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Alexis

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Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. A la prochaine rentrée, les lycéens russes auront droit à un nouveau manuel d'Histoire, produit en un temps record sur l'insistance de Poutine pour qu'il soit disponible dès septembre. Les chapitres couvrant les décennies 1970 à 2000 ont été réécrits, et un nouveau chapitre 2014-2023 a été ajouté. C'est pas piqué des hannetons. Vladimir s'est fait plaise ... 50 ans d'histoire réécrits pour les écoliers à la demande de Poutine Le manuel d'histoire unifié pour les classes 10 et 11 contiendra des sections "complètement réécrites" sur les événements des 50 dernières années, a déclaré Vladimir Medinsky, conseiller présidentiel russe, selon Interfax. "La section sur les années 70, 80, 90 et 'zéro' [années 2000] a été radicalement réécrite", a-t-il déclaré. En outre, une section couvrant la période de 2014 à 2023 a été ajoutée au manuel. C'est-à-dire à partir de l'annexion de la Crimée et jusqu'à l'invasion totale de l'Ukraine. Medinsky a noté que "les auteurs ont écrit littéralement de leur propre main une grande partie" de ces événements. Une photo des chapitres du manuel a été publiée par RBC. La section consacrée à la guerre contre l'Ukraine comporte 17 paragraphes, dont les suivants : "L'Ukraine est un État néonazi", "L'OMS et la société russe" et "La Russie est un pays de héros". Les écoliers apprendront notamment que l'Ukraine est un "État ultra-nationaliste" où "toute dissidence est sévèrement persécutée", "l'opposition est interdite" et "tous les Russes sont déclarés hostiles". Le manuel indique également que les États-Unis sont "déterminés à se battre jusqu'au dernier Ukrainien" et que l'Occident a "volé" plus de 300 milliards de dollars d'actifs russes. Les lycéens seront avertis que "l'industrie mondiale" de la production de faux "fonctionne en continu" et qu'ils ne doivent donc pas se tourner vers d'autres sources et s'informer sur la guerre sur Internet. Selon M. Medinsky, il a rédigé lui-même le chapitre sur l'Ukraine, qui contient "beaucoup moins de chiffres, de dates" et de "statistiques arides", mais plutôt des "histoires de personnes et d'événements spécifiques". Le chapitre est également truffé de citations du président Vladimir Poutine et d'exclamations évaluatives telles que "l'inouï et l'impensable se sont produits" (...) On peut trouver des photos des pages concernées de ces manuels sur Telegram. La citation de Poutine mise en exergue en haut de cette page est extraite de son discours à l'aube du 24 février 2022 C'est une question de vie et de mort, une question de notre avenir historique en tant que peuple
  2. Je ne comprends pas en quoi il y aurait "déconnexion" dans les propos de Peskov. Il y a évidemment présentation mensongère de la réalité, comme je l'ai écrit quelques posts plus haut. Par exemple il ne s'agit pas dans les provinces que la Russie a déclarées annexées en septembre dernier de droit à l'autodétermination mais de simulacres de référendum, etc. Mais je ne vois pas de déconnexion de la réalité, c'est-à-dire la réalité du rapport de forces qui est la seule qui compte. Achever l'attrition de l'armée ukrainienne jusqu'à provoquer son effondrement, donc évidemment l'application des conditions de victoire de la Russie, est un projet qu'il est raisonnable du point de vue de Moscou d'évaluer comme tout à fait réalisable. Ils vont peut-être échouer à le réaliser. Ce n'est pas encore fait, et il est pensable que des événements - qui devraient être majeurs - changent le cours de la guerre et donnent une chance à l'Ukraine de préserver son indépendance. Mais il est tout à fait compréhensible qu'ils considèrent la victoire comme atteignable, et à vrai dire que leurs espoirs aient été renforcés du fait de l'attrition supplémentaire subie par l'armée ukrainienne dans son offensive depuis début juin.
