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Tout ce qui a été posté par Wallaby
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Israël et voisinage.
Wallaby a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Quand deux chercheurs de Chatham House, le célèbre think tank britannique, publient dans Foreign Affairs, émanation du Council on Foreign Relations américain, pour dire qu'Israël est un "agresseur" "révisionniste"... https://www.foreignaffairs.com/israel/middle-east-israel-has-made (1er octobre 2025) Le Moyen-Orient façonné par Israël Pourquoi Washington regrettera le coût de l'agression israélienne Galip Dalay et Sanam Vakil Les pays du Moyen-Orient considèrent de plus en plus Israël comme leur nouvelle menace commune. La guerre menée par Israël à Gaza, ses politiques militaires expansionnistes et son attitude révisionniste sont en train de remodeler la région d'une manière que peu de gens avaient anticipée. Les perspectives [du plan de paix en 20 points] sont sombres tant qu'Israël continue à se comporter de manière agressive et ignore les revendications et les préoccupations légitimes des Palestiniens. De nombreux pays de la région réagissent à l'agression israélienne en diversifiant leurs partenariats en matière de sécurité, en investissant dans leur propre autonomie et en s'éloignant de la normalisation avec Israël. Ne pas régler la question palestinienne et permettre à Israël d'agir de manière agressive en toute impunité alimentera également une nouvelle vague de radicalisme qui menacera les intérêts américains, la stabilité régionale et la sécurité mondiale. L'Arabie saoudite, naguère soumise à une forte pression américaine pour normaliser ses relations avec Israël, hésite désormais non seulement en raison des risques internes, mais aussi parce qu'elle doute de la fiabilité d'Israël en tant que partenaire stratégique, compte tenu de la série d'actions agressives menées par ce dernier ces dernières années. Le révisionnisme et l'agression d'Israël accélèrent également la militarisation et la diversification des stratégies de défense dans toute la région. Cette attaque a porté atteinte non seulement au Qatar, mais aussi au prestige et à la crédibilité des États-Unis : les dirigeants du Golfe ont tiré de cet épisode la leçon qu'Israël est imprévisible et agressif, et que les garanties de sécurité américaines ne sont pas fiables. [Les Turcs et les Saoudiens] pourraient collaborer pour tenter de stabiliser la Syrie et coordonner leurs efforts dans le cadre de forums multilatéraux afin de mettre fin à la guerre à Gaza et de freiner l'agression israélienne. Sans changement de cap, les États-Unis seront à la traîne dans une région définie moins par le défi posé par l'Iran que par le rôle révisionniste et perturbateur d'Israël. https://fr.wikipedia.org/wiki/Foreign_Affairs https://en.wikipedia.org/wiki/Chatham_House -
La souveraineté numérique est-elle possible ?
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Shorr kan dans Economie et défense
https://www.lowyinstitute.org/the-interpreter/australia-s-ai-choice-standards-setter-or-technology-taker (2 octobre 2025) Si l'Australie adopte une IA conçue selon des spécifications étrangères, nous importons également les choix qui y sont intégrés, notamment en matière de confidentialité, de partialité, d'autonomie et de contrôle. Nous ne pouvons éviter cette dépendance qu'en établissant nos propres lignes directrices en matière de développement de l'IA, explicitement conçues pour préserver notre souveraineté. Cela signifie qu'il faut rédiger les règles de gouvernance ici, et non pas simplement acheter des systèmes et prétendre que nous pourrons les adapter aux « valeurs australiennes » plus tard. Le choix stratégique ne consiste pas à décider d'utiliser ou non l'IA, mais d'utiliser les règles de quelqu'un d'autre ou les nôtres. Nous devons établir des normes. Des règles d'interopérabilité pour l'IA dans le domaine de la défense. Des cadres de transparence pour l'adoption par les gouvernements. Des garde-fous éthiques qui empêchent l'IA d'être utilisée pour manipuler les citoyens ou éroder la démocratie. Si nous parvenons à codifier ces éléments et à convaincre d'autres pays de les adopter, l'Australie deviendra un référentiel en matière de normes. C'est le pouvoir sans la force brute. C'est la même logique qui fait de Genève le gardien du droit humanitaire ou de Bruxelles le législateur mondial en matière de confidentialité. L'influence par la gouvernance. La vraie question est brutale : est-ce nous qui façonnons les règles, ou est-ce nous qui vivons sous leur joug ? Mais soyons honnêtes à propos de Canberra. Laissée à elle-même, la bureaucratie fera ce qu'elle fait toujours : commander une étude, générer de la paperasse, puis acheter discrètement ce que les Américains utilisent déjà. C'est la voie de la moindre résistance déguisée en pragmatisme. Ce n'est pas une stratégie. C'est de la lâcheté administrative. -
Océanie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.independent.co.uk/news/australia-papua-new-guinea-james-marape-anthony-albanese-chinese-b2837896.html (2 octobre 2025) Le Conseil des ministres de Papouasie-Nouvelle-Guinée a approuvé un traité de défense bilatéral avec son voisin proche, l'Australie, ouvrant la voie à la signature par les dirigeants des deux pays d'un accord historique qui, selon les alliés des États-Unis, devrait permettre de limiter l'influence chinoise dans la région. Le Premier ministre de Papouasie-Nouvelle-Guinée, James Marape, a confirmé jeudi que le traité avait été officiellement approuvé par son Conseil des ministres. C'est un exercice d'équilibre pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui cherche également à renforcer sa coopération économique avec la Chine.- 242 réponses
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En tout cas le général viré par Macron, le général Pierre de Villiers, il était pas gros et il faisait du footing avec son état-major : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1095959953819833&id=244385518977285&set=a.307951959287307 (19 février 2016)
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Relations et Rivalité Chine / Etats-Unis
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.rfi.fr/fr/podcasts/à-la-une-en-asie/20250930-taïwan-xi-jinping-déterminé-à-faire-évoluer-la-rhétorique-américaine L’article du Wall Street Journal publié ce samedi a été lu avec beaucoup d’attention à Taïwan. Le quotidien américain rapporte les propos de sources anonymes proches des négociations sino-américaines indiquant que Xi Jinping chercherait à conditionner un possible futur accord commercial avec les États-Unis à une opposition explicite à l’indépendance de Taïwan. Ceci, alors que le président chinois doit rencontrer son homologue américain Donald Trump à la fin du mois d’octobre en Corée du Sud, à l’occasion du sommet des pays de l’Apec. Pas plus tard que la semaine dernière, on a appris que le président américain avait suspendu l’envoi d’une aide militaire de 400 millions de dollars promise à Taïwan. Un geste interprété comme une tentative d’amadouer Pékin pour la conclusion d’un accord et qui renforce les inquiétudes de voir la situation de Taïwan instrumentalisée à des fins économiques. Le secrétaire américain au commerce, Howard Lutnick, a déclaré ce dimanche souhaiter que les fabricants taïwanais produisent à termes directement aux États-Unis 50% des puces électroniques à destination du marché américain. Une mesure perçue à Taïwan comme une remise en cause directe du « bouclier de silicone silicium [1] », cette avance technologique d’exception dont l’île est porteuse sur les semiconducteurs, et garantissant donc, de fait, sa protection militaire. [1] On devrait peut-être remplacer les journalistes de RFI par des IA. Au moins une IA ne ferait pas cette erreur de débutant de traduire le mot anglais "silicon" par "silicone". Le silicium est un métal argenté, dur, coupé en tranches, sur lesquelles on imprime les circuits intégrés, dont la propriété essentielle est d'être un semi-conducteur, c'est à dire qu'on va pouvoir moduler ses propriétés électroniques en le dopant avec différents atomes (Arsenic, Gallium, Aluminium, Bore...). La silicone en revanche est une substance caoutchouteuse qui permet d'étanchéifier les lavabos et les douches. -
Chine
Wallaby a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20250929-chine-un-ancien-ministre-de-l-agriculture-condamné-à-mort-pour-corruption Un ancien ministre de l'Agriculture condamné à mort pour corruption Tang Renjian a été condamné à mort, avec sursis à exécution, dans un gigantesque scandale de corruption. Cet ancien ministre de l'Agriculture et gouverneur de province aurait utilisé son pouvoir pour obtenir plus de 268 millions de yuans (32 millions d'euros) de pots-de-vin durant ses dix-sept années d'activité politique. Cette nouvelle condamnation s'inscrit dans la logique de la vaste campagne anticorruption lancée par le président Xi Jinping. Avant d'être ministre de l'Agriculture (2020-2024), Tang Renjian avait notamment été gouverneur de la province du Gansu (nord-ouest), ainsi que vice-président de la région autonome du Guangxi (sud). Il a été condamné à mort pour corruption dimanche 28 septembre. Une rapidité qui rappelle les investigations ayant fait tomber deux ministres de la Défense, Li Shangfu et Wei Fenghe. Cette campagne anticorruption est aussi perçue par les observateurs comme le moyen pour Xi Jinping de serrer les rangs et purger ses opposants. -
Israël et voisinage.
