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Alexis

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Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. J'ai déjà écrit ce que je pensais de l'intervention. Mais sur le fond, pleinement d'accord : le pire serait de détourner le regard. Il est nécessaire de regarder la situation en face. La panique est fortement déconseillée - c'est certes plus facile à écrire depuis la France que depuis l'Estonie - mais discuter entre Européens, décider d'une stratégie puis l'appliquer sont à l'ordre du jour
  2. Comme @gustave l'a déjà écrit, c'est un mythe que d'imaginer que l'Ukraine aurait eu les capacités de prendre le contrôle et d'entretenir les armes nucléaires soviétiques présentes sur son territoire. Armes qu'elle n'a jamais contrôlées J'ajouterais que Etats-Unis, Grande-Bretagne et Russie ont pris des engagements précis envers l'Ukraine dans l'accord de 1994, que les deux premiers ont intégralement respectés et que seule la Russie a violés. Tous s'étaient engagés à s'abstenir d'agresser l'Ukraine, ce que la Russie n'a pas respecté, ainsi qu'à parler au Conseil de sécurité de l'ONU au cas où elle serait victime d'une agression, ce que Etats-Unis et Royaume-Uni ont fait Naturellement, la Russie a bloqué toute prise de position du Conseil de sécurité sur le sujet. Ce qui n'était une surprise pour personne, y compris il est permis de l'espérer pour les responsables ukrainiens qui ont signé les accords de 1994, et pour tous leurs successeurs Gomart dit certaines choses intéressantes. D'autres sont fortement contestables « Si les Européens laissent les Ukrainiens à leur sort, ce sera la fin de l’Europe et de l’Otan, prévient-il. Des Etats comme la Pologne et les pays baltes ne l’accepteront pas, eux. Il y aura à nouveau une cassure au sein de l’Union européenne. » Qu'est-ce que ça signifie ? S'il s'agit d'aujourd'hui : Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie etc. soutiennent l'Ukraine, notamment financièrement et par des envois d'armes. Ce sont eux qui paient le gros du soutien européen (qui inclut aussi évidemment le soutien britannique) Ce sont eux qui envoient les armes les plus avancées que reçoivent les Ukrainiens. Et aucun de ces Etats n'envisage d'interrompre son soutien, c'est la Hongrie qui s'est posé beaucoup de questions ce ne sont pas les pays d'Europe de l'ouest S'il s'agit de demain, et du pire "événement redouté" c'est-à-dire l'effondrement progressif du front et la chute de l'Ukraine, que signifierait au juste pour les Ouest-Européens ne pas "abandonner les Ukrainiens à leur sort" ? Si les Ouest-Européens refusent de transformer la guerre en Ukraine en une guerre européenne générale, et si d'aucuns en Pologne ou dans les pays Baltes (je n'en sais rien, c'est Gomart qui le dit) ne "l'acceptent pas"... que feront-ils, au juste ? Une "cassure" ? Un caca nerveux ? Dans le monde réel, je soupçonne que les rares Polonais et Baltes assez fous pour envisager d'entrer en guerre eux-mêmes seront retenus par les autres, et que s'ils décident de faire une bouderie en accusant Français et Allemands de ne pas avoir déclaré la guerre à la Russie (oh les traîtres !)... eh bien on leur laissera faire leur bouderie. Et nous continuerons de coopérer avec nos alliés polonais et baltes, c'est-à-dire avec la majorité d'entre eux dont je suis persuadé qu'ils ne seront pas subitement devenus fous Et oui, si Trump est élu et s'il s'avère ne pas chercher simplement à faire payer l'Allemagne (c'était un de ses leitmotive durant son premier mandat), s'il veut vraiment dégager les Etats-Unis de la sécurité européenne, alors nous aurons à coopérer beaucoup plus étroitement avec nos alliés polonais et baltes Et non, ce ne sera pas dans le cadre de l'OTAN. Ni dans l'UE, qui ne sert pas à ça et est totalement inadaptée. Il faudra inventer autre chose. Il faudra d'abord que nous entendions de leur part que c'est ce qu'ils souhaitent, qu'ils en ont compris la nécessité "Si l'Europe se couche"... c'est-à-dire ? Que signifie ne pas se coucher ? Pour moi, cela veut dire prendre en mains