Pol
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Niger
Pol a répondu à un(e) sujet de legionnaire dans Politique etrangère / Relations internationales
Je parle de la phase de désengagement du Mali via Niamey. C'est ça tout le problème des gens qui de nos jours veulent que tout se résume en 2 phrases. Il ne faut pas détailler, il ne faut pas expliquer, il ne faut pas trop écrire car au fond on ne veut pas trop réfléchir ni comprendre autre chose que son point de vue (qu'on va simplifier en "j'ai raison et tu as faux, point barre, le reste c'est du blabla"). Quand on décide d'un désengagement militaire, on va déjà faire le tri de ce qui est militaire et de ce qui n'est pas militaire. Tout ce qui est militaire on le récupère, car c'est d'une certaine façon en compte dans les armées, ceci indépendamment de la valeur financière. Est-ce qu'on a laissé de l'équipement militaire sur place? Non. Ensuite tout ce qui relève de l'infrastructure de la base en elle même, on est dans un tout autre registre. Les bâtiments et autres structures en dures, ben ça reste, peu importe qu'on a mis des millions à les monter, des mois à y travailler. Ce qui est démontable se juge sur le coût logistique et sur une utilité ailleurs. Peu importe si toi sur place tu vas par exemple juger qu'un climatiseur aurait son utilité, de la valeur, du point de vue de l'armée ça sera sans intérêt. Ce n'est pas un équipement militaire, c'est un truc bien usé par le climat qu'il faudra transporter, remettre en état, puis stocker. Ce genre de choses c'est comme je le disais du consommable que nous n'aurions pas pris même en disposant d'un temps beaucoup plus long. Autant en interne d'un théâtre d'opération on peut pour ce genre de choses déshabiller Pierre (Gao) pour habiller Paul (Niamey), mais quand il s'agit de revenir en France, on pense autrement. Ce qu'on a laissé c'est de la structure indémontable ou de la structure abimé ou logistiquement trop encombrante par rapport à la valeur estimé. Les Bachmann en font partie. On a laissé des coquilles vides, des abris, des containers, des toiles, on peut forcément donner de la valeur à tout. Pas un seul véhicule n'est resté, même les épaves sont rentrées. Tout l'équipement militaire est rentré et c'est ça qui "compte", c'est ça qu'on regarde à un désengagement, c'est ça qu'il faut regarder. Je ne parle pas d'eux, ni spécifiquement de la photo. Mais que tu me crois ou non à un moment donné des gens sont passés voir les Bachmann, ont regardé l'état général, l'âge de mise en place pour dire "ça on laisse et ça on démonte". La plupart ont été jugé en trop mauvais état pour être démonté, puis convoyé et remis en état en France dans l'hypothèse d'un stockage longue durée. Même si de notre point de vue on peut trouver cela être du gâchis, il ne sert à rien de payer la logistique du retour si au final on décide en France de le jeter. C'est assez contradictoire car justement les américains ont pour habitude de laisser bien plus de choses que nous (il suffit de faire un tour sur les anciennes bases d'Afgha, d'Irak etc...). Quand je regarde les zones américaines à Niamey ou à Agadez sur les cartes satellites, je n'ai pas du tout l'impression que les américains ont emmenés pas mal de choses. Rien que sur la photo que je donne, les 3 Bachmann alignés sont US, celui sur le bas à droite est aussi américain. Leur base de vie c'est pareil, globalement ils ont juste retiré le militaire. Les américains s'emmerdent beaucoup moins que nous y compris sur de l'équipement militaire. Nous à côté on est des rois de la récup. Quand on regarde l'ONU au Mali, c'est pareil. Vu du ciel on a l'impression qu'il y a un paquet de choses, mais ce ne sont que des coquilles vides, si vous y faîtes un tour vous n'y trouverez pas d'équipements militaires, peu importe qu'on donne de la valeur à des Algeco ou des Bachmann. Oui on peut critiquer comme souvent tout cet argent investi pour finalement ne pas en tirer profit quand on part, mais il ne faut pas construire un narratif ou on aurait laissé des choses importantes et de grandes valeurs par manque de temps car on va voir quelques Bachmann. C'est totalement anecdotique pour ce que c'est et pour ce que cela représente financièrement pour les armées. -
Il est nécessaire de concevoir le drone sur différents niveaux et concevoir/créer des spécialisations, des modes opératoires. Le conflit en Ukraine nous a habitué à ces équipes de dronistes dont c'est leur job au quotidien sur 3 rideaux 1er rideau, des équipes nombreuses vont soit surveiller soit se tiennent prêtes à frapper au moindre mouvement un coin du terrain. La profondeur d'action se fait sur 5-15km généralement avec des drones adaptés à cette distance. C'est là que nous avons une vraie masse qui a conduit à créer une forme de "no man's land" dans lequel il est très difficile d'agir (avec les tactiques et moyens utilisés). 2e rideau vous allez avoir des équipes moins nombreuses mais qui vont jouer dans la profondeur, tant en observation qu'en interception, là on atteint des profondeurs qui vont jusqu'à plusieurs dizaines de km. On perd pas mal en masse par rapport au premier rideau car les drones se complexifient, prennent du volume, du prix. Cela ne veut pas dire qu'il y en a peu. 3e rideau les drones de frappes préprogrammés pour la longue portée. Que ce soit dans l'observation, la frappe "programmée" (shahed...), ou des drones guidés comme on en voit souvent en Crimée. Là par contre on est sur des drones beaucoup moins nombreux. Mais constatons que dans ce conflit nous ne voyons pas d'insertions de drones au niveau groupe de combat. Oui vous allez avoir parfois des équipes de dronistes qui vont dans leur coin superviser et soutenir une intervention d'un groupe au sol, mais il n'y a pas une autonomie de ce groupe en terme de drones. Il est pourtant intéressant, en particulier dans les phases offensives, que ce groupe puisse sortir un drone pour surveiller son environnement proche, mais aussi de disposer d'une capacité de frappes à courte portée type FPV. Pour moi le 1er rideau qui manque actuellement c'est celui qui vise à équiper du personnel non spécialisé sur un usage de proximité et en toute indépendance. Ensuite derrière on enchaine comme au-dessus avec des unités spécialisées. C'est aussi pour ces raisons que je pense qu'il faut créer au moins 1 régiment de drones dans lequel il y aura 300 équipes qui pourront venir se greffer un peu partout pour amener un complément drones en fonction du besoin. Certains théâtres nécessiteront une masse de drones FPV, d'autres seront plutôt axé sur de l'observation, d'autres sur des actions en profondeur. Divers drones pour ces diverses missions, une industrie capable de faire du volume au besoin. Il y a tellement de choses à faire et à envisager dans ce domaine, le débat peut durer longtemps.
