-
Compteur de contenus
23 266 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
67
Tout ce qui a été posté par Wallaby
-
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
p.30 C’est notamment le cas des industries de l’information, où la carence d’apports technologiques de l’Occident a eu un effet très rapide ; ainsi que dans l'industrie électro-énergétique, en raison de sa dépendance à des turbines cruciales pour lesquelles la Russie manque de capacités internes. Dans le même ordre d’idée, l’industrie automobile russe est sinistrée : dans les villes comme dans les campagnes, ce sont des véhicules chinois qui se sont substitués aux véhicules d’origine occidentale, tandis que les ventes de véhicules russes se sont effondrées. Pour l’avenir, la plupart des économistes estiment que c’est sur le « cœur du réacteur » c’est-à-dire les capacités d’extraction des hydrocarbures, que la carence d’investissements et d’apports technologiques venus de l’Ouest devrait lourdement handicaper l’économie russe. Selon cette analyse, les Chinois hésitent à ce stade à investir et ne disposeraient pas des technologies nécessaires pour la mise en exploitation de champs pétroliers d’accès plus difficile alors que les champs actuels commencent à s’épuiser. Sur ce tableau d’ensemble, se greffent un certain nombre de signaux qui eux aussi invitent à la sobriété quant à un avenir radieux – tel que décrit par Vladimir Poutine dans son discours sur l’état de la nation du 29 février 2024 25 (« la Russie, 4 e économie du monde ») – pour l’économie russe. Ainsi l’excédent du compte courant de la Russie a chuté de 10 % à 1 %, en raison de la baisse des revenus d’exportations et des dépenses massives liées à la guerre. La hausse des taux provoquée par l’inflation est pour l’instant compensée par une injection massive d’argent de l’État dans l’économie. Combien de temps cela peut-il durer ? Dans le même ordre d’idée, des disparités régionales se creusent, avec une croissance économique principalement observée dans les régions fortes en indus- tries militaires (l’Oural et la Russie centrale), qui connaissent des taux de croissance dépassant 10 % à 15 %. p.31 À l'inverse, des baisses substantielles sont constatées dans le Nord-Ouest, avec des régions forestières (Carélie, Arkhangelsk, Komi) enregistrant des chutes de 15 %, et la région de Yamal subissant un déclin de 8 % 27 en raison de la baisse de l'extraction de gaz naturel. S’agissant des comptes des ménages, il est remarquable que la consommation a plutôt augmenté – de manière contre-intuitive en période de guerre – contribuant ainsi dans une mesure non négligeable à la bonne tenue de l’économie. p.34 En dépit des sanctions – et sans minimiser leur impact – un effondrement de l’économie paraît désormais peu probable. On a assisté à une forte augmentation des échanges avec la Chine, qui ont atteint 190 milliards de dollars en 2022, soit une augmentation de 30 %. Les échanges entre les deux pays ont atteint un niveau record en 2023 : ils se sont ainsi élevés à 240,1 milliards de dollars de biens et services selon les Douanes chinoises, en hausse de 26,3 % sur l’année précédente. La part du yuan dans les transactions commerciales extérieures de la Russie a considérablement augmenté, passant de 0,5 % à 16 % en un an 33 . On peut considérer qu’à terme, la logique actuelle pousse à une intégration grandissante des économies russe et chinoise, sur la base d’un échange de matières premières et d’hydrocarbures contre technologie et biens de consommation. Sur le second point – les ressources minières – la production russe représente actuellement 14 % de la production mondiale de minerais. La Russie a depuis des années poursuivi une politique minière ambitieuse pour élargir ses sources de revenus, les diversifier et réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Jouissant d’une forte intégration dans le marché mondial des métaux et minerais, elle dispose sur ce créneau d’un avantage stratégique rendant difficile l'adoption de sanctions contre l'ensemble de ce segment. p.44 Un nombre notable des « nouveaux émigrés » ont rencontré des difficultés d'intégration sociale et professionnelle dans leurs pays d'accueil (par exemple : problèmes financiers dus au blocage des cartes bancaires russes et barrières linguistiques, étant donné que seulement 5 % des Russes maîtrisent couramment l'anglais). Beaucoup ont donc choisi de retourner en Russie. On rencontre maintenant dans les villes russes des ex-exilés de retour qui ont décidé de s'intégrer en dissimulant leurs véritables opinions. p.51 Un effondrement du régime provoqué par les circonstances n’est pas probable dans les années qui viennent. (...) Les difficultés que peut rencontrer l’économie russe aujourd’hui n’ont rien à voir avec la sclérose de l’économie socialiste à la fin de la Russie soviétique. Quant aux engagements extérieurs – Ukraine mais aussi Afrique et Proche-Orient – ils devraient sans doute à la longue nuire à la viabilité du système, mais ils sont au contraire pour l’instant – et pour les années en venir – plutôt le moteur de son affirmation. D’où aussi la différence à prendre en compte en matière idéologique : dans les années 1980, l’idéologie marxiste-léniniste n’était plus que l’ombre d’elle-même ; aujourd’hui, c’est l’inverse que l’on observe : depuis au moins sa réélection de 2012, Vladimir Poutine a insufflé un nouvel esprit à son pays, tentant entre autres de remilitariser la société russe, de soutenir les valeurs conservatrices, de ranimer la flamme de la Seconde Guerre mondiale ; il a enfin construit le narratif d’une Russie reconquérant ses droits historiques tout en se défendant face à un « Occident collectif » en déclin mais toujours menaçant. p.52 Certes, il n’a sans doute convaincu qu’une partie du peuple russe, mais ce type de remobilisation idéologique finit par porter (là aussi divers témoignages le montrent), surtout s’agissant de la défense de la patrie contre l’Occident ; dans cet esprit, le Kremlin ne manque pas d’instrumentaliser l’atmosphère guerrière actuelle pour favoriser la remobilisation idéologique du pays. Ajoutons cependant un correctif à ces observations – un correctif important certes : si le sort du régime russe actuel n’est pas menacé, la légitimité personnelle de Vladimir Poutine, non pas vis-à-vis de l’opinion russe mais vis-à-vis du système qu’il a créé, pourrait être engagée en cas de recul net de la Russie en Ukraine. La célèbre séance du Conseil national de sécurité russe diffusée le 23 février 2022 met en scène un autocrate prenant seul la décision d’entrer en guerre, face à des subordonnés plus obéissants que vraiment convaincus. En cas d'échec patent en Ukraine, l’aura du président vis-à-vis de ses principaux collègues ne pourrait pas sortir indemne (comme on l’a déjà noté, c’est une raison pour lui de préférer une « guerre perpétuelle » à une issue insa- tisfaisante du conflit). Une transition vers un régime plus compatible avec l’Occident n’est pas non plus pour demain. L’une des spécificités du poutinisme réside dans son rapport aux technocrates, qu’il s’agisse des « libéraux systémiques » en charge de l’économie ou