Aller au contenu
Fini la pub... bienvenue à la cagnotte ! ×
AIR-DEFENSE.NET

Alexis

Members
  • Compteur de contenus

    17 124
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    278

Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. C'est H.S., mais amusant, je constate que cet ancien gouverneur de Louisiane corrompu et qui fit de la prison, Edwin Edwards, avait d'autres qualités en plus de n'être ni fasciste ni raciste. Notamment, il était francophone Bon je me suis parfois aidé des sous-titres en anglais pour comprendre hein... la prononciation n'est pas la même chez les Cajuns que chez les francophones de France
  2. Loin de moi l'idée de proposer des réponses définitives, encore moins de donner un conseil aux Américains dont il me semble qu'ils n'ont nul besoin. Mais voici à titre d'exemple l'article d'un commentateur et auteur conservateur et religieux Rod Dreher, Républicain opposé à Trump, qui lui aurait largement préféré De Santis, et qui pourtant votera Trump sans hésitation : "Votez pour le clown, c'est important". L'avantage de cette explication, qui lui est personnelle mais dont je soupçonne que plusieurs des points peuvent être partagés par un certain nombre de personnes, c'est qu'il donne des arguments entendables. On n'est naturellement aucunement obligé d'être convaincu ! Et au demeurant n'étant pas citoyen américain mon opinion sur leur élection n'a guère d'importance. Mais voici au moins des raisons de voter Trump qui ne se résument pas à "Tout cramer pour repartir sur des bases saines" Le titre de son article est une allusion au slogan qui avait cours en Louisiane quand par extraordinaire David Duke ancien chef du Ku Klux Klan se retrouva en lice pour le poste de gouverneur, opposé à Edwin Edwards, un personnage haut en couleurs et notoirement ultra-corrompu. Les Louisianais dirent "Votez pour l'escroc, c'est important", avec l'excellent argument qu'un corrompu à la Patrick Balkany est quand même bien préférable à un raciste et suprémaciste blanc. Et oui, les arguments de Dreher vont tous dans le sens "Trump est mauvais, mais regardez ce qu'il y a en face !" Le slogan sur les voitures et les lèvres de nombreux Louisianais cet automne-là, même des conservateurs comme moi, était le suivant : "VOTEZ POUR L'ESCROC. C'EST IMPORTANT" Edwards, bien sûr, était l'escroc. L'idée était que même si beaucoup d'entre nous, en particulier les conservateurs, comprenaient exactement ce qu'était Edwin Edwards, l'État serait bien mieux gouverné par un homme aux mœurs douteuses que par un authentique fasciste et suprémaciste blanc. Lorsque j'ai tiré le levier de vote cet automne-là pour Edwards (qui a gagné), j'étais certain que jamais je ne serais confronté à un choix aussi épouvantable lors d'une élection majeure. J'avais tort. (...) En novembre, les électeurs américains seront confrontés à une épreuve de force que la plupart d'entre eux ne souhaitent pas : une revanche entre Trump et Biden. Dans ces conditions, il est difficile de voir comment les conservateurs, même s'ils méprisent Trump, peuvent éviter de se boucher le nez et de voter pour lui. Hormis ses nominations judiciaires, il n'y a pas beaucoup de raisons de se réjouir du mandat de Trump. Bien sûr, il a été persécuté par les médias, les démocrates et l'État profond, mais il savait que cela arriverait. Trump était trop vaniteux et distrait pour résister efficacement. Et puis il y a eu son comportement épouvantable le 6 janvier. Trump n'est guère apte à exercer ses fonctions. Alors pourquoi voter pour lui ? Eh bien, avez-vous vu l'autre type ? Au cours de sa vie professionnelle, Joe Biden s'est forgé la réputation d'un démocrate "modéré", d'un catholique irlandais capable de parler facilement avec les ouvriers. Pourtant, il a gouverné comme un progressiste pur et dur. En matière de politique identitaire, de race, de LGBT et d'avortement, M. Biden s'est montré aussi extrémiste que n'importe quel autre membre de son parti. La frontière sud des États-Unis est restée ouverte pendant sa présidence. Selon les propres statistiques du gouvernement américain, quelque 6 millions d'étrangers ont franchi illégalement la frontière mexicaine depuis 2021. Ce chiffre est supérieur à la population de trente et un États américains. Il représente environ trois fois la population de Paris. (...) Pendant ce temps, la capacité militaire américaine s'est dégradée sous Biden. Il a vidé l'arsenal américain en envoyant des armes à l'Ukraine dans sa guerre futile contre la Russie, même si la plupart des observateurs comprennent que le rival le plus sérieux des États-Unis est la Chine montante. La capacité de production américaine n'est pas en mesure de remplacer les missiles et autres munitions transférés à l'Ukraine assez rapidement pour répondre aux besoins de Washington en cas de conflit armé avec Pékin. De plus, les forces armées américaines, composées uniquement de volontaires, sont confrontées à une crise de recrutement dramatique qui semble insoluble. Il y a plusieurs raisons à cela, mais celle dont ni les médias ni le gouvernement n'aiment parler est la façon dont l'idéologie woke s'est emparée des rangs des dirigeants militaires. Les forces armées ont particulièrement mal réussi à recruter des Blancs, surtout des hommes blancs. Selon le site Internet Military.com, les Blancs représentaient 56,4 % de toutes les recrues en 2018 - un chiffre à peu près proportionnel au pourcentage de Blancs dans l'ensemble de la population américaine (59 %) - mais la classe de recrutement de l'année dernière n'était composée que de 44 % de Blancs. La baisse du nombre de Blancs n'est pas compensée par l'augmentation du nombre de recrues non blanches. Pour ceux qui ne sont pas aveuglés par l'idéologie, il est facile de comprendre pourquoi les hommes blancs sont moins intéressés par le service dans les forces armées. L'armée, comme les universités, les entreprises et tant d'autres institutions américaines sous l'emprise de la wokeness, défavorise ouvertement les hommes blancs. Vos chances de gravir les échelons en fonction de vos performances seront réduites si vous êtes blanc et de sexe masculin. En outre, il est difficile de convaincre les jeunes Blancs de risquer leur vie pour défendre un système qui, d'une certaine manière, les traite comme des citoyens de seconde zone. (...) Il n'y a pas de responsabilité plus importante pour les dirigeants américains que de défendre la nation contre ses ennemis et de sécuriser ses frontières. Biden échoue à ces tests et accélère la désunion interne et le déclin du pays. Enfin, les États-Unis souffrent d'un effondrement continu de la confiance du public dans les institutions du pays. Peu de gens se sont intéressés au scandale qui a conduit à la démission de Claudine Gay, présidente de Harvard. Quel est le rapport entre l'Ivy League et le prix du lait et des œufs ? Mais ils comprennent cette débâcle, dans laquelle une universitaire remarquablement sous-qualifiée s'est vu attribuer le poste le plus prestigieux du monde universitaire américain, non pas sur la base de ses connaissances (qui étaient médiocres et en partie plagiées), mais manifestement parce qu'elle est noire et qu'elle est une femme. L'affaire Gay symbolise l'hostilité fondamentale de la classe dirigeante américaine à l'égard du mérite, de la compétence et de la justice. Ces élites qui supervisent, et même favorisent, le déclin américain méprisent Donald Trump comme un vantard et un bouffon. Elles n'ont pas nécessairement tort, mais il faut un certain culot pour s'inquiéter de la menace supposée de Trump alors que Biden et toute la classe dirigeante, ivres d'idéologie, sont en train d'affaiblir et d'éviscérer un pays autrefois fort. Est-ce que je pense que Donald Trump, avec ses pitreries juvéniles et son narcissisme comique, rendra l'Amérique à nouveau grande cette fois-ci ? Non. Mais en examinant longuement l'opposition, avec son porte-étendard à la cervelle de pudding, je persiste à dire : "VOTEZ POUR LE CLOWN. C'EST IMPORTANT"
