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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Tancrède

    Un contre cent

    Ajouter sur un plan plus purement tactique, que le choix du nombre limité face à la multitude peut être d'autant plus opportun qu'il facilite, voire est le seul à permettre, certaines façons de faire. Qu'à la base d'une campagne ou d'une guerre, l'effectif disponible soit limité par la capacité de l'Etat qui l'emploie (par limitations des moyens au global ou limitation des moyens affectés à un front donné), c'est une chose, mais cela peut aussi devenir une force: rapidité de décision et d'action, coordination et "maniement" plus faciles.... Et plus la préparation de cette force est poussée (généralement en plus par le chef qui la prend en main au moment de partir en campagne), plus ces facteurs deviendront des avantages nets. Et le différentiel créé avec une force plus vaste peut être d'autant plus grand et même sembler parfois hallucinant puisque la lecture de l'événement après coup ne pourra pas s'affranchir du "premier choc" d'un compte rendu selon lequel telle force de 10-15 000h peut en avoir ratiboisé une de 50 000 qui n'était pas faite de miliciens sous-entraînés (ça veut pas dire qu'ils les ont tous trucidés, loin de là, juste qu'ils ont fait mal à cette force en tant que système, au point de la contraindre à faire ses bagages, voire en la mettant hors de combat pour longtemps en tant que force organisée). A d'autres moments, il suffit que cette petite force soit capable juste de maintenir et soutenir le combat pendant longtemps, de forcer l'adversaire à engager et maintenir des moyens disproportionnés pour l'affronter sans même obtenir de résultats décisifs. Turenne prenant quelques milliers d'hommes pour sa campagne d'hiver à Turckheim obtient une victoire stratégique avec de tout petits moyens, peu de pertes, pas d'artillerie et, somme toute, en ne tuant pas beaucoup de monde mais en désorganisant beaucoup, en détruisant le dispositif. Aux XVIIème-XVIIIème siècle, l'allongement des lignes de batailles et l'accroissement concomittant des effectifs rendent les armées si lourdes et lentes que la tactique "colonne-divisions" en attaques concentrées recherchant le choc devient pertinente et favorisant les petites forces qui peuvent obtenir des résultats terrifiants. Donc en fait l'idée serait un "théorème": "plus une armée opérationnelle est importante en effectifs (mais aussi en diversités des "armes/systèmes d'armes"), plus elle doit être proportionnellement plus disciplinée, entraînée, encadrée, soutenue, avoir une doctrine pertinente.... Afin d'être efficace, dans l'absolu comme face à un adversaire donné". Et ce avant tout face à la contrainte de temps et d'espace au niveau tactique/opératif, pour pouvoir réaliser des concentrations pertinentes et rapides où et quand il le faut, ce qu'une petite armée bien commandée réalise facilement, voire presque "sans y penser". Cette façon de voir est surtout là pour souligner que les effectifs dans l'absolu sont autant un problème qu'une solution, voire plus. Aujourd'hui comme jadis, le nombre de troupes pouvant effectivement être "maniées" de façon pertinente, du niveau de la petite tactique jusqu'au niveau d'un théâtre d'opération, est de toute façon limité; il y a un plafond à chaque niveau, à chaque époque. Comme la disproportion flagrante des armées françaises et anglaises de la Guerre de Cent Ans le montre, le plus grand des 2 pays, en tant que système stratégique et opérationnel, est plus "lourd" à manier, et de fait dans la position du faible, et c'est pareil pour ses armées dont même à effectif égal ou proche (comme à Azincourt), les problèmes demeurent (discipline, organisation, "gouvernance" soit un système social et politique....). La période où la logique est inversée de façon criante est quand Charles V et Du Guesclin dirigent les "opérations" sans en référer à quiconque, et emploient une "armée" permanente de moins de 4000h opérant sur tout le territoire mais sans dépendre des féodaux: et cette stratégie, face à un effectif anglais dans l'absolu infiniment supérieur, l'emporte en peu de temps, pour un coût réduit et presque sans pertes (reconquête de l'essentiel de la première vague de conquêtes anglaises, et même de presque tout le territoire, possessions anglaises initiales comprises). Donc la vraie question du "un contre cent" est de noter l'importance du facteur des effectifs parmi TOUS les facteurs qui déterminent le cours d'une guerre; une bonne part sont circonstanciels (temps, distances d'engagement, terrain....), et d'autres sont structurels et tiennent à la nature des armées en conflit. Mais y'a t-il un déterminisme absolu à un degré ou à un autre? C'est aussi comme ça qu'il faut comprendre le "un contre cent": sur le plan pratique, si une armée de 100 000h est placée sur un grand terrain plat face à une de 10 000, à (portée de l'arme dominante de l'époque concernée) + 1mm :lol:, à moins d'avoir 100 000 pégus enlevés à leurs champs le mois précédent face à 10 000 sanguinaires surdisciplinés, la résultat est couru d'avance. Mais évidemment, ça c'est pas la guerre. De même quand les chiffres des combattants sont comptabilisés entre des forces "modernes", le décompte devrait prendre en considération les non-combattants (une partie au moins) sur place, et plus encore ceux "à domicile" côté armée moderne, vu que plus une armée est sophistiquée et développée, moins un soldat, même le plus basique des troufions d'infanterie, est un combattant "par lui-même" (s'il y a des opérateurs satellites et toute une chaîne du rens en temps réel qui lui disent vers où aller....).
