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Pol

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Tout ce qui a été posté par Pol

  1. Pol

    Défense sol-air multicouches

    Je suis d'accord. Actuellement que ce soit les systèmes à base de canons (20, 30 ou 40mm) ou encore les missiles ne sont pas des systèmes destinés pour contrer les minidrones ou les FPV. On est (conflit ukrainien oblige) dans la recherche d'une solution pour détruire des drones de type Shahed à moindre coût. C'est une menace sérieuse et on ne peut pas se permettre de balancer des missiles trop onéreux dessus. Mais ces drones restent fondamentalement assez gros et coûteux, s'il est bien d'avoir un système à base de canons pour l'abattre, un missile à 100k€ n'est pas non plus excessif. Un Shahed bien que beaucoup évoquaient un prix de l'ordre de 25k€ dépasse en vérité très certainement les 100k€, ce qu'on ne veut pas c'est l'intercepter par un missile à 1 million. La défense anti-drone doit passer au préalable par une classification des drones (on ne va pas entrer dans les caractéristiques de chaque drones) La 1ère classe de drones c'est celle qui va regrouper les gros drones de type MALE, HALE ou ceux de "combat", le genre d'engin coûteux qui ne sont pas nombreux. Ces drones on peut les détecter et les détruire comme on le ferait avec un aéronef classique, du Mistral à l'Aster30, on ne va pas en croiser des dizaines par jour. Là-dessus nous n'avons rien à faire de nouveau. La 2e classe ce sont les drones "tactiques" (Patroller, TB2, Heron...), ces drones restent plus difficile à détecter mais ils sont également assez rare et assez coûteux. La 3e classe ce sont les gros drones suicides comme le Shahed. Ils sont low cost (en comparaison du prix d'un missile "équivalent"), qui ont une taille proche de la 2e classe mais qui sont à usage unique et peuvent venir en masse. Contre ces deux classes là, les moyens de défense de zone à base de canons ou de missiles peu coûteux c'est adapté. Notre problème jusqu'à présent c'est qu'on traitait cela comme pour la première classe, c'était encore acceptable pour neutraliser ceux de la 2e classe mais ne l'est plus pour la 3e ou l'on a besoin d'un moyen économique. Ces drones n'étant pas difficile à détruire, ils sont à portée de missiles à qui on ne demande pas forcément de grosses caractéristiques techniques ou à portée de canons. Ces moyens de défense pouvant au final également s'avérer utile contre les missiles de croisière subsonique. La 4e classe ce sont des drones plus petit qui peuvent servir soit à de l'observation comme le Orlan10, le SMDR, RQ7 ou qui peuvent également servir comme drones suicide comme le Lancet, le HX2 ou encore notre prochain Larinae (sans doute le Veloce 330), mais on peut aussi mettre dans cette classe des drones comme le Vampire (ou Babayaga). Ces drones sont plus petits et il est très difficile de les détecter et encore plus de les neutraliser. Ils restent des drones qui valent toujours plusieurs dizaines de milliers d'€ mais qui peuvent se produire massivement pour les pays qui vont miser dessus. La 5e classe ce sont tous les petits drones que ce soit les quadcopters ou d'autres à voilure fixe, des drones qu'on balance généralement à la main. Presque impossible à voir et à détruire. Ces drones regroupent une multitude de références dont du civil alors que dans les autres classes on reste sur des productions militaires. L'accès à ces drones n'est donc pas réservé à des armées (c'est une menace permanente), le bricolage qui peut en faire des engins de morts (soit par largage d'explosifs soit en version kamikaze (FPV)) est relativement simple. La masse est là et peut s'obtenir très vite, les innovations, améliorations et modifications peuvent se faire en quelques semaines. Bien qu'un drone civil pris directement sur le marché va peut-être valoir 500€, les drones modifiés (souvent booster par les moteurs les plus puissants afin de supporter la charge utile) valent tout de même plusieurs milliers d'€. Mais ça en fait un consommable de guerre, c'est comme des munitions. Pour la classe 4 et encore plus pour la 5, il faut l'avouer, il n'existe pas vraiment de moyens adaptés qui existent permettant de détecter et neutraliser cette menace de manière permanente sur le terrain. Les missiles et les canons de 30/40mm c'est pour les 3 premières classes, mais pas pour les 2 dernières. Même si les industriels vont vous vanter ou chercher à démontrer le contraire (dans un grand champ de tir ouvert aux conditions idéales), la réalité c'est comme vouloir détecter et détruire chaque oiseau en roulant dans une forêt. On va utiliser de la protection passive, le brouillage va permettre de réduire la masse. Car pas mal de drones ou d'éléments qui viennent du monde civil. La recherche en Ukraine d'une liaison à fibre optique démontre que le brouillage est problématique quand il est présent. Forcément si ça ne représente que 1% des forces, vous pouvez continuer d'utiliser massivement les drones civils (bricolés ou non), c'est le cas en Ukraine. Les drones à fibre optique sont présents, mais sont beaucoup moins nombreux et vont s'utiliser sur des zones ou le brouillage est présent. L'intégration de bobines de fibres optiques amène un coût, une augmentation de poids qui imposent encore plus de modifications. Le truc qui au départ coûte 400€ dans le commerce se retrouve à plusieurs milliers€ malgré son aspect bricolé (scotch et autres trucs). Notre brouillage ou celui de l'adversaire va pousser à détenir des drones de plus en plus résistants, donc de moins en moins accessibles sur le marché public et poussant à une hausse des coûts. Autre élément que j'ai souvent évoqué dans la particularité du conflit ukrainien, ce sont les actions qui se déroulent quasi exclusivement de jour. L'immense majorité des drones vendus dans le civil sont dépourvus d'une caméra (IR), en privilégiant des actions et des mouvements nocturnes, vous allez là aussi réduire la masse de drones utilisables en face. On peut donc déjà parvenir à réduire le volume de drones chez l'adversaire par le brouillage et par des mouvements nocturnes. Une grande partie de ces drones sont également aujourd'hui utilisé sur de petites distances, ce qui a conduit en Ukraine à une sorte de "no man's land" de quelques km. Là aussi, la prise de distance doit devenir une habitude, on ne peut plus progresser ou tenir les positions comme avant. Le drone impose des changements tactiques importants, croire qu'on va continuer avec les anciennes habitudes par la simple intégration de moyens anti-drones est une erreur. Il faudra contrôler ce no man's land avant d'engager nos forces. Pour le contrôler il faudra miser sur le brouillage de zones sur plusieurs km soit par des moyens au sol soit par des drones avec des charges utiles amenant un tel brouillage. Il faut être capable de détecter et de neutraliser les drones d'observations adverses qui chercheront à surveiller cette zone, leurs renseignements amènent l'usage des FPV, ne les considérons pas moins dangereux en raison du fait qu'ils n'ont pas de capacités offensives. Dans ce scénario l'usage de drones intercepteurs (sous diverses formes) est à mes yeux essentiel. On pourrait imaginer des drones "planeurs" qui disposeront de capteurs acoustiques, de détecteurs de mouvements, capteurs IR avec de l'intelligence artificielle qui supervisent le terrain sur la durée en lien avec des drones intercepteurs qu'on peut imaginer sur des véhicules dont c'est la mission principale ou d'une manière plus commune sur un ensemble de véhicules avec une logique connecté ou c'est le plus proche qui engage. Il faut chercher à restreindre et limiter l'usage du drone en face avant d'entrer dans une logique ou on le laisse presque libre de les utiliser (comme en Ukraine) et ou notre objectif est de chercher à tout "détruire" en essayant de foncer dans le tas.