des « technocrates politiques », régulateurs des élections et responsables de la gestion politico-administrative du pays. Dans la situation actuelle, Sergueï Kirienko, le directeur-adjoint de l’administration présidentielle, peut être considéré comme le chef de file des « technocrates politiques ». Il a beaucoup contribué ces dernières années à la modernisation de la « verticale du pouvoir », avec la nomination de gouverneurs de province jeunes et compétents. Il semble en bons termes aussi bien avec les « siloviki » (les forces de renseignement et militaires), qu'avec les « libéraux systémiques ». p.53 S'agissant de l’économie, Vladimir Poutine paraît convaincu que c’est la mauvaise gestion du pays qui a provoqué la chute aussi bien du tsarisme que du communisme. Malgré sa propre implication dans l’économie de l’ombre, il a accordé dès son arrivée au pouvoir un rôle important aux technocrates – aux libéraux systémiques – pour mettre de l’ordre dans l’économie ; cela a été l’œuvre, par exemple, de l’éternel cardinal gris « libéral » du pouvoir poutinien Alexeï Koudrine, ou aujourd’hui de la brillante gouverneure de la banque centrale, Elvira Nabiullina. C’est un technocrate – issu de la Direction des impôts du Ministère des Finances, Mikhail Mishustin – qui dirige le gouvernement. Même si lui-même, à par- tir de sa réélection en 2022, a cessé de s’intéresser à ces sujets, et si l’État a repris de plus en plus un rôle directeur dans la gestion de l’économie, il continue à tenir à ce stade au maintien de quelques grands équilibres économiques : par exemple, du fait de la guerre, les dépenses militaires sont passées à 6 % du budget de la Fédération 63 mais le déficit budgétaire reste faible. Ceci posé, les équilibres internes au régime russe se sont déplacés, depuis un certain nombre d’années, en faveur des siloviki. Une source avertie nous a dit : « le président n’arbitre plus comme jadis entre les trois pôles que constituaient les siloviki, les libéraux systémiques et les oligarques ; son rôle se limite à arbitrer entre les siloviki car les deux autres piliers du système ne pèsent plus assez pour participer à la compétition entre pouvoirs ». p.54 Les « technocrates économiques » – dont bien sûr la gouverneure de la Banque centrale Elvira Nabiullina – ont plutôt jusqu’ici consolidé leur position ; ils font d’ailleurs la preuve de leur compétence puisqu’ils ont réussi jusqu’ici à contrôler la surchauffe de l’économie mal- gré le dérèglement de ses paramètres (cf. infra : inflation, dépenses militaires, consommation en hausse, manque de main d’œuvre, etc.). p.57 L’issue de la guerre ne peut-elle contrarier la domination des siloviki ? On pense bien sûr à une évolution du conflit défavorable à la Russie ; toutefois, dans cette hypothèse, le régime dispose d’un contrôle tel des médias qu’il sera en mesure de présenter un recul comme un succès, d’autant plus qu’une majorité de l’opinion serait soulagée d’un arrêt des combats (NB : ce qui pour autant n’exonérera pas la responsabilité personnelle du président Poutine vis-à-vis de son système). Inversement, on peut aussi envisager une victoire russe en Ukraine, qui alors ne manquerait pas d’avoir un effet de légitimation du pouvoir en place, comme ce fut le cas après l’annexion de la Crimée en 2014. p.58 À ce stade, pour l’ensemble du clan au pouvoir, l’hostilité à l’Occident a un effet d’inhibition absolu sur tout mécontentement éventuel suscité par la trop grande puissance de la Chine. D’autre part, il serait très difficile désormais pour la Russie de se passer de l'accès au marché chinois et à l'électronique de défense chinoise. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
« l’approche des JO semble invalider, au moins à moyen terme, l’envoi de troupes françaises en Ukraine » : https://www.sudouest.fr/societe/defense/guerre-en-ukraine-en-cas-d-envoi-de-troupes-francaises-il-faudra-expliquer-les-cercueils-qui-reviennent-19033997.php (21 mars 2024) Dès lors, que pourrait envoyer Emmanuel Macron en Ukraine ? À cette question, l’historien et ancien colonel des troupes de marine Michel Goya cerne deux possibilités. La première : « On envoie des techniciens, des conseillers, des mécanos, des équipes de déminage… On fait du soutien à l’arrière sans prendre aucun risque. C’est l’option basse. » La seconde : « On tente une opération de sécurisation de certaines frontières comme celle entre l’Ukraine et la Biélorussie. Ou on sécurise une partie de Dniepr ou devant Odessa par exemple. Et on explique que c’est infranchissable. C’est l’option haute. » Mais, comme le relève Michel Goya, cette option, encore plus que la première, s’avère risquée. « La question à se poser est : que feraient les Russes ? Soit ils ne disent rien, soit ils testent le dispositif, ils le harcèlent et il y aura des morts réguliers. C’est le plus probable et il faudra expliquer à l’opinion les cercueils qui reviennent. Soit les Russes en profitent pour attaquer les forces de l’Otan. » Conclusion de l’historien : « C’est très périlleux. » Un tel scénario est d’autant plus difficile à mettre en œuvre qu’il suppose la disponibilité d’un certain volume de forces : « Tout seul, notre capacité de déploiement est de deux brigades, soit 15 000 hommes. On ne va pas faire grand-chose », constate l’ex-officier qui le rappelle : un tel déploiement demanderait, en outre, des « mois de préparation ». « Cela exigerait aussi, poursuit-il, d’importants moyens dont de l’artillerie et de la défense antiaérienne. » Or, on en revient toujours au même : les limites de notre industrie de défense dont l’effort va déjà à l’approvisionnement des forces ukrainiennes. Une opération française en Ukraine peut donc difficilement s’envisager en solitaire, sachant qu’une opération internationale semble tout aussi improbable, du moins à ce stade. « Il est difficile d’imaginer les Américains y aller, les Allemands, les Italiens ne le souhaitent pas non plus », rappelle Michel Goya. Si les alliés n’ont aucune intention de suivre Emmanuel Macron dans cette voie, chez les militaires français, aussi, ses propos n’ont pas été bien perçus. « C’est purement de la com’ », peste ce haut gradé quand un autre pointe le « manque de munitions » y compris pour « s’entraîner ». Surtout, il n’a pas échappé aux galonnés qu’au lendemain de ce 26 février, où Emmanuel Macron a affirmé ne « rien exclure » pour aider l’Ukraine, le ministre des Armées Sébastien Lecornu a, lui, indiqué qu’il n’était pas question d’envoyer « des troupes combattantes » en Ukraine. Or, une semaine plus tard, lors de son intervention télévisée, c’est bien cette perspective qu’a laissé planer le chef de l’État. Si ce double discours fait désordre, les militaires rappellent aussi que la priorité numéro un, à brève échéance, c’est d’abord « la sécurité des Jeux olympiques » de Paris. Un événement qui va mobiliser 20 000 militaires, sans compter les moyens anti-drones et la surveillance aérienne, avec notamment le recours à un Awacs, l’avion radar de l’armée de l’air. Là encore, l’approche des JO semble invalider, au moins à moyen terme, l’envoi de troupes françaises en Ukraine. -
co² Economie et climat. CO2 or not CO2?