sa propre défense, s'assurer que même si l'on s'aide mutuellement avec d'autres pays, l'essentiel c'est-à-dire l'existence et la survie physique de la patrie et de son indépendance ne dépende que d'elle-même Pour les Européens après une éventuelle chute de l'Ukraine - rappelons-nous tout de même que ce n'est pas encore arrivé, mais je suis le premier à dire que le risque est grand - et surtout après un éventuel éloignement de l'Amérique de la sécurité européenne cela ne peut signifier que deux choses : - Soit s'entendre et trouver un moyen de créer une synergie pour que les alliés européens forment un ensemble non menaçable, alors même que seuls France et Royaume-Uni resteraient des pays nucléaires. Je ne dis pas que c'est impossible, cependant je ne vois pas d'idée qui soit entièrement convaincante. Ça peut certainement être discuté, si d'aucuns ont des idées opérationnelles... - Soit, indépendamment de la coopération de défense évidemment nécessaire de toute façon, que plusieurs pays européens frontaliers du nouvel empire créent chacun une dissuasion nucléaire autonome qui les transformera en "muraille" face à d'éventuelles incursions armées russes. Ma liste serait Pologne, Roumanie et Finlande, mais évidemment chaque pays en mesure de le faire déciderait pour lui-même. Et un certain pays ouest-européen disposant de stocks non négligeables de plutonium et de plans d'armes nucléaires "simples mais efficaces" type années 1970-80 pourrait peut-être laisser tomber quelques trucs du camion... comme il l'a fait d'une autre manière pour Israël dans les années 1960. Et d'autres pays ouest-européens pourraient peut-être aider financièrement ces Etats Ne pas se coucher, cela ne signifie PAS déclencher une guerre européenne générale pour un pays qui, rappelons-le parce que c'est essentiel, n'est PAS de nos alliés Contrairement à par exemple Lituanie,, Estonie, Pologne, Roumanie et quelques autres L'approche du piéton imprudent suppose que l'automobiliste qui se retrouve brutalement devant ce piéton... craigne vraiment de l'écraser Pourquoi la Russie craindrait-elle vraiment d'écraser, c'est-à-dire en pratique de continuer la conquête de l'Ukraine si des Polonais ou des Allemands se trouvent en face, plutôt que seulement des Ukrainiens ? Ce serait une difficulté supplémentaire certes, plus d'efforts et de sang versé, une guerre de plus grande échelle, mais pourquoi Poutine aurait-il à craindre que les forces russes affrontent des forces allemandes ou polonaises en Ukraine ? C'est une vraie question. Moi je ne vois aucune raison supplémentaire de son point de vue Si ce sont des forces françaises, est-ce que ça change ? La particularité de la France est d'avoir une dissuasion nucléaire évidemment, qui sert à protéger les intérêts vitaux du pays. Poutine aurait-il la moindre raison de craindre qu'aux yeux d'Emmanuel Macron la survie de l'indépendance ukrainienne fasse partie des intérêts vitaux de la France ? Là encore, c'est une vraie question. Je ne vois pas la moindre raison de le craindre, de son point de vue. Je suis sûr que Poutine sait que Macron n'est pas complètement fou Donc Moscou continuerait la conquête de l'Ukraine même si des forces ouest-européennes se positionnaient à Lviv ou à Kiev. Donc il y aurait extension de la guerre actuelle en une guerre européenne généralisée ==>Est-ce dans l'intérêt de la France ? Ma réponse est non. Plus important, je soupçonne que c'est la réponse du président de la République La Russie ne nous attaquera pas, si "nous" désigne la France. La Russie pourrait potentiellement à court-moyen terme nous attaquer, si "nous" désigne la totalité des pays européens membres de l'OTAN. Ces pays à ce jour continuent à baser leur sécurité sur la protection des Etats-Unis. Cela fait soixante ans que Paris leur dit et répète qu'il serait peut-être bon de devenir autonomes, de devenir des alliés des Etats-Unis plutôt que de rester des dépendants. Cela fait soixante ans que ces pays répondent qu'ils ne sont pas intéressés. Je ne souhaite pas qu'ils continuent à prendre ce risque de ne baser leur sécurité que principalement sur la protection d'un pays certes amical et puissant mais lointain et récemment plus troublé que d'habitude. Je leur souhaite de prendre conscience de la nécessité de changer. Puis de décider de le faire Macron a signalé encore récemment que la France reste disposée à discuter. Dès qu'ils auront pris leur décision