  2. Donc les Palestiniens vont pouvoir avoir des feuilles de papier A3 et du chocolat, malgré les spécifications "sécuritaires" du blocus :lol:?
  3. No problem ;)! Et Suez en 1956 eut pu être ajouté :P. Mais y'a rarement eu besoin de telles mesures, en plus très difficiles à mettre en place aujourd'hui vu le niveau de visibilité médiatique. Seulement, un incident de frontière reste un incident de frontière quand personne ne veut la guerre, et d'autres fois, un soldat qui crache sur un autre par dessus une frontière devient un casus belli.... Voir l'inventaire des situations entre Pakistan et Inde, ou entre les 2 Corées (ou mille autres) pour les divers cas: des guerres se sont déclenchées pour des prétextes insignifiants (mais dans des situations de tensions énormes où les pays en question n'attendaient que ça), et il a rarement été besoin de maquiller des incidents.... Place des soldats en face à face trop proche, et ce n'est souvent qu'une question de temps avant qu'une balle traverse sans passeport, ou qu'un troufion soit surpris du mauvais côté.
  4. Ben c'est une occupation, quoi. T'en as déjà vu des respectueuses? Il serait amusant d'ailleurs de connaître les lieux de destination des oeuvres d'art, s'il y en avait des recensées dans des inventaires: si des musées ou des collectionneurs privés (surtout Turcs) en ont et en exhibent....
  5. L'armée tunisienne est comme le reste de la Tunisie en ce moment: elle doit pas avoir un maximum de moyens depuis quelques mois même pour faire le plein de ses véhicules.... Alors l'entraînement depuis la révolution :P. Sachant en plus qu'elle n'était pas vraiment l'enfant chéri du régime Ben Ali, malgré le soutien américain. Enfin, elle représente actuellement la seule force de l'ordre en Tunisie, avec le démantèlement de fait de l'appareil policier et les problèmes de paiement des fonctionnaires; elle doit donc avoir d'autres chats à fouetter. Pas dit le contraire! Et au temps jadis, il n'y a pas eu que des incidents de frontière maquillés :lol:. Mais en l'occurrence, si les puissances bombardantes étaient réellement à l'affût d'une intervention terrestre, c'est le genre de truc qu'elles auraient utilisé et auxquels elles se seraient préparées: hop, une intervention via la Tunisie pour aller sécuriser une "zone tampon" dans l'est libyen, avec petites pointes occasionnelles et patrouilles jusqu'aux zones insurgées de l'est.... Et à la première balle khadafienne qui érafle un VAB/LAV/Boxer/Warrior, ça réplique!
  6. Et bizarrement, tu préfèrerais quand même être citoyen de ces pays là que des 3 mentionnés plus haut, qui violent nettement plus les droits humains et ceux de la simple décence. Le Monde diplomatique n'est pas vraiment une source d'objectivité ;).