Wallaby a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
https://responsiblestatecraft.org/israel-influencers-netanyahu/ (30 septembre 2025) Israël paie les influenceurs 7 000 dollars par publication. https://responsiblestatecraft.org/israel-chatgpt/ (29 septembre 2025) Israël veut entraîner ChatGPT à être plus pro-israélien Dans le cadre d'un nouveau contrat de 6 millions de dollars, la société américaine « Clock Tower X » générera et déploiera du contenu sur différentes plateformes, aidera à développer des algorithmes de jeux et gérera des « cadres » d'IA afin de les rendre plus favorables à la cause. Un sondage Gallup réalisé en juillet a révélé que seuls 9 % des Américains âgés de 18 à 34 ans soutiennent l'action militaire d'Israël à Gaza. D'autres sondages montrent que la cote de popularité d'Israël est en baisse de manière plus générale auprès du public américain. Une autre société américaine, Stagwell Global, a récemment mené une enquête similaire pour le ministère israélien des Affaires étrangères. Bien que les résultats soient beaucoup plus favorables à Israël que ceux d'autres enquêtes, le sondage, qui a été divulgué à Drop Site, révèle tout de même que 47 % des Américains pensent qu'Israël commet un génocide. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.encounterbooks.com/books/a-disaster-of-our-own-making/ (22 octobre 2024) En 1991, la guerre froide s'est terminée par une victoire sans effusion de sang pour l'OTAN. Après 45 ans d'une guerre froide épuisante et teintée de nucléaire, le communisme était mort, l'Europe de l'Est était libre, la Russie se tournait vers l'Occident pour savoir comment se construire un avenir meilleur et plus libre, et la démocratie libérale et le capitalisme régnaient en maîtres. Mais dans les ruines de la dernière guerre se trouvent les germes du prochain grand conflit. Sous la surface des relations internationales de l'après-guerre froide se posait la question de l'avenir de l'OTAN après la disparition de la menace soviétique. Les dirigeants occidentaux estimaient que l'expansion dans les anciens États soviétiques d'Europe de l'Est était la suite logique. Mais les Russes s'y opposaient. Pendant 30 ans, une succession de dirigeants russes – de Mikhaïl Gorbatchev à Boris Eltsine en passant par Vladimir Poutine – ont averti l'Occident que l'expansion de l'OTAN dans les territoires limitrophes de la Russie, notamment en Ukraine, déclencherait une réponse violente de Moscou. Pourtant, l'Occident n'a pas écouté. Contrairement au discours populaire en Occident, A Disaster of Our Own Making: How NATO Expansion Doomed Ukraine (Une catastrophe dont nous sommes nous-mêmes les auteurs : comment l'expansion de l'OTAN a condamné l'Ukraine) montrera aux lecteurs comment les Occidentaux ont créé la crise actuelle avec la Russie et pourquoi des Ukrainiens innocents sont contraints de payer de leur vie l'arrogance (et l'ignorance) des dirigeants occidentaux de l'après-guerre froide. Grâce à leur orgueil démesuré, le monde est aujourd'hui au bord d'une guerre nucléaire mondiale potentielle à propos du statut de l'Ukraine. L'escalade de la guerre en Ukraine n'est pas seulement une autre guerre par procuration, elle pourrait déclencher la Troisième Guerre mondiale. Les Américains doivent cesser d'accepter aveuglément ce que leur dit leur appareil sécuritaire national. Comme l'explique en détail Brandon Weichert, la crise qui se déroule actuellement en Ukraine est sans aucun doute un « désastre dont nous sommes nous-mêmes les auteurs ». Joe Kent, ancien béret vert à la retraite, ancien officier des opérations paramilitaires de la CIA et auteur de Send Me: The True Story of a Mother at War Si vous ne deviez lire qu'un seul livre cette année, ce devrait être la critique cinglante de Brandon Weichert sur l'échec de la politique américaine en Ukraine. Contrairement à tout ce que vous avez entendu dans la chambre d'écho de la presse traditionnelle, Washington a cherché la confrontation avec la Russie dans le cadre de son projet utopique d'exportation de la démocratie. Weichert n'est pas un apologiste de la Russie, qu'il qualifie de « paradis des gangsters », mais il dénonce les néoconservateurs et les néolibéraux qui « ont abandonné toute prétention de proportionnalité et ont adopté une approche maximaliste visant à faire s'effondrer la Russie elle-même ». Pire qu'un crime, c'était une erreur monumentale : l'administration Biden a largement sous-estimé la capacité de la Russie à mobiliser des ressources humaines et matérielles, ainsi que l'aide qu'elle allait recevoir de l'Inde, de la Chine et d'autres partenaires commerciaux. Au moment où "A Disaster of Our Own Making" est mis sous presse, la position de l'Ukraine s'effrite et les États-Unis sont confrontés à un revers stratégique pire que celui du Vietnam. Méticuleusement documenté, soigneusement argumenté et d'une précision implacable, le livre de Weichert est un défi courageux lancé au conformisme de l'establishment et à l'aveuglement stratégique. Lisez-le et envoyez-en un exemplaire à votre député. David P. Goldman, rédacteur en chef adjoint de l'Asia Times et membre du Claremont Institute à Washington Weichert emmène le lecteur dans un voyage étape par étape qui montre à quel point l'establishment bipartite de Washington en matière de politique étrangère, ainsi que ses alliés de l'OTAN, ont détruit la paix durement acquise après la guerre froide avec la Russie au sujet de l'Ukraine. Plutôt que de chercher à maintenir une paix plus équitable grâce à un réalisme froid et dur dans le monde de l'après-guerre froide, l'establishment américain en matière de politique étrangère a cherché à exercer un contrôle maximal. Les Américains et les Européens ne paient pas le prix de cette arrogance dans les champs de bataille de l'Ukraine. Comme le montre Weichert, la situation en Ukraine aurait pu être entièrement évitée. Ce livre est une mise en accusation minutieusement documentée et brillamment écrite des idéologues incompétents qui dirigent Washington aujourd'hui, ainsi qu'un appel à un changement radical. Harry J. Kazianis directeur principal des affaires de sécurité nationale au Center for the National Interest -
Relations et Rivalité Chine / Etats-Unis
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Cela correspond assez bien au positionnement pour l'Australie préconisé par Hugh White : ne pas se laisser entraîner, via l'AUKUS, dans un conflit sino-américain à Taïwan où l'Amérique est probablement perdante. Préconiser au contraire un partage pacifique des zones d'influence entre la Chine et l'Amérique : - Positionner l'Australie dans la zone tampon entre la Chine et l'Inde : -
Relations et Rivalité Chine / Etats-Unis
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.foreignaffairs.com/japan/how-america-outcompeted-japan (1er octobre 2025) [Introduction] Aujourd'hui, à Washington, une inquiétude familière plane dans l'air. Les décideurs politiques américains craignent que la Chine ne dépasse les États-Unis dans les technologies les plus importantes, notamment la robotique et l'intelligence artificielle. Les États-Unis ont déjà connu cette situation dans les années 1980. À l'époque, le spectre n'était pas Pékin, mais Tokyo. Des livres à succès tels que Japan as Number One mettaient en garde contre la domination japonaise. La série Frontline de PBS a diffusé le documentaire « Losing the War to Japan » (Perdre la guerre contre le Japon). La Silicon Valley semblait épuisée après le retrait des producteurs américains du marché des puces mémoire telles que les DRAM. Detroit, humiliée par la production allégée du constructeur automobile japonais Toyota, semblait être un exemple à ne pas suivre. L'emprise du Japon sur l'automobile et l'électronique grand public semblait inébranlable. Mais en 1995, lorsque le boom des technologies de l'information s'est enfin reflété dans les statistiques de productivité, les États-Unis avaient pris une avance décisive. Les prévisions d'un déclin relatif des États-Unis étaient erronées, non pas parce que le Japon avait trébuché, mais parce que les États-Unis avaient excellé au moment crucial, à l'aube de l'ère informatique. Les États-Unis n'ont pas battu le Japon en érigeant des barrières douanières ou en soutenant leurs champions nationaux. Le leadership américain reposait sur une concurrence ouverte et sur la flexibilité nécessaire pour réorganiser les chaînes d'approvisionnement à l'échelle mondiale à mesure que la technologie évoluait — en un mot, sur le dynamisme. Aujourd'hui, l'administration Trump semble avoir oublié cette leçon. Depuis son retour à la présidence, Donald Trump a exhorté le directeur d'Intel à démissionner, exigé un versement de 15 % à Washington sur certaines ventes de puces Nvidia et Advanced Micro Devices à la Chine, et obtenu une « action privilégiée » du gouvernement dans U.S. Steel dans le cadre du rachat de la société japonaise Nippon Steel. Ces interventions arbitraires, au cas par cas, rompent avec l'approche fondée sur des règles qui a permis aux États-Unis de devancer le Japon. [Le Japon] En conditionnant l'accès au marché à l'octroi obligatoire de licences de brevet, notamment dans le cadre des négociations avec les entreprises technologiques américaines IBM et Texas Instruments, le MITI a veillé à ce que les innovations de pointe soient transmises aux entreprises japonaises. Dans le cas d'IBM, Shigeru Sahashi, alors directeur du Bureau des entreprises du