  3. Oleksiy Arestovytch est un ancien membre du renseignement ukrainien, conseiller de Zelensky jusqu'à début 2023, qui joua un grand rôle au début du conflit pour rassurer les Ukrainiens et fortifier leur courage par ses commentaires quotidiens. Depuis, il a quitté l'Ukraine, il vit en Occident (il est persona non grata à la fois en Ukraine et en Russie), il a changé son fusil d'épaule en ce qui concerne la guerre avec un discours parfois difficile à suivre, parfois éclairant Voici son commentaire sur l'interview de Poutine avec Tucker Carlson - c'est un rappel désagréable mais fort utile. Un rappel à la réalité Terminant sur une question dérangeante, voire deux... J'ai regardé l'interview de Poutine. Hélas, je ne partage pas (Dieu merci) l'opinion générale sur "...un grand-père sans valeur". Et maintenant, je vais essayer de vous masser le coccyx, parce que vous ne voulez pas réfléchir, mais répéter les mantras des autres, sans vouloir analyser les conséquences de ce que vous avez vu. 1. Poutine est tout à fait compétent. Il comprend parfaitement ce qu'il fait, il est en bonne forme physique, psychologique et émotionnelle. Bonjour à ceux qui l'ont enterré il y a un an. 2. Poutine expose un système cohérent de points de vue auxquels il croit lui-même (bonjour les blagues sur les Mérovingiens et le Ladoga). 3. Poutine se débarrasse psychologiquement de plus en plus vite de son orientation pro-occidentale - la seule chose qui le retenait de l'intérieur. Ah, c'est de la mythologie détachée de l'histoire réelle ... - l'individu moyen souffle dans les réseaux sociaux et court se cacher dans la salle de bain pour éviter les missiles de Poutine qui lui foncent dessus. J'ai une question simple : Quand commencerez-vous à penser - au moins aux choses qui façonnent directement votre vie... ? 1. Le mythe. Allez, citez-moi une idéologie d'État qui ne s'appuie pas sur une mythologie qui n'est pas, dans une certaine mesure, conforme à l'histoire réelle ? Qui et quand cela l'a-t-il empêchée de fonctionner dans le présent ? 2. Disons que le méchant Poutine est le seul à s'appuyer sur une idéologie et une mythologie fictives. Et si, au regard de cette mythologie, il entreprend des actions tout à fait matérielles... ? "L'idée, maîtrisant les masses, devient une force matérielle" - vous vous en souvenez ? Cette mythologie particulière s'est emparée des masses et quarante mille volontaires se présentent chaque mois dans les centres d'enrôlement de l'armée russe. Et ils ne vont pas s'arrêter. Et combien de volontaires se présentent chaque mois dans les centres d'enrôlement militaire, de vrais historiens honorés... ? Hein ? Quel genre d'histoires non fictives racontons-nous, si nous avons des "volontaires" qui doivent être attrapés de force dans la rue ?... ? Et quelles histoires l'Occident raconte-t-il sur le fait qu'il ne peut pas produire collectivement un million d'obus par an, alors que la Corée du Nord en produit un et demi ?... ? Poutine ne s'arrêtera pas. Il accomplira jusqu'au bout les tâches que lui dicte l'image du monde. Et à en juger par ses déclarations, il améliore sa vision du monde, dans le sens où il est de plus en plus motivé. Oui, il ment beaucoup et délibérément, il déforme, il manipule. D'accord, nous avons détruit le ridicule Poutine et ses mythes stupides. Quelqu'un peut-il nommer nos mythes intelligents : les nôtres et ceux de l'Occident ? Notre vérité, notre absence de manipulation, notre franchise ? Qui permettront d'arrêter ce "...grand-père fou"... ? C'est la première question sérieuse. La seconde : Que vaut ce soi-disant "système mondial" qui est le vôtre, si raisonnable, si fort, si libre, s'il a été réduit à l'état de dysfonctionnement par "...un pseudo-historien ridicule et détaché de la réalité" ?.. ?