  7. Et le bois bandé, merde?! Ca ferait plus écolo et plus africain: le sens de la com de Khadaff s'émousse!
  8. :OEn d'autre temps, ce genre de trucs (c'est plus qu'un incident de frontière: là c'est une attaque soutenue) aurait servi de prétexte à une intervention au sol impliquant la Tunisie (même juste symboliquement) et les pays auxquels elle aurait "spontanément" :P fait appel, ceux avec qui elle a des accords de défense.... Une "porte d'entrée" légale et diplomatique, en somme.
  9. Ce qui renforce encore la posture nucléaire, voire une certaine nervosité côté israélien à s'en servir: de grandes puissances avec profondeur stratégique et d'autres contraintes peuvent s'enferrer dans le débat sur le fait qu'il s'agisse d'une arme de non usage, dans la réalité géopolitique de la zone proche orientale, avec ses distances réduites, y'a peu de chances que ces débats aient une réalité de même acabit. Au final, avec des DB adverses à moins de 100km du coeur du pays, les Israéliens n'ont ni recul ni latitude pour décider ou non de la chose. Leur seul recul serait effectivement une refonte totale de leur armée de terre qui, au jour d'aujourd'hui, est trop petite dans sa partie d'active pour avoir une grande crédibilité, et surtout dans sa part de réserve trop négligée, "céphaliquement hypertrophiée", mal entraînée, sans doctrine réelle, démotivée, avec une conscription trop peu efficace (gaspillée, villipendée, sous-employée et mal employée quand elle l'est....), bref, trop foireuse. Hallucinant d'ailleurs quand il faut comparer cette réalité avec les budgets qu'elle représente et la réputation dont elle jouit. Et tout cela, c'est sans même s'attaquer au sujet de ces organisations de commandement, sa "tête" stratégique et politique.
  10. Ou alors ça prouve que comme pas mal de compagnies US dans l'Allemagne nazie pendant la 2ème GM, Pfizer soutient activement Khadaffi :lol:! Pour acheter des quantités pareilles, il passe pas par la pharmacie locale le Khadaff. Sinon y'a des chances pour que ça vienne de la même source que les bébés koweitiens :P. Sur un registre plus technique dans cette tactique de guerre (après tout, le forum traite largement de ça :P).... Le Viagra a un effet pour des jeunes :lol:?
  11. Tancrède

    L'Inde

    En même temps, c'est un appel d'offre indien: plus encore qu'ailleurs, les jeux restent totalement ouverts même après que l'avion ait été choisi "définitivement" :P.... En plus, y'a quand même des chances qu'en plus de leur vendre DES Rafales si la compète était gagnée, la France soit plus ou moins obligée de leur donner LE Rafale, côté transferts de technologie, non?
  12. Vu qu'Israël a la bombe, aucune menace conventionnelle ne peut réellement empêcher les gouvernements hébreux de roupiller, sauf si les Etats arabes concernés trouvaient une parade qui annulait la dissuasion nucléaire de façon absolue (est-ce même possible?), genre réseaux de défense aérienne et systèmes antimissiles maoussement costauds, et/ou une force de frappe préventive capable de taper les bombardiers israéliens au sol (en anticipant la décision israélienne par le téléphone arabe sans doute :-[ :P).... Merde, resterait leur sous-marin.... Si Israël craignait sérieusement une menace d'invasion, les forces au sol de Tsahal seraient un peu plus sérieuses, plus nombreuses, et la conscription ne serait pas le bordel peu productif qu'elle est maintenant. Naaan, la seule menace qu'ils peuvent exercer ensemble ou non, c'est financer Hamas et Hezbollah, tout faire pour renforcer l'autorité palestinienne.... Bref, multipliquer les piqûres de moustiques au point qu'Israël ne puisse que passer son temps à les chasser.... Et à se gratter.... Et couper le robinet de gaz! Ca emmerderait dans le court terme, et les solutions alternatives coûteraient du fric à Tel Aviv (et la rendrait plus dépendante encore du trafic maritime), mais c'est tout.