  3. On passe aux commentaires plus officiels sur la réunion de Djeddah, en l'occurrence la réponse de la porte-parole Maria Zakharova, engageant donc le gouvernement, publiée aujourd'hui sur le site du MAE russe Pas de surprise, Zakharova réaffirme les objectifs de guerre de la Russie en Ukraine, déjà exposés et répétés depuis longtemps Réponse de la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, M.V. Zakharova, à une question des médias concernant la réunion de Djeddah sur les questions ukrainiennes Question : Que pensez-vous de la réunion sur la crise ukrainienne qui vient de s'achever à Djeddah ? Réponse : Le ministère russe des affaires étrangères a pris note des consultations sur la crise ukrainienne qui ont eu lieu à Djeddah, en Arabie saoudite, les 5 et 6 août, à l'initiative du régime de Kiev et des pays du G7. Nos partenaires des BRICS et d'autres pays partageant les mêmes idées ont participé à ces consultations. Nous sommes convaincus que, conformément aux accords conclus, ils nous feront part de leurs évaluations et réitéreront notre position sur la "formule de paix" dite de Zelensky, que le régime de Kiev et l'Occident tentent de promouvoir au cours de ces réunions. Aucun de ses dix points ne vise à trouver une solution négociée et diplomatique à la crise, et leur totalité représente un ultimatum insensé à la Russie, qui vise à prolonger les hostilités. Un règlement pacifique est impossible sur une telle base. En promouvant la "formule" de Zelensky, le régime de Kiev et l'Occident tentent de minimiser la grande valeur des propositions de paix des autres pays et de monopoliser le droit même de les présenter. Comme nous l'avons dit, il s'agit essentiellement d'une lutte contre la dissidence au niveau international et de tentatives de manipulation sans scrupules d'idées non viables pour un règlement. Nous apprécions grandement la médiation et les initiatives humanitaires de nos amis du Sud visant à instaurer la paix. Contrairement au régime de Kiev, qui a interrompu et interdit les négociations avec la Russie, nous avons toujours été et restons ouverts à une solution diplomatique à la crise et sommes prêts à répondre à des propositions vraiment sérieuses. Sans la participation de la Russie et la prise en compte de ses intérêts, aucune réunion sur la crise ukrainienne n'a la moindre valeur ajoutée. Nous sommes convaincus qu'un règlement véritablement global, durable et juste n'est possible que si le régime de Kiev met fin aux hostilités et aux attaques terroristes et si ses sponsors occidentaux cessent de fournir des armes aux forces armées ukrainiennes. Les fondements originaux de la souveraineté de l'Ukraine - son statut neutre, non aligné et non nucléaire - doivent être confirmés. Les nouvelles réalités territoriales résultant de l'exercice par les habitants des nouvelles régions russes du droit à l'autodétermination inscrit dans la Charte des Nations unies doivent être reconnues, et la démilitarisation et la dénazification de l'Ukraine ainsi que les droits de ses citoyens russophones et de ses minorités nationales doivent être garantis conformément aux exigences de sa législation nationale et du droit international. Nous sommes convaincus que la mise en œuvre de ces éléments est pleinement compatible avec la paix et la sécurité internationales, pour lesquelles la Russie se bat. Naturellement, chacun pourra traduire - "propositions vraiment sérieuses" par : "reddition signée" - "droit à l'autodétermination" par : "simulacre de référendum" - "démilitarisation" par : "vulnérabilité structurelle et permanente à toute nouvelle intervention militaire de la Russie" - "paix et sécurité internationales" par : "la Russie fait ce qu'elle veut dans sa zone d'influence"
  4. Oh m.... En fait, 45 ≠ 46 ! M'en vais revoir mes cours de maths, moi ...
  5. Ben la plupart des informations intéressantes apportées par les médias sont justement ces commentaires "hors micro" Sinon, il y a les déclarations officielles, mais pas besoin des médias pour ça, et puis elles sont le plus souvent bien lissées voire consensuelles - hypocrites. On peut remettre en cause l'ensemble des déclarations hors micro, mais c'est justement le "contrat implicite" que les médias ne vont pas inventer n'importe quoi et les officiels vont se servir de ce canal pour faire passer des messages.
  6. La victoire a cent pères, la défaite est orpheline. L'échec de la contre offensive ukrainienne ne signifie pas à lui seul la défaite de l'Ukraine, mais c'est bien un échec et comme tel, personne ne veut en endosser la responsabilité. Surtout pas les États Unis ni aucun autre pays de l'OTAN. Ce n'est donc pas la quantité limitée d'armement qui a été donnée à l'Ukraine. Ce n'est pas d'avoir poussé, ou au minimum de ne pas avoir énergiquement découragé Kiev de lancer une offensive contre une supériorité aérienne adverse. Ce ne sont pas non plus d'éventuelles limites des méthodes opérationnelles US ou OTAN. Non. Puisque ce sont les Ukrainiens qui sont coupables. Et que cet échec est le leur, et seulement le leur. Il est fort probable que les Ukrainiens ont aussi fait des erreurs. Qui n'en fait pas ? Et défendre Bakhmout en était peut être une, seules les analyses disposant de données aujourd'hui secrètes pourront un jour le déterminer. Mais enfin eux défendent leur pays, et ils paient chaque erreur au comptant. Cette défausse de ses propres erreurs sur le pays qui souffre et saigne en combattant est franchement méprisable
  7. J'avais compris Le point le plus important, c'est que l'Algérie n'a strictement aucun intérêt à agresser le Niger, et qu'il est donc inutile de se préoccuper de ce scénario. Si c'était du foute, pourquoi pas ? Mais d'accord sur le point bien sûr. On va éviter le H.S. mode tangente accélérée se terminant en M51 de la part de la modération...