MITI, a menacé de bloquer les activités de l'entreprise au Japon si elle n'accordait pas de licence pour ses technologies à des entreprises locales à un taux de redevance plafonné à 5 %. IBM a accepté. Pendant ce temps, l'industrie manufacturière japonaise mettait l'accent sur le kaizen (amélioration continue), la production allégée et la livraison juste à temps. La restructuration des entreprises a contribué à faire progresser ces principes, les groupes d'entreprises interconnectés, ou keiretsu, ayant remplacé les zaibatsu. Au milieu des années 1960, six de ces groupes contrôlaient environ 30 % des entreprises japonaises, coordonnant la fabrication complexe et érigeant des barrières à l'entrée pour les étrangers. En 1980, ce modèle avait donné des résultats remarquables. Les ouvriers japonais du secteur automobile étaient environ 17 % plus productifs que leurs homologues américains, et les constructeurs automobiles américains Ford et General Motors affichaient des pertes dépassant 1,3 milliard de dollars. Dans l'industrie japonaise des semi-conducteurs, les fabricants de puces travaillaient en étroite collaboration avec les fournisseurs d'équipements afin d'éliminer les défauts de production. En 1989, le Japon était devenu un exportateur mondial [de semi-conducteurs], fournissant un quart de toutes les importations américaines et satisfaisant environ la moitié de la demande mondiale. Pendant ce temps, les États-Unis ont vu leur part du marché mondial [des semi-conducteurs] passer de 57 à 40 % en un peu plus d'une décennie. Pourtant, les institutions mêmes qui ont donné cet avantage au Japon ont également freiné les changements radicaux. Le pays excellait dans l'absorption et le perfectionnement des inventions d'autrui (télévision couleur, Walkman, magnétoscope) et consacrait une grande partie de sa R&D à l'efficacité des processus. Cela avait du sens à l'ère du matériel informatique mature, mais cela a laissé le Japon mal positionné pour le passage au logiciel et au commerce électronique. La raison réside dans l'organisation industrielle. Les keiretsu facilitaient la coopération interne et rendaient difficile l'entrée de nouveaux acteurs. La coordination de type cartel était tolérée et l'application des lois antitrust était faible. Comparé à la tradition de concurrence des États-Unis, le système japonais favorisait les acteurs en place. En 1989, les tribunaux japonais n'avaient engagé que six poursuites pénales en 42 ans d'existence de la loi antimonopole, introduite par les autorités d'occupation alliées dirigées par les États-Unis. Au cours de la même période, le gouvernement américain a engagé 2 271 procédures antitrust, des interventions qui ont stimulé l'emploi et la création d'entreprises. Les lois antitrust américaines décourageaient la taille et la coordination étroite, domaines dans lesquels le Japon excellait, mais elles maintenaient la compétitivité des marchés et encourageaient l'entrée de nouveaux acteurs. Sur cette base, les États-Unis ont finalement pris l'avantage. Tout comme les fondements institutionnels du bond en avant du Japon après la guerre remontent au XIXe siècle, les racines du dynamisme américain remontent également à cette époque. L'essor, à la fin du XIXe siècle, des géants industriels et des trusts nationaux a fait craindre que la concentration du pouvoir n'étouffe la concurrence et l'innovation. En réponse, le Congrès a promulgué en 1890 la loi Sherman Antitrust Act, qui interdisait la monopolisation et les restrictions au commerce. Un quart de siècle plus tard, en 1914, le Congrès a adopté la loi antitrust Clayton et la loi sur la Commission fédérale du commerce, qui ont renforcé les règles relatives aux fusions anticoncurrentielles et aux accords d'exclusivité et ont créé la FTC pour lutter contre la concurrence déloyale. Les effets de ces lois sur le développement technologique ont été durables et concrets. Sous la pression du gouvernement fédéral, des entreprises telles que le fabricant de produits chimiques DuPont ont abandonné leur stratégie de croissance par acquisitions et ont développé leur propre R&D. La législation antitrust a également éliminé les goulots d'étranglement dans le domaine informatique. IBM a utilisé sa position dominante sur le marché pour associer logiciels et matériel informatique, créant ainsi des barrières pour les nouveaux venus. Mais en 1968, sous la pression antitrust, elle a cédé son activité logicielle, créant ainsi un nouveau marché offrant des opportunités aux start-ups, dont Microsoft. De même, une affaire antitrust qui a duré dix ans a conduit à la scission d'AT&T en 1984, supprimant ainsi un goulot d'étranglement unique dans le secteur des télécommunications, au moment même où Internet faisait son apparition. Un marché des opérateurs concurrentiel et fragmenté a permis une explosion d'expérimentations (courrier électronique, transfert de fichiers, outils collaboratifs) menées par les utilisateurs et les nouvelles entreprises. Les marchés décentralisés ont fait le reste. En externalisant des fonctions qu'elles assuraient auparavant en interne, les grandes entreprises ont créé un espace permettant à de nouveaux fournisseurs et à des start-ups spécialisées dans les produits d'entrer sur le marché. Ces start-ups ont pu se développer grâce aux marchés publics plutôt qu'en se vendant aux entreprises déjà établies. Au début des années 2000, les entreprises soutenues par des capitaux-risqueurs représentaient environ un tiers de la capitalisation boursière totale. Cette vague, qui comprenait Amazon, Apple, Cisco, Dell, Google, Microsoft, Netscape et Nvidia, a alimenté la révolution informatique. La productivité des États-Unis a repris, tandis que celle du Japon stagnait. [La Chine] En 2008, l'Assemblée populaire nationale a adopté une loi antimonopole, mais les autorités l'ont appliquée de manière sélective pour sanctionner les entreprises étrangères et les entrepreneurs puissants tout en protégeant les entreprises publiques. Le contrôle exercé sur le secteur privé s'est également renforcé à d'autres égards. Pékin a pris des participations dans des entreprises telles qu'Alibaba, ByteDance et Tencent, et les citoyens ayant des relations politiques ont vu leur portefeuille s'étoffer considérablement. Parallèlement, l'État a tenté d'orienter l'innovation par le biais d'initiatives majeures telles que la campagne de 2003 visant à créer des champions nationaux, l'effort de 2006 pour développer la recherche et le développement dans le domaine des sciences et des technologies, et des projets plus récents tels que « Made in China 2025 » et « Internet Plus », qui ont permis d'injecter des milliers de milliards de yuans sous forme de subventions, d'allégements fiscaux et de capital-risque guidé par l'État dans les semi-conducteurs, l'intelligence artificielle, les biotechnologies et la robotique avancée. Alors que Pékin a orienté l'économie vers des missions telles que la prospérité commune et l'autonomie technologique, les entreprises publiques se sont développées car elles sont plus faciles à orienter vers des objectifs nationaux qui ne privilégient pas le profit, tandis que les grandes entreprises privées, méfiantes à l'égard des ingérences, évitent de plus en plus les investisseurs liés à l'État. Avec la concentration du pouvoir à Pékin, les expérimentations locales ont diminué et la responsabilité est passée de la performance à la loyauté politique. Les entreprises publiques restent peu innovantes et sont largement absentes des domaines les plus dynamiques, tels que les plateformes numériques, le commerce électronique et l'intelligence artificielle. Les champions nationaux privés ne peuvent se substituer à un dynamisme généralisé. Et les petites entreprises privées et les sociétés à capitaux étrangers, qui sont généralement à l'origine des innovations, sont confrontées à des obstacles croissants. Depuis le début du siècle, le dynamisme des entreprises s'est essoufflé et la productivité a baissé, devenant négative après la crise financière mondiale de 2007-2009 et ralentissant nettement au cours des années 2010. Un certain ralentissement est naturel à mesure que l'économie chinoise rattrape son retard, mais la trajectoire indique un plateau à un niveau de revenu bien inférieur à celui du Japon, de la Corée du Sud ou de Taïwan. Comme le Japon dans les années 1980, la Chine est une puissance industrielle qui gravit les échelons de la chaîne de valeur. Son avantage ne réside pas dans l'innovation radicale, mais dans l'échelle, l'intégration et l'itération rapide, soutenues par la coordination de l'État et des investissements massifs. Prenons l'exemple du train à grande vitesse. La Chine a assemblé des technologies étrangères (provenant de l'Alstom français, du Bombardier canadien, du Kawasaki japonais et du Siemens allemand), puis s'est développée à une vitesse record, ouvrant sa première ligne dédiée aux passagers en 2008 et construisant le plus grand réseau au monde, s'étendant sur environ 30 000 miles, à la fin de l'année dernière. La Chine suit le même scénario dans les domaines des télécommunications, des équipements solaires et des batteries. Ce qu'Apple a fait pour l'écosystème chinois des smartphones (former des fournisseurs chinois qui se sont ensuite associés à des entreprises telles que Huawei), Tesla le fait aujourd'hui pour les constructeurs chinois de véhicules électriques. En tant que nouveau venu, la Chine a souvent fait un bond en