  3. Un article intéressant du Times, à la fois avec des données et avec de l'humain, sur le problème de la population en Ukraine La situation démographique de l'Ukraine, entre : - Dénatalité prononcée de longue date, - Séparation de plusieurs régions en 2014, - Emigration à grande échelle qui menace de devenir permanente, - Conquêtes de la Russie depuis 2022 - Morts du fait de la guerre, - Dénatalité encore plus profonde du fait de la guerre : le plus bas taux de naissances au monde, pire même que la Corée du Sud), - Et menace d'émigration supplémentaire après la fin de la guerre ...est catastrophique. Je ne vois pas d'autre mot Le taux de natalité de l'Ukraine est en chute libre. La prochaine génération a besoin d'un plan L'Ukraine a aujourd'hui le taux de fécondité le plus bas du monde, avec une moyenne de 0,7 enfant par femme en âge de procréer, a révélé un groupe de réflexion financé par le gouvernement au Times. Ce manque d'enfants, aggravé par les morts violentes massives et l'exode de millions de réfugiés, a remis en question la survie de la nation. Selon les scientifiques, le tableau démographique est sombre. "L'espérance de vie des hommes est passée de 66-67 ans avant la guerre à 57-58 ans, selon les estimations de nos experts", déclare Ella Libanova, directrice de l'Institut de démographie et d'études sociales de l'Académie nationale des sciences d'Ukraine. (...) L'Ukraine connaissait déjà une profonde crise démographique avant la guerre, avec un taux de natalité de 1,16 et une petite proportion de la population âgée de 20 à 40 ans, la tranche la plus susceptible de mourir au combat. Des sources militaires américaines estiment que les morts de guerre en Ukraine se situent entre 70 000 et 100 000. (...) Quelque six millions de personnes auraient fui le pays pour l'Europe, et environ quatre millions d'autres seraient bloquées dans les territoires désormais occupés par les troupes du président Poutine. Les hommes en âge de servir dans l'armée n'ont pas le droit de quitter le pays et beaucoup d'entre eux servent au front, de sorte que les sexes sont largement séparés. (Exemple concret d'une famille séparée dont la mère et les enfants vivent à Londres) Après avoir passé près de deux ans dans une école londonienne, les filles parlent couramment l'anglais avec un parfait accent britannique. L'ukrainien devient rapidement leur deuxième langue. (...) Selon une étude réalisée par Gradus, une société de recherche ukrainienne, 57 % seulement de ces familles affirment qu'elles retourneront en Ukraine à la fin de la guerre. "Ils disent qu'ils reviendront maintenant, mais s'ils restent assez longtemps, ces enfants vont dans des jardins d'enfants et des écoles, ils s'intégreront et finiront par perdre la motivation de revenir", explique Timofiy Brik, recteur de l'École d'économie de Kiev et chercheur invité à la LSE. "Avant la guerre, la population était estimée à 36 millions d'habitants, et on pense qu'elle est tombée à environ 25 millions aujourd'hui. C'est une chute énorme. Même si la guerre prend fin, l'émigration se poursuivra probablement, estime M. Brik. "Si les hommes sont libérés du service militaire, les familles reviendront-elles ou ces hommes iront-ils les rejoindre à l'étranger ? L'émigration se poursuivra.
  4. Très intéressant, merci. Si on se projette au-delà de la guerre en Ukraine, et dans l'hypothèse où elle se serait terminée victorieusement pour la Russie, il pourrait y avoir du sens en effet pour Moscou à tenter d'affaiblir la confiance des membres de l'OTAN les uns dans les autres, de façon à distendre l'effet "puissance collective" de l'Alliance atlantique et de pouvoir négocier plus durement dans des relations bilatérales - en priorité probablement avec leurs voisins directs. Comme l'explique Nielsen, il s'agirait d'un risque maîtrisé, vu l'enjeu limité. Surtout si les Etats-Unis ont décidé de relâcher leur soutien à la sécurité européenne - ce qui n'est qu'une hypothèse, même en cas d'élection de Trump, mais c'est cependant bien une hypothèse. Si la Russie décidait une telle tentative, je ne penserais pas au nord de la Finlande, car Nielsen ne parle pas de la contrainte sur le pouvoir russe de devoir faire accepter une telle "opération militaire" à la population. Certes, la propagande existe, mais il lui faut tout de même un matériau à utiliser ! Il n'y a dans le nord de la Finlande ni population russe, ni enjeu historique quelconque - même la propagande de Moscou ne pourrait pas faire avaler aux Russes l'idée que les Finlandais sont des Russes qui s'ignorent. Narva semblerait une meilleure cible. C'est la plus grande ville d'Estonie dont la grande majorité de la population est russe, incluse dans le comté de Viru oriental dont presque les trois quarts des 130 000 habitants sont russes, à moins de 150 km de Saint-Pétersbourg. Les Estoniens et Lettons (pas les Lituaniens) mettent effectivement quelques restrictions sur leurs citoyens de langue russe, qui sont bien modérées, mais enfin la propagande partirait de quelque chose, et puis cette propagande-là a déjà commencé Poutine a évoqué ce sujet récemment avec un ton menaçant. Plutôt qu'une vague de missiles de croisière contre "le gouvernement nazi de Tallinn", on peut imaginer des "petits hommes verts" prenant le contrôle de la ville et des forces de "stabilisation" entrant dans la ville / le comté afin de "protéger les droits des Russes". Eventuellement après un incident violent (éventuellement fabriqué... soyons fous !) Tout ceci sur fond de propagande comme quoi Moscou respecte bien sûr l'intégrité territoriale de l'Estonie et propose de définir avec Tallinn le cadre légal de l'autonomie du Viru oriental et la protection des droits de ses habitants - mais l'Estonie subirait les conséquences d'un refus de négocier, et la Russie réagirait naturellement comme nécessaire si les forces de l'OTAN tentaient d'empêcher la protection des droits des Russes. Ca ne paraît pas totalement inconcevable en effet.
