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Tout ce qui a été posté par Alexis
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[OTAN/NATO]
Alexis a répondu à un(e) sujet de zx dans Politique etrangère / Relations internationales
"Tromperie" est un mot un peu fort. Disons que ces indicateurs ne sont justement... que des indicateurs, pas l'ensemble de la réalité Il y a des questions à poser par exemple sur les Pays Baltes, qui représentent ensemble un total de 5,8 millions d'habitants et 168 G$ de PIB. Soit un peu plus que les 5,5 millions d'habitants de la Finlande et environ 55% de son PIB estimé à 306 G$ dont 2,03% sont consacrés à la défense On pourrait donc s'attendre à ce que les trois Baltes totalisent au moins la moitié de la puissance militaire de la Finlande. Voire 80%, s'ils portaient leur budget de défense à 3% du PIB ? ... Ils sont très loin du compte - La Finlande a plus de 60 avions de combat modernes (F-18, qui seront remplacés par des F-35). Les Baltes à eux trois en ont... 0 - La Finlande a environ 200 chars lourds (Leopard 2). Les Baltes à eux trois en ont... 0. La Lituanie a cependant le projet d'acquérir 54 Leopard 2 etc. Est-ce un problème de synergie insuffisante, voire négligée, entre trois pays dont les langues sont certes nettement différentes, mais dont la situation stratégique est globalement la même, et fortement menacée ? Est-ce une dépendance trop profondément acceptée envers la seule protection de Washington, l'idée probablement fausse comme quoi "on ne peut rien faire par nous-mêmes" ? Autre chose ? Je ne sais pas. Mais il y a un GROS problème L'éventuel dégagement des Etats-Unis de la défense "à l'Est" - même les essayistes de défense pro-Trump du type Sumantra Maitra n'envisagent pas un dégagement total, ils veulent conserver la coopération maritime, les bases aériennes et le stationnement d'armes nucléaires - ne pose à mon sens qu'un seul problème de défense concret, et c'est un problème relativement limité à l'échelle du continent européen Mais en revanche, c'est un problème difficile à résoudre La défense de l'indépendance et de l'intégrité territoriale des trois pays Baltes A l'heure actuelle, nul n'envisage que les Baltes puissent résister longtemps à une éventuelle offensive terrestre de la Russie (qui aurait lieu après la fin de la guerre d'Ukraine bien sûr). Leurs propres forces sont faibles, et les forces stationnées par d'autres pays de l'OTAN ont un rôle de "déclencheur" destinés à convaincre Moscou qu'une éventuelle conquête ne serait pas acceptée comme un fait accompli par les pays plus à l'ouest. La stratégie consiste à dissuader la Russie d'entreprendre une telle conquête par la certitude d'une contre-offensive plus tard, c'est-à-dire qu'une puissante armée "remonterait" de Pologne pour libérer les trois pays Baltes occupés. Une armée plus puissante que l'armée russe, même ayant eu plusieurs mois pour se retrancher Le problème, c'est que le plus clair et le plus convaincant de cette potentielle puissante armée... serait un corps expéditionnaire américain, et un gros Si Washington se dégage de ce rôle et réduit son implication de la manière que proposent les analystes tendance "MAGA" qui sont autour de Donald Trump, cette stratégie va connaître le même sort qu'une certaine 2CV conduite par Bourvil ... Certes, même dans le cas le plus pessimiste, on pourrait probablement compter 3-4 ans pour s'adapter, puisque Washington ne diminuerait sans doute pas son engagement d'un coup (mais quand même en 2028 au plus tard, sans attendre le président suivant de peur qu'il remette tout en question), et Moscou même en cas de victoire à court-moyen terme sur l'Ukraine (disons 2024-2025) et après avoir réglé le sort de la Moldavie ne serait peut-être pas prêt à faire rouler les chars tout de suite dans une autre direction Mais ce délai serait court. Et concevoir, négocier, rassembler les forces, produire l'équipement, entraîner et roder pour une stratégie alternative de protection des Baltes prendrait très possiblement davantage de temps. Peut-être bien davantage Et avant même la conception et négociation "entre Européens" d'une telle stratégie, il faut déjà compter le temps perdu à se dire "Mais... mais Biden sera peut-être réélu ? Hein ? Y a encore un espoir ?" Et encore le temps perdu à dire à Trump "Nan mais on est prêt à vous faire des concessions, vous caresser dans le sens du poil... Vous êtes d'accord pour oublier vos projets de reconfigurer l'OTAN ? Hein ?" Et il faut encore parler des réticences certaines à augmenter le budget de la défense, notamment en Allemagne où Pistorius n'a reçu que 20% de l'augmentation qu'il avait demandée, sans parler de l'Italie et de l'Espagne puissances économiques au poids certain mais bien tranquilles du côté de la Méditerranée et qui en conséquence ne semblent guère plus convaincues, sans parler encore de la France qui certes augmente son budget mais en consacre une grosse partie (à raison, à mon avis !) à moderniser ses capacités uniques (dissuasion, porte-avions nucléaire) ou en créer de nouvelles (hypersonique, armes spatiales), sans parler de la Grande-Bretagne qui se consacre essentiellement à moderniser ses forces sans guère ajouter de capacités. La Pologne certes est très convaincue et agit avec détermination, mais la Pologne c'est 20% de l'économie allemande... Si 2025 voit, et c'est un scénario assez probable, la combinaison de 1. Victoire russe en Ukraine, réduite à un Etat plus petit et à la souveraineté "limitée" (doctrine Brejnev modifiée Poutine), avec la Transnistrie en prime 2. Annonce par le président Trump que la participation américaine à l'OTAN sera reconfigurée d'une manière qui ressemble aux projets actuels de ses partisans, ceci sous trois ans 3. Constat que, tiens c'est bizarre, maintenant que la guerre est terminée le budget de défense russe ne diminue qu'à peine voire pas du tout "Il faut bien ça pour terminer de construire la grande armée qui protégera le Monde Russe contre l'agressivité des nazis-satanistes-LGBT occidentaux" ... Je crains que la réaction initiale, voire assez prolongée, du poulailler européen soit de caqueter très fort en courant partout en tous sens Réagir de manière déterminée, coordonnée et réaliste serait la meilleure option. Et il y aurait encore très peu de temps pour produire des résultats - de l'ordre de trois ans au mieux ! Si l'on perd encore du temps à faire du n'importe quoi ... -