  4. Avenir incertain, est-ce une litote pour dire "pas une chance", ou est-il vraiment possible que les Républicains de la Chambre le laissent passer ? Il serait paradoxal d'avoir refusé essentiellement la même aide aux même pays étrangers parce qu'elle n'était combinée qu'à des mesures anti-immigration illégale qu'on jugeait insuffisantes... pour approuver la même chose lorsqu'elle n'est combinée à aucune mesure anti-immigration ! Bon cela dit, la politique a ses raisons que la raison ignore, donc attendons de voir ?
  5. Cela permet de préciser le contexte de cette déclaration en décembre dernier « Et ce qui se passe actuellement [en Ukraine] est une énorme tragédie, semblable à une guerre civile, où des frères se retrouvent dans des camps opposés. Le problème est que - je l'ai toujours dit - même aujourd'hui, malgré toute la tragédie des événements qui se produisent, les Russes et les Ukrainiens forment au fond un seul peuple » C'est, bien sûr, le président russe qui parle. Vladimir Poutine fait respecter la loi qui punit celui qui prétend, selon lui faussement, que l'opération militaire spéciale en Ukraine serait une "guerre". Mais que ce soit une guerre civile, ça il est prêt à le dire, oui.
  6. Juste une petite anecdote qui me vient à l'esprit à ce sujet. Mon épouse, native d'Union soviétique, se rappelle encore avoir entendu étant enfant des discours de Brejnev lors de la fin de son mandat où il lisait deux fois de suite la même ligne du discours, sans paraître le remarquer ni autrement s'en troubler. Tchernenko un peu plus tard devait porter au niveau légendaire, ou totalement pitoyable, ce genre de dérive. A l'époque, cela ne provoquait que des sourires embarrassés - il est vrai aussi que le système politique était différent. Aujourd'hui, ce genre de choses est beaucoup plus facilement accessible, on peut en parler bien plus largement... l'impact est bien pire en effet. Joe Biden se trouve probablement à un stade analogue à celui de Brejnev dans ses dernières années. Les réactions aux Etats-Unis et ailleurs vont bien au-delà des sourires embarrassés.
  7. Des premières estimations à 20 k$ ? Dans la presse généraliste peut-être... Mais sur le forum les estimations tenant compte d'informations techniques plus précises étaient bien à 50 k$. Voir ce post de 2022, faisant référence aussi à une évaluation chinoise également à 50 k$ un prix vraisemblable me semblerait plutôt 50 k$ (...) Le coût maximum de ce drone ne dépasse pas 50 000 dollars
  8. Pour qui souhaite prendre connaissance du contenu de l'entretien de Vladimir Poutine par Tucker Carlson, publié hier soir, sans se taper les > 2 heures de vidéo, il est possible d'utiliser la transcription de l'interview disponible sur le site de la présidence russe Entretien avec Tucker Carlson Vladimir Poutine a répondu aux questions de Tucker Carlson, journaliste et fondateur de la plateforme vidéo Tucker Carlson Network (...) C'est en russe bien sûr, mais la traduction automatique en français - ou la langue que vous voulez - fonctionne bien, comme d'habitude La surprise est que Poutine, après avoir revérifié avec Carlson que sa formation de base est bien en Histoire, commence l'entretien par un exposé détaillé de l'Histoire russe commençant à l'année 862, qui dure 30 minutes (), avec seulement quelques interruptions de Carlson qui d'ailleurs irritent le président russe. Carlson a expliqué dans une petite vidéo à part qu'il a cru au début à une tactique dilatoire de la part de Poutine, qui n'aurait d'ailleurs pas de sens s'agissant d'un entretien sans limite fixe de durée, mais a fini par conclure notamment à voir l'irritation qui répondait à ses interruptions qu'il s'agissait, quoi qu'on pense du fond, de ce dont Poutine est sincèrement convaincu. Comme tout exposé historique, il s'agit aussi d'une interprétation. Et même avec mes connaissances limitées, je peux voir que des interprétations alternatives sont possibles - Poutine comme toute personne qui accorde une grande importance à l'Histoire y met ou y projette, également en tire ses propres idées. Bref, de même que son fameux essai de 5 000 mots publié sur le site du Kremlin en juillet 2021 sur l'unité historique entre Russes et Ukrainiens, tout cela est contestable et interprétable autrement. Mais je rejoins Carlson au moins sur ce point essentiel - Poutine est vraiment convaincu de tout cela. Et je m'ébahis de ce fait simple. La cause immédiate de tout ce qui s'est passé en 2022, de tous les morts et les destructions en Ukraine, les conséquences économique et les bouleversements géopolitiques à l'échelle mondiale, c'est un regard et une conception historique porté par une seule personne, qui a décidé d'en tirer un projet Pour le dire autrement, je pense qu'en lisant cet essai de 2021, comme en écoutant cet exposé historique de 30 minutes nous sommes "au cœur du réacteur" ...