  2. Tout cela est encore une fois "idéologique". Quand cela fait des années que la propagande, des discours et autres donnent le sentiment que l'uranium du Niger est ce qui donne de l'électricité à la France, que c'est grâce à eux que nous avons des centrales nucléaire (et que nous sommes un pays riche) et que sans eux nous retournerons au Moyen-âge, il ne faut pas s'étonner à ce qu'ils fantasment d'une centrale nucléaire chez eux. Ce pays qui il y a 3 ans encore avait près de 40% du budget de l'état qui provenait des aides internationales (qu'il a coupé en signe de souveraineté...) n'est pas dans une situation financière pour construire une centrale nucléaire, ni pour la rentabiliser (la population et l'économie étant très pauvre). Il faudra prévoir toute une infrastructure qui dépasse la seule centrale. La sécurité nucléaire impose des règles, de la compétence et un environnement adéquat. Sans oublier la sécurité, un pays déjà instable politiquement, faible militairement pris dans une région rongé par les terroristes, il est déjà difficile de se projeter dans 2 ans, alors sur 30 ou 40 ans... La Russie va comprendre de plus en plus que dans cette région, on dépense plus qu'on ne gagne. Une centrale nucléaire sera aux frais des russes, avec un crédit dont le remboursement n'est pas garanti. Je l'ai déjà dit plusieurs fois, si la Russie se trouve dans cette région, c'est qu'elle y voyait une zone pour lutter contre une influence occidentale. Aujourd'hui elle lutte contre rien et elle finira par se lasser de voir qu'on s'en fout (car on s'est barré) et qu'on ne joue pas à son jeu.
  3. Sous Biden, les frappes à longue portée sur le territoire russe étaient à éviter. Ils se refusaient de livrer de telles munitions et quand ils l'ont fait, c'était sous certaines conditions d'usages à respecter si on veut que ça continue. La France comme la GB ayant (avant les USA) fait le don de plusieurs SCALP, la présence d'éléments américains entre dans la logique d'ICAR, c'est à dire qu'on doit obtenir l'autorisation américaine. C'est à ce moment que l'administration Biden a sûrement dit "ok pour les donner à l'Ukraine, mais l'usage se fera uniquement sur le territoire occupé ukrainien et non russe" avec également à l'époque la grande question de savoir si ça comprenait la Crimée (depuis on sait bien que oui, car c'est bien en Crimée que le SCALP a été le plus utilisé). On se souvient aussi que lorsque les américains ont étendus un droit à l'autodéfense (je crois 70km de profondeur dans la zone de Koursk) on a vu très peu de temps après des frappes de SCALP, notamment sur un site abritant les coréens, mais aussi des HIMARS. Donc oui, dans ce principe là, les américains ont pût conditionner l'usage des SCALP sur certains territoires mais il n'y a pas besoin d'eux pour programmer le missile sur tel ou tel cible. Comme le dit Patrick, la production des SCALP actuel est ITAR free, les américains n'ont plus un mot à dire sur nos ventes ou nos cessions (par contre ne croyons pas également que nos clients peuvent le refourguer à qui ils veulent sans notre autorisation). Mais les missiles qu'on a cédé sont de vieux missiles et donc sont encore concerné par ITAR. Je pense qu'aujourd'hui l'administration Trump même si elle a transformé ses "aides" en "ventes" est du genre à ne pas fixer de limites quant aux frappes sur la Russie. Les discours accusant Biden de ne pas donner les moyens à l'Ukraine d'attaquer et les ventes de missiles à longue portée en témoigne.
  4. Encore des attaques sur les raffineries russes Ce qui était encore il y a peu du symbolique "gérable" devient un quotidien dont l'impact est croissant. Les effets vont impacter le quotidien des russes lambda, pouvant amener à des situations de contestations (que ce soit sur les prix ou le manque) dont le Kremlin se serait bien passé. On remarque aussi que les ukrainiens, pour l'instant, évitent de frapper les gros sites liés à l'exportation de gaz et de pétrole, sans doute pour ne pas perturber le marché et froisser des pays étrangers. Mais quand on voit les perspective de frappes en profondeurs qui arrivent et qui se multiplient côté ukrainien, ce n'est pas la capacité de le faire qui fera défaut. Pourtant il y a 2 ans, on pouvait débattre du problème ukrainien pour frapper la Russie, de ses limites, laissant ainsi cet avantage (frappe en profondeur) comme une quasi exclusivité russe. On disait par regret (d'autres pour se rassurer) que l'occident de toute façon ne pourra pas fournir beaucoup de missiles pour ce genre de frappes. Voilà qu'aujourd'hui les ukrainiens produisent des drones à long rayon d'action et qu'il ne sera pas impossible qu'ils atteignent des productions proches de ce que font les russes avec le Shahed (objectif 5000 par mois). Voilà qu'ils sortent des missiles low cost allant jusqu'à 3000km qu'ils veulent produire à 200 exemplaires par mois. Ils vont recevoir 3300 missiles ERAM qui ont la portée d'un SCALP, soit plus d'une cinquantaine par mois. Il y a d'autres programmes à côté, que ce soit le Neptune, d'autres drones produits par d'autres entreprises comme l'An-196. Bref ça prend de l'ampleur et ne soyons pas surpris si dans 1 an on voit l'Ukraine faire des raids avec plusieurs centaines de drones et plusieurs dizaines de missiles à l'instar des russes aujourd'hui. La grande différence, c'est que les ukrainiens ont bien plus de cibles intéressantes de haute valeur en Russie que les russes n'en ont en Ukraine. Surtout que pour le Kremlin, on cherche depuis le début à tout faire pour que cette opération militaire spéciale reste sur le territoire ukrainien et qu'il y ait le moins d'impacts pour les russes dans leur quotidien, du point de vue économique comme sur le militaire (on refuse d'envoyer les conscrits en première ligne tout comme on refuse de trop mobiliser en privilégiant des "volontaires" très chèrement payés et des primes pour "calmer" et compenser les familles). La guerre se porte de plus en plus sur le territoire russe et va impacter de plus en plus la société russe. Mais on aura toujours droit au même discours du "tout va bien", limite qu'on a déjà des types qui trouvent des "gains" (ça fait plus de bruts à exporter...) aux frappes contres les raffineries.
  5. Ce n'est pas idiot quand on sait qu'un grand nombre de Serval dans de nombreuses unités ont des missions et une position sur le champ de bataille qui rend le tourelleau téléopéré très "luxueux". Autant pour les unités de contacts (type infanterie), le TTO est assez logique autant dans d'autres unités ou l'engagement est exceptionnel/circonstanciel, une circulaire plus classique est suffisante (d'autant plus que ce modèle a l'air plutôt pas mal avec ses protections). Le TTO a également un intérêt plus particulier pour les Serval "Scorpion" beaucoup moins sur les Serval issus du programme VLTP segment haut. Un tourelleau c'est 350 000€, cela demande de l'entretien/maintenance, une sensibilité à l'usure (optronique). On ne va pas laisser un régiment du train, de transmission ou je ne sais quoi avec des TTO sur des véhicules qui même à l'entraînement ne l'utiliseront de manière anecdotiques. Au delà du prix, on a est aussi face à un problème de production, la circulaire pourrait alors venir apporter le nécessaire de manière rapide et équiper de manière définitive et permanente une bonne partie des véhicules. Tous les engins peuvent recevoir de toute façon un TTO (et les autres kits). S'il y a des opex particulières qui demanderont à ce que certains engins soient équipés d'un TTO, on peut le faire, ce n'est ni compliqué, ni long. La circulaire peut devenir un kit comme l'est le TTO T1 et T2. N'oublions pas que les kits sont évolutifs et qu'on peut venir en amener de nouveaux.
