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Tout ce qui a été posté par Picdelamirand-oil
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Bon ça commence à réagir et à rêver: L'acquisition du Rafale en tant que 114e MRFA est quasiment acquise. Dassault a mis en place des installations de maintenance, de réparation et de révision (MRO) pour le moteur et l'appareil. L'assemblage de la cellule est assuré par TASL. Il suffit de parcourir les dernières pages de cette discussion pour constater l'ampleur des investissements réalisés par Dassault. Or, Dassault n'aurait pas investi autant sans un engagement ferme du gouvernement indien concernant l'achat de 114 appareils. Tous les constructeurs participant à l'appel d'offres du MRFA ont exigé une commande minimale de 100 avions pour transférer une chaîne d'assemblage en Inde. Je suis donc perplexe face aux protestations de la communauté de la défense indienne sur Twitter. Suite à la récente visite en Inde de plusieurs personnalités importantes du gouvernement des Émirats arabes unis, le Rafale est devenu un élément central de la politique étrangère indienne. Il ne s'agit plus seulement de pallier le manque d'escadrons au sein de l'armée de l'air indienne. C'est désormais une question de prestige pour le gouvernement indien et de son image dans la région et dans le monde. Veuillez prendre connaissance de ce message, même si vous n'êtes pas obligé d'y adhérer… mais il est essentiel de comprendre les enjeux géopolitiques actuels ---> viewtopic.php?p=2668846#p2668846 Quelle était la seconde partie du programme « Make in India » de Narendra Modi, annoncé en mai 2020 ? « Make in India, mais pour le monde !» Tel était le slogan d'Atmanirbhar Bharat. Bienvenue dans *CE* monde, près de six ans plus tard ! Certes, l'autosuffisance de l'Inde est un élément important de ce programme, mais une forte inertie se manifeste au sein des acteurs indiens. L'Inde finira cependant par surmonter cet obstacle. Il est impossible de faire taire le lobby de Chandigarh du jour au lendemain. Cela se traduirait par un désastre électoral pour le gouvernement, et dans une démocratie, les élections déterminent les politiques. Revenir sur ce contrat avec Dassault serait une décision très lourde de conséquences négatives. L'accord Rafale est complexe et ne se limite pas à un simple accord entre Dassault et le ministère indien de la Défense. Outre le Rafale, le prochain grand projet est le Projet 77, le programme indien de sous-marins nucléaires d'attaque (SNA). La France apporte son soutien, mais de nombreux détails restent confidentiels. Le monde est instable (en raison de la vision de Trump d'un hémisphère occidental « forteresse ») et l'Inde est l'une des rares nations capables de contribuer à la stabilité mondiale grâce à ses exportations. La chaîne de production des Rafale en Inde desservira non seulement l'armée de l'air indienne, mais aussi d'autres clients régionaux (Émirats arabes unis, Indonésie, etc.). Les installations de maintenance, de réparation et de révision (MRO) en Inde desserviront également d'autres clients régionaux. Enfin, les Rafale au sein de l'armée de l'air indienne serviront de centre de formation non seulement pour l'Inde, mais aussi pour les opérateurs de Rafale du monde entier. Il faut s'attendre à ce que la France, l'Indonésie, les Émirats arabes unis, etc., organisent des entraînements réguliers (annuels, par exemple) avec l'armée de l'air indienne à l'avenir. Voici la stratégie marketing de Lockheed Martin pour la proposition du F-16 (et plus tard du F-21) à l'Inde. Vous souvenez-vous de la discussion sur le F-16 monomoteur sur BRF ? :) Et c'est ce que j'expliquais à Stephen dans ma réponse ci-dessus. Ce n'est pas une décision prise soudainement par le gouvernement indien. Cela fait des années, voire une décennie, que ce projet se prépare. Tous les responsables gouvernementaux importants se sont rendus régulièrement en France à ce sujet. Seule l'opération Sindoor a accéléré le processus. Mis à part les fanfaronnades du Pakistan (quatre Rafale abattus), le Rafale a réalisé d'excellentes performances lors de l'opération Sindoor et a conforté l'état-major de l'armée de l'air dans son choix. Cela ne signifie pas pour autant que tout va bien avec la flotte de Rafale actuellement en service (notamment le Meteor) et la stratégie du gouvernement indien (une approche non agressive), mais globalement, le Rafale a obtenu d'excellents résultats. Concernant le Su-57, la dimension politique régionale entre également en jeu. Confier l'assemblage du Rafale à une entité autre que HAL donnerait à l'opposition indienne des arguments pour critiquer le gouvernement. Or, HAL est basée dans le Karnataka, État actuellement dirigé par le Parti du Congrès. La meilleure solution serait donc de confier à HAL une chaîne d'assemblage du Su-57 et la modernisation du Super Sukhoi. C'était d'ailleurs le plan initial du gouvernement indien : deux chaînes (une publique, c'est-à-dire HAL, et une privée). TASL possède le C-295 et obtiendra également le contrat pour les avions de transport moyen (MTA). Si tout se déroule comme prévu, TASL a un avenir prometteur. Pour les jeunes lecteurs qui souhaitent se lancer dans l'aviation en Inde, n'hésitez pas à vous renseigner sur TASL. Bien sûr, cela aura un impact sur nos programmes locaux (Tejas Mk2, AMCA, etc.), mais c'est la situation actuelle. Le prix affiché est un choc pour le citoyen lambda, tout comme le refus de la France de céder aux demandes indiennes. Mais ces problèmes se régleront – en temps voulu – entre les deux pays. Une chose est sûre : concernant les acquisitions militaires de l'Inde, il ne s'agit plus d'une question de budget, mais de priorités. Si l'on dispose de 35 milliards de dollars pour 114 Rafale, on a largement les moyens de financer des bancs d'essai volants et les infrastructures nécessaires aux essais et à la validation d'un turboréacteur à faible taux de dilution. Simplement, nous ne le voulons pas.
