Aller au contenu
Fini la pub... bienvenue à la cagnotte ! ×
AIR-DEFENSE.NET

Alexis

Members
  • Compteur de contenus

    17 175
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    279

Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. Dans la série "L'ambiance là-bas" Une statue de Félix Dzerjinski a été inaugurée aujourd'hui devant le siège du SVR les services de renseignement extérieur. Un monument à Félix Dzerjinski a été inauguré près du siège du Service de renseignement étranger à Moscou Dans le quartier moscovite de Yasenevo, où se trouve le siège du Service russe de renseignement extérieur, une sculpture en bronze a été solennellement inaugurée au fondateur et chef de la Commission extraordinaire panrusse de lutte contre la contre-révolution, Félix Dzerjinski, écrit RIA Novosti en septembre. 11 . Le monument est une copie réduite du monument original, situé à Loubianka de 1958 à 1991. "L'image du président de la Tchéka est devenue l'un des symboles de son temps, un modèle d'honnêteté cristalline, d'altruisme et de fidélité au devoir", a déclaré Sergueï Narychkine, chef du Service de renseignement extérieur de la Fédération de Russie, qui a ouvert la cérémonie pour le nouveau monument. Félix Dzerjinski était le fondateur de la Tchéka la police politique après 1917, qui s'appela plus tard GPU, puis NKVD, et finalement KGB. Surnommé "Félix de fer", c'était un révolutionnaire sans pitié aucune, qui organisa les répressions, exécutions et tortures à grande échelle afin d'écraser tout ce qui pouvait s'opposer au nouveau régime. L'un des créateurs du système concentrationnaire soviétique. Mais tout comme Narychkine louant son "altruisme" et son "honnêteté", il ne manque pas de voix pour rappeler ses qualités. Ainsi, RIA Novosti publiait aujourd'hui un article détaillé sur ses actions en faveur des enfants abandonnés. C'est tout à fait compréhensible. Chacun comprendra que si on érige une statue en son honneur, c'est qu'il doit bien y avoir des raisons !
  2. Au fait, puisqu'on parle de Musk, autant que je m'y mette moi aussi. Mais ce sera en image
  3. Pas mal Il faut aussi citer la ChatGPTmancie, consistant à demander ce qui va se passer à une IA genre "modèle massif de langage". Ça devient de plus en plus populaire ces temps ci, étant donné que ces petites bêtes sont beaucoup plus savantes et sages que nous
  4. Commentaire à mon sens important, et en tout cas intéressant, du CEMA polonais Andrzejczak "Si la Russie l'emporte, il faudra entièrement repenser la défense polonaise" "Nous devons tous soutenir l'Ukraine dans sa quête de victoire. Si nous perdons l'Ukraine, nous perdrons également la Biélorussie. En cas de perte de ces deux pays, les dépenses de défense des États régionaux augmenteront de manière significative et la Chine tirera des conclusions de ces observations" Et encore, s'agissant des menaces nucléaires de la Russie : "Il semble que nous ayons affaire à des gangsters, à des méchants fous. Tout le monde est allé fumer des cigarettes dans le parc ; les gangsters posent leurs armes sur la table, et nous, en panama, nous disons : 'J'ai une arme, mais je l'ai laissée à la maison, et ma femme n'aime pas ce mot'" Donc, si la Russie l'emporte : - Il faudra s'assurer d'avoir son "arme" sur soi quand Moscou pose sur la table son "arme" nucléaire - Il ne saura être question de se contenter de 5% du PIB pour la défense ni de 1500 chars, mais plutôt de décisions qui intéresseront même "la Chine" - Décisions menant à "entièrement repenser" la défense de la Pologne C'est moi, ou l'allusion à la prolifération nucléaire est assez transparente ? A vrai dire, je ne vois pas de quoi d'autre le CEMA polonais pourrait avoir parlé.
  5. Tiens, je regarde à nouveau les messages du début pour prendre du recul, et je trouve celui-ci intéressant J'espère que tu as eu l'occasion de gratifier cette voyante du sourire sardonique qui s'imposait vu sa performance ?
  6. D'autant plus que c'est l'un des rares - peut être le seul ? - que nous nous sommes organisés pour produire à plus grande échelle. Nexter est passé de 2 à 4 exemplaires par mois, ce sera 6 d'ici la fin de l'année et 8 l'année prochaine
  7. Drapeau ukrainien ? Non, c'est un canon produit en France, quelque part en Ukraine...
  8. 'ttention, si tu veux aller jusqu'à Moscou, ça va chiffrer au compteur du tacos ! Bon, mes excuses, c'est vendre... Ah non flûte
  9. C'est notre lot à tous Moi, à chaque fois que j'interviens sur un thème différent, j'en deviens automatiquement spécialiste Certes, je ne suis pas le seul
  10. A valider s'il y a des spécialistes qui lisent - j'ai quelques connaissances mais je ne le suis pas - mais à mon sens on ne fait rien de spécial. L'écrasante majorité voire la totalité des matériels militaires utilisent des puces beaucoup moins avancées, ne serait-ce qu'à cause de leurs cycles de développement beaucoup plus courts. On va concevoir un nouveau missile / avion / char tous les 20 ou 30 ans, on le modernisera tous les 10 ans. Ce genre de puces est plutôt utilisé pour des smartphones par exemple. Après il y aura bien un moment où les puces 7 nm seront nécessaires à la dernière itération de drone, de missile ou d'ailier gouverné par IA. Mais ce n'est pas pour tout de suite. Et oui la Russie, qui est très en retard sur les semi-conducteurs, se fournira plutôt en Chine qu'en Occident !