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Economie et défense
Justement, les bananes sont transportées par bateau, et il a fait le calcul, c'est moins gourmand que les hamburgers. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.lindependant.fr/2024/03/21/traite-de-libre-echange-entre-leurope-et-le-canada-pourquoi-le-senat-a-vote-contre-le-ceta-ce-jeudi-11840349.php Le traité du CETA était examiné ce jeudi après-midi par les sénateurs. Cet accord entre l’Europe et le Canada est devenu hautement sensible dans le contexte de la crise agricole. Curieusement, ce traité, signé en 2016 et appliqué depuis 2017, n’a jamais été ratifié complètement par la France. Pour cela, il faut en effet le vote du Sénat. Le sujet apparaissait bien épineux aujourd’hui. Les sénateurs communistes ont décidé de crever l’abcès en l’inscrivant dans leur niche parlementaire provoquant un sacré tangage à la chambre haute. Et le résultat ne s’est pas fait attendre. Après des débats assez houleux, le Sénat a voté contre : 211 voix contre et 44 pour. Ce refus sénatorial sera lourd de conséquences car il va entraîner un nouvel examen du texte à l’Assemblée nationale, où il était passé de justesse la dernière fois. Le risque de rejet deviendra alors très important. -
Allemagne
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Intéressant, ce site : https://allemagne-energies.com/introduction/ Hartmut Lauer, Ingénieur diplômé et titulaire d’un doctorat en ingénierie (Université technique de Hanovre), a travaillé plus de 35 ans dans le secteur de l’électricité en France et en Allemagne. Ancien dirigent d’un grand énergéticien allemand, il a été membre de plusieurs comités consultatifs et techniques dans des entreprises spécialisées du domaine de l’énergie. Il a également été membre de la Commission sur la Sûreté des Installations Nucléaires (Reaktorsicherheitskommission) auprès du Ministre Fédéral de l’Environnement. A la demande de l’Université Technique de Darmstadt il a enseigné de nombreuses années la matière « Énergie Nucléaire » comme professeur détaché. Il appartient de longue date à la KTG (Société d’énergie nucléaire allemande) et à la SFEN et est l’auteur de nombreuses publications sur le nucléaire et la transition énergétique en Allemagne. -
santé Santé publique ressource stratégique?
Wallaby a répondu à un(e) sujet de rendbo dans Economie et défense
https://reporterre.net/Macron-veut-lutter-contre-l-infertilite-sans-s-attaquer-aux-pollutions (19 janvier 2024) « [les] facteurs environnementaux sont également à l’origine de la hausse de l’infertilité », reconnaissait un rapport commandé par le ministère de la Santé et remis en février 2022. Parmi les études citées, une méta-analyse réalisée en 2017, qui montrait un déclin de plus de 50 % de la concentration spermatique chez les hommes des pays industrialisés (*) entre 1973 et 2011. « Les produits chimiques jouent un rôle causal majeur dans ce phénomène », confirmait à Reporterre la chercheuse Shanna H. Swan, à l’origine de l’analyse. (*) excluant la Chine, le Japon ou la Corée : (‘Western’, including North America, Europe Australia and New Zealand versus ‘Other’, including South America, Asia and Africa) : https://academic.oup.com/humupd/article/23/6/646/4035689?login=false https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8977063/ (Human Reproduction, avril 2022) La concentration spermatique a diminué de moitié au cours des 50 dernières années, tant dans les pays occidentaux industrialisés que dans les pays orientaux, y compris en Chine (Levine et al., 2017 ; Lv et al., 2021 ; Swan et Colino, 2021). Ce changement est si universel et si rapide qu'il ne peut avoir de fondement génétique et doit être induit par l'environnement. Ce phénomène soulève d'importantes questions sur la nature des facteurs environnementaux impliqués et sur la question de savoir si ces changements dans le nombre de spermatozoïdes affectent matériellement la fertilité humaine. Pour aborder les mécanismes de causalité en premier lieu, il peut être significatif que plusieurs études aient également enregistré un déclin séculaire parallèle des niveaux de testostérone circulante. Ainsi, dans les pays nordiques (Perheentupa et al., 2013), aux États-Unis (Travison et al., 2007) et en Israël (Chodick et al., 2020), des preuves ont été présentées indiquant que les taux de testostérone diminuent depuis les années 1970, parallèlement à la baisse du nombre de spermatozoïdes. La situation est complexe car les niveaux de testostérone sérique diminuent avec l'âge et les sociétés industrialisées avancées deviennent "super-âgées". Néanmoins, même en tenant compte de l'âge, la baisse des niveaux de testostérone reste évidente, comme l'illustrent clairement les données israéliennes (Chodick et al., 2020). La question de savoir si la diminution du nombre de spermatozoïdes qui en résulte est associée à une diminution de la fonction des spermatozoïdes, et donc de la fécondité, est une autre question. Étant donné le lien potentiel entre les niveaux de testostérone circulante et le nombre de spermatozoïdes, il sera important de surveiller les niveaux de testostérone dans plusieurs populations afin de déterminer si cette association est reproduite dans le monde entier et, si c'est le cas, de mettre au point des contre-mesures appropriées. La gravité de la situation est encore soulignée par l'évolution de l'incidence du cancer du testicule qui, selon l'hypothèse du syndrome de dysgénésie testiculaire, a une origine similaire à la baisse mondiale du nombre de spermatozoïdes, en raison d'une dépendance commune à l'égard de perturbateurs endocriniens environnementaux ayant une activité semblable à celle des œstrogènes (Wohlfahrt-Veje et al., 2009 ; Fénichel et Chevalier, 2019). Il existe une forte corrélation linéaire entre le PIB national et l'incidence du cancer du testicule (Fig. 3D). D'autres aspects de la société moderne qui sont considérés comme nuisant à la fertilité masculine et féminine comprennent une variété de facteurs environnementaux et de mode de vie (alimentation, tabagisme, consommation excessive d'alcool, exposition aux polluants industriels, rayonnement électromagnétique, stress, comportement sédentaire, etc.), dont beaucoup sont associés à l'induction d'un stress oxydatif dans l'appareil reproducteur (Aitken et Baker, 2013, 2020 ; Aitken, 2020a,b). Une question cruciale dans ce débat est de savoir si les changements que nous observons dans l'ISF (indice synthétique de fécondité) humain à la suite de l'augmentation de la richesse sont facilement réversibles. La réponse à cette question dépend probablement de la durée pendant laquelle nous laisserons la situation actuelle perdurer. À l'heure actuelle, les principales causes de la baisse de l'ISF sont socio-économiques et, en tant que telles, peuvent être résolues, moyennant des changements appropriés de stratégie, d'approche et d'assistance. Cependant, ces changements ne serviront à rien si nous ne reconnaissons pas et ne contrôlons pas le large éventail de facteurs environnementaux et de mode de vie associés à la vie moderne qui ont un impact sur la fécondité de notre espèce. En outre, si l'ampleur de la pratique de la procréation médicalement assistée continue d'augmenter, il est également possible que cette industrie joue un rôle dans le déclin de la fécondité humaine en encourageant la rétention de mutations génétiques et épigénétiques qui compromettent l'efficacité de la reproduction. -
co² Economie et climat. CO2 or not CO2?
