Pol
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Le retour du service militaire, même s'il n'est pas obligatoire (pour l'instant), il faut anticiper un sursaut d'effectifs qui sera peut-être (on verra la répartition finale ultérieurement) d'environ 35 000 hommes pour l'armée de terre, les 15 000 autres pour la marine, armée de l'air, gendarmerie, pompiers militaires à horizon 2035. Il y aura des ajustements à faire en terme d'équipements. L'insertion de ces volontaires dans les unités va amener des changements importants. C'est différent de la réserve opérationnelle, absente la plupart du temps, là on aura une présence continue de ces volontaires, il faudra leur donner une fonction, un encadrement (même en dehors de la formation initiale). Prenons le cas de l'armée de terre, on a 80 "régiments". Sur une base de 35 000 hommes, cela reviendrait à devoir dispatcher environ 450 personnes par régiment. Mais ça c'est sur le papier, car quand on fait le détail des unités, tous les régiments ne se "valent pas". En effet est-ce que le 44e RI équivaut à un vrai régiment d'infanterie comme le 1er RI? Non rien à voir, pareil pour le 132e régiment d'infanterie cynotechnique. Est-ce que le 9e RIMA de la Guyane, les RIMAP doit être pris en compte? Je ne pense pas. Est-ce que le RIAOM à Djibouti ou le 5e RC aux EAU doivent l'être? Non c'est à l'étranger. Est-ce que les régiments de la légion le sont? Non plus. Est-ce que les régiments des FS le sont? Non. Et puis qui peut croire que dans un régiment de l'Alat, un régiment du train, du matériel ou on a parfois plus de civils que de militaires, du 28e GG ou l'unique RMED on va pouvoir absorber 450 personnes? Comprenons bien que si on peut "imaginer" intégrer 450 personnes supplémentaires dans un régiment d'infanterie, pour beaucoup d'autres unités c'est "non concernés" ou totalement disproportionnés. Au final tout repose sur une poignée de régiments qui vont devoir absorber la masse et d'autres qui vont se contenter peut-être d'une "compagnie". Sauf qu'une compagnie d'infanterie c'est 140 hommes, sur ce chiffre vous allez forcément avoir des officiers, des sous-officiers et des MDR gradés, donc des pros, les volontaires du service ne pouvant occuper que des places de 2e/1ère classe, soit peut-être 80 types. Imaginons que 40 régiments se contentent de cela car ils ne peuvent tout simplement pas faire plus en raison de ce qu'ils sont, de ce qu'ils font, on aurait casé 3200 engagés. Foutons une section un peu sur toutes les emprises (commandement, brigades, dépôts mun etc...) pour faire des gardes, on va arriver à grand max à 5000 Plus que 35 000 à caser dans 40 régiments (pas tous pareil, mais faisons comme si), soit 750 types par unité, autant dire presque un doublement. Si on se baserait sur un format compagnie d'infanterie comme en haut, ce qui permet justement d'insérer le maximum de combattants 00, cela reviendrait à devoir créer presque 10 compagnies supplémentaires (avec cadres) dans ces régiments. C'est juste impossible, il va falloir créer de nouveaux régiments et il y aura de la mutation contrainte de nombreux militaires pros (une chance pour certains, un problème pour d'autres) et un rôle d'encadrement accru. On doit déjà comprendre qu'on ne fonctionnera plus comme maintenant, ces volontaires ne seront pas un truc "social" à côté ou au loin comme pouvait l'être un SNU ou le SMA, ni un à côté parallèle comme pour la réserve, ça va devoir se mélanger et il ne faudra pas faire de la merde. Il faut rester capable de déployer des troupes en dehors du territoire national, il ne faut pas créer une dépendance aux appelés, pour faire simple il ne faut pas que si dans 10 ans on souhaite déployer un canon, on se retrouve à devoir chercher un pro pour remplacer un volontaire du service, chargeur de la pièce, car on ne peut pas l'envoyer en dehors de la métropole. Bien qu'il y aura forcément des "contrats" de volontariats pour ces missions extérieures comme par le passé (ne soyons pas dupes), il va bien falloir réfléchir à comment tout va se faire, la question de l'infra ou de la solde à côté est presque une question "facile" (surtout qu'on se donne 10 ans). Dans le même temps on veut 105 000 réservistes (RO1) en 2035, c'est moins contraignant, mais ce n'est pas non plus à négliger. Même si comme ça sur le papier on a l'impression que 35 000 ( sur 50 000) ce n'est pas grand chose, qu'on se dit que ce sera un peu comme la réserve, qu'on aura un bâtiment dans le régiment avec ces volontaires, qu'ils vont faire un peu de garde, un peu de sentinelle et 2-3 activités dans l'année, en vérité c'est bien plus impactant que ça. Cette masse de simples soldats on va devoir leur donner une fonction, il y en a peut-être 3-4000 qu'on occupera en permanence avec Sentinelle (peut-être encadré par des réservistes qu'il faudra aussi occuper...) et d'autres missions de surveillance de sites, mais le reste ne va pas passer le balai. On va devoir les équiper, pas qu'avec un fusil et un casque. On peut s'attendre à une hausse du parc de véhicules et d'autres choses. On entre dans une réforme qui va durer presque 10 ans avec une grande incertitude sur le volontariat à ce service. De toute façon pour les 2 prochaines années on sera en mode "sondage" du processus. Si on voit que ça attire beaucoup ou non, les orientations (adt, marine, gendarmerie...) voir ceux qui s'engagent à l'issue du service, voir si ça impacte le recrutement habituel. Il faudra ensuite s'adapter. 3000 pour l'an prochain, peut-être 2500 pour l'armée de terre, on pourra au départ dispatcher cela dans les régiments actuels, je pense qu'il faudra créer une compagnie (ou équivalent) proterre dans les régiments avec un encadrement pris sur place sans destructurer l'ensemble. Les formations initiales dans les CFIM actuels. Cette compagnie restera à demeure dans ces régiments (elle fera du proterre local ou déploiement national type sentinelle). Mais très vite (2 à 3 ans) on arrivera au potentiel d'accueil et de soutenabilité. Il faudra créer de nouveaux régiments complets dans lesquels on devra pleinement "mixer" volontaires et pros. D'abord sur des sites que nous avons puis pourquoi pas d'en créer de toute pièce. On devra chercher à maintenir des régiments pros (même si la ponction des cadres (mutation) va amener une forme de rétrécissement avec de nouveaux régiments "mixtes" qu'il faudra quand même finir par équiper. On s'oriente vers la création d'environ 2 divisions en parallèle de celles que nous avons aujourd'hui, sans doute à dominance infanterie car c'est le plus facile et le moins coûteux à équiper. Il faut impérativement garder des unités pro ou il n'y a pas un mix age avec des volontaires pour pouvoir continuer à projeter des forces sans encombres. Je pense qu'il serait également une bonne chose d'amener 1 ou 2 régiments de plus à la légion, de créer une brigade légion. Ensuite pour la marine, la gendarmerie et les autres, c'est encore une autre histoire.
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On ne refait pas le passé, il y a 15 ans, le VBCI était presque du luxe qui arrivait au milieu d'une armée de terre dont les nouveautés étaient rares et ou on demandait des économies partout. On aurait donné à l'époque 200 millions aux armées, qu'on en aurait parlé comme un jackpot pour nos armées, aujourd'hui on reçoit 3 et maintenant 6 milliards par an (!)... Le VBMR était alors un choix qui s'inscrivait dans une logique d'avoir un VTT abordable, un simple blindé dans la continuité du VAB. Le VBCI était trop coûteux, même en version VTT, on doit être sur un rapport du simple au double. Les cibles finales étaient aussi moindre, c'est surtout le Serval qui s'est fait une place inattendue avec les différentes réorientations (hausse FOT, arrêt des restructurations), surpassant même le Griffon (2100 exemplaires contre 1900, j'arrondis). Dans le contexte actuel, la question budgétaire de l'époque peut se regarder avec une aberration, mais c'était ainsi. Si aujourd'hui on serait comme en 2010 à recevoir des VBCI et à se demander par quoi on remplacerait les VAB, je pense qu'acquérir des VBCI en version VTT et autres seraient l'option choisie. Le VBCI32 tonnes c'est avant tout vouloir augmenter son PTAC. Un VBCI à vide c'est 19t, ensuite quand on vient faire le plein d'hommes + équipements, de munitions, de vivres, lot de bord, de kits additionnels (filet anti-RPG), des éléments imprévus (comme on voyait des roues fixées à l'avant ou sur le toit, on avait des mules surchargés dont les conditions climatiques difficiles, un terrain compliqué, amenaient des usures mécaniques même sans dépasser le PTAC. Le VBCI 32 tonnes n'aura augmenté que de 200kg à vide, les protections supplémentaires sont marginales. Le Griffon c'est également autour de 18t à vide. Faut pas croire un combattant à l'arrière d'un Griffon n'est pas moins protégé que son collègue dans un VBCI. De même un pilote dans un Griffon est mieux protégé qu'un pilote de VBCI s'il roule sur une mine, car le Griffon est nativement prévu pour se disloquer. Je ne dis pas pour autant que le pilote du VBCI n'est pas protégé, c'est largement mieux qu'un VAB ou d'autres blindés. Sur des images on aura l'impression que le VBCI aura mieux résisté, mais ce n'est pas comprendre le système de protection (type capsule de survie) ou sur le Griffon le blindage qui protège l'équipage ne se trouve pas sur le front du véhicule mais à l'arrière du bloc moteur (dans les deux cas le véhicule sera mort). Donc souvent on aura cette impression d'un engin visuellement moins protecteur pour l'équipage alors qu'il est en fait juste moins protecteur pour le véhicule. Tout comme on pourrait penser que le gros parebrise est beaucoup moins résistants que de l'acier, c'est méconnaitre les effets du verre feuilleté qui le compose. Le Griffon a un poids à charge "opex" (c'est à dire équipé de tous ses kits, notamment de protection( plaques de surblindage mais aussi les grilles)) qui est à 23,6tonnes. Son PTAC est de 24,5t. En gros il n'y a qu'une tonne de marge. C'est déjà un véhicule optimisé autour de kits existants. Qu'il soit déjà conceptuellement doté du surblindage et de grilles qu'on ajoutera pour les missions, c'est une excellente chose et cherchons à augmenter le stock de ces kits additionnels. En terme de protection, le Griffon n'est pas à pointer du doigt. Là ou moi je veux en venir, c'est qu'il serait peut-être bien de faire évoluer l'infanterie en VTT en une infanterie en VCI. La différence entre en VCI et un VTT est avant tout une question de rôle avant une question de protection. On attend d'un VCI qu'il enagage l'adversaire avec un armement lourd quand le VTT n'aura qu'un armement dit "d'autodéfense" et ou la mission n'est qu'apporter une mobilité sous blindage aux personnes embarqués.
