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Tout ce qui a été posté par Alexis
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Attends, je vais utiliser le Stark-Signal @Stark_Contrast -
Le mystère pour moi c'est la raison de choisir des médiocrités pour des postes importants.Je n'aime pas la sélection raciale ni sexuelle, comme plus généralement le racisme ou le sexisme, mais si on y tient absolument, pourquoi ne pas choisir une personne qui soit en plus compétente ? On ne me fera pas croire que parmi les millions de femmes américaines de souche non européenne il n'y ait que des médiocres ? Ça ce serait du racisme contre les Américains "de couleur" plutôt que de souche européenne... Ce problème n'est bien sûr pas limité aux Etats Unis. Heureusement que la politique française est hors charte, parce qu'il y aurait énormément à dire sur notre personnel politique
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Enfin un espoir dans cette guerre si cruelle Avec sa victoire en Iowa hier, Trump prend la direction de l'investiture et ensuite de la Maison Blanche. Il a été pleinement rassurant sur le sujet de la guerre Russie-Ukraine (Si j'avais été aux affaires) La Russie n'aurait jamais attaqué, Israël n'aurait jamais été attaqué (...) Et nous allons résoudre tout cela. Nous allons le résoudre très vite. J'ai dit pour l'Ukraine, je connais très bien le Président Poutine, je connais très bien Zelensky, je vais les mettre ensemble, nous allons résoudre ça très rapidement. Ca n'aurait jamais du arriver (...) Nous allons l'arrêter, mais c'est si triste, ça n'aurait jamais du arriver. Des gens morts, et une culture détruite, on ne pourra jamais remplacer des bâtiments vieux de milliers d'années (*), les plus beaux dômes dorés, des églises, tout cela en ruines (...) Voilà, ce n'est plus "24 heures" comme autrefois, c'est "très rapidement". Trump va mettre "le Président Poutine" et "Zelensky" dans une pièce, il va résoudre ça très vite. Du moins si l'on en croit son discours. Ce qu'à mon avis lui croit à fond - il est sincère sur ce sujet, il est vraiment persuadé de ses talents pour maintenir ou rétablir la paix. On va trouver un accord. On va négocier un truc tellement génial que tout le monde se serrera la main. "The Art of the Deal", ce livre publié par Trump sous son nom quoique écrit en fait par un rédacteur qu'il avait rémunéré... Dans le cas cependant où les talents de négociateur de Trump seraient pris en défaut - je ne suis pas sûr qu'il en envisage la possibilité, mais moi si - je soupçonne que c'est l'autre message de Trump sur le sujet qui le motivera alors. C'est-à-dire le souci de protéger le Monde et les Etats-Unis de la catastrophe d'une "troisième guerre mondiale" - Trump dit que nous serions au bord. Si sa négociation ne fonctionne pas, il aura à cœur de protéger les Etats-Unis de ce supposé risque d'emballement, c'est-à-dire qu'il éloignera bien vite l'Amérique de cette affaire, et parlera de tout autre chose. (*) "des bâtiments vieux de milliers d'années" s'agissant d'églises orthodoxes en Ukraine... Hmmm -
Allemagne
Alexis a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
L'élément manquant me simple assez simple, c'est la volonté de protéger l'Allemagne des conséquences d'un tsunami. Une plaisanterie oui... mais je pense en fait pas tant que ça. On a tendance à mon avis à surestimer le degré de rationalité des décisions géopolitiques / politiques / économiques. Sans doute la raison froide et dépassionnée y a souvent une grande place, mais elle n'est pas exclusive. Et parfois la raison est déconnectée, c'est la passion qui est à l'oeuvre. Dans le cas de la décision d'Angela Merkel et des autres dirigeants allemands de sortir complètement du nucléaire, je ne parlerais pas tant d'irrationalité que de pensée pré-rationnelle. "Il y a eu une grande catastrophe au Japon" / "Elle est associée à une catastrophe nucléaire, même si l'aspect nucléaire en lui-même n'a fait pratiquement aucun mort" / "Le nucléaire c'est extrêmement dangereux et vraiment totalement irresponsable !" / "Sortons du nucléaire le plus vite possible !". S'il avait été formulé explicitement puis soumis à discussion et critique, ce raisonnement aurait pu être démonté et remplacé par une analyse réelle menant à de meilleures décisions. Mais il ne l'a pas a été. Tout s'est passé comme si ce raisonnement restait à un stade inférieur - pré-rationnel - de pensée, comme s'il était demeuré une réaction pure, presque une pulsion. Il n'a donc jamais pu être soumis à une critique, laquelle aurait mené à le rejeter. Merci pour ce résumé éclairant et percutant. Quelques commentaires de ma part L'importance prépondérante accordée à l'économie est probablement spécifique à l'Allemagne, ou du moins à peu de pays. Mais imaginer "les autres peuples veulent nous ressembler"... c'est un travers très humain et beaucoup plus général. Américains, je soupçonne aussi les Chinois... Quant aux Français ? Ah non, nous pas du tout. Non, vraiment pas. Regardez ailleurs, voyons ! C'est accessoire à ce dont nous discutons, mais la France n'était pas dans la position d'être sauvée par les Anglo-Saxons en 1918, elle était plutôt aux commandes. Et si nous avons été sauvés par nos alliés en 1944, ce n'est pas du à une quelconque action adroite de notre part ("réussi à se faire sauver") c'est grâce à l'incapacité stratégique spectaculaire de notre ennemi Hitler, du fait de sa