  6. Il faut prendre en compte que les ukrainiens sont dans une augmentation et une diversification des moyens de frappes en profondeur. Ce Flamingo n'est qu'un élément, la masse low cost pour la saturation se fera via les drones. Les ukrainiens feront comme les russes, ça va balancer 100 drones à un endroit avec quelques missiles qui vont suivre derrière. Si effectivement il y en a un jour 200 produits par mois, on peut envisager des salves assez importantes. Ajoutons derrière la production d'autres missiles comme le Neptune. C'est sans compter sur les livraisons étrangères. On sait qu'il y a du SCALP (même s'il n'y a pas une grosse masse), je reste persuadé que les allemands finiront par amener du Taurus à un moment ou à un autre, mais on a aussi l'annonce récente sur les 3350 ERAM (portée de 450km) qui pourraient représenter des livraisons mensuelles de 50 exemplaires. L'administration actuelle va vendre tout ce qu'on va lui acheter, les restrictions d'hier avec Biden sur les armes à longue portée ne sont pas celles de Trump, pour lui c'est buisness avant tout. Attendons nous à des livraisons d'autres missiles à longue portée, que ce soit pour des systèmes comme l'ATACMS ou pour des JASSM (la quantité de F-16 continue de croitre). On va sans doute encore assister à quelques mois similaires à ce qu'on voit actuellement avant que les ukrainiens viennent à réaliser des raids massifs pouvant compter des centaines de drones et des dizaines de missiles. Quand on voit déjà qu'en ce moment ils arrivent à passer et à toucher pas mal de sites, il ne faut pas s'attendre à ce que les russes fassent mieux si les ukrainiens balancent le double, le triple de drones accompagnés de divers types de missiles. ITAR c'est un système qui peut bloquer la vente, le transfert d'armes ou le soutien d'armes d'origine américaine. Il faut l'accord des USA pour cela et plus d'une fois si une vente ne va pas leur plaire ou qu'elle se fait au détriment de leurs propres industriels, ils vont jouer dessus. Mais ITAR ne contraint pas sur l'usage de l'armement. Un SCALP peut avoir un composant US, si nous voulons le tirer sur tel ou tel pays, on ne va pas demander aux USA leur autorisation ni leur accord pour telle ou telle cible.
  7. Je suis globalement d'accord. La guerre en Ukraine montre beaucoup de vieilles habitudes (réalisées avec de vieux matériels) qui se confrontent à la réalité du monde moderne. La tranchée dans un contexte ancien ou la menace vient de face sur un plan horizontal a son intérêt. Face à des tirs d'artillerie plus ou moins aléatoires, elle a son intérêt, mais dans un monde ou pullule les drones (tant pour l'observation que pour la frappe) dans un monde ou on a des munitions de plus en plus précises, la tranchée devient en vérité une ligne de défense facilement identifiable, observable et ou l'on peut faire de gros bilans sans devoir faire un assaut façon 14-18. Il est plus que crucial de prendre en compte les menaces actuelles et l'environnement moderne en sachant tourner définitivement la page de certaines vieilles habitudes. En Ukraine les vieilles habitudes du début (artillerie et assaut direct) ainsi que celles déjà établies au Donbass pendant la période 2014-2022 a amené la construction de nombreuses tranchées. L'évolution de la guerre et des nouvelles menaces (essentiellement le drone) a conduit à "vider" les tranchées (après avoir observer de nombreuses vidéos ou les drones faisaient du tir au pigeon). Nous en voyons de moins en moins, elles se font de moins en moins et quand il faut y mettre des défenseurs, ça se compte sur les doigts d'une main. La nouvelle réalité défensive qui s'impose en Ukraine c'est celle que je vais qualifier de "no man's land", celle ou on va laisser un espace relativement vide avec très très peu de défenseurs, un espace surveillé avec les drones et ou on vient taper chaque mouvement ennemi qui se présentera. Cet espace, on s'en fout qui va y planter un drapeau, c'est une zone d'attrition, de ralentissement, une zone qu'on va également polluer de mines. Dans les lisières d'arbres on voit de plus en plus les tranchées être remplacer par des trous de combats classiques (voir rien du tout) afin de minimiser la visibilité de ce qui est souvent une présence humaine qui dépasse rarement le groupe de combat. La tranchée devient utile comme fossé pour bloquer l'évolution des véhicules, beaucoup moins utiles comme abris pour l'infanterie. Les blindés dans cet environnement c'est un peu pareil, ils sont des cibles facilement visible et la précision des munitions/drones va reléguer l'artillerie et la missilerie classique dans un second rideau d'interception. Quand on y regarde bien, sur le terrain, vous voyez peu et de moins en moins de systèmes comme le Kornet ou même une infanterie qui emmène avec elle des grappes de RPG7 tant les drones "captent" tout cet aspect. Les dents de dragons est un système qui fonctionne s'il est bien utilisé et bien fait. Mais là aussi il faut comprendre que dans le monde moderne, contrairement à avant, l'ennemi qui va un minimum se renseigner sur sa zone de progression, saura ou ils sont, il n'y aura pas la même surprise de l'inconnu qu'on pouvait avoir dans le passé ou on pouvait tomber dessus par "hasard". Forcément si comme on l'a vu en Ukraine, on vient juste poser de petits blocs en béton au sol, on comprend vite ses limites. Bien sûre que ça va empêcher de passer avec un véhicule et l'ennemi n'a pas toujours une pelleteuse qui va ouvrir son itinéraire et si derrière les dents de dragons vous avez un ennemi qui ne vous laisse pas tranquillement les retirer pour passer au milieu, ben ça bloque. Par contre encore faut-il une continuité, si c'est mettre cela sur 300m juste pour avoir de belles photos pour la propagande et que l'ennemi a juste à le contourner, c'est inutile. Les dents de dragon poser comme ça au sol c'est du bricolage pour aller rapidement, un vrai dispositif défensif sur ce principe prend du temps à se faire et ressemble à ça: Il s'agit d'un ouvrage ou les dents ne sont que la partie émergée, il y a toute la base qui épouse le sol, tout ce qu'on peut enterrer. On peut également trouver d'autres dispositifs comme ce qu'on pouvait voir sur les plages en Normandie (destinée surtout aux navires en marée haute), un rail qu'on pense juste enfoncé dans le sable mais le sérieux du dispositif repose aussi sur ce qu'on ne voit pas, le bloc en béton enterré. Un ouvrage de dents de dragons, quand il est bien fait, il est véritablement infranchissable et il faut un temps (trop long) pour faire une brèche. N'importe quel tacticien cherchera à le contourner. Si devant lui vous y mettez un fossé (rien que ça c'est déjà pas mal) derrière lui vous y mettez un dispositif de barbelés contre l'infanterie, puis un champ de mines, franchement il faut y aller pour le forcer. Il suffit que derrière le défenseur ait une certaine réactivité pour frapper l'ennemi, peu importe le rapport de force sur le papier, l'attaquant se trouvera devant une succession de gros défis ou il pourrait être amené à pouvoir seulement faire passer difficilement des hommes à pieds (si tant est que le fossé anti-char ne soit pas trop profond, qu'il n'y ait pas trop de barbelés, de mines et d'autres pièges (quoi le retour du chausse trappe?)). L'agresseur peut frapper cette ligne mais sa déformation ne sera pas forcément praticable, il peut taper les défenseurs un peu plus loin (artillerie, drones ou aviation) mais ça ne le fera pas non plus avancer. Même s'il pose une traverse sur le fossé, il n'aura franchi qu'un obstacle et en face, surtout de nos jours, le défenseur verra cela et il pourra envoyer des drones à défaut d'avoir une aviation ou d'autres éléments. La coupure humide est un excellent obstacle naturel. Le conflit en Ukraine l'a prouvé une nouvelle fois, ce n'est pas une nouveauté et ça le restera. Il n'y a rien de mieux qu'une ligne défensive ou une frontière qui est constitué par exemple d'un fleuve et c'est aussi un problème à prendre en compte pour l'agresseur qui peut très vite se trouver bloquer ou isolé si l'adversaire a planifié une destruction de ses plans dans son dispositif défensif. Pour un pays qui réalise sérieusement un tel ouvrage défensif sur tout le long de sa frontière, qu'il a des "plans" pour détruire les ponts et faire d'autres actions, ben en vrai c'est très bien. Plus il y a de coupures plus ce sera simple et peu coûteux. Le défenseur n'est pas obligé de faire cela sur sa frontière, il ne va pas faire un dispositif "terrestre" si derrière à 5km ou 10km il y a une coupure humide avec 1 ou 2 ponts ou il peut faire un ouvrage qui va exploiter cette situation, ce n'est pas grave que l'ennemi puisse avancer sur ces quelques km avant de rencontrer la vraie ligne de défense. Dans les pays Baltes (car ce n'est pas que la Lituanie) dans quelques temps, cette ligne de défense avec la Russie va complexifier une hypothétique offensive russe. Il ne faut pas juste regarder les forces armées sur le papier, le terrain dans cette zone n'est pas propice à l'attaque, surtout face à un défenseur préparée. Rien que l'Estonie, 80% de sa frontière avec la Russie est séparée d'eau, la Lituanie va avoir la moitié de Kaliningrad séparée par le Niémen. Pour les soldats face aux menaces actuelles, les villes offrent déjà de nombreux abris utiles, dont des sous-terrains. C'est logique et facile à exploiter, c'est là qu'on peut vraiment fixer l'adversaire et rendre l'usage des drones un peu plus complexe. Vouloir tenir de grands espaces dans lesquels on va venir placer des dispositifs militaires n'est pas pertinent. Il faut accepter de perdre de l'espace, apprendre à gérer le vide pour optimiser les points défensifs avantageux. La guerre moderne ne donne pas le temps de concevoir des abris complexes comme du temps de Maginot. Les drones demandent une adaptation rapide et remettent en question énormément de choses qui, il y a encore 3 ans, pouvaient sembler pertinentes ou basiques. Je crois qu'il y a tellement d'habitudes et de vieux réflexes, tant de choses à remettre en questions que la transformation nécessaire, c'est à dire de repenser totalement la façon de faire la guerre, traîne des pieds.