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Normalement c'est maintenu, je n'ai pas plus regardé pour cette version, mais le Serval OA ne le remplace pas. Globalement la seule chose qui change au niveau de la programmation initiale des versions du Serval, c'est la création de plusieurs versions guerre électronique (ça commence à être livré), la version LAD et DSA. La version DSA devant être vu comme un système. Il y aura le Serval DSA, celui qui portera des missiles Mistral. Mais il y aura également un Serval avec radar pour la détection et un autre pour tout ce qui est liaison et commandement. La cible finale pour l'instant c'est 50-60 de chaque. Sans oublier derrière qu'on aura aussi les Serval Mistral et LAD pour autant d'exemplaires. On a donc entre 250 et 300 Serval qui vont servir pour la défense aérienne courte portée. Attendons de voir les choix de la prochaine LPM, ça pourrait encore bouger. L'artillerie, la défense sol-air, les munitions, les drones sont les secteurs de choix à court terme les plus probables pour les hausses (si on sera capable de voter un budget!). L'installation actuelle sur trépied par des hommes n'est pas complexe, c'est aussi plus discret. Maintenant tout est faisable, ça dépend ce qu'on recherche. Le radar est déjà très coûteux de base (1,5 million d'€ environ), avant de jeter de l'argent sur un tel programme, il serait bien d'augmenter le volume. Comme sur la planche ci-dessus, il y a 24 griffon VOA prévus de recevoir le Murin, 24 sur presque 120 véhicules prévus. Pour moi la P1 c'est déjà de le généraliser, soit une enveloppe de quasi 150 millions, ce n'est pas rien pour un équipement qui pour beaucoup est invisible ou "accessoire" quand ça regarde l'inventaire de l'armée.
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Niger
Pol a répondu à un(e) sujet de legionnaire dans Politique etrangère / Relations internationales
Pour Gao c'était "simple", tout ce qu'on pouvait emmener, on l'a emmené, car la logistique était courte et facile d'accès, destination Niamey, le tri devant se faire là-bas. On a pris tout l'équipement militaire, on a pris certains éléments non militaires "intéressants" (comme des climatiseurs pour améliorer le confort dans d'autres bases) tout a été mis en vrac dans les containers pour aller à Niamey et le plus sensibles rapatriés directement par avion. Ce tri a pris des mois et a été assez chaotique on retrouve encore aujourd'hui des erreurs, des oublis avec des éléments qui reviennent 2 ans plus tard dans les régiments concernés... Pour l'évacuation de Niamey, nous n'étions plus dans la même configuration et le politique a décidé d'un retrait précipité, le Niger jouant également à du blocage, on a été obligé d'aller à Ndjamena avec comme optique finale, le retour à Paris. Il a donc fallu prendre en compte le coût logistique, non pas entre Gao et Niamey, mais soit sur un axe Niamey-Ndjamena puis Douala puis France ou par voie aérienne. Alors oui, on a pas eût tout le temps pour prendre notre temps, mais le contexte avait changé. La réflexion du coût logistique, des éléments qui ne serviraient plus en France, irrécupérables, inutiles se posait sur tout. Si au déplacement de Gao on pouvait se dire que tel ou tel Algeco pourrait servir à Niamey, cette même logique n'était plus la même quand il fallait comptabiliser le coût du transport jusqu'en France, sa remise en état et sa utilité chez nous. Oui peut-être que cet Algeco d'occasion va valoir 5000€, mais son coût final pourrait doubler ou tripler, dépassant même un achat neuf. C'était comme les américains quand ils ont quittés l'Irak et l'Afghanistan, laissant des milliers de MRAP dans le coin (Koweit notamment) car trop coûteux pour eux à ramener et remettre en état, revendant ces blindés au prix de leur enlèvement (coût logistique) à qui le voulait. Les Bachmann qui ont été retirés au Mali ont pour beaucoup été endommagé au démontage, notamment des portes, les structures après plusieurs années parfois ont été tordus par les intempéries (tempêtes de sables...) mais aussi par l'usage, la chaleur. Des toiles ont été déchirées. Il ne faut pas se dire que ça s'est enlevé comme ça s'est monté, il ne faut pas croire que