forte "idéologisation" et de la nature de son idéologie, qui nous a offert des alliés sur un plateau en attaquant l'Union soviétique et en déclarant la guerre aux Etats-Unis. La différence je dirais est que le choc sur le coût de l'énergie est cette fois-ci asymétrique. Le prix du pétrole a été multiplié dans les années 1970 de façon uniforme pour tout le monde. Le prix du gaz naturel est multiplié aujourd'hui pour les pays (européens) qui profitaient du gaz naturel russe bon marché, pas pour ceux qui l'achètent maintenant à la Russie (la Chine, qui profite d'ailleurs de la situation dans laquelle s'est mise Moscou pour obtenir des rabais supplémentaires) ni pour ceux qui produisent du gaz en même temps qu'ils relancent leur industrie et peuvent subventionner l'une par l'autre (Etats-Unis) Compte tenu de la concurrence économique globale, compte tenu du choc de productivité qui commence à apparaître en Chine (application de l'IoT à l'industrie), compte tenu de la logique protectionniste et subventionniste qui s'affirme aux Etats-Unis (pour les Américains seulement)... l'industrie allemande fait face à une situation difficile, voire dangereuse. Et comme l'Allemagne est le dernier grand pays européen à avoir conservé une industrie forte (l'Italie vient loin derrière, la France est dans les choux, presque réduite au niveau du Royaume-Uni), c'est en fait l'industrie européenne qui fait face à une situation difficile et dangereuse. Il a été une bonne affaire oui. Le gaz russe bon marché pourrait-il redevenir une bonne affaire à terme pas trop lointain ? Ce n'est pas exclu : - Emmanuel Todd l'essayiste français renommé (il avait prédit l'effondrement de l'URSS dès 1976) et peu adepte du politiquement correct soutient que l'entente germano-russe est tellement naturelle, tellement inscrite dans la géographie et dans la nature et la complémentarité des peuples russe et allemand que même les événements actuels et la volonté appuyée des Etats-Unis de la contrer ne l'empêcheront pas indéfiniment - Cependant, la Russie est en train de réorganiser ses exportations gazières. De nouveaux clients sont trouvés - Pékin a le sourire. Si l'Allemagne revient bientôt sur les rangs, il y aura davantage de concurrence, donc les volumes seront plus faibles et les tarifs moins bas - Les plus forts déterminants sont en fait politiques plutôt qu'économiques. Si le risque de victoire russe en Ukraine se concrétise, il sera d'autant plus difficile à Berlin de justifier (y compris face à la population allemande) une nouvelle Östpolitik. De ce point de vue, un accord et un compromis pour mettre fin à la guerre serait idéal aussi pour l'Allemagne, mais vu les ambitions confirmées de Poutine, et maintenues depuis le début de la guerre, un tel compromis politique me semble peu probable C'est une remarque intéressante en effet. Non que les autres pays soient étrangers à ce genre de fonctionnement, mais peut-être est-il plus marqué en Allemagne. Cela dit, la catastrophe "inattendue" (hum...) se profile nettement à l'horizon. De mon point de vue le scénario le plus probable est la combinaison victoire russe en Ukraine + réélection de Trump, dans un ordre ou un autre, disons entre mi-2024 et mi-2025. Si je me trompe, tant mieux. Mais si c'est effectivement ce qui se passe, l'Allemagne, et pas seulement elle, entrera en phase de "réaction" à brève échéance. Sera-t-elle unilatérale ? Frénétique ? Je ne sais pas. Disons que le fait que pas mal de pays européens subiront ce choc au même moment ouvre au moins la possibilité de coordonner un tant soit peu la réaction. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Il y a aussi cette possibilité là en effet. D'autant que le scénario d'une méprise et d'un tir ami, même s'il est sans doute plus crédible qu'un tir de Patriot ou Aster depuis le front, reste quand même limite -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est la reprise d'une plaisanterie de Poutine en 2016. J'avais donné le contexte ici, avec le lien sur la séquence originelle du président russe. Le problème bien sûr n'est pas que Poutine ait plaisanté - dans le contexte initial, il n'y a pas de doute que c'était une simple plaisanterie. Le problème, c'est que la formule a plu auprès d'une certaine population - pas les plus calmes des Russes, je veux dire - et que ça a été repris depuis, à la frontière de la Russie avec l'Estonie ("Chers amis estoniens, bonsoir..."), sur cette affiche à Moscou... -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Si un A-50 a bien été perdu, et si c'est du fait de l'Ukraine, alors il ne peut s'agir de défense sol-air. La zone est à au moins 150 km du front, bien au-delà de la portée des Patriot ou des Aster. Il ne reste guère que la chasse ukrainienne. Ce qui supposerait une incompétence assez frappante de la part de la chasse russe. Les Ukrainiens n'ont sans doute pas de Rafale avec Meteor ! Attendons la confirmation d'abord en effet. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Je ne suis pas sûr que ce soit absolument réaliste, mais c'est amusant Et bien sûr il faut le regarder jusqu'au bout pour bien comprendre La conclusion pour les Européens s'impose d'elle même -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Je précise un peu ce que j'ai écrit. Je ne me moquais certainement pas des Ukrainiens. Les discussions actuelles dans divers cercles sur un accord à trouver avec la Russie - et des pressions certainement - mettent en avant l'idée que l'Ukraine à la place de l'intégration dans l'OTAN dont elle rêve recevrait des "garanties". Certains optimistes échevelés vont jusqu'à imaginer que ces "garanties" pourraient être un peu sérieuses, plutôt qu'un simple cache-sexe pour du rien. Voici que l'un des États de la coalition soutenant l'Ukraine - l'un des plus volontaires et atlantistes, ami précieux de Kiev ô combien ! - prend les devants. Il donne déjà ces garanties. Et une clause de l'accord suggère bien sûr que d'autres États occidentaux feront de même. Le contenu de ces garanties ? ... Eh bien le cache sexe n'est pas épais dites donc ! -
