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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Moins engageant que si c'était Poutine lui-même, sans doute, mais tout de même une parole officielle. J'en déduis que les pourparlers russo-ukrainiens n'ont plus aucune chance d'aboutir à court terme. Ils étaient basés sur quatre exigences de la Russie neutralité, démilitarisation, "dénazification" et Donbass et sur les contre-propositions et exigences de l'Ukraine. Sauf erreur de ma part, ils sont pratiquement suspendus chaque partie dénonçant le manque de sincérité de l'autre partie et le négociateur russe ayant déclaré que la question se réglerait sur le terrain. ==>Maintenant, Moscou vient de mettre la barre encore plus haut Le seul scénario où je peux imaginer Kiev accepter de telles conditions est celui d'une défaite écrasante. C'est donc ce que va chercher Moscou, non seulement un "grignotage" dans le Donbass et une atteinte partielle de ses objectifs initiaux. La Russie est en train de s'engager à vaincre totalement l'Ukraine sur le terrain Le sang va donc encore couler à flots. Vu la résistance déterminée de l'armée ukrainienne, vu le soutien occidental en matériel et en renseignement, l'armée russe devra escalader la violence. Et la guerre sera encore longue - des mois sans doute A court terme probablement pas. Sans escalade probablement pas. ==>Donc il y aura escalade. Et la guerre durera encore longtemps -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Le scénario d'une psyops ukrainienne / américaine / OTAN ne peut évidemment être écarté. La communication est une partie de la guerre. On ne peut pas écarter non plus le scénario où cette information serait authentique. Mais attention à l'interprétation. Le message liste : - 13 414 pertes irrévocables du côté russe (невозвратные потери) - 116 morts sur le Moskva (погибших, l'expression utilisée est différente) Le premier chiffre ce sont les soldats qui ne retourneront pas au combat. Soit parce qu'ils sont morts... soit parce qu'ils sont blessés sérieusement. Ou encore prisonniers (même s'il est possible que tous les prisonniers, en plus des déserteurs, soient listés dans les 7 000 "disparus") On parlerait donc d'environ 20 000 pertes totales du côté russe, ce qui si on applique les ratios classiques 1 mort pour 3 blessés sérieux signifierait de l'ordre de 5 000 morts et 15 000 blessés (si les prisonniers sont peu nombreux dans le total), ou bien de l'ordre de 3 500 morts (si l'essentiel des 7 000 disparus sont des prisonniers) Ces chiffres-là semblent en tout cas cohérents avec le fait qu'une force d'environ 180 000 soldats reste largement fonctionnelle. Tandis que si les pertes totales étaient de 50 000 - ce qu'il faudrait supposer s'il y avait > 13k tués, ce que ce message n'indique pas - il serait difficile de comprendre comment les forces russes peuvent continuer à attaquer sur un front qui reste large. Nouvelle importante en effet ! Voici l'original sur le site d'Interfax L'armée russe annonce son intention de créer un corridor terrestre vers la Crimée et un accès à la Transnistrie. Moscou. 22 avril. INTERFAX.RU - L'armée russe prévoit d'établir un contrôle total sur le Donbass et le sud de l'Ukraine et de fournir un corridor terrestre vers la Crimée au cours de la deuxième phase de l'opération spéciale qui a débuté cette semaine, a déclaré le commandant par intérim des troupes du district militaire central, Rustam Minnekayev. "Depuis le début de la deuxième phase de l'opération spéciale, elle a déjà commencé littéralement il y a deux jours, l'une des tâches de l'armée russe est d'établir un contrôle total sur le Donbass et le sud de l'Ukraine. Cela fournira un corridor terrestre vers la Crimée et affectera les installations vitales de l'économie ukrainienne", a déclaré M. Minnekayev lors de la réunion annuelle de l'Union des industries de la défense de l'Oblast de Sverdlovsk, vendredi. Le contrôle du sud de l'Ukraine par l'armée russe sera également l'occasion d'accéder à la Transnistrie, selon le Commandement militaire central. "Le contrôle du sud de l'Ukraine est une autre porte de sortie vers la Transnistrie, où il existe également des preuves d'oppression de la population russophone", a déclaré M. Minnekayev. Je serais à la place des Moldaves, je n'aimerais pas ça... pas du tout -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
J'ai personnellement du respect pour les gens qui expriment une opinion construite et qui la défendent. En somme, les gens qui affirment et argumentent ouvertement plutôt que de louvoyer. Il y a à mon sens deux opinions à entendre : ==>Il faut augmenter les livraisons d'armes, sinon le risque de guerre mondiale sera aggravé ==>Il faut limiter voire stopper les livraisons d'armes, sinon le risque de guerre mondiale sera aggravé Les arguments construits en faveur de l'un ou l'autre me semblent intéressants. Les louvoiements hypocrites, tout comme dans un autre genre les arguments moralisants, n'ont pas d'intérêt. Et il y a bien un point commun entre ces deux opinions opposées... c'est que le sujet est bien le risque de guerre mondiale. Pas nécessairement fin XIXème siècle. La Mensur existe toujours, même si c'est de façon plus anecdotique qu'autrefois Qui sait si tel ou tel politicien Vert allemand n'a pas un jardin secret ? -
Dissuasion nucléaire européenne, voire allemande ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Dissuasion nucléaire
