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Pol

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Tout ce qui a été posté par Pol

  1. Plus le temps passe, plus j'ai l'impression que ces chiffres sont à prendre avec un gros recul. Et si en fait les ukrainiens gonfleraient ces frappes russes depuis un long moment? C'est pourtant fait par la même source sur toutes les pertes russes (tout comme les russes le font de leur côté) Pourquoi faire cela? Pour pouvoir justifier d'interceptions massives afin de relativiser ce qui n'est pas intercepté, c'est pour rassurer. De la même façon qu'ils peuvent mettre ainsi en avant des besoins. Et si en fait depuis un long moment les russes balanceraient beaucoup moins de drones et de missiles que ce que les ukrainiens annoncent? On pourrait alors comprendre pourquoi malgré des frappes (annoncées chaque matin) à plusieurs centaines d'engins nous ne voyons pas des interceptions massives dans le ciel. Qu'il n'y ait pas de vidéos ou on verrait ou entendrait des masses de drones ou de missiles. Qu'en fait peu de cibles sont touchées et qu'au lieu de croire que les ukrainiens "cachent" un paquet de choses d'une manière magistrale (dans un monde ou tout le monde a le réflexe de sortir son téléphone pour tout filmer et diffuser). Pour les russes il n'y a pas besoin de contredire ces chiffres ukrainiens, car d'un côté c'est d'une certaine façon "valorisant" pour eux et sans doute quand eux annoncent parfois des interceptions de 200 drones ukrainiens c'est de la même manière histoire de relativiser peut-être une dizaine de drones ayant impactés des cibles. Si la Russie infligerait de terribles dégâts dans ces frappes en profondeur, pourquoi elle ne montre jamais rien, c'est aussi les ukrainiens qui contrôlent l'information chez eux? Les russes ont tirés 800 drones et 747 n'ont pas atteint leurs cibles. Si dans la réalité 80 drones avaient été tirés et 30 interceptés ne serions nous pas plus en adéquation avec ce que nous voyons avec tout l'OSINT disponible (vidéos, sons et lumières, bilans...)?
  2. Pol

    L'armée de Terre Française

    Et ben figure toi que si beaucoup vont s'en plaindre avant ou au moment de leur arrivée, ils finissent par s'y plaire dès qu'ils ont une vie de famille hors du quartier (faible coût du logement, une ville/village ou on a tout ce qu'il faut). Pour le soldat de passage ou celui qui vient de Marseille pour vivre au quartier célibataire, oui il va se faire chier. Puis quand on y est on se dit que pas trop loin de l'Allemagne ça a ses avantages, comme très grosses ville on a Strasbourg à moins d'une heure. Il y a bien pire que Bitche dans les installations militaires françaises. Non je ne suis pas "si âgé". Je n'ai pas dit que j'ai côtoyé le Pluton, je sais ou il y en avait comme j'ai été là ou est né Jeanne d'Arc...
  3. Pol

    L'armée de Terre Française

    Quand vous avez des "programmes" comme Scorpion, c'est généralement là que vous avez les enveloppes à plusieurs dizaines de millions qui tombent du ciel quand en temps normal vous pouvez parfois attendre 3 ans qu'on vienne changer un luminaire. Les besoins en infra sont énormes, on pourrait facilement mettre 400 millions sur chaque sites et je suis du genre à ne pas hésiter pour raser l'ancien pour faire du neuf. Pour le 54e RT l'argent est trouvé et ce ne sont pas les militaires qui vont faire ces travaux et encore moins les civils de la défense. Chacun son métier et le génie n'est pas une entreprise du BTP. Le génie va vous aménager des installations de "campagne" sur une FOB ou une base mais pas de l'infra avec toutes ses normes en France.
  4. C'est surtout que côté ukrainien on accélère franchement du côté des drones avec une implication extérieure très forte. https://dronexl.co/2025/10/01/eu-pledges-7b-scale-ukraine-drone-production/# https://www.kyivpost.com/post/61262 Jusqu'à présent l'aide internationale ne misait pas vraiment sur les drones, bien qu'on pouvait en donner (presque dans le symbolique au regard des quantités totales dans ce conflit). On est désormais à fond dans ce secteur, les drones à long rayon d'action comme les autres, tout le monde cherche à financer et aider les ukrainiens, on parle en milliards. Les russes vont en voir de plus en plus, les frappes sur leur territoire autrefois craintes et dans lesquelles les soutiens à l'Ukraine ne voulaient pas se mouiller sont aujourd'hui encouragées et soutenues. Au delà des drones, les ukrainiens reçoivent et vont recevoir des missiles à long rayon d'action, on évoque même le Tomahawk, ceci sans restrictions d'usage. Cela fait un moment qu'on cherche à défendre l'Ukraine contre les attaques de drones et de missiles russes, mais je pense depuis un moment que cette défense ne vaut rien si derrière l'Ukraine n'est pas en capacité d'amener la même pression (si ce n'est plus) sur le territoire russe. Il va y avoir un boost côté ukrainien, un partage de ses connaissances, de son savoir avec l'occident (en plus de l'exportation de ses drones). On est depuis quelques mois dans une phase d'investissement dans le secteur industriel du drone ukrainien pour augmenter la production, la qualité, y intégrer l'IA. L'Ukraine se proposant désormais comme exportatrice de ses drones et autres systèmes afin d'attirer cet investissement étranger. Il ne faudra pas être surpris que dans 1 ou 2 ans nous voyons des drones ukrainiens équiper un peut près tous les pays européens ainsi que l'armée américaine. L'Ukraine pourrait devenir une sorte de fournisseur low cost pour les armées européennes dans ce genre de secteurs. Le drone est et va devenir dans tous les pays du monde y compris chez des groupes armés non étatiques (terroristes etc...) un élément ultra présent qui doit pousser à revoir totalement les engagements, les systèmes de protections. Il faut apprendre et désapprendre de nombreuses choses, même les russes et les ukrainiens sont très loin d'avoir toutes les solutions.
  5. Pol

    L'armée de Terre Française

    Là-bas (à côté d'Haguenau) c'est particulier, il y a le 54e RT, le 2e RH et le 28e GG qui cohabitent sur le même site. Contrairement à certains sites en villes ou on ne peut pas pousser les murs, disons pour connaitre l'endroit (ancien régiment d'artillerie ou on accueillait également les Pluton avec une vaste zone de manoeuvre ou on a des champs de tirs etc) il y a la place. Bien entendu pour minimiser le coût on va comme souvent privilégier l'existant, surtout pour des zones de stockage. Mais on tourne autour de 100 millions d'€ pour les travaux. Il y a des sites militaires (plus qu'on ne le pense) ou vous avez quand même de quoi faire et développer des choses quand vous sortez l'argent. Vous ne pouvez pas (pour rester dans la région Nord-Est) avoir les mêmes possibilités d'évolutions sur un site comme celui du 1er RI à Sarrebourg par rapport à celui du 16e BC à Bitche. Tout comme le 152e RI dans Colmar ce n'est pas le RMT à 20km de là qui se trouve sur une ancienne BA (le 152e y stocke d'ailleurs ses VBCI et y fait sa maintenance...) ou si on voudrait on pourrait y mettre 1 voir 2 régiments (faudra construire cependant et réagencer l'existant) ou même lui coller un RHC.
  6. Pol