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Pol a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
D'une manière plus globale mais concernant aussi l'Ukraine, sur X désormais on peut avoir accès (adresse IP) à la localisation des comptes, attendez-vous à une véritable "chasse" aux comptes étrangers sur ce réseau social, surtout chez ceux qui participent activement à la désinformation/manipulation d'opinion. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Pol a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Les mines antichars ne sont pas concernées par une interdiction. L'antipersonnel c'est surtout lié à la pollution après guerre vis à vis de la population civile et même les animaux (on ne veut pas voir ses moutons ou ses vaches se faire éclater par des sous-munitions). Pendant les phases de conflit ou on cherche à faire du bilan dans les rangs adverses, on peut y trouver un intérêt et on a tendance à remettre en question les interdictions. Mais c'est un peu comme les conventions de Genève, ce sont des choses qu'on met en place pendant la paix. Ne pas tirer sur une ambulance (croix rouge qui va l'identifier), ne pas tirer sur un ennemi qui se rend avec un drapeau blanc, c'est parfois ancrer dans les esprits mais quand ce n'est pas respecter, vous pouvez être certain que votre image va en prendre un coup, que vous allez entrer dans la case "crimes de guerre" (qui est plus un problème à la fin de la guerre que pendant la guerre ou l'on se croit tout permis et on pense que ça ne se verra pas). Il y a un effet invisible qui joue sur le moral, sur l'image qui induit les réactions d'en face et peuvent avoir des effets positifs sur les actions de combats. Quand vous avez l'image d'une armée qui tue, torture les prisonniers, ceux d'en face plutôt que de se rendre, vont se battre jusqu'à la fin. Par contre si vous êtes de ceux qui traitent bien les prisonniers, vous allez pousser les autres à se rendre bien plus facilement dès que ça se complique. C'est vieux comme le monde, même dans l'art de la guerre ça disait déjà de mieux traiter les prisonniers adverses qu'ils ne sont traités dans leur propre armée et il faut le montrer, le faire savoir, laisser de côté la vengeance. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Pol a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
On a l'impression de lire la propagande russe ou la guerre c'est la faute des autres, que la continuité de la guerre c'est la faute des autres et que ce sont les autres qui poussent vers la 3e guerre mondiale. On l'a déjà répété plus d'une fois, l'Europe comme l'Ukraine pourraient parfaitement faire des concessions à la Russie pour la paix, le problème c'est qu'en face on ne veut rien céder et en plus de cela on veut même récupérer des choses en plus. Le pire c'est qu'on voit comme on voit une vache au milieu d'un couloir que la Russie ne veut surtout pas garantir la sécurité de l'Ukraine sur le long terme. Moscou reste dans une logique de "capitulation" afin de sauver la face, le prestige de la Russie Poutine. Les petites phrases des ukrainiens va t-en guerre, du Zelensky qui sacrifie son peuple, des occidentaux qui font la guerre jusqu'au dernier ukrainien et toute cette mascarade idéologique pour déresponsabiliser la Russie, pour la victimiser, ça n'a jamais été entendable et ne l'est toujours pas et ne le sera jamais. C'est issue de la propagande russe et c'est répété par ceux qui souhaitent voir "gagner" la Russie. L'Ukraine reste dans une logique de l'agressé, de la résistance jusqu'à ce que son adversaire se remette en question. Il y a déjà eût des inflexions côté russe par rapport au départ, il y en a encore d'autres qui se font en ce moment, c'est là que la "victoire" ukrainienne, de sa résistance se fait et non dans la croyance qu'on veut continuer la guerre pour amener l'armée ukrainienne à reprendre tout le territoire perdu comme le fait actuellement les russes pour gratter quelques centaines de mètres ici et là afin de se donner une bonne conscience victorieuse (logique, c'est elle qui est à l'offensive, pas l'Ukraine). -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Pol a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Le plan "américain" est en réalité le plan russe dans lequel l'administration américaine essaye de gratter des trucs. Le problème que beaucoup ne comprennent pas et ne veulent pas comprendre, c'est que le Kremlin est très loin de ses ambitions sur l'Ukraine. L'échec initial et ses difficultés actuelles à réellement s'imposer militairement (devoir batailler 2 ans pour des villes moyennes n'est pas l'expression d'une domination militaire, mais de combats, lents, difficiles, coûteux) amènent la Russie à jouer le jeu de la négociation. Si tout irait bien et dans le bon sens aucun intérêt à rechercher un accord pour arrêter la guerre, la force militaire finirait par amener la Russie à imposer et gagner bien plus que ce qui se trouve dans cette proposition. Sauf que malgré tous les discours, les impressions qu'elle cherche à se donner, les menaces, du côté de Moscou on sait que pour prendre le Donbass avec notamment les principales villes de Sloviansk et Kramatorsk il se passera sans doute également au moins 2 ans avec des efforts qui devront être bien plus importants. Les russes ne cherchent pas aujourd'hui la "paix" avec l'Ukraine, ils souhaitent obtenir sans efforts des zones militairement complexes à prendre dans leur situation actuelle. On pourrait naïvement se dire que si derrière ça évite des morts pour 2 ou 3 ans de guerre en plus et ça amène la paix, que les ukrainiens devraient accepter, tout cela en leur faisant croire que c'est inévitable et que le temps qui passe ne peut être que pire pour eux. Mais tout ceci n'amènera pas la paix, mais du repos à une armée russe qui cherchera à se refaire pour ensuite arriver aux buts de guerres premiers. Si Poutine voudrait en rester là, voudrait juste mettre fin à la guerre, il ne chercherait pas à imposer à l'Ukraine une forme de démilitarisation, il ne chercherait pas à éviter des présences étrangères pour garantir la paix. La Russie n'est pas dans cette guerre la "victime" qui cherche à faire à l'Ukraine ce qu'elle a fait à l'Allemagne en 1945. Si Moscou serait sincère dans la paix et se contenterait de ce qu'elle prétend revendiquer, il n'y aurait pas de problèmes derrière pour tout ce qu'on appelle les "garanties de sécurités" qu'on pourrait apporter à l'Ukraine, notamment son intégration à l'Otan. Les russes semblent vouloir garder une fenêtre d'intervention ultérieure et cherchent à ne pas avoir d'obstacles (l'occident) sur le terrain. Il faut être assez aveugle pour ne pas le voir, Poutine quand il a lancé sa guerre en 2022 c'était pour des objectifs bien plus grand que la reconnaissance de la Crimée ou de la capture du Donbass. Aujourd'hui ils se battent pour des zones secondaires pour lesquelles ils ne pensaient même pas se battre. Ils se voyaient contrôler toute l'Ukraine et imposer des pays à sortir de l'Otan. Pour Poutine, ses envies et son besoin avec l'Ukraine ne s'arrête pas au Donbass, c'est juste qu'il a les yeux plus gros que le ventre et qu'il pensait que ça se passerait autrement, comme il le voulait. Aujourd'hui il a un pouvoir militaire très contraint, très limité dans et par ce conflit, c'est un bourbier pour lui comme pour toute la Russie, un bourbier ou les avancées ne sont que symboliques et n'augurent absolument pas une sortie "victorieuse" du conflit. On peut évoquer très longtemps les difficultés de l'Ukraine mais ne faisons pas semblant qu'il n'y en a pas en Russie. L'ennemi principal de Poutine n'est pas en Ukraine, il est chez lui, dans son pays. C'est l'opinion public, si celui-ci se retourne un jour pour diverses raisons (économiques, ras-le bol des effets de la guerre...), peu importe les positions tenues ou gagnées, pour mettre fin à la guerre, il ne suffira pas de dire "on s'arrête sur ce que nous avons". -
Dans la "programmation" de la LPM (sans prendre en compte le "surplus" prévu pour les prochaines années pouvant faire avancer certains programmes), la rénovation des VBCI devrait se faire à partir de 2028. Une rénovation à mi vie reste un procédé qui doit amener des améliorations substantielles à un parc. Sauf qu'actuellement rien n'a été décidé ni financé, mais ça ne veut pas dire que ça ne se fera pas. On est encore dans une phase de décisions, le CEMAT ne vient pas d'annoncer l'abandon de la RMV des VBCI. Je l'avais déjà dit il y a quelques temps, nous sommes dans une période ou tout est envisageable avec le VBCI car justement nous ne sommes pas lancé dans cette RMV. Une fois qu'on l'aura lancé, comprenons que le VBCI on l'aura sans doute au moins jusque 2045. On sait aussi que nous avons un excédent de VBCI qui est proposé à l'export et que des versions VPC vont se faire remplacer par des Griffon. On parle donc d'un parc plus proche de 500 exemplaires que des 628. La possibilité de ventes des VBCI neufs à l'export doit aussi être prise en compte dans la réflexion française. Il y a toujours 3 options: -La première est de réaliser la RMV comme envisagé depuis des années. Option assez logique, la moins onéreuse mais avec ses limites (non on ne pourra pas changer de tourelles par exemple). -La seconde est celle ou l'on décide de commander un VBCI 2. L'environnement budgétaire actuel rend cette alternative possible. Les économies réalisés sur la RMV, sur la vente d'engins d'occasion réduira la facture. Un VBCI proche du Philoctète avec quelques changements (Scorpion, kits etc...). -La troisième est de chercher un nouveau VCI à l'étranger (si par exemple on souhaite repasser en chenillé). Là ce serait un virage assez radical, on enterrerait de facto le VBCI et ses possibilités d'exportation. Le moins probable, mais pas impossible. Reste que le VBCI n'est pas une priorité dans les choix actuels ou l'on préfère se concentrer sur les drones, l'anti-aérien/drones, la frappe dans la profondeur, les munitions, le cyber, l'espace, combler des trous, avancer des programmes. Un VBCI 2 ça doit être environ 2,5 milliards d'€ pour 500 engins qu'on va peut-être étaler sur 6 ans, soit environ 400 millions par an. 3 ans en arrière, les 2 dernières options auraient été illusoires ou alors un truc à envisager pour le remplacement des VBCI à horizon 2040. Mais avec les hausses de budgets, avec ce non commencement de la RMV des VBCI, l'année 2026 sera celle ou il faudra trancher afin de contractualiser pour 2027 et envisager des livraisons pour fin 2028, début 2029. Il est possible que ce soit plus long et compliqué de réfléchir à comment faire la RMV avec toutes les contraintes et limites actuelles que de faire du neuf. Reste que le VBCI n'est pas une priorité dans les choix actuels ou l'on préfère se concentrer sur les drones, l'anti-aérien/drones, la frappe dans la profondeur, les munitions, le cyber, l'espace, combler des trous, avancer des programmes. Un VBCI 2 ça doit être environ 2,5 milliards d'€ pour 500 engins qu'on va peut-être étaler sur 6 