  5. A plus de 1 600 km de Washington ? Voilà qui indique assez clairement que tu n'es pas de la Côte Est Ce n'est pas encore un démasquage, mais on s'en rapproche Restent encore certes la Côte Ouest, le Middle-West, le Texas éventuellement. Ainsi certes que Hawaï et l'Alaska... hmmm pas mal de possibilités en fait
  6. Les autres nouvelles du jour sont que l'herbe est verte et le soleil se lève à l'est. Donc, un certain nombre de pays - pas l'ensemble des pays du monde ce qui serait seul efficace - ont décidé d'interdire à leurs entreprises de transporter ou d'assurer le transport du pétrole russe. Et Moscou réagit en utilisant d'autres navires ? Et la Russie crée ou met en action ses propres services d'assurance ? Comme si... il y avait d'autres navires, en fait ? Appelons-les "fantômes" tiens, ça fera joli. Comme si... un service d'assurance c'était en fait assez simple à mettre en place ? Mais qui aurait pu imaginer une chose pareille ? Voici d'ailleurs le témoignage du capitaine de l'un des vaisseaux fantômes de la Russie
  7. Intermède comique, ou pitoyable, ou quand même inquiétant, voici une sortie assez remarquable d'un analyste participant à une émission-débat en Russie. La vidéo est sous-titrée en français Cette "analyse" est favorable à la France et à l'Italie, beaucoup moins aux Pays-Bas. Mais bon... il faut voir de quelle manière elle nous est favorable ! En gros, il ne vaut pas la peine d'attaquer Amsterdam, parce que la drogue y est légalisée. Qu'y feraient les Russes ? Ces gens sont hors d'état d'être secourus. Sans parler de la pédophilie, des LGBT... Seuls deux pays vaudraient la peine d'être "sauvés" (par une opération spéciale donc) c'est la France et l'Italie qui concentrent l'essentiel des richesses (culturelles) d'Europe Je crois que même par rapport aux standards habituels de la télévision russe, cet intervenant fait fort. Le présentateur semble avoir un petit regard dubitatif tout de même. Le problème de ce genre de discours n'est pas le risque direct pour les Italiens ou pour nous bien sûr, c'est le fait que la fenêtre d'Overton des opinions acceptables s'est tellement déplacée dans les médias russes que pour apparaître comme un type un peu excité il faut aller jusque-là. ... Ce qui laisse deviner que des opinions déjà sérieusement hallucinées, juste un peu moins que celles de cet analyste, peuvent y faire figure d'idées tout à fait raisonnables en fait.
  8. Ce n'est pas la première fois que Emmanuel Macron parle de ce sujet, et fait une proposition concrète à nos alliés européens. Il est en train de remettre une pièce dans la machine. En juin 2023, il leur proposait d'envisager la construction en commun de missiles sol-sol de portée supérieure à 1 000 km, autrefois interdits par le traité sur les forces nucléaires intermédiaires Emmanuel Macron a invité tous les ministres de la Défense des pays européens pour une conférence à Paris le 19 juin afin de relancer la question stratégique de la défense anti-aérienne et des missiles de longue portée en Europe. Comme un air de course aux armements. La France s’apprête à ouvrir, sur la scène européenne, un sujet hautement sensible. Celui de la défense anti-aérienne et des capacités de frappes dans la profondeur. Il doit même faire l’objet d’une réunion des ministres de la défense de tous les pays européens à Paris dans deux semaines. Pour l’heure, aucun pays de l’Union européenne n’est doté d’armement pouvant tirer un missile depuis son territoire et toucher une cible à plus de 1.000 km. Un angle mort hérité de la guerre froide. (...) Emmanuel Macron veut reposer ce sujet stratégique sur la table. Pour envisager une production européenne de capacités de frappes dans la profondeur. Sans laisser l’avenir des frontières du Vieux Continent entre les mains de l’Otan ou des Russes. Et qu'est-il sorti de cette conférence du 19 juin dernier ? Rien, n'est-ce pas ? Macron continue de pousser ce sujet, et sur le fond il a raison. Mais y croit-il lui-même ? Le plus probable est que l'arrangement actuel continuera. Peut-être avec beaucoup plus de drames, si l'Ukraine effectivement est conquise. Peut-être avec beaucoup plus d'achats par les Européens d'armements auprès de l'industrie américaine, de façon à amadouer un futur président Trump. Chacun continuera à suivre la voie qu'il connaît, nos voisins à faire de l'OTAN, nous à faire du néo-gaullisme. Le moins probable - mais pas du tout exclu - est que l'arrangement s'effondrera. Alors la deuxième moitié de la décennie sera assez "bouleversante" pour les Européens, et nécessitera du sang-froid, du réalisme et de la rapidité d'exécution pour parvenir à s'adapter. Et elle sera carrément inquiétante pour les Européens du Centre voire du Nord - en particulier pour les Baltes
  9. Ce ne serait pas une si mauvaise idée en effet Mais ce "il faut en tirer les leçons" n'est pas tout jeune. Quand l'URSS a mis en service des balistiques intercontinentaux, c'est De Gaulle qui a proposé d'en tirer les leçons. C'était non. Quand Trump était président, c'est Macron qui a proposé d'en tirer les leçons. Toujours non. Si Trump revient et/ou la Russie prend le contrôle de l'Ukraine, Macron essaiera probablement encore une fois. Enfin peut-être. Et il n'y croira pas lui-même. Tout ce qui est humain est limité, même l'enthousiasme européiste de Macron ! La réponse sera la même. Lorsque / Si le dernier soldat américain stationné en Europe revient aux États-Unis, les leçons commenceront d'en être tirées. Pas forcément immédiatement... Il pourrait y avoir d'abord une période "Reviens, Amérique !" et autre "Mais Chelsea Clinton se lance en politique, elle sera peut-être élue ? Elle a l'air pro-Otan elle. Oh ce serait bien !" Il est assez probable que cela n'arrivera pas. Trump, ou son successeur en 2028, se contentera d'obtenir d'énormes commandes à l'industrie militaire américaine en échange du maintien du dispositif actuel. Si cependant c'est ce qui arrive, le temps nécessaire à beaucoup de nos voisins pour tenir compte de la nouvelle réalité pourrait être long. Hope dies last
  10. Après, je ne sais pas si les conséquences sont si graves en utilisant un obus de 155 mm "non strictement compatible regardez la poudre". C'est une vraie question, je ne suis pas en train de dire que non ni oui, je n'en sais rien. Mais enfin les Russes utilisent du 152 mm produit par les Nord-Coréens, et même si le résultat n'est pas excellent il est au moins acceptable. Faut-il donc croire que Russie et Corée du Nord auraient fait un meilleur boulot de standardisation, sans qu'aucune institution ne s'en charge, que les institutions de l'OTAN dont c'est pourtant l'une des responsabilités essentielles ? J'hésite à le croire. Mais si c'est vrai, il y a pas mal de gens qui méritent de perdre leur boulot !
