliquer son propre programme lorsqu'elle sera au pouvoir. Actuellement la CSU et la CDU s'opposent sur la volonté de la CSU d'une limite supérieure au nombre de demandeurs d'asile, sur le contrôle aux frontières, et sur l'accord avec la Turquie. Elles sont divisées aussi sur la stratégie vis à vis de l'AfD.
  22. http://www.spiegel.de/politik/deutschland/frauke-petry-will-beobachtung-der-afd-durch-verfassungsschutz-verhindern-a-1091076.html (7 mai 2016) À l'automne 2015, Frauke Petry aurait rencontré Hans-Georg Maaßen, le président de la Protection de la constitution. Ils auraient passé un accord qui permet à l'AfD de pas être l'objet d'une surveillance, en échange de la coopération de l'AfD avec les autorités sous la forme de transmission de renseignements. Mais Frauke Petry nie qu'une telle rencontre ait eu lieu. Certains politiciens AfD disent le contraire. Un membre du directoire de l'AfD dit que Frauke Petry a dit que la dissolution de la branche sarroise a été proposée suite à la demande de Maaßen qui a menacé, au cas où Petry ne s'exécuterait pas, de placer l'AfD sous surveillance. Cette version est démentie par Petry. https://www.tagesschau.de/inland/bundeswehr-331.html (7 mai 2016) Von der Leyen veut supprimer la limite supérieure rigide de 170.000 hommes de la Bundeswehr, pour avoir une "plus grande flexibilité" dans les "situations de menace" et pour les "opérations". Dans l'immédiat elle veut 7000 hommes supplémentaires. L'association de la Bundeswehr en réclame 19.000.
  23. Est-ce que quelqu'un a compris ce que voulait dire le sigle ED ? Il n'y a rien dans Wikipédia qui semble correspondre : https://fr.wikipedia.org/wiki/ED JAN, c'est bien Jabhat Al Nosra ?
  24. http://www.zeit.de/gesellschaft/zeitgeschehen/2016-05/uebergriffe-koeln-silvester-taeter-prozess (6 mai 2016) Le premier procès de la Saint-Sylvestre de Cologne a eu lieu aujourd'hui avec un suspect algérien de 26 ans soupçonné d'avoir fait partie d'un groupe d'une dizaine d'hommes ayant encerclé, poussé et volé une femme de 54 ans, "avec des motivations sexuelles". Mais comme la victime, qui l'avait reconnu sur une photo "avec 70% de chances" ne l'a pas reconnu dans la salle d'audience, le suspect a été uniquement condamné pour recel, car il était en possession du portable volé.
  25. L'universitaire et essayiste Jedediah Purdy esquisse l'après-Sanders : https://www.dissentmagazine.org/online_articles/eleven-theses-bernie-sanders-generation-democratic-socialism (21 avril 2016) La campagne Sanders a toujours porté sur plus que Bernie Sanders. Elle a aussi toujours porté sur plus que gagner des États et des délégués (bien qu'elle se soit avérée être un effort sérieux et remarquable pour le faire). Le grand potentiel de la campagne est qu'une génération politique montante la voit comme le moyen de faire une chose qui, il y a quelques années, semblait impossible : avancer une vision de la vie politique démocrate et de la vie économique bien plus radicale que celle mise en avant par le parti Démocrate des années 1990 et peut-être aussi ample que celle des programmes des années 1930. Mais tandis qu'il devient de plus en plus clair en cette saison électorale qu'il y a un électorat qui grossit en faveur de la création d'un parti Démocrate plus démocrate, la vérité est que nous sommes encore en train de discerner ce que cela voudrait vraiment dire. L'impulsion pour la nouvelle radicalité provient de plusieurs sources. En partie, elle provient d'une réponse aux crises : inégalité économique, instabilité financière, racisme structurel, et le mauvais présage de la catastrophe environnementale. En partie, nous affirmons une espérance qui était devenue muette dans le courant principal de la politique : pour une démocratie plus forte et pour une plus grande sécurité et une plus grande liberté économiques. Le courant principal de la politique dont nous héritons ne fait pas assez pour combattre les problèmes qui nous révoltent et nous effraient, ni ne répond à nos souhaits de vivre ensemble d'une meilleure façon. La force inattendue, parfois surprenante de la campagne Sanders est qu'elle représente un appel à une politique qui prenne à la fois la crise et l'espoir plus au sérieux. Ainsi, la campagne est extrêmement réaliste, et ce d'une manière très différente du "réalisme" superficiel des commentateurs anti-Sanders. La fascination exercée par la bataille pour les délégués a détourné l'attention de ces enjeux plus profonds - qui concernent