ans, soit 400 millions par an. Pour moi on doit être à 50% de chances d'avoir une RMV, 40% pour un VBCI 2, 10% pour un achat étranger. Si ça ne tiendrait qu'à moi sur une vision long terme, je chercherai à acquérir un VBCI 2 et entamerait également une RMV de ceux que nous disposons. Le nouveau VCI remplacera l'ancien VBCI qui lui (rénové) ira remplacé le Griffon dans les régiments d'infanterie qui en sont équipés. Il y aura 500 Griffon de moins que prévu à commander, ceux qui sont déjà dans les unités concernés repasseront chez l'industriel pour être reconfiguré dans les versions sensées être livré dans la période 2028-2034. L'idée est de faire passer des régiments actuellement sur VTT en VCI. Puis de prendre le temps de réaliser un VCI chenillé qui va nous correspondre d'ici 2040 en rapport avec le renouvellement du Leclerc. Ce VCI chenillé ira remplacé le VBCI 2 (avec une rénovation, même principe qu'avant), qui lui ira remplacer les veux VBCI en bout de potentiel. L'étape d'après sera de réfléchir au renouvellement du Griffon et du Serval (début 2050) dans laquelle on pourrait très bien imbriquer le VBCI 2 en (remplacement 2060). On pourrait alors se retrouver dans une situation ou on peut réaliser diverses solutions et augmentations capacitaires. (suivant le besoin du moment). Que ce soit une plateforme commune remplaçant les Griffon/VBCI2 et une autre pour le Serval, avec d'éventuelles conversions. Mais on pourrait aussi imaginer de faire passer ceux qui sont sur VBCI 2 sur les VCI chenillés afin de renforcer un segment lourd,, d'avoir un remplaçant unique pour le Serval et Griffon. Les échéances de renouvellement s'aligneraient bien pour les décisions à faire dans les années 2040. Mais qui sait, d'ici là on sera à vouloir des robots, des drones pour remplacer les véhicules et même les hommes. On peut en rigoler aujourd'hui...
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Faut bien comprendre qu'ici et ailleurs, cette lutte anti-drone avec des canons, ce n'est pas pour dégommer des drones FPV en première ligne mais pour lutter contre des drones de type Shahed. Même si les industriels vont chercher à mettre en avant l'interception de drones plus petits, la réalité opérationnelle est bien différente. Est-ce qu'en Ukraine nous voyons ce genre de dispositifs à l'avant du front pour faire du tir aux pigeons sur tous les FPV et autres minidrones? Non, car c'est globalement inefficace et que le véhicule en lui même serait facilement dégommé par ces mêmes drones (on n'est pas là sur un champ de tir ou l'on va mettre un minidrone en statique au loin pour s'aligner optiquement sur lui et vanter un " FPV drone killer proven". Dès lors qu'on comprend cela, on minimise un peu le "besoin". Pour les drones plus petits, au devant du front, la première défense sur laquelle on doit travailler est celle du brouillage. Créer un kit de brouillage pour les véhicules est déjà très important et amener un brouillage supplémentaire par des unités spécialisés doit également se mettre en place. Augmenter les kits anti-RPG (qui existent déjà) c'est une seconde chose à faire. Pour l'interception, les pistes sont encore très nombreuses et il n'existe nul part une solution miracle. Donc cherchons déjà à minimiser l'efficacité des drones adverses en venant les perturber (brouillage) ou réduire l'effet des impacts. Si on arrive à forcer l'adversaire à devoir utiliser uniquement des drones avec fibre optique, c'est déjà une victoire qui va réduire la quantité de drones bons marché d'en face. On peut chercher un truc simple au départ, comme par exemple adjoindre sur un tourelleau un fusil antidrone puis configurer le SLA (système de localisation acoustique) pour traquer le bruit des drones en plus des moyens d'observations optiques du tourelleau. Ensuite on peut améliorer la chose avec un kit plus complexe, plus évolué. Le brouillage va amener celui d'en face à développer des drones (fibre optique) plus coûteux, plus longs à faire, plus imposants, plus lourds, donc qui deviendront également plus simple à voir et donc à intercepter. Il ne faut pas se dire que le brouillage ne sert à rien en raison des drones à fibre optique, c'est prendre le problème à l'envers. Poussons aussi dans la même logique à réaliser plus souvent des mouvements et des combats de nuit. Quel pourcentage de drones actuellement en usage en Ukraine sont équipés d'une caméra IR/thermique? Il est important de réduire la quantité de drones d'en face, restreindre leur usage, leur efficacité. Autre chose que j'estime plus que nécessaire, c'est qu'il faut franchir une étape importante dans notre pays par rapport aux drones en général. Il ne faut pas juste se demander comment qu'on va s'en protéger, il faut savoir l'utiliser activement pour l'observation et l'attaque. Il serait bien de créer 2 régiments (1 par division) qui vont être dévolus qu'à ça. Autant je sais parfaitement qu'on ne va pas pouvoir créer de la masse (genre 50 000 hommes en plus, autant il faut savoir faire des efforts là ou il faut). Dans un de ces 2 régiments on aura 1200 personnes, 300 équipes autonomes de dronistes, plus le soutien habituel autour. Chaque équipe aura 3 personnes, un observateur, un intercepteur et un assistant coordinateur (mais dans l'idée chacun est à même de tout faire). On pourra équiper ces équipes de différents type de drones avec différentes charges (c'est évolutif, adaptatif), pour effectuer des missions diverses et variées. Des équipes qu'on pourra greffer un peu partout, avec une possibilité de faire évoluer les volumes. Cela peut être une mission qui va plutôt fournir de l'observation, une autre qui va privilégier (type Ukraine) un grand nombre d'interceptions au sol, mais d'autres encore pour protéger des sites sensibles avec des drones intercepteurs. Le genre d'équipes qui pourraient faire des missions presque permanentes autour des sites sensibles (centrale nucléaire, installations militaires etc...). On disposerait de 600 équipes ce qui est beaucoup. Là on aurait de quoi s'offrir des opportunités défensives et offensives très intéressantes.
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Le problème c'est que l'idée initiale était l'interconnexion de tous les acteurs du champ de bataille entre eux. En gros ça devait être une carte interactive (système d'information) accessible à tous avec des filtres et des blocages pour éviter la saturation d'informations et de communications (simple hiérarchie de commandement). Limite reproduire ce qu'on faisait au Centac ou parfois de ce qu'on peut retrouver dans des jeux-vidéos. Une numérisation du champ de bataille sur lequel tout le monde peut voir tout le monde (géolocalisation), tout le monde peut faire ses observations, transmettre ses demandes, ses ordres. Nous sommes toujours dans cette trajectoire. Scorpion n'est rien d'autres que le Félin côté véhicule. Il est prévu d'y insérer ultérieurement les moyens de l'armée de l'air et de la marine. Quand on s'y intéresse vraiment, c'est tout un sujet. Faut imaginer par exemple qu'une unité peut identifier une position ennemie, demande un soutien d'artillerie en pointant sur la carte ce qu'elle veut atteindre, que l'information est transmise, la demande validée elle sera transmise à une pièce d'artillerie à proximité ou le système pointera automatiquement sur la position. Cela peut être également une unité qui va (ça existe déjà avec le félin) identifier un véhicule ennemi, le pointer pour transmettre cela à une équipe MMP plus loin qui va faire un tir au-delà de sa vue directe. Le tireur verra dans son poste de tir un marquage qui symbolise sa cible, puis le missile va partir dans la zone, au tireur d'ajuster son tir en fonction d'une mauvaise désignation ou d'une cible qui a entre-temps bougé. C'est une forme de réalité augmentée comme on l'observe dans les véhicules Scorpion, l'incrustation sur des sources vidéos des informations de la "carte" du champ de bataille, des points à atteindre, des amis, des menaces. On a déjà réalisé des essais pour obtenir ce genre de désignation (MMP, artillerie) par des drones. Félin est le bas du spectre au niveau combattants. Il y a 2 grandes lignes qui émanent du Félin, la première c'est de renouveler l'équipement du combattant, la deuxième c'est ce rôle "connecté" à ce que j'ai décris plus haut. Dans cette deuxième ligne, on peut dire que c'est venu trop tôt car tout ce qui devait se faire autour ne s'est pas fait en même temps et que deuxièmement les technologies ont évoluées au point de rendre l'ensemble inadapté. Pour l'équipement le programme Félin a permis un net bond dans l'optronique et dans la communication (rare sont les armées ou chaque combattant dispose de sa propre radio, souvent c'est une radio par groupe voir par équipe). On a offert des optiques de tirs, des jumelles d'observation IR. On peut se plaindre de l'encombrement, du poids des lunettes sur les armes, mais là aussi, vous ne trouverez pas beaucoup de pays ou le simple soldat possède une lunette sur son arme lui permettant le tir de nuit. Ce n'est pas l'idéal, mais ça a le mérite d'exister. Ensuite forcément tout ce qui se rapporte au système devant interconnecter physiquement les éléments entre eux est à chier et donc inutiles. Les câbles (le gilet), l'IHM, le BCB, les accus, il n'y a que le système de communication RIF, en mode "autonome" qui est resté dans le félin en mode dégradé. Les optiques à l'exception de l'OVD (optique à vision déportée) restent d'usage, mais sont également utilisés en mode individuel avec sa propre alimentation sans câbles ni rien. Les FIR/FIL restent utilisées dans les phases nocturnes ou statiques, mais elles ne sont pas d'un usage courant, restent souvent dans les casiers ou dans les sacs "au cas où"), ce n'est pas pour faire un sentinelle ou une patrouille dans le Sahel que ça va se sortir, là on se contente souvent uniquement de l'eotech. Mais on est là aussi dans une phase de renouvellement, le Félin va commencer par disparaitre (dans 4 ans c'est terminé) et ses équipements optroniques vont être remplacés. Mais on n'est pas à refaire un nouveau Félin ni à le faire évoluer. On renouvelle les moyens optroniques (puis ce sera les moyens trans) des combattants, mais la future intégration des soldats au système va se faire via le mode SICS-D, en gros un écran (type smartphone). C'est simple, c'est moderne et c'est facilement évolutif (au pire en terme d'équipement on change de téléphone tous les 5 ans), quelques optimisations du système, mais le combattant n'est pas trop encombré et on peut aisément imaginer le partage d'images de drones dans le groupe. Disons qu'on est sur la bonne "logique" de développement, que même si aujourd'hui certaines choses peuvent sembler inutiles (car ona pas tout l'équipement) ou un peu gadgets, dans quelques années on en tirera le bénéfice. Un long chemin, que beaucoup ont abandonnés (y compris les russes avec le Ratnik, qui au-delà de l'habillement n'est jamais allé équiper (système + optronique) les troupes au delà des salons d'expositions).