  13. Putain, ça remonte loin cette réponse.... Même pas vu passer. La réalité évoquée dans le post auquel tu fais référence, c'est la réalité de Villepin, qui n'a pas d'appareil de parti, chose qui ne se crée pas en un jour ni en un an même en bénéficiant tout d'un coup d'une manne financière énorme qui arriverait de nulle part (et c'est pas le cas de toute façon). Avoir un réseau d'élus, des cercles de sympathisants présents à la fois dans toutes les institutions et dans toutes les régions, mais évidemment aussi dans la "société civile" (terme fourre tout.... Pour aller plus vite), avoir des masses de militants.... Ce sont des choses qui se bâtissent sur des années voire des décennies quand le but est d'arriver dans la réalité du pouvoir, c'est-à-dire peser: la présence médiatique est loin d'être forcément le reflet de quoi que ce soit, comme le rappellent à chaque présidentielle le FN, Besancenot, Bayrou (depuis les dernières :lol:) et quelques autres. Evidemment, à quel moment ai-je dit le contraire? Maintenant, c'est ce que toi tu en déduis qui est illusoire, à savoir qu'il représente quelque chose en terme de réalité de pouvoir. Lui n'a jamais été un élu, n'a pas de "poids" propre (voire ce qui fait le poids: élus, réseaux, places, nominations, manne financière, participations locales, présence "au sol"....); après, évidemment que s'il veut prendre part au débat public via le seul ressort qu'il a, à savoir la télé, il prend une posture.... Ca mange pas de pain, et c'est obligatoire. Mais ça n'enlève rien du tout aux remarques que j'ai fait. Pour l'instant, ils n'ont pas vraiment de gens sérieux dans la plupart des domaines d'action de l'Etat, malgré toutes les affirmations. Ils prennent la pose, parlent "grand", mais ça n'a rien de très sérieux. Quand tu écoutes le FN, c'est à peu près la même chose que les partis de gouvernements (hors spécificités) en plus caricatural encore: ils vont rétablir l'équilibre budgétaire, dépenser plus pour le "peuple" (selon la définition qu'ils en ont), taper les grands méchants du business tout en favorisant leur activité , rapatrier toutes les productions outsourcées tout en développant l'activité commerciale, sortir quasiment de l'Europe tout en ayant d'excellents rapports commerciaux avec les voisins, faire de la France la 3ème puissance militaire mondiale sans que ça fasse de remous ni apparemment voire ce qu'implique le fait d'être une puissance (qui amène d'autres risques absolument pas militaires mais très stratégiques dont la France n'a pas les moyens).... Bref, comme tous les partis, et particulièrement les extrêmes, les programmes sont l'occasion de dire n'importe quoi sans rigoler, et de décréter ce qu'est la réalité..... De promettre sa façon de voir des lendemains qui chantent.... Sous spif!
  14. Surtout que dpuis le début, l'essentiel des effectifs khadaffiens, ce qui fait "l'effet masse", ce sont des miliciens, donc aussi des citoyens lambda avec un AK (la même chose que les insurgés, quoi), mais il a pas su faire le spin dessus.... Ils restent dans leurs villes, tiennent leurs quartiers (un peu) pendant que les quelques forces un peu pro, les unités présidentielles et les éventuels et élusifs mercenaires portent le conflit "mobile" par petits paquets et concentrations ponctuelles, mais ils sont nombreux. Encore les tribus et leur fonctionnement :-X :lol:....
  15. La question est de savoir ce qui motive le Hamas: les "printemps arabes" ont du sérieusement bousiller pas mal de leurs soutiens, à commencer par la Syrie et l'Iran qui doivent avoir maintenant d'autres priorités de dépenses que le financement des Palestiniens en colère :P.... Ca doit pas mal calmer le Hamas qui n'a pas vraiment les moyens de se passer de cette manne. Le Hezbollah doit aussi sentir les effets de cette "crise", bien qu'il ait un peu plus de quoi voir venir. Mais à part ça, des "personnalités indépendantes", ça veut dire quoi? Soit des authentiques indépendants, mais qui dépendront totalement sur le plan pratique des "non indépendants", c'est-à-dire des appareils purs et durs des organisations en place qui ont la réalité du pouvoir (organisations, hiérarchies, moyens, regroupements, contacts, entregents, informations, mais aussi groupes armés), soit des faux indépendants (mais il faut toujours dire qu'ils le sont, ça sonne mieux). Faudrait savoir ce qu'ils veulent: ils sont jamais contents :lol:?