2023 Guerre de Soukhot
Alexis a répondu à un(e) sujet de Titus K dans Politique etrangère / Relations internationales
Je précisais "sur le front en France", pas la première guerre mondiale en général. Les civils serbes par exemple ont beaucoup souffert de l'occupation austro-hongroise. Et bien sûr il y a le génocide des Arméniens. En France comme en Belgique, j'avais en tête le chiffre de 6 000 morts au total dans diverses exactions et bombardements. Ce qui ne se compare absolument pas aux pertes militaires de ces deux pays. Le chiffre de "300 000" morts civils en France me surprend beaucoup. A regarder la source donnée par Wikipédia il s'agit d'un livre, pas en ligne, qui parle de "famine". Le problème c'est qu'il n'y a aucune autre source... En revanche, il y a beaucoup de sources pour parler de restrictions et de pénuries. Même pas de disette. Encore moins de famine. C'est en Allemagne que la famine résultant du blocus britannique a tué des centaines de milliers de civils vers la fin de la première guerre mondiale. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Si je comprends bien, le RU s'engage, dans l'éventualité où la Russie attaquerait à nouveau l'Ukraine après la fin de cette guerre là... à refaire exactement la même chose qu'il fait actuellement. Pour Kiev, c'est à la fois rassurant, et pas si rassurant que ça en fait. -
2023 Guerre de Soukhot
Alexis a répondu à un(e) sujet de Titus K dans Politique etrangère / Relations internationales
... Et tout le monde le sait. C'est le moment de citer Leonard Cohen "That's how it goes... And everybody knows" -
2023 Guerre de Soukhot
Alexis a répondu à un(e) sujet de Titus K dans Politique etrangère / Relations internationales
Même en prenant pour base l'hypothèse basse du nombre des civils tués à Marioupol soit 25 000, si on ajoute que cette ville est certes la plus grande mais pas du tout la seule des villes du Donbass réduites en ruines par l'artillerie surtout russe (Severodonetsk, Bakhmout...), si on ajoute les morts des bombardements ailleurs que dans le Donbass, l'invasion russe a tué en deux ans au moins un nombre élevé de dizaines de milliers, possiblement plus de cent mille civils ukrainiens. Cela reste probablement moins que le total des morts militaires des deux camps, mais il ne s'agit pas d'une guerre où les morts civils seraient rares - comme la première guerre mondiale sur le front en France. -
Blocage des flux commerciaux Maritimes mondiaux
Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
La Russie il est vrai doit faire face de son côté à l'escalade destructrice de l'armée ukrainienne, par exemple dans l'attentat terroriste à Belgorod. Attentat terroriste dont il est permis d'ailleurs de se demander comment l'idée en est venue aux forces ukrainiennes ? Enfin ce n'est pas comme si le gouvernement russe avait quoi que ce soit de provocant ?- 1 998 réponses
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
J'avoue n'avoir basé mon avis que sur ses interviews. Il faudra peut être que je lise un livre de lui un jour -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Je trouve dans l'entretien d'Emmanuel Todd au Figaro à l'occasion de la publication de son dernier livre un passage que je ne peux qu'approuver entièrement Et est-ce que la Russie a vraiment gagné ? Nous sommes plutôt dans une forme de statu quo… Les Américains vont effectivement rechercher un statu quo qui leur permettrait de masquer leur défaite. Les Russes ne l’accepteront pas. Ils sont conscients non seulement de leur supériorité industrielle et militaire immédiate, mais aussi de leur faiblesse démographique à venir. Poutine veut certes atteindre ses objectifs de guerre en économisant les hommes, et il prend son temps. Il veut préserver l’acquis de la stabilisation de la société russe. Il ne veut pas remilitariser la Russie et tient à poursuivre son développement économique. Mais il sait aussi que des classes creuses démographiquement arrivent et que le recrutement militaire sera dans quelques années (trois, quatre, cinq ?) plus difficile. Les Russes doivent donc abattre l’Ukraine et l’Otan maintenant, sans leur permettre aucune pause. Ne nous faisons aucune illusion. L’effort russe va s’intensifier. Le refus occidental de penser la stratégie russe dans sa logique, avec ses raisons, ses forces, ses limitations, a abouti à un aveuglement général. Des mots flottent dans le brouillard. Sur le plan militaire, le pire est à venir pour les Ukrainiens et les Occidentaux. La Russie veut sans doute récupérer 40 % du territoire ukrainien, et un régime neutralisé à Kiev. Et sur nos plateaux de télévision, au moment même où Poutine affirme qu’Odessa est une ville russe, on raconte encore que le front se stabilise… Je constate que nous nous rejoignons non seulement sur le constat de la supériorité militaire russe sur le terrain, mais sur l'analyse du discours actuel du gouvernement américain sur le thème d'un "conflit gelé" et "blocage réciproque" comme un simple refus de reconnaître la réalité pour l'instant, et surtout de l'objectif russe de prendre le contrôle d'une grande partie de l'Ukraine et de neutraliser le reste (bien loin des espoirs occidentaux d'une simple amputation limitée de l'Ukraine dont le reste resterait indépendant) ainsi que de la prévision d'une intensification de la guerre à court-moyen terme jusqu'à l'atteinte de cet objectif. Todd a bien noté lui aussi la réitération récente par Poutine de sa remarque comme quoi Odessa serait "une ville russe". Et il est vrai que Poutine ne remilitarise pas la Russie dans une grande proportion. 