parce que ça a été enlevé à Gao que c'est aujourd'hui de retour dans l'inventaire de nos armées. Il y en a qui ont été remontés (avec quelques rafistolages)sur la base de Niamey, on y faisait le tri justement. Mais il faut prendre du recul, on parle là de Bachmann qui pour la plupart ont passés des années dans le Sahel, ils sont loin d'être neufs. Les plus récents (moins de 2 ans) ont été emmenés pour une remise en état (faut tout inspecter, nettoyer etc.) mais les vieux, ceux qui venaient de Gao et qui ont été remontés notamment, pour la plupart on ne s'est pas emmerdé à vouloir les démonter et les convoyer. Même ceux qui sont revenus en France, pas du tout sûre qu'ils seront remis en service. Même si on va peut-être en valoriser un sur place à 150k€, le coût du transport, le risque de casse au démontage et la mise en container, la remise en condition en France peut rapidement amené à accepter son abandon. On va laisser pour 1 millions d'€ de Bachmann, une grosse somme pour un particulier, mais c'est plus qu'anecdotique pour les armées, c'est comme 10 AASM qu'on donne à l'Ukraine (50 par mois). Ce n'est pas une question de se voiler la face, il faut comprendre que l'investissement pour le "montage" des bases au Sahel a été déjà "consommé" pour ces opérations. Ces Bachmann modèles sable laissés sur place ne laissent pas un vide dans les stocks en France. Demain on doit y retourner, on refait une commande, ce genre d'abris sont presque de l'infra "consommable" qu'on va acquérir au besoin et non des éléments qu'on va stocker 30 ans (même s'il existe un stock). Ce n'est pas un équipement sensible et ce n'est pas excessivement coûteux au regard d'un budget militaire. C'était cette zone, les américains étaient dans le centre ceinturé et relativement fermé avec les 3 abris dont celui du milieu endommagé, nous sur la gauche avec les deux abris détruits. -
Niger
Pol a répondu à un(e) sujet de legionnaire dans Politique etrangère / Relations internationales
On pourrait penser que c'est important, mais globalement ce n'est que de l'infra. Ce qui était de valeur a été dégagé et des éléments volontairement détruit. La plupart de l'infrastructure sur place était relativement sommaire, vu du ciel on croit voir un paquet de bâtiments, mais on a énormément d'abris avec seulement un toit en tôle, des constructions à base de containers ou d'abris de type algeco. On a remplit les containers avec les éléments de valeurs, puis au bout d'un moment on arrive à une situation ou il devient plus coûteux logistiquement de ramener que de laisser. Beaucoup de ces éléments sont aussi difficilement récupérables, soit qu'il y a de fortes chances de casser des choses au démontage, soit que ça reviendra trop cher à remettre en état, c'est le cas des abris à aéronefs (structures sous tentes). Comme au Mali, le temps qui passe et le manque d'entretien de ces éléments finira par les effacer. Le plus chiant étant le temps qu'on a mis à tout amener, tout monter, tout aménager, mais en terme de valeur financière c'est négligeable. C'est plus particulièrement la zone "drones" (avant que ça ne soit vide). -
Niger
Pol a répondu à un(e) sujet de legionnaire dans Politique etrangère / Relations internationales
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Niger
Pol a répondu à un(e) sujet de legionnaire dans Politique etrangère / Relations internationales
Je pensais qu'au début, ce français était une blague, de la propagande, mais voici une photo de lui, prise par les caméras à l'entrée de l'aéroport 15 minutes avant l'attaque. Il ne fait aucun doute sur son origine. -
Il n'y a pas de Serval VOA mais un Serval OA. Ce dernier a juste vocation à venir déposer une équipe d'observation (type JTAC) . Il est donc qu'un simple véhicule de transport avec quelques aménagements pour de l'équipement spécifique à l'équipe débarquée, assez loin d'un Griffon VOA. Ce Serval OA va servir dans les régiments d'artillerie para (35e RAP) et de montagne (93e RAM). C'est un peu comme un Serval Mistral et un Serval DSA (défense sol-air). Le premier va uniquement être une plateforme pour convoyer une équipe débarquée de Mistral quand le second sera un véhicule porteur d'un système Mistral.