  16. S'il s'agit d'y mettre tous les noms des morts en OPEX, sachant que ce n'est pas une liste "finie", il vaudrait mieux le mettre en plein milieu d'un espace ouvert, tant pour les visites et la visibilité que pour, si besoin était (pas folichon, mais réaliste), l'aggrandir. Dans la Cour des Invalides, ce sera quoi? Tel que l'EMA fonctionne, une plaque oubliée dans un coin? Y'a des espaces verts autour des Invalides, pourquoi pas une série de grandes plaques dessinant un motif comme le monument US aux morts du Vietnam? Sous l'Arc de Triomphe, c'est un peu serré, et déjà occupé question souvenirs de guerres et de morts (guerres napoléoniennes et Grande Guerre, ça suffit pas pour ce petit espace?); en plus, c'est pas super visible (de l'extérieur) ou facile d'accès.
  17. Hé bé! Il fait ça pour tenir la population occupée? Pour potentiellement foutre le bordel s'il y avait intervention otanienne? Pour la propagande (vu que son jouet télévisé est tout cassé, il profite de celui des autres :lol:)? Différence majeure: Gbagbo avait refilé les flingues aux jeunes marginaux d'Abidjan, soit quelques milliers de fouteurs de bordels. Là, il s'agit apparemment d'embrigadement, même si la "formation" dispensée tout comme la capacité opérationnelle des "recrues" ainsi obtenues a peu de chances de dépasser le zéro pointé. Ca semble avant tout un acte politique pour souligner la détermination, démentir les idées selon lesquelles Khadaff serait seul contre sa population (si un système de formation, même superficielle, peut fonctionner et monter des unités, même si elles ne valent rien, c'est qu'il y a apparemment un appareil khadaffien qui fonctionne), donner l'idée qu'un débarquement serait suivi de situations basse-intensité/combat urbain bien bordéliques, crades et pleines de dommages collatéraux à faire et d'accidents en tous genres (donc en plus qu'il faudrait beaucoup de monde).... Ce genre de trucs, quoi, qui pourrait même avoir une influence sur des Etats occidentaux pas super chauds à l'idée d'aller tremper le pied pour X temps dans ce bled.
  18. Tancrède

    Un contre cent

    Ce n'était pas une armée de 50 000h, et c'est justement là qu'est tout l'intérêt de la surprise, et pourquoi elles arrivent rarement sinon jamais à des armées de cette taille à cette époque (et à d'autres): c'était, outre le fait qu'il s'agissait plutôt de 2 armées coalisées, une armée en ordre de marche, donc un truc étiré sur grande distance. Les armées du XVIIIème siècle sont terriblement lentes, ce à quoi remédiera la période révolutionnaire, et plus lentes qu'au XVIIème d'abord par leur taille, et ensuite par une plus grande obsession pour la discipline des rangs et les manoeuvres géométriques pour le combat en ligne. Passer de l'ordre de marche à l'ordre de bataille est infiniment long (d'ailleurs le principal retex de l'après-guerre de 7 ans), et c'est précisément à Rossbach qu'il est possible de voir une armée en ordre de bataille attaquer une en ordre de marche, un truc qui n'est pour ainsi dire jamais arrivé à grande échelle (hors du niveau d'escarmouches). Comme Frédéric le Grand le dit lui-même, c'est tout juste si un quart de son armée a eu à faire quelque chose. Qui plus est, l'artillerie de la Guerre de 7 ans n'est pas très mobile et sa mise en batterie prend un temps très long; c'est d'ailleurs la dernière guerre où les positions d'artillerie sont fixes, particulièrement en France où la réforme Gribeauval tirera le meilleur RETEX de la guerre. Seule l'artillerie à cheval de Frédéric le Grand, une petite partie de son artillerie dans l'absolu (unités très chères) échappe à cette règle.
  19. Tancrède

    Un contre cent

    Mauvais exemple pour Rossbach: les exemples sont plus à trouver contre les Autrichiens.... Rossbach est une pure embuscade et une surprise totale, ce qui n'arrive jamais contre des armées de cette taille sauf, comme cette fois, quand le commandement est refilé par manoeuvre de cour à un incompétent total (réputé fou en plus). L'armée n'a même pas eu l'occasion de se mettre en position de combattre, tout était déjà joué avant. Là, c'est une pure défaite de commandement.