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Opérations au Mali
Pol a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/26/mali-deux-emiratis-et-un-iranien-enleves-pres-de-bamako_6643039_3212.html -
C'est un bon camion, pas besoin de se perdre dans un nouveau programme de camions susceptible d'amener des surprises à la livraison ou des difficultés dans le soutien au bout de quelques années. Les GBC180 en service restent des anciens 8KT (année de conception 1960) restaurés. Pas un mauvais camion, mais il a fait son temps. Le Zetros 6x6 est très bien pour le remplacer. Le TRM2000, est un camion qui a connu une forte décroissance et ne devrait déjà plus être en service. Mais le retard pris sur le renouvellement des camions l'aura poussé à des prolongations. Je pense que la réduction de ce parc a eût un gros impact sur la petite logistique amenant une surexploitation du parc de GBC180 mais aussi une plus grande exploitation de véhicules de la gamme civile (genre Master) forcément limité en dehors des routes.
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Pol a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est surtout un port stratégique dans le commerce russe (en particulier le pétrole, zone visée et touchée). Le port est à l'arrêt ce matin. Les ukrainiens après avoir attaqué les raffineries (ça ne veut pas dire qu'ils ont arrêtés) avec un impact globalement limité à la Russie frappent maintenant les zones d'exportations. Au jeu des frappes en profondeur, on ne le répètera jamais assez, mais les ukrainiens ont des cibles bien plus intéressantes amenant des pertes bien plus conséquentes à la Russie que l'inverse. Ces frappes s'accentuant , elles ne doivent pas être prises à la légère sur la continuité de la guerre. Du côté russe on va devoir se poser assez vite la question si les gains mineurs sur le terrain (qui ne changent et ne rapportent strictement rien hormis du réconfort pour ceux qui veulent se rassurer sur un déroulé positif à la Russie) valent le coût subit à côté. Si on reste borné bêtement au fait que tout ce qui compte dans cette guerre est de savoir qui avance un peu sur le terrain, on oubli souvent que la guerre est un ensemble de facteurs ou bien souvent ce n'est pas la situation sur le terrain qui pousse à la lassitude ou à la victoire, encore moins dans une guerre qui ne bouge presque pas. Si pendant un long moment la Russie pouvait se permettre de faire la guerre en continuant à faire chez elle comme si tout allait bien, le développement des frappes en profondeur de l'Ukraine va mois après mois compliquer les choses, surtout pour un pays qui tire énormément de profits de la vente de ses énergies. Alors oui l'Ukraine est moins riche que la Russie, mais c'est aussi le paradoxe du "pauvre, c'est qu'il a moins à perdre, quand vous êtes le défenseur, c'est un avantage. D'un autre côté, Trump qui devait offrir l'Ukraine sur un plateau à Poutine n'est pas l'homme providentiel tant attendu par le camp pro-russe. Il relance les sanctions contre le secteur énergétique (en plus de l'Europe) on est face à un véritable tarissement ou l'on voit déjà les effets (prenons le cas de Lukoil). On pourrait faire semblant que les russes vont continuer la contrebande et la vente à d'autres pays, mais là aussi, les sanctions américaines sont là et finissent par dissuader, les ukrainiens derrière viennent casser les capacités. Nous ne sommes pas dans une guerre existentielle de la Russie. Malgré la propagande, les questions sur le fait de continuer une guerre pour gagner quelques zones (dévastées) d'Ukraine pour la fierté nationaliste du Kremlin se heurteront aux question économiques et sociales propres à la Russie. Peu importe que la Russie "avance" sur le terrain, si derrière ça se casse la gueule à tous les niveaux, faudra mettre un terme à la guerre et quand on est l'attaquant, quand on sera rendu à cette situation, il faudra faire des concessions et non réclamer encore plus. La fin de cette guerre ne se jouera pas sur le terrain, car il n'évoluera pas fondamentalement. Cette guerre va se jouer sur un aspect économique et sociale liés aux conséquences de cette guerre, de ses effets, de son usure, du ras le bol. Dans ce jeu, l'attaquant ne part pas avec un avantage car c'est "sa guerre". Ce n'est pas sans raison que la propagande russe cherche à maintenir l'idée qu'ils sont dans une logique de défense. -
Pas vraiment. Le changement de bariolage s'inscrit en même temps que le changement de camouflage des véhicules, c'était une volonté politique pour donner une nouvelle image de l'armée. Ensuite les études ont amenés à rechercher un treillis multi-milieux non spécialisé à un type d'environnement, pour les véhicules pareil, une unique peinture (on évite de repeindre (sauf pour le 14 juillet bien entendu...) ou au pire on va ajouter des choses dessus. On évite ainsi de s'emmerder sur un paquet de choses. On critiquait souvent qu'on avait des véhicules inadaptés au désert, mais l'inverse peut aussi être vrai, regardons les USA, avec la guerre d'Irak et d'Afghanistan, presque tous les blindés de leur armée ont été en peinture désertique, si bien que lorsqu'ils déploient en Pologne ou ailleurs, on a des engins couleur sable. Pourtant ils ont les moyens. Donc qu'on aime ou pas, c'est très loin d'être con et c'est souvent plus un problème d'habitudes que du produit final. Dans 10 ans on trouvera con et moche (sauf pour les nostalgiques) le camouflage CE, limite qu'on trouvera scandaleux de voir encore des effets ou des véhicules l'arborant.