De fait, déjà en réalité virtuelle, même à distance assez importante, c'est plutôt impressionnant -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Je remarque la conclusion qu'en tire Igor Guirkine (dit Strelkov), ancien chef militaire de la RPD (entre mai et août 2014) Sans procéder à une mobilisation au moins partielle dans la Fédération de Russie il est impossible de mener des opérations offensives stratégiques en profondeur sur la soi-disant "Ukraine", impossible et extrêmement dangereux. Nous devons nous préparer à une guerre longue et difficile, qui nécessitera toutes les ressources humaines qui sont médiocrement gaspillées maintenant pour "un drapeau sur le prochain conseil municipal" Cet homme semble ne plus avoir aucun pouvoir. Mais son avis est peut-être partagé par d'autres. En cas d'échec ou de succès limité de l'offensive du Donbass, je soupçonne que tout dépendra de la décision de Poutine de se contenter - ou pas - d'une atteinte seulement partielle des objectifs de l' "opération spéciale", les quatre conditions de neutralité, démilitarisation, "dénazification" et abandon territorial que l'Ukraine refuse et que je ne vois guère le gouvernement Zelensky accepter sans défaite écrasante. Si Poutine décide que ces quatre conditions sont impératives, il me semble qu'il aura besoin de nettement plus de forces, donc d'une mobilisation et d'une guerre longue. Oui mais attention, quand un peuple civilisé - c'est-à-dire qui attache une importance primordiale à la table - est attaqué par des barbares, ceux-ci peuvent retourner contre lui sa supériorité culturelle en négligeant les règles de bienséance au point d'attaquer précisément au moment le plus délicat ! C'est arrivé à un pays près de chez nous un peu avant le début de l'ère chrétienne. Voir ce document historique (enfin, j'étends le concept de civilisation à la consommation d'eau chaude, ce qui est évidemment sujet à controverse mais soyons bienveillants avec nos chers amis ennemis voisins) Oui, il y a une mise en scène évidente. Mais il y a peut-être aussi tout simplement un calcul comme quoi bloquer le complexe Azovstal immobilisera moins de troupes que de tenter de le conquérir, libérant davantage de forces pour attaquer dans le Donbass. Et puis l'armée russe n'a pas un volume si grand comparé à l'ambition des missions qui lui sont confiées. Gaspiller des troupes en nombre compté serait une faute. C'est l'Ukraine qui a effectué une mobilisation partielle et pourrait bien davantage se permettre de ne guère regarder à la dépense humaine. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est très simple. Voir le message auquel tu répondais, c'est tout expliqué En pratique, dans l'exemple que j'ai choisi, je fais tirer Dombarovsky sur la côte Ouest des Etats-Unis - ça irait encore vers le Middle-West - et je réserve les cibles sur la côte Est aux missiles qui se trouvent en Sibérie. Le planificateur russe, il a le droit de réfléchir avant de choisir quels missiles il affecte à quelles cibles Il ne faut pas non plus feindre d'avoir oublié que même à 50 km d'altitude, l'horizon n'est qu'à 800 km En pratique, un radar situé à 800 km ne pourra détecter un départ de missile balistique qu'après que celui-ci aura déjà fait le plus gros de sa phase d'accélération... Et les sites de missiles de Roumanie et Pologne sont à plus de 2 000 km de Dombarovsky. De même que la Finlande. Et avant qu'un balistique allant de Dombarovsky à Los Angeles passe au plus près de la Finlande - un millier de kilomètres au moins quand même - il sera dans l'espace et aura pu libérer et disperser ses ogives et ses leurres... bref tout le bénéfice d'une interception en phase d'accélération aura été perdu. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Il avait bien raison, ton instit. Loin de moi de suggérer que dans ton souvenir, on sent le vécu ... ==>Où est-il, d'ailleurs ? C'est tout l'inconvénient des relations internationales, on n'y trouve que des "adultes", et pas d'instit' Des "adultes" comme M'sieur Biden qui en 2021 disait de M'sieur Poutine que "C'est rien qu'un tueur, d'abord", suite à quoi ce dernier élevait le débat en rétorquant "C'est çui qui l'dit qui l'est, d'abord" ... Mais pour une raison très simple ! Il est vrai que les sites antimissile en Pologne et Roumanie peuvent / pourront être équipés de missiles de croisière même sans que les Russes ne s'en aperçoivent, sachant que les silos utilisés pour les uns comme pour les autres sont les mêmes. Cependant, ça ne change pas vraiment la situation, sachant que Washington a aussi des SNA lance-missiles (anciens Ohio) qui pourraient facilement se placer dans la Baltique sans être remarqués avant d'attaquer par surprise, et qu'ils seront remplacés par des Virginia block V... chacun de ces SNA transportant donc potentiellement plus de Tomahawks (40) que l'un des sites antimissile de Pologne ou de Roumanie (32 silos) Et de toute façon c'est un autre raisonnement que celui dont on parlait -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Avant d'envisager les trajectoires vers l'Amérique du Nord des balistiques sol-sol russes, il est utile de visualiser d'où ils partent au juste Et la réponse est sans ambiguïté : la plupart sont sur ou au-delà de l'Oural. Début 2020, les forces balistiques sol-sol russes étaient estimées à 320 missiles et un total de 1 181 ogives Croisant avec cet article de la FAS et sa jolie carte On s'aperçoit que : - 40% des ogives sont à Dombarovsky dans l'Oural un peu au nord de la frontière du Kazakhstan, - 45% sont sur des lanceurs mobiles dispersés entre Teykovo, Yoshkar-Ola, Novosibirsk, Nizhniy Tagil, Irkutsk, Barnaul c'est-à-dire des localités dont cinq sur six sont dans ou au-delà de l'Oural (certaines très au-delà)... et de toute façon ces lanceurs étant mobiles ils peuvent facilement être déplacés ailleurs ! A partir de là, l'application des résultats les plus récents et surprenants de la physique - notamment le fait que la Terre est... ronde - permet de réaliser que les trajectoires des missiles portant la très grande majorité des ogives d'ICBM russes c'est plein Nord, donc au-dessus du Pôle. Et que ça passe donc très loin de tout ce qui est Ukraine, même Finlande et Suède ! Voici pour exemple les trajectoires de grand cercle entre Novosibirsk, Irkoutsk et Orenbourg (proche de Dombarovsky) et respectivement Denver, Washington et Los Angeles. Je crois que c'est sans appel. ==>La dissuasion nucléaire sol-sol russe ne serait pas menacée par des antimissiles qui seraient placés en Finlande, Ukraine ni autre Suède -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Tout à fait. Bon, cela dit, comme on est entre adultes et on ne croit plus tellement au Père Noël, on ne va pas se mentir non plus. Il n'est pas improbable que des arguments supplémentaires aient joué en faveur de l'installation de bases "antimissile" en Pologne et en Roumanie : - D'une part "sceller" et récompenser la loyauté de dépendants nouveaux - D'autre part placer près de là où ça pourrait servir sait-on jamais de quoi installer quelques missiles de croisière en stationnement permanent - alors que ceux que transportent bombardiers intercontinentaux et même croiseurs ne sont que de passage Ca ne révolutionne pas la situation stratégique de la Russie, ce n'est qu'un irritant. Mais c'est tout de même sans doute quelque chose qui arrange plutôt Washington. Qui ont déjà été testés dans un rôle antinavire MBDA a testé une variante maritime destinée à être utilisée contre des essaims de petites embarcations, baptisée Sea SPEAR.[39] Le 25 juin 2012, un Tornado GR4 a largué un prototype qui a touché et coulé un canot pneumatique de 6 mètres se déplaçant à 20 nœuds dans une mer de niveau 3.[40] Le 29 mai 2013, MBDA a effectué un tir de salve de trois missiles Brimstone opérationnels à ondes millimétriques, lancés depuis une plate-forme offshore fixe, contre une formation d'attaque simulée de cinq cibles représentant des FIAC (Fast Inshore attack Craft). Ce tir d'essai réussi a démontré la capacité du Sea SPEAR à frapper de nombreuses cibles individuelles. Pendant le test, l'une des cibles, une embarcation de 15 mètres, se déplaçait à 20 nœuds. Nos amis britanniques envisagent d'en monter sur technicals Interrogé sur les armes anti-navires que la Grande-Bretagne envisageait d'envoyer en Ukraine pour la soutenir contre l'invasion russe, Johnson a répondu : "L'un des systèmes que nous envisageons (...) est de voir si nous pouvons monter quelques Brimstones à l'arrière de (véhicules) techniques pour voir si cela peut faire l'affaire." Il a également déclaré que d'autres options étaient à l'étude Plutôt intéressant comme option pour s'opposer à un débarquement. Aussi intéressant pour d'autres de nos amis dans certaines autres situations, s'ils parviennent à en récupérer - marché noir, toussa Nos amis djihadistes, par exemple -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
@jean-françois Pour le fond, même si ce n'est pas la bonne place pour parler de ce sujet Précisément. C'est pour ça que je préfère répondre ici Toute la politique de la Russie de l'arrivée de Poutine est de normaliser la position internationnale et de sécuriser ses frontières. Pas d'accord. Ce n'est pas "toute" la politique de la Russie. Je vois une césure importante quelque part entre 2012 l'année du retour de Poutine à la présidence (après des manifestations importantes contre lui) et 2014 le renversement du président ukrainien, l'annexion de la Crimée et la guerre au Donbass. Il y a les sanctions économiques initiées en 2014 bien sûr (quoique pas encore écrasantes), il y a les événements en Ukraine que beaucoup à Moscou ont lu comme la conséquence d'une déstabilisation d'origine américaine. Il y a aussi et surtout une hystérisation de la communication / propagande interne, hystérisation que l'on peut éventuellement dater de 2013 à voir les réactions en Russie à la définition comme mariages des unions homosexuelles en France (pas que le sujet soit lié, du moins en apparence, mais l'hystérie était déjà là), voire aux refus minoritares mais stridents essuyés par Poutine en 2012 lors de son retour. Cette hystérisation a duré et persisté depuis toutes ces années - probablement avec effets cumulatifs. Elle est extrême, les émissions de débat en Russie eh bien disons qu'à côté l'Heure des Pros sur CNews c'est une discussion entre bobos de gauche bien-pensants (avec tout mon respect à tous les concernés, les bobos, les pros, les cnews et les bien-pensants) ! Faut-il y voir un phénomène avant tout contrôlé par un pouvoir au raisonnement froid voire cynique ? Après le 24 février, c'est l'autre interprétation qui me semble beaucoup plus crédible, Poutine lui-même, avec une bonne partie du groupe dirigeant, croit ou en est venu à croire à cette propagande. Eurasianisme, dénonciation de l'Occident décadent et maléfique jointe à la prétention de défendre le meilleur de l''Occident mieux que lui-même, pratiquement un messianisme par certains côtés. La politique de la Russie aujourd'hui, ce n'est pas d'avoir mais d'être. Etre elle-même, sachant que "elle-même" a été défini par les adeptes de l'eurasianisme voire de la Troisième Rome, en tout cas du "Monde russe" héritier et continuateur de l'Empire russe. Et son dirigeant, probablement providentiel, défend les intérêts de cette Russie-là, qui ne s'expriment pas en termes économiques, davantage mais pas seulement en termes de population à rassembler, et encore en termes civilisationnels voire spirituels. S'il a certainement été cynique et jouisseur kleptocrate au début de sa vie il ne l'est plus, il est véritablement convaincu de défendre le Bien. Et l'Histoire seule l'intéresse