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Le radar MURIN n'est pas monté à demeure sur le Griffon VOA. Il est un équipement complémentaire qui est à installer en filaire à l'extérieur du véhicule, c'est à dire lorsque le véhicule est immobilisé. Le radar sera ainsi alimenté en énergie, connecté au système ATLAS et opéré depuis le véhicule qui peut se trouver à plusieurs dizaines de mètres (il y a un gros enrouleur de câble). Rappelons nous que le radar RASIT ou RATAC se trouvait sur un VAB porteur en permanence, complémentaire (si déployé) au VAB obs avec en plus de ça des VAB station ATLAS (succédant à ATILA). On est sur un tout en un non négligeable Le VAB obs bien rare depuis de nombreuses années , l'arrivée du Griffon VOA à 117 exemplaires amène une réelle bouffée d'oxygène dans ce secteur, c'est presque une découverte et le retour petit à petit de ce type d'engin sur le devant des engagements. Le MEPAC en parallèle (lui aussi équipé d'ATLAS) va simplifier l'incorporation de modules d'artillerie d'accompagnement. Le Griffon VOA démontrant sa capacité JTAC, c'est à dire la désignation au sol d'une cible identifiée au sol à un aéronef pour un bombardement, nous avons là un engin qui risque d'être de toutes les guerres, bien loin d'un VAB obs globalement absent. Mais il faut savoir reconnaitre que la situation actuelle avec les drones rebat les cartes. Avoir un engin qui va traiter une profondeur de 15km, même si on peut multiplier le truc, manque de profondeur. Il garde sa pertinence, mais l'artillerie dans son ensemble doit pleinement intégrer et augmenter le rôle du drone (pas une nouveauté en soit) dans ses capacités d'observations et d'acquisition en profondeur. Le champ de vision n'est pas le même qu'au sol. Il faut intégrer aussi que même si ce n'est pas super rapide, nous allons vouloir développer l'artillerie à longue portée, voir à très longue portée dont les drones seront aussi des munitions à considérer. Pour la défense contre les drones, un Griffon VOA peut amener un complément mais dans un dispositif plus global. Il faut déjà considérer 2 types de défense, celle qui est statique et celle qui est mobile. Un Griffon VOA ne fera que du statique, il ne va pas accompagner une force en mouvement. De plus il n'est pas non plus en capacité de neutraliser un drone et son système d'observation optique manque d'une certaine automatisation/intelligence pour identifier un drone. Disons qu'à terme dans cette phase statique de protection contre les drones, on pourrait s'inspirer en partie du Griffon VOA. On peut concevoir un mât optique plus évolué avec un laser pour détruire les drones. Un brouilleur intégré au véhicule et des protections passives complémentaires. Il serait alors possible de créer un réseau, une ligne défensive avec plusieurs de ces véhicules qui déploieront chacun un radar MURIN, on pourrait y adjoindre des éléments complémentaires SERVAL LAD et DSA, détecteurs acoustiques etc. Dans ce cas on pourrait établir une ligne de défense fixe (avec une certaine efficacité en fonction du terrain) sur une profondeur qui ressemble à celle du "no man's land" ukrainien. Derrière cela, il faudra qu'on soit en capacité de frapper et surveiller la zone arrière de l'ennemi pour empêcher ou fortement réduire l'usage de son aviation, son artillerie. Si certains de ces moyens peuvent être utiles en défense mobile, pour l'essentiel il faudra concevoir un schéma tactique de progression en forme de tiroir. Une force au sol avance de 10km pour pouvoir faire avancer un module défensif, puis on avance sur un autre point et on fait pareil. Là je reste dans un scénario à l'ukrainienne, bien entendu tous les conflits ne seront pas ainsi, certains verront une menace drone largement plus faible. Mais bon, ces drones amènent à faire et concevoir beaucoup de choses et à changer aussi certaines habitudes ou certitudes défensives ou offensives. Comme je l'ai déjà dit, si demain on devrait refaire la même guerre en Afghanistan ou au Mali, pourtant de faible intensité, on ne pourrait plus établir nos bases, nos FOB et autres de la même façon. Que ce soit des filets, réseau de fils, une consolidation des infras (pour les hommes, les véhicules et les aéronefs...), du camouflage, des moyens de détections et de neutralisations, tout est à revoir et à préparer. Puis du côté des forces également, la menace des drones n'est pas à négliger, mais l'utilisation des drones par nous-mêmes également. Une FOB à l'afghane de nos jours, il faut y faire tourner en permanence des drones autour à plusieurs km à la ronde, limite que ça serait l'une des activités principales de cette base. Bref beaucoup beaucoup de choses...
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Pol a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
On va entrer dans la 5e année de guerre. 5 ans qu'on dit que l'industrie russe tourne à plein régime. Pourtant dès lors qu'on fait abstraction des drones ou des missiles, sur le terrain on peut se poser de nombreuses questions sur ce réarmement quand on voit les images du front. Il faut l'avouer, on est dans un blocage capacitaire, dans un blocage tactique dans cette guerre qui est usante des deux côtés. -
Italie
Pol a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Il y a une forme d'instabilité émotionnelle. C'est une femme qui semble marquée par certains épisodes et qui a pris sur elle pendant des années. Elle est à fleur de peau comme on dit, un sourire conventionné qui veut dire "tout va bien" mais un regard qui dit le contraire. Si on y ajoute du stress, de la fatigue ou un truc qui ne va pas dans son sens (commun à toutes les femmes me direz-vous...), on a cette attitude "particulière" qui n'est en réalité que l'expression d'un mal être qu'elle n'arrive pas à dissimuler. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Pol a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Un champ de bataille qui grouille de drones et d'équipes qui semblent indépendantes les unes des autres. Au moindre mouvement tout le monde y va -
[Ministère des Armées, MINARM]
Pol a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Economie et défense