Russie et dépendances.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Je tombe sur une citation de Soljenitsyne, extraite de l'Archipel du Goulag L’idéologie est ce qui donne au crime sa justification tant attendue et donne au méchant l’endurance et la détermination nécessaires Soljenitsyne parlait naturellement des Bolcheviques, mais il s'agit d'une vérité générale, applicable en d'autres temps et d'autres lieux Je pense que la Russie s'est dotée depuis plusieurs années d'une idéologie spécifique, renforcée et radicalisée par la situation de guerre, qui ne se donne pas de nom à ma connaissance, mais qu'on pourrait appeler l'idéologie du "Monde Russe", et que j'essayais de résumer ici Comme toute idéologie, c'est-à-dire comme toute compréhension du monde lorsqu'elle se pense comme justifiée par des objectifs élevés, à l'exclusion d'autres compréhensions, et s'opposant à des ennemis puissants, elle est devenue capable de justifier des crimes. Je veux dire aux yeux de leurs auteurs même, qui se pensent comme justes, voire héroïques, et s'ils font couler le sang ce n'est que parce qu'ils y sont obligés, et la noirceur de leurs ennemis ne leur laisse d'autre choix, afin d'éviter un mal encore beaucoup plus grand Comme le dit encore Soljenitsyne Les justifications de Macbeth étaient faibles – et sa conscience le dévorait. Oui, même Iago était aussi un petit agneau. L'imagination et le pouvoir spirituel des méchants de Shakespeare se limitaient à une douzaine de cadavres. Parce qu'ils n'avaient aucune idéologie Pour obtenir de vrais monceaux de cadavres, il faut convaincre les gens de bien. Il faut donc leur donner des justifications élevées ... -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
J'ai plusieurs explications à proposer à la position française (je ne sais pas choisir entre elles) De la plus malpolie à la plus polie : - On ne sait pas exactement pourquoi Macron a changé de position sur ce sujet certes... mais sait-on exactement pourquoi il a dissous l'Assemblée nationale le 9 juin ? - Macron cherche à renforcer la position de la France dans la politique européenne, pour des raisons avant tout d'équilibre avec l'Allemagne (différends dans l'UE au sujet du nucléaire, projets communs d'armement qui ne vont pas dans le sens souhaité par Paris) Se déclarer favorable à l'Ukraine dans l'OTAN (tout en sachant pertinemment que ça n'arrivera pas) est un moyen commode et bon marché pour se rapprocher des Centre-Européens, notamment des Polonais - Macron est convaincu que les Européens vont devoir prendre la responsabilité sur leur défense plus rapidement que la plupart des autres dirigeants européens ne l'imaginent. il n'a au fond jamais changé d'avis sur l'OTAN depuis 2019 lorsqu'il disait qu'il était "cérébralement mort". Il cherche donc à saisir toute occasion de pousser les Européens à plus d'activité et d'investissement pour équilibrer à l'avenir la puissance militaire russe. Même en ayant bien compris que l'Ukraine ne rentrera jamais dans l'OTAN, la ligne "maximaliste" et la plus active lui semble donc préférable Concernant la position américaine, je ne crois pas qu'elle ait jamais changé depuis le départ de George W Bush de la Maison Blanche en janvier 2009. Ce président est le dernier à avoir voulu intégrer l'Ukraine à l'OTAN, il a essuyé le refus des Européens en 2008 notamment Merkel et Sarkozy d'initier un plan d'intégration pour l'Ukraine (Membership Action Plan), obtenant en échange une déclaration comme quoi l'Ukraine sera intégrée "un jour", dont je pense que les Européens ne l'ont acceptée que pour amadouer Bush et par hésitation à lui dire franchement "Non" Depuis, il y a aux Etats-Unis un consensus transpartisan pour ne jamais aller plus loin : Obama qui faisait remarquer que l'Ukraine était beaucoup plus importante aux yeux de la Russie qu'elle ne pouvait l'être à ceux de l'Amérique, Trump soucieux de limiter les dépenses américaines pour les Européens, Biden confirmant récemment que non ce n'est pas une bonne idée Mais comme il serait très inconfortable de paraître renier une promesse explicite, même faite par un président américain disons un peu "particulier" (le duc de Bagdad, le comte de Kaboul !), la promesse vide est répétée à chaque sommet solennel de l'OTAN : l'Ukraine dans l'OTAN, ça arrivera "un jour". Répétée solennellement, cela va de soi La position allemande... tu es probablement mieux placé que moi pour la deviner Il me semble percevoir un attachement encore plus fort à la stabilité en Allemagne que dans les autres pays européens, je suis donc tenté d'interpréter la position de Berlin comme le maintien du statu quo (l'Ukraine après tout n'est pas dans l'OTAN, pourquoi ne pas continuer) et la volonté de ne pas s'éloigner trop de la position de Washington ==>Qu'en penses-tu ? Evidemment, nous avons tous nos petits plaisirs ... Le Desk Russie est en tout cas au-dessus de tout reproche d'appartenir à la reality-based community La communauté basée sur la réalité est un terme de dérision désignant les personnes qui fondent leurs jugements sur des faits. Elle a été attribuée pour la première fois à un haut fonctionnaire travaillant pour le président américain George W. Bush par le journaliste Ron Suskind en 2004 Voici l'article dont est issu cette expression L'assistant a déclaré que les gens comme moi faisaient partie de ce que nous appelons la "communauté basée sur la réalité", qu'il a définie comme des personnes qui "croient que les solutions émergent de l'étude