  11. C'est une interprétation en contradiction avec le fait du maintien depuis avril 2022 des objectifs déclarés de Moscou, répétés encore récemment par la porte-parole Zakharova. Sans parler de la propagande s'adressant à la population russe. Pour mémoire, non seulement une Ukraine mutilée avec cinq provinces au total annexées par la Russie, mais une Ukraine en situation de vulnérabilité permanente face à Moscou du fait de la combinaison neutralité + démilitarisation profonde (limite à 50 000 soldats dans les forces armées), donc une Ukraine à la "souveraineté limitée", au moins autant que la Biélorussie. Ceci pour la version officielle des objectifs. Ce que mettent en avant les plus radicaux - et ils ne sont pas peu nombreux ni sans influence - c'est une assimilation forcée et "rééducation" de l'ensemble de la population ukrainienne. Naturellement, atteindre la version officielle des objectifs rendrait possible à Moscou de passer facilement à la version "complète" des objectifs. Immédiatement ou un peu plus tard. Moscou aimerait bien que les Etats-Unis diminuent leur soutien après leurs prochaines élections, naturellement. Mais non, l'objectif n'est pas la sauvegarde de leurs positions au Sud et à l'Est de l'Ukraine. L'objectif est la victoire par attrition c'est-à-dire l'épuisement et au final effondrement de l'armée ukrainienne, seule voie réaliste pour la Russie d'imposer ses objectifs de guerre, qui sont évidemment parfaitement inacceptables pour l'Ukraine sauf à ce qu'elle ait perdu son armée et sont donc hors d'atteinte de Moscou dans tout processus de négociation type "compromis politique" en lequel espèrent tant de gens de Nicolas Sarkozy à Elon Musk et autres. Cela doit bien faire une année entière que la stratégie de la Russie est la guerre d'attrition : maximiser les pertes de l'ennemi, minimiser les siennes tout en augmentant à marche forcée sa puissance militaire (6% PIB pour la défense, innovation militaire, production industrielle, mobilisation de l'automne 2022 et augmentation à "bas bruit" des recrutements depuis) Le critère de qui est en train de prendre l'avantage dans cette guerre n'est pas le nombre de km² gagnés ou perdus par l'un ou l'autre côté, mais qui est en train de s'épuiser plus ou moins relativement vite. Ce qui est bien sûr beaucoup plus difficile à évaluer ! Mais c'est ce qui compte, dans une guerre d'attrition. L'inquiétude, c'est que - D'une part les efforts économiques, de production militaire etc. de la Russie sont assez évidemment largement supérieurs à la somme des efforts que les Occidentaux, Américains et Européens confondus, sont disposés à consentir. Il suffit de comparer les nombres de chars, de véhicules blindés produits en Russie pour la guerre versus donnés par le bloc occidental à l'Ukraine. Sans parler du fait que l'innovation militaire semble aller beaucoup plus vite du côté russe (drones Lancet, guerre électronique...), ce qui n'est certes pas étonnant puisque les Ukrainiens innovent avec des moyens dix fois inférieurs tandis que les Occidentaux ne semblent pas vraiment s'y employer - D'autre part ce différentiel d'efforts et de soutien au front est clairement déjà visible sur le terrain, et le contraste est frappant. Que ce soit l'article du Kyiv Independent dont j'ai copié la traduction plus haut, ou telle enquête du Washington Post, Wall Street Journal ou autre grand média américain "sur le terrain", l'image est cohérente : les Russes disposent de la supériorité matérielle, supériorité de feux d'artillerie, supériorité en drones, supériorité aérienne, et ils ont déjà corrigé les problèmes de compétence qui étaient encore frappants l'année dernière Cette tendance, que je vois comme la tendance importante, ne peut manquer d'augmenter les pertes du côté ukrainien, probablement au-delà des pertes du côté russe. D'autant plus compte tenu de la stratégie offensive appliquée par Kiev. Avec toutes les incertitudes, qui restent larges, sur les pertes de part et d'autre, on commence à en voir les premiers signes. A confirmer, de toute évidence, mais le souci est là. Et cette tendance d'une Russie bénéficiant d'un grand avantage matériel et dans beaucoup de catégories d'armement (drones, avions, guerre électronique) ne semble pas devoir s'arrêter ? Je veux dire que je ne vois pas ce qui pourrait l'annuler sans parler de la renverser : les dons américains au mieux vont rester stables (au pire ils seront réduits), les dons européens idem au mieux, ce n'est pas l'Ukraine avec 10% du PIB de son agresseur et travaillant sous menace permanente de bombardements qui va pouvoir concurrencer sérieusement les productions russes... ==>Comment l'Ukraine pourrait-elle soutenir cette pression croissante, non pas seulement la semaine prochaine ni le mois prochain (je ne pense pas que qui que ce soit de sérieux s'attende à un effondrement militaire ukrainien à très court terme), mais l'année prochaine et la suivante ? Je n'ai pas de réponse. Interprétation en contradiction frontale avec les objectifs russes déclarés et maintenus depuis avril 2022 et avec la propagande russe interne, comme déjà dit. C'est à mon sens l'illusion commune à tous ceux qui proposent un arrangement et un "compromis politique" avec un Poutine dont ils sont sûrs qu'il est en fait "raisonnable" (comprendre : aligné sur ce