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Avec le F-35 on n'est jamais déçu, il nous en donne toujours plus!
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Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de zx dans Politique etrangère / Relations internationales
On peut ajouter un point : remplacer 500 F-35 n’est pas un problème “d’avions”, c’est un problème de système complet (munitions, MCO, C2/ISR, ravitailleurs, guerre électronique). À court terme (6–18 mois), le meilleur levier n’est pas de “rêver une nouvelle chaîne”, mais de standardiser et mutualiser ce qui peut l’être : hubs MRO, stocks de rechanges, réparations, cannibalisation contrôlée, etc. C’est pas génial, mais c’est ce qui transforme du budget en disponibilité réelle. Et surtout, pour recréer de la masse rapidement, il faut accélérer les drones attritables / loyal wingmen : on ne produira pas 500 chasseurs en 2 ans, mais on peut produire des centaines de drones bien plus vite, pour la reco, les leurres, les relais, la saturation et le portage d’armements. Enfin, si on traverse une période de “trou capacitaire”, il faut aussi densifier la défense sol-air et l’EW, parce que ça protège les bases et ça réduit la pression sur les chasseurs. Bref : heures de vol + munitions + MCO + drones + sol-air, sinon on ne fait que déplacer le problème. -
[OTAN/NATO]
Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de zx dans Politique etrangère / Relations internationales
Je me permet de donner mon avis: Le remplacement des 500 F-35 ne peut pas se faire en moins de 7 à 10 ans sans compter les délais "administratifs" donc il faut un autre plan plus rapide et comportant des étapes. Première étapes tirer partis de l'existant: On peut faire voler les Typhoon, Rafale et Gripen et les faire voler beaucoup. Ce sont des avions qui n'ont pas le même plafond de verre que le F-35 c'est à dire que si on fait un effort sur la MCO on peut générer plus d'heures de vol. pour ça il faut produire plus de pièces de rechange plus de techniciens de maintenance et peut être aussi un peu plus de pilotes. Cela va plus vite que de produire les usines et les avions qui remplaceraient les 500 F-35 (du genre 2-3 ans) sachant que la situation s'améliore graduellement dès que l'on commence à mettre en œuvre le plan. On peut multiplier par 2 ou 3 le nombre d'heures générées, ce qui est très correcte, mais cela diminue par 2 ou 3 la durée de vie opérationnelle des avions, ce qui veut dire qu'il faut en parallèle lancer le plan à 10 ans permettant de produire 500 avions pour remplacer les F-35 et les avions prématurément usés et même viser plutôt 7 ou 800 avions. Ah! Et il ne faut pas oublier d'augmenter la production des munitions! -
Un autre éléphant blanc dont l'Inde n'a pas besoin https://www.nationalheraldindia.com/opinion/another-white-elephant-india-doesnt-need Pourquoi l'Inde devrait éviter l'erreur stratégique que représente l'achat du chasseur furtif F-35 sous la pression américaine Lors de la récente visite du Premier ministre Narendra Modi à Washington, le président américain Donald Trump a fait une annonce surprenante, apparemment improvisée : l'Inde allait acquérir des avions de chasse F-35 auprès des États-Unis. Si les responsables du ministère indien des Affaires étrangères ont par la suite minimisé l'importance de cette annonce, la simple mention d'un tel accord mérite un examen approfondi. Le F-35, fabriqué par Lockheed Martin, est l'un des systèmes d'armes les plus controversés et les plus coûteux de l'histoire moderne. Pour l'Inde, compte tenu de ses besoins en matière de défense et de sa vision stratégique axée sur l'autosuffisance, l'acquisition du F-35 sous la pression américaine serait une grave erreur. Non seulement elle pèserait lourdement sur le budget de la défense indien, mais elle compromettrait également son autonomie stratégique, ses besoins opérationnels et détournerait des ressources de priorités plus urgentes. Le F-35 Joint Strike Fighter est présenté comme un avion furtif multirôle de cinquième génération capable de dominer les cieux, mais la réalité est plus complexe. Le programme a été miné par des dépassements de coûts, des problèmes techniques et des limitations opérationnelles. Avec un prix unitaire dépassant les 100 millions de dollars (hors coûts de maintenance et d'exploitation), le F-35 est l'un des avions de chasse les plus chers jamais construits. Pour l'Inde, dont le budget de défense est limité et qui doit faire face à de multiples défis sécuritaires, un tel investissement serait un gouffre financier et une décision irresponsable. Par ailleurs, les performances du F-35 ont été remises en question par des analystes militaires et même par des responsables américains. L'appareil a rencontré des problèmes de logiciel, de fiabilité des moteurs et de furtivité. En 2024, le