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Alexis

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Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. Je suis d'accord avec cette phrase Si l'aviation occidentale (c'est-à-dire pour être réaliste cinq minutes la seule aviation française) attaque la Russie... la dynamique de ce conflit changera Le troisième cas effectivement serait que le dirigeant à la ramasse soit Rutte. Il sera le seul à rester en arrière, tandis que Scholz va déclarer "Nach Moskau !" et Biden va relancer sa campagne électorale en lançant "On to Moscow !" Personnellement, je n'y crois pas beaucoup
  2. 31 pays ont déclaré qu'ils défendraient ensemble l'un quelconque d'entre eux s'il est attaqué. L'un de ces pays est une superpuissance militaire dont le budget de la défense dépasse le double du total des 30 autres, et qu'aucun dirigeant russe ayant deux neurones connectés n'attaquera directement Si cet arrangement perdure, la Russie n'attaquera aucun de ces 31 pays. Dans ce premier cas, il suffit aux membres européens de l'OTAN de s'assurer de dépenser 2% du PIB pour leur défense afin de calmer l'énervement croissant à Washington, et sa protection leur restera acquise Si les Etats-Unis le changent dans les années qui viennent, alors il sera nécessaire aux membres européens de l'OTAN de s'organiser pour continuer de leur côté la partie du rôle des Etats-Unis dans l'OTAN dont Washington aura décidé de se dégager. Par exemple la défense aéroterrestre à l'est, dans le scénario de l'analyste MAGA Sumantra Maitra. Dans ce second cas, il s'agit pour les membres européens de l'OTAN de le décider ensemble, et de négocier avec l'administration Trump le délai sur lequel ils s'engagent pour le réaliser Dans aucun de ces cas, la sécurité des membres européens de l'OTAN ne dépend de la réussite ou non de l'Ukraine à préserver son indépendance - même si pas son intégrité territoriale - face à la Russie C'est dur pour les Ukrainiens, mais c'est la réalité. Que se serait-il passé si après cette scène célébre Aragorn avait attaqué seul, les autres restant l'arme au pied en le regardant médusé ? A mon avis, le sort de Frodon aurait été peu enviable Et Aragorn serait revenu quelque temps après, plus sage, mais en moins bonne santé. Je vois deux interprétations. Soit Macron se croit vraiment dans le Seigneur des Anneaux, et Biden, Scholz, Rutte, Sunak et les autres vont le regarder faire en se demandant s'ils sont victimes d'une hallucination ou si vraiment les Français ont complètement perdu la boule. Soit Macron joue pour la galerie, et pour faire une belle photo.
  3. Il est d'ailleurs tentant de rapprocher ce fait du nettoyage au sommet du FSB en mars 2022 Selon un éminent spécialiste des services de sécurité russes, Sergey Beseda, chef de la branche du FSB chargée du renseignement extérieur, a été arrêté en compagnie d'Anatoly Bolyukh, son adjoint Ça ressemble à un mot de remerciements d'un président russe auquel le FSB a bourré le mou, raconté ce qu'il avait envie d'entendre, sur l'évaluation comme quoi seule une mince frange de la société ukrainienne tenait vraiment à l'indépendance par rapport à la Russie, donc il suffirait d'ébranler l'édifice pour faire tomber le régime et pouvoir le remplacer par un régime ami En somme, l'interprétation pourrait être que Moscou a cru à sa propre propagande. Erreur commune, l'Occident devait faire la même quelques mois plus tard cette fois-ci au sujet de la Russie supposément dans l'incapacité de continuer longtemps la guerre et de réparer ses erreurs initiales. D'où l'erreur de pas mal de pays étrangers - le nôtre n'est pas le seul - consistant à inférer les intentions (inconnues) des déploiements militaires (plus faciles à étudier). Et à oublier au passage le scénario de... l'erreur de jugement de la part du gouvernement russe A noter la communication quelque peu... discordante ... des différents alliés. Le chef de l'État n'a pas souhaité en dire plus sur la position de la France sur cette question, évoquant une «ambiguïté stratégique que j'assume». Mais «je n’ai absolument pas dit que la France n'y était pas favorable», a-t-il prévenu. «Je ne lèverai pas l'ambiguïté des débats de ce soir en donnant des noms. Je dis que ça a été évoqué parmi les options» Mais Le premier ministre néerlandais Mark Rutte a lui assuré que cette question de l'envoi de troupes au sol n'avait pas été à l'ordre du jour Macron "On en a parlé". Rutte "En fait non, on n'en a pas parlé". Ces discours ne laissent que deux options, toutes deux assez tranchées. ==>Sur ce coup, soit Rutte est un menteur, soit Macron est un clown L'expression "laisser" la Russie gagner est utilisée par beaucoup de communicateurs occidentaux. Il peut sembler naturel de la réutiliser, mais elle est à mon avis problématique. On "laisse", ou pas, un enfant piquer des bonbons en douce dans l'armoire. On "laisse", ou pas, voler sa voiture en ne la verrouillant pas. "Laisser" quelqu'un faire quelque chose suppose qu'on a la possibilité concrète d'empêcher ce quelqu'un de faire cette chose. Il suffisait de surveiller l'enfant ! Il suffisait de verrouiller l'armoire, ou la voiture ! Il suffit alors de décider de l'empêcher, et voilà problème réglé. Appeler à ne pas "laisser" la Russie l'emporter en Ukraine, c'est appeler à appuyer sur un bouton "Empêcher la Russie de gagner", ou du moins c'est appeler à exécuter tel plan spécifique, concret et réalisable permettant de l'en empêcher. Le plus souvent, l'appel à ne pas "laisser" la Russie l'emporter est lancé... sans préciser quel est ce plan au juste. Ce qu'ont fait les alliés après avoir occupé deux fois Paris en 1814 et 1815 peut être une source d'inspiration en effet. Une fois remplie la (petite) condition préalable d'avoir occupé Moscou.