  9. Non en effet. Les pays anciennement soviétiques ont conservé le même principe que l'ancienne URSS, c'est-à-dire que toute personne a d'une part une citoyenneté (anciennement soviétique, aujourd'hui russe / ukrainienne / kazakhstanaise etc.) d'autre part une ethnicité (en russe natsionalnost', mais attention c'est un "faux ami" le mot ne veut pas dire nationalité dans le sens français du terme mais bien ethnicité) Il existe des Russes d'ethnicité tatare, tchétchène, bouriate etc. ... et y compris ukrainienne Il existe beaucoup d'Ukrainiens... d'ethnicité russe Dans le cas de l'Ukraine, cette distinction citoyenneté / ethnicité est compliquée du fait qu'une grande partie y compris des Ukrainiens d'ethnicité ukrainienne sont de langue maternelle russe. Ou encore ils peuvent parler le sourjyk qui est une langue mixte mélangeant le russe et l'ukrainien Le sourjyk a vu le jour à la fin du xviiie siècle, lorsque les paysans ukrainiens ont commencé à avoir davantage de contacts avec la langue russe à mesure que la société ukrainienne se modernisait. L'industrialisation a entraîné une migration des travailleurs de la Russie centrale vers les villes ukrainiennes et l'urbanisation de la paysannerie ukrainienne. L'administration civile et militaire russe ainsi que les institutions culturelles, commerciales, religieuses et éducatives sont rapidement devenues des forces de russification linguistique3. Les paysans ukrainiens qui s'installaient dans les villes considéraient le russe comme une langue plus urbaine et plus prestigieuse que leur propre langue. Cependant, leur formation en russe étant insuffisante, la plupart des paysans ukrainiens qui s’efforçaient de le parler finissaient par le fusionner avec leur langue natale – l’ukrainien ; c'est ainsi que naquit le sourjyk Ce qui fait de l'Ukraine une nation, c'est avant tout la volonté de l'être (allô Ernest Renan ) Toutes les nations sont issues à leurs débuts d'un mélange plus ou moins bizarroïde voire improbable d'éléments à l'unité tout sauf évidente et naturelle. La France il y a mille ans l'était encore davantage que l'Ukraine aujourd'hui. Laquelle n'a de toute évidence pas terminé la stabilisation de son identité nationale. Suivant l'issue de cette guerre, Poutine aura été le paradoxal accoucheur d'une Ukraine plus unie à l'identité stabilisée, un peu comme les rois d'Angleterre pendant la guerre de Cent Ans ont paradoxalement aidé la France à s'unir davantage que le bordel innommable qu'était la décentralisation nobiliaire Ou bien il aura joué le même rôle qu'un Lincoln vis-à-vis des Etats confédérés d'Amérique, c'est-à-dire fossoyeur d'un projet d'indépendance ... pour l'instant, c'est plus le scénario "Lincoln" que le scénario "Henry V" qui se dessine Moi non plus je n'ai pas accès. Cependant la page complète est tombée du camion ici. Parmi les passages les plus intéressants : Il est à l'origine de deux victoires décisives : il a arrêté ce que la Russie considérait comme la "deuxième armée du monde" aux portes de Kiev en mars, puis l'a repoussée hors de la région de Kharkiv en septembre (...) Des rumeurs persistent même sur le fait que l'administration présidentielle serait encline à remplacer le général Zaluzhny, populaire mais indépendant, par son ancien patron. Les fissures de la désunion inquiètent les hauts responsables militaires occidentaux L'article date de... décembre 2022. Les soucis sur les tensions Zelensky-Zaloujny ne datent pas d'hier ! Le style de commandement du général Syrsky met l'accent sur les éléments de déception et de surprise, qu'il utilise pour compenser le désavantage évident de l'Ukraine en termes de puissance de feu. À Kiev, où les forces ukrainiennes étaient à un moment donné 12 fois plus nombreuses, il a rassemblé des bataillons de fortune provenant