  11. Le souci de tout dirigeant qui se respecte - ce qui inclut une marge de prudence, voire de réalisme - est de dire les choses, en projetant une image de fermeté et de détermination... tout en se ménageant des voies de sortie au cas où. Ce n'est évidemment pas le moment de rappeler que plusieurs situations perdurent où le droit international n'est pas appliqué, et où pourtant les choses se sont installées ainsi, sans que le ciel ne s'écroule. Rien qu'en se limitant à l'Europe, les cas de Chypre et du Kosovo peuvent être cités, ou encore de la Transnistrie. Et quand bien même ce serait le moment, ce n'est pas à Macron de le rappeler. Il devrait par exemple être assez clair que l'Ukraine a approximativement la même chance de récupérer un jour la Crimée que la Serbie de récupérer un jour le Kosovo. Donc l'exercice auquel il est forcé de sacrifier consiste à afficher la détermination (restera à agir de cette manière) tout en n'affirmant pas un objectif à l'évidence irréaliste... mais sans non plus dire, ni même de préférence laisser penser, qu'on serait moindrement prêt à faire exception à l'application stricte et sans défaut du Droit International. C'est un exercice difficile. La formule utilisée par Macron me semble pas mal. J'ai fait une nouvelle traduction, cette fois-ci dans DeepL, de la version ukrainienne, en espérant se rapprocher de l'original français Le président français Emmanuel Macron a déclaré que l'Europe devrait être prête à soutenir l'Ukraine "aussi longtemps que nécessaire" pour créer une situation dans laquelle l'Ukraine pourrait négocier une paix avec Moscou qui serait durable et "respectueuse du droit international" Il n'y a donc aucune ambiguïté sur l'objectif de respect du droit international. Il est juste précisé que c'est l'Ukraine qui devrait négocier une paix durable qui respecterait ce droit. Et ce droit devra être obtenu... par la négociation. Ces précisions introduisent-elles la moindre ambiguïté dans la déclaration de Macron ? Allons, allons... pas de mauvais esprit voyons ! J'abandonne le persiflage : si à la fin de cette guerre il existe encore un Etat ukrainien véritablement indépendant, alors la Russie aura perdu. Cette forme de victoire de l'Ukraine serait très difficile à atteindre. J'ai déjà exprimé les difficultés majeures que j'y vois. Mais à l'évidence ce n'est pas encore perdu, "Ще не вмерла України ні слава, ні воля" "Ni la gloire ni la liberté de l'Ukraine ne sont mortes" comme dit leur hymne national. Davantage, c'est un objectif carrément irréaliste.
  12. En effet, cet article du WSJ n'est pas accessible. Cependant, il est tombé du camion... et le voilà ici en accès libre ! Allez comprendre ... Sur la question que tu poses, il s'agit semble-t-il de problèmes de compatibilité Les responsables britanniques ont examiné la possibilité pour l'armée britannique d'utiliser des obus de 155 mm fabriqués par Komatsu, mais ont décidé d'abandonner l'idée avant de la proposer officiellement à la partie japonaise, ont indiqué des personnes au fait du processus. (...) Parmi les nombreuses difficultés auxquelles les alliés occidentaux sont confrontés lorsqu'il s'agit d'envoyer à l'Ukraine de nouveaux armements, il y a le manque de compatibilité entre les obus et les canons des différents fabricants. (...) "Les combinaisons de poudre et de projectiles ne sont pas toujours interchangeables"
  13. Les médias ukrainiens rapportent des déclarations de Macron aujourd'hui (je ne les ai pas trouvées sur le site de l'Elysée) Le président français a souligné que le scénario d'une victoire claire de la Russie dans la guerre est absolument inacceptable pour l'Europe et coûtera trop cher à long terme, et que les capitales européennes devraient donc être prêtes à soutenir l'Ukraine, quelle que soit la prochaine décision des États-Unis. "Nous devons nous préparer à soutenir l'Ukraine cette année et dans les années à venir. Quoi qu'il en coûte, quoi qu'il en coûte", a souligné Emmanuel Macron. Il a souligné qu'il s'agirait d'un soutien sous forme d'armes, de munitions, d'une aide à la formation de l'armée ukrainienne et de « tout ce dont l'Ukraine aura besoin pour résister à l'agression russe et arriver à une situation où elle sera en mesure de négocier un accord permanent ». la paix, une paix, une solution à laquelle l'Ukraine acceptera la paix dans le respect de l'ordre juridique international. Par conséquent, a poursuivi Macron, malgré toutes les mesures déjà prises, l'Europe doit accélérer ces efforts et augmenter l'ampleur tant dans la question de la production de défense que dans toutes les autres, ce qui nécessitera des décisions supplémentaires au niveau des capitaux individuelles et au niveau de l'Union européenne. Il a souligné que si l’on compare les volumes européens de production de défense avec ceux de la Russie, il apparaît clairement que l’on n’en a pas fait assez. "Ils (la Russie) ont su réorganiser complètement leur système. Nous devons donc réagir et faire encore plus que ce qui semble nécessaire pour soutenir l'Ukraine", a déclaré le président français. C'est dit. La Russie a su réorganiser complètement son système. Les Européens ne font pas assez. Ils doivent être prêts à soutenir l'Ukraine dans la durée même si les Etats-Unis ne reprennent pas leur soutien militaire. Ceci jusqu'à créer une situation où l'Ukraine serait en mesure de négocier un accord de paix qu'elle accepterait. Restera bien sûr à le mettre en musique. En France. Chez nos voisins. Eux comme nous avons du chemin à faire. Et nous n'en sommes encore qu'au stade de l'affichage des intentions. Et restera bien sûr... à ce que l'industrie mette tout cela en place. Une fois non que des intentions lui aurons été communiquées, mais bien des commandes et des financements. Dans le meilleur des cas - c'est-à-dire si d'une part Macron est vraiment prêt à traduire ses paroles en actes, d'autre part si au moins les principaux autres pays européens prennent la même décision - nous sommes probablement devant un hiatus de 2 ou 3 ans avant qu'une production vraiment multipliée ait pu commencer. L'Ukraine peut-elle tenir le front aussi longtemps avec le soutien limité qu'elle a reçu jusqu'ici, voire avec nettement moins si Washington ne décide pas dans les semaines qui viennent de remettre en place son aide ? Je n'en sais rien. Poutine et les autres dirigeants russes escomptent clairement que non. D'un autre côté, peut-être sont-ils trop confiants ?