6% du PIB pour la défense cette année, c'est certes davantage que les Etats-Unis (pour ne pas parler des pays européens) mais cela n'a rien à voir avec les 15 à 20% de l'époque soviétique, et Israël a été pendant la majeure partie de son Histoire aux alentours de 8% sans que cela n'empêche le moins du monde son développement ni sa prospérité. Je précise à toutes fins utiles que je n'approuve pas tout ce que Todd affirme loin de là. Par exemple, quand il affirme que le retrait des Etats-Unis du monde amènerait une ère de paix générale, je pense que c'est d'une naïveté confondante. A mes yeux, c'est un intellectuel brillant qui produit des idées à jet continu, et sur trois de ses idées l'une est fausse, l'autre est simplement aberrante... et la troisième est très éclairante au point d'ouvrir de nouvelles perspectives ! Bref quelqu'un à écouter avec attention, et avec un grand filtre pour critiquer ses idées et séparer le bon grain de l'ivraie. Quelqu'un qui fait réfléchir, et qui force d'ailleurs à réfléchir puisque le très éclairant et l'aberrant sont tellement mêlés dans son discours. Ce qui est probablement la meilleure manière d'être un intellectuel d'ailleurs plutôt qu'un gourou ou un personnage essentiellement médiatique mais en fait très superficiel (à la Michel Onfray par exemple) -
Blocage des flux commerciaux Maritimes mondiaux
Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
L'explication proposée par le Telegraph est nouvelle pour moi (bon, peut-être que ça a déjà été dit et je l'avais juste manqué ) Sous couvert d'anonymat, un fonctionnaire français a déclaré que Paris craignait, en se joignant aux frappes menées par les États-Unis, de perdre tout moyen de pression dans les pourparlers visant à désamorcer les tensions entre le Hezbollah et Israël. Ces dernières semaines, la France a concentré une grande partie de sa diplomatie sur la prévention d'une escalade au Liban. C'est vraisemblable, la France ayant une longue tradition d'appuyer le Liban, lequel serait la première victime en cas d'escalade supplémentaire entre Hezbollah et Israël. Si vraiment Paris a la possibilité d'en diminuer le risque - et comment le savoir sans essayer ! - c'est certainement pour nous un enjeu plus important que de rajouter quelques AASM ou MdCN aux frappes américaines comme le Royaume-Uni l'a fait. Le souci de rester en capacité de parler à la fois au gouvernement israélien et aux djihadistes hezbollahis, afin de tenter de préserver les Libanais, justifierait alors à mon avis de laisser la responsabilité de tenter d'empêcher les Houthis de continuer à troubler le trafic maritime en Mer Rouge aux Etats-Unis, qui en ont la volonté et les moyens. Ce qui n'empêcherait pas d'approuver l'action de Washington bien entendu... mais en silence Une sorte de répartition des rôles.- 1 998 réponses
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Chacun de nous sur ce forum se présente d'une certaine manière... sans fournir de preuve à l'appui de ses dires. Quand il m'arrive de dire la vérité d'ailleurs, les autres contributeurs ne me croient pas - ils n'arrivent pas à concevoir que je poste vraiment depuis le 3ème étage (couloir B dernière porte à gauche) de la Loubianka à Moscou, section agit-prop étrangère Donc la question que tu poses peut être adressée à n'importe lequel d'entre nous. Pas besoin de de singulariser Stark_Contrast Au fait, mon voisin de la porte de droite @Stark_Contrast m'en doit une maintenant... Demain, c'est toi qui paie la vodka cher collègue ! C'est déjà une belle performance, puisque Ukraine et pays baltes sont assez proches à l'échelle du Monde. A preuve ces autres exemples -
Russie et dépendances.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Je dirais plutôt qu'il ne s'exprimait pas très précisément. Ce qui semble exister en Russie c'est une hyperconfiance à l'égard du Gouvernement. En France nous sommes plutôt spécialistes de la confiance à l'égard de l'Etat, même si en pratique nous pensons le plus souvent que le Gouvernement manie fort mal cet Etat. En somme, l'Etat est révéré du moins sur le principe - quand il s'agit de respecter les limitations de vitesse par exemple le principe peut devenir assez théorique - tandis que le Gouvernement quelle que soit sa couleur est généralement regardé comme une collection de branleurs et d'abrutis. Et en écrivant cela je me mets dedans naturellement... Sinon, voici un commentateur russe qui regarde ailleurs - c'est-à-dire ici - et ce faisant révèle pas mal de sa manière de penser. Où nous apprenons que la caractéristique personnelle la plus remarquable de Gabriel Attal est son