    L'armée de Terre Française

    De gros travaux vont se faire à partir de l'an prochain. Déjà ils sont des étrangers, faut pas croire qu'on va prendre un russe dans ce genre de postes "sensibles", ce n'est pas un combattant 00. Ensuite ils parlent déjà très mal le français, donc la traduction...
  7. Pol

    L'armée de Terre Française

    Ce régiment galère déjà à avoir ce qu'il faut aujourd'hui... Oui il lui faut et faudra plus de monde, tant chez les opérateurs que dans la maintenance (d'autant plus qu'on est dans une niche pour la partie guerre électronique). Mais pour être honnête, actuellement le régiment a un parc de véhicules sous-dimensionné, mal adapté et faiblement disponible (vieillissant, sensible et spécifique). Le plan d'équipement va faire passer le 54e RT dans un autre monde. C'est un régiment dont on ne parle pas trop, pourtant il sera le régiment qui disposera dans quelques années du plan grand parc blindé de l'armée française. C'est plus de 90 Serval, 35 Griffon et une vingtaine de VBAE (en remplacement des PVP). Le problème de la RH va falloir le régler et c'est assez complexe surtout quand on connait les spécialisations. C'est comme pour les traducteurs, on passe d'une période de la langue arabe à une période ou il faut du russe (temps de formation en partant de rien, 2 ans). On ne peut pas toujours tout avoir en même temps, si du jour au lendemain on se retrouve en guerre contre la Thaïlande (j'invente), ben comprenons bien qu'on ne va pas forcément avoir les traducteurs sous la main pour traduire et faire le tri dans les communications interceptées. La RH est et reste le gros problème dimensionnant de nos armées.
  8. Que le meilleur gagne, c'est tout l'intérêt d'une compétition. Si on se fixe l'idée que l'AAROK (car premier annoncé) doit dominer les autres, on lui donne une forme de monopole.
  9. C'est ce que nous pouvons observer depuis des mois. Certains vont raconter le détail des "avancées russes" comme si on parlerait de grandes offensives, mais on reste toujours sur des événements qui sont à une échelle d'une section voir d'une compagnie pour des objectifs très localisés. C'est 20-30 russes qui vont avancer de 200m dans un no man's land qui va faire l'événement de la semaine sur un front de 1500km, on pourrait penser que je rigole, mais c'est ça. Je le dis depuis un moment, on regarde le champ de bataille avec une loupe de plus en plus grosse pour essayer de trouver du mouvement sur un front qui est gelé, avec deux armées totalement rincées. On prend les résumés des "avancées" russes d'il y a 6 mois et on remarque qu'en fait aujourd'hui ils sont presque au même endroit et ce sera encore ainsi dans 6 mois. Je continue de penser que les russes l'an dernier en prévision de l'élection de Trump ont mis le paquet de ce qu'ils pouvaient pour gagner (en faisant même venir des milliers d'hommes de Corée du Nord) le plus de terrains possible en voulant donner l'impression d'une tendance négative et perdante qui amènerait l'Ukraine s'incliner (car abandonné par les américains, car on pensait que les européens suivraient etc...). Tout cela ne s'est pas passé et on observe depuis plusieurs semaines/mois un essoufflement conséquent de l'effort offensif russe. C'est pareil pour l'industrie militaire russe. Il y a presque 4 ans on plaçait cette industrie à un niveau de production si grand que nous avions le sentiment d'être des nains, des incapables, qu'on ne pourra jamais "suivre" ce rythme. Mais il faut le dire aujourd'hui, tout cela a été totalement fantasmé, on cherchait à vouloir donner à la Russie la capacité de production de l'URSS lors de la 2e guerre mondiale. En dehors des drones, l'armée russe n'est pas en train de se suréquiper et de décupler son potentiel de chars, de blindés, d'hélicos, d'artillerie, d'avions, de navires. Non on est dans une érosion des moyens et des stocks de l'URSS, sur la ligne de front les hommes on va leur filer des motos (achetées aux chinois) mais beaucoup restent à pieds, les blindés sont encore et toujours de vieux modèles soviétiques. Cette armée russe à l'offensive c'est globalement une infanterie très légère, des contractuels qu'on va payer à prix d'or. Cette ressource de volontaires n'est pas illimité et doit se renouveler sans arrêt. Entre les décès, les blessés, les déserteurs et les fins de contrat, beaucoup d'analystes estiment que les russes ne compensent pas ces pertes par les nouveaux recrutés. L'augmentation permanente des primes et des soldes témoignent d'un public de volontaires qui va venir non pas pour les idées, mais pour l'argent. Quand l'Ukraine frappe de plus en plus son secteur énergétique qui lui amène l'essentiel de ses finances, que les sanctions et le coût de la guerre se fait de plus en plus marqué sur l'économie russe, on peut s'interroger sur la viabilité du recrutement des volontaires. Le Kremlin cherchant pour des raisons intérieures à éviter la mobilisation ou l'usage des conscrits sur le front pourrait bien ne pas avoir le choix. Oui la Russie va dépenser 150 milliards par an dans son armée en guerre, oui elle va faire de grandes annonces avec de gros chiffres qui donnent l'impression que cette armée se renforce. Mais une grande partie de cette somme va servir à financer le personnel (le volontaire russe en Ukraine coûte plus cher à la Russie qu'un soldat français en opex). 150 milliards peut sembler important, pourtant c'est ce que vise les allemands dans 5 ans, ceci sans être en guerre. Poutine va jouer le prétentieux, celui qui ne craint rien, pour qui la Russie est toujours prête, du tout va comme prévu, que le temps joue pour eux. Il ne va pas vouloir perdre la face car depuis un moment cette guerre est devenue existentielle non pas pour la Russie, mais pour son pouvoir. Il va accuser les européens d'être responsables de la continuité de la guerre, message destiné à son public intérieur qui doit se poser des questions sur une guerre qui est déjà plus longue que la 1ère guerre mondiale (1914-1917 pour eux) et qui va sans doute être plus longue que la seconde. On est déjà dans un scénario à l'afghane, celui d'un bourbier par lequel on ne sait pas comment y mettre fin, que la victoire militaire bien que souhaitée et espérée est hors d'atteinte. Le problème c'est que cette guerre contrairement à l'Afghanistan, amène plus de pertes et impacte de plus en plus la Russie. S'ils pouvaient se permettre de quitter et abandonner l'Afghanistan pour mettre fin au bourbier, pour l'Ukraine c'est politiquement un suicide, c'est acter une défaite très importante.
  10. Pol

    L'armée de Terre Française

    Le 54e RT va connaitre un bon doublement du nombre de ses véhicules et il reste sur une conception de projection modulaire et intégrable à diverses unités Si aujourd'hui on est encore plus sur un aspect interception, localisation et brouillage, il est prévu comme pour dans le cyber, des capacités offensives qui permettront d'attaquer les réseaux de communications (le quoi et comment reste en étude). L'intégration des drones et de leur potentiel se fait, mais on en est au tout début.
  11. Pol