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Les premiers treillis félin plaisaient pour 2 raisons, perte du ceinturon, perte des élastiques en bas du pantalon. Par contre les premiers équipés étaient ceux qui partaient en opex, les toutes premières versions on était avec un treillis qui de base devait servir comme une forme de gilet de combat. On avait des poches partout, même dans le bas du dos. Donc vous aviez des boutons partout, des tirettes avec un long cordon pour les utiliser. Forcément la réalité opérationnelle fait que lorsqu'il fallait mettre un gilet pare-balle, tout cela en plus d'être inutile, ça devenait gênant et douloureux. On a donc assisté à l'épisode U-bas. J'ai comme de nombreuses personnes chez moi des lots complets de treillis félin sable jamais utilisé car totalement inadapté. En France avant le départ ça claquait par rapport à la version "Daguet" (pour ceux qui en recevaient) du T-42, mais inconfort total (chaleur) et inadaptés au port de gilet pare-balles, bon pour les 2-3 cérémonies d'un mandat. On avait également une taille relativement large, et des renforts (en un tissus épais avec une surface en caoutchouc) aux coudes et aux genoux qui servaient de poches afin d'insérer des protections, l'idée étant d'abandonner les coudières/genouillères habituelles. Le tissu en lui même était lui aussi assez décrié, mais ce n'était même pas forcément la toute première version. On se souvient tous de cet épisode 2013-2014 aux engagement de Serval et Sangaris toutes les petites anecdotes sur l'équipement des soldats. Sur Serval on avait droit au panachage de l'équipement et aux chaussures (rangers) qui se décollent , sur Sangaris c'étaient les moustiquaires et les treillis qui se déchirent... L'actuel treillis a plus que largement épuré la chose, on est sur un treillis qui se veut prêt au combat, qu'on peut porter sous un SMB (donc la fin des U-bas quand les stocks seront à zéro), la fin des versions spécifiques pour les opex (on veut réduire les dotations complémentaires). Il y a toute une simplification de la dotation et de l'équipement qui se fait petit à petit (écoulement des stocks, gestion de la distribution). Pour ma part je reste personnellement favorable à un système ou on va rendre un treillis ou une paire de chaussures en échange d'un nouveau, j'ai toujours trouvé anormal qu'il y ait parfois des personnes (j'en fait parti) qui vont cumuler un paquet de treillis, un paquet de paires de chaussures neuves neufs en raison du fait qu'on pouvait les commander, qu'on devait les percevoir avant un départ en mission. J'ai limite de quoi équiper un groupe de combat (en habillement). Qu'il y ait 3 treillis et 2 paires de chaussures en permanence par homme, c'est bien, c'est suffisant et ça permet de faire face à un imprévu en attendant sa commande et le reversement de l'ancien. Puis au départ de l'institution, on rend tout ou presque (un minimum pour tenir son obligation de RO2). Pour le tout nouveau on a atteint une forme de modèle assez optimisé qui ne va plus énormément évolué. Dans 20 ans on sera toujours assez proche de ce qu'on voit en ce moment. Oui cela a pris du temps, oui il y aura une résistance à revoir (et les tailles pour éviter d'être trop cintré, car souvent c'est pour ça qu'on le déchire, surtout si humide (pluie, transpi...), via un mouvement). On est sur du détail. Pour la différence BMJA Mod65 et "Merdl". Attention il y avait les vraies Meindl qui étaient pas mal et une sorte de "copie" qui était de moindre qualité. Les premières Meindl c'était une pépite d'en avoir une. Moi ma première paire c'était la copie, mais en vrai, dans le quotidien je la trouvais très bien, par contre faire une marche m'aurait bousillé les pieds (je prenais les rangers le temps d'avoir une paire plus adapté). En tout cas ce qui est sûre, c'est qu'aujourd'hui on ne peut pas dire que le soldat français est mal équipé. Des chaussures aux treillis, des sacs aux protections, de l'arme aux optiques, ce n'est pas de la merde. On est loin de ceux qui étaient encore en mode TTA du contingent des appelés (une réalité jusqu'au début des années 2010, ou celui qui partait en opex (Afgha essentiellement, pour Serval on avait déjà du mieux) devait s'acheter sa musette, sa paire de chaussure, son gilet de combat à mettre au dessus de sa "frag", la plupart n'y pensait pas ou c'était inadapté, on avait donc droit à 95% du temps à des combattants qui ne savaient pas ou mettre leurs chargeurs, sans oublier le reste. Pas de systèmes de poche avec bandes MOLLE, les chargeurs dans les poches, dans la poche de la plaque balistique, dans le sac ou parfois sous le pare-balle car on portait le gilet en dessous (dans ce cas le vieux brelage avec 2 porte chargeurs était intéressant). 20 ans en arrière ou 60 ans en arrière, l'équipement du combattant n'avait pas énormément changé, heureusement que la Yougoslavie avait amené en urgence de la protection balistique, mais même là c'était limité et contraint. En 2005, ça patrouillait en Afgha comme on patrouillait au Tchad, en P4 et béret sur la tête car le casque renvoyait une image trop agressive et que c'était moins classe, surtout pour les bérets rouges/verts... C'est véritablement le programme félin qui va créer un effet boost sur l'équipement en général. Car au-delà du système contestable à raison, on voyait venir un renouvellement complet des effets. Tout découle en réalité du félin, des chaussures au casque, les optiques avec notamment la démocratisation du rail picatinny sur les Famas félin et revalorisé. Même si beaucoup vont dire que c'est Uzbin qui a tout débloqué, ce n'est pas si vrai. L'Afgha aura enclenché des achats en UO, il aura créer du besoin, du retex. On voyait des pare-balles plus correct qui équipaient nos forces sur place, des achats groupés de musettes et d'autres éléments, mais ce n'était pas la dotation de base et ça amenait forcément un panachage divers et variés sur lequel se greffait les achats perso qui au moins étaient autorisés. Le soldat français en Afgha en 2010 restait globalement "bon" et bien équipé sur place en raison de tout cela. Car faut le dire, ce n'est pas une exception française, mais dans beaucoup d'autres pays on va interdire aux soldats de s'équiper avec autre chose que ce qu'ils ont, certains n'ont également pas les moyens de le faire. C'est comme en Russie en ce moment, on voit bien que le soldat au-delà de sa dotation initiale, achète sur ses propres deniers de nombreux équipements en ligne, que c'est largement toléré, encouragé si ce n'est forcé (avec à la clé quelques détournements). On identifie vite l'équipement standard qui va se panacher avec un paquet d'éléments différents, aucun soldat ne semble avoir le même équipement et autant vous pouvez avoir des types très bien équipé (modèle occidental) autant vous voyez également ceux qui n'ont rien investit et qui sont relativement pauvre, limite qu'ils se servent sur les morts. Par contre côté ukrainien, on sent qu'il y a une uniformisation plus grande des équipements et que globalement ils sont bien doté de base (soutien extérieur), même si au tout début c'était également du bricolage. Après je parle des effets d'habillements (treillis, sacs, pare-balles, chaussures, casques...) sur un aspect visuel (car on a des qualités diverses surtout dans la protection balistique qui peut faire peur, des types avec des casques ou des gilets pour l'airsoft avec des plaques qui n'ont que le poids d'une vraie, il y en a). Derrière il y a les lacunes sur les éléments plus précieux comme l'optique, les transmissions. Même si on peut mettre en avant le nombre à équiper, on peut se dire qu'en dehors de toute la masse qui ne mène pas les assauts (qui est déjà la moins bien équipé) on pourrait retrouver un peu plus d'optiques sur les armes, des JVN et des radios militaires autres que des motorola achetés dans le civil sur les unités engagées. On reste sur de l'exceptionnel et souvent des unités spéciales, limite commandos. En France l'état actuel de l'équipement du combattant est bon. On a tourné une page comparativement à avant. On finalise encore certains renouvellement, on anticipe d'autres (fin du Félin dans 3-4 ans). Faut juste maintenant passer un cap pour certains éléments comme par exemple d'avoir une SMB par homme comme on a/va amener chaque HK à avoir un optique alors qu'avant c'était essentiellement un truc de l'infanterie (et encore pas pour chaque homme) ou dans une petite dotation régimentaire ailleurs. C'est un peu comme le PA en deuxième dotation, depuis l'achat des PAMAS à l'époque (glock aujourd'hui), l'arme de deuxième dotation devient une certaine normalité. C'est un tas de petits truc comme ça, cela prend parfois du temps jusqu'on y arrive, mais là depuis quelques années déjà, je trouve qu'on est déjà pas mal. Réfléchissons ensuite à créer du stock supplémentaire en se basant sur la RO1 et pourquoi pas la RO2 qui servirait alors de réserve plus "stratégique" (car peu ou pas utilisé en temps normal)
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Ce n'est pas parce que c'est militaire qu'il faut mettre ses pulls ne noël avec dans la machine. Après pour l'autre, le tissus est la version été. Pour la version hiver, faudra attendre la fin de l'hiver! Mais bon, comme souvent, au moment du changement vous avez toujours de la critique. Quand le félin a remplacé le T-42 on se plaignait des poches, d'un tissu pas assez résistant (également), du plastique sur les genoux. Quand on a changé de chaussures vous aviez toujours des gens qui vont vous dire que les rangers c'est mieux. Les habitudes! Idem pour la camouflage, on va trouver cela moche aujourd'hui mais dans quelques années l'ancien on le trouvera con. Le vrai retex, c'est de venir environ 5 ans après et de redonner les anciens effets pour qu'on vous explique en quoi l'actuel est mieux...