directeur des essais et évaluations opérationnels du Pentagone a indiqué que le F-35 présentait encore des centaines de défauts non résolus, dont certains pourraient compromettre les missions. Pour l'Inde, qui a besoin de plateformes fiables et opérationnelles pour contrer les menaces chinoises et pakistanaises, les lacunes techniques du F-35 devraient être un signal d'alarme. La stratégie de défense de l'Inde est façonnée par son environnement géopolitique unique. L'Inde est confrontée à un double défi : la Chine et le Pakistan, qui ont tous deux investi massivement dans leurs capacités militaires. Pour contrer ces menaces, elle a besoin de plateformes polyvalentes, fiables et économiques, capables d'opérer sur des terrains variés, de l'Himalaya aux déserts du Rajasthan. Le F-35, conçu principalement pour les opérations américaines et de l'OTAN, est mal adapté aux besoins spécifiques de l'Inde. Par exemple, sa conception monomoteur soulève des inquiétudes quant à ses performances en haute altitude, notamment dans la région himalayenne où l'Inde est confrontée à une menace importante de la part de la Chine. Les chasseurs J-20 chinois, capables de voler à la limite de l'espace, bénéficient d'un avantage altitudinal considérable sur le F-35 en cas d'engagement. De plus, la dépendance du F-35 à une infrastructure logistique et de maintenance avancée imposerait un fardeau considérable à l'appareil de défense indien, qui peine déjà à maintenir sa flotte actuelle. L'autonomie stratégique est l'un des piliers de la politique étrangère et de la stratégie de défense de l'Inde. Ce principe met l'accent sur l'autonomie et la capacité de prendre des décisions indépendantes dans l'intérêt national. L'acquisition du F-35 sous la pression de l'administration Trump compromettrait cette autonomie de plusieurs manières. Premièrement, le F-35 est assorti d'accords d'utilisation finale stricts qui conféreraient aux États-Unis un contrôle important sur les modalités et les lieux de déploiement de l'appareil. Ceci limiterait la flexibilité opérationnelle de l'Inde et pourrait engendrer des frictions en cas de divergence d'intérêts entre l'Inde et les États-Unis. Par exemple, si l'Inde utilisait le F-35 dans un conflit avec la Chine, les États-Unis pourraient imposer des restrictions afin d'éviter une escalade des tensions avec Pékin. Deuxièmement, les logiciels et systèmes du F-35 sont fortement cryptés, ce qui limiterait l'accès de l'Inde à la technologie de base de l'appareil. Cela entraverait sa capacité à intégrer le F-35 à son infrastructure de défense existante et à développer des améliorations nationales. L'Inde doit concentrer ses ressources sur le développement de son industrie de défense nationale, notamment avec des projets comme l'avion de combat léger Tejas (LCA) et l'avion de combat moyen avancé (AMCA). Or, l'acquisition du F-35 détournerait des ressources et une attention considérables de ces programmes nationaux essentiels. En investissant dans le F-35, l'Inde risquerait de compromettre ces initiatives nationales, de perpétuer sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers et d'étouffer l'innovation dans son secteur de la défense. Le budget de la défense indien, bien que conséquent, n'est pas illimité. Le pays doit faire face à des demandes concurrentes en matière de ressources, entre la modernisation de ses forces armées et la résolution des défis socio-économiques. Le coût exorbitant du F-35 pèserait lourdement sur les finances de l'Inde, réduisant ainsi les marges de manœuvre pour d'autres investissements cruciaux. Consacrer une part importante du budget de la défense au F-35 contraindrait l'Inde à des choix difficiles, risquant de sous-financer d'autres branches de ses forces armées. L'acquisition du F-35 aurait également des répercussions géopolitiques majeures pour l'Inde. Si les États-Unis constituent un partenaire stratégique important, l'Inde a traditionnellement adopté une approche équilibrée en matière de politique étrangère, en dialoguant avec de nombreuses puissances, dont la Russie et la France. L'accord relatif au F-35, perçu comme une tentative de rapprochement avec les États-Unis, pourrait fragiliser les relations de l'Inde avec d'autres partenaires clés. Au lieu de céder aux pressions américaines et d'acquérir le F-35, l'Inde devrait se concentrer sur le renforcement de ses capacités de défense nationales et la mise en place de partenariats conformes à ses intérêts stratégiques. Le chasseur F-35, malgré ses caractéristiques avancées, ne répond pas aux besoins de défense et aux priorités stratégiques de l'Inde. Plutôt que d'opter pour cette plateforme certes impressionnante, mais problématique, l'Inde devrait privilégier le renforcement de ses capacités nationales et le développement de partenariats alignés sur ses intérêts à long terme.