vraiment. En vingt ans et quelque, il a tutoyé Pierre le Grand le modernisateur pro-occidental, Alexandre Ier le germanophile et Alexandre III le francophile. Il tutoie aujourd'hui Catherine II la conquérante en Ukraine ainsi que Nicolas Ier le conservateur. Il commence à tutoyer Ivan le Terrible, et pourrait en venir s'il le faut à tutoyer Staline. "Можем повторить" est un slogan apparu depuis quelques temps en référence à la victoire dans la Seconde guerre mondiale : "Nous pouvons recommencer". En version pour enfants, ça peut donner ça En version spirituelle et historique, ça peut donner la cathédrale principale des forces armées russes, dont la construction fut achevée le 9 mai 2020 pour le 75ème anniversaire de la victoire, et qui célèbre toutes les victoires de l'armée russe dans l'Histoire, obtenues sous le patronage du Christ et de Ses saints (Staline comme chacun sait était un fervent croyant, pas du tout le pire persécuteur antichrétien de son siècle et l'Union soviétique le défenseur sourcilleux de la Foi, pas du tout une puissance à l'athéisme officiel et militant ) Et en version pas pour les enfants, ça peut donner ça Certes, on m'objectera que la guerre éclair initiée le 24 février, pour l'instant ça a été plus je me vautre façon invasion de la Finlande 1939-40 que je libère et je conquiers tout façon 1945 en Allemagne et en Chine. Sans doute, mais justement... tout avait commencé par le vautrage en Finlande... il y a un temps pour tout Après, le virage totalitaire achevé et la mobilisation de la société, c'est seulement un risque et une simple éventualité pour l'instant. A mon avis, Poutine pourra remporter la victoire qu'il veut en Ukraine sans avoir besoin de se transformer tout à fait en un Staline conservateur et chrétien, oppresseur et messianique, guerrier et revanchard. Mais je peux me tromper Or jamais les USA n'ont voulu cela et ont tout fait pour au contraire : - financer une opposition répondant à leurs souhaits ( qu'on ne me dise pas que cela est normal alors que certains critiques quand la Russie fait la même chose = - menacer la Russie ( bouclier anti-missile soit disant contre 'Iran mais dirigé vers la Russie ) - élargissement de l'OTAN pour se rapprocher de plus en plus de la frontière Russe et y placer des installations / soldats US - Le rapport annuel de la CIA qui désigne continuellement la Russie comme étant la première menace pour les USA - etc..... Tout cela sont des faits, pas des hypothèses ou affabulation de ma part. Ce sont des faits, mais il faut les remettre dans leur contexte : - La CIA se vante en 1996 d'avoir fait réélire Eltsine, ce qui aidera le désordre sanglant des années 1990 à perdurer ==>Mais c'est le peuple russe (une partie d'entre eux) qui résiste au pouvoir croissant de Poutine dans les années 2010 et dénonce corruption et manque de démocratie - Les Etats-Unis sortent du traité ABM en 2002 parce qu'ils imaginent avec leurs antimissiles pouvoir limiter et à terme annuler la capacité russe de frappe en second (et la chinoise, la française...) ainsi s'asssurer la capacité de ravager n'importe quel pays sans qu'il puisse riposter, donc la domination militaire mondiale ==>Mais ils échouent complètement, leurs défenses sont si inefficaces qu'elles ne peuvent même pas garantir de protéger leur territoire contre une poignée d'intercontinentaux nord-coréens quand ils seront au point - L'OTAN est élargi sans doute, même si c'est aussi parce que les Centre-Européens le veulent ardemment ==>Mais les installations américaines y sont somme toute limitées (une poignée de missiles en Pologne et en Roumanie qui ne changent rien à l'équilibre global), les déploiements n'y sont que par rotation et d'ailleurs en réaction à la crise en Ukraine. Et les levées de bouclier derrière le rideau, en Europe mais aussi aux Etats-Unis, assurent que l'intégration de l'Ukraine est reportée aux calendes grecques Bref, il y a bien des faits. Mais ils sont soit dépassés et annulés par la suite, soit d'impact en fait limité et parfaitement gérable sur la sécurité de la Russie. Des irritants, tout au plus. Sauf bien sûr à vouloir les prendre comme prétexte d'une restauration impériale et historique, voire pour certains spirituelle. Concernant l'Ukraine et ce qui se passe actuellement, pour moi, les russes ont appris que les USA allaient faire quelque chose permettant l'installation de troupes US en Ukraine. Cela en cours depuis l'arrivée de Biden qui, c'est bien connu, est russophobe. Il n'y a aucune source à ma connaissance comme quoi Washington aurait envisagé de stationner des troupes en Ukraine, et pas mal de raisons de penser le contraire, notamment : - Après l'évacuation en catastrophe de l'Afghanistan, la direction américaine avait plutôt envie de limiter leurs engagements et se concentrer sur la politique interne - En ce qui concerne la politique extérieure, ils veulent se recentrer sur l'Asie-Pacifique, pas sur l'Europe - La population américaine en a vraiment marre des engagements inconsidérés - c'est d'ailleurs pour les rassurer que Biden a répété à l'avance "Oh non pas un seul soldat en Ukraine oh là là !" -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Moi je vois quelqu'un qui veut qu'on le supplie ! Je n'irai pas jusqu'à cette extrémité. Mais enfin à mon que tu n'utilises le mot Illuminati (*) je te promets de ne pas me moquer (*) Tout le monde sait que seuls les Reptiliens sont réels -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est un scénario possible... si les Ukrainiens disposent de ressources infinies. En réalité bien sûr, l'état de leurs ressources n'est pas connu, mais elles ne sont certainement pas sans limités. Et l'aide américano-européenne ne peut pas tout. Leurs deux avantages inattaquables sont le moral, vu leur position d'agressé, et la communication de guerre qui est impressionnante. Mais il n'est pas certain que cela suffise. C'est clair, Poutine est le décisionnaire. Ça n'empêche pas que la chute de son régime est une éventualité que la présente guerre, et je parle de la guerre économique que font les Américano- Européens contre la Russie, éloigne et non rapproche. Effet classique des guerres économiques visant une économie nationale, c'est à dire une population, dans l'espoir de la retourner contre son dirigeant. Observé une fois de plus dans ce cas. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Les forces russes au nord de Kiev ont été retirées non seulement parce que la conquête de Kiev semblait finalement irréaliste et/ou trop coûteuse, mais aussi afin de renforcer les forces autour du Donbass et d'avancer avec un objectif à la fois au lieu de plusieurs en même temps. S'il s'était simplement agi d'arrêter, pas d'attaquer ailleurs, Moscou aurait pu faire passer ses forces en mode défensif, éventuellement avec un repli minimaliste vers des positions plus facilement défendables. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Lavrov : la Russie n'a pas l'intention d'utiliser des armes nucléaires en Ukraine "à ce stade" "A ce stade, nous envisageons l'option des armes conventionnelles", a déclaré M. Lavrov, répondant à une question connexe d'un journaliste. Nous voilà rassurés Bon cela dit, c'est logique. Même si l'offensive commencée hier se passe mal pour la Russie, et si Poutine décide d'escalader, il y a encore plusieurs barreaux à l'échelle d'escalade avant d'en arriver au nucléaire, ou même au chimique. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est pas des opérations militaires ? Ben si, en un sens, parce que la communication et la propagande font bien partie des opérations de guerre. Et parce que les organisateurs de l'opération militaire spécialie se sont vraiment vautrés sur ce sujet - tandis que du côté ukrainien on déniche quelques perles Voici un extrait d'un dessin animé soviétique de 1973, redécouvert tout récemment, et que les Ukrainiens se partagent... tandis qu'en Russie, le pouvoir paraît-il tente de le censurer et faire disparaître. Ce sont des enfants qui à bord du sous-marin "Neptune" explorent les fonds marins et découvrent une épave... sur laquelle est écrit un code ô combien mystérieux Une résonance avec l'actualité, vous dites ? -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Dénecé se décrédibilise, on est d'accord. Cela dit si l'on parle non de la guerre en Ukraine, mais plus généralement de la position de la France - et on est donc HS donc j'arrête juste après cette remarque - je crois utile d'écouter la position de De Gaulle sur le sujet La politique la plus coûteuse, la plus ruineuse, c'est d'être petit -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
@Delbareth Mettre en garde contre la propagande euro-américaine, qui certes existe, d'accord. Arguer que les actions du "camp d'en face" avant l'invasion du 24 février ne doivent pas être oubliées, oui. Mais rien que dans les premières minutes déjà plusieurs gros désaccords ou erreurs factuelles "Poutine va probablement arriver à ses buts de guerre dans les semaines qui viennent" C'était le 27 mars, et non il est très improbable que Poutine parvienne à ses buts de guerre - Donbass entier, destruction de l'armée ukrainienne notamment Azov et/ou accord de démilitarisation et "dénazification", accord de neutralité de l'Ukraine - d'ici fin avril / mi-mai. Peu de chance que la bataille du Donbass soit très rapide, refus des Ukrainiens de la plus grande part des conditions de paix russes "C'est ni plus ni moins que ce qu'il demandait avant le 24 février" Non, les propositions d'accord envoyées par Moscou à Etats-Unis et OTAN en décembre 2021 incluaient certes la neutralité de l'Ukraine, mais pas sa "dénazification", pas l'entièreté du territoire du Donbass pour RPD et RPL, pas la démilitarisation de l'Ukraine non plus "(en 2003) les Américains ont mis quand même plusieurs mois pour conquérir Bagdad" Non, ils ont conquis l'ensemble du pays en 4 semaines "les Russes en veulent beaucoup à la France pour l'histoire des deux navires Mistral" Ils cachent bien leur jeu alors, puisque ça fait des années qu'ils n'en parlent plus ... J'ai arrêté là bb -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Pour comprendre cette logique, je crois utile de remettre le lien que j'avais déjà inséré une dizaine de jours avant le début de l'invasion vers un entretien avec le président finlandais au sujet de ses nombreuses rencontres avec Vladimir Poutine. Il y exposait d'ailleurs de manière très intéressante son impression d'un changement brutal d'attitude de Poutine qu'il datait de l'automne 2021 - mais on en a déjà parlé il y a deux mois Je pense aujourd'hui à cet extrait DER SPIEGEL : La Russie veut-elle exclure la Finlande de l'OTAN ? Niinistö : Je pense que la situation est la même qu'en 2016. À l'époque, Poutine avait déclaré en réponse à une question d'un journaliste finlandais : Lorsque nous regardons de l'autre côté de la frontière maintenant, nous voyons un Finlandais de l'autre côté. Si la Finlande rejoint l'OTAN, nous verrons un ennemi. C'était très clair. La logique est lumineuse en effet. "OTAN = ennemi", donc un pays qui rejoint l'OTAN devient par ce fait même un ennemi. On peut certes contester l'hypothèse sous-jacente, qui est que tout pays entrant dans l'OTAN se porte volontaire pour se placer sous le contrôle des Etats-Unis, or comme les Etats-Unis sont un ennemi de la Russie... le pays entré dans l'OTAN l'est devenu aussi. Mais la conclusion "Suède et