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Economie et défense
https://reporterre.net/Empreinte-carbone-Oui-on-peut-manger-des-bananes (20 mars 2020) Mike Berners-Lee, professeur à l’université de Lancaster, auteur de : Peut-on encore manger des bananes ? L’empreinte carbone de tout Au début, ce qui m’a le plus surpris, c’est l’intensité carbone de la viande (16 kg eqCO2 le steak de 190 g) et celles des fleurs coupées (32,3 kg eqCO2 pour un bouquet de 13 fleurs importées). Et l’avion aussi (3,2 tonnes eqCO2 l’aller-retour Paris-Tokyo). Je savais que ce mode de transport émettait du carbone, mais je n’imaginais pas que c’était aussi important. Dans votre livre, on se rend compte qu’un cheeseburger (5,4 kg eqCO2) est finalement plus polluant que cinquante bananes. Pour le consommateur, cela ne va pas de soi de se dire : « Quand je mange un cheeseburger dont le steak provient d’une vache élevée en France, c’est aussi polluant que si je mange cinquante bananes cultivées de l’autre côté de l’océan ». Comment explique-t-on ça ? Les bananes ont une empreinte carbone qui est faible parce qu’elles poussent au soleil, et qu’il n’y a pas besoin d’ajouter quoi que ce soit [1]. Ensuite, elles mûrissent tranquillement pendant le voyage en bateau qui va durer trois semaines. Elles n’ont pas non plus besoin d’emballage puisqu’elles ont déjà une peau bien épaisse. Ça aussi, c’est bon pour l’empreinte carbone. Certains disent que ces technologies [smartphones, data center, cryptomonnaies, intelligence artificielle] nous rendent plus efficaces et doivent ainsi aider le reste de l’économie mondiale à aller vers de faibles émissions de carbone. Mais dans la réalité, elles aident surtout le reste de l’économie à se développer, car être plus efficace permet de produire plus facilement, à moindre coût. Ce qui a un impact environnemental plus important. C’est l’effet secondaire, ou « l’effet rebond », induit par ces nouvelles technologies. D’une manière générale, il y a aussi plein de messages positifs dans le livre, c’est-à-dire qu’on peut réduire son empreinte carbone en vivant mieux, en gagnant du pouvoir d’achat, en dépensant moins, en étant en meilleure santé… Mais le message le plus difficile, je pense, concerne l’avion parce qu’il n’y a pas de solution. -
L'administration Biden, adversaire des groupes de défense de la liberté d'expression : https://www.theguardian.com/law/2024/mar/15/supreme-court-first-amendment-cases-free-speech La Cour suprême des États-Unis a annulé vendredi deux décisions judiciaires portant sur la question de savoir si les fonctionnaires peuvent bloquer les personnes qui les critiquent sur les médias sociaux sans violer les protections constitutionnelles en matière de liberté d'expression. Les juges ont annulé des décisions rendues par des juridictions inférieures dans deux affaires - l'une en Californie et l'autre dans le Michigan - concernant des actions en justice intentées en vertu du premier amendement de la Constitution américaine par des personnes qui avaient été bloquées après avoir publié des critiques sur les comptes de médias sociaux de responsables locaux. Les juges ont demandé aux juridictions inférieures de réexaminer l'affaire. L'enjeu de la bataille juridique était de savoir si les fonctionnaires, en bloquant leurs détracteurs, agissaient dans l'exercice de leurs fonctions gouvernementales. Les protections de la liberté d'expression prévues par le premier amendement s'appliquent généralement aux acteurs gouvernementaux, et non aux particuliers. La première de ces affaires concerne deux conseillers scolaires de Poway, en Californie, qui ont fait appel d'une décision rendue par une juridiction inférieure en faveur de parents qui les avaient poursuivis en justice après avoir été bloqués sur les comptes de ces fonctionnaires sur les médias sociaux. La seconde affaire concerne l'appel d'un homme du Michigan qui a fait appel d'une décision d'une juridiction inférieure rejetant sa plainte contre un fonctionnaire de la ville de Port Huron qui l'avait bloqué sur Facebook. L'administration de Joe Biden s'était rangée du côté des fonctionnaires dans les deux cas. Les groupes de défense de la liberté d'expression ont exhorté les juges à soutenir les plaignants.
-
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Pas toute, 100%, symbolique. Il restait la flotte, la flotte de Toulon, la flotte de Mers el Kébir. -
Allemagne
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.newstatesman.com/comment/2024/03/germany-is-on-the-brink-of-economic-decline (20 mars 2024) L'économie italienne a commencé à décliner vers 2000. Au Royaume-Uni, la croissance de la productivité a diminué après la crise financière mondiale et ne s'est jamais rétablie. Ce qui a fait basculer l'économie allemande, c'est l'invasion de l'Ukraine par la Russie. La trajectoire actuelle de l'Allemagne n'est pas seulement la partie descendante d'un cycle économique moyen. La grande époque du "Made in Germany" - de l'excellence allemande en matière de fabrication et d'ingénierie - touche à sa fin. C'est l'histoire d'un déclin industriel que peu de gens ont vu venir, bien qu'il ait commencé il y a des années. La production industrielle en Allemagne a chuté de 8 % en cumulé depuis 2015, alors qu'elle a augmenté de 4 % dans le reste de la zone euro. Il s'agit d'un changement considérable, et ce n'est pas fini. L'entreprise sidérurgique ThyssenKrupp en est le signe avant-coureur. Son directeur général aurait proposé de réduire sa capacité de 40 %, anticipant une baisse de la demande à long terme (l'entreprise a depuis lors opté pour une réduction moins radicale). L'acier se trouve au début des chaînes d'approvisionnement de l'ingénierie. Si l'on coupe l'acier, le reste suit. L'Allemagne est entrée dans ce que les économistes appellent un marasme structurel. L'invasion de l'Ukraine par la Russie a certainement endommagé la production à forte intensité énergétique. On aurait pu s'attendre à ce que la chute des prix de l'énergie mette un terme à cette dégradation. Mais ce n'est pas le cas. BASF, le géant de la chimie, a conclu il y a quelque temps que son avenir se trouvait en dehors de l'Allemagne. La fabrication à l'ancienne a toujours son importance, même dans un monde numérique. L'Allemagne produit plus de munitions pour l'Ukraine que n'importe quel autre pays européen. Même les voitures électriques comportent des pièces mécaniques. Les Allemands savent comment augmenter la production industrielle. L'Allemagne est également un pays riche qui entame son déclin industriel à partir d'un niveau élevé. Une main-d'œuvre bien formée finira par s'adapter à un monde nouveau. Il existe une nouvelle génération prometteuse de jeunes entreprises, en particulier dans la région de Munich. Mais il faudra un certain temps, peut-être une décennie, avant qu'elles n'atteignent leur apogée. D'ici là, je m'attends à ce que le malaise actuel persiste. Le problème, c'est que le gouvernement allemand, voire le discours public, ne plaide pas beaucoup en faveur de la diversification. Le débat porte essentiellement sur les entreprises et les secteurs existants, et non sur les nouveaux. Contrairement au Royaume-Uni ou aux États-Unis, l'Allemagne ne dispose pas de l'infrastructure nécessaire à une