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Le F-35, le talon d’Achille des alliés face à Trump https://www.ledevoir.com/monde/europe/949662/f-35-talon-achille-allies-face-trump Face aux menaces répétées d’annexion du Groenland de la part de Donald Trump, le Danemark se trouve devant un dilemme de taille, qui pourrait être celui du Canada et de tous les pays qui ont choisi de miser sur le chasseur F-35 américain. Et qui, aujourd’hui, se retrouvent dans la ligne de mire du président américain. À la différence du Canada, qui hésite encore entre acheter des F-35 américains, des Gripen suédois ou se constituer une flotte mixte, le Danemark a intégré le chasseur américain il y a plusieurs années pour remplacer sa flotte vieillissante de F-16. « Cette décision a été prise il y a environ une vingtaine d’années, et le pays a déjà reçu une partie de la flotte [17 appareils sur les 43 commandés]. L’intégralité de sa flotte est en train de basculer sur du F-35. En matière de défense aérienne, c’est le meilleur avion qui existe sur le marché », explique au Devoir Olivier Schmitt, professeur à l’Académie royale de défense du Danemark. « Ça crée ce problème de dépendance de facto vis-à-vis de Washington. » En cas de conflit au Groenland, les États-Unis pourraient en effet décider de rendre les F-35 du Danemark et de leurs alliés inopérants ou presque, en suspendant les mises à jour des données de vol. Certaines capacités, liées notamment au système d’armement, pourraient également être totalement ou partiellement inhibées. « Si les États-Unis décidaient de suspendre la mise à jour des systèmes de navigation des F-35 danois, au bout de quelques mois, l’avion serait beaucoup plus difficilement pilotable. Or, l’avantage du F-35, c’est justement sa “situational awareness”, sa conscience situationnelle. C’est ça qui lui fournit un avantage hyper important », prévient M. Schmitt. En termes simples, c’est un peu comme si le Danemark avait acheté le dernier iPhone, mais qu’au bout de quelques mois, Apple refusait de procéder à une mise à jour. À la longue, certaines applications auraient du mal à fonctionner. Cette dépendance des Danois aux armes américaines ne se limite d’ailleurs pas qu’aux chasseurs F-35. Selon le site de l’Agence de coopération en matière de sécurité et de défense, qui recense les principaux projets de vente d’armes américaines dans le monde, Copenhague a commandé pour plus de 9,4 milliards de dollars canadiens d’équipements militaires américains au cours des trois derniers mois. La trahison d’un allié Allié des États-Unis de la première heure, le Danemark a été de toutes les campagnes militaires récentes des États-Unis, de l’Irak à la Syrie en passant par l’Afghanistan. Il ne s’imaginait donc pas devenir une cible de l’impérialisme américain. D’autant plus que Copenhague a continué à donner des gages à Washington au cours de la dernière année. Le Danemark a ainsi augmenté son budget de défense de plus de 80 % en 2025, afin d’accroître sa participation dans l’OTAN à 3,2 % de son PIB. Au mois d’octobre, le pays de 6 millions d’habitants a même commandé 16 F-35 supplémentaires, ce qui porte le total à 43 avions, en échange d’un chèque de près de 4 milliards d’euros (6,5 milliards de dollars canadiens). Autant dire qu’aujourd’hui, la pilule est difficile à avaler entre la mer du Nord et la Baltique. « Désormais, c’est un sentiment de colère qui prédomine au Danemark, car le gouvernement Trump insulte ouvertement les Danois en disant : “Vous avez été incompétents, vous êtes un petit pays qui ne sert à rien…” Il y a un aspect très humiliant parce que les Danois se sont fortement engagés aux côtés des Américains, notamment en Afghanistan », explique Olivier Schmitt. Rien n’indique que le Danemark envisage d’annuler ses dernières commandes de F-35 en réponse aux velléités impérialistes américaines. En revanche, le malaise est palpable dans la classe politique, qui regrette d’avoir donné une confiance aveugle à un allié américain que l’on croyait indéfectible. C’est le cas du député conservateur Rasmus Jarlov, président de la commission de la défense du Danemark et ancien ministre des Affaires économiques. Dès le mois de mars, il a pointé sur le réseau X les risques d’une trop grande dépendance aux États-Unis en matière de défense. « En tant que membre du groupe ayant pris la décision que le Danemark acquerrait des F-35, je le regrette. [Les États-Unis] cherchent à renforcer la Russie et à affaiblir l’Europe, et montrent ainsi qu’ils sont prêts à infliger des dommages considérables à des alliés pacifiques et loyaux comme le Canada », a-t-il écrit. Avant de conclure que « l’achat d’armes américaines représente un risque sécuritaire inacceptable ». Et d’encourager les alliés du Danemark à « éviter les armes américaines ».
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mais c'est pas une précision de ciblage ou alors tu arrive à acquérir ta cible ensuite avec to imagerie, mais si tu es un peu loin je suis sceptique.
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Pour en déduire tes coordonnées il faut quand même de la précision.
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Mais une fois que tu as trouvé l'étoile que tu cherche comment tu fais pour mesurer les angles de sa direction dans un repère terrestre? Je pense que le capteur de SODERN est gyrostabilisé ou quelque chose comme ça.