judicieuse de la réalité perceptible". [...] "Ce n'est plus ainsi que le monde fonctionne", a-t-il poursuivi. Nous sommes devenus un empire et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité - de manière judicieuse, comme vous voulez - nous agirons à nouveau, créant d'autres nouvelles réalités, que vous pourrez également étudier, et c'est ainsi que les choses s'arrangeront. Nous sommes les acteurs de l'histoire... et vous, vous n'aurez plus qu'à étudier ce que nous faisons Ce responsable américain non nommé (même si les spéculations désignent généralement Karl Rove), qui parlait de l'occupation de l'Irak, avait du moins la circonstance atténuante de faire partie de l'élite dirigeante d'un "empire", le plus puissant du monde, empire consacrant alors des ressources énormes (plusieurs trillions de dollars) à ses projets militaires Les gens qui reprennent cette attitude sans appartenir à l'élite d'un tel empire (non seulement la puissance américaine a diminué en termes relatifs, c'est surtout que Washington n'est pas intéressé à consacrer beaucoup de ressources à la guerre d'Ukraine) n'ont même pas cette circonstance atténuante à leurs délires et rêves éveillés -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est tout aussi difficile de mon fauteuil. Cela dit, distinguer entre une trajectoire visant dès le début la cible atteinte et une trajectoire atteignant cette cible suite à une dérive quelconque semble conceptuellement compliqué... Le scénario d'une mauvaise trajectoire de l'une des munitions visant l'usine d'armement me paraît beaucoup plus crédible En 2015, Moscou avait lancé une salve de 26 missiles de croisière sur des cibles de l'Etat islamique en Syrie... 4 d'entre eux avaient frappé l'Iran. Là on ne parlait pas d'une erreur de 1,25 km, c'était des centaines de km ! Je suppose qu'il doit toujours y avoir un certain pourcentage de "déchet" dans les missiles de croisière russes (il y en a sans doute aussi dans les autres, je ne sais pas si c'est plus ou moins) Ces missiles tombent "au petit bonheur la chance", parfois probablement sans faire de dégât important... parfois ce n'est pas la chance du tout Personne ne s'en prive, soyons clairs La Russie a lancé une guerre pour soumettre l'Ukraine qui a causé des centaines de milliers de morts. Là est le crime et la responsabilité. Pas dans une munition qui dévie et qui frappe par hasard des innocents particulièrement innocents -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Il serait logique que plusieurs projectiles aient frappé l'usine d'armement, et un seul l'hôpital pour enfants. Reste à le vérifier, je ne vois pas de confirmation claire dans les vidéos qui ont été publiées ? L'usine Artyom est au 2 rue Yuriy Illenka à Kiev. Elle a déjà été visée par la Russie dans le passé La Société par actions d'État "Artem" (appartenant à l'entreprise d'État "Ukroboronprom") est située au 2, rue Yuriy Illenka, qui a été attaquée par les forces d'occupation russes le 15 mars, à la sortie de la station de métro Lukyanivska. Comme vous pouvez le constater, l’onde de choc a endommagé ces bâtiments et fait exploser leurs fenêtres. Maintenant, tout cela est en train d'être restauré. Cette société holding est importante pour les occupants russes car elle produit des missiles guidés air-air, des complexes automatisés pour l'entraînement et la maintenance d'armes guidées aéroportées, des missiles guidés antichar, ainsi que des dispositifs et équipements pour avions d'aviation, qui sont extrêmement important pour la confrontation et la victoire de l’Ukraine dans la guerre russo-ukrainienne L'hôpital pour enfants Okhmatdyt est au 28 rue V. Chornovola à Kiev Je trouve une distance de 1,25 km à vol d'oiseau entre ces deux adresses Le plus probable est que le guidage de l'un des Kh-101 tirés a été sérieusement défaillant EDIT - L'ogive d'un Kh-101 pèse 450 kg, et des versions à 800 kg (avec moins de carburant donc portée plus courte) ont été repérées L'ogive de l'AIM-120 AMRAAM, le missile du système NASAMS qui selon la Russie aurait pu être utilisé pour tenter d'intercepter les Kh-101, pèse 18 à 23 kg Je ne suis pas qualifié pour estimer une masse d'explosif en fonction des dégâts constatés, mais les dommages me paraissent quand même trop grands pour avoir été causés par une simple vingtaine de kg d'explosif. Y a t il quelqu'un qui pourrait avoir un regard d'expert ? -
Sur le modèle de "America F... Yeah", voici Ελλάδα γαμώτο ναι Y a pas à dire, l'Armée de l'Air de l'Empire Romain d'Orient, ça eut donné ... (Issu de ce post X)
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N'allons pas trop vite en besogne, nul ne sait à ce stade qui sera premier ministre lundi prochain... ni même si la France pourra avoir un premier ministre ! Mais oui, les Etats-Unis et la France sont en train de dériver dans des directions inverses. J'écrivais en février, et je réécris Jeunisme forcené en France, sénilisme passionné aux Etats-Unis. Vers la fin du second mandat de Joe Biden, aux réunions du G7, le président des Etats-Unis pourra promener dans une poussette le président de la République française et lui donner le biberon. Et il l'appellera Charlemagne, bien sûr Bon, certes, il faudrait moderniser cela, puisque Biden ne sera à l'évidence pas réélu. Mais bon, ça peut marcher aussi avec Trump ...
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Biden a exprimé sa fierté d'avoir été du temps d'Obama "la première femme noire à servir avec un président noir" Ce serait drôle si ce n'était pas triste Le Spiegel allemand résume bien le problème des Démocrates aujourd'hui Comment convaincre grand-père de rendre son permis de conduire ? De nombreux démocrates font pression pour un nouveau candidat à la présidence après le désastreux débat télévisé de Joe Biden. Jusqu'à présent, l'homme de la Maison Blanche ne veut pas céder. Pourtant, un changement de candidat serait encore possible Car oui, grand-père veut continuer à conduire ...