  4. Je dirais qu'un accès de colère touchant une partie significative de la population n'est pas la même chose qu'une idéologie qui s'installe dans cette partie de la population. Les néofascistes existent en Ukraine, au sens d'être installés dans cette idéologie. Ils sont 2%. Les 10% de 2012 ce sont 8% supplémentaires qui n'étaient que de passage - pas profondément convaincus, ils s'en sont détournés rapidement. En Grèce, il reste probablement des néofascistes aussi, beaucoup moins que les 9% de 2014. Mais comme leurs organisations sont démantelées, il est plus difficile d'estimer leur nombre.
  5. En prenant les chiffres au pied de la lettre (je n'ai pas spécialement de raison de les attaquer), la France apparaît "dans la moyenne" des pays comparables. En % du PIB, son aide totale est supérieure à celle du Royaume-Uni, équivalente à celle de l'Italie et moindre que celle de l'Espagne. Seule l'Allemagne se détache du lot, donnant pas loin de 2 fois plus en part du PIB Les Etats-Unis donnent moins, le Japon encore moins - ce n'est pas surprenant, ils sont plus loin donc moins intéressés La Pologne donne beaucoup plus, les pays Baltes encore plus - ce n'est pas surprenant, ils sont plus proches donc plus intéressés Il s'agit de 2012, les néofascistes faisaient 10%. En 2019 le parti néofasciste était en-dessous de 2%, et c'était probablement la situation quand Poutine a décidé d'envahir. A titre de comparaison, Aube dorée en Grèce a obtenu 9% des voix en 2014. C'est alors que la justice grecque leur est tombée dessus comme un mur de briques... et il n'y a plus d' "Aube dorée". L'Ukraine n'a jamais sévi contre ses fascistes, mais ils ont diminué par eux-mêmes.
  6. Je ne serais pas si optimiste. Il faut se rappeler que c'est un président communiste qui a été élu à la Maison Blanche en 2008, et un fasciste en 2016. Les Etats-Unis oscillent en fait entre communisme et fascisme, et c'est une chose très inquiétante. Ou alors les journaux m'ont menti. Mais ça je ne peux pas sérieusement l'envisager.