avant vers des systèmes modernes, comme l'aéroport international de Pékin-Daxing, avec ses systèmes d'entrée par reconnaissance faciale, ses pompes à chaleur géothermiques et son système de suivi des bagages par radiofréquence. [Pendant ce temps, aux États Unis] Pendant ce temps, les États-Unis peinent à moderniser leurs infrastructures existantes. Le système américain répartissant le pouvoir entre un président élu séparément, un Congrès bicaméral, un pouvoir judiciaire indépendant et les gouvernements fédéral, étatiques et locaux, de nombreux acteurs peuvent bloquer les initiatives. Les droits de veto, conçus comme des garde-fous, ralentissent souvent les décisions et entravent l'adoption de nouvelles technologies et réformes. [1] [1] Voir aussi dans cette même revue Foreign Affairs, l'article de Francis Fukuyama de 2014 « L'Amérique en pourrissement - les sources du dysfonctionnement politique » [ https://forum.air-defense.net/topic/11243-usa/page/215/#comment-954690 ] qui insiste entre autres sur la démesure du pouvoir judiciaire, encore souligné deux messages ci-dessus par Dan Wang remarquant que lorsqu'en Chine les dirigeants sont des ingénieurs, en Amérique le plus souvent ce sont des avocats. Il existe des raisons valables en matière de sécurité pour réduire l'exposition à la Chine dans certains domaines spécifiques, tels que les minéraux critiques, mais l'autosuffisance est un mirage. Le moyen d'atténuer l'influence de Pékin n'est pas de rompre les liens commerciaux, mais de stimuler l'intégration avec des alliés tels que le Mexique et la Corée du Sud. Historiquement, les États-Unis ont prospéré en s'intégrant dans les réseaux mondiaux et en les utilisant à leur avantage. Après l'affaire Buckley v. Valeo, décision rendue en 1976 par la Cour suprême qui assimilait les limites imposées aux financement des campagnes électorales à des restrictions à la liberté d'expression, les entreprises ont commencé à investir massivement dans la politique. Entre 1980 et 2012, les dons des cadres supérieurs ont été multipliés par 320, la moitié provenant des 0,01 % des donateurs les plus généreux. Les dépenses de lobbying ont plus que doublé depuis la fin des années 1990, principalement sous l'impulsion des plus grandes entreprises. Bien que les quatre premières entreprises d'un secteur type représentent environ 15 % des revenus, elles fournissent environ 35 % des contributions aux campagnes électorales et 45 % des dépenses de lobbying. Cette pression a porté ses fruits : la Commission fédérale du commerce et le ministère de la Justice appliquent rarement les lois antitrust déjà en vigueur. [Conclusion] La Chine n'est pas le Japon. Son marché est plus vaste et le soutien de l'État plus important. Et pour les États-Unis, les enjeux sécuritaires de cette concurrence sont beaucoup plus élevés. Mais la même règle s'applique : les États-Unis doivent résister à la tentation d'une économie forteresse. Ils doivent traiter Pékin comme un concurrent sérieux, et non comme un modèle à suivre. Carl Benedikt Frey est professeur associé d'IA et travail à l'université d'Oxford et auteur de How Progress Ends: Technology, Innovation, and the Fate of Nations (Comment le progrès prend fin : technologie, innovation et destin des nations). -
La technologie contre la démocratie ?
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
16 juin 2025. Geoffrey Hinton 52:54 Je n'ai pas encore accepté émotionnellement ce que le développement de la super-intelligence pourrait avoir sur l'avenir de mes enfants. -
https://www.geopoliticalmonitor.com/eu-enlargement-at-a-crossroads-in-the-western-balkans/ (30 septembre 2025) Candidate depuis 2014, l'Albanie a officiellement entamé les négociations d'adhésion en juillet 2022. Depuis lors, elle a ouvert cinq groupes thématiques et 28 chapitres (domaines politiques regroupés pour la négociation), y compris des secteurs clés tels que le système judiciaire, les droits fondamentaux et les relations étrangères et économiques. Malgré des premiers pas couronnés de succès, les tensions persistantes entre géopolitique et conditionnalité menacent de faire dérailler le processus d'adhésion de l'Albanie. D'une part, le pays a prouvé à maintes reprises qu'il était un partenaire loyal de l'UE, ayant indéniablement contribué à la stabilité régionale, par exemple grâce à sa participation continue aux initiatives régionales et aux opérations de l'OTAN. D'autre part, elle continue d'attirer l'attention internationale en tant qu'État où les institutions démocratiques ne sont pas à l'abri des épreuves politiques, où les réformes judiciaires sont en cours et où les tensions entre ambitions stratégiques et engagements juridiques continuent de s'exacerber. Edi Rama, le Premier ministre du pays, a fait de l'adhésion à l'UE la pierre angulaire de son programme. Après sa réélection en mai 2025, il a réaffirmé son souhait de voir l'Albanie rejoindre l'UE, avec pour objectif l'horizon 2030. La domination politique de M. Rama, dont le Parti socialiste détient désormais une majorité écrasante au parlement, offre une occasion prometteuse de faire avancer ses principales priorités politiques, conformément aux aspirations d'adhésion du pays. Dans ses conclusions du sommet des Balkans occidentaux de juin 2024, le Conseil européen a salué cet engagement, tout en soulignant l'importance de maintenir la dynamique des réformes. Le rapport 2023 de la Commission européenne sur l'Albanie a quant à lui salué les progrès réalisés dans le domaine judiciaire, en particulier la vérification des antécédents des juges et la poursuite des affaires de corruption de haut niveau par la nouvelle structure spéciale de lutte contre la corruption. Cependant, ces développements récents ont également suscité des inquiétudes quant aux mécanismes démocratiques de contrôle et d'équilibre. Ce même rapport soulignait des problèmes persistants tels que la corruption, le manque de transparence et l'ingérence tant de l'État que du secteur privé dans le domaine des médias. En outre, lors des dernières élections législatives, les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe / Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme (OSCE/BIDDH) ont signalé que le climat de la campagne était « très polarisé » et que les ressources de l'État étaient de plus en plus utilisées au profit du parti au pouvoir. Le modèle de Rama a également suscité des critiques dans les cercles de politique étrangère, car l'accord bilatéral conclu en 2023 entre l'Albanie et l'Italie pour accueillir des centres de traitement des migrants sur son territoire a été considéré comme controversé, faisant l'objet d'un examen juridique et éthique approfondi. Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a récemment critiqué cet accord, avertissant qu'il pourrait compromettre les obligations internationales en matière d'asile, alors que la Cour constitutionnelle albanaise en a suspendu la mise en œuvre plus tôt cette année, invoquant la nécessité d'une évaluation juridique. Du point de vue de Tirana, cet accord pourrait constituer un geste de partenariat stratégique et d'alignement avec un État membre influent de l'UE. Cependant, même si remporter des victoires bilatérales et gagner des alliés au sein de l'Union témoigne d'une volonté politique et d'un désir d'adhésion, cela illustre également les risques liés au fait de laisser les affaires régionales et la géopolitique prendre le pas sur les engagements normatifs. Il existe toutefois un autre point de vue, certains estimant que l'accélération de l'adhésion de l'Albanie parallèlement à celle d'autres États de la région démontrerait la détermination stratégique de l'Union. D'autres craignent toutefois qu'un assouplissement des normes n'entraîne un nouveau recul démocratique au sein de l'UE. Cela compromettrait non seulement la crédibilité de l'élargissement, mais renforcerait également les faiblesses en matière de gouvernance, qui pourraient s'avérer difficiles à corriger une fois l'adhésion à l'UE acquise. Sans compter que cela pourrait également envoyer un mauvais signal à d'autres pays candidats, tels que l'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie, en leur laissant entendre que l'alignement géopolitique prime sur la préparation institutionnelle. Afin de garantir l'intégrité du processus, l'UE devrait maintenir la cohérence dans l'application de ses conditions. Cela inclut un contrôle continu des processus électoraux, de l'indépendance judiciaire, du pluralisme des médias et de la lutte contre la corruption. Des méthodes telles que l'instrument d'aide de préadhésion (IPA III) et la facilité pour la réforme et la croissance dans les Balkans occidentaux offrent des possibilités d'engagement accru sans compromettre les normes. La voie suivie par l'Albanie et l'ensemble de la région, ainsi que leurs aspirations, sont sans l'ombre d'un doute réelles et légitimes. Certes, le fait de retarder ce processus pourrait offrir à d'autres acteurs régionaux et géopolitiques l'occasion d'exercer leur propre influence sur les Balkans occidentaux, mais une étape aussi importante que l'adhésion à l'UE doit rester une question de préparation plutôt que d'opportunité. À l'avenir, la géopolitique et l'élargissement pourraient ne pas être incompatibles s'ils sont soigneusement équilibrés. Cependant, laisser l'un prendre le pas sur l'autre risque de transformer l'adhésion en une stratégie à court terme plutôt qu'en une solution à long terme.