orientation sexuelle - il est appelé "premier ministre-homosexuel" - que les deux personnages mis en avant par les deux principaux partis français Attal et Bardella ont en commun non seulement d'être arrivés par les relations de couple mais encore de ne pas être vraiment français vu leurs ascendants étrangers. Et que le fait que Attal n'a pas grand-chose à voir avec son ancêtre russe héros de la guerre contre Napoléon est suffisamment prouvé par le fait qu'il est homosexuel ... Pas de doute, il y a quelques obsessions qui se devinent ici ! Bardella a maintenant 28 ans et Attal 34 ans, tous deux étaient attachés de presse (Bardella dans le parti et Attal dans le gouvernement). Certes, Bardella est contre le mariage homosexuel et Attal est devenu le premier Premier ministre d'orientation homosexuelle, mais tous deux sont en réalité liés à leurs supérieurs : Bardella est marié de manière non officielle avec la nièce de Marine Le Pen, et Attal est dans un " "Union civile" avec Stéphane Séjournet, secrétaire général de Macron. "Renaissance" (longtemps et l'un des plus proches conseillers de Macron). Aujourd’hui, cependant, on dit que Séjournet et Attal se sont déjà séparés, mais cela ne change en rien le mécanisme de sélection du personnel de Macron. Bardella et Attal ont d'ailleurs des racines qui sont loin d'être françaises : alors que Bardella est issu d'une famille italo-algérienne, Attal est un mélange de juifs alsaciens et tunisiens (dont des proches des propriétaires de la célèbre chaîne des Galeries Lafayette), descendants de pairs de France, grecs et même des « Russes blancs d'Odessa ». Il existe encore peu d'informations sur ce dernier, mais parmi les ancêtres de son grand-père maternel, on mentionne le prince Dmitri Golitsyne, héros des guerres avec Napoléon et gouverneur général de Moscou de longue date . Il est clair que tous ces glorieux ancêtres n'ont pas influencé la formation de la conscience du premier ministre homosexuel, bien que sa grand-mère aux racines grecques l'ait élevé dans l'orthodoxie. -
Israël et voisinage.
Alexis a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
De ce que j'ai compris, l'exigence d'Israël est que le Hezbollah retire ses forces au nord du fleuve Litani. C'était déjà l'objectif de la guerre - ratée - de 2006 qui répondait à une attaque hezbollahie en Israël qui avait coûté la vie à huit soldats de Tsahal. Dans les faits, les attaques récentes sur le nord d'Israël ont forcé à évacuer des milliers d'Israéliens de leurs villages situés trop proches de la frontière. Il n'est pas certain qu'Israël accepte indéfiniment cette situation. Ils veulent faire cesser ces attaques, et l'idéologie des organisations djihadistes palestiniennes et libanaises ne leur laisse que deux possibilités : soit évacuer tous les juifs de Terre sainte et détruire leur propre pays. Soit la solution de force, idéalement par la simple intimidation si elle suffisait, sinon par la guerre. Cela dit, je suis surpris que les Israéliens en parlent si tôt. Ils sont encore loin d'avoir pris le contrôle de l'ensemble de la bande de Gaza et d'y avoir éradiqué les moyens militaires du Hamas. Les évaluations initiales en octobre étaient d'ailleurs un délai de 8 à 12 mois pour atteindre cet objectif, donc pas avant juin à octobre de cette année. -
Marine Australienne: modernisations, acquisitions et exercices navals.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Asie / Océanie
Rôoooh... Tu donnes là une dose de réalité trop forte. Sans doute, les Américains avant tout étaient à la manœuvre dans cette affaire, et si c'était un mauvais coup pour la France, c'était surtout un vrai sale coup pour l'Australie que son précédent premier ministre a mis dans une mauvaise situation. Je ne suis même pas sûr qu'il ait été payé pour cela. C'était à mon avis plus de la bêtise que de la corruption. Mais bon, même si nos amis britanniques étaient la 5ème roue du carrosse sur ce coup, comment ne pas en profiter pour mettre à jour la tradition franco-britannique bien établie de de casser du sucre mutuellement sur le dos à la première occasion ? -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
La manière juste de protéger ces enfants aurait été de les confier aux autorités ukrainiennes, en marge de l'un des échanges de prisonniers - non pas que ces enfants le soient bien évidemment, mais ces échanges montrent bien qu'il y a des contacts entre autorités russes et ukrainiennes, même en pleine guerre, donc la possibilité de confier ces orphelins aux autorités du pays dont ils sont ressortissants existe bien. Mais bien sûr ce n'est pas ce que les Russes ont fait, puisque c'est précisément leur projet d'assimiler de force après les avoir conquis des gens qui ne le veulent pas. Tu as hésité... et tu as pris ta décision on dirait Oui c'est l'évidence l'assimilation forcée n'est pas le génocide. Il reste que c'est un projet criminel en lui-même, même si ce crime n'a pas la même gravité que le génocide. C'est possible en effet, mais quelles seraient les conséquences pratiques pour eux ? Ils pourront continuer à voyager sans souci dans les pays qui n'appliquent pas les décisions de la Cour pénale "internationale" (et non mondiale). Et ça fait du monde. Ils ne pourront pas visiter leurs villas de luxe en Europe non, mais c'était déjà le cas avant. Le fait de parler, et de parler beaucoup (à mon avis un peu c'est déjà trop) d'une mesure qui n'aurait aucun