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USA
Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de zx dans Politique etrangère / Relations internationales
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US vs EUROPE
Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
Je propose qu'on fasse des bon du trésor Français réservés aux Français qui ont des bons du trésor américain, qu'on les échanges pour ceux qui sont volontaires (afin de préserver leur valeur en cas de crise avec les US qui pourrait nuire aux Français trop engagés) et qu'on les vende pour rembourser une partie de notre dette classique, provoquant un supplément d'offre qui fait augmenter les rendements des nouvelles émissions. -
Groenland: l'enjeu Europe - Etats-Unis
Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de Janus dans Politique etrangère / Relations internationales
C'était un opposant farouche au F-35 Il relevait tout ce que L.M. faisait d'illégal. -
Groenland: l'enjeu Europe - Etats-Unis
Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de Janus dans Politique etrangère / Relations internationales
Eh oui l'OTAN aussi en réalité n’est plus une alliance, c’est devenu un système disciplinaire. -
Groenland: l'enjeu Europe - Etats-Unis
Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de Janus dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce que dit le général Andersen est très révélateur : on n’est plus du tout dans une simple “visite” ou une opération ponctuelle, mais dans une mission longue, structurée, avec un calendrier 2026–2027 et probablement au-delà. Cela signifie rotations, interopérabilité, apprentissage du terrain et montée en puissance progressive : autrement dit, on installe une présence durable. Le passage sur Keflavik et l’exercice avec le ravitailleur français sur la côte est montre qu’il ne s’agit pas seulement de symbolique, mais d’une architecture de projection réelle (tenir l’air, durer, opérer loin). Le fait qu’il insiste sur Pituffik et sur la coopération militaire inchangée avec les Américains est une façon de stabiliser la situation et d’éviter l’escalade : politiquement ça chauffe, mais militairement on reste dans le cadre OTAN tant que personne ne donne d’ordre illégal. Enfin, le compliment sur les chasseurs alpins n’est pas de la politesse : en Arctique, la compétence “climat extrême” est une ressource stratégique. Et la phrase clé est bien “la réserve n’est plus de mise” : on sort du discret, on assume publiquement. C’est le vrai basculement, parce que ce qui était une action devient une norme. -
USA
Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de zx dans Politique etrangère / Relations internationales
On compare souvent les narco-trafics à des États faibles. Mais l’inverse est vrai aussi : un empire en phase de prédation adopte des structures proches d’un réseau mafieux, non pas moralement mais fonctionnellement. Contrôle des routes, extraction de rente, dépendance, capture institutionnelle, finance et coercition : mêmes fonctions, mêmes mécanismes. La crise des opioïdes est un indicateur stratégique de cette désintégration interne : mortalité, désocialisation, perte de contrôle territorial partiel. Et la vente du F-35 illustre une autre forme de dépendance : non pas une vente, mais un verrouillage d’écosystème sur 40 ans. Dans le capitalisme de la finitude, la puissance n’est plus “produire mieux”, c’est “tenir l’accès” et rendre les autres dépendants. Todd a prédit l’effondrement de l’URSS en lisant des indicateurs anthropologiques durs, en particulier la mortalité infantile, qui résume l’état réel d’une société et la capacité d’un État à produire des biens publics vitaux. Pour les États-Unis, l’indicateur équivalent n’est plus la mortalité infantile, devenue moins discriminante dans le monde développé, mais la dégradation de la reproduction sociale : effondrement éducatif relatif, analphabétisme fonctionnel, et surtout crise des opioïdes, qui signale une mortalité adulte évitable de masse, une désorganisation sociale profonde et une perte partielle de contrôle territorial. Dans un capitalisme de la finitude, cette fragilité interne pousse les puissances à compenser par la capture externe : contrôle des accès, dépendances technologiques, rentes géopolitiques. La convergence de structure entre narco-trafics et empires apparaît alors clairement : mêmes fonctions de coercition, de rente, de contrôle des routes et de dépendance, même logique de survie par prédation quand la croissance d’abondance n’est plus disponible. -
Groenland: l'enjeu Europe - Etats-Unis
Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de Janus dans Politique etrangère / Relations internationales
L’Irlande est la preuve que, dans l’économie du XXIᵉ siècle, un hub de services peut être aussi stratégique — et aussi vulnérable — qu’un détroit pétrolier. -
Groenland: l'enjeu Europe - Etats-Unis
Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de Janus dans Politique etrangère / Relations internationales
On est en train de voir émerger un truc très simple : le “capitalisme de la finitude”. Ce n’est pas une théorie fumeuse, c’est juste le retour d’une logique ancienne (1880–1945) mais avec des outils modernes. Le Groenland, ce n’est pas “un dossier OTAN”, ni même “un dossier Russie/Chine”. C’est un actif stratégique : ressources, routes arctiques, profondeur géopolitique, et surtout valeur future dans un monde où tout devient rare. Ce qui est nouveau, c’est la méthode : Trump ne parle pas seulement de puissance militaire, il parle de vente complète et intégrale du Groenland, et il transforme ça en chantage économique : “si vous vous opposez, droits de douane”. Donc on bascule dans un monde où le commerce devient une arme, et où l’arme devient un instrument de capture d’actifs. Et là l’Allemagne “tombe de haut” parce que c’est grotesque… mais c’est exactement ça le point : ce n’est pas grotesque, c’est cohérent dans ce nouveau régime. Si on accepte que les droits de douane deviennent une arme politique, alors tout devient négociable sous contrainte : territoire, souveraineté, alliances, etc. Et le Groenland est surtout un test : Est-ce qu’on peut forcer un morceau de l’Occident à se vendre lui-même, juste par intimidation économique ? Si ça marche, c’est un précédent énorme. Le lien avec la France est évident : notre ZEE (11 millions de km²) est un Groenland “diffus”. Pas besoin de débarquer des Marines à Papeete ou à Kerguelen : une ZEE se grignote par petites touches, sans déclaration de guerre : pêche illégale massive, “science” civile, cartographie des fonds, capteurs, câbles, pressions juridiques, faits accomplis, contestation diplomatique… La prédation moderne est hybride : droit + économie + flux + renseignement. Le problème de l’Europe, c’est qu’elle raisonne encore comme si “la norme” suffisait. Mais dans un monde fini, la norme ne protège rien si derrière il n’y a pas : la capacité de surveiller/interdire, l’occupation économique (sinon c’est “vacant”), et la volonté politique d’assumer le rapport de force. Bref : Groenland = prédation visible. ZEE française = prédation progressive. Même logique : sécuriser l’accès aux ressources rares dans un monde qui a cessé d’être infini. -
Nouveau Yalta US/RUSSIE/CHINE pour se partager le monde
Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
Comment ça? Il ose contredire Churchill? -
L'appel d'offre était fait pour que les appareils lourds ne puissent pas être candidats. Le F-15 n'y était pas au début et c'est un modérateur qui l'a rajouté parce que des participants l'avaient demandé. Mais dans l'appel d'offre officiel il n'y était pas, pas plus que le F-35 d'ailleurs.