que j'imagine être raisonnable de son point de vue) et un type avec qui on peut construire un accord et "toper là". Non monsieur le président, c'est peut-être votre expérience en 2008 en discussion face-à-face au sujet de la Géorgie... mais Poutine a changé depuis. Je crois que beaucoup de gens méconnaissent, ou n'ont pas encore pris la pleine mesure, de la transformation qu'a connu premièrement Vladimir Poutine - sa radicalisation doit dater de la période 2019-2021 pour l'essentiel - deuxièmement qu'est en train à sa suite de connaître la Russie. Ma conclusion, c'est que deux illusions majeures affectent deux types de personnes dans le bloc occidental : - "Poutine est raisonnable en fait", on va pouvoir faire un compromis, alors allons-y ! Par des gens dont certains ont correctement vu que la Russie risquait de gagner (pas tous), mais qui n'ont pas vu la radicalité des objectifs russes dans cette guerre, et ne voient pas que l'Ours russe est passé en mode berserker - "L'Ukraine est en train de gagner", donc continuons à la soutenir et ça suffira à ce qu'elle l'emporte et résolve notre problème ! Par des gens dont certains ont correctement vu la radicalité des objectifs russes (pas tous), mais qui n'ont pas vu l'évolution (prévisible) du rapport de forces, et ne voient pas que l'Ours russe mobilisé fait face à un Aigle américain au mieux demi-intéressé (et encore, et ça commence à baisser) et une volière européenne qui globalement ne fait que le suivre Non. Poutine et l'idéologie qui est en train de prendre des racines de plus en plus profondes en Russie - elle n'a pas encore de nom, on pourrait l'appeler l'idéologie du "monde russe" - ce n'est pas raisonnable du tout. Et le plus probable - sauf à ce que quelque chose de fondamental ne change, et je ne sais pas quoi - est que la Russie avec ce dirigeant et cette idéologie va prendre le contrôle de l'Ukraine, que ce soit en 2024 ou un peu plus tard. Je pense que le risque de se payer de mots et d'illusions est grand. Je n'ai pas de "solution". Les pistes pour limiter les dégâts sont fragiles.
  12. Les témoignages humains sont intéressants, mais ce qui est le plus intéressant dans cet article c'est ce qui ressort du rapport de force réel sur le terrain. En termes de combattants formés, de matériel divers, de munitions, de drones, d'avions de combat...
  13. Un reportage du Kyiv Independent sur les soldats de la 32ème brigade mécanisée séparée, qui doivent faire face à la poussée russe dans la région de Kharkiv. Le moins qu'on puisse dire est que c'est dur ... Ces remontées de "réalité terrain" en disent beaucoup en filigrane, à la fois sur l'état des forces ukrainiennes, sur les forces russes auxquelles elles doivent faire face, sur la liberté de la presse ukrainienne - et aussi sur la réalité derrière la communication. La nouvelle brigade subit de plein fouet l'assaut de la Russie dans l'oblast de Kharkiv KHARKIV OBLAST - Les combats en Ukraine sont épuisants, même pour les vétérans les plus endurcis. Pour des troupes inexpérimentées, récemment arrachées à la vie civile, c'est encore tout autre chose. Ihor, un ancien avocat, se souvient de ce jour, début août, où les Russes ont attaqué les ruines de Novoselivka, dans l'oblast de Kharkiv, que sa 1ère compagnie défendait. L'attaque était bien préparée. Les troupes russes ont repéré les positions à l'aide de leurs drones qui semblent en nombre illimité. Lorsqu'elles ont frappé, leurs mortiers se sont concentrés sur ce qui restait de couvert. Un obus est tombé dans le salon de la maison qu'occupaient Ihor et un autre soldat. Ils ont survécu parce qu'ils se trouvaient dans le couloir. L'artillerie ennemie a établi un contrôle de feu sur les seules routes menant au village, coupant l'évacuation médicale et les renforts. L'unité d'Ihor, après trois semaines d'entraînement de base à l'OTAN et deux mois de déploiement dans l'oblast de Kharkiv, s'est donc retrouvée face à des troupes russes professionnelles dotées d'une puissance de feu supérieure. Les pertes n'ont été récupérées qu'à la tombée de la nuit. Un nombre indéterminé d'entre eux n'ont pas survécu, dont certains amis de l'unité d'Ihor. "J'ai perdu des frères d'armes là-bas", dit-il. "Je n'y suis pas retourné depuis, et je ne veux pas y retourner. Ce que j'ai vécu là-bas, c'est le chaos". La compagnie d'Ihor fait partie de la 32e brigade mécanisée séparée, l'une des nouvelles brigades dont l'Ukraine a commencé à se doter au début de l'année. C'est également l'une des rares brigades à tenir le front nord-est, alors que la majorité des troupes et des équipements sont stationnés sur le front sud, où l'Ukraine progresse lentement. Bien qu'elle fasse son devoir en défendant la poussée russe dans l'oblast de Kharkiv, le manque d'expérience et les limites de l'entraînement et de l'équipement ont rendu les deux premiers mois sur le terrain éprouvants. Avant janvier, la 32e n'existait pas et la grande majorité de ses soldats étaient des civils qui n'avaient jamais tiré sur personne. Beaucoup ne voulaient pas faire partie de l'armée. Cette brigade est déployée dans l'oblast de Kharkiv, à plus d'une heure à l'est de Kupiansk, où les forces russes ont mené une forte poussée au cours du dernier mois et demi. Les forces russes auraient déployé jusqu'à 100 000 soldats dans cette région. Des