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Pol a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Mener une guerre qui s'éternise n'est pas un choix et n'est jamais sur la table des planificateurs. La guerre qui dure est toujours une chose à éviter, c'est une guerre qu'on subit, une guerre qu'on ne peut pas arrêter. La Russie n'amènera jamais l'Ukraine à la capitulation en continuant la guerre comme elle le fait, ça durera encore des années avec des pertes conséquentes (non la Russie n'est pas un puits sans fond). Ce sont les limites capacitaires de la Russie et de l'Ukraine qui ont amené à cette situation d'un front relativement statique dans lequel les drones ont pris toute la place qu'ils occupent. Ce sont les faibles mouvements avec de petits effectifs qui fait que l'on peut tenir un coin du front avec quelques équipes de dronistes. Les dispositifs défensifs s'adaptent à la menace d'en face. Comme pour tout, il y a toujours un point de saturation dans lequel le défenseur ne maitrisera plus forcément le flux d'informations. Tant qu'en face on continue sur une logique d'envoyer une petite colonne de véhicules, ben en face ça va gérer, vous allez avoir peut-être dans la zone 2 équipes de dronistes pour l'observation permanente, 2 ou 3 autres qui vont envoyer les FPV, mais ça va se gérer, parfois et souvent les mêmes dronistes vont traquer pendant des heures (voir des jours) chaque combattant isolé, car on reste à un niveau faible d'ennemis et d'engagement, ils peuvent se permettre de tourner pendant des heures pour trouver un type dans une ruine ou dans une forêt. Mais cette réalité qui peut s'appliquer dans cette configuration d'engagement offensif ne veut pas dire que ça s'appliquera de la même façon face à un engagement bien plus important. Vous aurez toujours un homme derrière un drone et vous n'allez pas pouvoir multiplier par 100 les équipes que vous aurez à tel ou tel endroit du front. Tout le problème aujourd'hui est de passer la zone grise pour atteindre un arrière dans lequel vous allez pousser les dronistes à se déplacer, à sortir de leur zone traditionnelle d'observation et d'intervention, faire paniquer les différents commandements locaux (et même au-dessus). Forcément ce n'est pas avec 20 blindés que vous allez y arriver mais ce n'est pas parce que vous n'y arriverez pas avec 20 blindés que l'idée géniale est d'essayer de le faire avec 20 motos ou 20 véhicules civils. Je ne critique pas les russes qui utilisent des motos ou des véhicules légers, j'ai toujours dit que ça a de la pertinence si c'est bien utilisé. Sauf que les russes continuent avec la même tactique, celle qui est d'engager encore et encore de petits groupes en espérant qu'il y en a qui passe mais ou derrière vous n'avez jamais rien qui va suivre. C'est une tactique ou au mieux vous allez prendre une position 100m plus loin après plusieurs assauts infructueux et ou le défenseur a tout le temps de s'adapter pour que les 100 prochains mètres vous allez devoir faire la même chose. Il n'y a pas de perturbations importantes de la défense qui voit venir les tactiques et les stratégies des semaines, des mois, si ce n'est des années (comme à Pokrovsk) à l'avance et dont les surprises c'est qu'en face on avance d'un coup de 200m. Puis quand vous avez un groupe qui passe et parvient à entrer un peu en profondeur, vu qu'il n'y a rien qui suit derrière, il se fait éliminer petit à petit. Donc ça fait 2 ans qu'on commente des pas de 100m de l'armée russe en laissant croire qu'il s'agit d'une brillante tactique qui va amener l'effondrement de la défense adverse. Ils vont continuer encore longtemps comme ça, n'en doutez pas et dans ce genre de guerre ce n'est pas l'attaquant qui fait ça qui est à son avantage, même si on va se conforter sur une impression qu'il "avance". Si les grands chefs militaires russes planifient une opération d'envergure sur un point du front, de manière discrète, il y a bien moyen de faire quelque chose. Plutôt que prendre exemple de l'offensive ukrainienne en 2023 ou justement tout le monde savait qu'elle allait venir et tout le monde savait même ou elle allait se faire, on pourrait plutôt prendre l'action ukrainienne sur Koursk comme exemple montrant qu'il est possible de réaliser un regroupement de forces et de mener une offensive qui va surprendre l'adversaire. Les russes pourraient constituer petit à petit plusieurs plots de 400 à 500 combattants (ceci même à 30km du front) avec des objectifs situés en profondeur. Derrière vous pouvez avoir tout un lot de véhicules légers (comme les "golfettes" chinoises qui vont permettre de venir saisir certaines positions en déposant des combattants) puis derrière encore ils peuvent envoyer des blindés. Bien entendu avant cela, une grosse phase de renseignements, de reconnaissances d'itinéraires, des points particuliers, des objectifs se fera sur la zone. Le jour J, préparation du terrain via l'artillerie / l'aviation et on balance aussi son lot de drones pour observer et neutraliser ce qu'il faut. Puis quand vous allez avoir 3-4000 types à motos qui arrivent (pas en un paquet et sur une colonne), l'ennemi va le voir mais il n'y aura jamais assez de dronistes pour tout traiter. Il y aura un débordement, c'est évident, l'avancée des motards va créer une forte pression et les défenseurs vont naturellement essayer de suivre et stopper l'avant de la progression, les drones d'observations reculeront pour suivre l'avancée des motards, l'artillerie finira par tirer un peu au hasard tant le flux d'infos et de demandes se fera face à un ennemi mobile qui cherche à avancer. Il délaisseront grandement l'arrière du dispositif ou on aura à ce moment les autres véhicules qui viendront exploiter la percée et occuper la zone. Oui vous allez avoir peut-être 200 types à moto qui vont y passer mais derrière ils auront avancés sur des km, créant une ouverture (à exploiter), foutant en l'air une ligne défensive et la zone de confort dans laquelle sont les dronistes. Croire qu'il est impossible de réaliser une percée est une erreur, c'est juste qu'on s'est habitué aux limites et aux habitudes des uns et des autres dans ce conflit. Pour les deux il devient compliqué de planifier une offensive plus importante ou justement les motos comme d'autres engins légers pourraient figurer en première ligne devant les blindés afin de submerger des défenses. Croire qu'une offensive 100 fois plus nombreuse que celles qu'on voit en ce moment arrivera au même résultat (x100) c'est ne pas comprendre que sur la plupart du front (des 2 côtés) on a un système défensif qui est dimensionné au plus juste, pas forcément capable de faire face à une offensive d'ampleur inattendue. Un truc d'ampleur ce n'est pas passer de 10 à 30 motos, là on reste dans le gérable. Ce n'est pas parce qu'en 1942 le petit débarquement sur Dieppe a été un fiasco que le grand débarquement du 6 juin 1944 devait finir de la même façon. Je ne vois pas pourquoi aujourd'hui on prendrait ma déclaration comme une folie alors que je développe l'idée d'une offensive de 10 000 hommes avec les moyens à portée alors qu'il y a peu certains trouvaient très probable une offensive russe (sur un modèle classique) de 100 000 hommes dans le nord de l'Ukraine. L'armée russe a des limites capacitaires pour mener de grandes offensives qui permettraient de faire bouger sérieusement les choses (c'est aussi le cas de l'Ukraine, je vais vous rassurer). Faire semblant que c'est un choix, c'est vouloir faire l'autruche sur leurs limites, c'est vouloir ne pas accepter idéologiquement qu'ils ne peuvent pas faire plus qu'ils ne font aujourd'hui. Cela ne veut pas dire que les grandes offensives ne servent à rien et qu'il est impossible de percer, c'est juste que pour eux les grandes offensives ne sont pas envisageables faute de capacités suffisantes. Les drones vont continuer d'exceller dans l'environnement actuel, mais vu que tout le monde arrive à vos conclusions sur les excellentes méthodes actuelles, il ne faut surtout rien tenter d'autres. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Pol a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Les éclats ne comptent pas? Pourtant actuellement la plupart des drones vont utiliser des explosifs improvisés, adaptés à de l'infanterie ou des véhicules non blindés dans lesquels on cherche la projection de billes ou autres. Faut pas généraliser la PG7 comme la munition de base car justement elle se montre très inadaptée contre de l'infanterie. C'est juste qu'au début des FPV, c'était la munition la plus simple et la plus prolifique à disposition, mais le conflit évolue, les acteurs s'adaptent à ce qu'ils ont sous la main. De même que la PG7 ne va pas forcément détruire tout ce qu'elle touche, l'endroit que vous allez toucher, l'angle de pénétration est hyper important. Ce n'est pas non plus en touchant le sol au pied du blindé que vous allez l'impacter, l'effet de la charge creuse sera nulle, les éclats relativement faible mais suffisant pour infliger du dommage à un engin non blindé et ses occupants. La PG7 est une roquette également très connue dont on sait que les grillets ou filets de protection (quasiment conçu spécialement pour cette roquette) sont relativement efficace. Qu'on ne dise pas que les blindés ne servent à rien, le problème c'est la manière dont on va les utiliser. Depuis le début de ce conflit je pointe du doigt (je le faisais déjà avant) que même si certains vont vanter le design ramassé des blindés d'origine soviétique, la réalité opérationnelle faisait que les combattants embarqués sont le plus souvent sur le blindé et non dans le blindé. Forcément dans ce genre de situation, l'utilité du blindé est quasiment nul. Quand on voit l'évolution de l'usage des blindés dans l'armée russe, on se demande ou est l'effort de guerre. On déstocke de plus en plus vieux, les adaptations étatiques pour faire face aux drones, notamment la PG7 est aux abonnés absent, on continue de donner aux troupes des blindés anciens, les mêmes modèles ou on ne peut pas rentrer à l'intérieur avec la gabarit du soldat équipé moderne, puis c'est de manière artisanale que les soldats conscensieux de préserver leurs vies vont bricoler des protections additionnelles. Ils rajoutent du blindage, des filets, tout et n'importe quoi pour augmenter leur survivabilité. Forcément si derrière l'état ne vous donne rien ou va vous donner des motos et petits buggys, votre base de travail, même artisanal est plus que limité. Il y a sans doutes des types qui vont bosser 3 semaines sur 4 ou 5 véhicules pour faire un assaut (pas plus nombreux) dans lequel ça va être détruit car justement en face ils vont pouvoir tout concentrer sur quelques éléments. Faut pas enterrer les blindés car tu as vu quelques vidéos (généralisation) ou il y a un drone qui est entré par la rampe arrière. Tout comme on ne va pas dire que les drones ne servent à rien car on a vu des types les abattre avec leur fusil d'assaut. Si le type cherche justement à entrer à l'arrière c'est car le blindage lui pose problème, tous les blindés n'offrent pas une place au soleil sur le toit pour les combattants "embarqués". Je pense que l'on doit un peu mieux regarder ce que font les soldats avec ce qu'ils ont pour comprendre leurs besoins plutôt que croire qu'on est face à une stratégie cohérente, comprise et acceptée par ceux qui montent au front. Vous pensez que les russes au front si on leur propose des blindés avec des grilles de protection et un système de brouillage déjà préparé en usine, ils vont dire "non, je préfère ma Lada comme ça je fais des économies à mon pays" ? Ces types n'ont pas le choix et la plupart des véhicules civils utilisés sont récupérés dans les zones occupées, sont donnés par des particuliers, ce ne sont pas des achats de l'état, sans cela ils seraient à pieds, l'immense majorité de l'armée russe est aujourd'hui à pieds, que ce soit dans les positions défensives comme dans les diverses actions offensives. Mais c'est logique de stopper la progression de l'adversaire, mais la finalité reste la destruction "humaine". C'est comme tirer dans sa direction pour le fixer ou le pousser à rompre le feu pour se protéger, la finalité sera de l'éliminer. Mais c'est justement tout le problème, c'est de réaliser des attaques de faibles envergures qui donnent à la défense le soin de se concentrer sur quelques cibles en plus des obstacles déjà présents (mines, tranchées etc...). C'est bien pour cela que les russes ne sont pas dans une dynamiques de réaliser de grandes avancées, peu importe comment on va enjoliver leurs actions. On est