    L'armée de Terre Française

    On dit souvent que du côté américain, pour un gars au "front" (pas forcément de l'infanterie) il y en a 2 voir 3 pour le soutien et la log. Mais précisons, ce soutien va du déploiement sur le théâtre jusqu'aux USA et concerne toutes les unités (terre/air/mer). C'est aussi lié aux déploiements afghan et irakien donc des zones avec une très forte élongation. Dans tout cela il ne faut pas oublier les "contractors" qu'il ne faut pas considérer comme des types liés à des sociétés militaires privés. L'immense majorité de ces contractors sont des locaux et vont réaliser des tâches diverses et variés pour transporter des marchandises non sensibles, entretenir les bases, fournir du service. Cet élément ne doit pas être négligé et ignoré. Remarquons aussi que du côté américain il y a dans leur pays un très grand nombre de civils qui travaillent dans les armées. Il y a 1 civil pour 2 militaires alors que chez nous on est en-dessous de 1 pour 3. Les civils permettent de maintenir sur le territoire un socle sur un temps long avec des compétences utiles pour le soutien. Chez nous on reste encore dans une logique chez les chefs ou le civil est inutile car il ne peut pas être projeté, ne comprenant pas l'intérêt d'avoir une base arrière qui garde de la compétence et qui tourne lorsque les militaires sont projetés. Les civils sont présents en permanence et c'est une piste à ne pas négliger sur de nombreux postes actuellement tenus par des militaires, des postes qu'on pourrait ensuite ultérieurement les transformer sur des postes "projetables". Nous réalisons également du partenariat avec les industriels, mais dans ce domaine aussi on est loin d'être au niveau de ce qui se fait aux USA. Chez eux c'est du soutien direct, il est normal d'avoir en permanence des équipes de soutien des grandes entreprises de défense, elles vont même les envoyer dans les bases américaines en dehors du territoire, que ce soit l'Allemagne ou le Japon. Elles se rendent même sur les théâtres de guerre, faisant partis des "contractors". Souvenons nous lorsque nous avons reçus nos premiers Reaper au Niger, on avait des types de General Atomics pour nous assister et entretenir cela avant qu'on soit autonome. L'usage des réservistes est également bien différent aux USA. Chez eux pour amener de la masse comme à l'invasion de l'Irak, il n'était pas rare d'avoir des unités de réservistes complètes. C'est un peu comme si la France déploierait des compagnies d'infanterie légères uniquement ou en très large majorité composées de réservistes. De nos jours c'est de l'exceptionnel que de voir des réservistes en opex, c'est du type isolé en raison d'une spécialisation devenue exceptionnelle. Là aussi il faut qu'on soit capable de le faire, financer les réservistes (mais aussi compenser les employeurs pour des absences de plusieurs mois). Les américains ont cependant des limites qu'on doit bien prendre en compte. Malgré tout ce qu'ils ont, au niveau terrestre leur potentiel de déploiement c'est un peu près ce qu'on a vu en Irak en 2003 soit environ 150 000 hommes. Ils avaient gratté déjà pas mal, y compris comme je le disais, des réservistes. Un volume de force important dont le mandat était très souvent d'environ 1 an sur place (ce qui limite les roulements). C'est un noyau de forces qui proportionnellement peut sembler faible par rapport à toutes les forces américaines sur le papier, mais qui reflète la réalité de ce qu'est une projection de forces, celle d'une capacité d'extraire, convoyer et soutenir un noyau de ses forces hors de ses frontières. Cette force projetée, les américains savent lui donner ce qu'il faut pour qu'elle ne manque de rien Pour la France, j'aime bien utiliser un rapport de 1 pour 10 (pour eux). C'est un peu près exactement ce que nous envisageons dans notre contrat opérationnel, celui du déploiement d'une division (environ 15 000 hommes, pas dans de mêlée). Il faut rester réaliste avec ça, ne pas considérer les forces engagées par des pays à leurs frontières comme "comparables". Les russes ne pourraient pas projeter le volume de forces qu'ils ont en Ukraine à des milliers de km de là, tout comme Israël ne pourrait pas envoyer ce qu'il y a à Gaza au milieu d'une ville à des milliers de km. Nous n'avons pas de menaces à nos frontières qui amèneraient de voir toute notre armée impliquée et engagée et tant mieux. Il est très peu probable qu'on agisse sur nos voisins comme le fait actuellement la Russie en Ukraine et l'inverse est également vrai, d'autant plus que nous avons l'arme nucléaire. Notre combat de haute intensité c'est celui de cette division projetable qu'on viendra insérer dans une coalition qui viendra épaulée d'autres armées. Notre défi est de lui donner ce qu'il faut, d'être en mesure de la soutenir, qu'il ne lui manque rien. Le volume de munitions, d'équipements, de défense sol-air, lutte anti-drones et j'en passe c'est par rapport à ça et non pas dans l'idée d'être en capacité de faire ce que font les ukrainiens avec 700 000 hommes. Il faut considérer comme pour les américains la possibilité d'une déploiement pouvant aller jusqu'à un an par mandat. Que le volume de pertes à envisager (morts et blessés) c'est environ 25% du volume engagé sur des "moments" particuliers dans le conflit, soit environ 3000 hommes qu'il faudrait avoir en réserve pour remplacer les morts et les blessés rapatriés. Un tel volume de pertes est déjà très lourd, je vise volontairement un chiffre assez haut pour cette perspective. On aura peut-être 40 canons déployés, le volume de munitions à maintenir (log) ce n'est pas 50 000 coups par jour. On peut regretter de ne pas pouvoir déployer 2, 3 ou 10 fois plus de forces en pensant qu'on est ridicule et faible, mais très peu de pays peuvent projeter ne serait-ce qu'une division à des milliers de km de ses frontières. C'est aussi pour cela qu'il faut comprendre que la France ne va pas affronter seule la Russie chez elle tout comme la Russie avant qu'elle ne nous affronte chez nous, devra passer sur la Pologne et l'Allemagne, elle ne va pas faire débarquer 500 000 hommes en Normandie pour nous refaire un remake de la bataille de Verdun surtout quand on voit déjà ses complications en Ukraine. S'il ne faut pas sous-estimer la Russie, il ne faut pas non plus surestimer ses moyens. Dans notre situation, il faut comprendre qu'on est et qu'on restera toujours une "pièce rapportée" à des dispositifs militaires locaux. Ces pays comme l'Ukraine actuellement doivent être soutenus, depuis la nuit des temps il est toujours plus sage d'aider son ami à combattre son ennemi que de combattre cet ennemi à la place de son ami.
  12. On fait avec ce qu'on a. Le VAB a été mis à toutes les sauces et a été de toutes nos opérations. C'est cette omniprésence qui fait qu'aujourd'hui on va en parler avec une forme de nostalgie. La polyvalence est surtout liée à l'adaptation de ses utilisateurs...