  14. Ca c'est pour la partie pince-sans-rire... OK, nous ne l'avions pas volé De fait, c'est un (nouvel) exemple de message venant du sommet de l'Etat russe et ne laissant aucune ambiguïté sur la détermination de la Russie à "ne pas s'arrêter en chemin" Il y a cependant un faux sens dans la traduction anglaise ci-dessus Je me suis aidé de cette retranscription (approximative) de ses propos ainsi que de ce que j'entends pour arriver à Судьба Украины в том виде, в котором сейчас Государство страна существует, при режиме, который управляет Украиной, - судьба очень печальная... печальная. Мы... Россия на полпути, в философском смысле этого слова, не остановится Ce qui signifie Le destin de l'Ukraine, tel qu'il existe actuellement, sous le régime qui gouverne l'Ukraine, est un destin très triste..... triste. Nous... La Russie ne s'arrêtera pas à mi-chemin, au sens philosophique du terme Naryshkine n'est pas en train de menacer l'Ukraine d'un destin "très triste", au sens de "on va lui faire sa fête". Il est en train d'affirmer que le destin de l'Ukraine sous son régime actuel est "très triste", au sens de "c'est bien pour cela" que la Russie ne s'arrêtera pas à mi-chemin. C'est bien évidemment une propagande mensongère - il n'y a qu'à demander leur avis aux Ukrainiens ! - mais il n'est pas en train de menacer, il est en train de dire, faussement, que la Russie fait cette guerre car elle a le devoir d'aider les Ukrainiens. Le point principal cependant, c'est bien la (Nème) confirmation que la Russie n'est aucunement intéressée par un compromis diplomatique. C'est la capitulation de l'adversaire, ou sa conquête de vive force, qu'ils visent.
  15. J'imagine difficilement que le retrait désordonné d'Afghanistan ait eu une grande influence. L'essai signé Vladimir Poutine sur l'unité historique des peuples russe et ukrainien paraît début juillet 2021 sur le site du Kremlin, soit presque deux mois auparavant. Certes Poutine se doutait bien que les Etats-Unis finiraient par s'en aller, tout le monde le savait depuis un certain temps, mais il a publié ce qui pratiquement le manifeste de l'invasion de 2022 avant qu'il puisse savoir que ce retrait serait particulièrement problématique. La CEE a été créée en 1957. Je veux bien que la France et l'Allemagne aient eu jusque là la même Histoire, mais... comment dire ... Ca me rappelle ce petit extrait de la série humoristique Au service de la France, où les agents secrets apprennent l'ordre présidentiel de développer l'amitié avec l'Allemagne. Devant les doutes qu'ils expriment, leur chef prend un exemple - Moulinier, vous avez des amis ? - Oui - Et pourquoi êtes-vous amis avec eux ? - Parce qu'on se connaît depuis longtemps... On a vécu des choses ensemble... - Donc vous voyez qu'on peut être amis avec les Allemands Dans les faits, ce genre de choses, ça se crée ou se re-crée Tout est une question de négociation, c'est vrai. Actuellement la majorité qualifiée est de 55% des pays représentant 65% de la population totale. Si ce deuxième chiffre passe à 90%, je pourrais sans doute transiger mon opposition Voilà. Quoi qu'on pense du projet d'élargir les sujets qui peuvent être décidés à la majorité qualifiée, il est un peu difficile d'imaginer que tout le monde approuvera cet élargissement. Et comme il faudrait l'unanimité (et sans doute les parlements nationaux et tout et tout) pour décider de cet élargissement... le sujet est plutôt théorique en fait.
  16. On est en plein HS, je vais me limiter à ce post pour commenter sur ce sujet, mais... c'est justement ce qu'est l'Union européenne Non, la seule démocratisation possible de l'UE est de donner en toute circonstance et sur toute décision le dernier mot aux dépositaires de la légitimité démocratique, c'est-à-dire aux seuls Etats. Le Conseil européen, en tant qu'organisation rassemblant des dirigeants détenteurs de la légitimité démocratique - chacun pour son pays respectif - est le seul organe de l'UE détenteur d'une légitimité démocratique. A condition naturellement qu'il statue à l'unanimité. Toute décision prise seulement à la "majorité qualifiée" est antidémocratique par essence. Tous les autres organes de l'UE ne prennent de décisions légitimes que lorsqu'ils suivent strictement les instructions et décisions prises par le Conseil. Cela vaut aussi pour le "Parlement européen", lequel n'est détenteur d'aucune légitimité démocratique puisque le soubassement même de la légitimité est absent : le démos, le peuple (dans "démocratie"), puisqu'il n'existe pas de peuple européen ! Il n'existe qu'un peuple français, un peuple irlandais, un peuple croate etc. Il existe des organisations internationales où la majorité qualifiée s'applique. Par exemple l'ONU, avec les décisions de l'Assemblée générale à la majorité des deux tiers. Ceci est possible et vivable... parce que ces décisions sont en fait sans force ni pouvoir Qu'a dit l'Assemblée générale au sujet de la guerre d'Israël contre le Hamas ? Ou de tel autre sujet ? Qui s'en soucie autrement que comme d'un indicateur de l'humeur générale ? L'AG de l'ONU ne dispose d'aucun pouvoir d'imposer ses décisions à ses membres. En ce qui concerne le Conseil de sécurité de l'ONU, il applique bien une majorité qualifiée (9 voix parmi 15), mais c'est essentiellement un reflet des logiques de force dans l'arène internationale. D'où d'ailleurs le système du veto. C'est bien un conseil de sécurité. La différence est que l'UE a un grand budget, elle a une monnaie, elle définit des normes, elle édicte des directives qui s'imposent aux représentations populaires. C'est une organisation internationale incomparablement plus puissante, et plus intrusive, que l'ONU ==>Elle a du pouvoir, ô combien ! En l'état, l'UE est anti-démocratique par sa structure même, et d'abord à cause de la possibilité déjà dans certains domaines de prendre des décisions à la majorité qualifiée. Même si cette possibilité était retirée - sans parler de l'étendre encore, comme certaines personnes le proposent - le système de l'UE resterait gravement antidémocratique parce qu'il donne à l'exécutif des pouvoirs de nature législative. En l'état, même une décision prise à l'unanimité par le Conseil n'a été prise que par des représentants des exécutifs... et pourtant il en découlera par le travail de la Commission des directives qui s'imposeront aux parlements nationaux sans qu'ils aient même la possibilité de s'y opposer ! La seule possibilité de donner un fonctionnement démocratique à l'UE - et de le restaurer pour la France ! - est de donner la possibilité au Parlement d'annuler toute directive européenne qu'il décide, ce qui lui fournirait au moins un droit de regard et éventuellement de refus ou de modification, comme il l'entend. Ceci