  8. C'est du Medvedev, et nous savons tous qu'il se pose parmi les "durs" voire les "stridents". Mais ça me semble quand même intéressant comme "élément d'ambiance", et comme rappel de l'idéologie adoptée par les dirigeants russes - suivis par le plus gros de la population - même si Medvedev en donne une version sans doute plus abrupte - mais du coup plus franche peut-être - que d'autres membres du groupe dirigeant. Voici ses commentaires au sujet de la réunion internationale à Djeddah autour du "plan de paix" ukrainien. À propos de Jeddah Il est difficile de condamner le désir de mettre fin à la guerre. Il est impossible de contester les références à la Charte des Nations unies, qui précise qu'outre la souveraineté, il existe aussi le droit des nations à l'autodétermination. Mais toute proposition de paix n'a de chance d'aboutir que si trois conditions essentielles sont remplies : 1. La participation des deux parties au conflit. Ce n'est pas le cas. 2. Prise en compte du contexte historique. Celui-ci est le suivant : le pays de l'Ukraine n'a jamais existé avant 1991, il s'agit d'un fragment de l'Empire russe. 3. Prise en compte des réalités actuelles. Et elles sont les suivantes : L'Ukraine est dans une phase de semi-décomposition, et une partie de ses territoires sont retournés à la Russie. Le médiateur qui est prêt à reconnaître ces évidences a une chance de réussir. Les autres n'en ont aucune. Cependant, les négociations elles-mêmes ne sont pas encore nécessaires. L'ennemi doit se mettre à genoux et demander grâce.
  9. @PolyPhen Les rires ne sont pas des arguments. Tu souhaites une attaque algérienne sur le Niger ?
  10. Guerre durable ? Contre qui ? J'ai beaucoup de mal à imaginer les putschistes tenir longtemps, en cas d'intervention armée de ne serait ce que un ou deux membres de la CEDEAO, naturellement soutenus militairement par la France. Pas de force aérienne, pas de défense aérienne même un tant soit peu sérieuse. Ce sont bien sûr des vrais sachants qui pourraient le confirmer, mais l'affaire serait sans doute très rapidement pliée. Que feraient Mali et Burkina, qui n'ont aucun moyen aérien ? Que ferait l'Algérie : envoyer des Sukhois bombarder ? Très peu crédible, cela ne mènerait à rien, et le président Tebboune sait certainement comment se terminerait une agression algérienne contre le Niger, pays que la France est engagée par traité à défendre. Poutine enverrait les VDV sur Niamey ? Bien sûr que non ... La suite serait la reprise du pouvoir par le président légitime, ou au pire de nouvelles élections si les putschistes l'assassinaient. Je ne sais pas ce que décidera le président, il a évidemment de meilleures informations que nous. Mais s'il décide de ne pas intervenir, je gage que ce ne sera pas par peur de son ombre
  11. Ou bien... Ou bien... Ou bien il faut une nouvelle méthode de production d'électricité décarbonée qui soit moins chère que charbon et tutti quanti et l'emporte donc non par vertu mais par rationalité économique. Sachant que la majorité de l'humanité, qui est pauvre, a tendance de manière fort compréhensible à donner la priorité au développement par rapport à la vertu décarbonée. Ce qui apparaît clairement au rôle que continue à jouer le charbon dans le développement de pays comme la Chine ou l'Inde, ou au nombre de centrales à charbon vendues notamment par la Chine à des pays plus pauvres. Ça n'existe pas ? Non, pas encore. Eh bien mettons tous nos efforts (mesurés en €) dans la R&D destinée à développer des sources d'électricité décarbonée bon marché ! Ce sera une utilisation bien meilleure de ces fonds - qui se chiffrent en dizaines et dizaines de milliards d'euros - qui n'auront pratiquement aucun effet sur le bouleversement climatique s'ils continuent à être dépensés en éoliennes et autres panneaux solaires, mais pourraient vraiment changer la donne à l'échelle mondiale si la R&D réussit. Les pistes existent-elles ? Oui ! Citons évidemment le nucléaire de quatrième génération à combustible fertile (plutôt que fossile). Et d'autres encore certainement. Comme tu l'expliques, la voie malthusienne n'a aucune chance de fonctionner. C'est là que Jancovici, qui fait un travail extrêmement utile en général, s'égare en imaginant limiter autoritairement le nombre de vols aériens dans une vie. A ce sujet, voici de chez le Sire du Même une livraison plutôt cinglante... mais bien sentie
  12. Absolument. Si la décision de la France est de jeter l'éponge, de piquer une crise et d'aller bouder dans son coin, façon élève de maternelle pas content (mais je crois que tu es ironique ) Le mieux, et à mon sens ce qui arrivera, serait d'accompagner et de soutenir les gouvernements ouest-africains qui comme le résumait la ministre des affaires étrangères du Sénégal Mme Aïssata Tall Sall considèrent l'équipée des putschistes de Niamey comme "le coup [d'Etat] de trop"