  13. L'action de la France contre ce navire est surtout de montrer aux autres européens qu'il ne faut pas craindre d'agir. On a des doutes sur l'implication de navires russes dans des activités nocives? Ben il ne faut pas les regarder passer en se disant qu'ils sont dans les eaux internationales ou qu'on s'imagine qu'en agissant on va recevoir des missiles nucléaires sur la tronche en retour. Moscou joue avec les nerfs de tout le monde et attend qu'on lui fixe des limites concrètes. Il faut qu'on passe du mode "gardons nous de réagir pour éviter des problèmes avec les russes" à un mode ou les russes se disent "faisons gaffe à ne pas nous attirer plus de problèmes qu'on en a déjà".
  14. Tout dépend de quoi on parle. Cela peut être une réorientation au niveau industriel pour accélérer la livraison de certaines versions au détriment d'autres C'est peut-être aussi le prélèvement d'engins déjà livrés qu'on va reconfigurer dans une nouvelle version. La suppression de certaines versions du Griffon pour les faire passer sur Serval (ou inversement). On sait qu'il y a l'envie d'accélérer sur les versions guerre électronique, lutte anti-aérienne et anti-drone. Il y a une capacité de production qui est ce qu'elle est et qui doit durer encore 9 ans pour le Griffon et Serval. Il y a sans doute des domaines dans lesquels on préférerait avoir ce qu'il faut pour dans 3 ans que dans 9 ans. Rien que dans le domaine anti-aérien, c'est environ 400 Serval prévus, entre la version LAD, la version Mistral sur tourelle, la version Mistral "manpad", les versions pour la détection, le commandement. Là on ne parle même d'une possible augmentation capacitaire dans ce domaine. Quand on s'intéresse aux programmes d'armement il faut avoir une longue vue pour regarder derrière et devant soi. Le VBCI est déjà un programme du passé. Une conception qui a 25 ans et dont le parc en service est à mi vie. Dans 15 ans ce véhicule commencera à quitter le service et on passera à un nouvel engin. Acquérir aujourd'hui des variantes c'est investir dans la recherche et le développement d'un engin qui sera un micro-parc dont le châssis sera difficile à soutenir. Alors soit on mise complètement sur le VBCI pour les 40 ou 50 ans à venir, dans ce cas on remplacera (dans 10-15 ans) nos 600 engins en service par une autre version de lui, soit on passera à autre chose. Le VBCI est aujourd'hui ce que le VAB était au début des années 2000. Un véhicule qu'on peut trouver très bien mais qui ne sera pas le "futur" sur lequel on va miser. C'est dans les années 2000-2015 qu'il fallait développer ou s'équiper de toute une gamme de versions de VBCI, aujourd'hui c'est trop tard. Mais à cette époque on n'avait pas l'argent ni les perspectives d'aujourd'hui, il fallait un véhicule 3 fois moins coûteux pour remplacer le VAB. Ce qui semble pertinent aujourd'hui ne l'était pas hier. J'entends parfaitement aujourd'hui l'argument ou on verrait bien le VBCI dans différentes versions en lieu et place du Griffon. Le Serval gardant sa pertinence dans sa gamme. Mais 10-15 ans en arrière, quand on réduisait tout, qu'on grattait pour faire des économies et trouver quelques millions, le VBCI était un peu comme le Rafale, le NH90, le Tigre, l'A400M, une sorte d'engin luxueux hors de prix qu'on "combattait" pour son "coût" qu'on accusait presque d'être responsables de la diminution de notre format d'armée (un engin 2 fois moins cher en ferait 2 fois plus en inventaire, disait-on souvent...) Actuellement on est dans une période ou l'argent arrive tout de même et ou la perspective financière à horizon 2035 permet d'envisager autre chose. On est à un moment de choix, entre une modification de l'actuelle LPM mais aussi bientôt sur le modèle d'armée qu'on vise vers 2040, donc des programmes qui vont devoir se faire et se lancer. Il y a des choses qui vont sans doute s'avancer, se modifier. Le programme Scorpion est le renouvellement du segment médian, le programme Titan sera celui du lourd. Pour le remplacement du VBCI c'est là qu'on va pouvoir imaginer par exemple refaire un chenillé pour ce domaine. Autre perspective (qui reste pour moi peu probable mais dont le timing est acceptable), celle d'une acquisition "immédiate" sur étagère avec au mieux une production sous licence ( premières livraisons avant 2030) d'un nouveau VCI chenillé (voir d'autres variantes) en remplacement accéléré de notre VBCI actuel pour un retrait de service vers 2035. On s'économiserait alors le lancement d'un nouveau programme pour le remplacer, on fera le strict minimum pour le faire durer encore 10 ans (pas de grosses modernisations) afin d'accélérer le renouvellement du segment lourd. Mais en agissant ainsi on s'enlève le temps de définir un programme qui pourrait prendre un peu plus en compte certaines évolutions, besoins et menaces qu'on découvre un peu plus chaque mois qui passe. Car s'il est facile de dire ce qui serait bien d'avoir maintenant, il faut se dire si ce sera toujours le cas dans 20 ans, pas qu'on se dise dans 10 ans qu'en fait un CV90 (par exemple) a ses "limites" diverses et variées
  15. Les russes sont sur plusieurs installations mais dans de faibles proportions. Disons qu'ils sont dans une forme de sections isolées et vont donner aux unités maliennes une sensation de sécurité dans certaines missions. C'est aussi sans doute les russes qui poussent à réaliser des sorties que l'armée malienne, seule dans sa léthargie, ne ferait pas. Un peu comme on le faisait avec nos DLAO. La présence de français rassurait beaucoup l'armée malienne, car derrière elle savait qu'avec les français, l'ennemi fuyait et ne cherchait pas l'embuscade (le pire à craindre était la mine/IED). On avait tout de même un dispositif aérien qui préparait les missions (reconnaissance), qui assistait les les missions (escorte, frappes...) et un dispositif d'EVASAN. Ce n'était pas improvisé, il y avait un travail opératif derrière. De la même façon que le dispositif onusien amenait des présences et des moyens qui ont plus d'une fois assistés l'armée malienne, un peu comme on le faisait aussi en permanence car on maintenait toujours des alertes. Combien de fois les hélicos de l'ONU ou de la France sont venus au service des maliens? Souvent. Mais le dispositif russe n'est pas celui des français. Il manque une coordination globale. Ces sections isolées sont véritablement isolées et agissent souvent sans grosse préparation ni soutien. Les moyens ne sont pas fous, très souvent les russes vont être à bord de pick-up. Ceux d'en face savent bien que les russes n'amènent pas les mêmes effets et les mêmes moyens que les français, ils n'hésitent donc pas à s'attaquer à eux. J'avais déjà dit que l'attaque du convoi qui devait prendre pied à Tinzaouten et ou des dizaines de membres de Wagner avaient été tués a été un coup important qui aura brisé cette impression "d'efficacité russe" que la propagande de ces pays mettaient en avant. Le regard a changé et du côté de l'armée malienne, une présence russe n'est pas gage de réussite et de sécurité. Sinon le camp principal des russes se trouvent toujours à Bamako essentiellement autour de l'aéroport, je pense qu'il doit y avoir la moitié du dispositif russe à cet endroit. Pour s'y intéresser en détail, voici le "QG" et la zone de "repos". On retrouve d'autres présences des russes sur le côté droit de l'aéroport près des anciennes zones ONU ou l'on voit encore les nombreuses dalles. Les zones ou il y a des russes sont parfois assez identifiables par les tentes