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Je ne me rappelle pas comment Sarkozy s'est présenté à ce moment-là Mais s'il s'est présenté comme missionné par le Conseil de l'UE ("si"), alors ce n'était pas vrai non -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Le président Poutine a accueilli aujourd'hui au Kremlin le premier ministre hongrois Orban à Moscou Le dirigeant russe s'est dit heureux de voir le chef du gouvernement à Moscou . Dans le même temps, il a précisé que le Premier ministre hongrois est également arrivé en tant que président du Conseil européen "Bien sûr, je suis prêt à discuter avec vous des nuances de cette question et j'espère que vous me ferez part de votre position, de celle des partenaires européens", a déclaré Poutine. Le dirigeant russe a ajouté qu’il était prêt à présenter à son interlocuteur les détails des propositions de Moscou. Orban, à son tour, a remercié Poutine pour l'accueil et a noté que "cette réunion est plus spéciale que la précédente". "Je voudrais profiter de cette occasion pour discuter avec vous d'un certain nombre de questions importantes. J'aimerais connaître votre position sur des questions importantes pour l'Europe . <...> Le nombre de pays capables de dialoguer avec les deux parties diminue rapidement. (en Ukraine, ndlr). Bientôt, la Hongrie deviendra apparemment le seul pays d'Europe qui pourra parler à tout le monde", a déclaré le Premier ministre. (...) Comme l'a rapporté le secrétaire de presse d'Orban, Bertalan Havasi, le Premier ministre est arrivé à Moscou dans le cadre d'une « mission de paix ». Le 1er juillet a débuté la présidence semestrielle de la Hongrie au Conseil de l'UE . Le lendemain, Orban s'est rendu à Kiev pour la première fois en 12 ans, où il a rencontré Vladimir Zelensky. Le Premier ministre hongrois a indiqué avoir demandé à Kiev d'envisager la possibilité d'un cessez-le-feu pour entamer des négociations. À son tour, le chef adjoint du cabinet du président ukrainien, Igor Zhovkva, a déclaré que Kiev chercherait à résoudre le conflit par d'autres méthodes. Orbán a souligné que la question de la paix sera la question principale de la présidence hongroise du Conseil de l'Union européenne. Il y a ici une ambiguïté foncière, sur laquelle Poutine ne se prive naturellement pas de jouer Orban est naturellement parfaitement légitime pour représenter son pays la Hongrie Il est légitime aussi, puisqu'il a défini la recherche d'une paix de compromis entre Russie et Ukraine comme "question principale" de la présidence de 6 mois de Budapest du Conseil de l'Union européenne, à se présenter comme le dirigeant qui rencontre Zelensky et Poutine dans cet esprit. En somme "Je représente la Hongrie qui préside le Conseil de l'UE avec cet objectif", c'est légitime Mais s'arranger pour paraître représenter le Conseil de l'UE... ce n'est pas légitime, parce que ce n'est pas vrai -
[OTAN/NATO]
Alexis a répondu à un(e) sujet de zx dans Politique etrangère / Relations internationales
L'attitude majoritaire des populations européennes, qui apparaît dans le troisième des sondages que je rapportais ici au sujet de dépenses de défense supplémentaires du fait de la guerre d'Ukraine, est à prendre en compte pour imaginer ce que pourrait être la réaction des Européens aux projets de Trump sur l'évolution de l'OTAN, qui se clarifient de plus en plus comme dit une page plus haut. Le moins qu'on puisse dire est que les opinions européennes ne sont pas prêtes à aller dans la direction où le potentiel, voire probable, futur président américain veut les pousser ! Quelques scénarios possibles - "Stratégie de l'édredon", ou "du gros dos", c'est-à-dire trouver un moyen d'amadouer Trump II comme on a amadoué Trump I, en dépensant un peu plus et en lui passant beaucoup de pommade. C'est en gros ce que semblent prévoir les dirigeants européens à ce stade. Problème : il est assez douteux que ça marche à nouveau, Trump semble mieux préparé cette fois-ci, et surtout pas mal de gens autour de lui semblent s'être beaucoup mieux préparé - "Je tombe de l'armoire", et je réagis en m'adaptant à la nouvelle réalité c'est-à-dire en prenant en mains une défense coordonnée du continent, tenant compte du fait que Washington est désormais un allié nettement plus en retrait voire carrément lointain. En dépit du fait que ça supposerait réagir fort, rapidement et efficacement, ce qui coûterait pas mal, et nécessiterait pour commencer de conserver les yeux ouverts alors que les fermer serait plus commode - "Je tombe de l'armoire", et je réagis en ordre dispersé - les uns en s'emmitouflant dans des édredons plus épais à base d'accords avec la Russie (d'ailleurs depuis sa victoire en Ukraine Moscou est tout à fait disposé à reprendre des relations constructives avec les Européens, et il arrive à Vladimir Poutine de sourire) - les autres avec des plans d'armement plus décidés voire audacieux ("Kurwa ! Alors, nos essais nucléaires, on les fait en sous-marin dans la Baltique ou on creuse des puits ?") - les troisièmes en se rappelant que l'ouest / le sud-ouest de l'Europe c'est bien calme (et d'ailleurs le programme SNLE-3G avance bien / chi va piano va sano au bord de la Méditerranée reprenons du chianti) - et le pays le plus central, au milieu de tout cela, pourrait potentiellement prendre l'une quelconque de ces directions... Berlin pourrait aussi bien se diriger (sans doute plus discrètement) vers une nouvelle coopération avec Moscou, que vers un véritable réarmement ("Nous nos essais nucléaires ce sera sous les montagnes de Bavière"), ou vers un coup d’œil sur la carte ("Hmmm oui on est assez loin en fait... Tu reprendras bien une bière ?"). Aucune de ces positions ne serait franchement confortable pour les Allemands cela dit, donc il faut peut-être s'attendre à ce que Berlin soit le pays qui pousse le plus à une défense coordonnée (le deuxième scénario) -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Le Conseil européen sur les relations étrangères publie une intéressante étude d'opinion autour de la guerre d'Ukraine telle que vue par les populations de 14 différents pays d'Europe occidentale et centrale, et par les Ukrainiens La signification de la souveraineté : points de vue ukrainiens et européens sur la guerre de la Russie contre l'Ukraine Pas mal de questions différentes, pas mal d'infos. J'en retiens notamment 1) "Pousser l'Ukraine à un accord de paix avec la Russie" vs "Soutenir l'Ukraine pour récupérer ses territoires" ? Les opinions nationales sont très divergentes... Italiens et Britanniques ne pensent vraiment pas pareil D'une manière générale, plus on est proche géographiquement de la guerre, plus on est favorable à pousser l'Ukraine à un accord de paix. Exceptions : le Portugal et la Bulgarie 2) L'Ukraine dans l'UE ? Les Allemands sont parmi les moins convaincus... et ils ne sont pas le pays qui pèse le moins ! Les Français, les Italiens ? Pas vraiment convaincus non plus Ce n'est pas exactement "No f...ing way!" (ça c'est plutôt la réponse à "envoyer des troupes en Ukraine", que je ne reproduis pas, mais allez voir !) Cependant, si on est honnêtes, le résultat est le même : ça ne se fera pas à vue humaine 3) La guerre d'Ukraine a-t-elle montré qu'il faut dépenser davantage pour la défense (en rappelant au passage que l'argent gratuit n'existe pas, et qu'il devrait donc bien être pris ailleurs) ? Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas un "Oui" franc et massif... Polonais et Suédois sont les seuls pays d'un certain poids à en être convaincus (avec mon respect le plus absolu envers les Estoniens, ce n'est pas le cas de leur pays) Allemands et Néerlandais, c'est plutôt oui, mais la marge n'est pas bien grande Les autres pays ne sont pas vraiment convaincus Italiens, Grecs, Espagnols... ne le sont vraiment pas -
Russie et dépendances.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Je crois qu'on en a déjà parlé, mais seulement par la bande. La Youn-Armiya "Armée de la jeunesse", nom du Mouvement social militaro-patriotique panrusse, « mouvement de jeunesse russe dont le but est l'éducation patriotique de la nouvelle génération de citoyen russe » Un bô logo Créé en 2016, il rassemblait l'année suivante 70 000 jeunes. En 2023, le site du mouvement en revendiquait 1,37 million. Une croissance... rapide Cette organisation peut dans une certaine mesure être rapprochée de la DOSAAF, Société volontaire d'assistance à l'armée, à l'aviation et à la marine de l'URSS, plus précisément des activités de la DOSAAF s'adressant à la jeunesse, alors que cette organisation soviétique s'adressait aussi aux adultes Les objectifs du mouvement 1. Participation à la mise en œuvre de la politique nationale de jeunesse de la Fédération de Russie ; 2. Développement global et amélioration de la personnalité des enfants et des adolescents, satisfaction de leurs besoins individuels d'amélioration intellectuelle, morale et physique ; 3. Accroître l'autorité et le prestige du service militaire dans la société ; 4. Préservation et valorisation des traditions patriotiques ; 5. Formation de la préparation des jeunes et de la capacité pratique au service militaire Bref, l'embrigadement "patriotique", le modelage en fonction des objectifs du gouvernement, avec une dimension militariste affirmée, et la préparation à de futures guerres la formation d'une motivation positive parmi les jeunes pour effectuer le service militaire et préparer les jeunes hommes au service dans les forces armées de la Fédération de Russie De bô uniformes, aussi L'hymne de la Youn-Armiya est le chant militaire traditionnel "Servir la Russie". Voici une petite vidéo de 3 minutes avec une série de "jeux militaires" auxquels participent des enfants de divers âges. Mélange de scoutisme, de jeux plus ou moins gentillets, et de pré-entraînement peut-être un peu plus sérieux pour les plus âgés. Avec aussi quelques symboles liés à la guerre d'Ukraine comme le ruban de St George et le "Z" Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un véritable entraînement. C'est l'embrigadement qui est sérieux. L'effet global semble être le modelage, la mise entre parenthèses de l'esprit critique dès que les mots "défense de la patrie" sont prononcés, l'acceptabilité de la guerre et éventuellement de la mobilisation, le renforcement de la volonté de s'engager parmi les garçons ==>Ce qui interroge surtout, c'est l'augmentation rapide de la taille de cette organisation -
J'imagine très mal en effet que le parti démocrate ne réagisse pas. Ils vont faire un truc, pas possible d'y couper. Savoir si cela suffira, si cela réussira, c'est une toute autre question, mais ils vont devoir bouger. La moyenne des intentions de vote pour Trump / pour Biden est en train d'évoluer dans la direction qu'on pouvait attendre Et il s'agit là de la moyenne glissante... les deux dernières études en date à ce jour montrent une différence de carrément 6 points entre les deux candidats
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C'est très caustique, et je suppose que cela ne concerne pas tous les Américains, mais certains commencent à faire des comparaisons fort déplaisantes entre l'état actuel de la direction de leur pays et celui d'un autre pays il y a environ 40 ans... En voici un exemple. On ne peut pas pousser de telles comparaisons trop loin, et il y a certaines différences évidentes. Mais c'est notable tout de même Le secrétaire général Biden est enrhumé Les jeunes ne le savent pas, mais dans les années 1980, lors des derniers soubresauts de l'Union soviétique, l'URSS a eu quatre dirigeants en cinq ans : Brejnev, Andropov, Tchernenko et enfin Gorbatchev. On disait que les trois premiers, tous vieux et malades, étaient enrhumés... jusqu'à ce que la télévision d'État se mette brusquement à jouer du Tchaïkovski, pour signaler au peuple russe que quelque chose d'important s'était produit. Vous avez peut-être entendu dire que le secrétaire général du parti démocrate, Joe Biden, est enrhumé. Sa mort n'est pas considérée comme imminente, mais compte tenu de l'effondrement du président dans les sondages et de la panique qu'il suscite parmi les fidèles du parti, sa démission pourrait l'être. Comment saurons-nous qu'elle est imminente ? MSNBC se mettra-t-elle soudain à jouer en boucle l'hymne de Fleetwood Mac de l'ère Clinton, "Don't Stop" ? (...) "Dites les gens, il s'est passé un truc..." A y réfléchir, cette critique s'adresse peut-être davantage aux médias qu'au monde politique ou à un parti politique (démocrate) Après tout, la tambouille politique n'a jamais été une belle chose, c'est comme la saucisse mieux vaut ne pas savoir comment c'est fait, et les politiciens démocrates prétendant jusqu'au dernier moment, jusqu'à ce que ce soit vraiment indéniable, que tout allait bien avec la candidature Biden, ce sont des petitesses humaines certes, mais qui peuvent se voir en d'autres lieux et en d'autres temps Mais le black-out médiatique (sauf à écouter des médias partisans de l'autre bord, évidemment... qui eux sont capables de black-out, mais sur d'autres sujets) ? La comparaison avec les médias d'Etat soviétiques devant un fait embarrassant comme le "rhume" du secrétaire général n'est hélas pas forcément exagérée...