soldats de différentes brigades ont déclaré au Kyiv Independent que les Russes dans cette zone sont des soldats expérimentés et bien équipés, disposant d'un grand nombre d'obus d'artillerie et de roquettes MLRS. Les soldats de la 32e brigade ne cachent pas qu'ils se sentent souvent dépassés. Les fantassins disent être dépassés par les troupes russes compétentes et apparemment sans peur qu'ils ont vues sur cet axe d'attaque. "Tout n'est pas comme ce qu'on lit dans les briefings quotidiens et dans les journaux télévisés", déclare Volodymyr, un sergent d'infanterie de la brigade, qui s'est trouvé au cœur des combats. Comme la plupart des unités, la 32e est en manque de véhicules et de munitions d'artillerie. La plupart des bons équipements sont déployés pour la contre-offensive sur le front de Zaporizhzhia. Elle manque également d'expérience sur le champ de bataille, des petits gradés aux commandants. Elle n'a pas non plus beaucoup d'options pour s'inspirer de celle des autres. L'année 2022 a réduit la réserve de combattants expérimentés de l'Ukraine à un point tel que l'on peut parler de pénurie. "Les brigades dont les commandants et les sergents sont nouveaux acquièrent de l'expérience grâce aux opérations de terrain en cours", a déclaré Sergiy Zgurets, directeur du centre d'analyse militaire Defense Express. Contactés par courriel, les services de presse du ministère de la défense et des forces armées ont indiqué qu'ils n'étaient pas en mesure de répondre aux questions sur ce sujet. Les limites de l'entraînement de l'OTAN Tous les fantassins de la 32e brigade s'étaient rendus en Allemagne pour s'entraîner aux normes de l'OTAN pendant trois semaines. C'était une solution évidente. Certains des soldats ici présents étaient enthousiastes à l'idée de partir, pensant que l'entraînement les aiderait à devenir efficaces. À bien des égards, c'était le cas. L'infanterie a fait l'éloge de l'entraînement physique. L'officier de presse Andriy Smiyan et son assistant Oleksandr ont souligné le pouvoir salvateur de la formation à la médecine tactique, largement pratiquée en Occident mais pratiquement inconnue dans les armées de type soviétique. L'entraînement s'accompagne également d'un équipement complet pour chaque soldat. Cependant, les mêmes soldats qui ont parlé au Kyiv Independent n'ont pas caché leur mépris quant à la façon dont la formation les a préparés à une guerre qui n'existe pas en Ukraine. Selon eux, les officiers de l'OTAN ne comprennent pas la réalité du terrain. "Un fantassin de l'OTAN sait qu'il est soutenu et peut avancer avec la certitude qu'il y a de fortes chances qu'il ne soit pas tué ou mutilé", a déclaré Ihor. La méthode de guerre de l'OTAN prévoit des frappes aériennes préparatoires massives, des barrages d'artillerie et des opérations de déminage avant l'envoi de l'infanterie, a-t-il ajouté. Ce n'est généralement pas le cas en Ukraine. Entre la minuscule et ancienne force aérienne du pays, les vieux T-64 et une pénurie constante d'obus d'artillerie et de véhicules d'infanterie, c'est souvent à l'infanterie qu'il incombe de tenir la ligne face aux attaques de sondage et aux assauts occasionnels des Russes, soutenus par une artillerie écrasante et un grand nombre de drones. Les soldats ont déclaré qu'ils avaient parfois du mal à appliquer les tactiques des petites unités de l'OTAN parce qu'il n'y a souvent pas assez de couverture pour le faire. M. Zgurets a déclaré que les instructeurs en Allemagne mettaient l'accent sur l'enseignement du combat urbain. Mais les compétences nécessaires pour enfumer un ennemi à partir d'une tranchée, pour constituer un groupe d'assaut et le coordonner avec l'artillerie et le soutien des drones font défaut. Le style de bataille dans la campagne ukrainienne, qui mêle les combats de tranchées de la Première Guerre mondiale à la technologie et aux tactiques du XXIe siècle, n'existe qu'en Ukraine et n'est pas du ressort de l'OTAN. En outre, les traducteurs utilisés n'ont souvent pas de formation militaire et ne parviennent pas à transmettre des ordres ou des réponses précises entre les instructeurs et les stagiaires, a ajouté M. Zgurets. Il a ajouté qu'il serait utile que certains de ces instructeurs se rendent en Ukraine. "Les pays européens peuvent corriger leur formation", a déclaré M. Zgurets. "Il y a eu une compréhension mutuelle des expériences et des préoccupations, et c'est le moment de les dissiper. Le major général américain à la retraite Gordon Davis a déclaré au Kyiv Independent que la formation dispensée par les alliés de l'OTAN était "indispensable". Si les tactiques et procédures spécifiques préconisées par les formateurs alliés n'ont peut-être pas donné les résultats escomptés par les dirigeants et les forces ukrainiens, la raison de cette lacune est certainement multidimensionnelle. Il ajoute que la formation à l'étranger est toujours meilleure que ce que l'Ukraine peut offrir et que si le réalisme peut être amélioré, il faudrait un investissement énorme pour que les programmes de formation soient en mesure de reproduire les tactiques russes. "Il est donc d'autant plus important pour l'Ukraine d'investir dans la qualité de la formation fournie ou soutenue par l'Occident en apportant les éléments manquants de l'intelligence de combat actuelle et les leçons tirées