De toutes les façons tout cela reposera sur le prochain président et devra s'inscrire en parallèle d'une réduction du déficit... Quand on voit déjà la galère pour trouver quelques milliards, faudra trancher sévèrement sur pas mal de sujets pour y arriver. -
Groenland: l'enjeu Europe - Etats-Unis
Pol a répondu à un(e) sujet de Janus dans Politique etrangère / Relations internationales
Je pense qu'actuellement pas grand monde ne connait St Pierre et Miquelon à la maison blanche et encore moins qu'ils ne savent que c'est français. S'y activer ne serait pas à notre avantage. Restons en sur le Groënland, le soutien au Danemark, la cohésion européenne, l'Otan. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Pol a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est sûrement qu'une démonstration -
Disons que dans la culture militaire "populaire", beaucoup de personnes restent encore dans l'idée que l'armée subit ce que le politicien ou l'industriel lui impose. Que le militaire n'a pas son mot à dire, qu'il n'est ni testeur d'un équipement ni l'origine d'un besoin. C'était souvent le cas par le passé mais il faut admettre que les choses évoluent de plus en plus vers une ouverture aux concepts et idées en dehors de ce que vont proposer les grands industriels français de la défense. C'est une réalité pour l'ensemble des équipements, l'armée (le ministère) accepte de moins en moins cette forme de monopole que certains industriels utilisaient. Il y a une ouverture à la concurrence ou on prend le meilleur au meilleur prix et on intègre de plus en plus l'effet de rapidité de production en compte. Le président le disant ouvertement même lors de ses voeux, si un industriel européen propose mieux et peut livrer plus vite, ben on ira chez lui (même si on peut légitimement écarter l'équipement stratégique). Il faut pousser les industriels à s'adapter et à investir. Faut rappeler que l'innovation dans la défense est ouverte à tout le monde. Le jeune soldat qui a un an de service et une brillante idée peut se voir accompagné et financé. Limite qu'on va "l'extraire" de son unité pour qu'il puisse travailler sur son projet. Mais même dans le civil, vous avez des concours, des forums et d'autres choses ou le ministère des armées peut amener des financements de projets, un accompagnement (pour définir les besoins et faire des essais par des militaires). On est dans une époque ou il y a de la place pour que la plus petite idée dans le civil comme dans le militaire puisse se concrétiser en un plan d'équipement. Forcément on est souvent sur de petits éléments qui font peu de bruits, beaucoup finiront à la poubelle car non concluants ou dépassés par un autre projet. Ces développements amènent souvent des industriels à copier, proposer et faire évoluer des choses.
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La désertion est une constante, peu importe les époques. Des déserteurs il y en a toujours eût, des esquiveurs de service militaire également tout comme des gens qui se mettent volontairement inaptes. Est-ce qu'il y aurait une explosion des désertions? Pas vraiment. On est dans un système actuel ou on fait également du chiffre au recrutement, on va essayer de garder tout le monde, même ceux qui il y a 15 ou 20 ans en arrière auraient été pour de bonnes raisons poussés à la sortie. Les classes étaient par le passé une sélection dans le recrutement, aujourd'hui c'est juste une étape à passer après le recrutement, l'objectif étant d'amener tout le monde à dépasser les 6 mois de la période probatoire afin d'être lié au contrat. Pour l'immense majorité ça n'est aucunement un problème, que même si ça ne plait pas, on attend la fin et on fait ce qu'il faut. Par contre vous aurez toujours des jeunes qui vont comprendre au bout de 8 mois que ce n'est pas vraiment ce qu'ils veulent. On entre alors dans la spirale qui fait effet boule de neige. Mais ce qu'on voit à l'armée, on va le voir partout. Les gens qui vont chez le médecin pour un arrêt de travail en s'inventant un mal de dos ou qui deviennent dépressifs à la moindre charge de travail. Ceux qui sont en retard, ceux qui n'aiment pas qu'on leur dise quoi faire, ceux qui ne veulent pas faire d'efforts, ceux qui préfèrent laisser les autres faire, celui qui a la copine à l'autre bout du pays. Bref la désertion est le seul moyen de quitter l'armée pour ceux qui ne peuvent pas appuyer une légitimité à casser le contrat (souvent d'ordre médical mais aussi via un CDI ou d'autres.). Les déserteurs restent assez marginaux sur le flux de départs (fin de contrat, retraite...) des militaires. Il ne faut pas s'accrocher à eux, il faut au contraire s'en débarrasser au plus vite car ils occuperont toujours théoriquement un poste mais qui sera inexistant en pratique. C'est la même problématique pour ceux qui jouent avec les arrêts maladie mais aussi pour les femmes militaires enceintes qui vont être inaptes pendant des mois, puis pendant le congé maternité et pour certaines pendant le congé parental. Vous pouvez en avoir qui sont absentes pendant 2 ans. Il en va de même pour des personnes gravement malades, elles peuvent être absentes 2 ou 3 ans de leur poste, le laissant sans activité. Je ne dis pas que c'est mal ni qu'il faut dégager ces personnes, mais cela fait partie de la complexité RH et des trous permanents qu'on a partout. Pour les déserteurs il ne faut pas s'emmerder, il faut libérer le poste au plus vite pour une nouvelle recrue. Pour la capacité à combattre en général restons sur cette expression: "Quand je me regarde, je me désole, quand je me compare, je me console" On aura toujours une piètre opinion de nous-mêmes et sans doute que les militaires seront plus pessimistes encore que les civils. Mais l'herbe n'est pas plus verte ailleurs, quand vous allez travailler avec d'autres armées, le soldat français ne va pas se sentir inférieur dans ses compétences militaires. Oui on peut avoir les yeux qui vont briller devant les moyens matériels des américains, oui on peut jalouser le confort d'un détachement d'une autre armée sur un exercice, mais je ne crois pas que beaucoup se sont sentis un jour complètement déphasé sur ce qu'on peut appeler l'esprit guerrier et sur les compétences globales dans l'engagement.