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Allemagne
Alexis a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Rôoooh... Tout de suite la modération qui vient gâcher la fête ! @Manuel77 nous avait pourtant offert sur un plateau une admirable occasion d'en parler... sans en parler vraiment. C'était trop beau apparemment Mais bon, je comprends que le souci d'un modérateur, surtout par les temps qui courent où les Français se déchirent entre eux (verbalement, fort heureusement), est d'éviter de passer de l'admirable image de civilité et de concorde de la première image... à la deuxième image Bon, OK, on n'en parlera plus -
[OTAN/NATO]
Alexis a répondu à un(e) sujet de zx dans Politique etrangère / Relations internationales
(suite du précédent) Les dirigeants européens sont dans le déni, estiment de nombreux détracteurs des Etats-Unis. "Ils n'ont pas vraiment d'idée sur la manière de remplacer les États-Unis", déclare M. Shapiro, du Conseil européen des relations étrangères. Les efforts timides du président français Emmanuel Macron en faveur d'une plus grande indépendance vis-à-vis du parapluie de la défense américaine sont restés lettre morte. M. Stoltenberg, qui en est aux derniers mois de son mandat de dix ans en tant que secrétaire général de l'OTAN, a pris l'habitude d'affirmer que les Américains devraient être satisfaits que la défense européenne contribue à soutenir l'industrie de la défense américaine. "Ils ont décidé d'avoir une foi inébranlable dans la présence des États-Unis", a déclaré M. Shapiro. "Il me semble que ce n'est pas vraiment un plan, c'est l'espoir que l'on a en l'absence de plan (...) Mais à l'exception de certains pays comme la Pologne, de nombreux gouvernements européens restent "à la limite de l'illusion" quant à ce qui est nécessaire, déclare M. Caldwell. Pour sa part, M. Trump reste timide quant aux détails concernant l'Europe et l'OTAN. Toutefois, dans le cadre du programme "Agenda 47" de sa campagne, M. Trump a déclaré dans une vidéo publiée en mars que "nous devons terminer le processus que nous avons entamé sous mon administration et qui consiste à réévaluer fondamentalement l'objectif et la mission de l'OTAN". M. Vought, qui est considéré comme un candidat probable au poste de chef de cabinet dans le cadre d'un second mandat de M. Trump, n'a pas répondu à une demande d'interview, mais selon des personnes familières avec ses réflexions, M. Vought pense également que Washington devrait jouer un rôle plus "dormant" au sein de l'OTAN, conformément aux recommandations formulées par Sumantra Maitra, l'analyste du Center for Renewing America de M. Vought, qui a écrit cet article influent l'année dernière M. Roberts affirme qu'un flot d'Européens inquiets est arrivé à Heritage ces derniers mois, craignant ce qui pourrait se passer sous une présidence Trump. "J'ai eu des réunions avec deux ou trois ambassadeurs d'alliés - et ce sont des pays très bien - qui ne comprenaient tout simplement pas", a-t-il déclaré. "Ils ne comprennent pas qu'on ne peut pas venir aux États-Unis depuis l'Europe et dire qu'il faut nous donner plus d'argent parce que Poutine va envahir notre pays (...) "J'ai l'impression qu'en Europe, ils sont presque en train de passer par les étapes du deuil", explique Colby. Ils sont passés du rejet à une sorte d'acceptation, mais ils ne sont pas encore parvenus à "OK, voici comment nous allons gérer cela". Je pense qu'il y a un mouvement significatif, mais il est trop lent et trop faible. Ils doivent produire des forces crédibles au combat pour faire face à une attaque russe, juste MAINTENANT. ... Et ils se félicitent de ce qu'ils auraient dû produire il y a dix ans." (...) Selon un diplomate européen de haut rang qui s'est exprimé sous le couvert de l'anonymat, les gouvernements de l'UE sont parfaitement conscients de tout cela. "Il est difficile d'évaluer si nous serons en mesure de faire suffisamment pour apaiser Trump, car nous avons du mal à prédire ce qu'il fera ou ne fera pas", a déclaré le diplomate. L'Europe reconnaît également que la Chine "pourrait avoir un impact sur le rôle militaire que les États-Unis pourraient jouer pour aider à protéger l'Europe. Il se peut que les capacités ne soient pas suffisantes pour deux théâtres". (...) La question de savoir si les fondations sont justes est peut-être dans l'œil de celui qui regarde. Si le point de référence est la réalisation de l'objectif de dépenses de 2 %, l'Europe pourrait être en passe de devenir une alliance dans laquelle Trump restera. Mais comme ses conseillers l'ont clairement indiqué, si M. Trump entre dans le Bureau ovale une deuxième fois, il est très probable que la réalisation de 2 % du PIB ne suffira pas. En d'autres termes, les objectifs de Trump en matière de sécurité nationale sont peut-être en train de changer. On ne sait pas exactement jusqu'où, mais l'avenir de l'OTAN - et de l'Europe - dépend de la réponse. -
[OTAN/NATO]
Alexis a répondu à un(e) sujet de zx dans Politique etrangère / Relations internationales
Davantage de détails commencent à filtrer sur ce que Trump pourrait faire vis-à-vis de l'OTAN en cas d'élection. Et la source principale d'inspiration semble effectivement devoir être Sumantra Maitra, comme je le signalais en février - mais c'était alors un simple scénario, la proposition d'un essayiste dont on savait seulement que Trump avait parlé en bien Ça devient plus concret maintenant. Si ce que Sumantra Maitra expliquait était perçu comme dur, s'il ne ménageait pas l'interviewer allemand dans l'article que je pointais en février, certaines déclarations rapportées ici sont encore plus dures. The times, they are a'changing... L'article porte aussi sur le plan de Trump pour négocier une fin à la guerre d'Ukraine, sujet distinct et déjà connu. Je ne reproduis pas tout, notamment rien de ce qui concerne l'Ukraine, mais je conseille de lire l'ensemble c'est riche et intéressant. Surtout vu la situation très délicate dans laquelle se trouve le parti démocrate suite à la clarification complète de l'état cognitif de Joe Biden lors du récent débat avec Trump. Il me semble que le scénario "Trump 2", quoique probablement pas inévitable à ce stade, a une probabilité nettement supérieure à 50% Et comme le fait remarquer l'un des responsables interrogés "de nombreux gouvernements européens restent "à la limite de l'illusion" quant à ce qui est nécessaire" ... les dirigeants européens sont encore très loin d'avoir