bien évidemment pour la Nation dont il est l'émanation, pas pour les 26 autres. En France, il y faudrait une modification de la constitution, qui en quelque sorte effacerait les effets nocifs des modifications de la constitution adoptées (sans suffrage populaire) pour l'adapter aux traités européens - une autre horreur antidémocratique, soit dit en passant. Cette modification de la constitution (il s'agirait de l'article 55) est en l'état proposée à la fois par le RN et par R! Naturellement elle créerait une situation où l'application des directives par le système fédéral deviendrait impossible dans un pays donné... puis dans d'autres, car d'autres pays ne tarderaient probablement pas à décider "Pourquoi seulement tel pays aurait le droit de décider ses propres lois, pourquoi pas moi aussi ?" L'ensemble forcerait une adaptation des institutions européennes - par renégociation du traité de l'UE - aux nouvelles réalités institutionnelles du droit des parlements nationaux d'adapter ou de refuser toute directive. En pratique, il deviendrait impossible de contraindre un pays membre et de contourner ou forcer sa légitimité démocratique. Il y aurait certes quelques remous lors de la transformation - ça criaillerait pas mal... - mais l'UE deviendrait alors une union d'Etats, une structure de coopération volontaire, non une structure imposant des volontés sans et contre les peuples. Les peuples... là est le point central. Qui sait ? L'UE finirait peut-être même par être populaire ! Fin du HS pour ce qui me concerne
  17. Il n'est pas le seul à le penser. Citons @Patrick sur l'autre fil J'ai toujours la certitude que si Trump était resté au pouvoir en 2020 il n'y aurait pas eu de guerre en Ukraine car Poutine se serait dit que "orange man" est assez fou pour faire une très grosse bêtise. Et oui, le principal trait de Trump, c'est qu'il était influençable et impulsif. Personnellement je ne suis pas convaincu, parce que Trump ne pouvait guère menacer de manière crédible de faire pire que ce que... Biden a fait dans la vraie vie. Mais enfin un argument existe. Evidemment, Orban ne l'a pas dit dans les mêmes termes que Patrick. Diplomatie, toussa
  18. C'est une idée intéressante. On pourrait aussi mettre en place des mécanismes qui empêchent la prise de pouvoir aux Etats-Unis par un homme politique acquis à la cause ennemie. En tout cas, certains partisans de Biden seraient tout à fait pour ! Plus sérieusement, le remède à un problème posé par la démocratie n'est pas la dictature. C'est un surcroît de débat d'opinion, et de compromis lorsque c'est nécessaire pour prendre en compte toutes les sensibilités et tous les intérêts. En l'occurrence, il serait très facile aux 26 autres dirigeants de s'entendre sur la proposition de compromis de Orban, qui permet effectivement l'aide à l'Ukraine. C'est à mon avis quelque chose de ce genre qui arrivera, éventuellement avec quelques modifications encore - les négociations devraient continuer.
  19. A quelques jours du sommet extraordinaire de l'UE le 3 février au sujet de l'aide à l'Ukraine, Viktor Orban dont le pays est seul à s'opposer à la proposition de rediriger 50 milliards du budget européen vers l'aide à l'Ukraine, a accordé un entretien au Point, dont voici la version complète. Orban y parle des raisons de l'opposition de la Hongrie au programme d'aide proposé, de sa contre-proposition à laquelle s'opposent les 26 autres, et des pressions subies par son pays. Et encore de Trump, et de la défense des intérêts économiques européens y compris vis-à-vis de l'Ukraine Je ne copie que quelques extraits La position hongroise est donc toujours très claire : au fil du temps, nous pensons qu'il n'y a pas de solution militaire à la guerre en Ukraine. Malheureusement, les 26 autres États membres de l'Union européenne pensent toujours qu'il existe une solution militaire. (...) Nous pensons que la seule solution est diplomatique. Elle implique des négociations de cessez-le-feu et de paix. Dans ce contexte, on nous demande de donner 50 milliards d'euros à l'Ukraine sur quatre ans. Or, parce que nous n'aimons pas l'escalade de la guerre et que nous ne pensons pas que la solution passe par le champ de bataille, nous n'aimons pas cette proposition. Nous avons le droit d'être en désaccord parce que nous avons un budget dans l'Union européenne qui a été accepté il y a trois ans par les autres pays, y compris par la Hongrie. Ce budget européen est une base que les autres veulent désormais modifier. (...) Nous avons décidé de faire une offre de compromis : nous ne sommes pas d'accord pour modifier le budget. Nous ne sommes pas d'accord sur le fait que nous devrions donner 50 milliards d'euros, une somme énorme. Nous ne sommes pas d'accord sur le fait que nous devions l'accorder pendant quatre ans, etc. Mais bon, la Hongrie est prête à participer à la solution des Vingt-Sept, si vous garantissez que chaque année nous déciderons de continuer ou non à envoyer cet argent. Et cette décision annuelle doit avoir la même base juridique qu'aujourd'hui : elle doit être unanime. Malheureusement, certains pays comprennent ou interprètent cette position comme un moyen de les faire chanter chaque année (...) Si le Financial Times publie un document détaillant le scénario d'un blocus financier de la Hongrie et d'un chantage à notre encontre, nous pouvons être sûrs qu'il existe. Je comprends combien il est difficile pour les autres de l'accepter, car l'Union européenne, ces dernières années, s'est de plus en plus orientée vers une direction impérialiste, surtout après le départ du Royaume-Uni. Il s'agit de moins en moins d'une communauté d'États souverains. (...) Nous ne savons pas ce qui va se passer dans les trois ou quatre prochains mois en Ukraine. Alors, dans quatre ans… (...) Qui a fait le calcul ? Pourquoi exactement 50 milliards d'euros ? Nous ne savons pas exactement à quoi correspond cette somme. Et enfin, l'argument principal, du moins pour un démocrate, c'est que dans cinq mois, il y aura des élections en Europe. On négligerait totalement l'opinion des Européens en prenant une décision aujourd'hui qui engagerait l'Europe sur quatre ans et qui porte sur une somme énorme ! Comme si l'opinion des peuples n'avait aucune importance et quel que soit le résultat des élections européennes en juin… Si l'Europe entend se comporter comme une communauté démocratique fondée sur l'État de droit, nous ne pouvons tout simplement pas prendre une telle décision. (...) Nous ne devrions pas oublier que Trump a été l'un des présidents des États-Unis ayant connu le plus de succès en matière de politique étrangère. Pas une seule guerre n'a été déclenchée par lui. Et les accords d'Abraham étaient la seule chance