d'instituts de formation militaire, puis a utilisé des groupes de partisans pour prendre à revers un convoi de ravitaillement de 64 km de long qui tentait de se frayer un chemin à toute vapeur vers Kiev. Il s'en est fallu de peu, dit-il "Il s'en est fallu de peu". Je me rappelle d'un article dans la presse américaine, peu après, racontant la bataille de Kiev et concluant que la victoire ukrainienne avait tenu à deux choses, d'une part des erreurs surprenantes du côté russe, d'autre part un exploit défensif du côté ukrainien... et qu'une seule de ces deux choses n'aurait pas suffi. Moscou est passé bien près d'une victoire en quelques semaines (prise de Kiev en quelques jours et nettoyage du reste en quelques semaines) L'expression "trois jours" vient du chef d'état-major américain Milley qui disait peu avant le début de la guerre qu'il existait un risque que les Russes prennent Kiev "en trois jours" ==> Il avait d'ailleurs parfaitement raison ! Le problème fondamental de l'Ukraine est que sur longue durée, les erreurs sont corrigées du côté russe, les exploits ne peuvent être recommencés à volonté du côté ukrainien. Et ce sont donc de bêtes mais évidents facteurs de masse qui prennent le dessus - économie, population, effectifs et matériel militaire
  10. A tous risques, mais je me lance : A = Reagan, B = Obama ? Et encore, le coût des pensions militaires (Veteran Affairs) n'est pas intégré, et celui des armes nucléaires non plus (c'est le Department of Energy qui paie), ce qui minore de 250 milliards environ les dépenses réelles. Il faut ajouter pas loin de 1% du PIB aux chiffres ci-dessus... ==>Les États Unis sont aux environs de 4,5% du PIB pour la défense Pour comparer : Grande Bretagne un peu plus que 2 objectif 2,5 / France un peu moins que 2 objectif un peu plus que 2 / Allemagne 1,5 objectif 2 / Chine moins de 2 / Japon 1 objectif 2 / Russie 3 hors période de guerre mais cette année 6... Washington maintient un rôle directeur dans le système de sécurité de trois macro-régions mondiales Europe, Moyen-Orient et Extrême-Orient. Ça coûte son prix ...
  11. Il existait pour les Démocrates un moyen sûr, même si un peu hypocrite, de garder Biden comme candidat tout en rassurant la population sur ce qui se passerait s'il était réélu. Il aurait suffi de lui adjoindre un vice-président convaincant, une personnalité forte de dirigeant, dont chacun aurait compris d'une part qu'il était capable de remplacer Joe Biden au pied levé, d'autre part... qu'il l'avait déjà remplacé en réalité. Mais non, ils lui ont adjoint à nouveau la cruche Kamala Harris !
  12. Biden était en cours d'examen par la justice pour d'éventuelles fautes de divulgation de documents confidentiels à son écrivain rémunéré La justice vient de recommander de ne pas lancer de poursuites. Les raisons sont exposées dans ce rapport officiel Parmi les raisons de ne pas le poursuivre ? Eh bien... la sénilité de Joe Biden. Si. Dans un rapport officiel. Le mot précis n'y est pas, mais le sens est très clair (voir page 10) Nous avons également tenu compte du fait que, lors du procès, M. Biden se présenterait probablement au jury, comme il l'a fait lors de notre entretien, comme un homme âgé sympathique, bien intentionné et doté d'une mauvaise mémoire. D'après nos interactions directes avec lui et nos observations, il s'agit d'une personne pour laquelle de nombreux jurés voudront identifier un doute raisonnable. Il serait difficile de convaincre un jury de le condamner - il s'agit alors d'un ancien président âgé de plus de quatre-vingts ans - pour un crime grave qui requiert un état mental de volonté Je n'ai pas de mots !
  13. Parce qu'une OPEX en Europe de l'est mène à faire face à des gens aussi dangereux que des djihadistes en Afrique - voire un peu plus peut-être ?