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Beaucoup de choses sont négligées dans cette "étude". 1) Le drone s'adaptera toujours plus vite et pour bien moins cher aux changements que le char et ses équipements. Le brouillage se complexifie, pas seulement par l'usage de la fibre optique. Ce qui était facile à brouiller il y a 2 ans, l'est déjà moins aujourd'hui, le sera encore moins dans 5 ans et encore moins dans 10 ans. Les industriels commencent par "investir" le drone, s'il est bien de continuer à se dire que le bricolage de drones comme on le voit en Ukraine est intéressante, mais gardons aussi la perspective de drones complexes, peut-être moins nombreux, plus coûteux, difficile à brouiller, agissant en essaim, avec de l'intelligence artificielle. Très souvent les brouilleurs fonctionnent à courte distance, il y a déjà en Ukraine des drones vont se programmer sur la cible (même mobile) au loin et peu importe qu'il y ait un brouillage, le drone continuera en autonomie jusqu'à l'impact. C'est comme une direction assistée optiquement, assez proche d'un guidage laser, une technologie qu'on retrouve sur des missiles comme le MMP ou le Javelin. 2) Le système de protection actif. On a la version défensive (soft kill) qui va jouer sur 3 éléments, la détection d'un départ de missile, le brouillage missile-tireur et la dissimulation. Le brouillage étant généralement que des projecteurs à éclats IR qui doivent faire perdre au poste de tir la position du missile lorsque celui-ci utilise un émetteur IR. Cela fait déjà un moment que les parades existent, pour le Milan on avait déjà par exemple remplacé la fusée pyrotechnique (émetteur IR) par un système de lampe flash. Actuellement il n'y a que les fumigènes qui ont une certaine utilité, dans le cadre d'un guidage Laser ou pour simplement masqué la vue. Pour un drone, on ne va pas détecter son départ déjà, il faudra ajouter des éléments liés à une détection optique et/ou sonore si on veut obtenir un truc. Le brouillage ça rejoint un système à part comme évoqué au point n°1. Le fumigène peut être utile temporairement, mais si l'opérateur prend son temps, il attend quelques secondes que ça se dissipe et fonce sur sa cible. La version offensive (hard kill)revient à détecter un projectile en approche à l'aide de radars et d'autres moyens puis à le neutraliser avant impact. Est-ce qu'un tel système est infaillible face aux drones? Hormis le submersion, je me demande bien si un drone qui approche très très lentement se fera détecté. De même est-ce qu'une roquette AC lâchée à la verticale d'un char se fera détruire? Puis quid du développement de drones avec des charges à effet dirigé comme dans l'obus BONUS ? Le drone peut s'adapter bien plus vite, ne l'oublions pas. En tout cas ces systèmes de protection onéreux, rares et souvent inadaptés à autre chose que des chars doivent être pris avec un certain recul. Les effets des explosions peuvent altérer divers équipements, y compris même de cette protection. 2) Le blindage réactif est conçu depuis longtemps pour la charge creuse simple. Avoir un blindé équipé d'un blindage réactif ne veut pas dire que 100% du blindé en est recouvert. On a toujours de nombreuses zones vides qui resteront ouvertes à des drones dont la précision n'est plus à débattre. Les opérateurs cherchent et connaissent les points faibles. Le K2 des polonais aura des jupes latérales réactives (châssis plus tourelle). Ce sera des kits à adapter, y en aura t-il pour tous? Le reste du char aura son blindage d'origine, ses parties faiblement blindés qui restent analogues à la plupart des chars modernes (le toit, la zone arrière, les chenilles...). Le système hard kill risque vite d'être dépassé par des drones qui auront été adaptés. Contrairement au passé ou on a développé la charge tandem pour passer le blindage réactif, là on risque plutôt d'avoir des drones qui vont continuer le ciblage des zones faibles. 3) Autre élément à ne pas négliger, c'est l'ingéniosité des opérateurs, leur adaptabilité qui amène aussi à l'évolution des drones. Il y a énormément de stratagèmes à penser et à mettre en place. On peut imaginer un drone qui au lieu de chercher à neutraliser un char au contact, va venir poser une mine devant lui. Qu'il se mettra en embuscade (comme on le voit en Ukraine) avec des mines à action horizontale. Il y a autant de possibilités qu'il y a d'idées. 4) Dans un contexte opérationnel réel, le char ne sera pas seul et l'ensemble des autres blindés, des combattants ne pourront pas compter sur la même protection. Il en résultera des choix chez ceux d'en face qui amèneront des pertes qui perturbera la manoeuvre d'ensemble au point qu'au final les chars ne servent plus à rien. C'est bien beau de chercher le char ultime qui résistera le mieux à des drones, mais le char ne fait pas tout et comme on peut le voir, même bien équipé, on peut facilement trouver des moyens pour l'immobiliser ou le détruire. Là on parle juste d'un premier rideau défensif à base de drones comme on pourrait en avoir dans le futur. Derrière cela pensons aussi qu'on aura de l'artillerie (elle aussi de plus en plus précise), possiblement de l'aviation. Pour l'instant cette progression de chars n'est même pas entré en contact avec l'ennemi. Il devra ensuite engager de l'infanterie qui dispose de missiles AC qui parfois portent à plusieurs km, des roquettes AC, des blindés, toujours des drones, toujours de l'artillerie, toujours de l'aviation... Le drone amène un renseignement de dingue, ce renseignement est peut-être encore plus déterminant que les interceptions. Il enlève un brouillard de guerre considérable qui amène à casser l'affrontement direct. Comme en Ukraine on se retrouve dans des zones ou les drones font tout le renseignement, d'autres drones font la neutralisation, d'autres drones encore vont désigner les cibles pour l'artillerie, l'aviation. L'ennemi ne se voit même plus, ne se combat même plus, du moins on est très loin de ce qu'on pouvait voir en 2022. S'il y a bien un truc à ne pas louper, c'est bien d'être capable de générer un panel complet de drones, d'en avoir un vaste volume et de construire une stratégie nouvelle dans laquelle on l'exploitera un maximum.