  13. Aucune idée de la crédibilité, moi non plus. Je vois que ECA Group propose en effet un USV, l'Inspector 90, optionnellement piloté mais pouvant être utilisé en mode autonome ou téléguidé, et capable de transporter une charge utile jusqu'à 600 kg Il n'est pas conçu pour être un drone marin kamikaze, mais il pourrait probablement être adapté à cet effet ? Ou un autre modèle du même constructeur. Ou évidemment un tout autre engin... ce n'est que spéculation à ce stade
  14. Oui, c'est notable. Une interprétation possible est aussi que la France a peut-être déjà assuré discrètement le président nigérien et les partenaires de la CEDEAO de son soutien y compris à leur potentielle opération militaire, les Etats-Unis peut-être pas encore. C'est donc à eux que le message s'adresse en priorité.
  15. Sans doute, mais il reste que l'Afrique est bonne hôtesse ...
  16. Le président du Niger Mohamed Bazoum publie une tribune dans le Washington Post Mon pays est attaqué et j'ai été pris en otage J'écris ces lignes en tant qu'otage. Le Niger est attaqué par une junte militaire qui tente de renverser notre démocratie, et je ne suis qu'un des centaines de citoyens emprisonnés arbitrairement et illégalement. Ce coup d'État, lancé contre mon gouvernement par une faction de l'armée le 26 juillet, n'a aucune justification. S'il réussit, il aura des conséquences dévastatrices pour notre pays, notre région et le monde entier. Notre gouvernement est arrivé au pouvoir à l'issue d'élections démocratiques en 2021. Toute tentative de renversement d'un gouvernement légal doit être combattue, et nous apprécions les condamnations fermes et sans équivoque de cette tentative cynique de saper les progrès remarquables réalisés par le Niger dans le cadre de la démocratie. Les États-Unis, l'Union africaine, l'Union européenne et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont été clairs et nets : ce coup d'État doit cesser et la junte doit libérer toutes les personnes qu'elle a illégalement arrêtées. Les putschistes prétendent à tort qu'ils ont agi pour protéger la sécurité du Niger. Ils prétendent que notre guerre contre les terroristes djihadistes est un échec et que ma gouvernance économique et sociale, y compris les partenariats avec les États-Unis et l'Europe, a nui à notre pays. En fait, la situation sécuritaire du Niger s'est améliorée de façon spectaculaire, grâce aux partenariats auxquels la junte s'oppose. L'aide étrangère représente 40 % de notre budget national, mais elle ne sera pas fournie si le coup d'État réussit. Au sud, où nous sommes confrontés au groupe terroriste Boko Haram, il n'y a pratiquement pas eu d'attaques depuis deux ans et les réfugiés retournent dans leurs villages. Pour témoigner de cette réalité, nos partenaires, y compris l'Agence américaine pour le développement international, déplacent leurs opérations de l'aide humanitaire vers des initiatives de développement telles que la construction d'énergie durable, l'amélioration de la productivité agricole et l'éducation de la prochaine génération de dirigeants nigériens. Le nord et l'ouest du pays n'ont pas non plus subi d'attaques majeures depuis mon entrée en fonction en 2021. Grâce au soutien de nos alliés et à la formation dispensée par nos partenaires, notamment la Garde nationale de l'Indiana, le Niger n'a jamais été aussi sûr depuis 15 ans. La situation sécuritaire du Niger est nettement meilleure que celle de nos voisins, le Mali et le Burkina Faso, dont les gouvernements, tous deux issus d'une prise de pouvoir militaire, soutiennent le coup d'État illégal. Plutôt que de répondre aux problèmes de sécurité en renforçant leurs propres capacités, ils emploient des mercenaires russes criminels tels que le groupe Wagner, au détriment des droits et de la dignité de leurs populations. Mon gouvernement a connu le même succès en termes de gouvernance économique et sociale. Après une lente reprise après le passage du covid-19 en 2021, notre taux de croissance par habitant a plus que triplé pour atteindre 7,4 % l'année dernière. 2022 a été la première année du Niger sans un seul jour d'école perdu en raison de grèves d'enseignants ou d'élèves. Les travailleurs n'ont fait grève dans aucun secteur majeur, et mon administration a signé des accords historiques avec les syndicats pour créer un environnement de travail plus sûr et plus stable dans tout le pays. En mars, le secrétaire d'État américain Antony Blinken a qualifié le Niger de "modèle de résilience, de démocratie et de coopération". Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre cet élan. Conscients de la menace que la chute potentielle du Niger fait peser sur la région, nos voisins de la CEDEAO ont annoncé des sanctions sans précédent, notamment l'interdiction des exportations et des importations de pétrole et la suspension des transactions financières transfrontalières. Ces mesures montrent déjà à quoi ressemblerait l'avenir sous une junte autocratique sans vision ni alliés fiables. Le prix du riz a augmenté de 40 % entre dimanche et mardi, et certains quartiers ont commencé à signaler des pénuries de produits et d'électricité. Dans la région troublée du Sahel, le Niger est le dernier bastion du respect des droits de l'homme parmi les mouvements autoritaires qui ont gagné certains de nos voisins. Si cette tentative de coup d'État est une tragédie pour les Nigériens, son succès aurait des conséquences dévastatrices bien au-delà de nos frontières. Avec une invitation ouverte des putschistes et de leurs alliés régionaux, toute la région du Sahel central pourrait tomber sous l'influence de la Russie via le groupe Wagner, dont le terrorisme brutal s'est manifesté en Ukraine. Boko Haram et d'autres mouvements terroristes ne manqueront pas de tirer parti de l'instabilité du Niger, en utilisant notre pays comme base de départ pour attaquer les pays voisins et saper la paix, la sécurité et la liberté dans le monde. Ils redoubleront d'efforts pour endoctriner nos jeunes avec des propos haineux et anti-occidentaux, les retournant contre les partenaires mêmes qui nous aident à construire un avenir plus prometteur. En ces temps difficiles, j'appelle le gouvernement américain et l'ensemble de la communauté internationale à nous aider à rétablir notre ordre constitutionnel. La lutte pour nos valeurs communes, y compris le pluralisme démocratique et le respect de l'État de droit, est le seul moyen de réaliser des progrès durables contre la pauvreté et le terrorisme. Le peuple nigérien n'oubliera jamais votre soutien à ce moment charnière de notre histoire. C'est bien dit. En face, le discours se résume à "Français pas beaux ! Vive Poutine !"... je dois avouer que je trouve ça un peu moins convaincant EDIT - Cette allocution a aussi été publiée en français sur le site de la présidence nigérienne
  17. Très loin, dans un passé lointain et révolu !
  18. Tout à fait d'accord. Je me permettrai une petite citation apocalyptique (3, 15-16) Je connais tes actions, je sais que tu n’es ni froid ni brûlant – mieux vaudrait que tu sois ou froid ou brûlant. Aussi, puisque tu es tiède – ni brûlant ni froid – je vais te vomir de ma bouche. D'où ce proverbe, en milieu chrétien, comme quoi "Dieu vomit les tièdes"... En dehors de la recherche du plus politiquement commode, qui est recherche de la facilité, je citerais aussi une capacité certaine à s'auto-illusionner, et à répétitions encore. "L'économie russe va s'effondrer d'ici un quart d'heure"... Elle ne s'effondre pas "De toute façon, les Russes vont se révolter"... Ils ne se révoltent pas "Bon alors ça sera les oligarques ou bien les siloviki"... Eux non plus "Alors c'est Poutine qui va tomber raide mort d'un instant à l'autre"... Il a l'air en bonne santé "OK mais c'est la mobilisation partielle qui va échouer"... Elle est menée à bien "Les Russes arrivent au bout de leurs munitions"... Et continuent pourtant à tirer "Même ainsi, nos armes sont tellement supérieures, on en donne juste deux douzaines aux Ukrainiens et ils vont balayer les Russes"... On donne les deux douzaines, et les Ukrainiens n'arrivent pas à avancer ah que c'est bizarre Le dernier état en date c'est "Bon alors c'est que c'est forcément un conflit gelé, ne reste plus qu'à attendre les supplications de Moscou pour un accord de paix"... Je soupçonne fort que l'idée d'un conflit gelé est aussi une auto-illusion. Et tout ça saupoudré - d'interrogations sur un possible passage de Moscou au nucléaire le jour où les Ukrainiens prendront d'assaut Sébastopol (en l'état actuel, pas la moindre chance qu'ils y arrivent) - de débats sur la qualification du régime russe est-il fasciste nazi ou simplement constitué d'orques (on peut les appeler des démons pendant qu'on y est, ça ne changera rien à la situation) - de graves analyses sur la responsabilité collective éventuelle du peuple russe tout entier pour les crimes de guerre commis en Ukraine (ça ne change toujours rien à la situation) - sans oublier les actes puisque le CPI met en accusation Poutine (il ne va pas aller en Afrique du Sud, le pauvre passe une semaine à sangloter sous son bureau et finalement il convoque toute l'Afrique à Saint-Pétersbourg pour se consoler) - et naturellement les projets d'intégration de l'Ukraine à l'UE et à l'OTAN et les grands débats sur qui est pour, très pour ou seulement plutôt pour (c'est sûr, si l'armée ukrainienne finit par s'écrouler sous la pression, l'intégration à l'UE va bien se passer et à l'OTAN n'en parlons pas) Il est sans doute humain de rechercher la facilité et de préférer les illusions aux réalités inconfortables... Mais les dirigeants occidentaux ont quand même été vraiment extrêmes. Et ça n'a pas l'air d'être vraiment fini.