Finlande deviendront des ennemis si elles choissent d'entrer dans l'OTAN" découle en effet directement de cette hypothèse ==> Pas d'erreur de logique ! Une éventuelle erreur sur l'hypothèse, certes... -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Les attentats de Daech en 2015-16 sur le territoire national étaient pensés par les djihadistes comme une riposte à l'engagement de la France contre l'Etat islamique à partir de septembre 2014, c'est tout à fait exact. Pourquoi la comparaison avec la situation actuelle entre Ukraine et Russie ne tient cependant pas : - L'action de la France avec ses avions et ses forces spéciales en Irak, au côté de tout un tas d'autres nations, était destiné à défendre l'Irak contre une agression. Il s'agissait d'une action défensive. - Tandis que l'action de la Russie en Ukraine à partir du 24 février 2022 est une agression caractérisée contre un Etat, sans que cet Etat ait lui-même agressé au préalable - la guerre "mal éteinte" du Donbass 2015-2022 ne peut pas être sérieusement comparée avec une agression en cours, même quand comme moi on pense que la responsabilité principale de la non-application des accords de Minsk II est du côté de Kiev plutôt que du côté séparatiste / russe. Bon il a comparé les Ukrainiens avec des Nazis (tous, pas 1 ou 2% ce qui pourrait à la limite se défendre) ... -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Au contraire, c'est plutôt génial -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Pas possible, ça. Steven Seagal, de Piège en haute mer, continue à soutenir Poutine Ça, c'est facile. Martin McFly lui, il soutient les Ukrainiens Bon, sur ce, je me dirige vers la porte -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Et le plus gros navire perdu au combat par l'URSS / la Russie depuis le croiseur Marat coulé par Hans Rudel en 1941 A propos de débarquement, je soupçonne que la perte du Moskva sous l'impact d'une poignée de Neptun ukrainiens n'a pas été observée avec trop de plaisir par Monsieur Xi. Précisions qu'en chinois de Taiwan, "Neptun" se dit Hsiung Feng III. Sauf que ce dernier missile semble nettement plus avancé que son congénère ukrainien, lequel est après tout un simple parallèle de l'Exocet - et pourtant déjà plutôt efficace si adroitement utilisé. Donc pour la réunification de Taiwan avec la Mère Patrie par la force les bisous militaires spéciaux, il pourrait être prudent d'attendre. Bon, pour nous c'est mieux, au moins on n'aura pas besoin de navires J'hésite pour ma part entre l'espoir et l'inquiétude suite à cette action d'éclat, avec une prime à l'inquiétude tout de même - L'espoir serait que cette perte contribue à convaincre Poutine qu'il est temps d'arrêter les frais et de se contenter d'une victoire certes notable mais limitée. Par exemple, "le Donbass et c'est marre" ou quelque chose de ce genre - L'inquiétude serait que cette perte trouble moins l'opinion et la direction russe qu'elle ne les radicalise davantage, sur le mode "Pas d'autre choix". Cet extrait de la réaction sur un plateau de télé russe à l'annonce de la perte du Moskva - sous-titrage en anglais inclu - vaut le détour ... On appréciera à sa juste valeur l'intervenant qui déclare que puisque l'Ukraine a attaqué le Moskva, il faut leur faire la guerre (c'est vrai que jusqu'ici c'est seulement une "opération spéciale"). Et encore la présentatrice qui soutient que quoiqu'il n'y ait pas de guerre (seulement une opération spéciale), il y a quand même la troisième guerre mondiale qui a déjà commencé. Et qu'il faudrait bombarder les livraisons d'armes occidentales à l'Ukraine... Alors d'un côté ce pourrait être une simple hystérie, et beaucoup de contributeurs Twitter se marrent. Mais ça pourrait aussi être une préparation de la population à. Je pose là aussi l'article de cette spécialiste de la Russie le 5 avril « Même si les Russes ne voulaient pas de cette guerre, ils attendent de leur président une victoire militaire convaincante » (...) « Les Russes veulent-ils la guerre ? » Ainsi commence une célèbre chanson soviétique, devenue symbole du pacifisme dans le pays qui a subi les plus grandes pertes humaines lors de la seconde guerre mondiale. Pourtant, si le conflit que Vladimir Poutine livre à l’Ukraine horrifie une partie des Russes et pousse certains d’entre eux à protester ou à fuir à l’étranger, beaucoup semblent la soutenir. (...) Ce culte de la victoire contre le fascisme et le nazisme fédère largement les Russes : la question de l’Ukraine, où certains mouvements nationalistes avaient collaboré avec les nazis, se révèle particulièrement sensible. De cette guerre, la société russe tire deux « enseignements », que le Kremlin instrumentalise à des fins de consolidation politique. Premièrement, la Russie doit être prête à défendre – s’il le faut manu militari – sa place de puissance victorieuse dans l’ordre mondial dont l’Occident chercherait sans cesse à l’évincer. L’élargissement de l’OTAN est perçu comme une menace militaire directe ; celui de l’Union européenne ainsi que le partenariat oriental, comme un empiètement sur sa zone d’influence traditionnelle et des tentatives de détacher les anciennes républiques soviétiques de la Russie pour l’affaiblir. Enfin, les opérations occidentales en ex-Yougoslavie, en Irak ou en Libye qui ne visaient pas directement la Russie ou les ex-républiques soviétiques ont convaincu Moscou qu’il en serait la cible un jour ou l’autre. De plus, la puissance qui a vaincu le Mal absolu ne mènerait que des guerres justes qu’elle ne pourrait que gagner. (...) Même si les Russes ne voulaient pas de cette guerre de Poutine contre l’Ukraine, ils s’y préparaient et ils attendent aujourd’hui de leur président une victoire