  7. La base de données UALosses répertorie à ce jour 42 152 noms de militaires ukrainiens morts. Cette liste est construite à partir d'annonces de décès dans des journaux ukrainiens. La base de données équivalente côté russe est maintenue par Meduza. J'en avais parlé samedi, lorsqu'ils ont publié une mise à jour de leur estimation des pertes russes. A ce jour, la liste compte 44 654 noms, à partir de quoi ils estiment par diverses méthodes la part des morts qui ne sont pas inclus dans la liste, d'où un total à date d'aujourd'hui de l'ordre de 82 000 morts russes à + ou - 15% près. ==>Si les morts ukrainiens non repérés dans les journaux sont dans la même proportion que les morts russes non repérés, en prenant pour base la liste de UALosses il y a à date d'aujourd'hui de l'ordre de 78 000 morts ukrainiens - Meduza donne des arguments pour penser qu'il pourrait y en avoir moins, en bas de leur étude détaillée - J'ai déjà donné plusieurs fois des arguments pour penser qu'il pourrait y en avoir davantage - la version la plus résumée se trouve ici - Je rappelle également la déclaration de l'ancien ministre de l'intérieur ukrainien à la TV ukrainienne le 2 janvier comme quoi l'Ukraine aurait "500 000 pertes", ce qui correspondrait à > 160 000 morts (d'après ses déclarations comme quoi les pertes incluent seulement les morts et les blessés graves), ou à > 100 000 morts (en imaginant qu'il a exagéré et qu'il comptait en fait tous les blessés et en comptant 4 blessés pour 1 mort). Même moi j'ai du mal à prendre au pied de la lettre son estimation à > 160 000 morts début janvier, soit plus du double des pertes russes. Je trouve plus crédible d'imaginer qu'il comptait tous les blessés même légers, ce qui fait descendre son estimation à > 100 000 (je conserve quand même un doute, parce que certaines des indications d'un nombre de morts très élevé que j'ai mises dans mon résumé sont assez affolantes) ==>Dans tous les cas, y compris si c'est l'estimation la plus optimiste celle de Meduza qui est la bonne, Zelensky a tout simplement fait de la propagande. Le chiffre de "31 000" est faux
  8. Hé fais attention ! Ça fait mal aux oreilles ! J'ai mon bullshitomètre qui est passé en alerte rouge sirène à fond... Faut prévenir avant de faire ça
  9. Edward Luttwak, stratège américain qui a souvent écrit des choses intéressantes, est aussi capable d'en sortir de très grosses ... L'Ukraine a besoin de soldats. Les jeunes Européens d'aujourd'hui s'adonnent à toutes sortes d'activités dangereuses et meurent en montagne, dans des voitures rapides, sur des motos ou par overdose. Mais rares sont ceux qui se portent volontaires pour participer à la guerre d'indépendance de l'Ukraine, comme l'ont fait leurs prédécesseurs du XIXe siècle en Grèce et en Italie La guerre comme sport extrême... Fallait oser. Ou pas
  10. J'ajoute que cette version contient vers la fin une discussion que je viens de voir sur les pertes ukrainiennes. Données plus partielles, pas mal d'incertitudes voire nettement plus. Ils donnent cependant des arguments à l'appui de leur avis comme quoi les pertes ukrainiennes sont soit équivalentes aux pertes russes, soit un peu inférieures. (J'ai déjà dit ailleurs pourquoi je ne suis pas convaincu et j'estime les pertes ukrainiennes assez nettement supérieures aux russes, je n'y reviens pas )
  11. Meduza, média d'opposition russe installé à l'étranger, et seule source crédible pour les pertes russes dans cette guerre étant donné d'une part qu'ils ouvrent toutes leurs données et expliquent leur méthodologie, d'autre part que leurs données sont sérieuses, croisées et qu'ils en discutent eux-mêmes les limites, a publié une mise à jour de leur estimation des morts russes entre le 24 février 2022 et le 31 décembre 2023 La version complète en russe est ici - avec les graphismes, beaucoup plus de détails, la reconstitution de certains événements de la guerre d'après le graphe temporel des pertes, et une liste de réponses aux objections pour terminer (je rappelle que la traduction automatique, ça marche bien !) La version résumée en anglais est là Mon résumé des points principaux - Entre 66 000 et 88 000 morts au combat dans cette période, valeur la plus probable 75 000 morts - Le rythme des pertes était le plus élevé lors de la bataille pour Bakhmout. Il a augmenté à nouveau entre octobre et décembre (dernier mois calculable avec leur méthode) s'établissant à 130 morts par jour. Plus précisément à partir de la 2ème semaine d'octobre ce qui correspond au début de la bataille d'Avdiivka - Parmi les morts, environ 20 000 seraient des prisonniers recrutés par Wagner, 16 000 des mobilisés, le reste soit 39 000 des engagés, qu'ils soient militaires de carrière (très majoritaires en 2022) ou à partir de 2023 plutôt des engagés récents - Enfin, en supposant que le nombre des blessés graves (blessés démobilisés) par rapport aux morts soit de 1,7 à 2 pour 1 comme certaines données partielles sur les indemnisations versées le suggèrent, les pertes définitives seraient entre 200 et 225 000 morts morts + blessés graves. Cette estimation est cependant plus incertaine que les autres Au cas où le rythme plus élevé des pertes d'octobre à décembre se serait poursuivi depuis, soit 130 morts par jour, la Russie aurait eu au 24 février 2024 de l'ordre de 82 000 morts au combat, toujours à +/- 15% près