bleues. https://www.google.com/maps/@12.522281,-7.9484053,346m/data=!3m1!1e3?entry=ttu&g_ep=EgoyMDI1MDkyNC4wIKXMDSoASAFQAw%3D%3D Je conseille d'aller sur google earth et d'utiliser également les images d'archives ou l'on voit certaines évolutions des dispositifs. On voit bien que Bamako reste encore le point principal ou on a l'essentiel des aéronefs, vous retrouverez à Sévaré et Gao les 2 autres bases qui accueillent en permanence des aéronefs. C'est à Bamako qu'on retrouve l'essentiel des drones, sur google map on peut y voir 2 TB2 et 1 Akinci. On sait que les 2 Akinci acquis par le Mali ont été perdus dont un abattu par l'Algérie. Le rayon d'action d'un TB2 n'est pas celui d'un Reaper. En nombre d'hélicos, le Mali doit en avoir autant que nous en avions quand on était sur place. Mais le problème c'est que notre MCO n'est pas la leur, que nos moyens étaient globalement concentrés sur Gao et agissaient sur un coin. Aujourd'hui la menace est sur l'ensemble du pays et dans des zones ou il est beaucoup plus difficile de faire de la surveillance. Quand dans tout cela vous avez des lacunes de communications, de commandements, le dispositif est loin d'être bon. Aujourd'hui l'armée malienne est totalement éclatée sur le territoire. On avait 12 000 casques bleus qui malgré tous les reproches qu'on pouvait avoir de leur mandat, couvrait tout de même de nombreuses zones du pays, faisaient du contrôle de terrain, des patrouilles, avaient des moyens et des réactions meilleures que l'armée malienne. Le vide n'allait pas se combler par magie, l'armée malienne ne s'est pas multipliée et n'est pas allé remplacer ces troupes. Ce vide a permis la mobilité et le déplacement des terroristes dans les zones de l'ouest. Tout cela à Bamako on ne voulait ni le voir, ni l'entendre, pour eux tout ce qui comptait se trouvait dans la zone du nord, des touaregs. Faire des opérations à l'ouest amènera à stopper les efforts dans le nord et à un affaiblissement potentiel des troupes de la zone de Bamako. Car pour l'instant l'élite militaire de Kati et de ses environs vivaient bien dans leur confort, loin des combats. Il suffit de quelques déconvenues militaires de ces unités là pour voir émerger une forme de fracture de confiance, du moral avec un doute sur l'avenir, ce qui menacerait la junte (coup d'état, perte du soutien populaire dans la capitale...). Un grand nombre des blindés de l'armée malienne restent à Kati. La distribution de ces blindés dans les différents bases et avant-poste se fait de manière très limitée. En effet, un blindé ce n'est pas un Toyota, il faut pouvoir le maintenir en état de rouler, il faut des pièces qu'on ne trouve pas partout, il faut du personnel compétent et souvent même différents équipements spéciaux (moyens de levage...). Vous pouvez avoir un tel atelier à Kati, mais ailleurs l'armée malienne n'a presque rien pour soutenir ces blindés. On est sur des engins qui roulent tant qu'ils peuvent rouler, sur un bricolage en terme de maintenance. Des véhicules même très récents peuvent vite être immobilisé quand le soutien n'est pas là. Nous connaissons parfaitement l'environnement et l'usure qu'on peut avoir lorsqu'on réalise des missions. Passons même sur l'aspect dépannage de ces blindés, car on ne va pas changer une roue ou le sortir d'une ornière, d'un ensablement ou autres comme pour un pick-up. L'abandon des blindés est fort probable. Quand ils sont à Bamako, ça va, l'environnement est moins rude que le nord, il y a des routes, on va préserver leur potentiel pour défiler et faire office de garde présidentielle Mais avec les événements à l'ouest, il faudra quoi qu'il arrive sortir ces engins de là ou ils sont. (les récentes livraisons rejoindront certainement le même endroit) https://www.google.com/maps/@12.7327662,-8.0582761,400m/data=!3m1!1e3?entry=ttu&g_ep=EgoyMDI1MDkyNC4wIKXMDSoASAFQAw%3D%3D
  16. Les russes ne peuvent pas faire beaucoup plus qu'ils ne font en ce moment. On doit arrêter de penser qu'ils se retiennent pour s'éviter une victoire trop rapide. On est sur un front gelé, on enlève aux russes les frappes en profondeur, on pourrait partir 3 mois et revenir que pas grand chose aurait bougé. Certains aiment scruter le front à la loupe pour essayer de trouver des avancées aux russes (puis deviennent très discrets quand ça s'arrête ou que les ukrainiens reprennent les positions...), mais il n'y a vraiment rien de fou et vraiment rien qui soit à la hauteur des "victoires" que cherchent à obtenir les russes. Beaucoup d'efforts pour pas grand chose. On approche les 4 ans de guerre. 4 ans qu'on dit que les russes sont en économie de guerre, que leurs industries tournent à fond et produisent massivement. Pourtant que voyons nous? Excluons les drones et les ressources humaines de l'équation. Sur le champ de bataille est-ce qu'on observe des vagues de blindés flambants neufs qui inondent le front ? Ou alors est-ce qu'on a l'impression de voir une armée russe qui montre une diminution qualitative et quantitative de ses blindés, qui continue de bricoler de très vieux engins d'origine soviétique et que les nouvelles recrues on plus de chance d'aller au front avec des véhicules civils, des motos si ce n'est à pied? Est-ce que l'artillerie russe aujourd'hui est plus forte qu'il y a 1 an? Plus forte qu'il y a 2 ans? Plus forte qu'il y a 3 ans? Ou alors on a l'impression que la puissance décline? L'aviation russe est-elle plus à l'aise qu'il y a 3 ans dans le ciel ukrainien? Beaucoup plus d'aéronefs en inventaire? Ok ils ont créer un support permettant de faire planer des bombes à longue distance, ok à un certain moment ça a fait bougé les lignes, mais on constate depuis des mois qu'on est là aussi dans une forme de tendance baissière de l'usage et non dans une forme expansive. Du côté de la marine rien de plus à mettre au crédit de l'économie de guerre. Cela fait presque 1 an et demi qu'on annonce et qu'on voit la ville de Pokrovsk tomber, certains sont prêts à compter les cm² d'avancées russes pour dire que c'est en bonne voie et que le temps joue pour eux. Mais sincèrement, qu'on constate ici les limites de l'armée russe (qui y concentre son effort offensif), de ses méthodes, de ses équipements, de sa stratégie, pour une ville "moyenne" qui, il y a 3,5 ans, n'aurait même pas figuré sur une carte.