économie de start-up ; ce sont les anciennes entreprises qui réalisent la plupart des investissements - et nombre d'entre elles vivent dans le passé. Le déclin économique a toujours un impact majeur sur la politique. Depuis l'introduction de l'euro en 1999, l'Italie a connu 11 changements de premier ministre. Depuis la crise financière mondiale, le Royaume-Uni en a connu six - quatre depuis le référendum sur le Brexit. L'Allemagne n'a connu que trois chanceliers depuis 1998. Je pense que cette ère de stabilité est sur le point de changer - à commencer par les élections de l'année prochaine. Une crise allemande est toujours une crise européenne. Les voisins de l'Allemagne en Europe centrale et orientale sont fortement intégrés dans ses chaînes d'approvisionnement. L'Union européenne dépend également des contributions nettes de l'Allemagne à son budget et des obligations d'État allemandes notées "triple A", qui constituent un filet de sécurité pour la zone euro. La plus grande erreur politique commise par Angela Merkel et ses contemporains a peut-être été de mal évaluer l'impact de la géopolitique sur l'industrie allemande. Les chocs mondiaux de notre époque exigent davantage d'investissements dans la défense et la sécurité, ainsi que dans les technologies. Mais la faiblesse de l'économie limite la marge de manœuvre budgétaire. Lorsqu'il n'y a pas de dividende de croissance à distribuer, on ne peut dépenser pour la défense que si l'on dépense moins pour autre chose. Ce qu'ils réduisent, c'est l'investissement dans le numérique. Le fax est toujours roi. Un débat économique animé a lieu en Allemagne, mais je crains que l'on ne cherche à résoudre le mauvais problème. Tout tourne autour de la compétitivité. Si seulement les salaires étaient plus bas ou si le gouvernement versait davantage de subventions, les choses iraient mieux. Mais le problème des voitures électriques allemandes n'est pas qu'elles sont trop chères à fabriquer : elles ne sont pas à la pointe de la technologie. Les voitures électriques chinoises ne sont ni bon marché, ni mauvaises. Elles sont meilleures. J'ai l'impression que les Allemands se concentrent sur les vieilles industries et les politiques économiques des vieilles industries, parce que c'est tout ce qu'ils ont toujours connu. Il faudra du temps avant qu'ils ne réalisent que l'avenir de l'économie allemande dépendra bien moins de Volkswagen que d'entreprises qui n'ont pas encore été créées. Le vieux Porsche a dit un jour que la meilleure façon de prédire l'avenir est de l'inventer. Son pays en est encore loin. -
Politique étrangère des USA
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.scu.edu/mcae/architects-of-peace/Kissinger/essay.html Les horreurs totalitaires du vingtième siècle auraient dû nous faire prendre conscience de la fragilité des contraintes qui incarnent la civilisation. L'expérience intérieure des États-Unis - pacifiques, stables et satisfaits - nous empêche de comprendre les vulnérabilités d'autres sociétés ou d'autres ordres internationaux. Bénis par l'histoire et un environnement bienveillant, nous sommes tentés de considérer notre pouvoir comme une dispense et de l'utiliser pour imposer nos préférences. Une telle attitude risque d'être perçue comme hégémonique par le reste du monde, qui s'y opposera progressivement. Une confiance excessive dans le pouvoir et une insistance excessive sur notre vertu peuvent finir par corroder les valeurs mêmes au nom desquelles notre politique est menée. C'est la raison pour laquelle je suis mal à l'aise face à des politiques étrangères largement façonnées par des idéologues. En effet, les idéologues ont tendance à conduire les sociétés et les systèmes internationaux au-delà de leurs capacités. La prétendue dichotomie entre pragmatisme et moralité me semble être un choix trompeur. Le pragmatisme sans élément moral conduit à un activisme aléatoire, à la brutalité ou à la stagnation ; la conviction morale qui n'est pas tempérée par un sens de la réalité conduit à l'autosatisfaction, au fanatisme et à l'érosion de toute retenue. Nous devons toujours être pragmatiques en ce qui concerne notre sécurité nationale. Nous ne pouvons pas abandonner la sécurité nationale au profit de la vertu. Mais au-delà de ce fondement de toute politique, notre défi consiste à faire progresser nos principes d'une manière qui ne nous isole pas à long terme. Chaque génération doit découvrir ce sens des proportions pour elle-même. À cet égard, la génération actuelle, et plus encore ses successeurs, sont confrontés à un défi particulier. En effet, nous vivons non seulement une période exceptionnelle de fluidité dans les relations internationales, mais aussi un bouleversement encore plus profond dans la manière dont le public et les dirigeants perçoivent le monde qui les entoure. Par son ampleur et son impact final, ce changement intellectuel est comparable, et probablement supérieur, aux conséquences de l'invention de l'imprimerie il y a cinq siècles. L'homme d'État contemporain est constamment séduit par la tactique. L'ironie est que la maîtrise des faits peut conduire à une perte de compréhension du sujet et, en fait, de contrôle sur celui-ci. La politique étrangère risque de se transformer en une subdivision de la politique intérieure au lieu d'être une aventure visant à façonner l'avenir. Le problème de la plupart des périodes précédentes était que les buts dépassaient les connaissances. Le défi de notre époque est inverse : les connaissances dépassent de loin les buts. La tâche des États-Unis n'est donc pas seulement de réconcilier leur puissance et leur moralité, mais aussi de tempérer leur foi par la sagesse. Henry Kissinger, Years of Renewal, 1999 -
https://www.nytimes.com/2024/03/19/world/asia/fbi-japan-looted-artifacts-boston.html Au cours de la brutale bataille d'Okinawa au Japon, dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, un groupe de soldats américains s'est installé dans le palais d'une famille royale qui avait fui les combats. Lorsqu'un intendant du palais est revenu après la fin de la guerre, il a déclaré plus tard que le trésor avait disparu. Certains de ces objets de valeur ont refait surface des décennies plus tard dans le grenier de la maison d'un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale dans le Massachusetts, que le Federal Bureau of Investigation n'a pas identifié lors de l'annonce de la découverte la semaine dernière. La famille de l'ancien combattant a découvert, après sa mort l'année dernière, une cache contenant des peintures et des poteries éclatantes, de grands parchemins fragiles et une carte complexe dessinée à la main, et a signalé la découverte à l'agence.
-
Cela me fait penser à l'autobiographie de Robert Guillain, intitulée "Orient Extrême" : https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Guillain En 1937, il est envoyé en Chine pour couvrir le début de la guerre sino-japonaise (1937-1945). Il y assiste à la chute de Shanghai. Il est l'un des rares Occidentaux à vivre la Seconde Guerre mondiale à Tokyo, notant dans ses carnets le drame des bombes incendiaires américaines tombées sur la capitale, ainsi que le désastre causé par cette arme nouvelle "Little Boy" larguée sur Hiroshima, et trois jours plus tard, "Fat Man" sur Nagasaki.