  19. L'article est intéressant, merci. Mais il me semble que parmi les causes possibles des grandes difficultés ukrainiennes à avancer sur le front Sud, le journaliste en oublie certaines... On peut certes citer par exemple ces options : - Les Ukrainiens n'ont pas eu assez de temps pour se perfectionner au niveau américain (cette interprétation est favorisée ouvertement) - Les Ukrainiens ne sont pas assez bons pour y arriver (celle-là n'est pas citée, mais disons qu'elle n'est pas écartée franchement voire il me semble suggérée plus qu'à demi-mot avec l'idée qu'ils vont maintenant "revenir à ce qu'ils connaissent", que combattre à l'américaine™ c'était quand même beaucoup leur demander, que à telle occasion ils ont fait telles erreurs oh les gros nuls) Mais encore celles-là : - Les Ukrainiens n'ont reçu qu'un nombre de matériels occidentaux assez limité, pas tous vraiment modernes, et la quantité de nouvelles forces qu'ils ont pu créer sans être négligeable était tout sauf écrasante, voire même suffisante (interprétation pas du tout citée... et pourtant c'est l'entière vérité !) - Les Ukrainiens sont suffisamment bons, ils avaient tout de même assez de matériel pour quelques opérations significatives, et ils ont eu assez de temps pour apprendre la manière de faire la guerre à l'américaine™... Seulement voilà, cette manière n'est pas si efficace que ça (interprétation non seulement pas citée, mais semble-t-il totalement en dehors de l'univers mental du rédacteur) Je ne dis pas que la dernière interprétation est forcément la bonne. Je n'en sais rien. Ce que je dis, c'est qu'elle ne peut être écartée d'un revers de main. Correcte ou pas, elle fait partie des possibilités à envisager. Il faut rappeler que c'est la première fois depuis fort longtemps que la manière américaine™ de faire la guerre est testée contre un adversaire équivalent. Irak 2003, Afghanistan, c'était essentiellement de la contre-insurrection. Serbie 1999, de l'écrasement par bombardement aérien. Même Irak 1991 c'était certes contre une armée puissante, mais en situation de supériorité numérique + supériorité (écrasante) aérienne et l'adversaire était technologiquement dépassé - rien de tout cela ne s'applique à l'armée russe. La dernière fois qu'une armée a combattu à la manière américaine contre un adversaire équivalent, c'était la guerre de Corée... il y a 70 ans. Énormément d'eau a coulé sous les ponts depuis, aux Etats-Unis comme ailleurs dans le monde. La guerre à l'américaine™, efficace contre un adversaire équivalent ? The jury is still out! Le jury délibère toujours.