la direction de la politique démocrate américaine. Les personnalités et les histoires des candidats à la présidence prennent toujours un sens disproportionné, comme chacun sait qui a consulté leurs médias sociaux peuplés de mèmes dégommant le candidat adverse qualifié de vieux, embarrassant et inefficace. C'est plus ou moins inévitable ainsi que divertissant. Après la primaire de New York, qui fut à la fois une preuve de la force de la génération Sanders - les sondages de sortie des urnes l'ont montré avec des majorités d'électeurs de moins de 45 ans et comme d'habitude, de forts gains parmi les plus jeunes - et une confirmation de l'avantage tactique de Clinton cette année, il est temps de faire l'inventaire de ce pour quoi cette politique émergente pourrait vouloir se battre, au-delà de la campagne Sanders En voilà une ébauche : Onze Thèses pour la génération Bernie. 1 - L'Économie est une question de pouvoir Si vous avez étudié l'économie à n'importe quel moment depuis les années Reagan, on vous a appris que tout est une question d'efficacité. Les parties égoïstes négocient leur bénéfice personnel, et la main invisible du marché profite à tout le monde. Cela a toujours été un roseau plus fragile que son appareil théorique en apparence scientifique ne le suggérait. Mais maintenant nous sommes carrément revenus à un monde que beaucoup parmi nous n'avaient connu que par les photographies noir et blanc de grèves et de défilés, de heurts entre ouvriers et patrons. Notre monde en est un où la main invisible clairement ne fait pas son travail, un monde en manque de contrôle plus directif et démocratique. Une poignée d'entreprises contrôlent de grandes parts de leur industrie, et leurs grands profits et leur pression sur les fournisseurs et les consommateurs reflète leur pouvoir de fixer les conditions pour tout le monde. Une poignée de banques sont trop grosses pour faire faillite et fixent les conditions des renflouements et de la régulation. Si les ouvriers veulent un salaire permettant de vivre, ils doivent se battre pour cela, dans le lieu de travail et en politique, dans le Fight for 15 [mouvement pour le salaire minimum à 15 dollars de l'heure] et les mouvements de syndicalisation. C'est pourquoi il est si important de voir dans les piquets de grèves Sanders et des candidats plus bas sur le bulletin de vote, comme la démocrate Zephyr Teachout, candidate pour la 19e circonscription parlementaire : la politique économique est une lutte pour le pouvoir. 2. L'expertise n'est pas la légitimité L'effervescence sur la question de savoir si Clinton est "qualifiée" pour être présidente a été malheureusement lancée dans la politique tacticienne de la primaire de New York. La vraie question, enfouie sous les accusations et contre-accusations, était ce que signifie être qualifié pour gouverner. Les démocrates sont des fétichistes de la formation et de l'expertise. Ils sont jusqu'à l'extrême le parti des experts, des docteurs en économie, et des diplômés de l'école de droit de Yale. Ils sont le parti des méritocrates qui font leurs devoirs à la maison - pas seulement les devoirs obligatoires demandés par le professeur, mais aussi les facultatifs. C'est une bonne chose, dans la limite de ce que cela peut apporter, mais notre parti des experts oublie souvent que l'expertise est un outil. Elle vous aide à aller où vous voulez aller. La politique est aussi une question de buts et de visions du monde. Il n'est pas suffisant d'être intelligent et formé. La première des questions que devrait se poser un homme politique est la vieille question syndicale : de quel côté êtes-vous ? 3. Vous avez le droit de vouloir la sécurité économique Si vous avez 40 ans ou moins, vous avez passé toute votre vie à entendre parler de la valeur de la "rupture" [innovante], du besoin de "flexibilité" et de "réinvention" : les mantras des consultants de toute la Silicon Valley/en capital risque/en management. Mais, tandis que ceci est parfait si vous êtes l'un des chanceux qui peuvent traiter les hauts et les bas de l'économie comme un jeu vidéo de tir à la première personne, pour la plupart des gens, la "rupture" est un cauchemar. Durant une bonne partie du 20e siècle, les économistes libéraux du courant principal comprenaient la sécurité - que ce soit dans un syndicat, dans un emploi permanent [à durée indéterminée], dans l'assurance maladie et dans d'autres filets de sécurité, comme un but largement répandu et légitime. En