-
Le Vietnam
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Mani dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.lemonde.fr/international/article/2024/03/20/le-president-vietnamien-vo-van-thuong-demissionne-apres-un-an-au-pouvoir_6223069_3210.html Le président vietnamien, Vo Van Thuong, a présenté sa démission après seulement un an de mandat Selon l’Agence de presse vietnamienne (VNA), le président s’est déclaré coupable de « violations et de manquements », et sa démission a été acceptée par le comité central du Parti communiste au pouvoir. La chute spectaculaire de cet homme de 53 ans survient alors que le Vietnam connaît de profonds bouleversements politiques, son prédécesseur ayant également été évincé dans le cadre d’une campagne de lutte contre la corruption, qui a vu plusieurs ministres limogés et des chefs d’entreprise de premier plan jugés pour fraude et corruption. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Tu penses à quelque chose comme l'Union Franco-Britannique, proposée in extremis, le 16 juin 1940 ? https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_franco-britannique -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Un auteur d'une thèse sur Léo Strauss qui harrangue les lecteurs du Figaro pour qu'ils fassent la guerre ? À vue de nez, comme ça, je dirais que c'est un néoconservateur. -
Australie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.scmp.com/news/asia/australasia/article/3255304/australian-pm-anthony-albanese-says-no-us-style-tiktok-ban (14 mars 2024) Le Premier ministre australien Anthony Albanese dit non à une interdiction de TikTok à l'américaine "Les questions de sécurité nationale doivent toujours être au centre des préoccupations", a-t-il déclaré. "Mais il faut aussi reconnaître que pour beaucoup de gens, c'est un moyen de communiquer et nous n'avons donc pas reçu de conseils à ce stade pour le faire". https://theconversation.com/chinese-foreign-minister-wang-yi-declines-to-front-media-after-talks-with-penny-wong-226221 (20 mars 2024) La visite de M. Wang, qui a rencontré le Premier ministre Anthony Albanese mercredi après-midi, intervient alors que l'Australie espère une levée rapide des dernières sanctions commerciales imposées par la Chine lorsqu'elle a mis l'ancien gouvernement de coalition au congélateur. La décision finale de la Chine concernant la levée des droits de douane sur le vin est attendue pour le 31 mars. Dans une décision provisoire prise la semaine dernière, la Chine a déclaré que les droits de douane n'étaient plus nécessaires. L'Australie attend toujours des progrès en ce qui concerne les restrictions sur les homards et certains abattoirs de bœuf. Entre-temps, l'Australie a suspendu ses mesures antidumping à l'encontre des tours éoliennes chinoises, ce que les Chinois ont considéré comme un geste positif. Mme Wong a déclaré que les préparatifs étaient en bonne voie pour une visite du premier ministre chinois Li Qiang dans le courant de l'année. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est quand même sous Gorbatchev qu'ont eu lieu les premières élections libres, en mars 1989, qui voient Boris Eltsine être élu dans la circonscription de Moscou. Et les libéraux étaient les principaux soutiens de Gorbatchev : -
République d'Irlande
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.commonwealmagazine.org/ireland-church-catholic-fintan-o-toole-baumann (12 mars 2024) Fintan O'Toole est un écrivain formidable, et son livre We Don't Know Ourselves : A Personal History of Modern Ireland est une remarquable chronique de la transformation économique, politique, culturelle et religieuse de son pays natal au cours des six décennies qui se sont écoulées depuis sa naissance en 1958. L'Irlande de la jeunesse d'O'Toole était un État confessionnel qui se targuait du lien étroit entre le celtisme et le catholicisme. Comme le note O'Toole, les deux tiers de la population irlandaise ont assisté à l'une ou l'autre des messes en plein air du pape, un hommage apparent à la force et à la vitalité durables de l'Église. Mais les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être. Il loue la dénonciation par Jean-Paul II de la violence terroriste de l'IRA qui secouait alors l'Irlande du Nord, mais il est plus sceptique quant aux avertissements du pape sur la perte possible de l'identité catholique de l'Irlande. "Ce dont il avait peur, c'était de l'argent et de la modernité", perçoit M. O'Toole. "Le pape n'a pas dit directement que la foi de l'Irlande était liée à sa pauvreté relative, que le pays était beaucoup plus religieux que le reste de l'Europe occidentale parce qu'il était moins développé économiquement. Mais il l'a fortement sous-entendu dans ses avertissements sur les temps à venir". À un moment donné, la jeune foule a acclamé le pape pendant quatorze minutes ininterrompues. « La foule ne se délectait pas de piété. Elle se délectait d'elle-même, de sa jeunesse, de son énergie et de sa vigueur sans limite. Elle prenait le contrôle, s'insérait dans l'événement, insistait sur sa propre présence anarchique. Elle ne savait pas ou ne se souciait pas de ce qu'elle faisait en réalité : faire taire le pape ». https://www.the-tls.co.uk/articles/we-dont-know-ourselves-fintan-otoole-book-review-john-banville/ (17 décembre 2021) Fintan O'Toole raconte comment, au milieu des années 1950, l'archevêque de Dublin, le redoutable John Charles McQuaid, a fait savoir qu'il désapprouvait la diffusion de la chanson "Always True to You" de Cole Porter dans le cadre d'un programme de demandes musicales sur la station de radio nationale Radio Éireann. La prochaine fois que cette chanson a été demandée par un auditeur, le présentateur de l'émission a pris soin de la jouer dans une version orchestrale. McQuaid, dont le règne en tant qu'archevêque et chef de facto de l'Église catholique en Irlande a duré plus de trente ans, à partir de 1940, est l'un des principaux méchants du livre d'O'Toole. Le pouvoir du prélat était très grand, mais pas illimité, comme il semblait lui-même l'imaginer. En 1937, alors qu'il était encore président du Blackrock College, l'une des principales écoles catholiques du pays, McQuaid a conseillé le taoiseach (premier ministre) de l'époque, Éamon de Valera, un vétéran de l'insurrection de Pâques 1916, sur l'élaboration d'une nouvelle constitution pour la République d'Irlande. Ce document reconnaît la "position particulière" de l'Église catholique en tant que "gardienne de la foi professée par la grande majorité des citoyens". Cependant, de Valera et ses fonctionnaires ont veillé à ce qu'il n'y ait pas d'église établie et à ce que la liberté de croyance religieuse soit encouragée. L'article de la constitution stipulant la position particulière de l'Église a été supprimé par un référendum en 1972, moins d'un an après la démission de McQuaid en tant qu'archevêque. https://www.theguardian.com/books/2021/sep/20/we-dont-know-ourselves-by-fintan-otoole-review-sweeping-account-of-irelands-evolutions (20 septembre 2021) L'Irlande, écrit-il, "est apparue dans le monde du boom de l'après-guerre comme un trou perdu insignifiant". Elle avait un taux d'émigration élevé et un taux de mariage étonnamment bas. Entre 1949 et 1956, le PIB des pays du marché commun avait augmenté de 42 %, celui de la Grande-Bretagne de 21 % et celui de l'Irlande de 8 % seulement. La population