  20. Hmmm, je ne serais pas si affirmatif ... (c'est une blague hein... sur le fond, je suis d'accord avec toi)
  21. En contrepoint, voici l'analyse du photoreporter Patrick Robert, avec quarante ans de connaissance de l'Afrique au compteur L'entretien est riche, et je recommande de le lire dans son entier. Mais sur la question que tu poses, et que pas mal de gens en France se posent il me semble - ce qu'on peut résumer comme le faisait hier l'un de mes proches "Qu'est-ce qu'on f... là-bas ?" - il dit des choses intéressantes Quels sont les intérêts de la France au Niger? Contrairement aux idées reçues, ils ne sont pas économiques. Le Niger est un des pays les plus pauvres du continent, avec une démographie déraisonnable (les femmes nigériennes sont parmi les plus fécondes du continent avec une polygamie qui ne tient pas compte des ressources des foyers). L'uranium nigérian ne représente que 10 à 15% des besoins français. Il y a de l'uranium partout dans le monde, au même prix. Ce n'est pas un métal rare. La totalité des échanges économiques avec l'Afrique francophone ne représentent que 0,6% des échanges commerciaux de la France. Nous avons plus d'échanges économiques avec le reste de l'Afrique qu'avec l'Afrique francophone. La France est attachée aux pays avec qui nous avons des relations historiques souvent liées au passé colonial. C'est une question d'intérêts diplomatiques dans une logique de «cercle d'influence» et, oui, d'attachement sentimental avec des peuples que nous connaissons bien. C'est peut-être désuet de le formuler aujourd'hui, mais cela a à voir avec une forme de loyauté et de fidélité, sans exclure la culpabilité et le regret pour les excès de l'époque coloniale. Nos adversaires ne comprennent pas cela, mais c'est dans la culture française. Les politiques africaines de la France depuis les indépendances portent toutes sur l'attachement à la stabilité politique, et à la recherche de la prospérité de ces pays, non pas pour nous enrichir sur leurs dos, mais en espérant que leurs prospérités enfin acquises puissent aboutir sur des échanges à bénéfices réciproques. Je dirais, avec mes mots que : 1. D'une part l'Afrique fait partie de nous. Je veux dire de ce qu'est la France plutôt de ce qu'elle a, et je ne parle pas de ceux d'entre nous qui ont des ancêtres en Afrique. Elle fait partie de notre Histoire - que l'on pense à la place éminente des troupes issues des colonies dans l'armée de la France Libre ! - de même que nous faisons partie de la sienne. Elle fait partie de notre littérature et de notre imaginaire. Je recommande le livre Les fous d'Afrique, Histoire d'une passion française de Jean de Guérivière, qui est passionnant Après l'indépendance des anciennes colonies, les relations entre l'Afrique et la France ont changé de nature mais, obscurément, elles demeurent plus fortes qu'on ne le croit. Il est vrai que l'aventure française en Afrique ne fut pas seulement affaire de conquêtes et de colonisation. La passion y eut sa part. Une passion si intense que, pendant plusieurs décennies, le continent noir continua d'occuper une place particulière dans l'imaginaire de l'ancienne «métropole». Qu'il s'agisse de la littérature, de l'art, de la mémoire militaire, de la tradition administrative ou de l'enseignement, l'Afrique fut et demeure inextricablement mêlée à l'histoire française. Pour le pire, quelquefois ; pour le meilleur, souvent. C'est ce prodigieux roman franco-africain, cette singulière «histoire d'une passion» qu'a reconstitué Jean de La Guérivière. Journaliste ayant longtemps sillonné l'Afrique, l'auteur a confronté ses impressions personnelles aux témoignages innombrables de ceux qui l'avaient précédé sur le terrain. Puisant dans la littérature, dans les documents et dans les archives de l'époque coloniale, questionnant les témoins d'ici et de là-bas, revisitant les principaux lieux, il évoque tous les aspects d'une extraordinaire aventure. Sans triomphalisme mais sans «repentance». Et oui c'est sentimental, oui cela a à voir avec loyauté et fidélité. Et le fait que certains Africains - pas tous loin de là ! - aient des réactions irréfléchies envers nous, instrumentalisées ensuite par des puissances qui nous veulent du mal, n'y change rien. Et le fait que la plupart de ces pays soient pauvres voire très pauvres n'y change rien. J'exagère à peine en disant que les Africains francophones font partie de notre famille. Et un cousin peu fortuné, ça reste un cousin. 2. D'autre part, l'Afrique est pour la France un investissement de (très) long terme. La prospérité des pays africains, la prospérité au sens de la Corée du Sud, ou même du Mexique, celle qui générera tout naturellement des échanges économiques et aussi culturels plus intenses et comme le dit Patrick Robert "à bénéfices réciproques", ce n'est pas pour demain, c'est probablement pour le vraiment long terme. A plus de cinquante ans, je suis sûr de ne pas la voir. Les enfants d'aujourd'hui la verront peut-être. Sinon, ce sera au XXIIème siècle. Mais cela viendra. Et de même que l'Espagne bénéficie tout naturellement de la Hispanidad, ces pays peuplés et de plus en plus prospères, du Mexique à l'Argentine, de la Colombie au Chili en passant par le Venezuela et tous les autres, qui créent, échangent et pensent en espagnol - de même la France du XXIIème siècle bénéficiera tout naturellement de la Francophonie. Sur les plans économiques, culturels, stratégiques, etc. D'où notre intérêt permanent, pour notre avenir à long terme, de favoriser dans la mesure où elle dépend de nous - et nous n'y avons certes qu'une influence limitée, mais dans l'aide à la stabilité notamment nous pouvons contribuer - le développement des pays de l'Afrique francophone. A cette aune, les criailleries antifrançaises de certains - dont il ne faut pas exagérer le nombre, encore une fois ! - ce ne sont que des petits cailloux sur le chemin. Et les basses manœuvres d'un Poutine et de son Prigojine, ce ne sont que des attaques de charognard ou pour le dire autrement de maladies opportunistes.