  8. Pol

    Ici on cause VCI ....

    Il ne faut pas prendre une situation particulière lié à des modifications importantes de notre format d'armée comme si un plan d'équipement comme on peut l'observer aujourd'hui avec l'acquisition de Griffon et de Serval En France, la réduction du parc de VAB a suivi une logique ou nos armées devaient se réduire avant que 2015 (les attentats + opération sentinelle) ne finisse par annuler pas mal de chose. Le parc de VAB qu'on devait disposer à l'horizon 2020 était d'environ 2200 à 2300 exemplaires. Donc dans la planification nous n'avons pas cherché à faire durer plus que ça ou à revaloriser d'anciens véhicules. Quand on a décidé d'arrêter les coupes et même de réaugmenter la FOT, on s'est retrouvé logiquement dans une situation ou il y a du manque (pas que pour l'infanterie) dans le par VAB (mais aussi d'autres engins). On a tout de même réussi à maintenir un volume de 2600 à 2700 engins avant l'arrivée des Griffons et Serval, poussant à devoir créer des pool et différents parcs de gestion. Il suffit d'observer le volume de Griffon et de Serval prévu, près de 3900 pour comprendre le déficit de ces dernières années. Mais il ne faut pas croire que dans un plan d'équipement, quand on va commander les véhicules, on va se dire qu'on va prendre 2 véhicules pour 4 groupes par exemple. Je l'ai souvent répété ici, on a beaucoup à faire pour combler les trous et les retards cumulés depuis presque 20 ans avant même de devoir penser à faire gonfler nos forces. Que la situation dans 5 ans sera bien meilleure qu'il y a 5/10/15 ans en arrière. Pour avoir connu toute cette période ou "demain sera pire qu'aujourd'hui", toujours avec des manques en tout et des matériels obsolètes dont on repousse sans cesse le renouvellement, le contexte depuis quelques années est vraiment différent, on voit du changement et on a une perspective d'amélioration quand on pense à "demain". L'arrivée de nouveaux matériels, de nouveaux véhicules ou même des choses qui sont seulement visuelles (nouveau treillis, nouvelle peinture sur les véhicules) participent à cela.
  9. Pol

    Ici on cause VCI ....

    Le besoin se fait au nombre d'hommes à équiper. Il n'y a pas un régiment d'infanterie par exemple ou il n'y a pas suffisamment de véhicules pour chaque groupe de combat. Que l'indisponibilité technique puisse créer parfois un sentiment de "pas assez" ne veut pas dire qu'il y a une sous dotation. Les blindés ne sont pas ce qui coûte le plus cher, il est plus problématique d'avoir le personnel à mettre dedans qu'à acquérir des véhicules. Pour le prix d'un Rafale qui sera utilisé par un pilote vous pouvez équiper tout un régiment d'infanterie et ses 1200 militaires. La quantité de blindés à détenir ou à acquérir est liée à la quantité d'hommes à équiper et c'est souvent ici que ça coince. Ce n'est pas en achetant 2000 VCI que vous allez créer automatiquement la masse, 2000 VCI cela représente environ 30 régiments. La question qui se pose alors n'est pas de savoir combien coûte ces VCI, mais de savoir ou et comment vous ferez pour construire 30 nouveaux régiments et comment vous recruterez (en plus du recrutement normal déjà sous tension) environ 40 000 militaires (dont les cadres...). Puis on va réfléchir au fait qu'à côté de cette infanterie, il lui faut de nouvelles unités (et tout l'équipement associé) de cavalerie, d'artillerie, de génie, de logistique, de soutien etc. pour créer des brigades homogènes. Bref vous finissez par devoir doubler l'armée actuelle alors qu'au départ vous pensiez juste acheter 2000 VCI car sur le papier ça donnait plus de gueule. Il faut être conscient de cela, 60-70 VCI ou VTT c'est un régiment de 1200 pax, ce n'est pas juste un achat. Soit vous remplacez l'existant, soit vous faîte de la transformation (on passe d'un VTT à un VCI) soit vous essayez de densifier (dans une certaine limite) soit construisez un nouveau régiment et là on entre déjà dans un niveau de difficulté très largement sous-estimé (même pour un seul!).
  10. On arrivera sûrement assez rapidement à voir les ukrainiens égaler les russes dans les volumes de drones tirés quotidiennement (chaque jour) dans la profondeur. Ils pourront eux aussi réduire les tirs pour ensuite faire de gros coups (genre 500). La défense sol-air russe a montrée une multitude de fois que les ukrainiens peuvent faire passer les drones et les missiles. La Crimée a été et est sans doute l'un des endroits avec le plus de défense anti-aérienne (les russes ayant depuis 2014 fortement militarisé la zone) a pourtant été de nombreuses fois la cible réussie de divers attaques de drones et missiles. Il y a énormément de moyens sol-air engagés en Ukraine et les frontières de la Russie ne sont pas mieux protégées, l'intérieur du territoire encore moins. Le problème de la Russie c'est que contrairement à l'Ukraine, l'aviation civile et militaire continue de voler derrière les zones de conflits. La défense sol-air ne va pas tirer en 2 secondes sur chaque signal détecté sur les radars (nous ne sommes pas dans un film ou sur l'écran radar l'ennemi est en rouge et l'ami en bleu, un signal on va l'interpréter sans savoir forcément ce que c'est). Plusieurs fois on a déjà vu en Russie des aéroports bloqués en raison d'une menace drone afin "d'éclaircir" le ciel, mais c'était juste quelques épisodes. Donc les drones et missiles qui vont passer la zone frontalière sur une certaine distance (100km peut-être) vont entrer ensuite dans un espace ou les défenses russes se font rares et ou elles sont également beaucoup moins réactives du fait d'un trafic civil et militaire important. L'utilisation de manière intensive de drones par l'Ukraine en Russie aura des effets bien plus larges que l'atteinte de cibles. Cela va perturber tout le trafic aérien, civil comme militaire, avec un fort risque (dans les moments de saturation notamment) d'erreurs pouvant amener à des destructions "amis". Même sur le territoire ukrainien relativement clairsemé, on a déjà vu des avions militaires ukrainiens se faire abattre par de la défense sol-air ukrainienne. Les russes pourraient être perturbés dans l'usage de leurs propres drones, missiles, de leur aviation militaire. Ensuite derrière tout cela, les ukrainiens en terme de cibles, ils ont un panel de choix important. Le secteur énergétique, l'industrie militaire, les sites militaires, ils peuvent faire bien plus mal en terme de coût que ce que la Russie peut réaliser sur une Ukraine relativement "pauvre" ou les cibles de choix ou intéressantes ne court pas les rues. L'industrie militaire ukrainienne par exemple est aujourd'hui globalement une industrie dans l'ombre quand celle de la Russie continue sur ses installations "connues" de tous, car les russes continuent de se croire à l'abri. Comme l'usine qui va assembler les Shahed/Geran, tout le monde sait exactement ou elle se trouve, les ukrainiens ont déjà réussis à y envoyer des drones (peut-être des essais) et si demain ils décident de balancer en une fois 200 drones FP1 et 20 missiles Flamingo sur ce site, la probabilité de le foutre en l'air est grand. Une tactique bien plus efficace que rechercher sans arrêt à détruire les drones par des missiles coûteux (d'ailleurs les russes vont eux aussi s'exposer à cette problématique).