n'a jamais été aussi faible qu'en 1961, avec 2,8 millions d'habitants. Les jeunes politiciens qui soutenaient les changements économiques n'étaient pas dignes de confiance sur d'autres sujets. En 1962, Charles Haughey, alors considéré comme un politicien réformateur, rendit visite à l'archevêque de Dublin "pour exprimer son dégoût et sa répulsion" à l'égard du roman d'Edna O'Brien, The Lonely Girl (La Fille solitaire). La "maîtrise de l'hypocrisie" de Haughey, écrit O'Toole, "était hypnotique, exquise, magistrale". Dans ce livre, O'Toole décrit l'étrangeté des relations entre l'Irlande et les États-Unis. Lorsque l'Irlande a obtenu sa propre chaîne de télévision en 1961, plus de la moitié des programmes étaient importés d'Amérique. "Nous pensions que le Sud était libre", écrit O'Toole, "et que le Nord ne l'était pas". Mais toute phrase de ce type dans ce livre est conçue pour permettre l'émergence d'ironies et d'ambiguïtés. Comme les féministes irlandaises l'ont découvert lorsqu'elles ont fait campagne pour l'accès à la contraception dans le sud, le nord avait pris des années d'avance à certains égards. https://www.nytimes.com/2022/03/15/books/review/fintan-otoole-we-dont-know-ourselves-ireland.html Dans un chapitre intitulé "The Killer Chord", O'Toole a 12 ans et passe l'été 1970 à apprendre l'irlandais dans le Gaeltacht. Il libère involontairement une bande de cochons d'une maison et tombe plus tard sur un homme qui semble habillé dans une vente de charité et qui manie sa canne comme une "baguette de chef d'orchestre". L'homme guide les cochons vers leur maison avec une assurance et un panache absolus. À la messe du lendemain matin, O'Toole voit le même homme diriger la chorale, et il trouve que "la mélodie était comme une rivière sinueuse, lente et sereine, mais tout à fait implacable". Il s'avère que cet homme est le génie musical Seán Ó Riada, qui, à l'époque, révolutionne la musique irlandaise de l'intérieur. "Être européen était la manière ultime de ne pas être britannique". -
République d'Irlande
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.lemonde.fr/international/article/2024/03/20/le-premier-ministre-irlandais-leo-varadkar-a-annonce-sa-demission_6223067_3210.html Le premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a annoncé sa démission -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Elle ne peut pas non plus être défaite avec de la propagande occidentale anti-russe. C'est la détente qui a permis à Gorbatchev de faire l'expérience de la perestroïka. Pour qu'une perestroïka post-Poutine ait lieu il faudra repasser par une phase de détente. Donc cela nous place dans des perspectives à vraiment long terme. C'est ce que dit Hubert Védrine : https://www.lejdd.fr/international/hubert-vedrine-au-jdd-il-faut-empecher-par-tous-les-moyens-vladimir-poutine-de-gagner-en-ukraine-142232 (19 février 2024) Nous nous inscrivons là dans un scénario qui relève encore de la science-fiction, suivant une perspective tellement lointaine que je prends des risques rien qu’en l’envisageant. Mais on peut toujours se projeter. Imaginons que les États-Unis se recentrent sur le Pacifique, face à la Chine, leur problème numéro un. Cela pourrait conduire un jour lointain à un grand accord de sécurité en Europe qui ressemblerait aux accords d’Helsinki, signés en 1975 entre l’Amérique, l’Europe et l’URSS, pour que la Russie soit contenue de façon crédible. Mais cela supposerait qu’ait été auparavant reparcouru – sans doute avec un autre que Poutine – le chemin exploré pendant la guerre froide : passer des menaces d’anéantissement mutuel au constat d’un risque insupportable, puis aux négociations, à la coexistence pacifique, et finalement à la détente. On n’en est pas là du tout. -
Chine
Wallaby a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
https://theconversation.com/china-why-the-countrys-economy-has-hit-a-wall-and-what-it-plans-to-do-about-it-225623 (19 mars 2024) La faiblesse actuelle de la demande des consommateurs dans l'économie chinoise est étroitement liée à la crise immobilière. La valeur des maisons est beaucoup plus faible aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a deux ans, ce qui suscite des craintes quant à la valeur future de la richesse personnelle. Cette situation a entraîné une augmentation de l'épargne de précaution et une diminution de la consommation face à la faiblesse de la protection sociale, ce qui a conduit à une baisse générale du prix des biens et des services. La demande de produits chinois à l'étranger a également diminué en raison des restrictions commerciales imposées par les États-Unis et l'UE, des préoccupations géopolitiques et des chocs subis par les chaînes d'approvisionnement mondiales. Cela explique pourquoi, tout au long de ses réunions annuelles, le gouvernement a explicitement souligné la nécessité de renforcer l'autosuffisance de l'économie chinoise. Les recherches ont montré que la part du secteur privé chinois parmi les 100 plus grandes sociétés cotées en Chine est tombée à 36,8 % à la fin de 2023, contre 55,4 % à la mi-2021. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.rusi.org/explore-our-research/publications/commentary/attritional-art-war-lessons-russian-war-ukraine (18 mars 2024) De l'art de la guerre attritionnelle - leçons de la guerre russe en Ukraine L'Occident n'est pas préparé à ce type de guerre. Pour la plupart des experts occidentaux, la stratégie d'attrition est contre-intuitive. Historiquement, l'Occident a toujours préféré les affrontements courts entre armées professionnelles, où le vainqueur remporte tout. Les jeux de guerre récents, tels que la guerre du CSIS sur Taïwan, ont couvert un mois de combat. La possibilité que la guerre se poursuive n'a jamais été évoquée. C'est le reflet d'une attitude occidentale commune. Les guerres d'usure sont considérées comme des exceptions, quelque chose à éviter à tout prix et généralement le produit de l'incompétence des dirigeants. Malheureusement, les guerres entre puissances quasi égales sont susceptibles d'être des guerres d'attrition, grâce à la grande quantité de ressources disponibles pour remplacer les pertes initiales. La nature attritionnelle du combat, y compris l'érosion du professionnalisme due aux pertes, nivelle le champ de bataille, quelle que soit l'armée qui a commencé avec des forces mieux entraînées. Au fur et à mesure que le conflit s'éternise, la guerre est gagnée par les économies et non par les armées. Les États qui s'en rendent compte et qui mènent une telle guerre par le biais d'une stratégie d'attrition visant à épuiser les ressources de l'ennemi tout en préservant les leurs ont plus de chances de l'emporter. Le moyen le plus rapide de perdre une guerre d'usure est de se concentrer sur la manœuvre, en dépensant des ressources précieuses pour des objectifs territoriaux à court terme. Reconnaître que les guerres d'attrition relèvent de leur propre art est essentiel pour les gagner sans subir de pertes désastreuses. L'armement haut de gamme étant très complexe à fabriquer et consommant de vastes ressources, il est impératif de combiner des forces et des armes haut de gamme et bas de gamme si l'on veut remporter la victoire. Les armes haut de gamme ont des performances exceptionnelles mais sont difficiles à fabriquer, surtout lorsqu'il s'agit d'armer une armée rapidement mobilisée et soumise