sur de l'échantillon qui avance, un échantillon qui passe qu'on va essayer de gonfler par d'autres échantillons d'échantillons afin de marquer un contrôle de zone. Si demain vous balancez plusieurs milliers de cibles mobiles face à une défense qui est habituée et sans doutes calibrée à des assauts peu importants même si répétitifs, vous allez la perturber très fortement et croyez moi dans la chaine de décision ce sera débordée d'infos et de choix à faire. Tu trouves "déconnecté" quand je dis que les russes pourraient balancer 5000 types à motos suivit de 15 000 autres dans des véhicules également légers, pourtant ils auraient bien plus de chances d'enfoncer la défense qu'en continuant d'agir comme ils le font. Il ne s'agit pas de faire une colonne qui se suit, mais d'évoluer à un endroit soigneusement analysé, sur une largeur de plusieurs km avec des objectifs à atteindre en profondeur. On ne parle pas là de passer d'un raid de 5 véhicules et 10 motos à 15 véhicules et 40 motos qui sont désormais perçus comme de vastes offensives russes mais qui restent faibles en vérité dans un conflit de cette taille, de cette importance. Les russes n'ont pas "essayé" de changer les choses, ils ont sortis des blindés, toujours les mêmes, toujours peu nombreux, même tactique qu'avant, même résultat. Blindés ou pas, vous n'allez pas enfoncer une défense adverse avec quelques engins. Rappelons aussi une autre problématique de ce conflit, celui ou l'action de nuit est exceptionnelle, limite que seule quelques commandos vont les réaliser. Hors l'immense majorité des drones ont aujourd'hui uniquement une caméra jour. Les caméras IR sont présentes, oui, mais dans des proportions bien plus faibles. La plupart des actions offensives se font de jour, car les hommes ou les véhicules n'ont pas ce qu'il faut. L'action de nuit permettrait de réduire fortement l'exposition aux drones. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Pol a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Je pense que l'image qu'on se faisait du char au début du conflit et maintenant il a bien changé. Je ne crois pas que les ukrainiens continuent à réclamer des chars ni que nous soyons à nous dire que si on arrive pas à fournir suffisamment de chars pour rivaliser avec les russes, que les ukrainiens n'ont aucunes chances. Même du côté russe, je doute fortement qu'aujourd'hui leurs besoins ou leurs priorités vont vers le char, c'est juste que le modèle d'armée soviétique donnait aux chars une place et un nombre important, qu'on fait la guerre avec ce qu'on a. Les russes ont fait la guerre avec ce qu'ils avaient, ils continuent de faire avec ce qu'ils ont, d'adapter ce qu'ils ont. Le drone est véritablement l'élément fondamental de ce conflit, c'est lui qui change complètement la donne et c'est aussi lui qui a enterré non pas le char, mais la symbologie du char, son image de puissance. Auparavant le char était un élément de première importance quand il fallait comparer la puissance d'une force terrestre à une autre. Au début du conflit on était encore en plein dans ces habitudes, "ils ont plein de chars donc ils sont meilleurs" ou "nos chars sont supérieurs aux leurs" (l'éternel duel de chars qui dans la vraie vie est plus que rare, y compris dans ce conflit qui même sans les drones au début du conflit, ce genre de duels étaient exceptionnels). La Pologne comme d'autres pays continuent par habitudes et par traditions à faire du char un outil qui va entrer dans une logique de dissuasion. Ce n'est pas qu'ils misent sur le char dans le combat, mais qu'ils misent sur X quantité de char ou autres pour donner un rapport de force comme on aime à le regarder depuis longtemps. Hors rappelons aussi le cas particulier des polonais et d'autres pays de l'Est, ces pays se sont débarrassés (dons à l'Ukraine) de l'essentiel de leurs matériels soviétiques, l'acquisition des chars par la Pologne ne se base pas sur une analyse fine des retex actuels de la guerre en Ukraine, ça se base sur un inventaire vidé qu'il faut recompléter et ou les réflexions se déroulaient à une période ou le char était encore au centre de toutes les attentions dans ce conflit. Pour la menace russe, oui bien entendu on va surjouer, faut bien légitimer les hausses parfois importantes des budgets. La guerre continuant pour les russes avec les difficultés qu'ils sont pour faire plus rien que dans ce conflit, ils ne peuvent tout simplement pas se permettre une confrontation avec l'Otan (même sans les USA). Déjà pour se débarrasser de la poche ukrainienne du côté de Koursk, ils sont allés chercher du côté coréen des effectifs pour ne pas fragiliser leurs actions offensives (qui ont tout de même été fragilisé). Tant que le conflit ukrainien dure, Moscou ne va pas ouvrir un nouveau front qui pourrait par ailleurs l'attaquer sur bien d'autres endroits en retour. Même si demain le conflit s'arrête en Ukraine, cette dernière restera une puissance militaire contre laquelle les russes ne pourront pas baisser la garde, il y aura une zone qui restera ultramilitarisé qui pourrait se réchauffer si les russes font une guerre ailleurs. Toutes les guerres sont différentes, les russes vont peut-être s'habituer aux critères du conflit ukrainien mais ça ne veut pas dire qu'ailleurs ce sera pareil. Je le dit depuis un moment, mais si en Ukraine le front est globalement gelé, c'est parce que les deux adversaires se valent d'une certaine manière. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Pol a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Quel est l'intérêt des blindés ? Protéger les hommes qu'ils transportent. Faut cesser de croire qu'on est dans une guerre de matériels ou le choix est de savoir si oui ou non il est plus rentable de perdre une voiture ou un blindé. Le choix qui a été fait côté russe est simple, celui ou la vie de ses soldats n'est pas à être préserver au maximum. Pour des raisons de coûts ou de limites industrielles, on préfère en Russie perdre des vies que perdre de l'argent. Quand on va lire certains commentaires, on a presque limite l'impression que l'humain qui est sur sa moto ou dans son véhicule non blindé est accessoire. Le drone qui vient frapper cette cible vient avant tout éliminer les hommes qui sont dessus/dedans. Ne faisons pas non plus comme si le blindage ne servirait à rien, il protège et en face dans la prolifération des drones FPV, il y a un nombre important d'engins qui sont équipés de charges légères, adaptées à de l'infanterie. Moins les charges sont complexes et lourdes et plus on peut avoir de drones. La PG7 n'est pas une généralité, il n'est pas rare aujourd'hui de voir des vidéos ou il faut un paquet de drones pour détruire un blindé relativement léger, car la plupart des drones utilisés n'ont pas de charges adaptées. On adapte plus facilement le glaive face à un bouclier qui se baisse que l'inverse et dans ce conflit, la multiplication des drones est telle que croire qu'on va déborder l'adversaire par ce qu'on va faire un raid avec 30 motos plutôt que 5 blindés est assez illusoire. Ce n'est pas le défenseur qui va se ruiner à utiliser ses drones. Je pense qu'il y a une certaine forme de déni à accepter certaines réalités. L'usage plus important de moyens légers, très légers, souvent même civils ce n'est pas un choix tactique mais plutôt la conséquence d'une réduction très importante de blindés disponibles et une production sans doute bien inférieure à ce qu'ils disent ou ce qu'ils veulent faire croire. Vous aurez toujours des gens qui vont croire que la Russie stocke secrètement toutes ces choses, qu'elle met ça en réserve, se réconfortant sur des chiffres invérifiables mais qui vont dans le sens qu'ils veulent. Ce genre de rhétoriques nous les avons depuis le début du conflit, souvenez-vous de ceux qui disaient que l'armée russe n'engageait pas ses meilleures troupes et meilleurs équipements, qu'elle se battait une main dans le dos, qu'elle se retenait... J'ai toujours dit que l'usage des motos n'est pas idiot (les russes n'ont rien inventé) mais encore faut-il que ça se fasse intelligemment. Hors le problème capacitaire russe fait qu'il n'y a pas de changements majeurs dans leurs tactiques. Ils font aujourd'hui avec des motos et des véhicules non blindés ce qu'ils faisaient avec des blindés, c'est à dire des petits assauts d'un niveau section. Ce ne sont pas 10 motos qui vont déborder les ukrainiens surtout que généralement on parle juste de progresser dans un "no man's land". Si les russes avaient les moyens de mettre 1000 types à motos pour percer en profondeur un coin du front, suivi par 300 pick-up et 100 blindés en deuxième rideau, il y aurait de la cohérence à vouloir du léger qui va s'éparpiller et perturber la défense. On dit que les russes ont 700 000 hommes en Ukraine, mais sincèrement ils n'arrivent pas à prendre 20 000 hommes pour faire une offensive importante sur un point du front? Qu'ils rassemblent 5000 types à motos (pas la peine qu'ils soient à 1km de la ligne de front, une moto ça a de l'autonomie), qu'ils mettent les 15 000 autres dans des pick-up et décident de lancer un assaut sur une certaine bande avec des appuis (drones, artillerie, aviation), il y a de grandes chances que ça perce, même s'il y a 600 types à motos qui se feront taper par des drones ou l'artillerie, que vous avez 300 pick-up qui connaissent le même traitement en plus de mines. Oui vous aurez des pertes, oui pour les dronistes ukrainien ce sera un tir aux pigeons, mais la masse des attaquants fera son effet de débordement, la progression poussera les défenseurs à se replier, s'organiser. Là on serait bien face à une offensive "intéressante" et non pas comme aujourd'hui ou avancer de 100m en 15 jours pour des pertes importantes à un endroit ne change fondamentalement rien car vous serez juste dans la même situation, une nouvelle zone grise 100m plus loin. Pokrovsk est aujourd'hui qu'un symbole qui va servir à Poutine de se féliciter d'une victoire qu'il fera presque passer pour un nouveau Stalingrad mais ça ne changera strictement rien à la guerre et à la situation du terrain car ça va continuer juste un peu plus loin. Puis on recommencera à parler pendant 2 ans d'une avancée russe autour d'une autre ville. Le futur de ce genre de guerre ne peut pas se regarder sereinement, peu importe qu'on a l'impression que ça avance et qu'on se rassure sur les problèmes de l'autre. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Pol a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Pol a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est un contingent du JNIM ? Si, il y a 4 ans, on avait posé la question de savoir comment vous envisageriez la guerre de haute intensité contre la Russie, je ne pense pas que ce genre de scénario aurait traversé l'imaginaire des gens... Oui je sais, on ne critique pas la Russie, on relativise et on justifie! -
Niger
Pol a répondu à un(e) sujet de legionnaire dans Politique etrangère / Relations internationales