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On avait le droit de changer son vote.
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Nouveau Yalta US/RUSSIE/CHINE pour se partager le monde
Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
"Nous ne pouvons plus nous reposer autant qu'avant sur les États-Unis": six ans après le Brexit, la City de Londres veut se rapprocher de l'UE et l'aider à se réarmer https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/defense/nous-ne-pouvons-plus-nous-reposer-autant-qu-avant-sur-les-etats-unis-six-ans-apres-le-brexit-la-city-de-londres-veut-se-rapprocher-de-l-ue-et-l-aider-a-se-rearmer_AD-202601140862.html 1) La phrase clé : « on ne peut plus se reposer autant qu’avant sur les États-Unis » Quand un responsable de la City dit ça publiquement, ce n’est pas une opinion : c’est une mise à jour de doctrine. Cela veut dire le parapluie américain est désormais perçu comme conditionnel (politique intérieure US, marchandage, priorités Indo-Pacifique, etc.), et donc le Royaume-Uni ré-internalise une partie du risque : “si on ne finance pas nous-mêmes notre défense, personne ne le fera à notre place”. C’est exactement la logique “monde dangereux / monde fini” : les garanties gratuites disparaissent. 2) La City se repositionne : “je ne reviens pas dans l’UE… mais je redeviens indispensable” Le message est très habile : pas de retour dans l’UE (tabou politique), mais coopération maximale là où ça compte : défense + financement. Et c’est cohérent : le Royaume-Uni n’a pas besoin d’être dans l’UE pour être la place de marché qui organise : émissions obligataires, syndication bancaire, structuration de fonds, couverture de risques, financement long terme de l’industrie d’armement. En clair : “vous voulez 800 Md€ ? Très bien. Nous sommes la machine à lever l’argent.” 3) L’UE a le plan, mais pas encore la plomberie financière complète Le réarmement européen, ce n’est pas seulement une décision politique : c’est une problématique de tuyauterie : dette commune ou non, capacité BEI, règles budgétaires, marchés de capitaux fragmentés, profondeur de marché. La City dit : “nous, on sait faire.” Et c’est vrai : Londres reste un hub mondial pour absorber des montants massifs. 4) Starmer : un “rapprochement par la sécurité”, pas par l’idéologie Le texte montre que le rapprochement UK-UE se fera surtout par : la sécurité, la dissuasion industrielle, et la croissance (faible partout, donc besoin d’un moteur). Ce n’est pas romantique. C’est transactionnel. Et c’est précisément ce qui le rend crédible. 5) Lien direct avec Groenland / Trump / coercition Ce passage prend une autre dimension avec ce qu’on voit sur le Groenland si Trump utilise les tarifs comme arme politique, alors l’Europe et le UK comprennent qu’il faut une autonomie de décision, donc une autonomie militaire, et derrière, une autonomie financière et industrielle. La City se place exactement au bon endroit : elle propose une capacité de mobilisation (capitaux) face à un monde où la coercition devient normale. 6) Lecture “capitalisme de la finitude” C’est un exemple parfait de bascule vers un capitalisme où : la sécurité redevient un secteur d’investissement central, la finance sert à sécuriser des capacités matérielles (usines, stocks, munitions, chaînes logistiques), et les alliances se recomposent autour d’intérêts vitaux, pas de principes. Conclusion : ce n’est pas un simple article sur la City. C’est le symptôme d’une Europe (et d’un Royaume-Uni) qui actent que le monde entre dans une phase où la puissance se finance, et où l’Amérique n’est plus un “garant automatique”, mais un acteur parmi d’autres, parfois coercitif. -
Allemagne
Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
L’article des Échos sur le Groenland est très révélateur : ce que Trump fait n’est pas du “protectionnisme”, c’est de la coercition territoriale. Il ne menace pas l’Allemagne et d’autres pays européens pour obtenir une concession commerciale, mais explicitement “jusqu’à ce qu’un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland”. On est exactement dans ce qu’Arnaud Orain décrit comme un basculement vers un capitalisme de la finitude : dans un monde où les ressources et les positions géographiques redeviennent rares et décisives (Arctique, routes, minerais, profondeur stratégique), le commerce cesse d’être un espace neutre et devient une arme politique. Ce qui sidère les Allemands (“grotesque”, “délirant”), c’est qu’ils découvrent que leur modèle est structurellement vulnérable : une économie très exportatrice, dépendante du marché américain, se retrouve immédiatement prise à la gorge quand Washington transforme les droits de douane en instrument de chantage. Et c’est là que le point de non-retour apparaît : soit l’Europe accepte que les tarifs deviennent une arme politique, soit elle se dote enfin de contre-mesures (instrument anti-coercition, riposte symétrique, rééquilibrage stratégique). Dans cette logique de finitude, on comprend que le Groenland n’est pas une exception : c’est un prototype. Et si ce type de prédation s’installe, alors les “actifs faciles à conquérir” deviennent des cibles naturelles — et la ZEE française (11 millions de km², ressources, routes, positions) ressemble à un coffre-fort gigantesque qu’on tentera moins de prendre d’un coup que de grignoter par petites touches, exactement comme on a toujours fait dans les périodes impériales. https://forum.air-defense.net/topic/42255-nouveau-yalta-usrussiechine-pour-se-partager-le-monde/?do=findComment&comment=1866889 -