  11. Tout va dépendre des capacités russes de détections et d'interceptions, de leur positionnement. La taille de la Russie est dans ce cas pas un avantage surtout quand on sait que de nombreux systèmes ont déjà été perdus dans la guerre, de nombreux sont engagés autour de cette guerre. Faut pas croire qu'à 2000 km de la frontière au milieu de la Russie, vous avez profusion de systèmes sol-air.
  12. Les annonces sont les annonces et en temps de guerre elles servent également à faire cogiter l'adversaire. Je suis le premier à dire et à répéter depuis presque 2 ans que les ukrainiens vont frapper la Russie de plus en plus souvent avec de plus en plus de drones et de plus en plus loin, qu'elle développe fortement ce secteur pour "jouer" au même jeu que les russes dans les frappes en profondeur. Je suis également convaincu qu'on arrivera très certainement d'ici plusieurs mois à une situation ou il ne sera pas surprenant de voir les ukrainiens faire le même genre de raids massifs que les ukrainiens font avec des centaines d'engins. Cependant je pense que pour l'instant les annonces des ukrainiens sont liées à l'objectif de Zelensky (qui parlait l'an dernier de produire 30 000 drones à longue distance et 3000 missiles d'ici fin 2025) mais pas encore une réalité. Si cela fait 3 ans qu'on a les yeux sur la production et l'utilisation de Shahed en Russie, je crois que côté ukrainien on va très vite rattraper le retard et avoir une production égale voir supérieure aux russes dans le courant de l'année 2026. Les ukrainiens vont investir beaucoup de moyens dans ces drones et missiles et ils sont également aidés de l'extérieur. C'est devenu une priorité depuis la fin 2024. On sait que les allemands investissent massivement pour l'Ukraine comme pour eux-mêmes dans les drones à moyenne et longue portée. Ils vont par exemple financer directement 500 drones AN-196 Liutyi, de nombreuses entreprises investissent en Ukraine, partagent du savoir-faire pour améliorer les productions locales. Les allemands produisent également massivement depuis quelques mois le HX2, un drone similaire au Lancet mais avec de meilleures performances, on est sur 1000 par mois (déjà plus que la production russe de Lancet) dans sa "Resilience factory" en Allemagne et le groupe cherche à créer d'autres sites de ce genre en Europe, l'intérêt étant de pouvoir en produire plusieurs dizaines de milliers par mois en cas de conflit. https://www.ecinews.fr/fr/helsing-lance-des-usines-de-drones-dans-toute-leurope/ D'autres pays sont également en chemin pour produire des drones en Ukraine. La France par exemple compte avec Renault et une start-up (EOS) française lancer une usine de production en Ukraine pour produire des drones à grande échelle dans le même principe que l'industrie automobile. Bien sûre on ne parle certainement de la production de minidrones (type FPV) que les ukrainiens savent déjà produire à grande échelle (imprimantes 3d etc...) mais de drones pour la moyenne et longue distance. Depuis cette annonce, le groupe Renault subit des cyberattaques... Il y a donc toute une industrie du drone qui se met en place et si on pense encore être parfois en retard en Europe dans ce domaine, il y a fort à parier que la situation risque de fortement changer dans les temps à venir. Notre plus gros défi étant de trouver le bon rapport qualité-prix, la guerre en Ukraine est un gros champ d'expérimentations de plusieurs dizaines de drones différents. Les productions ukrainiennes peuvent servir d'inspiration et un partenariat à long terme peut et doit s'envisager.
  13. Je passe mon temps? Je dois faire 10 commentaires dans la semaine. Ce n'est ni toi ni moi qui devons affirmer ceci ou cela, s'il y a un génocide qui est commis, alors que des pays portent cela aux nations-unis avec l'ensemble des faits nécessaires pour le démontrer. Hors ce n'est pas si simple, si évident, peu importe les sentiments et interprétations des uns ou des autres. Quant à tes allusions me prenant pour un raciste, laissons cela à la modération. Je l'ai déjà dit une multitude de fois ici, dans le conflit israélo-palestinien je me fiche des deux camps, je n'ai ni amis, ni ennemis. J'ai toujours dit que pour moi la solution c'est qu'il y ait bien 2 états et je ne m'aveugle pas sur une réussite de la résistance armée des palestiniens qui au lieu d'améliorer leur condition, leur cause, ne fait que de les enterrer année après année. Mais si pour toi comme pour d'autres soutenir les palestiniens c'est perpétuer encore et encore une résistance armée à Israël avec des groupes comme le Hamas, avec des pays comme l'Iran qui rêve d'anéantir Israël (là ce n'est pas un un génocide qu'on va soutenir idéologiquement...) ou encore par des groupes dans d'autres pays comme le Hezbollah, qui prétend être le grand défenseur du Liban mais qui menace le pays d'une guerre civile meurtrière s'il doit rendre ses armes à l'armée nationale. Il y a des choses qui amènent plus de problèmes que de solutions, il y en a qui aiment tendre le bâton pour se faire battre. Donc la Russie qui coche toutes les cases commet un génocide en Ukraine? Je ne vois pas pourtant le même engouement à son encontre. Ce n'est pas moi qui semble blesser dans ma chair dès qu'on évoque Israël et la Palestine. Je ne vais pas mal dormir à cause de cela. Par contre je m'interroge sur des personnes qui pouvaient justifier/excuser les actes d'un régime comme Assad ayant fait des centaines de milliers de morts, des millions de déplacés mais qui dès que ça touche Israël et les palestiniens, pour parfois largement moins, faisaient beaucoup plus de bruits. Je l'ai déjà dit ici, le problème palestinien c'est que l'ennemi est juif. Les musulmans peuvent se tuer par millions, pousser des dizaines de millions de personnes à l'exil, imposer tous les extrêmes possibles sans que la rue arabe ne semble s'en émouvoir. Par contre quand ce sont des juifs qui tuent des musulmans, là cette rue se sent tout de suite beaucoup plus "investie". Si les israéliens seraient des musulmans qui feraient la même chose aux palestiniens, le monde musulman s'en foutrait comme il s'en fout de ce qui se passe en Afghanistan, en Syrie, en Somalie, au Soudan, en Birmanie et ailleurs. Pourquoi donc 2 millions de palestiniens à Gaza semble avoir une telle importance à des gens qui s'en foutent (silence, désintérêt...) de millions d'autres individus ? Quand je verrai dans les rues de Parie des manifestations avec "free Balouchistan" ou encore des hommes politiques prendre la défense des congolais?
  14. Ce qui se passe à Gaza aujourd'hui fait suite à ce qui est sorti de Gaza le 7 octobre 2023. Gaza ne représente pas un problème sécuritaire? Israël ne s'est pas réveillé un matin en se disant "tiens on va tout détruire à Gaza pour le plaisir et on va dégager tout le monde". Il y a parfois des événements qui ont un impact psychologique si fort qu'ils amènent des réactions qui ne seraient jamais réalisées sans eux. Sans cette action palestinienne le 7 octobre, Gaza serait comme il y a 4 ans, peut-être pas le plus bel endroit du monde, toujours coincé géographiquement, mais pas comme maintenant.