sérieuse de générer une paix, un équilibre et une forme de vie acceptable dans la région très difficile du Moyen-Orient. Ma conviction personnelle reste que si, en février 2022, le président américain s'était appelé Donald Trump, il n'y aurait plus de guerre en Europe. Je ne vois aujourd'hui personne d'autre que lui, ni en Europe ni en Amérique, qui soit un leader suffisamment fort pour arrêter la guerre. La paix porte un nom, celui de Donald Trump. (...) Pour nous, c'est une question de principe, mais les 26 autres en font une question de pouvoir. (...) Il est important que les Européens comprennent que les États membres, s'ils sont en désaccord sur des questions comme la guerre, la migration, le genre, subissent immédiatement une réaction impérialiste de la part de Bruxelles et subissent une forme de chantage. (...) La production agricole ukrainienne est bien meilleur marché que celle des paysans français et hongrois, et ce n'est pas soutenable. Nous ne pouvons pas rivaliser et nous détruisons nos communautés agricoles. Nous ne pouvons pas faire ça – les Ukrainiens doivent le comprendre. La Commission européenne doit défendre les intérêts européens contre les Ukrainiens, et non pas représenter les intérêts ukrainiens contre les agriculteurs européens. S'il fallait retenir une seule phrase, personnellement je choisirais "La paix porte un nom, celui de Donald Trump" Il faut noter que l'estime est réciproque "Il y a un grand homme, un grand dirigeant en Europe - Viktor Orban", a déclaré M. Trump, rappelant que M. Orban avait fait son éloge. "Il est le premier ministre de la Hongrie. C'est un très grand dirigeant, un homme très fort. Certains ne l'aiment pas parce qu'il est trop fort." Il faut noter enfin que Donald Trump a fait beaucoup de progrès sur le sujet d'Orban. Cet éloge date de ce mois-ci. Il y a trois mois, Trump en était à dire que Orban dirigeait la Turquie J'ai été très honoré (de le recontrer), il y a cet homme Viktor Orban. Est-ce que vous le connaissez?", a demandé l'ex-président américain à ses partisans lors d'un meeting dans le New Hampshire ce lundi 23 octobre. Avant de poursuivre: "Il est vraiment l'un des meilleurs dirigeants au monde, le plus fort. C'est le président de la Turquie."
  20. Double blocage politique, j'ajouterais. Avant que éventuellement Washington ne décide de fournir un peu plus d'ATACMS à Kiev, il faudra d'abord que Washington décide, ou non, de reprendre l'aide à l'Ukraine actuellement interrompue. S'agissant des GMLRS, il y a un seul blocage. Il faut qu'il y ait à nouveau des fonds fédéraux pour cela.
  21. Je te rejoins. D'une part il est question aux Etats-Unis de diminuer voire d'interrompre le soutien militaire à l'Ukraine - plus exactement c'est la situation actuelle, et il n'est pas du tout certain que le soutien reprenne - certainement pas de l'augmenter. Le meilleur des cas est donc la continuation du soutien existant... lequel n'a pas empêché, même avec le soutien militaire européen qui s'y est ajouté, que la situation militaire de l'Ukraine soit en train de se dégrader (l'initiative est russe, le RAPFEU s'aggrave, les forces ukrainiennes manquent de munitions et de personnel quant au matériel ce n'est pas la joie non plus) Et ce n'est encore que le meilleur des cas. Quant à l'innovation, on peut toujours être surpris, il est théoriquement possible que quelque part aux Etats-Unis ou en Europe on soit en train de mettre au point des armes géniales qui changeront la donne (des Wunderwaffen ...) Mais ce qu'on voit sur le terrain à ce stade c'est plutôt l'innovation du côté russe (guerre électronique, drones produits à grande échelle...) Le GLSDB est la seule exception que je voie, et il est en retard. La phrase est choquante, et elle est pourtant vraie. La France a eu 1,4 million de tués au combat en 1914-1918, l'Ukraine en un peu moins de la moitié de cette période a certainement eu incomparablement moins que 700 000 tués, même si on prend en considération une évaluation pessimiste de leurs pertes (ce qui est mon cas) Si les Ukrainiens sont prêts à continuer d'aller au combat, l'armée ukrainienne ne manquera pas de troupes. Mais elle pourrait manquer de troupes formées. Elle manque déjà beaucoup de soldats professionnels - à cause des pertes qu'ils ont subies, et du fait de l'agrandissement de ses forces armées depuis le début de la guerre. Mettre un uniforme à un civil et lui donner une arme, ça peut être très rapide, mais alors ses chances de survie sur le front seront encore plus faibles. Le former, il y faut du temps et des institutions... les capacités de formation pourraient avoir du mal à suivre. A titre d'exemple, la France a formé 7 000 soldats ukrainiens en 2023, l'UE au total 40 000. Même en ajoutant les capacités américaines et britanniques, et les capacités ukrainiennes en propre, on est probablement assez loin des "500 000" que Kiev envisage de mobiliser prochainement, ou même des "20 000 par mois" que Zaloujny demandait au gouvernement ukrainien fin novembre D'accord avec toi concernant les chances de Trump de mettre fin à la guerre "très rapidement". Je ne pense pas qu'il y parvienne, ni en 24 heures, ni même en une semaine ou un mois. Il a certainement des idées en tête, disant de Zelensky et de Poutine Ils ont tous les deux des faiblesses, et ils ont tous les deux des forces, et dans les 24 heures cette guerre sera réglée, cette guerre sera terminée Mais personnellement je n'y crois pas. Cependant, son autre message sur la guerre en Ukraine est que nous serions au bord de la troisième guerre mondiale. Si vraiment c'est ce qu'il pense, s'il est sincère là-dessus comme il l'est sur l'idée exagérée qu'il se fait de ses talents de négociateur, je soupçonne qu'il aura alors à cœur d'éloigner les Etats-Unis de cette affaire afin de les protéger. Des boucs émissaires de son échec, il en trouvera facilement. Il y a les Européens, qui ne font pas leur part du travail. Il y a ces deux dirigeants qu'il met sur le même plan en suggérant fortement qu'il veut exercer des pressions et sur Zelensky et sur Poutine. Il y a fort à parier que s'il échoue, il en tiendra responsable le caractère têtu et l'irréalisme de ces dirigeants, ou de l'un d'entre eux. Plutôt de celui qui dirige un pays pauvre et en danger de perdre son indépendance, ou plutôt de celui qui dirige un pays du G20, principal appui de la Chine et qu'il serait intéressant d'essayer d'éloigner un peu de Pékin ? C'est de la propagande, comme tu le suggères toi-même ("harde de macaques poutinoïdes" ) Ca ne dit rien de l'impact de ces armes sur le front. Je comprends, Moscou est une ville où les risques d'incendie sont prononcés. On vient en voisin, en touriste, presque en ami... et voilà, un incendie !