fait, c'est la première chose que quiconque devrait attendre de l'économie, puisque c'est la précondition pour se sentir - et être - assez en sécurité pour aller plus loin et prendre des risques, ou juste profiter de la vie. Nous devons redonner un sens neuf à cet argument. Durant des décennies, la sécurité économique a été dénigrée comme le but de faibles éponges sociales incapables de naviguer dans la concurrence tout au long de la vie. Une fois encore, les méritocrates qui excellent dans une certaine forme de concurrence, se sont alignés sur les investisseurs, qui en profitent, en avançant l'idée que la concurrence dans tout crée une bonne économie. Nous devons rejeter le moralisme de la concurrence et le charisme de la rupture, et dire qu'il est juste et bon de vouloir être en sécurité. 4. Vous êtes plus qu'un capital humain La valeur d'une personne n'est pas ce qu'elle peut gagner, et le "retour sur investissement" est la mauvaise manière de penser à la vie, tout comme le "réseautage" est la mauvaise manière de penser le relationnel. Ces manières de nous valoriser sont des distorsions culturelle et psychiques dans lesquelles une culture de marché colonise les esprits des personnes qui vivent sous son empire. Mais elles ne sont pas seulement des erreurs et des défaillances spirituelles : elles sont imposées sur nous par la concurrence et l'insécurité qui sont dans tout et qui pénètrent tout. L'un des points qui fait la pertinence d'une économie de la sécurité est de permettre aux personnes de se souvenir de ce qu'elles sont et de qui elles sont en dehors de cela. C'est en partie le sens de l'« université gratuite ». Il s'agit de traiter l'apprentissage et la croissance comme le but de la vie, comme parmi ce pour quoi l'économie existe, et non une contribution à l'économie qui enseigne aux élèves à parler et penser en termes de "retour sur investissement". La même chose vaut pour l'assurance maladie. Le discours de Sanders au Vatican l'a souligné, appelant à une "économie qui défende le bien commun" en garantissant la santé et l'éducation comme des droits sociaux, et non des marchandises. 5. La solidarité est différente de l'espoir "Pas moi, nous", le slogan de Sanders qui se démarque du "Je suis avec elle" clintonien, annonce une autre idée radicale : la politique place la communalité là où elle n'avait jamais été auparavant. Il y avait de cela dans la campagne d'Obama de 2008. "Yes we can" et "Nous sommes le peuple que nous avons attendu" étaient des façons de le dire. Mais l'autre slogan d'Obama, "Espoir", était plus l'idée de tourner son regard vers le futur. L'espoir peut être partagé, mais il s'aiguille facilement sur le registre individuel : votre espoir, ou le mien. La solidarité est différente : elle regarde autour d'elle, et agit avec et pour les autres, parce que nous sommes dans cette chose ensemble. Cela fait longtemps que nous n'avons pas eu une politique comme celle-ci, mais le moment Sanders est une remémoration de ce qu'elle fait ressentir, et un mouvement pour la reconstruire. 6. La démocratie est plus que le vote La démocratie, au moins dans le monde d'aujourd'hui, concerne la relation entre le pouvoir économique et le pouvoir politique. Elle consiste, suivant la vieille formule, à permettre au peuple de se débattre avec l'argent organisé et de le dominer. En dernière analyse, elle consiste en une population organisée décidant comment l'argent devrait être organisé - dans la régulation financière, ou encore la réforme du financement des campagnes électorales - plutôt que l'inverse. C'est un départ difficile d'un système politique saturé d'argent, et d'une culture constitutionnelle qui a confondu l'argent avec la parole. Mais nous voyons que c'est dans cette direction qu'il faut aller. 7. Tout n'a pas à être gagné Bill Clinton disait souvent qu'il voulait une contrepartie équitable pour les gens "qui travaillent dur et jouent selon les règles". Et bien sûr, travailler dur et honorer les règles (au moins lorsque les règles sont justes et légitimes) mérite le respect. Mais la fixation nationale sur l'idée que les gens ont ce qu'ils « méritent », depuis les récompenses méritocratiques dans l'éducation supérieure jusqu'à l'incarcération ("Tu fais le larron, tu fais la prison" dit le procureur) est devenue une idée folle. Elle nous enferme dans une suspicion mutuelle, soupçonnant que des gens réussissent à empocher un avantage ou un emploi ou des allocations publiques sans