  12. Au-delà des sentiments et des discours, tout est une question de point de vue. L'alarmisme me semble parfaitement justifié s'agissant des pays Baltes. Ou plus exactement dans leur cas l'inquiétude devant une potentielle invasion à moyen terme n'est pas de l'alarmisme. Du point de vue des intentions de Moscou, je suis d'accord qu'ils ne sont pas visés par la version actuelle de l'idéologie du "monde russe". Cependant, au point où elle en est, il ne serait pas nécessaire de renforcer beaucoup cette idéologie pour qu'elle débouche sur "Allez, on reprend les Baltes aussi, comme au bon vieux temps". Surtout, et c'est là le point de vue des capacités, si les Baltes apparaissent faibles et des cibles faciles. Or ils sont par eux-mêmes des cibles très faciles pour la Russie. Aujourd'hui ces cibles sont hors d'atteinte du fait de la protection que Washington leur accorde. Mais... Trump pourrait changer cela lors d'un deuxième mandat, c'est du moins un scénario sur lequel travaillent sérieusement des membres de l'équipe Trump et des plans qu'ils dessinent déjà. Les Baltes se retrouveraient alors à dépendre pour leur sécurité de la seule protection de pays (Pologne, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie...) en lesquels ils n'ont pas une confiance très ferme, en partie à raison puisque aucun de ces pays ne me semble disposer des forces nécessaires pour reprendre les pays Baltes si la Russie les conquérait un jour. Ce qui est le scénario sur lequel on travaille à l'OTAN, pas question de défendre les frontières des Baltes qui sont indéfendables (sauf à y stationner le quart de la US Army !), mais capacité de reprendre le terrain initialement perdu grâce à une puissante force aéroterrestre dont l'Amérique fournirait au moins la moitié si ce n'est nettement plus. La menace me semble concrète pour les Baltes. Elle n'est pas là, mais un scénario où elle apparaîtrait d'ici 3-5 ans n'est pas invraisemblable. N'oublions pas de plus qu'au-delà de la capacité militaire ouest-européenne insuffisante pour reprendre les pays Baltes, il y a aussi la question de la volonté. Comment les Baltes pourraient-ils être sûrs que les autres Européens si ça bardait vraiment ne leur feraient pas la même réponse que Tonto au Lone Ranger ? Mon Dieu Emmanuel / Olaf nous sommes encerclés par 10 000 Russes. Qu'allons-nous faire ? Que veux-tu dire "nous", visage pâle ? On peut d'ailleurs remplacer éventuellement ces prénoms. Les féminiser, pour faire moderne. Marine et Alice par exemple Ça c'est un fantasme oui. Mais il ne s'agirait pas de quelques centaines de T62, il s'agirait du genre de forces dont la Russie disposera vers 2027-2028, alors que son réarmement bat son plein, et après que l'Ukraine ait été placée sous contrôle direct ou indirect, ne nécessitant d'y consacrer qu'une partie limitée de l'armée. Et il ne s'agirait certainement pas de toute l'UE, très probablement même pas d'un pays majeur comme la Pologne ou relativement majeur comme la Finlande. Et il n'y aurait certainement plus d'engagement américain à défendre la frontière Est de l'UE à la place des Européens, car si cet engagement continue dans la durée la Russie sera prudente comme tu le dis et s'en tiendra à Ukraine, très possiblement Moldavie et peut-être la Géorgie. Et il s'agirait de parties de l'UE que leur géographie rend très vulnérables
  13. Rappel d'un avis remarquable de perspicacité sur la Russie de la part de Richard Nixon en 1992 La Russie se trouve actuellement à la croisée des chemins. On dit souvent que la guerre froide est terminée et que l'Occident a gagné. Ce n'est qu'à moitié vrai. Ce qui s'est passé, c'est que les communistes ont été vaincus, mais que les idées de liberté sont maintenant mises à l'épreuve. Si elles ne fonctionnent pas, il y aura un retour, non pas au communisme, qui a échoué, mais à ce que j'appelle un nouveau despotisme, qui représenterait un danger mortel pour le reste du monde. Il serait en effet infecté par le virus de l'impérialisme russe, qui caractérise la politique étrangère de la Russie depuis des siècles. C'est pourquoi l'Occident, les États-Unis, tous ceux qui veulent la liberté dans le monde ont un grand intérêt à ce que la liberté réussisse en Russie. Si elle réussit, ce sera un exemple à suivre pour les autres, pour la Chine par exemple. Si elle échoue, les partisans de la ligne dure en Chine auront une nouvelle vie - ils diront que si elle a échoué là-bas, il n'y a pas de raison de se tourner vers la démocratie, c'est une partie de ce qui est en jeu ici. L'autre point à garder à l'esprit est qu'il est vital que cela réussisse, car cela signifiera que la Russie, qui depuis soixante-dix ans tente d'exporter les valeurs du communisme dans le monde, exportera la démocratie, la liberté et les biens de la liberté. Nixon avait certes fait poser des micros chez ses rivaux politiques - c'est dire quel canaille c'était, on n'a jamais vu depuis un tel comportement ! - mais à part ça, il faut bien reconnaître qu'il était loin d'être le pire président que les Etats-Unis aient jamais eu... Oui, les années 1990 étaient cruciales. Et l'échec fut patent.