Il y a de nombreuses personnes qui pensent que parfois on exagère quand on dit que dans ces pays tout est de la faute de la France, mais non c'est une vérité. Accuser la France c'est et ça restera encore un moment pour eux un moyen de se déresponsabiliser, d'expliquer pourquoi il y a de l'insécurité, pourquoi il y a de la pauvreté, pourquoi il ne pleut pas dans le désert et pourquoi la nuit il fait noir (spoiler: c'est l'ombre de la France). On peut faire ou ne pas faire, ça ne changera rien. Certains pensaient qu'en partant ça changerait? Très souvent ce sont les détails qui sont importants. Dans ce discours du général Tiani devant les militaires, ce qui m'a fait (le plus) rigoler, c'est quand il a dit un truc du genre ou il faut écouter les chefs, qu'ils savent et ne racontent pas n'importe quoi. On sent bien le petit message au milieu de gens qui émettent parfois des doutes sur leurs chefs... Le pire ennemi des 3 dirigeants putschistes de la zone, ce n'est pas la France (bouc émissaire utile), ce ne sont pas les terroristes, mais c'est leurs collègues de l'armée susceptibles de faire la même chose qu'eux. -
Opérations au Mali
Pol a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Comme souvent, la binationalité, c'est quand ça arrange. Le risque premier c'est la prise d'otages, mais cela concerne tous les étrangers. On parle de 50 millions en cash et de 20 millions en munitions pour la libération d'un émirien. En soit il est assez logique de penser qu'une "capture" de Bamako est assez illusoire. La capitale reste le lieu ou se concentre l'essentiel des moyens militaires, il faudrait du monde pour s'imposer de force. Le meilleur allié de ceux d'en face c'est le temps. Rendre la situation invivable et amener à un mécontentement social qui va créer une opposition populaire. Dans cet environnement va naitre des opportunistes du côté des militaires susceptibles de renverses les putschistes ou de pousser ces derniers à effectuer divers limogeages, arrestations qui va nuire au moral, à la confiance. Les russes restent et resteront jusqu'au dernier jour la garde présidentielle du pouvoir. Les terroristes pourront amener une pression supplémentaire en organisant des petits raids, des attaques suicides pour créer la peur et pour montrer les limites du pouvoir sur la question sécuritaire (on casse la propagande, le narratif, l'image...). Je pense qu'en face on attend que le fruit pourrisse, on va continuer par isoler et éliminer au maximum l'armée malienne en dehors de la capitale (et d'autres groupes que le JNIM se joindront à cela dans leurs zones respectives). Avant de voir Bamako tomber, on verra les villes secondaires basculer et l'effet domino peut aller très vite. Les difficultés en carburant (+ tout le reste à Bamako) impacte l'ensemble des garnisons de l'armée malienne à travers le pays. Bamako reste le coeur de tout (c'est souvent ainsi dans les pays du coin), c'est de là que tout part, tout se fait. Il n'y a pas une décentralisation militaire qui verrait par exemple de grandes bases régionales qui iraient gérer différentes bases avancées. Barkhane et la MINUSMA avec Gao, Tombouctou ou encore Kiadal avaient des installations importantes qui permettaient de rendre assez illusoire une prise de ces villes par l'adversaire, des bases importantes qui avaient des moyens, de la logistique. Aujourd'hui on est sur des garnisons de quelques centaines d'hommes qui n'ont pas l'équipement qu'on voit parader du côté de Bamako, au moral plus que limité. La question comme souvent n'est pas de savoir comment faire pour éliminer ces centaines de soldats, mais comment faire pour qu'au premier coup de feu ils aient plus l'envie de se barrer que de résister. -
Italie
Pol a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Si on remonte plusieurs années en arrière, les ouvriers dans les usines ne voyaient pas comment des robots pouvaient les remplacer. Leurs arguments étant l'expérience, le visuel, la précision... Les robots étaient vu comme des machines-outils complémentaires Combien d'hommes au final ont été remplacés. Il y a toujours de l'humain autour, mais là ou vous aviez 4000 personnes, vous en avez plus que 1000 et la tendance va encore vers la réduction de la main d'oeuvre humaine (dès lors qu'elle devient trop coûteuse) On est dans le début de l'IA et on s'attaque maintenance dans le monde immatériel, du raisonnement, de l'analyse, des idées, de la recherche. C'est déjà assez troublant pour beaucoup de choses déjà maintenant, qu'en sera t-il dans 10 ou 20 ans? Il suffit de penser à l'éducation nationale, à quand le professeur sous forme d'IA? Pour quand la fin des agents d'accueils dans un hôpital, un hôtel ou je ne sais quoi? Pour quand la fin des divers secrétaires au vue de la dématérialisation de tout? En vérité il y a énormément d'emplois qui peuvent nous paraitre utiles et nécessaires qui pourraient disparaitre petit à petit avec le développement de l'IA. Tout ne se fera pas du jour au lendemain, on a une succession d'éléments qui se rejoignent et s'additionnent. Même des choses anodines comme doctolib permet d'éliminer la tâche de la planification de rdv, chose qui était alors un emploi à temps plein de certaines secrétaires. Là ou il y a 20 ans vous deviez téléphoner à quelqu'un pour prendre un rdv, puis quand vous vous rendiez sur place, il y avait quelqu'un pour vous recevoir, désormais vous avez pris votre rdv seul et vous arrivez au cabinet avec une flèche sur un panneau pour vous indiquer la salle d'attente. Puis le médecin va faire le règlement quand il n'est pas déjà réglé en ligne par doctolib. L'IA, va aller bien plus loin et va toucher tout un milieu dont on sous-estime encore l'ampleur. -
Opérations au Mali
Pol a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Les partisans des différents putschistes de la région du Sahel aiment cultiver l'idée que ceux d'en face sont "soutenus" de l'étranger, cela permet de se déresponsabiliser et de masquer leurs échecs, leurs incompétences. Le bouc émissaire étranger, on ne l'invente plus! Mais la réalité c'est qu'on est ici face à des mouvements qui sont très locaux et qui n'ont pas besoin de beaucoup pour exister et agir. Les types d'en face vont avoir une moto pour deux, parfois une arme pour deux, un petit gilet tactique pour certains (pour 20€ vous en avez un) et 3 ou 4 chargeurs. Ils utilisent souvent la tactique d'un conducteur de moto qui reste sur sa moto avec un combattant qui débarque lors des raids, ça permet de se déplacer super vite, ils ne font pas des progressions à longue distance à pied, pour aller 200m plus loin, ils remontent à moto. Oui on peut retrouver parfois des mitrailleuses un peu plus lourdes, le classique RPG7, mais globalement on s'arrête là. Un soutien extérieur généralement ça va se voir sur plusieurs aspects: Le premier c'est l'apparition d'armes qui sortent du contexte local. Quand nous y étions, les équipements adverses (tout comme les développements dans l'élaboration d'IED) étaient décortiqués. Identification des modèles, des années de conception, de la provenance, de l'état général, il n'y avait rien qui laissait transparaitre un soutien étranger. Aujourd'hui quand je regarde l'équipement de ceux d'en face, ça n'a pas évolué, la détérioration de la situation revient aux défaillances de l'armée malienne Kidalo centré a négligée le reste, le retrait de Barkhane et de la Minusma a laissé un vide de près de 15 000 hommes qui tenaient le terrain. Bamako a créer une passoire dans lequel ceux d'en face ont ruisselé jusqu'à l'ouest (sans vraiment combattre) Le deuxième aspect qui laisse transparaitre un soutien étranger, c'est lorsque vous arrivez à constater plusieurs fois une prolifération anormale de munitions ou d'armes par rapport à avant sans qu'il y ait de raisons particulières (gros pillages justifiant cela). Nous ne le constatons pas non plus, les armes comme les munitions ne semblent pas couler à foison chez les terroristes et ils sont encore dans une phase ou il est sans doute plus facile de trouver des volontaires que de leur trouver des armes. Le troisième aspect c'est celui de l'aspect financier. Si vous constatez que ceux d'en face offrent de bons salaires, qu'ils n'ont pas besoin de piller, de voler ou de racketter, c'est qu'il y a sans doute une source étrangère qui va alimenter cela. Mais là aussi, quand on observe la situation, nous voyons que les terroristes ont encore et toujours des méthodes qui visent à trouver des vivres, de l'argent par le pillage et le vol, qu'on est encore dans des situations ou limite vous avez des volontaires qui vont les rejoindre juste pour avoir 2 repas par jour plutôt que de crever de faim (pour l'image). Ce ne sont pas des mercenaires payés 2000€ par mois et ils n'offrent pas une prime de 10 000€ et des soins gratuits à vie à celui qui va commettre un attentat suicide... Non, l'idéologie anti-française qui est utilisée par le pouvoir et dont on a quelques centaines à quelques milliers d'hyper actif sur les réseaux pour la propager. Pour l'instant les maliens n'ont jamais votés pour les putschistes qui prétendent représenter tout le peuple mais se gardent bien d'organiser une élection présidentielle (même manipulée). Pourtant dans ces 3 pays, ils se sont tous présentés comme un pouvoir de "transition"! Mais ça n'est pas une aide aux terroristes, c'est un racket, du chantage, de la menace, du vol. Mais ce n'était pas l'EIGS mais un groupe opposé aux putschistes localisé dans le Sud (proche Bénin), plus proche d'une forme de "rebelles" comme on l'entend souvent dans ces régions depuis longtemps. Il faut relativiser tout cela. On est dans des affirmations aussi crédibles que l'aide française aux terroristes. Déjà on parle ici d'une aide aux touaregs, ce qui va exclure totalement tout l'aspect JNIM qui est aujourd'hui le groupe qui ceinture Bamako. Cette aide ukrainienne reste un discours qui vient de Bamako et de Moscou afin de justifier certains coups qu'ils se sont pris. Le fameux bouc émissaire, encore. Derrière comme preuve on a quoi? Ah oui des ukrainiens qui jouent la clandestinité mais vont prendre une photo avec leur drapeau au milieu de touareg pour bien montrer que ce sont eux les responsables. Cela ne pourrait pas être des russes réalisant un nouveau reportage accusatoire comme celui réalisé près de Gossi ou ils montraient un charnier laissé par l'armée française (malheureusement filmé par un de nos drones...). Par contre quand on voyait des drapeaux russes dans toutes les manifestations anti-française, il ne fallait surtout pas y voir la main des russes... Alors oui, on a vu des drones FPV chez les touaregs, marque de fabrique unique de l'Ukraine ou alors l'observation du conflit ukrainien amène le reste du monde à prendre exemple? Encore une fois tu choisis très mal ton camp, se plaindre de l'action des ukrainiens dans une hypothétique aide à des touaregs au nord Mali alors que les russes y foutent bien plus de merdes depuis des années, dans leurs diverses interventions, leur propagande, manipulations etc. Les ukrainiens s'ils n'avaient pas été envahis par tes copains russes, nous n'en parlerions pas. Par contre on continuerait de parler des russes, de leur accompagnement à des crimes pour lesquels tu n'interviens pas pour exprimer tes "reproches". D'ailleurs pourquoi tu es de nouveau intervenus sur ce sujet? Après avoir vu des gens vouloir entraver ou nuire aux intérêts russes. Le parti pris non assumé, encore et toujours.