à un taux d'attrition élevé. Par exemple, pendant la Seconde Guerre mondiale, les Panzers allemands étaient de superbes chars d'assaut, mais en utilisant à peu près les mêmes ressources de production, les Soviétiques ont produit huit T-34 pour chaque Panzer allemand. La différence de performance ne justifiait pas la disparité numérique de la production. Les armes haut de gamme nécessitent également des troupes haut de gamme. L'entraînement de ces dernières prend beaucoup de temps, un temps qui n'est pas disponible dans une guerre où les taux d'attrition sont élevés. Il est difficile pour les économies occidentales haut de gamme d'atteindre la masse. Pour atteindre l'hyper-efficacité, elles se débarrassent de leurs capacités excédentaires et peinent à se développer rapidement, d'autant plus que les industries de niveau inférieur ont été délocalisées à l'étranger pour des raisons économiques. En temps de guerre, les chaînes d'approvisionnement mondiales sont perturbées et les sous-composants ne peuvent plus être sécurisés. À ce problème s'ajoute le manque de main-d'œuvre qualifiée ayant de l'expérience dans un secteur particulier. Ces compétences s'acquièrent au fil des décennies et, une fois qu'une industrie est fermée, il faut des décennies pour la reconstruire. Le rapport interagences du gouvernement américain de 2018 sur la capacité industrielle des États-Unis a mis en évidence ces problèmes. Les armées de l'OTAN sont très professionnelles. Dans une guerre d'attrition, cette méthode présente un inconvénient. Les officiers et les sous-officiers nécessaires à l'exécution de cette doctrine ont besoin d'une formation approfondie et, surtout, d'expérience. Il faut des années pour former un sous-officier de l'armée américaine. Un chef d'escouade a généralement au moins trois ans de service et un sergent de section en a au moins sept. Dans une guerre d'attrition caractérisée par de lourdes pertes, on n'a tout simplement pas le temps de remplacer les sous-officiers perdus ou de les former pour de nouvelles unités. L'offensive Brusilov de 1916, qui a entraîné l'effondrement de l'armée austro-hongroise, est un bon exemple d'offensive d'attrition réussie aux niveaux tactique et opérationnel. En attaquant sur un large front, l'armée russe a empêché les Austro-Hongrois de concentrer leurs réserves, ce qui a entraîné un effondrement tout au long du front. Au niveau stratégique, en revanche, l'offensive Broussilov est un exemple d'échec. Les forces russes n'ont pas réussi à imposer leurs conditions à l'ensemble de la coalition ennemie, se concentrant uniquement sur l'Empire austro-hongrois et négligeant les capacités allemandes. Les Russes ont dépensé des ressources cruciales qu'ils ne pouvaient pas remplacer, sans vaincre le membre le plus puissant de la coalition. La conduite militaire de la guerre est déterminée par les objectifs stratégiques politiques globaux, les réalités militaires et les limites économiques. Les opérations de combat sont superficielles et se concentrent sur la destruction des ressources de l'ennemi, et non sur la conquête du terrain. La propagande est utilisée pour soutenir les opérations militaires, et non l'inverse. Avec de la patience et une planification minutieuse, une guerre peut être gagnée. Malheureusement, de nombreux Occidentaux ont une attitude très cavalière, pensant que les conflits futurs seront courts et décisifs. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Je rappelle que la fraude électorale a été validée par les Occidentaux en Russie dès l'époque d'Eltsine en 1996, suivant le témoignage de Michael Meadowcroft, chef de la mission électorale de l'OSCE en Russie à l'époque : http://exiledonline.com/how-the-west-helped-invent-russias-election-fraud-osce-whistleblower-exposes-1996-whitewash/ (30 novembre 2007) -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Un post d'Alexis nous dit qu'il n'est pas nécessaire de remonter à la guerre de Crimée, et qu'il y a eu une intervention français en Ukraine "il y a 105 ans" seulement. La guerre de Crimée nous fait remonter 168 à 171 ans. Troupes coloniales françaises à un check-point près de la zone militaire française dans Odessa (boulevard Nikolayvsky, hiver 1918-1919). Et en français : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mutineries_de_la_mer_Noire Le « Tigre » veut aller plus loin, et conçoit une gigantesque opération de soutien indirect aux armées blanches. Le plan prévoit d’occuper les grands ports du Sud, puis de pénétrer à l’intérieur du pays avec mainmise sur le bassin charbonnier du Donetz. Clemenceau veut aussi envoyer des techniciens ayant pour mission de « contribuer à la reconstruction économique du pays en étendant son action dans le domaine industriel et commercial. » Cette opération d’envergure doit mobiliser, outre la IIe escadre du vice-amiral Amet, des divisions prises sur l’armée d’Orient. Il est prévu aussi de s’appuyer sur les 500 000 soldats allemands qui stationnent en Ukraine depuis la paix de Brest-Litovsk pour maintenir l’ordre en attendant l’arrivée des troupes françaises13. Mais rien ne va se passer comme voulu par l’entreprenant Président du Conseil. L’opération nécessite de gros moyens logistiques. Or ceux-ci sont immédiatement insuffisants. La démobilisation de la flotte de commerce a commencé, ce qui prive la marine de guerre de transports de troupes. Les amiraux sont obligés de se « débrouiller » en mettant en service des navires de commerce russes dans la mer Noire, soit quelque 125 000 tonnes. Navires qu’il faut armer avec des hommes prélevés sur les bâtiments de combat1. Ceux-ci se retrouvent, à certains moments, avec à peine les deux tiers de leurs effectifs réglementaires. L’hiver 1918-1919, très froid dans les Balkans, éprouve aussi beaucoup les équipages car les navires français, conçus pour la Méditerranée, sont particulièrement mal préparés. Le vice-amiral Amet se voit obliger de quémander le soutien logistique du train d’escadre britannique, tout particulièrement pour le charbon. À bien des égards, la politique d’intervention de Clemenceau relève d’un coup de tête. Celui-ci repose sur nombre d’a priori, les uns idéologiques (détruire le Bolchevisme), les autres dus au manque d’informations. Car la défaillance des services de renseignement français sur la Russie est à peu près totale. On pense à Paris que la population locale va faire bon accueil aux forces françaises, sans avoir pris la mesure de son ressentiment après quatre ans de blocus. Clemenceau déteste les Turcs et mène une politique pro-hellénique. Il est cependant très difficile d’intervenir en mer Noire sans leur soutien. L’amiral de Bon, présent sur place pour surveiller les clauses de l’armistice avec la Turquie, et fin observateur politique, prône l’entente avec les dirigeants turcs mais ne parvient pas à convaincre le gouvernement français. Franchet d’Esperey incite à la prudence. Il fait remarquer que ses soldats sont fiers de leur victoire dans les Balkans, mais ne sont absolument pas enthousiastes à l’idée de poursuivre la guerre jusqu’en Ukraine et il redoute – déjà – une contamination du contingent par les idées bolcheviques. Quant aux troupes coloniales, nombreuses dans l’armée d’Orient, elles ne sont pas adaptées au rigoureux climat russe. Voir aussi en russe, l'évacuation d'Odessa : https://ru.wikipedia.org/wiki/Одесская_эвакуация_(1919)