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2023 Guerre de Soukhot
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Titus K dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.theguardian.com/commentisfree/2025/sep/30/tony-blair-jared-kushner-gaza-plan-catastrophe Et pourtant, nous voici à nouveau, en 2025, à parler d'un gouvernement d'occupation occidental imposé à une région du Moyen-Orient – et dirigé par Blair, rien de moins – avec les mêmes vieilles visions de prospérité économique déconnectées des réalités du terrain ou des droits des populations. Cela ne fonctionnera pas, et il ne faut pas leur faire confiance. L'autodétermination n'est pas seulement un droit inscrit dans la Charte des Nations Unies, c'est aussi le désir fondamental de tous les peuples de décider de leur propre destin et de construire leur propre société. L'imposition d'une gouvernance venue de l'extérieur – une entreprise colonialiste qui, depuis longtemps, repose sur l'exploitation des richesses par la répression de la liberté – n'est tout simplement pas une voie viable vers une politique stable, car elle manque intrinsèquement de soutien populaire et d'adhésion, et est incapable de comprendre avec précision et suffisamment de nuance la culture et la dynamique locales. Un gouvernement de Gaza dirigé par Blair serait, tout comme le gouvernement américain en Irak, une greffe incompatible qui serait rejetée par le corps, conduisant à un cycle de violence et d'escalade qui est tout à fait évitable et qui n'est dans l'intérêt de personne. Enfin, de presque personne. Le partenaire de Blair dans cette entreprise, Jared Kushner, est, tout comme le négociateur en chef américain Stephen Witkoff et Donald Trump lui-même, un promoteur immobilier dans l'âme. Mais le monde n'est pas obligé de se prêter au jeu de ce néocolonialisme édulcoré. Le plan arabe pour Gaza, mené par l'Égypte, propose une alternative claire : un gouvernement palestinien intérimaire technocratique conduisant à la restauration d'un gouvernement palestinien démocratiquement élu, et une reconstruction de Gaza conçue, dirigée et mise en œuvre par le peuple palestinien. -
2023 Guerre de Soukhot
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Titus K dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.eurotopics.net/fr/345928/plan-en-20-points-pour-gaza-une-opportunite-de-paix (1er octobre 2025) Un rôle important pourrait échoir à l'ex-Premier ministre britannique Tony Blair dans le plan de paix à Gaza. Naftemporiki (Grèce) y voit une décision malheureuse : « C'est un politique honni par de nombreux Arabes au Proche-Orient, car il avait favorisé l'invasion américaine en Irak en 2003 en avançant de faux arguments. Blair est aussi considéré aujourd'hui comme l'incarnation des liens étroits entre politique occidentale et économie. Par ailleurs, il lorgne sur les ressources gazières au large de Gaza. ... Gaza ne deviendra peut-être pas la 'riviera' que le président Trump et les barons de l'immobilier s'étaient imaginés, mais plutôt le nouvel 'eldorado' des groupes pétroliers au Proche-Orient ». Le plan est bien trop vague pour pouvoir fonctionner, fait valoir Le Soir (Belgique) : « C’est l’une des failles visibles : le plan prévoit des étapes – comme l’évacuation militaire israélienne étagée – mais sans aucun calendrier ! Les incidents sur le terrain, qu’on peut déjà imaginer nombreux, pourront donc tout remettre en question, servir de prétextes à Israël pour tout bloquer. … Quant au Hamas, il doit répondre à une étrange injonction : le suicide ou subir les foudres mortelles d’Israël. ... Il doit restituer tous les otages dans les trois jours, qu’il considérait comme ses derniers atouts, et espérer qu’Israël tiendra parole, ne cherchera pas à procrastiner peu ou prou, voire à saboter l’accord. ... Cet accord bien trop vague porte en lui les germes de son échec. Sauf à espérer un vrai miracle ». Nétanyahou est dos au mur, analyse La Repubblica (Italie) : « Plusieurs facteurs expliquent pourquoi Nétanyahou doit transiger : il y a d'abord l'épuisement d'un pays qui, au bout de deux ans de contestation et de tensions, n'en peut plus de faire la guerre. Cela concerne non seulement les familles des otages, mais aussi celles des centaines de milliers de réservistes mobilisables. Il y a ensuite l'économie, qui malgré sa vigueur, paie le prix de la guerre : recul des investissements étrangers, croissance en berne et turbulences sur le marché du travail. La banque centrale d'Israël estime que les guerres ont coûté 55,6 milliards de dollars [soit 47 milliards d'euros] entre 2023 et 2025 ». The Daily Telegraph (Royaume-Uni) pointe des similitudes avec la fin du conflit nord-irlandais : « Le plan semble inspiré de l'accord du Vendredi saint, qui avait rétabli la paix en Irlande du Nord, soit la plus grande victoire de la politique britannique de ces trente dernières années. Les deux plans de paix se caractérisent tous deux par leur évolutivité. Au lieu d'énoncer une liste de propositions rigides 'à prendre ou à laisser', ils proposent aux deux camps des récompenses croissantes au fil des ans. Par ce mécanisme, la confiance mutuelle – et, espérons-le, la paix – s'établit à travers des actes de plus en plus concrets et non de simples engagements. Même le choix des mots est identique. L'IRA n'avait pas été sommée de rendre les armes mais de les mettre 'hors d'usage'. C'est ce qu'on retrouve dans le plan pour Gaza. Un autre point commun avec le plan nord-irlandais est l'idée d'une amnistie pour les terroristes ». -
Maroc : politique extérieure et influences
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Bechar06 dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.franceinfo.fr/monde/afrique/maroc/le-peuple-veut-la-sante-et-l-education-pourquoi-la-jeunesse-marocaine-se-mobilise-a-travers-le-pays_7525858.html (1er octobre 2025) Des manifestations sont observées partout dans les grandes villes du pays, et les mêmes slogans qui unissent reviennent : "Le peuple veut la santé et l'éducation". "Les jeunes réclament des écoles et des hôpitaux, ce n'est pas impossible, c'est indispensable. Comment les autorités ne le comprennent-elles pas ?", clame une jeune manifestante. Tout commence il y a deux semaines, devant un hôpital d'Agadir (Maroc) où huit femmes sont mortes après avoir subi des césariennes. Symptôme d'un Maroc à deux vitesses qui, d'un côté, affiche des stades flambant neufs pour la Coupe du monde de football, mais de l'autre, est accusé de délaisser hôpitaux et écoles. "On ne veut pas de football. Si ça avait été bon pour nous, ça ferait longtemps que ça aurait profité à la jeunesse. Nous, on veut la santé. Nos parents souffrent", réclame un jeune homme. -
Relations et Rivalité Chine / Etats-Unis
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
4 septembre 2025. Dan Wang, auteur de “Breakneck: China’s Quest to Engineer the Future” 06:42 En 2002, tous les 9 membres du comité permanent du politburo avaient un diplôme d'ingénieur. 24:43 Parce que je pense qu'il existe encore une opinion largement répandue aux États-Unis selon laquelle la désindustrialisation a été très néfaste, et pas seulement pour des régions comme la Pennsylvanie ou le Michigan, où elle a été particulièrement durement ressentie. On constate également une perte assez évidente de savoir-faire industriel qui se traduit par le déclin de grandes entreprises manufacturières américaines telles qu'Intel, Boeing, les constructeurs automobiles de Detroit et, aujourd'hui, de plus en plus, Tesla. Ils ont connu principalement de mauvaises nouvelles au cours des derniers trimestres et des dernières années. Dans le cas de Detroit, depuis plusieurs décennies, les grands fabricants ne fonctionnent pas très bien. Et si l'on examine les débuts de la pandémie de COVID, les fabricants américains n'étaient pas très doués pour fabriquer des produits simples, même des produits nécessaires comme des cotons-tiges et des masques en coton, et ils n'ont pas vraiment été capables de réorganiser leurs chaînes d'approvisionnement afin de produire des matériaux essentiels. 25:39 Si l'on examine la base industrielle de défense américaine après, les États-Unis ont expédié beaucoup de munitions à l'Ukraine pour l'aider à se défendre contre la Russie, les États-Unis n'ont pas vraiment été en mesure de reconstituer leurs stocks de munitions. Si l'on examine les navires de la marine américaine, toutes les classes de navires ont désormais pris du retard. 29:38 Nous ne pouvons pas gagner une guerre sans drones et munitions, et aujourd'hui il semble que les États-Unis ne soient pas en mesure de les produire en quantités. 1:02:27 Ce que les Chinois veulent faire, c'est juste maintenir les choses dans un état vraiment stable, et juste patienter jusqu'à l'effondrement de l'Occident. -
Allemagne
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.dw.com/en/german-unemployment-rises-above-3-million/a-73808583 (29 août 2025) Le chômage a dépassé les 3 millions pour la première fois depuis février 2015. L'Allemagne est confrontée à une faiblesse économique prolongée, et les droits de douane imposés par le président américain Donald Trump risquent de la plonger dans une troisième année consécutive sans croissance, ce qui serait sans précédent dans l'histoire de l'après-guerre. « Les incertitudes économiques mondiales et la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine continuent d'entraîner une faiblesse économique », a déclaré la ministre du Travail, Bärbel Bas. « Les vents contraires cycliques continuent de laisser leur empreinte sur le marché du travail et nécessitent des contre-mesures. » Le président de la Confédération des associations patronales allemandes, Rainer Dulger, a déclaré que près de trois ans de récession commençaient à avoir des répercussions sur le marché du travail. Il a qualifié les trois millions de chômeurs de « honte » et a blâmé l'inaction politique, appelant à un « véritable automne des réformes ». L'économie dans son ensemble reste bloquée. Après deux années consécutives de récession, le PIB a encore reculé de 0,3 % au printemps. L'industrie, en particulier, est confrontée à des coûts énergétiques élevés, tandis que les exportations subissent la pression des politiques tarifaires américaines. Les fabricants de machines avertissent que leurs activités aux États-Unis sont menacées. De nombreuses entreprises réagissent en procédant à de nouveaux licenciements. -
santé Santé publique ressource stratégique?