des sacrifices et des succès personnels ukrainiens." Lutte pour la survie Sur les positions d'infanterie, le sergent Volodymyr a rencontré le Kyiv Independent avec le sourire amer et ironique d'un homme contraint d'endurer trop de choses trop rapidement. "Aucun des gars ne voudra vous parler", a-t-il dit. "Ils ne veulent pas y penser. Volodymyr lui-même refusait de parler, mais lorsque Ihor commença à expliquer la situation, il finit par se joindre à la conversation par bribes, ajoutant telle ou telle observation. À la fin, Volodymyr peut à peine contenir ses descriptions sombres des aléas du combat. "Un exploit héroïque - sauter de cette cave et tirer sans viser dans leur direction générale, puis finir sans bras ou sans jambe, ou tout simplement mort ? dit Volodymyr. "Quel est l'intérêt ? Pour se rendre sur les positions, les soldats doivent marcher à pied pendant cinq kilomètres en pleine nuit, sans aucune source de lumière, tout en portant leur équipement incroyablement lourd. Les positions elles-mêmes sont des ruines, avec peu d'endroits où se cacher. Il est dangereux de sortir un membre de ce qui reste de couverture, sans parler d'aller aux toilettes. Car les Russes dans cette région sont relativement affûtés, avec des troupes professionnelles et des forces spéciales en plus des conscrits des prisons ou de la population générale. Ils sont bien encadrés et montrent peu de signes de peur. "Ils ont des drones à vision nocturne, des Orlans et d'autres technologies ; ils voient tout", a déclaré Volodymyr. Nombre de ces drones sont équipés de munitions largables, les Ukrainiens ayant appris à utiliser cette technique en 2022. Le sentiment d'être constamment surveillé et ciblé est extrêmement démoralisant pour les troupes ukrainiennes. "Vous voulez faire certaines actions, mais vous ne pouvez pas parce que l'œil de Sauron vous regarde toujours", a déclaré Ihor, en référence au méchant et maître de la horde orque du Seigneur des anneaux. Les tankistes de la 32e semblent un peu moins nerveux. Ils parlent avec une modestie amicale de leur apprentissage du travail en équipe, ou du fait que l'un d'entre eux a reçu le surnom de Sniper lorsqu'il a atteint les trois cibles avec son T-64 lors d'un exercice d'entraînement. Mais ils ont leurs propres mauvaises surprises à craindre. Un commandant de peloton de chars nommé Vladyslav se souvient que la première fois qu'un Ukrainien a essayé d'utiliser une radio de char, les Russes l'ont immédiatement ciblée et l'ont enterrée sous les tirs d'artillerie. Depuis, ils ont appris à ne jamais utiliser d'appareils de communication plus puissants qu'un appareil portatif. Les troupes ennemies sont trop bien placées pour sanctionner le moindre faux pas. "Ils (les Russes) sont assis sur certaines des positions les plus avantageuses de la région", explique un commandant de chars portant l'indicatif Yenot. De nombreux facteurs à blâmer Les luttes sont simples. La question de savoir où s'arrêtent les limites et où commence la responsabilité est plus délicate. Les fantassins ont critiqué leur entraînement, le jugeant irréaliste pour un scénario dans lequel il n'y a rien d'autre que l'ennemi. Mais la plupart d'entre eux reconnaissent que cette formation a été utile à certains égards. Les soldats ont également reproché à leur commandement des décisions spécifiques, par exemple le fait d'avoir pris position dans un sous-sol étroit dont il était impossible de s'échapper rapidement si les conditions devenaient dangereuses. Ihor a ainsi perdu des personnes qu'il connaissait. Le ministère de la défense et les forces armées ont refusé de répondre aux questions. Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples. L'attaché de presse Smiyan a souligné que les commandants de la brigade doivent prendre les meilleures décisions possibles avec les informations dont ils disposent et vivre avec ce qui se passe. Sans un noyau de vétérans expérimentés, le personnel de commandement de ces brigades apprend sur le tas, comme tout le monde, a déclaré Zgurets. La supériorité de l'artillerie russe sur l'ensemble du pays et la prédominance des drones et de la guerre électronique sur cette partie du front n'aident pas non plus. Ces explications sont logiques, mais elles n'encouragent pas les hommes qui partent au combat. "L'infanterie prend tout le poids sur elle," dit Ihor. Ces hommes sont admirables. Mais il est difficile de se départir de l'impression que la Russie, qui continue sur le long terme sa guerre d'attrition de l'armée ukrainienne, risque de finir par l'emporter - c'est-à-dire à provoquer un effondrement des forces ukrainiennes, suivi de l'imposition de la solution politique que choisira Moscou. Sauf si quelque chose de fondamental change. Mais je ne vois pas vraiment quoi.
  14. Voici un avis bien senti, et ô combien judicieux, sur l'attitude souhaitable pour les Etats-Unis face à la Chine Si votre équipe perd, est-ce que l'entraîneur va se plaindre que l'autre équipe triche, ou est-ce qu'il va exiger que ses joueurs améliorent leur jeu ? La Chine a changé (64 % de taux d'éducation tertiaire contre 3 % en 1979). Nous devons changer nous aussi. Pleurer dans sa bière, ce n'est pas américain. Soit dit en passant, ça s'applique aussi très bien à un certain pays voisin à la fois de l'Allemagne et de l'Espagne ...