  20. Tancrède

    Un contre cent

    A presque tous les niveaux, les Espagnols avaient un avantage fondamental sur les Hollandais, particulièrement au début de la "Guerre de 80 ans"; les Hollandais n'avaient en fait pour eux que le terrain, il est vrai en soi un avantage énorme dans un cas pareil. Même la distance du théâtre n'était pas fondamentalement un facteur important: les Pays Bas Espagnols étaient plus qu'une simple base, mais bien une zone pleine de ressources en hommes et moyens, le "chemin de ronde" donnait une bonne continuité stratégique.... Et la France a quand même été enferrée dans ses guerres de religion sur l'essentiel de la période. Les Espagnols avaient les moyens (budgétairement, seule la France a des moyens équivalents, quand elle est pas en guerre civile :-[) en numéraire, en population, en outils militaires permanents. Faut quand même se rendre compte de l'importance des Tercios Viejos et de quelques autres unités maintenues sur le pied de guerre à tout moment: à l'époque, y'a pour ainsi dire aucun pays qui peut faire ça à part la France et l'Espagne! Et quand vient le temps de la grande mobilisation d'une guerre, il y a un volant de personnels au moins un peu expérimentés qui sont recrutés. La Hollande a du partir de presque zéro militairement, même si elle avait des moyens financiers et la nécessité imposant et permettant un développement continu, sans contestation politique interne. L'armée qu'on sut créer les Hollandais est arrivée à un niveau de qualité suffisant pour que les avantages espagnols soient annihilés, ou du moins plus suffisants, y compris la qualité des tercios permanents. Mais il leur a fallu combien de décennies pour ça? Maurice de Nassau est arrivé à la toute fin du XVIème siècle et ses réformes ne se sont pas faites en un jour. La qualité de l'entraînement fait effectivement, par sélection naturelle et aguerrissement rapide, des combattants compétents au niveau individuel, mais QUE au niveau individuel, voire du petit groupe au maxi. La guerre, c'est autre chose, et à une autre échelle (et c'est le fruit d'une volonté, d'une organisation, d'une réflexion et de ressources bien employées, et le tout de façon pertinente): l'entraînement, la coordination et le maniement de sous-unités et d'unités tactiques, c'est déjà une toute autre dimension, qui peut parfois naître sur le tas, mais rarement; la même chose pour des grandes unités de manoeuvre, voire des grandes unités opérationnelles, c'est encore une toute autre chose.... Et avoir une pensée stratégique et opérative pertinente, c'est encore toute autre chose. Et la qualité, c'est aussi ça: manier des unités de toutes tailles de la bonne façon, qu'elles soient capables d'autonomie et du bon équilibre autonomie-centralisation.... Un combattant compétent, en tant qu'individu, c'est une chose, de petits groupes efficaces, c'est un registre proche, mais ils doivent être aussi des combattants au niveau compagnie, au niveau bataillon.... Ce qui sont des entraînements et des compétences différentes, supposant à chaque niveau organisation, cadres capables, soutien.... Bref, une armée doit former sa hiérarchie de "systèmes combattants": l'appellation est moderne, mais la réalité qu'elle recouvre est de toutes les époques. La Guerre Iran-Irak a fait des combattants aguerris et sans doute compétents.... Elle n'a pas fait de l'armée irakienne une armée efficace: ses grandes unités, ses unités de manoeuvre, voire même ses unités tactiques, n'étaient pas (outre le différentiel avec l'OTAN) des trucs très fonctionnels ou efficaces, ou capables de beaucoup de choses. Exemple de bien des choses: - qualité des hommes, esprit de corps et motivation - adaptation de la stratégie et de la tactique au terrain - optimisation des petits moyens pour maximiser l'effet de l'unité tactique pertinente - inadaptation totale de l'adversaire, lenteur à se réformer, préjugés omniprésents, et ce malgré le professionalisme de son armée La vision par "système combattant" est sans doute pertinente pour envisager ce sujet: une armée, une unité, est toujours un système combattant fait de sous-systèmes jusqu'au niveau individuel. Certaines peuvent n'être efficaces que rassemblées, d'autres peuvent être efficaces en entier, ou par morceaux, et les plus abouties sont efficaces dans toutes les configurations. Mais une chose est sûre: l'efficacité de chaque niveau, qu'il s'agisse de la plus petite sous-unité jusqu'à une armée en campagne entière, est censée être en croissance exponentielle, utilisant chaque ensemble et sous-ensemble en coordination pour que chaque niveau soit un multiplicateur de forces autant qu'il le peut, que chaque tout soit aussi supérieur que possible à la somme des parties. Plus une armée est petite et contrainte en moyens, plus elle cherche à optimiser ce fonctionnement, cette maximisation à tout échelon (en tout cas elle le doit, ou au moins elle essaie).... La question devient: jusqu'où cette meximisation est-elle possible, pour une époque donnée, afin de combler un différentiel numérique important? Même une armée nombreuse peut rechercher activement cet effet afi d'économiser ce que lui coûte une guerre, surtout une longue.