Wallaby a répondu à un(e) sujet de rendbo dans Economie et défense
https://www.theguardian.com/commentisfree/2025/oct/01/colon-cancer-young-people-smoking-ultra-processed-foods Si le tabagisme était le principal facteur de risque de cancer au XXe siècle, la consommation d'aliments ultra-transformés pourrait bien être son équivalent au XXIe siècle. La science n'a pas encore tranché, mais les recherches avancent rapidement. On dit souvent que l'alimentation est un médicament. Et comme nous l'apprenons de plus en plus, l'alimentation est aussi un moyen de prévention. À ce propos, une étude réalisée en 2025 a révélé que la consommation régulière de yaourt pouvait réduire le risque de développer un cancer du côlon, un sous-type de cancer colorectal. Si vous devez retenir une seule chose de cet article, c'est donc de manger plus de yaourt et moins d'aliments ultra-transformés. La professeure Devi Sridhar est titulaire de la chaire de santé publique mondiale à l'université d'Édimbourg. -
co² Economie et climat. CO2 or not CO2?
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Economie et défense
https://sciencepost.fr/contre-toute-attente-lamazonie-fait-exactement-linverse-de-ce-que-predisaient-les-climatologues/ (29 septembre 2025) La circonférence des arbres amazoniens augmente en moyenne de 3,3 % chaque décennie depuis les années 1970. Cette progression constante et généralisée représente un phénomène sans précédent dans l’histoire forestière moderne. Le plus surprenant dans cette découverte réside dans son caractère universel. Contrairement aux hypothèses initiales des chercheurs, cette croissance accélérée ne concerne pas seulement une catégorie d’arbres, mais bien l’ensemble de l’écosystème forestier. Des jeunes pousses luttant pour accéder à la lumière jusqu’aux géants centenaires dominant la canopée, tous participent à cette expansion collective. Ce phénomène, connu sous le nom d’effet fertilisant du CO2, se révèle plus puissant et plus durable que ne l’avaient anticipé les modèles climatiques. -
Moldavie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Aux législatives, je ne sais pas. À la présidentielle, si : « Sans les voix des Moldaves de l'étranger, Sandu ne serait jamais devenue présidente » -
Moldavie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Si on m'écoutait il y aurait zéro bureau de vote à l'étranger. Quand j'étais Français de l'étranger je ne votais pas pour les députés et je trouvais ça parfaitement normal. On avait un (ou plusieurs, je ne sais plus) sénateur pour les Français de l'étranger, mais zéro député. Quand vous payez vos impôts dans un autre pays, ce n'est pas à vous de décider du budget qui détermine les impôts que vous n'allez pas payer. -
Moldavie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Qu'est-ce que la démocratie pourrait bien avoir à faire avec le nombre de bulletins de vote ou le nombre de bureaux de vote ? Quelle idée saugrenue, en effet. -
Allemagne
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Apparemment, c'est un thème qui fair fureur en France en mai et juin 2025. Je n'ai lu aucun de ces deux articles : https://www.lefigaro.fr/livres/jean-sevillia-la-republique-de-weimar-quand-l-allemagne-marchait-a-l-abime-20250518 (18 mai 2025) Jean Sévillia : « La République de Weimar, quand l’Allemagne marchait à l’abîme » https://www.lefigaro.fr/livres/la-republique-de-weimar-de-jean-paul-bled-la-victoire-du-nazisme-n-etait-pas-ineluctable-20250529 (29 mai 2025) La République de Weimar, de Jean-Paul Bled : la victoire du nazisme n’était pas inéluctable En revanche, j'ai écouté cette émission : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/repliques/la-republique-de-weimar-6567257 (21 juin 2025) Johann Chapoutot, Les irresponsables, Qui a porté Hitler au pouvoir ? NRF Gallimard 2025 Jean-Paul Bled, La République de Weimar, Perrin 2025 Avec la République de Weimar, l'Allemagne, nous dit, Johann Chapoutot, montrait au monde "son autre visage, celui de la vieille littérature, des arts et de la philosophie, loin de Berlin et de postes d'armes, des casques à pointes et des casernes, l'Allemagne de l'Aufklärung et de la Weimarer Klassik, non celle du militarisme, des défilés, au son du fifre et des canons". Johann Chapoutot rappelle qu'il y a une autre Allemagne, qui est celle de 1848-49, "parce que la République de Weimar en 1919, avec le vote en 6 mois d'une constitution libérale, démocratique, parlementaire, est l'aboutissement d'un cycle révolutionnaire qui a été avorté en 1849, 70 ans après cet autre chemin particulier d'Allemagne qui était celui de Kant, qui était celui de la Weltlitteratur, de l'humanisme et de l'universalisme. C'est cela qui s'est concrétisé à Weimar". "Contrairement à l'idée que l'on a souvent, la République de Weimar est une république saine et forte. On dirait aujourd'hui "résiliente", puisque de fait, elle a survécu au Traité de Versailles, à une occupation illégale en 1923, à l'hyperinflation, à une quasi-guerre civile permanente, à la guerre extérieure jusqu'en 1923. Le champ des possibles indiquait plutôt une réussite de l'expérience démocratique en Allemagne". Mais l'expérience n'aura duré que 14 ans… 00:37 J'avais invité ce matin pour répliquer à l'historien Johann Chapoutot un autre historien, Jean-Paul Bled. Celui-ci a dû malheureusement déclarer forfait. Je dialogue donc avec Johann Chapoutot seul et nous avons du pain sur la planche. Mais je me référerai à Jean-Paul Bled pour qu'il ne soit pas absent de notre débat. 03:23 Et il a fallu ce choc exogène monstrueux, terrible, qui a été celui de la grande crise économique, financière, puis économique et sociale, dont l'Allemagne a été la première victime avec les Etats-Unis, puisque la crise est partie des Etats-Unis et l'Allemagne était sous perfusion de capitaux américains. 03:57 D'ailleurs, Jean-Paul Bled, dans son livre « La République de Weimar », dit que sous la conduite de Gustav Stresemann, qui a été ministre des Affaires étrangères de 1923 à 1929, l'année de sa mort, l'Allemagne a retrouvé progressivement sa place dans le concert européen. Mais alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Alors, vous dites la crise de 1929, mais votre livre, vous l'intitulez « Les irresponsables »... Les irresponsables, ce sont les responsables, en réalité. 04:36 Il y a une conjonction chronologique terrible, une concomitance à l'automne 1929, vous avez cette crise qui se développe à partir des Etats-Unis qui touche l'Allemagne puisque ça vient à la purger des capitaux et des crédits extérieurs américains et britanniques et vous avez le décès de Gustav Stresemann qui était jeune, il avait moins de 60 ans. Et Gustav Stresemann, grand ministre des Affaires étrangères avec Briand, prix Nobel de la paix en 1926, Locarno, la SDN. Il a été aussi le chancelier qui a sauvé l'Allemagne en 1923, puisqu'en 1923, vous avez l'hyperinflation, l'occupation étrangère, des putschs communistes et le putsch nazi en Bavière. Un immense chancelier. Et vous avez cette concomitance malheureuse. Encore une fois, il a fallu un choc exogène terrible qui n'avait rien à voir avec l'histoire allemande en réalité, qui est le fait qu'on a retiré le tapis sous les pieds de l'économie allemande à l'automne 1929. Mais en amont de cela, il y avait tout de même une décision qui avait été prise par ces fameux responsables, par antiphrase, qui sont en réalité des irresponsables de désinvolture et d'amateurisme, qui avaient décidé dès 1928-1929 de mettre fin à l'expérience démocratique allemande. 05:46 C'était qui ces gens-là ? C'est l'entourage du président von Hindenburg qui a été élu en 1925. Je reviens sur les circonstances de son élection qui s'est joué à peu de choses au fond face à un centriste qui était un républicain respectueux de la constitution. Et Hindenburg a eu la chance de gouverner pendant trois ans avec des majorités de droite. Et puis quand la gauche a gagné en majorité relative en 1928, il a hésité pendant trois semaines à nommer un chancelier social-démocrate, ce qui était la logique constitutionnelle. Et il s'est promis qu'on n'y reprendrait plus. Et la décision a été prise dès 1928 de mettre fin à la démocratie libérale et parlementaire en ne respectant plus le résultat des élections. C'est-à-dire, la décision a été prise de nommer des gouvernements de droite qui gouverneraient sans le Reichstag, sans le Parlement, mais sur ordonnance présidentielle d'exception. 