  17. L'Ukraine n'a jamais été une menace pour Moscou. Je l'ai toujours dit et je vais continuer de le répéter, ceux qui sont actuellement au Kremlin sont nostalgiques de l'URSS et de sa grandeur. Ils n'acceptent pas l'indépendance de ces "nouveaux" pays, pour eux c'est comme Taïwan avec la Chine, des "provinces rebelles" à remettre dans son giron de gré ou de force. Quand vous avez un pays docile comme la Biélorussie qui pour calmer Moscou continue de lui vendre un projet de "réunification", le Kremlin devient votre protégé et continue de s'imaginer une annexion "pacifique". Mais quand vous allez dans une direction inverse, vous entrez dans la zone ou l'annexion se fait de force. Pour moi après l'Ukraine, c'est bien la Biélorussie qui a le plus de chance de connaitre une "libération russe", au moindre faux pas, la moindre résistance, le moindre soulèvement populaire risquant ou renversant l'actuel pouvoir, vous allez voir Moscou s'y engouffrer en trouvant son narratif justifiant son intervention. Le "glacis" n'a jamais été un truc que recherche Moscou. C'est juste la conséquence de l'effondrement de l'URSS, de l'incapacité russe à éviter l'indépendance de ces pays. Donc pour rendre la partie plus "acceptable" stratégiquement, faire de ces nouveaux pays indépendants des pays neutres ne devant pas se détourner de l'influence russe (donc en évitant de rejoindre le côté occidental) était plus acceptable que d'entrer dans une forme de confrontation comme cela s'est confirmé avec la Tchétchénie un peu plus tard. Pour les russes, ce glacis est devenu de plus en plus une zone sur laquelle ils se sont convaincus d'un droit unique d'influence, d'un droit sur la politique, d'un droit d'annexions, d'un droit d'y stationner son armée. Des pays indépendants qui s'évitent des problèmes tant qu'ils restent indépendamment dépendants du Kremlin. Par contre si ces pays indépendants se disent qu'il y a peut-être mieux pour leur avenir ailleurs, ils se condamnent à voir le "frère russe" dévoiler et montrer l'arrière de ses pensées. Quand ce moment arrive, vous pouvez oublier toute forme de glacis, si demain on propose aux russes de prendre toute l'Ukraine jusqu'aux frontières polonaises, moldaves et roumaines, vous pensez qu'ils vont dire "non, nous voulons maintenir un glacis" ? Bien sûre que non, ils prendront tout ce qu'il y a à rendre et seront déjà dans l'exécution de la prochaine étape, celui de l'intégration de la Transnistrie par lequel ils arriveront à englober toute la Moldavie avec. Le problème pour la Russie dans tout cela, c'est qu'ils n'ont pas les moyens de leurs ambitions et qu'il est nécessaire d'attendre que les anciens de l'époque de l'URSS s'effacent petit à petit. Il y a une énorme frustration de ces limites capacitaires qui ne permettent pas d'assouvir leurs ambitions, c'est aussi cela qui va pousser ce pays à faire des erreurs et prendre des risques idiots. Ce pays a été incapable d'arriver à ses objectifs premiers en Ukraine, il est plus qu'impossible qu'il parvient à ses objectifs secondaires (4 oblasts) qui doit lui permettre de sortir la tête haute de cette guerre. Mais par idéologie et par inacceptation d'avouer ses limites et ses faiblesses, Moscou cherche à jouer avec une force bien plus puissante que l'Ukraine (l'Otan), qu'elle serait bien en mal de combattre (en plus de sa guerre en Ukraine...), ceci pour maintenir son image de puissance, pour continuer d'être crainte. C'est très important pour la Russie de maintenir cette puissance car elle est liée au pouvoir autocratique actuellement en place. Poutine ne craint pas la démocratie ukrainienne, il craint la faiblesse et l'opposition qui peut l'amener à perdre sa place. La "fédération" de Russie reste encore une forme de pays "empire". On a un pouvoir central fort qui amène les régions dans une forme de vassalisation, on a encore des régions avec certaines autonomies, d'autres qui pourraient s'embraser (Caucase...), des influences diverses et variées. Le risque de voir une nouvelle fracturation de ce qu'est l'actuelle fédération de Russie n'est pas à exclure si ce pays démontre une faiblesse, s'enfonce dans une crise économique et sociale, que la page Poutine se tourne (par sa mort, une révolte populaire, un coup d'état...). Je ne dis pas que ça va arriver dans 6 mois, cela peut être un truc qui va prendre des années, mais il ne faut pas exclure que le Kremlin fasse des erreurs de jugements (comme en Ukraine) avec l'Otan et finisse par précipiter certains événements (je ne crois pas à une guerre nucléaire ou à une guerre massive contre l'Otan). Quand on voit le développement géostratégique, on comprend que dans quelques années, l'Europe et l'Otan (qui s'est renforcé de nouveaux membres) en général aura considérablement renforcé ses moyens militaires. La guerre en Ukraine toujours en cours pour des gains dont on se demande ou ils sont. L'espoir d'un Trump qui servirait l'Ukraine sur un plateau s'amenuise à mesure que le temps passe et l'économie super résiliente montre des signes d'instabilité inquiétant, d'autant plus que les frappes ukrainiennes en territoire russe augmente les problématiques et peut amener de l'agacement et un ras le bol aux russes dans leur quotidien. Hausse des prix avec une hausse de la TVA, plus de carburant pour se déplacer pour les particuliers et les professionnels. Les exportations de carburants sont déjà interrompus et les sites de raffinage, de stockage et d'exportation vont continuer de prendre des coups. Pendant ce temps là l'Europe continue de réduire ses importations de gaz et de pétrole (objectif 0 en 2027). Trump pousse Erdogan à acheter du GNL américain plutôt que russe en échange de quoi il lèvera ses blocages (comme pour le F-35). Franchement je dis bonne chance à la Russie pour les prochaines années et ce n'est pas en disant que l'Ukraine va plus mal que ça va "compenser". Kiev n'a pas les ambitions ni les prétentions de puissances que la Russie cherche à avoir et imposer.
  18. La définition d'un "véhicule de combat" diffère du point de vue de chacun. Si on en reste à ta définition, c'est à dire celle ou tout blindé est un véhicule de combat, alors il faut tout inclure, notamment les Griffon, les Serval, les PVP comme le fait l'armée de terre. https://www.defense.gouv.fr/terre/nos-materiels/nos-equipements-terre/nos-vehicules/vehicules-blindes-combat Pour ma part j'estime qu'un véhicule de combat c'est un engin lourd évoluant au contact de l'ennemi avec un armement puissant servit par un équipage dont l'outil et la mission s'articule autour du véhicule et de ses capacités. Le VBAE sera dans son immense majorité un véhicule sur lequel il n'y aura pas plus qu'un armement téléopéré en 7.62 ou 12.7. Si on s'attend à un véhicule d'appui avec une gros canon, un paquet de missiles sur le toit, il y aura des déçus. Je vois encore beaucoup de gens qui ont en tête l'image d'un CRAB (Panhard) qui pourrait par exemple remplacer le VBL alors que c'était un véhicule d'une époque ou la "cible" à remplacer était l'ERC90. Qu'il y ait une version plus offensive, donc plus armé du VBAE c'est possible (ce sera sans doute aussi celle qui sera le plus mise en avant par l'industriel) mais ce ne sera pas le standard de base. Je ne dis pas du tout que je serai défavorable à avoir un tel standard de base, c'est juste que je sais que l'expression du besoin est lié aux rôles, missions et utilisateurs. Hors sauf à refonder/recréer des ERI, on ne voit pas vraiment ou un tel engin trouverait sa place. Car même pour l'AC, même si on va avoir un VBL ou on pourra fixer un support Milan ou MMP, les équipes doivent rester débarquables, donc les moyens AC ne doivent pas être dépendants du véhicule. De la même façon que la version Mistral du Serval existera en une version spécifique et intégré (tourelle) donc d'un équipage "lié" au véhicule et une version "manpad" ou le Serval ne sera qu'un élément de transport et de support (râtelier spécifique pour transporter les missiles etc...). Le VBAE qui va prendre la relève du VBL Milan dans les RI va lui aussi devoir rester dans cette configuration débarquable et donc on ne lui donnera pas une tourelle de 25mm ni même une tourelle avec MMP. Les versions PC (les actuels VB2L) dans les RI n'auront pas non plus un tel armement. On voit bien en fait quand on fait défiler le truc de cette manière qu'on arrive à ce que j'ai dit, soit on va essayer de transformer les ERI, soit on va devoir recréer de nouvelles unités que ce soit des ERI ou une section nouvelle d'appui dans les RI. Mais là on va entrer dans un problème qui sera plus RH que financier ou capacitaire. Pour le blindage du VBL, il est ridicule et il suffit de toquer sur les portières pour vous faire une frayeur avant une mission. De la 7.62 perfo ça passe comme du beurre.