pris la pleine mesure de ce qui est nécessaire Le plan de Trump pour l'OTAN se dessine Les conseillers de Trump envisagent une "réorientation radicale" dans laquelle Washington s'efface devant l'Europe - et conclut un accord avec Poutine sur l'Ukraine (...) En réalité, il est peu probable que M. Trump quitte l'OTAN purement et simplement, d'après des entretiens avec d'anciens responsables de la sécurité nationale de M. Trump et des experts de la défense susceptibles de participer à un second mandat de M. Trump. Mais même s'il ne quitte pas officiellement l'organisation, cela ne signifie pas que l'OTAN survivrait intacte à un second mandat de Trump. (...) "Nous n'avons plus vraiment le choix", a déclaré M. Caldwell au magazine POLITICO, citant l'augmentation de la dette américaine, le ralentissement du recrutement militaire et une base industrielle de défense qui ne peut pas faire face au défi de la Russie et de la Chine. Les anciens fonctionnaires et experts qui ont participé à cet article - certains de manière officielle, d'autres sous couvert d'anonymat - sont engagés dans un débat permanent au sein du monde de Trump sur la manière de pousser les Européens à adopter une architecture de sécurité plus conforme aux souhaits de Trump. Selon ces responsables, les États-Unis conserveraient leur parapluie nucléaire sur l'Europe au cours d'un second mandat de Trump en maintenant leur puissance aérienne et leurs bases en Allemagne, en Angleterre et en Turquie, ainsi que leurs forces navales. Pendant ce temps, le gros de l'infanterie, des blindés, de la logistique et de l'artillerie passerait en fin de compte des mains des Américains à celles des Européens. Certaines parties de ce plan ont été évoquées dans un article publié en février 2023 par le Center for Renewing America, affilié à Trump, mais au cours des mois qui ont suivi, un consensus plus détaillé s'est dégagé parmi les partisans de Trump sur les grandes lignes d'un nouveau concept pour l'OTAN. Le changement qu'ils envisagent impliquerait "une réduction importante et substantielle du rôle de l'Amérique en matière de sécurité - se retirer au lieu d'être le principal fournisseur de puissance de combat en Europe, quelqu'un qui n'apporte son soutien qu'en temps de crise", a déclaré M. Caldwell. (...) Un autre élément du plan de match émergent de Trump est un système d'OTAN à deux niveaux. Cette idée, proposée pour la première fois par un autre ancien haut fonctionnaire de l'administration Trump, le général de corps d'armée à la retraite Keith Kellogg, signifie que les pays membres qui n'ont pas encore atteint l'objectif de consacrer 2 % de leur PIB à la défense "ne bénéficieraient pas des largesses en matière de défense et de la garantie de sécurité des États-Unis", selon un expert en sécurité nationale aligné sur Trump qui a parlé sous le couvert de l'anonymat pour décrire des discussions internes. Cela pourrait être considéré comme une violation de l'article 5 du traité, qui oblige chaque membre à prendre "les mesures qu'il juge nécessaires" pour aider quiconque est attaqué. Toutefois, les membres du groupe d'experts en politique étrangère de M. Trump ont fait remarquer que le libellé de l'article 5 est souple et n'exige pas qu'un membre réponde par la force militaire. (...) Dans l'ensemble, la nouvelle approche de M. Trump dans ces domaines équivaudrait à une révolution dans les affaires de l'OTAN - une révolution que de nombreux critiques estiment que l'Europe est tout à fait incapable d'accomplir dans un avenir prévisible (...) Mais même si l'Allemagne atteint (la cible des 2%), certains anciens responsables de la défense alignés sur M. Trump estiment que c'est loin d'être suffisant. "Je suis favorable au maintien de l'Alliance de l'Atlantique Nord, mais je pense que la seule façon d'y parvenir - et je le dis tout le temps aux Européens - est qu'ils assument une part beaucoup plus importante du fardeau", a déclaré Elbridge Colby, qui a dirigé l'élaboration de la stratégie de défense nationale de M. Trump en tant que secrétaire adjoint à la défense chargé de la stratégie et du développement des forces, et qui est pressenti pour occuper un poste de haut niveau dans le domaine de la sécurité nationale au sein d'une deuxième administration Trump. "Nous ne pouvons plus faire dix fois ce que font les Allemands, et nous devons être prêts à être durs avec eux. Il doit y avoir des conséquences", a déclaré M. Colby lors d'une interview. "Nous voulons que l'OTAN soit active, mais nous voulons qu'elle soit dirigée par les Européens. C'était l'idée originale. C'était l'idée de Dwight Eisenhower". Mais aujourd'hui, face à une Chine menaçante, la nécessité de procéder à de tels changements est bien plus urgente, selon M. Colby. "Les États-Unis n'ont pas assez de forces militaires pour tout le monde. ...] Nous ne pouvons pas rompre le fer en Europe contre les Russes alors que nous savons que les Chinois et les Russes collaborent et que les Chinois représentent une menace plus dangereuse et plus importante. (...) Le plus gros problème de l'approche émergente de Trump vis-à-vis de l'OTAN pourrait être que les nations européennes ne sont manifestement pas prêtes à remplir un rôle militaire considérablement élargi de sitôt - malgré leurs plans provisoires pour "protéger l'OTAN contre Trump" en s'engageant à augmenter les dépenses, selon les experts. Mais ils n'ont peut-être pas le choix, car M. Trump aurait plus de poids pour exiger ce qu'il veut de l'Europe cette fois-ci, étant donné que les États-Unis fournissent toujours la part du lion de l'aide militaire à l'Ukraine, et que l'Europe est plus faible économiquement et plus dépendante des approvisionnements énergétiques américains que jamais auparavant. (...) -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Voici une carte de l'état actuel de la guerre Et oui il y a quelque chose à voir... ... Quelque chose à remarquer -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Tout à fait... mais entre-temps bien sûr, l'Allemagne avait été vaincue. Si l'Allemagne n'avait pas attaqué en 1914, et si Berlin avait fini par se résoudre à traiter l'Alsace comme une province comme une autre, est-ce que les Alsaciens aujourd'hui ne seraient pas des Allemands comme les autres ? De même, les Soviétiques ont fini par s'apercevoir de ce qu'avait été la création de l'Union soviétique, disons jusqu'à la mort de Staline... mais pas avant que l'URSS ne s'effondre