  15. Ça n'est pas forcément un bien, dans ce cas spécifique. Si la spiritualité consiste à manipuler pour justifier guerre et meurtre, alors on parle peut-être de spiritualité, mais pas de Dieu. Plutôt du camp d'en face...
  16. Voici un matériel militaire spécifique ( ) utilisé pendant l'OMS - opération militaire spéciale. L'info vient d'un compte pro-russe Voici à quoi ressemble une église militaire mobile de campagne. Le véhicule est destiné au clergé militaire et aux prêtres. A l'intérieur : réfrigérateur, douche, lavabo, placard sec et deux lits. Le second est destiné au chauffeur du prêtre. Elle se déploie en 10 minutes. La deuxième image, qui mixe une représentation du Christ de type icône avec des militaires et le fameux signe "Z", est légendée "Pour la vérité et la patrie" Jean-François Colosimo, géopoliticien et théologien, traçait dès le début de la guerre dans "La Crucifixion de l'Ukraine" l'arrière-plan historique et religieux de l'Ukraine, de la guerre de 2022 et du projet politico-géopolitico-religieux des dirigeants russes. A la lecture de ce - très intéressant - livre, mon impression était que la colère, voire la fureur sacrée, qui perçait derrière l'analyse étayée - et qui réussissait la performance d'être nuancée ! - n'était pas seulement parce que la manipulation de l'histoire et de l'âme des peuples pour lancer une agression militaire est scandaleuse quoi qu'il en soit... mais parce que l'auteur est évidemment orthodoxe, et c'est sa religion chrétienne et sa confession orthodoxe qui est manipulée pour justifier meurtre à grande échelle et écrasement d'un peuple. L'affaire en devient du coup plus personnelle encore. Mieux vaut ne pas lui montrer l'affiche de propagande sur le côté de ce matériel militaire ...
  17. Loin de moi le moindre désir d'humilier un homme victime du déclin causé par l'âge - et chacun de nous court le risque de subir un tel déclin en son temps. Mais le fait qu'un homme subissant ce déclin reste président des Etats-Unis est positivement ridicule ... Sans parler du fait que le poste de vice-président - dont le seul rôle est précisément de faire face à ce genre de situation ! - ait été donné à une personne dont à peu près tout le monde pense qu'elle n'est pas au niveau. Si bien que personne n'envisage d'utiliser l'article 25 de la constitution américaine, celui qui sert à constater l'incapacité du président en titre et décider son remplacement. Mais ce n'est rien à côté du fait que le parti démocrate s'apprête à désigner le même pauvre homme comme candidat à la Maison Blanche jusqu'en 2028 !!!
  18. Dans la série "L'art de la répartie", je vous présente feu Elizabeth II
  19. C'est la rentrée des classes un peu partout dans le monde, et notamment à Marioupol, ville du Donbass détruite à > 80% par les bombardements russes en 2022, aujourd'hui intégrée à la Russie comme partie du "nouveau territoire" de Donetsk. Meduza, le média oppositionnel russe - naturellement publié à l'étranger - publie la lecture en liaison vidéo d'un texte de remerciements d'un élève de CP à Vladimir Poutine qui "se soucie" de sa ville bien-aimée. L'armée de Poutine a détruit Mariupol, et maintenant Poutine y inaugure une école (par liaison vidéo, bien sûr) ET on lui montre un élève de première année le remerciant d'avoir "pris soin" de la ville. Le 1er septembre, Vladimir Poutine a participé à la cérémonie d'ouverture d'une école à Marioupol. Il l'a fait par liaison vidéo depuis Moscou. Le chef de la RPD annexée, Denis Pouchiline, a amené dans les cellules un élève de première année qui a dit à Poutine "Merci beaucoup d'avoir pris soin de ma ville bien-aimée de Marioupol". Après le début de la guerre à grande échelle avec l’Ukraine, l’armée russe a presque entièrement détruit Marioupol. La ville est devenue l’un des symboles de la résistance à l’agression russe.
  20. "C'est-à-dire dans tous les cas" Voici un document d'Histoire, qui est encore pertinent aujourd'hui - ô combien Il s'agit d'une lettre écrite par le président de la République en 1962 à son ministre des armées Pierre Messmer
  21. Détails intéressants, merci. En complément, et afin de démontrer que la méritocratie règne en Russie et qu'on sait y récompenser les élèves aux résultats exceptionnels Le président russe Vladimir Poutine a organisé une leçon ouverte « Parler de choses importantes » pour les lauréats des Olympiades et des concours dans les domaines de la culture, de l'art, de la science et du sport Les "choses importantes", ce sont les leçons aux écoliers où on leur explique la situation et le gouvernement de la Russie, ses défis, sans naturellement oublier son invincibilité et combien il est doux de vivre et si nécessaire de mourir pour la Patrie. Eh bien les lauréats et élèves les plus remarquables de Russie ont été récompensés par une leçon particulière de Vladimir Poutine soi-même ! Quelle belle récompense que de remonter à la source même de la propagande sagesse et d'entendre du Dictateur Président lui-même sa vision pour le pays, plutôt que de quelque professeur ordinaire ! Et bien sûr, les nouveaux Russes, entendre les élèves des régions ayant rejoint la Russie en septembre 2022 en toute liberté et indépendance étaient représentés. Répondant à une question d'une écolière de la région de Zaporojie, Poutine a évoqué les projets de développement de nouvelles régions. (...) Dans le même temps, Poutine a souligné que les citoyens vivant dans les nouvelles régions sont "très talentueux, valides, énergiques", aucun d'entre eux ne se tient les mains tendues, "tout le monde est prêt à travailler, il suffit de créer les conditions" (...) Dans le même temps, Poutine a évoqué le contenu de l'une des lettres, qui décrivait comment sa grand-mère avait reçu une balle dans le ventre dans les tranchées lors des combats de la Grande Guerre patriotique et était morte dans les bras de son mari. (...) "Quand j'ai lu l'ordre de mon grand-père à son fils, j'ai compris pourquoi nous avons gagné la Grande Guerre patriotique. Il est impossible de vaincre un tel peuple, avec une telle attitude, nous étions absolument invincibles et maintenant nous le sommes", a déclaré Poutine.