  22. Un peu de temps à se mettre en place on dirait en effet "Le 22 juin, Laura Cooper a déclaré au Congrès qu'en raison de retards dus à des problèmes de développement et de production, l'Ukraine recevrait des missiles GLSDB " au plus tôt à l'automne " Le 14 octobre 2023, Boeing a déclaré que le GLSDB serait livré à l'Ukraine d'ici l'hiver. Le 30 novembre, il a été signalé que la livraison avait été reportée au début de l'année 2024"
  23. Sondage en Allemagne, Un Allemand sur deux craint une attaque de Poutine Dans une interview accordée à BILD la semaine dernière, le ministre de la Défense Boris Pistorius (63 ans, SPD) a mis en garde contre le risque de guerre à moyen terme. Le ministre a déclaré : « Nous sortons de 30 années de paix, 30 années de dividendes de la paix dont nous avons tous bénéficié. Et maintenant, le voyage va dans l’autre sens. "Etes-vous inquiet d'une attaque russe contre l'Occident ?" - Oui 46% Non 44% L'éditorialiste de Bild fait ce commentaire Une attaque russe contre l’OTAN, peut-être même contre l’Allemagne ? Il n’y a pas si longtemps, cette idée semblait absurde et surnaturelle. Mais près de deux ans après l'attaque russe contre l'Ukraine et les nouvelles menaces du dictateur Poutine, les Allemands sont alarmés : une personne sur deux craint que la perfide soif de pouvoir de Poutine puisse également nous affecter. (...) Il en découle : le gouvernement fédéral doit résolument prendre les précautions nécessaires et se coordonner avec ses partenaires de l'OTAN - afin que le bouclier de protection militaire de l'Allemagne soit en place à temps. Nous n’avons pas besoin de paniquer, mais nous avons besoin d’une action intelligente et décisive. Et pas de politique qui se ferait au détriment de l’aide à l’Ukraine.
  24. Oui, c'est une position très inconfortable. Je ne vois que deux options pour les Etats-Unis, et toutes deux présentent des risques importants - mais pas les mêmes 1. Retrait du dispositif américain au moins de Syrie, voire d'Irak et de Jordanie. Eventuellement après une riposte, qui restera cependant symbolique même si elle sera peut-être spectaculaire. L'idée générale de la manœuvre serait que si les forces américaines ne sont pas sur place, elles ne prendront plus de coups, et il sera possible d'oublier cette histoire et de s'occuper d'autre chose. Le risque serait symbolique, mais ce serait un symbole puissant "Tuez des soldats américains, et Washington s'en ira !" Ce message est très mauvais, et il serait entendu non seulement au Moyen-Orient mais ailleurs. L'impact régional serait négatif pour les puissances arabes sunnites, comme pour Israël, car sans l'obstacle que représente encore la présence militaire américaine, l'Iran terminerait d'asseoir son influence sur le "croissant chiite", cet arc qui s'étend de l'Iran jusqu'au Liban L'avantage serait majeur. Mettre enfin un point final au cycle des guerres d'Irak, de Syrie contre El-Assad et d'Irak contre l'Etat islamique, qui dure depuis 20 ans, qui a consommé des trillions de dollars d'argent public et des milliers de vies américaines, et n'a abouti qu'à renforcer puissamment la position de l'Iran au plan régional, et à l'échelle mondiale à l'ascension de la Chine. Pendant que Washington dépensait ressources et attention au Moyen-Orient, la Chine concentrait ses forces sur son propre développement. 2. Riposte lourde contre l'Iran directement, seulement un à deux degrés en-dessous du stade "dévastation". L'idée générale de la manœuvre serait d'utiliser la domination par Washington de l'escalade afin de forcer Téhéran à baisser la tête : en cas de guerre à outrance, l'Iran pourrait sans doute dévaster la production et l'exportation de pétrole depuis le Golfe et provoquer une crise économique mondiale, mais les Etats-Unis pourraient détruire l'ensemble de l'économie iranienne. Et l'Iran le sait. Une riposte disproportionnée par rapport aux pertes américaines serait une provocation à Téhéran "Voulez-vous vraiment cela ? Nos concurrents en souffriraient autant que nous voire davantage. Nous y survivrions. Et vous non" Et la Chine, qui n'a certainement aucune envie d'une crise économique mondiale, exercerait aussi des pressions sur l'Iran pour qu'il "se couche" L'avantage serait avant tout symbolique. "Tuer des soldats américains, même en utilisant des proxys, peut coûter extrêmement cher. Nous sommes capables de riposte disproportionnée, quelles que soient les conséquences" est un bon message général. La force d'un adversaire s'évalue non seulement en regardant ses moyens physiques mais aussi sa force morale : est-il prêt à la violence pour répondre à une offense, ou non ? Les inconvénients sont d'une part le risque que Téhéran ne soit pas dissuadé de riposter. Je dirais que ce risque est moindre que 1 sur 2, mais personne ne peut affirmer qu'il serait nul. D'autre part le risque à mon avis plus important que Téhéran cède cette fois-ci, puis trouve un autre angle d'attaque pour prendre sa revanche plus tard sur un autre terrain. Et enfin et surtout ce serait pour l'Amérique "remettre une pièce dans la machine" dans un casino où elle joue depuis 20 ans, et dont elle n'a rien tiré de bon. Louis XIV, qui n'était certainement pas un "singe capitulard bouffeur de fromage", n'aurait pas eu besoin de plus d'une microseconde pour choisir. Il a toujours accordé une grande importance aux questions de respect international, notamment comme garantie de la paix - et de la grandeur du pays, naturellement. Dans ce genre de circonstances, ça aurait été soit les excuses de l'ambassadeur iranien dans une cérémonie spécifique et très publique, soit la guerre sans retenue. Guerre qui d'ailleurs... aurait été obligatoirement suivie d'excuses ! Cependant, il en est lui-même revenu vers la fin de son règne alors que la France échappait de justesse à une catastrophe parce que essentiellement toute l'Europe s'était liguée contre elle. Sur son lit de mort, il s'est repenti "J'ai trop aimé la guerre". Après la défaite humiliante du Vietnam, les Etats-Unis se sont recentrés sur le développement technologique. Une bonne partie du monde moderne, notamment l'utilisation à grande échelle de l'informatique et finalement des réseaux, a été mise en place à ce moment-là. Je suppose qu'il serait possible pour Washington de faire quelque chose d'approchant. Les résultats ne seraient probablement pas brillants au même degré, parce que les forces vives de la technologie et de l'innovation (nombre de gens éduqués à un niveau donné en science et en technique) se trouvent avant tout en Chine aujourd'hui. Mais il y aurait sans doute moyen d'arriver à des résultats positifs tout de même.
×
×
  • Créer...