  14. Réalignements et repositionnements. Pas uniquement liés à la guerre en Ukraine, mais loin d'y être étrangers. En l'occurrence, c'est Moscou qui embête les Français en Afrique, en se servant en or et autres ressources au passage. Et Paris qui vient dans l' "étranger proche" de la Russie, pour y nouer des partenariats à base uranium + défense... et répondre du tac au tac à Moscou au passage
  15. Pas seulement les discours complaisants de beaucoup de médias avec leur aspect propagande, pardon "guerre de l'information". La décision politique a été largement contaminée par ces idées avantageuses et cette sous-estimation de la Russie (voire elle était en partie à leur origine). Par exemple résilience de son économie il y a eu une vraie croyance à un effet dévastateur des "sanctions", détermination du pouvoir et sa capacité à entraîner la population les gouvernements occidentaux ont vraiment imaginé que la Russie ne tiendrait pas la distance, sous-estimation des forces russes comme tu le dis au point où il a fallu que des données "fuitent" en avril 2023 (à mon avis que des militaires les fassent fuiter exprès parce que l'échelon politique faisait la sourde oreille) pour que l'évaluation militaire correcte apparaisse en public comme quoi la contre-offensive allait échouer... et même ainsi cette évaluation correcte n'a pas été prise en compte Je ne sais pas si même Moscou aurait pu faire sortir l'échelon politique des pays occidentaux de leurs illusions s'ils l'avaient voulu. Mais ils n'en ont évidemment rien fait. Comme disait Napoléon "Quand l'ennemi fait une erreur, surtout ne l'interrompez pas"
  16. Oui, mais il ne s'agit là ni de surévaluation de ses propres forces, ni de mépris de l'ennemi. Qui étaient très présentes début 2022, mais dont la Russie s'est dégrisé rapidement, voir la décision d'abandonner les positions conquises dans les alentours de Kiev et de Soumy, voir la décision d'abandonner Kherson qui était à la fois politiquement difficile et tout à fait correcte, voir la décision semble-t-il peu de mois après l'échec initial d'augmenter à marche forcée la production militaire en reconnaissant se trouver devant une guerre longue. A partir de l'automne 2022 au plus tard, la guerre est menée côté russe avec un réalisme froid et globalement efficace (même si évidemment ils font aussi des erreurs, mais ce n'est plus par mépris de l'ennemi) Durant la plus grande partie à la fois de 2022 et de 2023, Occidentaux et Ukrainiens sont allés très loin dans la surestimation de ses propres forces et le mépris de l'ennemi. Voir l'idée restée très longtemps vivante comme quoi les sanctions économiques pourraient étouffer économiquement la Russie, les innombrables idées avantageuses sans fondement et autres fadaises comme quoi les Russes n'auraient plus de composants électroniques, seraient incapables de faire autre chose que des assauts frontaux stupides, les oligarques seraient sur le point de se révolter, les mobilisés seraient majoritairement réticents, telle arme miracle permettrait de renverser le cours de la guerre contrairement à toutes les précédentes etc. etc. etc. Idées dont nous ne sommes sortis que très récemment, et encore pas de toutes - il y a encore pas mal de gens par exemple qui pensent que la Russie voudrait "négocier" qu'elle serait prête à en rabattre sur son objectif minimal de contrôle indirect mais étroit sur toute l'Ukraine et totalité de quatre oblasts supplémentaires Pas tout à fait tout de même. Si on accepte l'évaluation des pertes russes à 350 000 morts et blessés sur l'ensemble de la guerre à ce jour (à mon avis cohérente avec l'estimation base Méduza de 70-90 000 morts, en comptant 3 à 4 blessés pour 1 mort c'est-à-dire en comptant des blessés légers qui reviendront au combat), on parle de 500 pertes russes par jour en moyenne générale, ceci pour 300-400 000 militaires déployés suivant les périodes. Donc 1,2 à 1,5 perte par millier de militaires déployés et par jour Si la France déployait 40 000 militaires dans une opération combinée OTAN ou "Européens-seuls" pour repousser une invasion par exemple de la Lituanie (pour nous une force énorme) ce taux donnerait 50 à 60 pertes par jour, dont 10 à 15 morts, et une partie des blessés n'étant pas des pertes définitives La question serait la résilience des forces armées face à de telles pertes, davantage que celle de la société. Car avec peut-être 30 à 40 pertes définitives par jour (morts + blessés trop gravement touchés), ce sont 11 à 15 000 nouveaux combattants que la France devrait former chaque année afin de maintenir la force déployée ainsi que le volant de forces restant sur le territoire national Et je ne parle pas - parce que nous sommes à l'évidence fort loin de cette capacité - de ce qu'il faudrait en terme de munitions, de MCO des matériels s'usant à vitesse grand V... et de fabrications nouvelles ! Inutile de dire que ce genre d'effort n'est pensable dans la durée que s'il y a consensus dans la population française sur le fait que c'est un effort pour la France. Avec des alliés certes, pour défendre un allié à 2 000 km de chez nous plutôt qu'un voisin ou nous-mêmes oui... mais pour la patrie. Aucune structure intégrée "UE" à la volapük, aucune bureaucratie envahissante comme le chiendent ne pourrait motiver à ce genre d'effort. Et ce genre d'effort n'est pas pensable non plus sans un renforcement important non seulement de la réserve de l'armée de Terre, mais de l'ensemble de la structure industrielle qui la soutient