  21. Alors sujet polémique, à la fois théorique et pratique, sans limitation de période; il s'agit plus d'un angle de vue s'attaquant à la façon de concevoir les armées à travers l'Histoire et dans le futur. "Ce ne sont pas les grandes armées qui gagnent les guerres, mais les bonnes" selon Napoléon.... Ce à quoi il faut répondre avec Suvorov: "la quantité est une qualité en soi". Le débat aurait pu s'intituler "qualitatif versus quantitatif", mais cela aurait risqué de prendre une approche plus précise, et par là plus limitée au regard de ce qu'il pourrait donner. Beaucoup d'Etats ou de chefs de guerre ont souvent opté pour l'approche "avoir 5 lions plutôt que 500 moutons", préféré une petite force bien coordonnée/entraînée/rôdée/équipée, et/ou optimisant au maximum la préparation d'une force limitée en nombre par ce que peut fournir leur Etat. On peut écarter le cas de certaines armées limitées en taille pour de pures raisons budgétaires/politiques qui sont le plus souvent liées à un non besoin flagrant de troupes ou de forces armées permanentes (comme l'Europe actuellement), soit qu'il y ait un "protecteur", soit que la donne stratégique écarte l'idée de menace directe et le besoin de forces expéditionnaires nombreuses (frontières naturelles ou pas d'ennemis aux frontières, pas de colonies ou de grands intérêts menacés outre-mer, pas d'ambition particulière). Donc la question s'attache au cas de pays ayant un besoin militaire clair et important, mais qui face à une menace nombreuse (voire immense), font sciemment le choix de compacter leur armée et d'entrer dans la logique "qualitative", maximisant donc l'efficacité marginale homme pour homme, système d'arme par système d'arme, et unité par unité. Que ce choix soit guidé par un constat forcé (pas assez de monde/de moyens pour faire de la masse) ou par une puree décision technique. Qu'il s'agisse des Grecs face aux Perses, des Hollandais face aux Espagnols, des Anglais de la Guerre de Cent Ans en "chevauchée" en France (terme amusant étant donné la très faible proportion de cavalerie dans ces armées), des Israéliens face aux Arabes.... L'Histoire ne manque pas d'exemples du "petit" qui bouffe le "grand", qu'il s'agisse d'un petit Etat qui soit victorieux ou d'une petite armée qui l'emporte sur une vaste (pas forcément la même chose). Alors les raisons techniques sont multiples, et toujours explicable a posteriori: meilleurs chefs, usage de la tactique/de "l'art opérationnel" (qui permettent de mieux utiliser dans le temps et l'espace une force plus petite, que ce soit pour le combat à petite échelle ou pour un théâtre d'opération), meilleur entraînement, meilleure discipline, meilleure doctrine, meilleur équipement, système d'arme innovant/meilleur/surprenant, motivation/esprit de corps, meilleur recrutement, autonomie des chefs opérationnels et de leurs unités (qui supposent qu'ils soient bons pour que cette confiance soit possible).... Un seul de ces facteurs, plusieurs combinés, voire tous, amènent la victoire.... Mais jusqu'où est-ce vrai? Jusqu'où la qualité peut l'emporter? Quelle est la limite? Actuellement, la façon occidentale de voir est revue à la baisse, et on a de moins en moins l'impression, pour faire caricatural, qu'une division occidentale (en supposant tout l'environnement qui va avec) pourrait l'emporter sur 3, 4 ou plus venant de pays dits "moins avancés". Quid de ce différentiel selon vous? La question est plus que le somple différentiel quantité/qualité, parce que la chose devient politique dès lors qu'on parle de se préparer à une guerre, donc d'y affecter des ressources et de demander un effort à une nation. Par exemple, la France d'avant 14 a clairement fait le choix du nombre aux dépends de l'encadrement (donc de la qualité) de ses grandes unités pour faire face à l'Allemagne, et l'un dans l'autre, malgré les massacres, ce fut peut-être le bon choix pour le premier choc. Et elle a fait ce choix par manque de moyens pour arriver au même taux d'encadrement que l'Allemagne, 2 fois plus élevé.