  19. De ce qui est prévu c'est qu'on est actuellement encore dans une phase qu'on peut qualifier de "réflexion". En gros on va définir les bases de ce que doit être le VBAE mais le programme doit vraiment démarrer l'an prochain, c'est à dire la conception, les essais et la production de l'engin. Il ne faut pas non plus s'imaginer que le VBAE sera un engin de combat, ce sera comme son prédécesseur un véhicule blindé léger 4x4 avec une protection allant sans doute jusqu'au 7.62 perfo et une protection contre les mines. Rappelons que le VBL actuel offre qu'une très faible protection et n'est pas du tout conçu pour résister face aux mines (même si on a rajouté quelques plaques sur l'ultima). On se souvient du Mali, la plupart des pertes par IED impliquait un VBL. L'engin en lui même était bien adapté aux missions quotidiennes, mais l'exposition quasi permanente du personnel avec la moitié du corps qui dépassait du toit, c'était (et ça l'est encore) un problème. Nos expériences avec la VBL va amener vers un engin qui aura très certainement un habitacle en V même si les éléments extérieurs (plaques, coffres et autres) ne permettront pas de pleinement le voir. On va forcément chercher à généraliser un système téléopéré et chercher à offrir un espace intérieur plus adapté qu'un VBL, avec plus de places. On doit s'enlever de la tête le design "écrasé" du VBL tout comme sa ligne amphibie, on sera sans doute sur un engin plus imposant physiquement, on pourrait bien approcher les 7 ou 8 tonnes en PTAC (un VBL ultima c'est déjà 5,2 tonnes). L'armement ne sera pas forcément exceptionnel et tout dépendra du rôle et des missions des engins. On peut penser avec certitude que la majorité d'entre eux n'auront pas plus qu'un TTO en 7.62 voir 12.7, ceci sur plusieurs versions. Quelques versions plus spécifiques seront sans doute également développées, que ce soit pour de l'observation (mât optro/drones...), une version appui-feu avec peut-être un canon de 20/25 ou 30mm.
  20. Encore une attaque hier contre des camions citernes à 40km de Kati (l'épicentre des forces armées maliennes dans le pays). L'attaque d'il y a plusieurs jours du convoi de camions citernes qui venait du Sénégal ne doit pas être pris à la légère. Ce convoi était bloqué depuis un moment au Sénégal par peur des attaques. L'approvisionnement (et la disponibilité) du carburant est compliqué pour le Mali. Bamako a donc apporté une réponse en allant créer un convoi pour escorter tous ces camions. Sauf qu'il s'est fait attaqué et amène fort logiquement plusieurs effets. Un risque de voir petit à petit des difficultés à trouver du carburant. L'échec sécuritaire qui amène à s'interroger sur les capacités militaires (il y a déjà de nombreux débats en cours) à escorter ces camions et plus globalement à éviter le blocage des routes. Déjà la confiance pour prendre la route n'était pas là avant, désormais les volontaires vont se faire rare et même la présence des militaires ne va plus du tout rassurer. Le blocus peut devenir une réalité, non pas en raison du fait que les terroristes tiennent toutes les routes de manières permanentes, mais que plus grand monde ne voudra prendre de risques. Pour un transporteur civil, le risque de perdre la vie, de se retrouver otage, de perdre son camion ne vaut pas le prix de la livraison. Ceux qui vont accepter ce risque réclameront de grosses compensations financières, ce qui ne favorisera pas non plus l'import/export d'un pays aussi pauvre. Comprenons bien que nous parlons d'une situation qui se trouve à l'ouest du pays, le JNIM y est désormais massivement présent. Les images actuelles des groupes terroristes au Mali montrent que le terrain ce n'est plus le désert du nord ou du centre, on est en plein dans la verte, dans des zones viables, riches ou il est beaucoup plus facile de se planquer. Imaginons que demain la France redéploie le même dispositif qu'elle avait il y a 5 ans, je vous assure qu'on serait confronté à une situation largement plus compliqué qu'avant. Même pas qu'on imaginait devoir affronter les terroristes à la frontière du Sénégal. Ce n'est pas en ayant retiré le force onusienne que ça s'est arrangé, j'ai de nombreuses fois expliqué le vide que ça allait créer, que ce ne sont pas quelques centaines de russes qui allaient le combler. Pendant ce temps, Bamako reste avec son idéologie, son obsession de Kidal ou elle a concentré ses moyens militaires et ou elle fait face à une rébellion touareg qui s'unifie de plus en plus. Vouloir chasser le JNIM de l'Ouest impliquerait de se détourner de Kidal et d'ouvrir la voie à une véritable déconvenue militaire, politiquement fatale, pouvant créer un effet domino et démoralisant toute l'armée.
  21. Comme il était à prévoir et comme on a été nombreux à le dire, après les drones en Pologne et la non réaction de l'Otan, voir même la prise de distance américaine, pousse les russes à continuer. Ils testent les limites de l'Otan, ils cherchent ce point de provocation (réponse) et toute la question est de savoir pourquoi? Pour moi il y a deux hypothèses. 1) Celle ou les russes envisagent sérieusement une action militaire contre un membre de l'Otan (bien sûre on pense aux Pays Baltes) et veulent savoir si l'alliance sous l'ère Trump est du genre à craindre et refuser la guerre avec la Russie ou au contraire qu'elle est prête (même si ça ne l'enchante pas). On cherche à comprendre si Trump reste en mode "ce n'est pas notre problème" et les européens qui ont déjà montrés plus d'une fois leurs divisions à seulement aider (sans s'engager) l'Ukraine ne vont pas aider à faire diminuer la prise de risque de Poutine. Je suis persuadé qu'au Kremlin l'idée que l'Otan sans les américains n'est rien, que si Washington ne s'engage pas, les européens ne le feront pas est plus que présente. On semble se convaincre et chercher systématiquement l'assurance que les européens n'ont pas, ne veulent pas et ne voudront pas faire la guerre à la Russie, qu'on pourrait presque penser que la question "qui veut mourir pour Riga?" est sortie tout droit d'un institut de sondage russe. On joue sur la peur de la 3e guerre mondiale, de l'apocalypse nucléaire pour "influencer" les esprits et on a aujourd'hui à la maison blanche un type qui reprend presque mot pour mot cela, ce qui fait grandement les affaires de Poutine. 