  17. On ne peut pas en effet, mais je ne suis pas sûr que qui que ce soit sur le forum fasse ce genre de grand écart (je ne parle pas de certains médias...) On peut en revanche tout à fait estimer que les FAR s'ils arrivent à faire s'affaisser l'armée ukrainienne pourraient parvenir à progresser jusqu'au Dniepr puis au-delà - sans que ce soit en un éclair naturellement. Et que si certaines conditions sont remplies (distanciation des USA vis-à-vis de l'OTAN + absence de réaction européenne suffisamment efficace et rapide) il est pensable que les FAR interviennent dans les pays Baltes d'ici quelques années Au 1er semestre 2022, oui de très lourdes. Depuis, pas tellement en fait ... Ce qu'elle fait déjà aujourd'hui ... Euh, ça aussi J'ai du mal à voir la guerre actuelle déboucher sur une humiliation de la Russie... La motivation à d'autres agressions potentielles au-delà de l'Ukraine à assez court terme, je la vois plutôt dans le souci (rationnellement bien fondé) de définir / d'imposer une situation stable et une ligne de partage claire et avantageuse, avant que ça ne devienne beaucoup plus difficile Une chose qui paraît claire, c'est que d'ici quelques années, une telle ligne de partage existera en Europe. Le divorce entre le "monde russe" et le reste de l'Europe a été scellé en février 2022, il durera sans doute longtemps, et la ligne de partage sera une ligne de fracture militaire entre deux mondes dont chacun aura à cœur de montrer sa capacité à se défendre pour ne pas avoir à l'utiliser Ne restent que deux paramètres à déterminer 1. Identité des défenseurs Ouest, ce pourrait être une OTAN à peine différente d'aujourd'hui, par une OTAN réformée façon Trump / Maitra / Vance c'est-à-dire rôle principal des Européens pour leur défense voire exclusif pour l'aéroterrestre, ou dans un cas limite par les Européens seuls. Ceci à terme plus ou moins rapproché, potentiellement peu d'années 2. Tracé précis de la ligne de partage, qui restera incertain... jusqu'à ce que le réarmement / la reconfiguration soient achevées côté Ouest. Car à ce moment, potentiellement dans peu d'années, il deviendra beaucoup plus difficile à la Russie de faire la maligne Il n'existe donc qu'une fenêtre de peu d'années à Moscou pour imposer la ligne de partage qu'elle souhaite - Si c'est l'entièreté de l'Ukraine qui est visée, peu d'années pour y parvenir. Si c'est seulement une partie, toujours peu d'années pour forcer le reste de l'Ukraine à neutralité et démilitarisation afin qu'elle n'ait jamais les moyens de reprendre la guerre. Dans les deux cas, la défaite de l'Ukraine doit être totale et elle ne doit pas trop tarder - Si la Transnistrie est visée, voire qui sait l'entièreté de la Moldavie, il faut aussi le faire d'ici peu d'années. Pas forcément les 28-29 février comme on commence à le craindre, mais pas dans dix ans non plus. Même raisonnement pour la Géorgie, par exemple si l'objectif est de lui imposer la neutralité - Si une partie des pays Baltes est requise (Narva ?), ou si leur neutralité doit être forcée, là encore peu d'années pour y parvenir - et ce serait d'ailleurs un jeu dangereux de toute façon. Sauf à ce que Washington se dégage rapidement et que les Européens ne parviennent pas / ne se décident pas à établir une dissuasion conventionnelle suffisamment rapidement pour éviter tout hiatus dans la protection
  18. C'est une remarque importante. De fait, il n'y a pas que la Russie Loin de là En revanche, je ferais une différence entre entre des gens qui servent une puissance étrangère et des gens qui font des erreurs même graves ou par idéologie irréfléchie Si on ne faisait pas cette différence... Assez rapidement, il n'y aurait plus de débat possible
  19. Non, tu n'es pas le seul. Je n'ai eu aucun doute que Ciders parlait de renvoyer des postes à responsabilité les gens prenant leurs ordres auprès de puissances étrangères. Pas de les envoyer à l'Ile du Diable
  20. Personne ici ne travaille pour personne. Nous avons tous nos opinions et nos biais, mais personne n'est malhonnête je crois. Si tu peux apporter tes réflexions, ou des informations, nous discuterons avec plaisir.