effet notable sur les dirigeants impliqués, à plus forte raison aucun impact sur la guerre en cours... au moment même où cette guerre a lieu ! Ce fait ressemble fort de mon point de vue à une distraction volontaire, un évitement de la (difficile) réalité. Et à mon sens, ça projette la faiblesse. Fournir des HIMARS ou des Scalp ou des obus. Argumenter auprès de la Chine pour qu'elle incite la Russie à la modération comme Macron l'a tenté en avril dernier. Payer les factures de l'Etat ukrainien pour qu'il ne s'effondre pas. Ces actions peuvent réussir ou échouer, mais elles s'adressent bien au sujet. Elles ont, ou peuvent potentiellement avoir un impact sur la réalité, et sur l'issue de la guerre. Elles n'affichent pas la faiblesse. Je n'imagine pas les dirigeants russes s'en rire, même s'ils pensent qu'elles échoueront. Parler de "juger" tel responsable russe, mettre en accusation Poutine devant la CPI - du coup, il doit participer à une réunion en Afrique du Sud par télé-présence... le pauvre ! - j'imagine fort bien que ça leur a fait la journée, aux dirigeants russes... une fois qu'ils ont réussi à arrêter de rigoler. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Il me paraît difficile de nier que confier des enfants issus d'un orphelinat d'une région qu'on vient de conquérir à des parents adoptifs de son propre pays, plutôt qu'à des parents du pays qu'on est en train de conquérir, est criminel. Ce crime est une sous-partie du projet plus général consistant à conquérir et assimiler de force une population. Là où l'organisation Trial me semble vraiment pêcher par naïveté et refus du réel c'est en affirmant que ces crimes "devront être jugés". C'est complètement hors sol. Même si la Russie perdait cette guerre - je suis pessimiste sur le sujet mais admettons - nul ne pourra juger les dirigeants qui ont ordonné ce projet, ni Poutine ni les autres et jusqu'aux exécutants... sinon les Russes eux-mêmes. Le seul scénario où ces gens pourraient éventuellement passer devant un tribunal est celui d'un changement de pouvoir à Moscou - une révolution. Nul ne connaît l'avenir, mais le moins qu'on puisse dire est que ça ne se profile guère. Le problème de ce genre de déclarations "ces crimes devront être / seront jugés" est qu'elles sont tellement hors du réel qu'elles peuvent apparaître comme de simples pleurnicheries. Ou au minimum comme une hallucination et un refus du réel. Ce qui est un signe de faiblesse. Il n'est pas souhaitable d'afficher la faiblesse. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Ces rapprochements peuvent être faits en effet. Parmi les différences qui me semblent particulièrement notables, je dirais : - Il aurait du être beaucoup plus difficile aux dirigeants russes de mentir à la population pour qu'elle soutienne la guerre que cela n'a été difficile pour les dirigeants américains. En effet, l'Irak est un pays lointain des Etats-Unis, que la majorité des Américains n'ont aucune raison de connaître bien. En revanche, l'Ukraine est un voisin de la Russie, c'est même un voisin avec lequel les Russes ont vécu pendant des générations - j'ai lu l'estimation comme quoi environ 20% des Russes ont de la famille en Ukraine. Et pourtant Moscou a réussi à convaincre la majorité des Russes que cette guerre était nécessaire et juste ! Il faut imaginer Bush et son équipe parvenir en 2003 à convaincre les Américains que l'invasion du Canada est absolument nécessaire... Je soupçonne que les ressorts utilisés pour le mensonge d'Etat de 2022 sont différents de ceux utilisés pour celui de 2003. Voire que c'est peut-être quelque chose de différent qui s'est passé - Le poids de la guerre pour la société russe est incomparable avec celui de l'Irak, même du Vietnam pour la société américaine. La Russie, pays un quart moins peuplé que ne l'étaient les Etats-Unis dans les années 1960, a subi au moins (minimum des estimations) autant de pertes en moins de deux ans de guerre en Ukraine que les Etats-Unis en une décennie au Vietnam, alors même que sa démographie est pire que celle de l'Amérique des années 1960 qui était une société jeune Cela ne signifie pas que les rapprochements avec l'Irak 2003 soient inintéressants naturellement. Mais il me semble qu'ils trouvent rapidement leurs limites. Une comparaison plus surprenante, mais qui pourrait être éclairante, c'est avec la guerre civile américaine 1861-1865. Elle n'est pas de moi, même si je ne sais plus dans quel journal américain je l'ai lue en premier. Sans doute il y a des différences notables, mais les parallèles sont importants (la suite reflète mes connaissances de la guerre de Sécession américaine, n'hésitez pas à corriger le cas échéant) D'abord les différences évidentes : le Nord n'a pas attendu 30 ans pour refuser que le Sud devienne indépendant, alors que la Russie s'est plus ou moins accommodée de l'indépendance ukrainienne entre 1991 et 2022 (plutôt moins vers la fin, certes). Egalement, et c'est un point important si l'on s'intéresse au côté moral, l'Ukraine ne maintient pas > 3 millions de personnes en esclavage - cependant ce n'est pas la morale qui gagne ou perd les guerres. Mais les parallèles sont nombreux : - L'enjeu est le même : la prise de contrôle d'une entité politique plus petite par une entité politique plus grosse. La Russie veut transformer l'Ukraine en pays satellite à "souveraineté limitée", comme le Nord refusait l'indépendance du Sud - Le rapport de