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Groenland: l'enjeu Europe - Etats-Unis
Pol a répondu à un(e) sujet de Janus dans Politique etrangère / Relations internationales
Qu'on le veuille ou non, même si l'UE impose des règles (essentiellement économiques) communes, on reste encore face à un ensemble de pays souverains et indépendants. Le cas du Groenland reste fondamentalement lié au Danemark, c'est ce pays qui doit être le moteur pour agir et activer les divers leviers possibles. Hors pour l'instant, en dehors d'une opposition dans les mots, que fait le Danemark? Bien que ce pays ne dispose pas d'une grande armée, il a tout de même les moyens d'effectuer un renforcement militaire sur place. Ce n'est pas le Luxembourg quand même, quelques centaines d'hommes, quelques aéronefs, un navire, des moyens sol-air. Ce n'est pas pour chercher à vaincre l'armée américaine, c'est pour qu'à la maison blanche on se dise que pour prendre le Groenland il faudra tuer des danois, lui faire la guerre et là on entre dans un autre type d'action et de conséquences. Déjà là on peut se poser des questions, un pays comme la France, l'Espagne ou même le Royaume-Uni (plus membre de l'UE) aurait déjà commencé par cela si un territoire ultra-marin était menacé ainsi. On affirme sa présence, on complexifie l'action adverse, on ne laisse pas la porte grande ouverte pour que l'autre se disent qu'il n'a même pas besoin d'assumer une confrontation. Pourquoi le Danemark ne le fait pas? Pourquoi ce pays continue t-il d'acheter des armes a pays qui actuellement le menace de l'amputer d'un territoire sur lequel il exerce une souveraineté? Il y a un truc qui ne va pas. Derrière tout cela, on a beau entendre et écouter, Macron et d'autres protester, la réalité derrière c'est que le Danemark ne demande le soutien de personnes. Pourquoi demander une assistance militaire à d'autres alors qu'eux-mêmes ne déploient rien? Ils pourraient demander un paquet de chose, que ce soit par l'Otan par l'UE ou par l'ONU, mais strictement rien n'est fait. Trump parle d'une nécessité de préserver les USA des menaces chinoises et russes autour du Groenland, mais pourquoi le Danemark ne le prend pas à son jeu en annonçant la création d'une mission navale internationale (Otan ou UE) pour renforcer la sécurité de la zone? Mais là aussi, rien, on continue à dire aux américains "s'il vous plaît, arrêtez, ne faîtes pas cela". Pour notre budget de la défense, oui je suis entièrement d'accord, mais constatons qu'aujourd'hui nous ne sommes même pas capables politiquement de valider le budget de l'année 2026. Poutine, Trump et XI ne sont pas des alliés et comme tous les pays impérialistes, ils sont dans une forme de conflits d'intérêts. Je pense qu'au kremlin par exemple, si l'idée d'avoir Trump au pouvoir aux USA était plaisante dans l'espoir pour le cas ukrainien, je pense qu'aujourd'hui, on se pose des questions à plus long terme. Sur le dossier ukrainien, la grande capitulation qui devait suivre de l'abandon de l'aide US n'est pas à l'ordre du jour. Si pendant des années, Moscou voulait voir les USA abandonner les européens, on ne voulait pas que dans le même temps, l'Europe gonfle ses armées. Quand Poutine voit Trump descendre son allié Maduro (que cuba risque de suivre), il n'y aura plus aucun pays pour eux sur tout le continent américain. Voir les USA prendre le Groenland devient un enjeu stratégique important dans l'Arctique ou les russes jouaient un peu seul ces dernières années tant en face on ne s'y intéressait pas plus que ça. Entendre Trump vouloir un budget de 1500 milliards dès 2027 pour son armée, c'est pareil. Que dire de l'allié iranien qui pourrait lui aussi quitter le cercle des pays sur lesquels peut compter le Kremlin? Que dire du risque de voir une explosion de l'offre de pétrole américaine (via le Venezuela notamment) qui amènerait une marginalisation des exportations russes? Poutine (comme d'autres) rêvait de voir une amérique isolationniste qui se regarde le nombril et non pas une amérique impérialiste et conquérante. On peut faire semblant que Trump, Poutine et Xi se partagent le monde, mais en vérité ils se mangent entre eux, sur le plan militaire, économique, politique. Les chinois ne sont pas plus confiants pour prendre Taïwan en raison des actions de Trump, bien au contraire, il y a bien plus de chances de voir les USA bouger pour soutenir Taïwan sous l'ère Trump qu'avec un Biden ou un Obama. Sauf que dans le même temps, Trump est aussi celui qui va donner à Taïwan de nouveaux armements, donc qui va complexifier ultérieurement une invasion militaire. -
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Groenland: l'enjeu Europe - Etats-Unis
Pol a répondu à un(e) sujet de Janus dans Politique etrangère / Relations internationales