suite aux révélations de la Glasnost Pour faire un contraste, de ce que je comprends du PCC notamment sous Xi Jinping, ils semblent avoir théorisé le fait que non seulement le Parti ne s'est jamais trompé, mais il ne doit jamais laisser prétendre qu'il aurait pu se tromper. Il s'est certes adapté aux circonstances et à l'époque, mais n'a jamais erré. Cette théorie - cet article de foi - est renforcé par le contre-exemple de l'URSS, et le grand "vilain" sous ce regard ne serait pas Gorbachev, mais plutôt Khrouchtchev puisqu'il a admis (pardon prétendu) que des erreurs auraient pu être faites. Mao quant à lui a toujours son portrait sur la place Tian An Men. On a fait du chemin sans doute... mais on ne s'est jamais trompé de chemin, c'était un autre stade voilà tout, et le Parti a toujours raison. Nul ne connaît l'avenir évidemment, mais je peux imaginer que ce principe soit maintenu pendant longtemps encore... A mon avis, Vladimir Poutine en a pris bonne note. Plus important, car évidemment l'homme prend de l'âge, je soupçonne que les autres dirigeants russes aussi l'ont bien noté -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Ça dépend ce qu'on entend par le mot "paix". L'image qui vient à l'esprit naturellement il me semble, ce n'est pas seulement l'absence de violence, c'est un niveau minimal de concorde et d'absence de haine. Ça c'est très difficile à imaginer évidemment Si par "paix" on entend seulement l'absence de résistance à grande échelle, parce que la plupart sont soumis, de peur de subir davantage encore, alors je suppose que c'est envisageable oui. C'est déjà le cas de pas mal d'Ukrainiens des régions de Kherson et Zaporijjia, sous occupation depuis plus de deux ans Deux photos "instantanées" de situations du passé, qui peuvent donner une idée des conséquences à long terme de ce genre de choses - Vers la fin des années 1970, une petite fille demande à sa grand-mère ukrainienne, née vers 1900, de lui raconter l'époque glorieuse qu'elle a connue, celle de la fondation de l'Union soviétique. La grand-mère refuse, et se contente de conseiller à sa petite-fille de lire les livres qu'on lui donne à l'école. Ce n'est que bien plus tard que la petite-fille a compris pourquoi sa grand-mère avait refusé. L'aurait-elle d'ailleurs jamais compris, si entre-temps l'Union soviétique devenue bureaucratique et idéologiquement éteinte ne s'était pas tournée vers la "glasnost" (transparence) et n'avait pas publié les archives, avec les conséquences que l'on sait ? - A notre époque, une dame âgée, dont le grand-père disparut en déportation dans les années 1930 ("dékoulakisation") reste convaincue qu'il devait y avoir un problème avec lui, puisqu'il a été puni. Déportée elle-même en Sibérie lorsqu'elle était enfant, libérée seulement à la mort de Staline, elle n'en a pas un mauvais souvenir. Ce qui ne signifie pas forcément que la déportation en Sibérie était un camp de vacances, mais plutôt que la mémoire est quelque chose de vivant et de plastique... de sélectif, aussi Les enfants ukrainiens des "nouvelles régions" - pardon, les enfants russes - ont le portrait de Vladimir Poutine dans les écoles. En cours d'histoire, on leur apprend tout ce qu'il faut savoir sur l'Histoire, notamment sur la Russie et l'Ukraine. Et dans les "discussions importantes" (des leçons spécifiques sur l'actualité données à tous les enfants russes) on leur explique ce qu'il en est de la guerre en cours. Ils n'ignorent rien de leur chance d'avoir été libérés par la Russie "1984" n'est pas tout à fait une fiction, mais un conte sur un type tout à fait concret de société -
Sinon, avec un clin d’œil à qui vous savez (parti à la recherche du Sacré Graal), voici le président des Etats-Unis qui affirme être toujours en lice Biden, sans bras ni jambes, affirme que sa défaite au débat n'est qu'une blessure superficielle ATLANTA, GA - Les deux bras et les deux jambes coupés à la fin du débat, le président Biden a continué d'insister sur le fait que la défaite n'était qu'une "blessure superficielle". "Revenez ici et prenez ce qui vous arrive, Donald ! Je vais te mordre les jambes", a crié M. Biden. "Joe Biden triomphe toujours ! Selon certaines sources, Trump avait encouragé Biden à s'écarter, mais Biden a refusé de le faire malgré la perte d'un membre après l'autre. "Joe, tu n'as plus de bras, crois-moi. C'est très triste, Joe sans bras", a déclaré Trump. "Il ne va pas très bien jouer au golf sans bras, je vous le dis. Admettez-le, Joe." "C'est une égratignure ! Regardez ces bras", s'est écrié Biden en agitant ses moignons. "Je peux jouer à vingt sous le par comme ça ! Reviens ici et bats-toi, poule mouillée ! Poule mouillée !" "Je prendrai tes jambes, Joe. Je ne veux pas, franchement ça a l'air terrible", a répondu Trump. "Pas de jambes, je ne peux même pas marcher, pas comme les gens qui traversent notre frontière, Joe". "Biden s'est écrié : "Je suis invincible ! "Je suis invincible !!!!" Au moment de la publication, les stratèges démocrates avaient gentiment demandé à Biden, qui mesurait désormais un mètre, s'il pouvait laisser la place à un candidat doté de membres, mais Biden a insisté sur le fait qu'il n'était guère blessé
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Je pense que tu dois être marseillais, si ce n'est de naissance alors de cœur Donc, les attributs dont tu parles sont à peu près de la même dimension que la sardine qui bloque le port de Marseille ? (Et oui, il y a des gens sur ce fil qui sont réveillés, si l'objectif était de le vérifier...)
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Guerre Israël-Hezbollah 2024+
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Le Hezbollah s'est effectivement coordonné avec le Hamas qu'il tente d'aider suite à son pogrom du 7 octobre La guerre Russie-Ukraine de 2022 n'a pas commencé par un raid ukrainien en territoire russe massacrant plus de 1 000 civils. La guerre Hamas-Israël, avec le Hezbollah qui se joint aux festivités, si Bon j'arrête là, je ne pense pas que quiconque arrivera à convaincre qui que ce soit -
Guerre Israël-Hezbollah 2024+
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Le Hezbollah, par ses bombardements, a forcé Israël à évacuer environ 80 000 habitants de la zone frontière, soit un peu moins de 1% de sa population A l'échelle de la France, il faut imaginer que nous ayons été obligés d'évacuer un département entier pour protéger les habitants des attaques d'un pays voisin