forces est similaire : la plus grosse entité a une population 4 fois supérieure à la plus petite (population libre du Sud, la seule à porter les armes), son industrie est 10 fois plus grande. Ce sont pratiquement les mêmes chiffres dans les deux cas - La grande entité s'attend à une guerre courte et joyeuse, une simple opération de police. On ramènera Jefferson Davis / Volodymyr Zelensky en slip ! - Très mauvaise surprise pour eux, ça ne se passe pas du tout comme ça. Non seulement ceux d'en face résistent, mais ils résistent bien ! Quant aux Nordistes / Russes, ils s'avèrent moins adroits militairement qu'ils ne l'espéraient, et les mécomptes s'enchaînent - Que faire ? La réaction est la même, à 161 ans de distance. Pas question d'abandonner, il faut gagner à tout prix... plutôt choisir la guerre sainte ! Le Chant de Bataille de la République est créé en 1861, et c'est un chant de croisade. Les médias russes tonnent et fulminent en 2022, les dirigeants religieux opinent ceci est une guerre sainte. La mémoire de la "guerre sacrée" contre le nazisme est convoquée. Un chanteur populaire et bien en cour écrit une chanson de fierté nationale "Je suis russe, je vais jusqu'au bout !" - En face, on combat sans esprit de recul. Et on se bat bien. Deux ans après le début de la guerre, les Sudistes en sont encore à opérer sur le territoire du Nord. A l'automne 2022, les Ukrainiens réussissent deux offensives notables. L'habileté supérieure des Ukrainiens / des Sudistes paraît indéniable - Seulement voilà, un pays beaucoup plus peuplé et plus puissant, et qui parvient à rester uni sur le projet de gagner quoi qu'il en soit, a de nombreux avantages. Notamment, il a le temps pour lui. Le temps d'abord d'élever son efficacité militaire. Le Nord gagne la bataille de Gettysburg en 1863, en deux ans il a rattrapé l'habileté militaire du Sud. Dès le printemps 2023, les reportages sur le front rapportent que les Russes ont appris de leurs erreurs et que leur habileté n'est plus inférieure à celle des Ukrainiens - Et puis, il a la force tout simplement ! Humaine et économique. Et il peut donc se permettre une stratégie d'attrition. Le Sud s'est davantage mobilisé que le Nord, ses pertes quoique dans l'absolu un peu inférieures étaient en termes relatifs beaucoup plus lourdes... mais cela n'a pas suffi. L'Ukraine est beaucoup plus mobilisée pour la guerre que ne l'est la Russie... mais ses soldats au front sont de plus en plus démunis, et malgré une longue série de vagues de mobilisation on parle de la nécessité d'une nouvelle vague qui serait encore plus grande. Et la Russie produit des armes, bien davantage que l'Ukraine n'en produit ni n'en reçoit ==>Comment est-ce que tout cela peut se terminer ? Pour que le résultat de la guerre Russie-Ukraine soit différent de celui de la guerre civile américaine, il faudrait que le soutien militaire que l'Occident apporte à l'Ukraine - c'est LA différence importante avec la situation du Sud en 1861-65, Jefferson Davis ne bénéficiait de rien de tel - soit suffisant pour compenser la production d'armes de la Russie, et encore par dessus le marché la différence de population entre Ukraine et Russie. Et tout cela pendant très longtemps, jusqu'à ce que Moscou se décourage, ce qui prendrait probablement des années. La Russie n'a pas à ce jour gagné la guerre, donc en ce sens l'avenir reste ouvert. Cependant, il faut remarquer d'une part que le soutien militaire des Occidentaux a jusqu'ici été très insuffisant - à preuve, la dégradation de la situation matérielle du front ukrainien - d'autre part que même ce soutien insuffisant semble en voie d'affaiblissement. Enfin que la Russie semble mieux réussir à s'assurer un soutien de ses alliés (en échange d'autres avantages), munitions de Corée du Nord, drones d'Iran. Alors que l'armée ukrainienne connaît une crise des effectifs, notamment des effectifs expérimentés. J'imaginais en février dernier que les derniers défenseurs de Lviv dans l'ouest de l'Ukraine risqueraient de cesser le combat vers 2026, après quatre ans comme pour la guerre civile américaine. Mais si cette comparaison est valable, il peut être nécessaire de rapprocher ce terme, car tout semble aller plus vite en 2022-202X qu'en 1861-1865. Sauf si de nouveaux événements remettent tout cela en question - mais je ne vois pas lesquels... - je m'attends à ce que l'indépendance de l'Ukraine connaisse le même sort que celle des Etats Confédérés. J'ai bien noté que le commandant en chef de l'armée ukrainienne ne s'appelle pas Robert Lee, et qu'aucune ville ukrainienne ne s'appelle Appomattox, mais je crains que tout ceci ne se termine comme la guerre de Sécession. Du moins à terme humain. A très long terme, j'ai la faiblesse de penser que la morale reprend de l'importance. Et autant les Etats-Unis ont su refaire leur unité, grâce à la modération du Nord dans la victoire mais aussi parce que les descendants des Sudistes sont forcés de reconnaître que les Etats confédérés n'avaient pas que des qualités - esclavage, tout ça - si bien qu'ils n'ont à ma connaissance aucun désir de se séparer à nouveau, autant si l'Ukraine est forcée d'entrer dans le "monde russe" je peux imaginer que d'ici une ou deux générations les "Russes" de Kiev, Dnipro et autres lieux se mettent à affirmer qu'ils sont en fait des Ukrainiens, que c'est une guerre injuste qui a été faite à leurs grands-parents... et qu'ils veulent être indépendants. Ni la gloire ni la liberté de l'Ukraine ne sont mortes, la chance nous sourira encore, jeunes frères... C'est le début de l'hymne ukrainien. Mais si la guerre de la Russie en Ukraine se termine comme je le crains, je ne saurai jamais si j'avais eu raison sur ce dernier point... car ce serait pour l'avenir lointain. -