  15. On est loin des "wunderwaffens" à la sauce Poutine Quand on sait qu'il y a quelques années, la crainte "militaire" de Poutine était de voir l'Ukraine capable de frapper Moscou avec ses missiles Hrim2 alors en développement ou encore leurs quelques drones TB2... L'Ukraine qui au début de la guerre était quasiment incapable d'envoyer sérieusement des projectiles sur son voisin (limite qu'un tir d'artillerie allait déclencher le feu nucléaire tant on imaginait l'inviolabilité du territoire russe) démontre que plus le temps passe, plus ses capacités à le faire augmente. Je le dis depuis un moment, ce qui était une forme d'exclusivité russe (frappe en profondeur) par rapport à l'Ukraine le devient de moins en moins. Les cibles de valeurs (secteur énergétique, installations militaires et industrielles...) sont bien plus nombreuses en Russie qu'elles ne sont en Ukraine pour les frappes russes. La taille de la Russie qu'on présente comme un avantage peut devenir un problème si en face on commence par taper un peu partout. Aux ukrainiens d'être malin quand ils utiliseront ces missiles, ils devront choisir les bons couloirs et les bons moments (quand les russes lancent leurs drones/missiles par exemple)
  16. Comme pour toute accusation, il ne suffit pas de le dire et de le répéter, il faut amener des faits qui permettent internationalement de déterminer que le dessein est bien d'éliminer une population précise. Le déplacement forcé d'une population ou les pertes civiles dans une guerre ça n'en fait pas un génocide. On peut entrer dans des crimes de guerre dans certains cas, mais pas la peine de basculer dans les extrêmes. L'obsession de certains à voir systématiquement un génocide dès qu'Israël va tuer des palestiniens est assez ridicule. Cela ne date pas d'aujourd'hui et de la guerre actuelle, on pouvait le voir déjà par le passé. Une simple bombe israélienne qui tombait à Gaza, une intervention militaire avec quelques centaines de morts et on avait déjà droit à "génocide" sur toutes les lèvres. Puis dans le même temps on ales mêmes personnes qui en temps de paix vont vous expliquer comment la démographie palestinienne va prendre le dessus de la démographie israélienne, comment ils vont perdre en cas de guerre, qu'ils ne peuvent rien faire etc, logique pour un génocide... Alors oui le sort des palestiniens n'est pas formidable, oui certains ont une véritable haine des juifs (il suffit de regarder le conflit en Syrie avec ses centaines de milliers de morts et millions de déplacés pour constater le deux poids deux mesures), mais restons mesuré. Si le dessein d'Israël serait de tuer les palestiniens, ils ne s'emmerderaient pas à faire évacuer les zones qu'ils s'apprêtent à bombarder. Oui on peut se plaindre de cette politique, se plaindre du recul du territoire de la Palestine sur le long terme, se plaindre de la colonisation ou des conditions des palestiniens, mais il n'y a rien d'exceptionnel par rapport à d'autres conflits. Quand on regarde l'état des villes en Ukraine, les millions de réfugiés, on va parler de génocide? Quand on dit que les ukrainiens pour avoir la paix doivent céder des territoires aux russes, c'est aussi génocidaire? Oui Israël utilise la force comme tant d'autres actuellement et dans l'Histoire pour obtenir du territoire et imposer ses conditions. S'il y a des pays qui veulent empêcher cela, ben qu'ils aillent faire la guerre à Israël ou qu'ils aillent aider les palestiniens comme les européens aident les ukrainiens. Nous aidons l'Ukraine à empêcher cela, nous accueillons des millions de réfugiés ukrainiens, que fait donc le monde arabe pour les palestiniens? Absolument rien et plus aucun ne veut de réfugiés palestiniens. Dans les discours ils sont tous bien présents, sur les réseaux on a également plein de défenseurs de la cause palestinienne et ils ont toujours le même réflexe, accuser les occidentaux de ne rien faire. Ces gens souvent anti-occidental, souvent à promouvoir un nouveau monde ne critiquent pas les pays arabes, pas les pays africains, sud-américain ou asiatique, non, les "complices" du crime c'est les occidentaux! Ce sont également ceux qui vont vous dire que les ukrainiens doivent céder devant la puissance des russes, qu'ils n'ont aucune chance, que nous perdons notre temps, notre argent, notre énergie à les soutenir. Mais nous ne verrons jamais ces gens réclamer la même chose des palestiniens envers Israël, eux ne doivent rien lâcher, leur obstination à résister est payante dans le temps alors qu'elle est largement pire dans le rapport de force, dans les soutiens réels (pas les discours de principes) des uns et des autres...
  17. En fait les fondamentaux n'ont pas vraiment changé. C'est un peu comme pour une voiture, on peut se dire que ça reste une caisse avec 4 roues, entraîné par un moteur (je passe sur l'ensemble des éléments). On est en effet sur de la simplicité, par contre les numéros "479" et "480" sur les photos, je pense que c'est un peu pour tromper la réalité. Je doute fortement que les ukrainiens parviennent à monter si vite dans l'échelle de la production. Je pense qu'on doit être au mieux aujourd'hui sur 1 missile tous les 15 jours mais ils vont chercher à augmenter la production dans les temps à venir.
  18. On est sur des constructions standardisées comme il doit en avoir des dizaines/centaines et en aucun cas face à un bâtiment "unique". Comme souvent côté russe, on aime très vite se rassurer sur la destruction immédiate (ou à venir) d'une nouvelle menace, un peu comme avec les F-16 qu'ils avaient déjà détruits mentalement avant même qu'ils ne soient en Ukraine. Là c'est un peu pareil, face à la découverte et l'arrivée de ce nouveau missile, le monde pro-russe veut déjà le voir détruit. Si un tel site serait "découvert" via de l'OSINT, cela ne jouerait pas du tout à la faveur des russes, du moins à long terme. Car les ukrainiens agiraient dans l'instant pour tout vider et se relocaliser ailleurs, laissant une frappe ultérieure sans effets. La production serait peut-être perturbé un temps (et encore on est ici sur un site d'assemblage d'éléments qui viennent d'un peu partout) mais continuera ultérieurement. Il est intéressant de voir le développement côté ukrainien de ces capacités de frappes en profondeur qui sont de moins en moins une exclusivité ou un privilège russe. Il ne faudra pas être surpris que dans quelques mois les ukrainiens réalisent quotidiennement des frappes comme le font les russes. Cela fait 1 an environ que les ukrainiens cherchent à accélérer dans ce domaine et on arrive ces derniers temps sur des cycles de productions allant à des échelles plus importantes. Que ce soit le Sapsan qui est un missile allant jusqu'à 500km de portée et emporte 500kg d'explo (comme un SCALP) ou encore le drone FP1 qui a les mêmes caractéristiques que le Shahed, on annonce une production de 100 par jour, mais aussi ce missile lourd qui porte jusqu'à 3000km avec plus d'une tonne d'explo. Nous avons vu et nous voyons bien que la Russie laisse passer pas mal de choses, donc ils pourront très bien surprendre et tout dépend évidemment de ce qui sera produit. Si ces gros missiles se feront à raison de 1 tous les mois ce n'est pas la même chose que 1 (ou plus) par jour. Je reste toujours un peu en recul avec les discours de "production en masse" tant du côté de l'Ukraine que du côté russe De nombreux pays occidentaux investissent dans le drone en Ukraine, ce n'est pas du tout impossible que certains d'entre eux vont aider les ukrainiens à augmenter ces productions. Les mois à venir devront s'observer avec intérêt.
  19. Justement, les méthodes utilisées c'est de forcer les évacuations de zones entières avant de détruire l'infrastructure. S'ils ne feraient pas cela, on compterait les morts en centaines de milliers depuis un moment. Je l'ai déjà dit, mais les israéliens ne frappent pas les habitations car ils estiment qu'il y a des membres du Hamas, les israéliens sont dans une guerre ou ils rendent des zones inhabitables dans le but de faciliter le contrôle militaire de la bande de Gaza et d'amener à une situation (crise humanitaire) ou la communauté internationale souhaitant aider les palestiniens finissent par les faire "sortir". Les israéliens veulent pousser les palestiniens de la bande de Gaza à s'en aller. L'Égypte ferme les portes et de toute façon désormais Israël contrôle également la frontière côté Gaza. Les israéliens proposeront cyniquement (car sans doute aucun pays ne l'acceptera) une sortie de populations sur base humanitaire. Puis il ne faudra pas être surpris de voir par exemple les israéliens ouvrir des "camps" humanitaires loin de Gaza, en Cisjordanie peut-être, mais pourquoi pas en Syrie qui seront ouverts à l'aide internationale pour les palestiniens (qui de toute façon n'auront plus rien). Ces exodes permettront de réduire la population dans la bande de Gaza et de filtrer, d'identifier et reconnaitre ceux qui vont sortir, difficile pour le Hamas de s'en aller. Ceux qui voudront aider les palestiniens devront les accueillir chez eux ou via ces camps. On doit bien comprendre qu'il ne faut pas s'attendre à ce que demain, les israéliens disent "on arrête" et que dans la bande de Gaza, on va "reconstruire" et que le Hamas va reprendre son combat. C'est un processus qui pourrait prendre un petit moment, je ne dis pas que dans 1 an il ne restera plus que 500 000 habitants, mais l'objectif stratégique de toute cette guerre, ce n'est pas juste de donner une bonne claque aux combattants du Hamas, ni de récupérer les otages, il est bien plus profond et large.