militaire convaincante qui en justifierait le coût humain et économique. (...) Vaguement réformateur et occidentaliste à ses débuts, Poutine fait basculer aujourd’hui son régime autoritaire dans le totalitarisme en éliminant les derniers foyers d’expression libre et en interdisant jusqu’à l’emploi du mot « guerre ». Toutes ces cordes sensibles ont formé un nœud autour de l’Ukraine : rétablissement de la grandeur, lutte contre le nazisme, rejet multiforme de l’Occident… Les Russes se laissent facilement convaincre que leur pays a été poussé à la guerre contre l’Ukraine, et que Moscou n’avait pas d’autre choix. La guerre fait monter en flèche la popularité de Poutine, qui a connu des pics semblables pendant les conflits militaires précédents, que ce soit en Tchétchénie, en Géorgie ou en Ukraine. Le temps montrera si le nouveau contrat social – grandeur nationale contre loyauté inconditionnelle – résistera à la dégradation des conditions économiques. Par le passé, le peuple russe a démontré à plusieurs reprises sa capacité d’unité et de résilience. Les sanctions occidentales sont perçues comme une véritable guerre économique et la preuve tangible que l’Occident cherche bel et bien à détruire la Russie. Il est probable que les germes du ressentiment russe survivent même à Poutine, dont l’époque pourrait à son tour laisser derrière elle ses propres nostalgiques de la grandeur nationale et de la main forte. -
Dissuasion nucléaire européenne, voire allemande ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Dissuasion nucléaire
Moi j'veux bien, mais à une condition, c'est que la France les donne aux Allemands, et que ce soit eux qui les donnent à l'Ukraine. Oui, je m'inspire de nos amis polonais au moment de l'affaire des MiG-29 -
Dissuasion nucléaire européenne, voire allemande ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Dissuasion nucléaire
Monsieur Trump avait réussi à susciter un débat en Allemagne sur une éventuelle dissuasion nucléaire européenne - à l'époque on avait même interrogé faudrait-il une dissuasion nucléaire allemande ==>Voir le premier post du présent fil Puis ce débat s'est assez rapidement perdu dans les sables, parce que Trump était quand même plus un fort en gueule voire un braillard qu'un vrai réformateur, parce que le poids des habitudes quand même, et parce que le nucléaire comme chacun sait c'est mal Monsieur Poutine a réussi à ranimer un peu ce débat allez savoir comment - il aurait fait un truc le 24 février ? Une enquête s'impose En effet, le Spiegel allemand a publié un long article "Une Bombe européenne ?", à la version allemande duquel je n'avais pas accès. Mais il vient d'être publié en accès libre dans la partie anglaise du site. Bon, c'est intéressant à lire, mais... comment dire... on n'est pas rendus ! Oui, parce qu'il faut peut-être commencer par cette citation pour bien comprendre le problème de ce texte L'un des problèmes est que le nombre d'experts en armes nucléaires est très faible, même dans les ministères spécialisés, explique Brose, de l'Académie fédérale de politique de sécurité. "Ca c'est vrai, ça !" aurait dit la Mère Denis Ce texte contient un certain nombre de... hmmm disons déclarations surprenantes Qui pourraient éventuellement avoir quelque lien avec une expertise limitée. Faut-il en rire ou en pleurer ? Petit poke à @Patrick au passage, et un conseil amical, prévoir une tisane avant lecture pour le calme... ou alors une bonne bière pour la franche rigolade, suivant l'humeur Allez, on y va. Et on commence par un rappel historique, et quelques remarques de bon sens (...) La ministre des affaires étrangères, Annalena Baerbock, a promis d'élaborer d'ici la fin de l'année une stratégie de sécurité nationale qui reflète les intérêts de l'Allemagne. Il est étonnant de constater que Berlin n'a jamais eu une telle stratégie auparavant. (...) Une fois de plus, semble-t-il, le penchant du gouvernement allemand pour le déni de la réalité s'affiche pleinement. "J'ai trouvé choquante la passivité allemande à l'égard de Donald Trump lorsqu'il a été élu président en 2016", déclare Max Bergmann du Center for American Progress. (...) Il n'est pas complètement absurde de penser que Trump pourrait mener une campagne explicitement anti-OTAN et qu'elle pourrait même être couronnée de succès. Jusqu'ici, tout va bien. Mais bientôt, il est question des F-35 Face à l'invasion de l'Ukraine par Poutine, le gouvernement allemand a au moins décidé de passer une commande de chasseurs américains F-35. Ils ont la capacité de faire voler des ogives américaines profondément en territoire ennemi. "La dissuasion nucléaire de l'OTAN doit rester crédible", a déclaré Mme Baerbock. Que transporter des bombes américaines sous F-35 soit mieux que rien du tout pour Berlin, ça pourrait encore s'entendre oui. Mais voilà : - Les F-35 ne peuvent pas aller "profondément en territoire" russe, ne serait-ce que pour des raisons de rayon d'action et de distance à la Russie (à part Kaliningrad, soit) - Quant à la crédibilité de "bombes à gravitation", c'est-à-dire des bêtes trucs qu'un avion lâche sous lui façon 2ème guerre mondiale, voire la 1ère en fait ... Les Français ne considèrent pas que les ASMP-A, missiles de croisière supersoniques furtifs puissent rester suffisamment crédibles et veulent les remplacer à partir de 2035, et une bombe à gravitation resterait crédible en 2040 ! Et on parlera tant qu'on veut de la furtivité de l'avion porteur, elle ne s'étend pas à l'infrarouge, pas non plus à toutes les longueurs d'onde, pas davantage aux radars passifs... bref sans être tactiquement inutile ça n'a rien d'une baguette magique L'article continue en répétant plus ou moins les arguments de la minorité