Russie et dépendances.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
La censure, oui ou non ? L'institut d'étude de l'opinion publique en Russie le VTsIOM a publié aujourd'hui une enquête qui confirme le soutien de la majorité de la population à une censure d'Etat - comme il y a 15 ans, quoique avec quelques nuances. L'étude est là - en russe, naturellement, mais comme toujours la traduction automatique fonctionne bien Les résultats sont détaillés, et on demande aux sondés de donner leurs raisons pour demander / refuser une censure, mais voici le résultat général Pensez-vous que les médias russes (télévision, presse écrite, etc.) ont besoin ou non d’une censure d’État ? (2008 / 2023) Certainement nécessaire 26 / 24 Plutôt nécessaire 32 / 39 Probablement pas nécessaire 16 / 17 Certainement pas nécessaire 8 / 13 J'ai du mal à répondre 18 / 7 En quinze ans, il y a donc surtout beaucoup moins d'indécis, et à la fois le total des "Oui" et des "Non" a augmenté. Mais la majorité reste du côté des "Oui", qui restent en gros deux fois plus nombreux que les "Non" Les raisons données par les sondés sont intéressantes. Elles sont résumées dans cet article (on peut aussi lire l'étude directement) Les experts du VTsIOM ont dressé le portrait d’un Russe typique favorable à la censure. Le plus souvent, il s'agit d'une femme de plus de 45 ans, ayant fait des études secondaires ou secondaires spécialisées, des revenus élevés ou moyens (selon l'évaluation personnelle), vivant dans une petite ville ou une zone rurale. Sa source d'information préférée est la télévision. Ou encore, il combine le visionnage de programmes télévisés avec des flux provenant de sources Internet. Le citoyen russe typique qui ne soutient pas la censure est un homme de moins de 35 ans, avec une éducation secondaire incomplète et une situation financière précaire. Dans le même temps, un tel hipster gagne son existence dans la capitale ou dans une ville d'un million d'habitants et consomme activement du contenu Internet. Les femmes sont un peu plus nombreuses que les hommes à souhaiter une censure, et les personnes éduquées sont plus nombreuses que les personnes moins éduquées (ce point m'a surpris au premier abord) Les sociologues du VTsIOM ont également énuméré les raisons qui poussent les Russes à renoncer à la liberté de la presse au profit du contrôle de l'État. Ainsi, 44 % des personnes interrogées considèrent la censure comme « un mécanisme permettant d’assurer la stabilité et l’ordre dans la société afin d’éviter la panique ». Le deuxième argument est la protection contre les fausses nouvelles. C'est ce qu'affirment 20 % des personnes interrogées favorables à la censure. 10 % pensent que le filtre d'information de l'État améliorera le niveau culturel de la société. 9 % soutiennent la censure dans les médias, car elle est censée protéger les téléspectateurs et les lecteurs des informations négatives et immorales et de la propagande de comportements déviants. A noter que la deuxième raison donnée par ceux qui souhaitent une censure... est la même que donnent les partisans de la lutte contre les "fake news" en Occident. Eh oui, la lutte contre les fausses nouvelles c'est important ! La reprise de Twitter par Elon Musk est une catastrophe de ce point de vue, cet homme ne lutte pas assez pour la censure contre les fausses nouvelles ! L'article donne aussi les arguments des opposants à la censure. Je ne les recopie pas, ils sont ceux que nous connaissons - je l'espère - tous. Enfin, une conclusion intéressante de cette étude "De tels chiffres indiquent qu'il existe dans la société un concept d'hyperconfiance à l'égard de l'État", a commenté Sergueï Markelov à propos des résultats de l'étude. Le stratège politique a expliqué comment cela fonctionne au niveau de la psyché humaine. Cette situation peut survenir dans une société où le niveau d’anxiété est élevé. Plus une personne consomme d’informations, sur Internet, dans les journaux ou à la télévision – peu importe –, plus elle devient nerveuse. En conséquence, le psychisme ne peut pas faire face et une idée logique apparaît : vous devez trouver quelqu'un de grand et de fort qui vous aidera à vous calmer. - Les gens demandent à l'État : « Protégez-moi des contrefaçons. Moi-même, je n'arrive pas à comprendre où est le mensonge et où est la vérité. Déterminez-le pour moi et assurez-vous que ce n'est pas moi qui gère mon anxiété", a expliqué Markelov. "Cela crée un sentiment de contrôle et de compétence. En réalité, bien sûr, il s’agit là de pseudo-contrôle et de pseudo-compétence. Mais pour celui qui prône la censure, les pensées sont très importantes : « Je sais exactement ce qui se passe » ou « Je sais exactement quels mots utiliser pour couvrir ces damnés Américains ». Une hyperconfiance envers l'Etat. Je ne vois pas de description plus claire. Un fait de mentalité notable. Et à quel point commode pour Vladimir Poutine ! D'aucuns vont jusqu'à suggérer que le président russe en serait si satisfait qu'il n'a pas attendu les résultats de l'étude pour agir, et qu'il existe en fait déjà une censure des médias en Russie...