  20. Pol

    Ici on cause VCI ....

    Dans une armée en pratique ce genre de reconfiguration ne se fera presque jamais. Vous n'allez pas avoir une armée qui va commander 500 véhicules avec à côté le double de modules (qu'il faudra stocker) pour les adapter à un rôle différent. Au lieu d'avoir 100 engins en version VTT, 100 en version génie et 100 en version SAN, vous finissez par avoir 100 véhicules que vous partagerez avec 300 modules. Mais aucun pays ne fera cela, ils continueront de faire comme on fait partout, on aura 100 engins de chaque qui garderont leur configuration de manière permanente. Là ou c'est intéressant (même si le concept n'est pas nouveau), c'est du côté de l'industriel, il a sa "base" commune sur laquelle il va venir fixer le module (c'est bien pour optimiser la production et l'assemblage). C'est également utile dans des phases de maintenance, ou dans la récupération du module suite à casse/destruction du châssis.
  21. Cela reflète tout de même assez bien cette "bulle" dans laquelle Trump et ses proches sont sur ce dossier, cherchant (à l'instar de Poutine) d'isoler l'Ukraine des européens. Là très clairement les européens amènent directement à Washington le message que l'Ukraine n'est pas seule et surtout qu'un accord passe par des demandes et des exigences autres que celles des russes. Comme je le répète depuis un moment, nous commentons et nous observons des combats qui sont du niveau "section" en faisant comme s'il s'agissait de divisions ou d'armées complètes. Vous avez de petits groupes qui avancent peut-être un peu ici un peu là-bas mais ce n'est aucunement une masse qui avance, ce n'est pas une percée avec derrière des dizaines de milliers d'hommes qui attendent pour s'y engouffrer. Les russes ne sont plus depuis un moment dans ce genre d'opérations d'envergures, on est dans de affrontements locaux qui se font très lentement, par petits groupes sur des points défensifs qui n'ont généralement pas grand chose sur place, tant les drones imposent une forme de "no man's land" sur le terrain. Donc oui, on a peut-être 50 russes qui ont avancés dans un vide défensif localisé. Le problème c'est de regarder une carte (toujours à la loupe) et d'imaginer observer l'avancée de divisions qui iraient réaliser une percée digne de grandes batailles historiques. Je crois que beaucoup n'arrivent pas à comprendre à quel point on commente des combats qui engagent en vérité très peu de volumes de forces mais qu'on continue à en faire des combats qui engageraient des masses considérables. On va dire que les russes ont pris une nouvelle localité, limite qu'on parle d'un effondrement de l'armée ukrainienne alors qu'en fait on avait peut-être 10 ukrainiens dans cette localité et que les russes ont depuis 2 semaines réalisés 3 ou 4 assauts avec l'équivalent de 30-40 hommes. Puis on fera la même chose 300m plus loin. Faut vraiment qu'on comprenne que du côté russe derrière cet effort offensif localisé (en dehors de l'oblast de Donetsk et même là on pourrait encore cibler des points particuliers, ça ne bouge pas), il n'y a pas des divisions ou des corps d'armées russes qui attendent d'exploiter une brèche. Ils fournissent déjà tout leur effort offensif sur un point du front, cet effort amène une progression très difficile et lente, la maintenir au même niveau est déjà compliqué pour eux (en tout cas il ne faut pas compter sur eux pour le dire ainsi, tout va bien). On peut attendre des offensives d'hiver, du printemps, de l'été encore un moment. Les russes ne peuvent tout simplement pas faire mieux que ce qu'ils font en ce moment s'ils ne veulent pas lâcher la pression qu'ils exercent. On est donc sur un système à flux tendu côté russe, qui fonctionne par petits groupes, par petits assauts répétés. Mais tout ce complique dès lors qu'on dépasse des terrains relativement ouverts ou les localités (désertés des habitants) se densifient et ou le défenseur a de nombreux abris et masques. Dès qu'on y arrive, comme à Pokrovsk, ça bloque, peu importe tout ce qu'ils peuvent tirer, des situations ou des villes moyennes fixent les russes pendant des années ne sont pas rares et plus le conflit dure, plus il est vain d'imaginer les russes capables de refaire une avancée urbaine comme à Bakhmut. Même l'encerclement de Pokrovsk est complexe, car il ne faut pas juste se dire que les russes doivent arriver à entourer la ville pour qu'elle tombe en quelques jours, il faut se demander si les russes peuvent tenir le siège à l'arrière de la ville en ayant d'un côté le besoin de contenir ce qui est en ville et de supporter la pression extérieure que les ukrainiens exerceront. Car ce n'est pas des divisions russes qui vont encercler la ville, on parle là de quelques milliers d'hommes sur des km, qu'il faudra maintenir et approvisionner, ce n'est pas juste colorier une carte en rouge sur un blog avec des grosses flèches qui représentent en fait des sections alors qu'on commente cela comme si ça serait les mouvements de l'armée allemande pendant l'opération Barbarossa, là ou une flèche représentait 300 000 hommes et non 30. En 2022, on regardait une carte de l'Ukraine avec une armée russe qui avance sur des centaines de km en direction de villes comme Kiev, Kharkiv et d'autres, un truc qui globalement était assez cohérent de l'image qu'on pouvait se faire d'une invasion par l'armée russe. Plus le temps passe plus on zoom sur la carte au point même qu'aujourd'hui plus d'une fois il m'arrive de devoir dézoomer pour savoir un peu ou je suis. Mais visiblement a ne choque pas, certains continuent d'en faire une tonne quand ils vont voir les russes avancer de 200m dans le champ de blé de Viktor ou lorsqu'ils vont arriver à la cabane de jardin d'Igor après avoir contourner le carrefour de la boucherie du village Dejsoijoso et ses 14 habitations qui est devenu du jour au lendemain "stratégique". On parle ici des points ou ils mettent l'essentiel de leur effort offensif...