  14. Zorro est arrivé oui... Mais il ne s'appelait pas Henri Salvador. Il s'appelait Vladimir, et il répondait aux questions de Tucker Carlson
  15. S'agissant de l'Ukraine, je crois que la situation est pire encore. Avant l'interruption du soutien américain, la situation militaire de l'Ukraine était déjà sur une pente descendante et dangereuse. Remplacer le soutien militaire américain n'est pas possible avant un délai probablement compté en années, qui permettrait la multiplication de la production. Sachant que le total des soutiens occidentaux était déjà insuffisant pour empêcher l'Ukraine de glisser sur la pente... Moscou voit s'ouvrir une fenêtre d'opportunité de minimum 1 à 2 ans, probablement davantage. Plus exactement, la fenêtre existait déjà, elle est encore plus grande ouverte La victoire totale de la Russie est de loin le scénario le plus probable. Et l'écrasement du projet d'un État indépendant pour le peuple ukrainien Nous vivons un moment fondamental de l'histoire de l'Ukraine. Et de l'Europe
  16. Les générations récentes du peuple allemand se sont complètement dégagé de ce genre d'habitude, voire sont parties dans la direction opposée Pour les nostalgiques, il y a toujours la possibilité d'écouter Star Wars en allemand. Ca fait son petit effet ... L'Ukraine n'a jamais été placée sous ce parapluie. Kiev l'aurait bien voulu. Bush le leur avait fait miroiter en 2008, Sarkozy et Merkel ont eu la faiblesse de ne pas l'en empêcher. Obama, Trump et Biden ont été bien plus prudents, mais n'ont pas voulu avoir l'honnêteté de dire à Kiev "Eh bien en fait... non". Les Ukrainiens l'ont même mis dans leur constitution en 2019. Cependant la réponse était non depuis le début, elle reste non et je ne vois pas pourquoi elle changerait. Dans quelle mesure le parapluie est-il fonctionnel, c'est une excellente question, dont on n'aura la réponse qu'après qu'un pays du genre Estonie, Finlande ou Pologne aura été attaqué par un type nommé Vladimir. Si ce jour arrive jamais, ce qui n'est pas certain.
  17. Ça fait longtemps que ça a cessé d'être drôle... si ça l'a jamais été Après avoir raconté lundi la conversation qu'il a eu avec François Mitterrand (1916-1996) au G7 en 2021, Joe Biden explique qu'il s'y est aussi entretenu avec Helmut Kohl. Lequel était mort depuis 2017... Mitterrand, et maintenant Kohl: nouvelle méprise de Biden Résumons : l'élection présidentielle dans le pays le plus riche et militairement le plus puissant au monde opposera cette année, d'une part un tandem formé d'un malade d'Alzheimer et d'une cruche, d'autre part un tandem mené par un politicien tendance clown et allez savoir qui d'autre Je ne sais pas ce qui se passe aux Etats-Unis, mais ce n'est pas bon ...
  18. Plus sérieusement, s'il faut chercher des alternatives "hors des sentiers battus" tenant compte de la fin du soutien américain à l'Ukraine, faisant disparaître - ne nous le cachons pas - la chance déjà limitée qu'avait Kiev de préserver son indépendance par la force des armes, les Européens pourraient envisager la combinaison de deux politiques - D'un côté, tenter d'obtenir la préservation d'une vraie souveraineté pour Kiev par la carotte plutôt que le bâton. Proposer à Moscou de faire disparaître la totalité des sanctions et restrictions économiques envers la Russie, de réparer NordStream et tout le reste en échange d'une neutralité de l'Ukraine qui ne la mène pas à une souveraineté seulement factice : en pratique, pas de démilitarisation, pas d'engagement à ne pas coopérer avec les Européens, aucune autre annexion que celles déjà réalisées à ce jour. Sans illusion sur le fait que Moscou pourrait refuser l'échange et préférer gober l'Ukraine toute crue - De l'autre côté, préparer les conséquences d'un éventuel refus de Moscou, y compris un programme d'urgence pour construire N centrales nucléaires (avec N grand), un programme d'industrialisation à grande échelle d'une version sol-sol longue portée du MdCN (1500 km de portée au moins) en coopération européenne, sans