  22. C'est une indication convaincante, oui. Juste un point important, il ne s'agit pas de la "ligne principale" de fortifications, mais de la "première ligne" Tout ce qu'on sait est qu'il y en a au moins trois. Aucune idée si la première est la principale.
  23. Souvenir perso du Mriya portant la navette soviétique Bourane au salon du Bourget 1989 ... snif ... Ambitieux, oui. Ce commentateur fait une remarque très juste L'autre question tout de même, c'est le nombre de tels missiles que les Ukrainiens pourraient fabriquer...
  24. Le facteur le plus important est la différence de ressources matérielles et en équipement militaire, bien d'accord. Je ne l'ai probablement pas dit assez clairement dans mon post d'il y a une page. Le stratège américano-israélien Edward Luttwak a pu écrire il y a quelques semaines que l'Ukraine est dans une guerre de libération nationale qui exige une mobilisation massive. Il donnait comme point de référence la guerre israélo-arabe de 1948-49 avec mobilisation de 10% de la population juive de Terre Sainte, ce qui donnerait 3 millions d'hommes sous les drapeaux en Ukraine. La population de l'Ukraine a diminué mais dépasse encore les 30 millions d'habitants, de sorte que le nombre total de personnes en uniforme pourrait atteindre 3 millions (le ratio de 10 % d'Israël en 1948) ou au moins 2 millions (le pourcentage de réservistes de la Finlande par rapport à la population) Mais comme rappelé par Corto, il n'y pas le matériel pour équiper autant d'hommes, il s'en faut d'énormément. Sans parler des formateurs, sans parler des sous-officiers, sans parler des officiers... Donner des fusils à des hommes recrutés et formés à l'arrache et les envoyer sur le front, ce serait une sorte de suicide. Oui, mais pouvoir tenir la dragée haute à des nations hostiles beaucoup plus populeuses n'était possible que parce que Israël bénéficiait de - Supériorité ou au minimum équilibre dans les quantités d'équipement, généralement plus performants - Supériorité aérienne - Meilleure formation générale de la population, avec impact sur la formation militaire Dans la guerre actuelle : - C'est la Russie qui bénéficie de la supériorité matérielle - Ainsi que la supériorité de production - par comparaison aux dons de matériels occidentaux. Comparer par exemple la centaine de vieux Leopard-1 que les Européens vont réparer et envoyer en un an aux productions nouvelles de la Russie estimées à 30 par mois, sans parler des remises en état de vieux chars de même génération que les Leopard-1 - C'est Moscou qui a la supériorité aérienne, et ce n'est pas une demi-douzaine de F-16 standard assez ancien à partir de l'été 2024 qui y changera grand chose - Le niveau général de formation est équivalent des deux côtés. Le niveau d'habileté militaire est maintenant équivalent d'après les témoignages ukrainiens venus du front, les erreurs stratégiques russes et le manque de combativité initial de février-mars 2022 ont été corrigés - Seule la Russie peut bombarder le territoire adverse à une échelle sérieuse - détruire 4 Il-76, bloquer le pont de Crimée pendant quelques jours ou neutraliser un bâtiment logistique en Mer Noire, c'est bon pour le moral mais ce sont des piqûres de moustique. Sans parler des façades d'immeuble abîmées à Moscou, qui ne sont même pas de ce niveau Si l'Ukraine pouvait bénéficier d'une machine mobilisée de production d'armes en Europe et encore plus aux Etats-Unis, les autres facteurs pourraient peut-être être discutés. Mais ce n'est pas le cas. @collectionneur Merci pour ton attention mais j'ai bien compris les posts de Bubzy et Goupil comme des plaisanteries. Ça m'aurait fait mal d'être découvert quand même... déjà qu'avec la baisse du cours du rouble mon salaire a baissé Les pertes pour la Russie en tant que puissance ne sont pas tellement des pertes militaires. Certes ni les morts ni les mutilés ne seront plus dans les forces, certes 2 000 chars c'est beaucoup, certes les pertes en engins terrestres sont très lourdes en général. Mais la marine russe n'a que des pertes légères (un vieux croiseur), l'armée de l'air n'a perdu que 80 chasseurs parmi 1 000, tandis que l'industrie militaire est priorisée premièrement pour gagner la guerre, deuxièmement pour équiper les forces nettement plus grandes que la Russie veut construire pour l'avenir. On parle de 1,5 million de soldats dans les forces, contre moins d'1 million avant la guerre. Et les moyens y sont. D'après les dépense militaires au 1er trimestre, la Russie doit en être à 6% du PIB pour la défense, ce qui à la fois est beaucoup (France et RU 2%, Chine 2%, Etats-Unis 4%, Japon 1 allant vers 2%, Pologne 3 allant vers 4%...) et un régime qui peut être indéfiniment soutenu (Israël a été pendant la plus grande partie de son histoire au-delà de 8% et ça ne les a pas empêché d'être un pays très développé et prospère) Même avec mobilisation de l'industrie militaire, il faudra