  22. La réduction petit à petit des "exigences" russes devrait interpeller un peu plus de monde que ça. Il y a derrière ça une forme de retour à la réalité qui est celle ou les russes comprennent que pour y arriver c'est très compliqué au vue de la situation. Cette guerre coûte cher, pas seulement en vies, les russes concentrent depuis un moment tout leur effort offensif sur l'oblast de Donetsk et ils sont, faut le dire dans un gros bourbier dans lequel ils peinent à avancer sérieusement. Rien que pour prendre Pokrovsk, déjà 1 an qu'ils sont dessus, que dire alors de morceaux un peu plus gros comme le bloc Kramatorsk-Slaviansk. On ne voit pas côté russe une réelle montée en puissance militaire, on sait tous que si le conflit dure, il va durer comme maintenant, une usure qui ne se fait pas que côté ukrainien (car j'ai encore et toujours l'impression que beaucoup font comme si les pertes russes sont sans effets, le puits sans fond. Le fait que Poutine n'a pas réussi (chut!! il ne faut pas le dire ainsi) à atteindre ses objectifs premiers et qu'il semble ne pas pouvoir atteindre rapidement et sûrement ses objectifs secondaires (4 oblasts) doit pousser à faire comprendre que Poutine a besoin d'une victoire qui soit issue de son fait. Le problème des russes, c'est que ça doit faire minimum 2 ans qu'ils attendent Trump à la maison blanche car ils se disent que sans les USA, l'Ukraine ne tiendra pas militairement, donc que la Russie finira par remporter une victoire militaire lui permettant d'imposer ses conditions. Sauf que le grand abandon occidental ne se fait pas comme prévu, il n'y a pas un effet de série qui suit en Europe suite à un lâchage américain de l'Ukraine. C'est encore une fois une erreur russe que de vouloir mépriser les européens en pensant que les américains sont ceux qui décident et que les européens suivent. D'ailleurs Trump a fait exactement la même erreur, pensant que l'aide américaine était la seule qui permettait à l'Ukraine de tenir, donc que les USA en l'arrêtant peuvent imposer ce qu'ils veulent. On a minimisé l'aide européenne (ça continue encore un peu) mais dans les faits Trump comprend qu'il n'est pas tout seul à aider l'Ukraine et que les européens (+ d'autres pays) vont prendre le relais. Voyant dans le même temps un réarmement important en Europe, Trump a changé de stratégie, on est passé d'une aide américaine à des ventes d'armes. Faut pas croire que maintenant qu'il y a des milliards qui arrivent à l'industrie militaire US de la part des européens pour aider l'Ukraine (mais aussi dans le réarmement de l'Europe) que Trump va bloquer ou interdire les ventes pour pousser l'Ukraine à capituler. Poutine comprend sans doute que cette guerre ou le front peut se tenir n'a pas besoin des chars Abrams ou des Bradley américain, mais seulement de drones que l'Ukraine produit globalement chez elle peut durer encore longtemps, même sans les dons de Washington. Les européens peuvent acheter aux américains des armes pour l'Ukraine, ils peuvent toujours donner leurs armes d'origine américaine à l'Ukraine, il n'y a aucun blocage. Les perspectives ou on faisait croire qu'en cas d'arrêt du soutien américain à l'Ukraine reviendrait à laisser l'Europe faire avec sa seule capacité de production sont ce qu'elles ont toujours été, qu'un "espoir" des russes et de leurs soutiens sur une incapacité occidentale à soutenir l'Ukraine sur la durée. Hors comme dit, les besoins militaires ne sont plus les mêmes aujourd'hui qu'il y a 3 ans. Nous ne sommes plus dans le calcul de savoir qui produit le plus d'obus ni à vouloir trouver des chars ou des milliers de blindés. Poutine est prêt à faire un tel accord car il a des doutes sur la suite des événements. Cela ne veut pas dire que les ukrainiens vont reprendre la Crimée en 2 semaines et se retrouver à Moscou la semaine d'après, mais qu'il y a un risque ou les petites avancées actuelles deviennent rares, que d'une situation déjà globalement gelé on en arrive à une situation totalement gelé sans qu'il y ait le moindre effondrement du côté ukrainien. Même si au moment de ce gel, les russes ont plus de territoires qu'actuellement, ils ne seront pas dans une meilleure position pour négocier et Poutine sera dans une situation ou la fin de la guerre risque d'être "non victorieuse". J'entends par là, que politiquement il ne se placera pas comme celui qui aura imposé ses choix à l'adversaire, il sera au même niveau que lui, il ne recevra pas plus qu'il n'a. En soit la guerre ne sera pas gagnée ni perdue elle sera juste terminée. Quand on sait que du côté du Kremlin on veut à tout prix cultiver le culte de la puissance, un tel scénario serait un échec sur la plan intérieur comme sur le plan extérieur. Pour moi cela fait déjà un petit moment que cette guerre continue non pas pour l'intérêt des territoires qui sont conquis au prix de lourdes pertes, mais parce que d'un, Poutine n'est pas en position militaire de l'arrêter seul sans devoir retirer ses troupes, de deux qu'arrêter la guerre sur les positions actuelles ne lui apportera rien de plus qu'il pourrait utiliser pour se mettre une couronne de lauriers sur la tête. Donc il a besoin d'obtenir ce truc en plus en sortant de la guerre quitte à faire une croix sur d'autres ambitions/revendications. Il a également besoin de maintenir les USA de côté
  23. Nous ne sommes pas en guerre, nous soutenons un pays qui fait la guerre. Il faut s'enlever de la tête l'idée que la finalité serait de "gagner" quelque chose en mettant l'aspect financier (comme Trump) comme seul critère. Nous soutenons l'Ukraine pour rendre cette guerre la plus coûteuse possible à la Russie afin de lui faire comprendre que sa voie guerrière n'est pas aussi lucrative et bénéfique qu'espérée. On fait cela pour que demain elle ne recommence pas. On fait cela pour limiter au maximum les gains qu'elle pourrait espérer tirer d'une "victoire" dans cette guerre. Il faut que cette guerre soit au au pire une victoire à la Pyrrhus pour elle, au mieux une défaite (cela ne veut pas forcément dire que l'Ukraine va reprendre tous les territoires dont la Crimée). Il y a une multitude de victoires et de défaites possibles qui dépassent le simple aspect de savoir si on va avoir un groupe russe qui avancera de 200m sur le front. Nous cherchons à éviter de donner la victoire que vous voulez donner à la Russie pour lui ôter l'envie de recommencer, pour que ce pays cesse de regarder certains pays avec des envies de conquêtes. Je l'ai déjà dit, pour Poutine, arrêter le conflit sur les bases actuelles, malgré les gains territoriales, ce n'est pas une victoire et c'est bien pour ça qu'il continue à vouloir encore plus. Cette "logique" ou ça cherche à prendre le bras quand ça tient la main est très dangereuse, elle marque les traits d'une personnalité qui ne va s'arrêter que lorsqu'on lui posera très clairement un mur devant lui. Toi, comme d'autres, tu penses "régler" le conflit en donnant aux russes ce qu'ils veulent (et même plus) sans comprendre que tout ce que tu fais, c'est donner du temps, de l'énergie pour recommencer demain. La Crimée en 2014, on l'a présentait comme "particulière" pour les russes, on prétextait que c'était son accès aux mers chaudes, que sa base navale "justifiait" sa conquête. Puis presque en même temps on voyait les russes chercher à prendre le Donbass mais ne s'étant pas trop préparé à cela et ne voulant pas l'assumer (comme pour la Crimée avec ses petits hommes verts au passage) de peur de voir l'occident réagir, on est parvenu à cessez-le-feu. Est-ce que le Kremlin a été rassasié de tout cela? Est-ce que cela a amené la paix? On en est ou aujourd'hui? On va me faire croire que la Russie en février 2022 ne cherchait pas à prendre plus que les 4 oblasts qu'elle revendique actuellement? Déjà certains osaient affirmer au tout début que la Russie ne fait pas la guerre pour annexer l'Ukraine alors qu'aujourd'hui on a l'impression qu'il n'y a plus que ça qui compte... Alors oui, vous avez raison, donnons à la Russie ses 4 oblasts, donnons lui cette victoire comme ça l'Ukraine aura la paix. Mais cédons aussi à ses exigences, démilitarisons l'Ukraine et empêchons la d'entrer dans l'Otan, je suis convaincu que les russes réclament cela dans le seul but de garantir la paix et non dans le dessein de se faciliter la tâche pour plus tard...
  24. Quand c'est la Russie, le mot d'ordre est "relativisons"
  25. Il s'agit très clairement d'un acte intentionnel dont on ne mesure pas pleinement l'intérêt et le destinataire. Mais je vais le répéter comme je le fais depuis des années, ceux qui dirigent la Russie sont des nostalgiques de l'URSS, ils ont encore dans leur tête les frontières de l'URSS et une admiration de cette époque. Ils continuent de se rêver en la deuxième superpuissance mondiale du même niveau que les USA, continuant dans sa politique étrangère une forme de guerre froide ou elle représente l'opposition et un contre modèle de l'occident. L'URSS a disparu sur la carte, mais les hommes et les femmes soviétiques en 1991 continuent d'exister. Combien de fois dans le conflit ukrainien on a vu le drapeau de l'URSS sur des blindés, des patchs ou ailleurs côté russe? L'URSS symbolise un passé ou la Russie était au sommet de sa grandeur, de sa puissance, de son influence. Beaucoup n'acceptent pas la nouvelle réalité et je pense que la conquête de l'Ukraine est en réalité le fruit de cette inacceptation.
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