compter la sortie de la France du TNP, accompagnée de Pologne, Roumanie et Finlande ("Pourquoi ? Oh, allez savoir...") Et bien sûr, glisser un mot à Pékin de tout cela... rapport au fait qu'il n'aimerait pas forcément beaucoup que Séoul, Tokyo inspirés par l'exemple de Varsovie, Bucarest ou Helsinki ne décident eux aussi de sauter le pas... rapport aussi au fait que Xi a les moyens de se faire écouter par Poutine s'il le désire vraiment Dans le meilleur des cas, les conséquences de la guerre pour l'Ukraine auront été limitées et des relations de convenance réciproque entre Russes et autres Européens rétablies Dans le pire des cas, l'Ukraine sera une partie de l'Empire russe, lequel se retrouvera face à une chaîne de nations à défense indépendante, chacune avec sa dissuasion nucléaire nationale, ce qui bloquera le risque d'expansion supplémentaire et sécurisera les Européens
  19. Ce n'est plus d'actualité, mais je l'avais manqué à l'époque et je retombe dessus. C'est quelque chose de frappant, et sur quoi il n'est probablement pas inutile de méditer. Ce post date du 2 juin 2021. Moins de trois mois avant la chute de Kaboul... Comme souvent, on peut en revenir à Haendel
  20. Pas forcément si contradictoire en ajoutant les partisans de l'augmentation 24% et du maintien 25% de l'aide, soit 49%. On n'est pas très loin des 53% qui souhaitent la victoire de l'Ukraine. On est en fait dans l'incertitude statistique qui est typiquement de + / - 3% pour un échantillon d'un millier de personnes : en fait c'est respectivement 49 +/-3% et 53 +/-3% donc ça se recouvre. Ce qu'on peut surtout dire c'est que parmi les 47% qui soit sont indifférents à qui gagnera soit souhaitent la victoire de la Russie, personne ne souhaite maintenir l'aide à Kiev. Ce qui n'est d'ailleurs pas surprenant.
  21. Sondage de décembre dernier pour Le Point sur le regard des Français sur la guerre. Principaux résultats : - Soutien majoritaire à l'Ukraine, 53% souhaitent sa victoire, 13% la victoire de la Russie - donc un tiers ne se prononce pas - Faible confiance en une issue victorieuse pour l'Ukraine, 34% voient une victoire russe, 20% une victoire ukrainienne, 32% pas de vainqueur - Davantage de soutien à une diminution qu'à une augmentation de l'aide à l'Ukraine, 39% pour diminuer, 24% pour augmenter, environ 25% pour la stabilité de l'aide - Davantage de soutien que d'opposition à l'adhésion de l'Ukraine à l'UE après le conflit, 49% favorable, 43% défavorable
  22. L'élément qui me paraît surprenant quant à moi, c'est que ce soldat puisse raconter son histoire. S'il est le dernier survivant de son unité et les soldats ennemis sont proches au point qu'il y ait du sens à appeler une salve d'artillerie sur sa position, comment peut-il ne pas être capturé ensuite ? Pas impossible naturellement, on peut imaginer qu'il parvienne à se cacher puis à s'éclipser
  23. Parallèle historique intéressant par Benoist Bihan dans la revue Guerres & Histoire US Army 1944, Armée russe 2022 Sans recul, on peut prendre un rocher pour une montagne, et une armée en difficulté pour une armée finie. Le pitoyable automne 1944 de l'aigle américain fait penser aux déboires de l'ours russe en 2022. On connaît la suite de la première histoire...
  24. Cette histoire est à peine croyable. Je ne sais pas qu'en faire. Cela pourrait être une légende qu'on se raconte sur le front parce qu'elle exprime ce que vivent les soldats - et elle serait déjà intéressante comme indicatrice de leur état d'esprit. Cela pourrait aussi être littéralement vrai A Bilohorivka le 6 février, une unité ukrainienne aurait été quasiment détruite dans une attaque surprise. Un seul soldat avait survécu, qui décida d'appeler un tir d''artillerie sur sa position, afin de supprimer ses ennemis avec lui-même, à la Samson Cependant, aucun obus ne fut tiré. Car il n'y en avait littéralement aucun disponible Le survivant ayant pu s'échapper par quelque miracle, aurait raconté son histoire
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