2) L'autre hypothèse est celle ou tout cela n'est pas lié à une volonté d'agir contre un membre de l'Otan, mais que c'est en lien avec le conflit ukrainien. Ce conflit stagne et ne risque pas fondamentalement de se débloquer d'un coup de baguette magique. Cette guerre a un coût qui est loin d'être neutre pour la Russie. De plus l'évolution tend de plus en plus à voir des frappes en profondeur sur le territoire russe, impactant le plan énergétique, économique et amenant de plus en plus la guerre dans le quotidien des russes habitués à la voir derrière un écran. Poutine et tout son environnement misant énormément sur Trump pour obtenir une victoire en Ukraine comprend qu'en fait ça ne va pas se passer comme prévu. Oui les américains ont abandonnés les dons d'armes à l'Ukraine, mais ils ont juste transformer cela en "ventes". Les américains ne vont pas faire capituler l'Ukraine aux exigences russes, les européens ne "suivent" pas les américains, ils continuent et il faut le dire, l'aide européenne, les productions d'armes ukrainiennes, les drones sont suffisantes pour maintenir la Russie dans ce bourbier encore un long moment. Le retrait des américains et l'abandon de l'Ukraine qui pour le Kremlin devaient lui donner sa porte de sortie victorieuse n'arrivera pas. Sans doute même aussi que les russes depuis des mois ont intensifiés leurs offensives dans l'idée d'imposer une plus grosse pression et d'obtenir le maximum de gain, un effort temporaire qui pourrait bien marquer le début d'une phase ou ils vont devoir récupérer. C'est ainsi qu'en allant chercher l'incident avec l'Otan (et faire passer la Russie pour une victime) on va raviver le spectre d'une guerre bien plus dangereuse et dévastatrice. Une escalade avec l'Otan qui doit détourner le regard de l'Ukraine ou il ne se passe pas grand choses, qui doit pousser les dirigeants et les opinions publiques à craindre une guerre avec la Russie à détourner des moyens militaires. Ce qui est valable pour nous, le sera également pour les russes. Le Kremlin va pouvoir détourner le regard de l'opinion public du conflit ukrainien pour lui mettre devant les yeux la peur de la guerre nucléaire, de la 3e guerre mondiale, bref d'une menace beaucoup plus importante que celle autour de l'Ukraine. On cherchera vraiment des escarmouches, des incidents avec l'Otan, les pertes limitées et symboliques. On veut amener à une situation ou on est au bord de la guerre et non à une situation ou on est dans la guerre. L'intérêt derrière c'est de "couvrir" des concessions russes sur l'Ukraine, c'est de pousser également tous les occidentaux à pousser Kiev à faire également des concessions. Ainsi Poutine prétextera avoir empêché une guerre contre tout l'occident et ses concessions sur l'Ukraine deviendront des concessions faîtes aux occidentaux et non aux ukrainiens, retirant ainsi le sentiment que la "grande Russie" a échoué à faire plier Kiev dans cette guerre. Le Kremlin s'évitant ainsi une forme de défaite politique, militaire et idéologique dans tout le narratif construit autour de son "opération militaire spéciale". Les concessions peuvent se limiter à ne rien réclamer de plus. L'espoir russe étant qu'en parallèle les occidentaux par peur d'une guerre avec la Russie (Trump en tête) fassent pression sur l'Ukraine.
  22. Oui et la position de Trump c'est je n'ai pas de raison d'imposer des sanctions à la Russie tant que des membres de l'Otan achètent du pétrole à la Russie. Côté Orban, c'est reçu 5/5. Donc la boucle est bouclée, Trump ne fera pas ses sanctions, non pas qu'il ne le souhaite pas, mais ce n'est pas de sa faute, c'est l'hypocrisie européenne. Bref comment ne pas assumer une politique pro-russe? Que ce soit Orban qui passe son temps à combattre l'UE et l'ensemble de ses alliés dès lors qu'on lève le petit doigt contre la Russie et Trump qui botte en touche depuis bientôt 1 an dès qu'il faut sanctionner la Russie, avec de tels alliés au service de Poutine, l'occident n'a pas besoin de faire la guerre à Moscou, elle se fait la guerre toute seule. On arrive à des situations ou les coupables et va t-en guerre sont les européens qui soutiennent l'Ukraine et ceux qui veulent la paix sont ceux qui veulent qu'on offre la victoire à la Russie. Offrons leur les sudètes, on s'évitera la guerre...
  23. L'objectif des russes est de jauger la réaction de l'Otan. Ils savent très bien qu'on ne va pas entrer en guerre pour cela, mais ils verront bien le niveau de solidarité et d'implications des uns et des autres dans la défense "collective". Il ne faut pas prendre cela à la légère, car du côté russe on va se persuader par exemple qu'en attaquant un pays de l'Otan, les USA (de Trump) ne bougeront pas et qu'en Europe on ne veut pas faire la guerre, on ne veut pas y mettre les moyens. Déjà en 2022, Poutine et ses services avaient très mal anticipé la réaction occidentale, pour eux l'occident allait sans doute râler, gesticuler mais ne ferait rien pour s'opposer militairement à la Russie, surtout que l'Ukraine n'était liée à aucune alliance. Il faut bien comprendre qu'à Moscou, l'Europe est prise de haut, que sans les USA, l'Otan et l'ensemble de la puissance militaire occidentale ne fait pas le poids. Voir Washington en retrait, hésitant, voir hostile envers les européens, c'est de la jouissance qui va leur donner des espoirs pouvant les amener à entreprendre des actions insensées car justement ils auront crus qu'en face nul ne voudra faire la guerre à la Russie. Les russes vont donc pousser encore et encore plus loin jusqu'à ce qu'ils atteignent le point de bascule. Soit ce sera celui ou ils verront qu'en fait l'Otan se met en ordre de marche dans sa défense collective et que finalement les USA interviennent, mais dans tous les cas ça restera sur une posture défensive et dans ce cas tant pis, ils arrêteront les provocations. Soit ils verront que Trump ne cherche pas du tout à intervenir, mettant les USA hors jeux, que les européens en dehors du symbole ne répondent pas plus que ça, dans ce cas effectivement il faut craindre que les russes voient une fenêtre d'opportunité. S'ils visent la Pologne ou la Roumanie, ce n'est pas que c'est ce qu'ils ont dans le viseur. Du côté russe, ils se disent que "si l'Otan ne se bouge pas pour un pays comme la Pologne, pourquoi devrait-elle se bouger pour la Lituanie par exemple?".
  24. Autre élément à prendre de plus en plus en compte, celui ou la Russie est de plus en plus touchée sur son sol. Si jusqu'il y a peu encore les russes étaient laissés dans une forme "d'isolement" (le conflit se déroulant en Ukraine) c'est de moins en moins le cas. Les ukrainiens ont entrepris une politique qui cherche à augmenter considérablement les frappes sur le territoire russe, ceci à plusieurs milliers de km. Si à un certain moment les occidentaux pouvaient imposer avec les missiles livrés diverses restrictions à l'usage (une certaine zone, certaines cibles...) les drones et missiles sont désormais pour la plupart ukrainiens et donc sans limites. La question énergétique en Russie actuellement et dans la suite de la guerre n'est pas juste de connaitre le cours du baril ou les sanctions, c'est aussi la capacité de la Russie à pouvoir produire, transformer et exporter ses ressources énergétiques. Les attaques ukrainienne vont être de plus en plus nombreuses et les cibles énergétiques ne manquent pas, on le voit avec les raffineries depuis un certain temps.
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