07:31 Et il y a un candidat, Wilhelm Marx. Les socialistes votent pour lui. Et les communistes maintiennent leur candidat, Ernst Thälmann, donc Hindenburg est élu. Et il y a une formule qui circule après cette élection, Hindenburg par la grâce de Thalman. Et on a vu cela assez longtemps, c'est-à-dire des communistes en effet qui en veulent davantage aux capitalistes libéraux qu'aux nazis, c'est le cas de Clara Zetkin, et vous la citez assez longuement, encore en 1932. Elle est doyenne du Reichstag. Donc à la rentrée, le 30 août 1932, elle préside la séance. Et voici ce qu'elle dit : « l'impuissance du Reichstag et la toute-puissance du cabinet présidentiel sont l'expression de la décadence du libéralisme bourgeois qui accompagne nécessairement l'effondrement du mode de production capitaliste ». Et elle dit « Je déclare ouverte la nouvelle législature, conformément à mon devoir, de doyenne de cette Assemblée, et dans l'espoir qu'en dépit de mon invalidité, je connaîtrai le bonheur d'ouvrir en tant que doyenne le premier congrès de l'Allemagne soviétique ». 09:21 Donc, on a l'impression que les communistes sont totalement à côté de la plaque, donc les premiers irresponsables, c'est la question que je vous pose, c'est eux, non ? Non. La scène que vous citez est intéressante parce qu'elle résume de manière terrible cette fin de la République de Weimar, dès août 1932, avec une doyenne d'âge communiste qui cède la parole ensuite au président élu qui est un nazi. Or, le président a été élu, le président du Reichstag, Goering, a été élu par les voix des nazis et par les voix du Zentrum, puisque c'est la droite et le Zentrum qui ont voté pour lui. Les communistes et les sociaux-démocrates ont voté, évidemment, contre Goering. Et ce que vous dites est tout à fait juste. En 1925, Tellmann s'est maintenu et c'était une erreur, puisqu'il aurait fallu se retirer au second tour. Mais par contre, dès 1925, on se rend compte qu'Hindenburg a pu être élu grâce aux voix d'une partie du Zentrum qui trouvait que Marx était trop à gauche pour eux, notamment de ce parèdre du Zentrum qui est le BVP, le parti bavarois, l'équivalent de la CDU aujourd'hui, qui a voté pour Hindenburg. Alors, ensuite, quand on parle de la responsabilité de la gauche, on parle de la responsabilité des communistes et également des socialistes qui n'ont pas su s'allier. Parce que lorsqu'on regarde les dernières élections libres de la République de Weimar, le 6 novembre 1932, c'est le bloc marxiste qui est en tête, à 37%. En majorité relative, c'est eux qui ont gagné les élections. Or, ils sont désunis. Ils sont désunis pour plusieurs raisons. D'une part, et vous le dites, vous le rappelez, parce que les communistes ont une ligne stalinienne d'ultra-gauche, comme on dit à l'époque, ultra-links, de classe contre classe qui a été confirmée en 1928 par la Troisième Internationale. Et ça, ça implique de combattre ceux qui sont les plus proches de vous, en l'occurrence les sociaux-démocrates qui sont susceptibles de capter une partie de l'électorat ouvrier. C'est totalement irresponsable, mais ça s'explique par le fait que, de fait, les communistes ont été victimes depuis 1919 d'une vague de répression vraiment très violente et meurtrière, 160 morts en janvier 19, 1200 morts en mars 19, 33 morts encore le 1er mai 1929 de la part des sociaux-démocrates. Et lorsque les nazis percent, vous avez évoqué septembre 1932, ensuite vous avez les élections en Prusse, au Landtag de Prusse. En avril 1932, les nazis sont à 36%. Là, la direction du KPD, du Parti communiste allemand, se rend compte qu'il est inepte de taper sur les sociaux-fascistes ou les sociaux-traîtres plutôt que sur les vrais fascistes, sur les nazis. 11:48 Et dès lors, il y a une proposition qui est faite à la hiérarchie sociale-démocrate de la part des communistes de s'allier contre le danger nazi. Et à ce moment-là, ce sont les sociaux-démocrates qui refusent. Alors, ils avaient des bonnes raisons, ils avaient été insultés à qui mieux mieux pendant des années, mais de fait, la responsabilité ultime dans le défaut d'alliance pèse au fond sur les sociaux-démocrates. Par ailleurs, quand bien même ils auraient pu s'allier, répétons-le, le bloc marxiste fait 37%, c'est le bloc majoritaire en novembre 1932, la République de Weimar ne fonctionne plus normalement depuis mars 1930. Depuis mars 1930, la décision a été prise par Weimar, le cabinet présidentiel et ses ministres, de ne plus respecter le résultat des élections. Donc, quand bien même ils auraient été unis et quand bien même ils auraient fait 50% des voix... Il était trop tard. Le président Hindenburg nommait qui il voulait, en l'occurrence un homme à sa main, comme il le fait depuis 1930. Donc, quand on parle de la responsabilité de la gauche, oui, en partie, d'un point de vue intellectuel et moral. Par contre, d'un point de vue politique, non, puisque, de fait, il n'y a plus de fonctionnement parlementaire de la République depuis mars 1930. 12:55 Mais en même temps, est-ce qu'on ne peut pas chercher la responsabilité en amont, bien plus loin ? Et là, je pense à l'ouvrage prémonitoire, tout à fait extraordinaire, de Jacques Bainville, « Les conséquences politiques de la paix », 1920. Et quand on le lit, même aujourd'hui, on n'en revient pas. Il montre, dès 1920, que Weimar était fatalement destiné à s'effondrer. Il dit ceci, « Le traité de Versailles ne désarme pas l'Allemagne, il la désespère ». Il montre que les conditions imposées à l'Allemagne alimenteront un nationalisme revanchard et qu'une démocratie instable ne saurait contenir longtemps ce ressentiment. Il écrit textuellement que la paix conclue à Versailles est un « armistice de 20 ans ». Il a cette phrase, « une paix trop douce pour ce qu'elle a de dur », formule restée célèbre, pourquoi ? Certes l'Allemagne est reniée, mais elle est homogène, elle reste homogène alors qu'il aurait fallu revenir au stade antérieur à l'unification. Ça, c'est sa thèse, et il a cette phrase aussi, « Accroupie au milieu de l'Europe comme un animal méchant, l'Allemagne n'a qu'une griffe à étendre pour réunir de nouveau l'îlot de Königsberg. Dans ce signe, les prochains malheurs de la Pologne et de l'Europe sont inscrits » [ https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Conséquences_politiques_de_la_paix/02 ] Alors, Hitler n'était pas prévisible. Personne ne pouvait prévoir Hitler. Mais ce qu'il était, semble-t-il, c'était précisément la destruction de l'esprit de Weimar par le revenchisme et le malheur de l'Europe. 