l'avoir « vraiment mérité », tout en ignorant la manière dont l'économie entière tend à récompenser ceux qui disposent déjà de richesses. Un programme de gauche devrait déplacer l'attention depuis les questions à somme nulle sur qui gagne quoi, et au détriment de qui, vers les questions plus larges sur sur ce que chacun devrait avoir pour simplement faire partie de l'ordre social : éducation (y compris une bonne éducation supérieure), la santé, la sécurité dans leur quartier, et une infrastructure qui marche. Donc, peut-être ironiquement, les questions sur qui gagne quoi devraient être à la fois moins importantes et plus importantes que ce qu'elles tendent à être aujourd'hui. Elles devraient être moins importantes dans le sens où nous devrions nous soucier moins de savoir si des gens gagnent des choses qu'ils ne méritent pas. Et nous devrions nous soucier plus de ce que chacun obtient comme socle de base de la vie sociale et quelles sont les grandes lignes de la distribution des richesses. 8. L'égalité de traitement ne suffit pas Comme le reste du parti Démocrate et comme les élus en général, la campagne Sanders est arrivée un peu en retard au mouvement Black Lives Matter. Mais les jeunes électeurs qui le soutiennent en masse et certains des plus vieux, sont influencés par un mouvement dans lequel il est devenu inévitable de voir que la révolution des droits civiques du 20e siècle a laissé intactes de multiples formes d'inégalité raciale, depuis l'inégalité des richesses jusqu'aux pratiques policières, de la ségrégation de fait aux quartiers socialement « toxiques » et littéralement à l'exposition aux produits toxiques. Certaines de ces inégalités proviennent de la persistance des préjugés individuels et des déformations implicites. Mais une bonne part des inégalités persistantes ne sont pas individuelles mais structurelles. Une économie qui depuis 40 ans a donné la majeure partie de la nouvelle richesse à ceux qui sont déjà riches n'a pas offert grand chose aux personnes auxquelles la voie de l'enrichissement avait été barrée catégoriquement au cours du reste de l'histoire américaine. L'économie a continué de leur refuser beaucoup de ses bénéfices, même à ceux qu'elle traitait de façon équilibrée au sens du formalisme. Une autre déclinaison de cette démonstration peut être faite à propos des victoires des mouvements féministes. L'exclusion et la subordination traditionnelles des femmes s'est changée en inclusion - dans une économie dans laquelle les ménages de la classe ouvrière et de la classe moyenne y étaient poussés de toutes parts. L'inclusion individuelle était meilleure que le sexisme d'antan, mais dans un monde de salaires comprimés et sans garde d'enfant à des prix abordables, l'entrée sur le marché du travail a produit de nouvelles tensions. L'égalité réelle aurait voulu dire un partage social du coût d'élever la génération suivante, qui avait été reporté sur le travail domestique non payé des femmes. Au lieu de cela, tandis que les figures fortunées du féminisme de conseil d'administration sous-traitaient ce travail, les autres familles se débattaient avec le problème. Il s'avère que le capitalisme américain qui prenait pour une évidence la subordination d'une race au travail et d'un sexe à la maison ne va pas automatiquement réparer ni l'une ni l'autre de ces blessures historiques. Que votre remède préféré soit basé sur des réparations ou sur la social-démocratie (les deux aspects de la question s'appuient sur des principes et des considérations stratégiques), ce qui doit advenir maintenant pour réaliser l'émancipation raciale et sexuée est un changement structurel. Les structures que nous avons maintenant garantissent parfois l'égalité de traitement au niveau individuel, mais elles produisent des résultats persistants, prévisibles et inéquitables. Ce sont ces structures qui doivent changer. 