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Déployer une brigade en Ukraine n'est pas mission impossible pour l'armée de terre. Pour 5000 hommes à engager, il faut effectivement anticiper la fin du mandat au Liban et un transfert de personnel actuellement présent en Roumanie et peut-être la fin de l'alternance en Estonie (compenser possiblement par un autre pays européen). Tous les postes et les besoins ne se valent pas, on ne peut pas juste analyser les effectifs dans une masse. Personnellement je pense qu'on serait plus proche de 1800 hommes "économisés" par ponction de ces 3 zones que de 2500. Il faudra trouver bien 3000 hommes et inscrire cela sur la durée. Dans ce contexte on pourrait bien entendu faire du théâtre ukrainien un bon champ d'entraînement, nouer un partenariat et affermir des capacités (logistiques etc...) En terme de préparation opérationnelle, ce sera formateur. Mais il ne faut pas négliger le fait que cet engagement handicapera notre capacité de projection théorique, qu'on fera sans doute une croix sur certains exercices et que ça bouffera au minimum 1 milliard par an. Le déploiement d'une force européenne serait de toute façon sectorisée, la brigade française aura son "coin", celle des britanniques, un autre etc. On ne sera pas éparpillé et on sera dans un accompagnement des ukrainiens, faut pas que certains pensent que cette force irait remplacer l'armée ukrainienne sur toute la ligne de front et qu'elle serait le seul rempart pour les russes. On aura toujours une armée ukrainienne très importante qu'on accompagnera ou qui sera entre nos positions. Tout dépend le dispositif prévu, est-ce qu'on va faire un réseau d'avant-postes sur la ligne de front entre lesquels on va patrouiller? Est-ce qu'on sera intégrer d'une certaine façon à l'armée ukrainienne? Est-ce qu'on sera sur une ligne plus reculée? Bref, ça reste un projet, mais ça devient de plus en plus probable et ça pourrait même s'imposer (peut-être pas tout de suite) aux russes qui aujourd'hui ne veulent surtout pas voir cela arriver.
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Pol a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Faîtes ce que je dis, pas ce que je fais... -
Venezuela
Pol a répondu à un(e) sujet de tharassboulbah dans Politique etrangère / Relations internationales
Depuis quelque temps tu t'es mis en tête de combattre ma personne et tout ce que je dis, commençant à jouer avec les petits smileys comme les quelques autres habitués de cette pratique. C'est un choix d'une opposition "réflexe" que je considère puéril et sans intérêt. -
Venezuela
Pol a répondu à un(e) sujet de tharassboulbah dans Politique etrangère / Relations internationales
Entre se "rendre" publiquement et se faire "capturer" de force, l'impact personnel et historique n'est pas le même. Il y a des choses qui se négocient dans l'ombre et parfois le choix final est perdre tout ou perdre un peu. Nul ne dit aujourd'hui que Maduro est gagnant dans l'affaire. Si dans cette négociation qui aura facilité sa capture, il y a possiblement des choses qui peuvent être liées à sa femme, sa famille. On peut lui demander de faire ce qu'il faut pour passer le relai politique, pour calmer la situation ou d'autres choses, ils sauront le briefer et le faire marchander. C'est pour ça que j'ai dit on verra comment il sera traité, s'il est dès maintenant complètement mis à l'écart ou s'il sera utilisé, comment il sera "jugé", il finira peut-être dans une résidence surveillée avec un procès qui va durer 10 ans avant qu'au final, ben pas grand chose. En gros ce n'est qu'un exil, un isolement avec des restrictions ou il se fera oublié. S'il n'y a rien de tout cela, qu'on est dans une forme d'improvisation américaine (on prend Maduro, sans oublier sa femme, pourquoi donc?...) et on voit ce qu'il se passe, alors oui on pourra dire que c'est 100% une initiative américaine, sans négociations et à mettre au crédit des forces militaires US. Mais nous devons avoir conscience qu'un président sauf à s'isoler volontairement dans une zone reculée, peu sécurisée ou d'avoir volontairement poussé à réduire sa sécurité, qu'il est peu probable que les FS (mêmes excellentes et sans doute quelques infiltrés avant l'arrivée des hélicos) puissent s'en sortir sans pertes. Quand en plus de tout cela, vous êtes dans une situation de tensions maximales, je vois très mal un président dont la tête a été (au premier degré) mise à prix s'isoler d'une protection rapprochée plus conséquente capable de faire même un très faible bilan en face. C'était quoi là autour de Maduro, 2 videurs de boite de nuit avec des tasers? On manque encore d'informations et de recul sur cette affaire, tout comme on peut penser que si le plan A du changement de régime ne fonctionne pas, le plan B amènera un bordel ou une guerre différente ou les USA vont continuer des frappes. Pour le Groenland comme pour le canal de Panama (...), effectivement il ne serait pas surprenant que du jour au lendemain on voit débarquer quelques centaines de soldats US (pas vraiment besoin de beaucoup plus) et un Trump qui va tweeter "Désormais c'est à nous, vive l'amérique". Qui va leur faire la guerre? Certains parlent de Taïwan, comme si cette action au Venezuela allait encourager Pékin à une action militaire, mais je pense que du côté chinois actuellement on se dit que Trump pourrait se positionner bien plus facilement dans une confrontation en faveur de la défense de Taïwan qu'un autre président. Trump ne dit pas aujourd'hui à Xi, fais la même chose à Taïwan, bien au contraire. Pékin peut mettre demain en place une forme de blocus autour de Taïwan, il y a des chances que les américains viennent le forcer, ça ne veut pas dire qu'ils vont tirer sur les navires chinois, au contraire, ce seront les chinois qui devront leur tirer dessus pour l'empêcher, ce seront eux qui devront ouvrir les hostilités.