  22. Remontage d'un vieux topic suite à une lecture dans le dernier Champ de Bataille, qui m'a inspiré une petite recherche rapide sur un sujet que je ne connaissais que dans les grandes lignes, celui des Almogavars. A placer dans de topic vu qu'une caractéristique amusante est que la façon de combattre de cette unité peut s'apparenter, au final, à l'irruption presque ovniesque d'une légion romaine au milieu du Moyen Age, et pas dans sa période tactiquement la plus glorieuse (féodalité déjà omniprésente, disparition quasi totale des formations d'infanterie régulière et professionnelles, y compris dans l'Orient byzantin détruit par la IVème croisade....). Pour faire vite, les Almogavars sont une formation devenue mercenaire faite de cavaliers lourds et surtout de formations d'infanterie "à la romaine", à savoir fonctionnant sur le registre "pila-gladius" en version locale: 2 javelots et un coutelas pour le combat rapproché. Mais leur grande force repose avant tout sur l'entraînement, la coordination (entre les fantassins et entre fantassins et cavaliers), l'organisation, une "doctrine" bien rôdée et agressive, un esprit de corps très affirmé et des chefs compétents. Manoeuvrant très vite en unités coordonnées, ils évitent les pluies de flèches et en subissent peu d'effet malgré leur équipement très léger et leur faible niveau de protection, et leur létalité à courte distance (distance de tir de javelot puis corps à corps) est terrible. Et les résultats sont là: le différentiel par rapport aux unités du temps, Turcs compris (moins pris par la féodalité et dans un autre registre de combat insistant beaucoup sur la mobilité et le tir massif), est énorme et a fait leur réputation. Seuls les Suisses de la période de guerre des Cantons (surtout au XVème siècle) seront comparables, soit là aussi des unités d'infanterie coordonnées opérant des manoeuvres rapides, complexes et aggressives, cherchant le contact, équipées légèrement et occasionnant un différentiel de pertes très important. La résurgence de telles unités d'infanterie à ces périodes est frappante en ce qu'il s'agit vraiment d'ovnis dans leur contexte.
  23. Grand Dieu, ça torturerait à Gitmo? Comment est-ce possible, qui l'eut cru? D'après Dick Cheney, une source fiable, objective et non impliquée, il s'agirait tout au plus de "méthodes d'interrogatoires poussées" qui n'ont RIEN à voir avec la torture.... Il aurait vu ça lui-même, dit que c'est pas grand-chose et qu'il est fier que les USA fassent ça pour "la bonne cause". Donc toute autre opinion est non seulement de la dramatisation médiatique, mais aussi de l'anti-américanisme primaire :-[. C'est forcément vrai, c'est Darth Dick Cheney (rappelant aux non-anglophones ce que veut dire "dick" en langage familier :-X).
  24. Ce qui serait marrant, c'est que soit décidée la formation pour l'Eurocorps d'un battlegroup "Balkans" ou "Yougoslavie" :-X :-[ ""ouest-balkans" avec du Croate, du Slovène, du Serbe et du Kosovar dans les étalages :lol:.... Evidemment, vu que ce serait un battlegroup UE, ce serait virtuel, ça n'impliquerait rien à part du gaspillage d'un peu de fric..... Mais la Yougoslavie serait virtuellement reconstituée-réconciliée pour certains , avec tout le tralala larmoyant qui va avec en prime :P.
  25. Non mais disons que le développement d'une masse critique de populations devant bouger est aussi le corollaire de l'effondrement ponctuel de certaines régions fortement urbanisées/développées, d'un certain rétrécissement de la proportion de territoires, dans le monde, intégrés dans le circuit économique de la modernité, d'une forte polarisation des richesses et d'un affaiblissement relatif de l'Etat et de ses moyens militaires (tout est plus cher et plus compté, donc employé moins facilement).
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