  22. Se fait remplacer par un proche pour un troisième mandat ? Tu veux dire... un maire du Havre qui s'appelle Edouard ? =========>[ ]
  23. Admettons que ce soit le principal facteur - même si je serais curieux de savoir pourquoi il n'aurait pas joué lors de la première guerre mondiale. Je me rapporte alors au lien dans mon post à Ciders juste au dessus, qui précise plus d'1 million d'amputés pour l'ensemble de la seconde guerre mondiale tous belligérants confondus. Sur le front de l'Est - essentiel des pertes - l'URSS a eu 8 millions de tués au combat et plus de 14 millions de blessés, pour environ 500 000 amputés. Soit une proportion de moins de 4% des blessés. Cohérente avec les 5 à 8% cités s'agissant de l'Irak et du Vietnam. Et avec l'évaluation à "10% des blessés graves" pour la guerre en cours fournie par le principal prothésiste impliqué, cité dans l'article du Wall Street Journal. Or la parité et la longue confrontation des systèmes d'armes de milieu de spectre sont bien une caractéristique du front de l'Est pendant la seconde guerre mondiale ! J'ai du mal à éviter de conclure que le nombre de blessés graves chez les Ukrainiens est quelque part entre 200 000 et 500 000
  24. Mais pour première guerre mondiale, Vietnam, Irak, on a des sources et des données. D'ailleurs, concernant la seconde guerre mondiale, les chiffres sont similaires, cette source donne 15 000 amputés parmi les soldats américains pendant l'ensemble du conflit pour 670 000 blessés au total, et plus de 1 million d'amputés pour l'ensemble des belligérants - c'est-à-dire une faible proportion du total des blessés. ==>Si quelque facteur cause une proportion complètement anormale d'amputés parmi les blessés, alors il faudrait savoir ce que c'est - et crédibiliser l'hypothèse que ce facteur là soit vraiment responsable d'une augmentation si vertigineuse ==>Si la proportion d'amputés est comparable à celles vues dans les autres guerres, alors il faut admettre que les pertes ukrainiennes sont très supérieures aux pertes russes - et que les évaluations russes des pertes ukrainiennes sont moins propagandesques que je ne l'imaginais Je mets cette question en rapport avec des sondages qui m'avaient surpris - En mars, Kyiv Independent : 37% des Ukrainiens disent avoir un parent ou une connaissance blessée ou tuée dans la guerre - En juin, Institut de sociologie de Kiev : 78% des Ukrainiens ont des parents proches ou des amis qui ont été blessés ou tués à cause de l'invasion russe Ces proportions sont surprenantes. L'Ukraine - dans les frontières contrôlées jusqu'au 24 février 2022 - compte environ 37 millions d'habitants. Combien de parents ou d'amis par personne ? Même en prenant la proportion la plus faible 37% et en supposant que tous les parents / connaissances en question sont disjoints (ce n'est certainement pas vrai), si on suppose 100 000 morts + 300 000 blessés militaires et civils mêlés, il faudrait 35 parents & amis en moyenne par personne, ce qui est un peu beaucoup. Si on prend la proportion de 78%, alors il faudrait supposer plus de 70 parents & amis en moyenne par personne. Ces proportions peuvent amener à soupçonner que les pertes sont nettement plus élevées que 100 000 morts (disons moitié militaires moitié civils) et 300 000 blessés. Après je veux bien qu'on explique que chaque Ukrainien a 100 personnes qu'il considère de sa famille ou amis, je veux bien qu'on explique qu'une cause très spécifique - pas vue dans aucune guerre pour laquelle on a des données et ça en fait beaucoup - provoque tant d'amputations... Plus précisément je voudrais bien trouver une cause crédible pour cela. Car l'alternative est assez effarante, à la fois en termes de pertes, et en termes d'avenir de cette guerre à moyen terme.
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