  21. HS assumé, mais à mon avis l'idée d' "évolution" morale de l'humanité n'a pas de fondement bien solide. J'entends bien qu'institutions, technologies, religions & philosophies etc. nous changent depuis la préhistoire jusqu'à aujourd'hui et d'un continent à l'autre. Tout n'est pas immobile certes. Mais le fond reste le même Il y a en chacun de nous et un saint Vincent de Paul, et un Adolf Hitler. Et quand c'est le second qui s'exprime ...
  22. Je dirais pour ma part qu'il n'y a pas d' "échec" de ces 113 milliards, si on entend par échec le fait de ne pas avoir permis à l'Ukraine d'expulser les troupes russes de son territoire. Parce que c'était probablement de toute façon un objectif hors d'atteinte. Il y a succès de ces 113 milliards, dans la mesure où l'Ukraine est toujours debout. Même si cela a dépendu avant tout du courage et de l'habileté des Ukrainiens, sans le soutien matériel de l'Occident l'Ukraine serait probablement sous contrôle de Moscou à l'heure qu'il est, ce soutien était une condition indispensable. On peut dire aussi qu'il y a échec de ces 113 milliards, dans la mesure où même si l'Ukraine tient encore debout, elle est à l'évidence sur une mauvaise pente, en train de s'épuiser progressivement. Ce qui aurait été un vrai succès du soutien matériel occidental, c'est-à-dire l'Ukraine non seulement tenant debout, mais pas en train de s'épuiser même après deux ans... ce succès entier n'a pas été atteint.
  23. D'accord sur le fond, mais il me semble que Reagan est mort dans son lit. N'en déplaise à Mel Brooks, N°16 notamment aurait eu de quoi envier Ronald Reagan
  24. La règle "un membre des services le reste à vie", je ne peux ni la confirmer ni l'infirmer, étant donné que je n'en suis pas Mais juste une question concernant les Conesa, Juillet, Dénécé... ce sont des gens qui disent être passés par les services, ou y a t il une source indépendante qui confirme leurs dires ? Parce que c'est vrai que si je voulais me faire une réputation d'analyste du tonnerre, que dis-je de sage intersidéral genre Yoda, et si je n'étais pas trop gêné par les scrupules, moi aussi je dirais que je suis ancien des services ! Bon je crois que l'ambiance "vestiaire après le match" est évidente... à mon avis on doit être entre mecs, s'il y avait des filles elles sont parties ?
  25. Je sais qu'il existe un objectif de faire pression sur le Congrès pour qu'il approuve l'aide à l'Ukraine, qu'il est donc possible que le tableau soit volontairement noirci pour augmenter la pression, mais ce genre d'article est quand même vraiment inquiétant. Même si l'image est noircie, elle ne devait déjà pas être bien claire Les États-Unis estiment que les pénuries militaires en Ukraine pourraient devenir catastrophiques à la fin du mois de mars (...) S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, deux fonctionnaires américains ont décrit la "fin mars" comme une période particulièrement cruciale pour le sort des troupes ukrainiennes si le Congrès n'adopte pas un nouveau projet de loi d'aide. Un troisième fonctionnaire a déclaré qu'il serait difficile de déterminer avec précision quand la situation des troupes ukrainiennes pourrait s'aggraver, mais il a fait remarquer que les pénuries devraient s'aggraver au cours du printemps. "La situation commence maintenant et s'aggrave progressivement tout au long du printemps et de l'été. La période dans laquelle nous entrons est donc une période critique", a déclaré un haut responsable de la défense américaine. (...) "C'est à cause de l'inaction du Congrès", a déclaré John Kirby, conseiller en communication de la Maison Blanche pour la sécurité nationale, à propos de la perte subie par l'Ukraine [à Avdiivka]. "Nous avons prévenu le Congrès que s'il n'agissait pas, l'Ukraine subirait des pertes sur le champ de bataille, et c'est ce qui s'est passé ce week-end. C'est ce qui s'est passé ce week-end. (...) Les responsables américains prévoient que des scénarios similaires se dérouleront ailleurs en Ukraine, le gouvernement étant contraint de faire des choix difficiles quant à l'emplacement de ses défenses aériennes restantes, et la Russie faisant un usage accru de sa puissance aérienne, notamment en lançant des bombes planantes guidées par satellite, comme elle l'a fait à Avdiivka. "Les éléments qui sont protégés aujourd'hui ne pourront pas protéger tous ces sites à l'avenir s'ils ne disposent pas d'intercepteurs", a déclaré le haut responsable de la défense. Et si la Russie prend le contrôle du ciel, "cela change complètement la nature de ce combat". Un responsable ukrainien a ajouté : "Notre