14:54 Oui, vous citez Bainville qui ensuite va réitérer au début des années 30, il va faire un livre intéressant qui s'appelle « L'histoire de deux peuples » en comparaison franco-allemande. C'est un historien très sagace, très littéraire, très intéressant qui a cependant un petit biais de jugement qui est sa proximité, enfin son adhésion idéologique à l'action française. C'est un germanophobe convaincu. C'est quelqu'un qui considère, comme Charles Maurras, que l'Allemagne est inconciliable avec quoi que ce soit de latin, de grec, de méditerranéen et donc de français. Par ailleurs, le protestantisme versus le catholicisme, enfin tout ça joue dans la lecture de Bainville. Cela dit, ce que vous citez correspond très adéquatement à ce que dit un protestant, pour le coup, John Maynard Keynes. Dans Les conséquences économiques de la paix - les deux sont réédités par Gallimard, je vois le livre sur votre table - Keynes dit exactement la même chose, le maréchal Foch dit exactement la même chose, l'armistice de 20 ans est une citation peut-être apocryphe prêtée au maréchal Foch. La position française la plus dure, celle de Clémenceau et de ses conseillers proches, Mandel, André Tardieu, le « mirobolant », la position de ce noyau-là, c'était, vous l'avez dit, de revenir au stade de pré-unification de 1870, faire éclater l'Allemagne en trois blocs. La Prusse protestante à l'est, un ouest catholique très proche de la France, Napoléon avait fait la même chose avec les républiques rhénanes, et au sud, un autre bloc catholique autour de la Bavière, du Württemberg et de la Franconie. Faire éclater l'Allemagne en trois. C'était la ligne la plus radicale française qui a été empêchée. Par qui ? Par Lloyd George, les Britanniques, et par Wilson. Wilson pour faire des affaires, et Lloyd George également, mais aussi dans un souci d'équilibre européen, qui est la ligne habituelle de la politique britannique pour ne pas avoir une France trop puissante face à une Allemagne éclatée et donc disparue. Effectivement, on arrive à un entre-deux assez désastreux qui est une fausse paix. C'est une paix léonine ou cartaginoise. C'est la première fois depuis 1648, depuis qu'on a créé cet ordre westphalien européen des négociations et des congrès, que le vaincu n'est pas associé aux discussions. Or, il y a ce principe des relations internationales qui est « etiam hosti fides servanda » : On doit la bonne foi également à l'ennemi pour le réintégrer précisément au concert des nations et lui montrer que c'est quelqu'un avec qui on peut dialoguer. 17:15 Là, on a signifié à l'Allemagne des prix Nobel de littérature, de la philosophie que ce n'était pas un partenaire de logos. Voilà qu'on ne pouvait pas parler avec eux et que dès lors on allait les exclure du concert des nations à tel point que les plénipotentiaires allemands qui n'ont de plénipotentiaires que le nom, ont un statut de prisonniers : ils sont gardés par des poilus à baïonnettes, ils sont assignés à résidence derrière des barbelés à l'hôtel des citernes de versailles. Et la signature est imposée, quasiment le fusil sur la tempe, puisqu'on dit clairement en mai 1919 « Soit vous signez, soit on reprend les combats ». Or, l'Allemagne était en pleine démobilisation sur le fondement de la Fides, sur le fondement de la bonne foi depuis novembre 1918. Donc effectivement, ce qui a été fait aux Allemands à ce moment-là est une catastrophe. Ce n'est pas que la droite ou l'extrême droite qui le dit. Philipp Scheidemann, qui a proclamé la République, social-démocrate et chancelier, démissionne en juin 1919 en disant que la main qui signera ce traité se dessèche. Un social-démocrate refusait cette infamie. 24:18 Le premier cadeau terrible, c'est mars 1930, quand la décision est prise de ne plus respecter le résultat des élections, donc de ne plus respecter la logique parlementaire de la constitution de Weimar. En l'occurrence, on dit aux Allemands, on leur signifie qu'ils peuvent bien voter, mais qu'in fine, c'est le président qui décide, un président qui est en position de prééminence constitutionnelle, au titre de plusieurs articles, notamment l'article 48 de la constitution de Weimar. Donc ça, c'est le premier cadeau, puisque quand les nazis vont arriver, ils auront beau jeu de dire « on ne vote plus, après tout, ça fait trois ans que vous votez pour rien ». Deuxième danger, c'est qu'on substitue au droit commun l'état d'exception permanent, puisque le gouvernement va gouverner désormais sur fondement d'ordonnances présidentielles. 25:11 Ça, c'est les deux énormes cadeaux des irresponsables aux nazis qui n'auront qu'à se couler dans ce moule-là et qui, au fond, auront la partie très aisée à partir de l'hiver 1933. Et cette décision a été prise par ce qu'on appelle la Camarilla. La Camarilla, c'est-à-dire le petit cabinet, le petit entourage, composé de gens qui sont tout sauf des lumières. Vous avez le fils Hindenburg, qui est toujours dans les jupes de son père, qui est un officier raté, mais qui a été nommé chef d'état-major particulier du président, et qui est donc au cœur de la vie politique berlinoise. Vous avez un grand propriétaire terrien qui était déjà d'extrême droite avant 1914. C'est vous dire le niveau de haine antidémocratique de cet homme-là. Vous avez des banquiers, vous avez des industriels et vous avez le secrétaire général, la présidence du Reich. Et ce petit entourage décide clairement que la démocratie est tolérable si et seulement si c'est la droite qui gagne, c'est-à-dire en gros des gens qui défendent leurs intérêts. Et j'insiste sur ces intérêts-là, puisque les intérêts patrimoniaux, fiscaux, successoraux de la famille Hindenburg sont hélas sordidement et tragiquement au cœur des décisions prises par Hindenburg et par son fils. Et dans cette mesure-là, il est hors de question de tolérer quoi que ce soit qui ressemble à la gauche au pouvoir, à telle enseigne que la Prusse, qui est gouvernée par les centristes et les sociaux-démocrates, voit son gouvernement déposé par la force le 20 juillet 1932, puisqu'on ne tolère plus que des sociaux-démocrates soient au pouvoir nulle part. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Kaliningrad est un héritage difficile pour Moscou. Un gage territorial dont personne ne sait ce qu'on peut en faire. La société civile russe réagit avec malaise aux vestiges du passé. Il suffit pour s'en convaincre d'observer le langage utilisé : les habitants de Kaliningrad viennent "de" ou vont "en" Russie, comme si l'enclave ne faisait pas partie à part entière de la fédération. Mais de nombreux habitants de Kaliningrad ont encore du mal à s'identifier à ce lieu. Anschelika Schpiljova y a travaillé pendant des années. Elle était directrice du musée local de Sovetsk, la deuxième plus grande ville de la région. Autrefois, cette petite ville de 40 000 habitants située sur la rivière Memel s'appelait Tilsit. Elle était principalement habitée par des Lituaniens et des Allemands. Schpiljowa est une femme gracile, elle porte un jean brun et un pull-over rouge foncé lors de sa promenade dans la zone piétonne, autrefois appelée Hohe Strasse, aujourd'hui rue de la Victoire. En son centre, la ville s'est faite belle et agréable à vivre. "Mais dans les rues environnantes, les maisons se dégradent", explique l'historienne de l'art. Une dizaine de kilomètres plus à l'est se trouve Neman. Le village s'appelait autrefois Ragnit. L'entrepreneur Iwan Artjuch y a acheté l'ancienne "Maison allemande", une auberge datant de 1792. Et il profite des sanctions que l'Occident a imposées à la Russie après l'annexion de la Crimée en 2014. En effet, en contrepartie, le Kremlin a stoppé l'importation de fromage en provenance de l'UE. Artjuch s'est alors lancé dans la production du fromage Tilsit, qui peut se targuer d'une tradition de près de 200 ans. Au bout de cinq ans, la boutique tourne. Dans la cour, Iwan Artjuch a construit une fromagerie moderne avec des techniques venues de Suisse. Depuis longtemps, il ne produit plus seulement du tilsit, mais aussi dix autres sortes de fromage. Le regard sur l'Europe a changé dans cette région au cours des 20 dernières années. Il est devenu plus étroit. Autrefois, l'UE était considérée comme une destination de rêve, et pour beaucoup comme Sergei Iwanow, cela est resté ainsi. Mais la politique nationaliste et anti-occidentale du Kremlin a rendu de nombreux habitants plus silencieux, ou du moins plus prudents. L'Europe n'est plus une promesse. Si beaucoup voyaient autrefois la région comme un tremplin potentiel, une génération a grandi entre-temps, qui se démarque aussi à nouveau. -
Allemagne
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Ludwigshafen : https://www.swr.de/swraktuell/rheinland-pfalz/ludwigshafen/ob-wahl-ludwigshafen-niedrige-wahlbeteiligung-oberbuergermeister-kommentar-100.html (22 septembre 2025) Les raisons sont multiples, mais l'une d'entre elles me semble particulièrement évidente à Ludwigshafen : la ville est en train de se vider financièrement. Elle est tout simplement abandonnée par l'État fédéral et le Land, qui lui imposent toutes sortes de tâches sociales, et les programmes de remboursement des dettes anciennes et les subventions accordées ici et là n'y changent rien. - - - -