des Allemands qui étaient intéressés par l'offre française de réfléchir à une dimension européenne de la dissuasion française. Certainement pas à la place de l'OTAN, ni même avec objectif d'autonomisation, attention, il s'agirait juste de préparer un plan B à tout hasard Le parapluie nucléaire européen ne serait en aucun cas une fin en soi, mais plutôt une sorte de police d'assurance au cas où l'OTAN ne serait plus fiable. En aucun cas, nous voilà rassurés. Seulement voilà, il y a des obstacles. D'abord : La France possède un peu moins de 300 têtes nucléaires. En théorie, c'est suffisant pour une dissuasion efficace. Mais ces ogives ne peuvent être livrées que par quatre sous-marins, dont deux seulement sont généralement disponibles. Les experts en sécurité doutent qu'une flotte aussi minuscule suffise à convaincre Poutine que l'Europe peut répondre à une attaque nucléaire par une salve de représailles destructrice Ah ça c'est de l'expertise ma bonne dame ! Vous en reprendrez bien un kilo ? Donc quelque chose comme 2 x 80 explosions nucléaires, chacune d'environ 100 kt, ça ne serait pas une "salve de représailles destructrice" ? Ou bien c'est le point de la discrétion des sous-marins qui n'est pas suffisamment bien compris ? Continuons, mais asseyez-vous d'abord quand même Le fait que la France ne dispose que d'armes nucléaires stratégiques complique encore les choses. Un missile français M51 peut contenir jusqu'à six ogives, chacune ayant une force explosive de 100 kilotonnes de TNT, soit huit fois plus que la bombe que les États-Unis ont fait exploser au-dessus d'Hiroshima le 6 août 1945. La Russie, quant à elle, dispose également d'armes tactiques plus petites, qui peuvent être utilisées pour forcer un adversaire à se rendre - une approche que les experts militaires occidentaux appellent "escalader pour désescalader". (...) Jusqu'à présent, l'arsenal nucléaire français n'a pas développé la capacité de le faire. "S'ils veulent dissuader efficacement un pays comme la Russie, ils doivent disposer d'options flexibles", déclare Oliver Thränert, qui dirige le Centre d'études de sécurité de l'ETH Zurich. Voilà bien un autre problème, c'est que l'ASMP-A n'existe pas ! Et il sera encore moins remplacé par l'ASN4G évidemment ! C'est vous dire s'il y a une lacune, car enfin comment dissuader une attaque nucléaire "trop petite", hein ? Heureusement qu'il y a des experts comme M. Thränert pour poser la question ! Celle-là, elle est vraiment jolie. Mais continuons, pendant qu'on y est ? L'article expose la question de la chaîne de commande, il est vrai cruciale, et liée à la question de la crédibilité d'une dissuasion nucléaire. La France est-elle vraiment prête à menacer d'utiliser des armes nucléaires en cas d'attaque contre la Pologne ou la Lettonie ? Ou même à les utiliser ? À l'instar de la règle de l'OTAN, chaque membre de l'Union européenne est théoriquement obligé de se précipiter au secours d'un autre État membre s'il est attaqué. "Si un État membre est victime d'une agression armée sur son territoire, les autres États membres ont à son égard une obligation de secours et d'assistance par tous les moyens en leur pouvoir", indique l'article 42 du traité sur l'Union européenne. Mais si cela peut sembler puissant, cela pourrait aussi signifier que l'aide se limite à des couvertures et des bandages. Oui, la question de la crédibilité est en effet largement ouverte. Mais le texte manque complètement de remarquer qu'elle se pose tout autant avec le fameux article 5 du traité atlantique - lequel n'est pas plus engageant que le 42 du traité de l'UE ! Et puis - accrochez-vous - il y a quand même la question de Macron. Oui, parce que ce président est plutôt décevant quand même. Pas assez "européen", vous voyez Les Allemands ont eu des expériences plutôt mitigées avec Macron et les Français dans le passé. Les diplomates allemands à New York ont vu comment, d'un côté, Paris a publiquement chanté les louanges de la coopération européenne - pour ensuite repousser toute tentative de faire du siège français au Conseil de sécurité de l'ONU un siège européen partagé. Des sources dans les cercles de sécurité berlinois affirment que, jusqu'à présent, il n'y a pas eu de véritable offre de Macron pour le partage nucléaire. Oui, la France n'a pas tout de suite proposé de partager son siège au Conseil de sécurité. Elle n'a pas déjà offert le partage nucléaire à l'Allemagne ou à l'UE. C'est dire si Macron est un Européen assez douteux en fait ! Bon, les gens, comment dire... On est le 13 avril, et le modèle statistique de The Economist estime à 17% la probabilité que quelqu'un d'autre que Emmanuel Macron devienne président de la République. Perso je l'estimerais un peu plus haut, mais quoi qu'il en soit, Macron est le plus pro-européiste de tous les présidents de la République possibles en France. Et le candidat européiste le mieux placé après lui le 10 avril n'a pas atteint les 5% (Mme Pécresse) ! Et l'élection de 2022, même si le vainqueur est encore celui qu'on souhaite outre-Rhin, sera encore suivie d'une autre en 2027... Donc si vous n'êtes pas satisfaits juste parce que même lui n'est pas prêt à partager siège au CS et arme nucléaire tout de suite, je conseillerais de réfléchir un peu plus. L'article termine cependant sur une note un peu plus réaliste Si le président reste en fonction, "Olaf Scholz devra s'asseoir avec lui calmement après les élections et explorer ce qui est possible", déclare un consultant politique à Berlin Va falloir voir en effet. Si Macron est réélu, et si les minces velléités allemandes de déterrer le sujet sont suivies d'un quelconque effet, la première chose à faire serait d'étudier sérieusement le sujet !