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Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Groenland : l'Allemagne sous le choc du chantage « grotesque » des droits de douane de Trump https://www.lesechos.fr/monde/europe/groenland-lallemagne-sous-le-choc-du-chantage-grotesque-des-droits-de-douane-de-trump-2210309 Jugée « grotesque », l'annonce de nouveaux droits de douane donne des sueurs froides aux industriels allemands. Les Etats-Unis restent le premier marché des entreprises exportatrices allemandes, en dépit d'une chute des flux commerciaux en 2025. Par Emmanuel Grasland Publié le 18 janv. 2026 à 12:15 Donald Trump ne laisse aucun répit aux exportateurs allemands. Alors que l'UE et l'Amérique latine viennent de signer un accord commercial souhaité de longue date par les entreprises allemandes, les menaces du président américain à l'égard de huit pays européens, dont l'Allemagne, plongent de nouveau les entreprises du pays dans l'angoisse. Samedi, le président américain a menacé les pays européens qui avaient envoyé des militaires au Groenland de leur imposer de nouveaux droits de douane jusqu'à ce qu'« un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland ». Faute de transaction, une surtaxe de 10 % serait mise en place à partir du 1er février et pourrait même passer à 25 % au 1er juin. Un coût « énorme pour l'industrie allemande et européenne » Jugé délirant outre-Rhin, ce nouveau chantage donne des sueurs froides à l'industrie allemande. « Le coût de ces droits de douane supplémentaires serait énorme pour l'industrie allemande et européenne, dans une période déjà difficile », a réagi la présidente de la Fédération automobile, Hildegard Müller, auprès de l'agence Reuters. Mais il a aussi donné le sentiment à beaucoup qu'un point de non-retour était passé et qu'il fallait absolument réagir. Le président de l'association des exportateurs allemands (BGA), Dirk Jandura, a jugé l'annonce du président américain « grotesque ». « Nous continuons à soutenir le Danemark, la démocratie et la liberté ne peuvent être balayées par des droits de douane punitifs. Si nous permettons que les droits de douane deviennent une arme politique, tout le monde sera perdant au final », a-t-il déclaré. L'association des fournisseurs de machines-outils et d'équipements industriels a appelé quant à elle la Commission européenne à envisager d'utiliser son « instrument anti-coercition ». Celui-ci permet en dernier recours à l'UE de lancer des représailles (commerce, investissements, financement) contre des pays tiers qui utilisent la pression économique sur l'Europe. La filière est durement pénalisée car un grand nombre de ses produits sont soumis à des droits de douane spéciaux de 50 % sur l'acier et l'aluminium. A Berlin, les Verts allemands ont aussi réclamé une réponse ferme de l'Union européenne. « L'UE ne doit pas reculer face aux menaces douanières de Trump », a martelé la présidente du groupe parlementaire Katharina Dröge. « Il faut répondre clairement à Trump que l'UE réagira aux menaces douanières par des contre-mesures douanières. » Même demande de la part du président de l'Institut allemand pour la recherche économique (DIW), Marcel Fratzscher : « Il est grand temps que l'UE renforce sa coopération internationale avec la Chine et d'autres pays afin de tenir tête à Trump. » Annus horribilis Soucieux de ménager Donald Trump, l'exécutif allemand s'est voulu lui très prudent, se contentant de « prendre note » tout en étant « en étroite concertation » avec les partenaires européens. « Nous déciderons ensemble en temps voulu des réactions appropriées », a expliqué Stefan Kornelius, le porte-parole du gouvernement. Il faut dire que la première économie européenne vient tout juste de renouer avec la croissance, après deux années de récession. L'année 2025 a été une annus horribilis pour les exportateurs présents sur le marché américain. D'après l'Office fédéral des statistiques Destatis, les exportations allemandes vers les Etats-Unis ont chuté de 9 % sur les onze premiers mois de l'année 2025, à 135 milliards d'euros. L'impact des droits de douane américains sur l'économie allemande a été substantiel car les exportations représentent près de la moitié du PIB et les Etats-Unis constituent le premier débouché. En 2024, l'Allemagne avait engrangé un excédent commercial record de plus de 71,4 milliards d'euros avec les Etats-Unis, après avoir constamment gagné des parts de marché depuis 2019. Redevenue cette année-là le premier partenaire commercial de l'Allemagne, l'Amérique a fait office de relais de croissance, après la fin de l'eldorado chinois et alors que la concurrence avec l'ex-empire du Milieu se faisait de plus en plus vive en Asie et en Europe. Un impact de 0,6 point de croissance Mais l'arrivée au pouvoir de Trump et sa politique protectionniste ont brisé ce levier de croissance. Selon l'Institut