à Moscou probablement plusieurs années pour d'une part reconstruire son parc de blindés et recompléter ses stocks de munitions, d'autre part former des remplaçants aux officiers et soldats disparus. Mais il ne s'agit que d'un affaiblissement relatif, et surtout temporaire. Les pertes principales pour la Russie sont géopolitiques : ce sont les relations avec les autres pays européens, ruinées pour longtemps. D'où dépendance accrue voire écrasante à l'autre pôle industriel voisin de la Russie... qui se trouve être la superpuissance ascendante, dix fois plus peuplées et plus économiquement puissante, et dont la puissance militaire s'ajuste à grande vitesse dans la même direction. C'est l'hypothèse optimiste. Que Moscou - dans les faits, Vladimir Poutine - soit disposé à se satisfaire d'une victoire limitée. En dépit du fait assez évident qu'il s'agirait d'une victoire à la Pyrrhus, vu le prix très élevé - les relations avec tous les autres Européens ! - pour l'obtenir. Cela supposerait que les voix nationalistes - très présentes, pour ne pas dire structurantes - soient mises de côté. Que Poutine redescende de la radicalisation idéologique qui l'a fait lancer l'invasion - voir l'essai de 2021 sur l'Ukraine prétendument fondamentalement unie à la Russie. Que la propagande sur la guerre actuelle comme nouvelle "grande guerre patriotique" se termine par un "Staline" trouvant un modus vivendi avec le prétendu "Hitler". Que Poutine si attentif, probablement obsédé par sa place dans l'Histoire accepte d'être analysé par les générations futures comme un imbécile faiblard ayant déclenché une guerre qui s'est terminé par une victoire à la Pyrrhus pour la Russie. Je n'y crois pas. Pas avec la "montée en température" idéologique qui se constate en Russie. Sauf à ce que Poutine sente sur sa nuque Xi qui souffle très fort - c'est clairement l'objectif de Macron, afin de modérer le président russe pour qu'il n'aille pas jusqu'au bout, mais cela reste une tentative tout sauf assurée. Je ne vois pas Poutine arrêter la guerre sans avoir obtenu les conditions qu'il a définies comme objectifs de victoire, qui sont périodiquement répétées, et qu'il voit probablement comme des conditions minimales. Pour mémoire : les quatre provinces déclarées annexées, plus la neutralité de l'Ukraine garantie par traité, plus la démilitarisation profonde garantie également par traité de l'Ukraine qui resterait donc en position de vulnérabilité militaire structurelle et permanente. Conditions que les Ukrainiens n'accepteront jamais sauf à n'avoir strictement aucune autre option, et c'est le bon sens même. Ce qui signifie une continuation de la guerre jusqu'à écrasement de l'Ukraine, ou écrasement de la Russie (pratiquement exclu), ou fin des combats par fatigue des pertes sur un front immobile (il faudrait probablement des années pour cela, et sans doute un nouveau dirigeant à Moscou) J'espère me tromper.
  25. Je ne cherche pas à attaquer la compétence de qui que ce soit, ni du côté ukrainien ni du côté russe. Quelques points cependant : - Il n'y a pas de données précises sur les pertes des deux camps, mais quand même des évaluations assez convergentes, qu'il s'agisse des évaluations des militaires ukrainiens décédés autour de 60-70 000 données récemment par tel institut américain ou par Michel Goya donc des gens qui n'ont aucun intérêt à les exagérer, ou des évaluations des militaires russes décédés jusqu'en mai 2023 hors RPD et RPL dans la fourchette 40-55 000 produites par les opposants russes de Meduza (donc supérieures en intégrant les pertes juin-août et les pertes des RPD et RPL, peut-être un tiers à la moitié en plus ?) et autour de 120 000 par l'institut américain. Pertes soit équivalentes des deux côtés, soit seulement un peu supérieures du côté russe, donc effectivement nettement plus légères pour la Russie en relatif - L'Histoire est remplie d'exemples de stratégies militaires soit mal avisées, soit poursuivies longtemps alors qu'elles étaient devenues contre-productives. Ce n'est pas parce que la bêtise serait si répandue dans l'espèce humaine, mais plutôt parce que beaucoup de facteurs rendent difficiles de choisir une stratégie vraiment adaptée, et surtout de la changer quand c'est devenu nécessaire - Justement, les contraintes politiques pesant sur Kiev sont particulièrement sévères, entre nécessité de montrer des progrès pour convaincre les Occidentaux de continuer leur indispensable soutien, nécessité pour Zelensky de continuer à être l'incarnation de la fermeté et de l'esprit de défense puisque cette posture a si bien réussi pour empêcher la défaite en 2022, désir brûlant de mettre les envahisseurs dehors, sans compter une possible auto-intoxication du fait des succès de 2022 (Kherson, Kharkiv) et risque d'illusion sur ses moyens et ceux de l'adversaire Je crois qu'il serait politiquement très difficile à Kiev d'arrêter l'offensive.
×
×
  • Créer...