9. Nous avons besoin d'une bataille pour faire la paix avec la planète Le débat interne au parti démocrate sur la fracturation hydraulique divise fièrement les pragmatiques "réalistes" des idéalistes qu'ils jugent avec condescendance. Bien sûr c'est bien gentil de dire que vous êtes contre la fracturation, disent les pragmatiques, mais il nous faut un "pont vers les énergies renouvelables" plus pauvres en carbone (que le charbon), donc cela va être le gaz naturel. Mais investir dans les nouvelles industries de combustibles fossiles comme la fracturation hydraulique signifie en dernière analyse plus de combustibles fossiles et plus d'émissions carbone, pas moins. Le discours sur le combustible "pont" tourne à la rationalisation d'une époque de l'énergie extrême, où les entreprises d'énergie creusent plus profondément (pas seulement avec la fracturation mais aussi avec les mines de charbon à déplacement de sommet) et utilisent des traitements plus intensifs (sables bitumineux) pour obtenir leurs trésors. Le "pont" devient une autoroute. L'attitude soi-disant pragmatique charge l'investissement privé de développer une énergie renouvelable avec des bricolages de bric et de broc de soutien gouvernemental : un crédit d'impôt par ci, une subvention à la recherche par là. Les marchés ne feront pas cela tant que ce bien commun mondial qu'est l’atmosphère est libre pour le rejet du carbone. Cette liberté de rejet constitue une énorme subvention publique implicite pour l'industrie des énergies fossiles et pour les pays riches et les industries qui consomment le plus d'hydrocarbures et de charbon. Les projets de lois sur le changement climatique mis en échec en 2009 et 2010 auraient contribué à changer cette situation, mais ils ont été lancés comme des initiatives législatives d'inspiration technocratique sans un réel mouvement populaire derrière eux, ce qui les a rendus vulnérables tant à la résistance des groupes d'intérêts qu'à une mauvaise navigation politique. La leçon de cet échec est qu'une action climatique utile requiert une volonté de créer une crise politique : des campagnes de désinvestissement dans les combustibles fossiles, l'interdiction de la fracturation, et tout ce qui permet de souligner que nous savons que la trajectoire actuelle est mauvaise et nécessite amèrement un changement de cap. Bref, la "paix avec la planète" nécessite un conflit avec les industries qui tirent le plus de bénéfices de l'économie énergétique actuelle, et avec les lois et l'infrastructure qui font de nous, surtout dans le monde riche, une partie du problème. L'opposition de la campagne Sanders à la fracturation est peut-être frontale, mais elle pousse au conflit dont nous avons besoin. 10. Nous avons en commun ce que nous mettons en commun Cette économie est de loin la plus dure sur les précaires et les déplacés : les travailleurs sans papiers, les anciens ouvriers d'usines dont les industries ferment, les stagiaires et les jeunes travailleurs à la tâche qui sortent de l'université et les personnes sans éducation supérieure qui sont pratiquement exclues du marché du travail. Mais c'est un étrange marché pour les gens aux différents niveaux de l'échelle des fortunes, revenus et privilèges. Les élites méritocratiques rivalisent toute leur vie pour la récompense de pouvoir rivaliser pour plus de récompenses, mais qui est réellement plus heureux parce qu'il sert plus de biens livrables et satisfait les différents indicateurs chiffrés ? Il y a peut-être quelque chose à faire - pas un "grand marchandage", comme les gourous de la politique avaient l'habitude de dire - mais peut-être une alliance, pour nous sortir de cette situation. En 1958, à peu de distance de l'apogée de l'époque social-démocrate en Amérique, John Kenneth Galbraith a défendu l'idée que la "société affluente" était en marche, qui nous conduirait à une économie de loisirs largement partagés, de clauses sociales robustes, de charges de travail légères, et de nouvelles frontières d'activité entreprises pour elles-mêmes, travail ou jeu. Ce n'était pas la vision de la libération humaine la plus profondes jamais énoncée, mais elle décrivait une voie possible depuis ce que Marx appelait le royaume de la nécessité vers le royaume de la liberté. Cette vision a été cassée par une combinaison de mondialisation par le libre échange, de réforme domestique post-État providence, et par la montée mondiale des inégalités. Bien que cela ne semble pas radical aujourd'hui comme état final, les étapes pour en faire une réalité et une possibilité palpable, non pour une majorité relative privilégiée, mais réellement pour tous, seraient en effet radicales. 11. Nous avons devant nous un monde à faire Les campagnes démocrates précédentes se sont attelées à naviguer dans ce monde d'inégalité, d'insécurité et dans la soi-disant méritocratie, et à l'humaniser en arrondissant les angles. Mais ce n'est pas la question. La question est de le changer. Certains parmi nous appellent ce projet le socialisme démocrate.
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