de recherche économique de Munich (Ifo), les droits de douane américains ont freiné la croissance allemande de 0,3 point l'année dernière. Et avant même l'annonce de samedi, les économistes de l'Ifo estimaient que l'impact de la politique de Trump pourrait encore amputer la croissance de 0,6 point cette année. Soit autant que l'effet attendu du plan d'investissement massif du gouvernement dans les infrastructures et la défense… A moyen terme, l'Ifo estime que les exportations allemandes vers les Etats-Unis pourraient baisser de 15 %, pénalisant des piliers de l'industrie allemande comme les voitures, les machines-outils ou les produits pharmaceutiques. De quoi inciter Berlin à tout mettre en oeuvre pour obtenir la signature d'un accord de libre-échange entre l'UE et l'Inde, après le Mercosur, afin de rapidement trouver des relais de croissance. -
Nouveau Yalta US/RUSSIE/CHINE pour se partager le monde
Picdelamirand-oil a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
On est en train de sortir du capitalisme d’abondance (1980–2019) et de rentrer dans un capitalisme de la finitude. Avant, le principe dominant était simple : on optimise, on globalise, on réduit les coûts, et on achète tout sur le marché mondial. La croissance était supposée quasi infinie, et l’innovation servait à repousser toutes les limites. Maintenant, on change de régime. Le problème principal n’est plus “comment produire moins cher”, mais “comment sécuriser l’accès” : énergie, matières premières, capacités industrielles, chaînes logistiques, technologies critiques, routes maritimes, stabilité sociale. Autrement dit, on passe d’une économie optimisée à une économie assurée. Et dans ce monde, le profit se déplace : il vient moins de l’innovation pure, et davantage de la position. Celui qui contrôle l’accès contrôle la rente. On le voit partout : sanctions, contrôles d’exportations, subventions industrielles, relocalisations, réarmement, retour des stocks, fin du “just-in-time”. Le politique revient au centre, parce que le marché seul ne garantit plus la continuité. Ce n’est pas nouveau historiquement. C’est plutôt un retour à une logique 1880–1945 : compétition pour les ressources, sécurisation des routes, contrôle des espaces, rivalités industrielles et maritimes. La différence aujourd’hui, c’est que la contrainte est plus large et plus dure : elle est géopolitique, industrielle, énergétique, technologique, et même climatique/réglementaire en même temps. Donc c’est plus instable. Dans ce cadre, les ressources redeviennent territoriales, donc contestables. Et c’est là qu’on comprend le Groenland : ce n’est pas juste une lubie politique, c’est une logique d’accès (routes arctiques + position stratégique + potentiel de ressources). Le même raisonnement vaut ailleurs. Et c’est là que la France a un sujet majeur : sa ZEE. On a 11 millions de km², donc une réserve stratégique multi-couches (pêche, fonds marins, énergie offshore, routes, souveraineté). Le problème, c’est que dans un monde de finitude, une ZEE sous-protégée devient une cible idéale… non pas forcément par invasion, mais par grignotage : pêche illégale massive, présence hybride civil/militaire, “science” opportuniste, contestation juridique, pressions diplomatiques, fait accompli progressif. Bref : on est en train de passer d’un monde de coopération économique relative à un monde de rapport de force sur les accès. Ce n’est pas une “théorie”, c’est une dynamique observable. Et ceux qui n’intègrent pas ce changement de régime vont subir les événements au lieu de les piloter. Arnaud Orain met le doigt sur quelque chose de fondamental : dans un monde fini, le capitalisme cesse d’être un jeu d’échanges et redevient une logique de prédation. Quand les ressources critiques deviennent rares (minéraux, énergie, routes, positions), on ne cherche plus seulement à “acheter au meilleur prix”, on cherche à verrouiller l’accès et à empêcher l’autre d’y accéder. Le Groenland est l’exemple parfait : ce n’est pas seulement une terre froide et vide, c’est un “pack” complet de finitude moderne. Ressources potentielles, position géostratégique, routes arctiques, profondeur militaire… et surtout un territoire politiquement fragile donc “prenable” par étapes. Et c’est là que le parallèle avec la France est inquiétant : notre domaine maritime (ZEE gigantesque) ressemble à un Groenland éclaté en morceaux. Une ressource immense, sous-exploitée, difficile à surveiller, donc vulnérable à une prédation progressive. Pas besoin de guerre ouverte : ça commence par la pêche illégale, la cartographie “scientifique”, la présence navale “civile”, les contestations juridiques, puis l’habitude du fait accompli. Le cœur du capitalisme de la finitude, c’est ça : la conquête ne se fait plus forcément par invasion, mais par usage, jusqu’au jour où contester devient trop coûteux. Et dans ce cadre, la puissance militaire et industrielle redevient la condition de la souveraineté : non pas pour faire la guerre, mais pour rendre la prédation impossible. En clair : Groenland aujourd’hui, ZEE française demain — même logique, même mécanique, même époque. Arnaud Orain : « La prédation du Groenland illustre la course aux ressources d’un monde fini »