principal objectif est de dissuader l'aviation russe. Si nous n'y parvenons pas, il est temps de faire nos valises". (...) Une autre préoccupation est la capacité de défense aérienne de l'Ukraine, y compris les fournitures pour protéger les jets F-16 donnés qui devraient être déployés plus tard dans l'année. Les responsables affirment que le pays a encore besoin d'argent pour construire l'infrastructure nécessaire au soutien des avions de combat, y compris les pistes et les hangars pour stocker les avions. Et bien que les États-Unis contribuent à la formation de certains pilotes - décrits par un responsable américain comme étant "moins de 10" - il n'y aurait pas assez d'argent pour en recruter d'autres à l'avenir sans une aide supplémentaire de la part des États-Unis. (...) Entre-temps, l'administration Biden tente de convaincre les législateurs que l'Ukraine n'est pas une cause perdue. (...) Dans une analyse récente, l'Institut international d'études stratégiques ne voit aucun signe indiquant que la Russie est en train de plier sous le poids de pertes aussi lourdes sur le champ de bataille. "La Russie sera en mesure de poursuivre son assaut sur l'Ukraine aux taux d'attrition actuels pendant encore deux ou trois ans, et peut-être même plus longtemps", a écrit l'institut. Le fait que les infrastructures pour soutenir les F-16 en Ukraine ne soient pas encore construites. Le fait que les pilotes ukrainiens formés sur F-16 puissent être "moins de 10". C'est pire que ce que j'avais cru comprendre Il est notable aussi que l'insistance soit en premier lieu sur les défenses antiaériennes, sur leur épuisement qui menace, face aux bombes planantes utilisées désormais à grande échelle par la Russie. La crainte si je comprends bien est que la Russie démolisse systématiquement toute défense à la KAB, comme à Avdiivka Les chasseurs russes peuvent lancer 250 bombes planantes en deux jours et démolir les défenses ukrainiennes. Et une seule arme peut les arrêter (...) Larguant des bombes planantes guidées par satellite à une distance de 25 miles, les pilotes russes ont martelé Avdiivka dans les semaines qui ont précédé le moment où une douzaine de brigades et de régiments russes ont finalement - après quatre mois d'assauts coûteux - forcé la 110e brigade mécanisée ukrainienne à se retirer vers l'ouest, hors des ruines de la ville presque inanimée (...) Volant haut et vite, un chasseur-bombardier Sukhoi peut lancer deux ou plusieurs KAB sur des cibles situées à 25 miles de distance. Cette distance est suffisante pour réduire, voire éliminer, le risque lié aux SAM ukrainiens. La bombe à glissement KAB est rapidement devenue l'une des armes russes les plus redoutables. Les troupes ukrainiennes ont décrit la terreur unique de ces bombes géantes et silencieuses qui explosent sans avertissement, avec une puissance de feu suffisante pour renverser des bâtiments et pulvériser des bunkers. Alors que l'armée russe concentrait la majeure partie de sa puissance de combat sur Avdiivka, les KAB se sont révélées efficaces. La 110e brigade ukrainienne d'Avdiivka comptait sur les centaines de bâtiments à plusieurs étages de la ville pour servir de postes d'observation surélevés et de positions de tir. Les KAB russes ont systématiquement démoli un grand nombre de ces bâtiments. "Ces bombes détruisent complètement toute position", écrit Egor Sugar, un soldat de la 3e brigade d'assaut ukrainienne, qui a couvert le retrait de la 110e brigade d'Avdiivka vendredi. "Tous les bâtiments et toutes les structures se transforment en puits après l'arrivée d'un seul KAB. Au plus fort de la campagne aérienne ce week-end, les Sukhois ont lancé un nombre impressionnant de 250 KAB en 48 heures. Bientôt, la 110e brigade n'avait plus aucun endroit où se cacher dans les ruines d'Avdiivka (...) Selon Anton Gerashchenko, ancien conseiller du ministère ukrainien de l'intérieur, le stock ukrainien de Patriots d'une portée de 90 miles "tombe à un niveau critique" Si le système Patriot est aussi efficace contre des avions qu'il est présenté, je suppose qu'une demi-douzaine de systèmes, voire moins, pourraient suffire à couvrir le front actuel, même en tenant compte du fait que la portée pratique est toujours inférieure à la portée théorique. Mais même dans le meilleur des cas où le Congrès américain approuverait l'aide à brève échéance, les Etats-Unis sont-ils prêts à envoyer à l'Ukraine plusieurs systèmes Patriot en urgence ? Et quel serait le meilleur délai pratiquement possible : quid de la formation, quid de la logistique ?
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