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Alexis

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Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. Moi j'veux bien, mais à une condition, c'est que la France les donne aux Allemands, et que ce soit eux qui les donnent à l'Ukraine. Oui, je m'inspire de nos amis polonais au moment de l'affaire des MiG-29
  2. Monsieur Trump avait réussi à susciter un débat en Allemagne sur une éventuelle dissuasion nucléaire européenne - à l'époque on avait même interrogé faudrait-il une dissuasion nucléaire allemande ==>Voir le premier post du présent fil Puis ce débat s'est assez rapidement perdu dans les sables, parce que Trump était quand même plus un fort en gueule voire un braillard qu'un vrai réformateur, parce que le poids des habitudes quand même, et parce que le nucléaire comme chacun sait c'est mal Monsieur Poutine a réussi à ranimer un peu ce débat allez savoir comment - il aurait fait un truc le 24 février ? Une enquête s'impose En effet, le Spiegel allemand a publié un long article "Une Bombe européenne ?", à la version allemande duquel je n'avais pas accès. Mais il vient d'être publié en accès libre dans la partie anglaise du site. Bon, c'est intéressant à lire, mais... comment dire... on n'est pas rendus ! Oui, parce qu'il faut peut-être commencer par cette citation pour bien comprendre le problème de ce texte L'un des problèmes est que le nombre d'experts en armes nucléaires est très faible, même dans les ministères spécialisés, explique Brose, de l'Académie fédérale de politique de sécurité. "Ca c'est vrai, ça !" aurait dit la Mère Denis Ce texte contient un certain nombre de... hmmm disons déclarations surprenantes Qui pourraient éventuellement avoir quelque lien avec une expertise limitée. Faut-il en rire ou en pleurer ? Petit poke à @Patrick au passage, et un conseil amical, prévoir une tisane avant lecture pour le calme... ou alors une bonne bière pour la franche rigolade, suivant l'humeur Allez, on y va. Et on commence par un rappel historique, et quelques remarques de bon sens (...) La ministre des affaires étrangères, Annalena Baerbock, a promis d'élaborer d'ici la fin de l'année une stratégie de sécurité nationale qui reflète les intérêts de l'Allemagne. Il est étonnant de constater que Berlin n'a jamais eu une telle stratégie auparavant. (...) Une fois de plus, semble-t-il, le penchant du gouvernement allemand pour le déni de la réalité s'affiche pleinement. "J'ai trouvé choquante la passivité allemande à l'égard de Donald Trump lorsqu'il a été élu président en 2016", déclare Max Bergmann du Center for American Progress. (...) Il n'est pas complètement absurde de penser que Trump pourrait mener une campagne explicitement anti-OTAN et qu'elle pourrait même être couronnée de succès. Jusqu'ici, tout va bien. Mais bientôt, il est question des F-35 Face à l'invasion de l'Ukraine par Poutine, le gouvernement allemand a au moins décidé de passer une commande de chasseurs américains F-35. Ils ont la capacité de faire voler des ogives américaines profondément en territoire ennemi. "La dissuasion nucléaire de l'OTAN doit rester crédible", a déclaré Mme Baerbock. Que transporter des bombes américaines sous F-35 soit mieux que rien du tout pour Berlin, ça pourrait encore s'entendre oui. Mais voilà : - Les F-35 ne peuvent pas aller "profondément en territoire" russe, ne serait-ce que pour des raisons de rayon d'action et de distance à la Russie (à part Kaliningrad, soit) - Quant à la crédibilité de "bombes à gravitation", c'est-à-dire des bêtes trucs qu'un avion lâche sous lui façon 2ème guerre mondiale, voire la 1ère en fait ... Les Français ne considèrent pas que les ASMP-A, missiles de croisière supersoniques furtifs puissent rester suffisamment crédibles et veulent les remplacer à partir de 2035, et une bombe à gravitation resterait crédible en 2040 ! Et on parlera tant qu'on veut de la furtivité de l'avion porteur, elle ne s'étend pas à l'infrarouge, pas non plus à toutes les longueurs d'onde, pas davantage aux radars passifs... bref sans être tactiquement inutile ça n'a rien d'une baguette magique L'article continue en répétant plus ou moins les arguments de la minorité des Allemands qui étaient intéressés par l'offre française de réfléchir à une dimension européenne de la dissuasion française. Certainement pas à la place de l'OTAN, ni même avec objectif d'autonomisation, attention, il s'agirait juste de préparer un plan B à tout hasard Le parapluie nucléaire européen ne serait en aucun cas une fin en soi, mais plutôt une sorte de police d'assurance au cas où l'OTAN ne serait plus fiable. En aucun cas, nous voilà rassurés. Seulement voilà, il y a des obstacles. D'abord : La France possède un peu moins de 300 têtes nucléaires. En théorie, c'est suffisant pour une dissuasion efficace. Mais ces ogives ne peuvent être livrées que par quatre sous-marins, dont deux seulement sont généralement disponibles. Les experts en sécurité doutent qu'une flotte aussi minuscule suffise à convaincre Poutine que l'Europe peut répondre à une attaque nucléaire par une salve de représailles destructrice Ah ça c'est de l'expertise ma bonne dame ! Vous en reprendrez bien un kilo ? Donc quelque chose comme 2 x 80 explosions nucléaires, chacune d'environ 100 kt, ça ne serait pas une "salve de représailles destructrice" ? Ou bien c'est le point de la discrétion des sous-marins qui n'est pas suffisamment bien compris ? Continuons, mais asseyez-vous d'abord quand même Le fait que la France ne dispose que d'armes nucléaires stratégiques complique encore les choses. Un missile français M51 peut contenir jusqu'à six ogives, chacune ayant une force explosive de 100 kilotonnes de TNT, soit huit fois plus que la bombe que les États-Unis ont fait exploser au-dessus d'Hiroshima le 6 août 1945. La Russie, quant à elle, dispose également d'armes tactiques plus petites, qui peuvent être utilisées pour forcer un adversaire à se rendre - une approche que les experts militaires occidentaux appellent "escalader pour désescalader". (...) Jusqu'à présent, l'arsenal nucléaire français n'a pas développé la capacité de le faire. "S'ils veulent dissuader efficacement un pays comme la Russie, ils doivent disposer d'options flexibles", déclare Oliver Thränert, qui dirige le Centre d'études de sécurité de l'ETH Zurich. Voilà bien un autre problème, c'est que l'ASMP-A n'existe pas ! Et il sera encore moins remplacé par l'ASN4G évidemment ! C'est vous dire s'il y a une lacune, car enfin comment dissuader une attaque nucléaire "trop petite", hein ? Heureusement qu'il y a des experts comme M. Thränert pour poser la question ! Celle-là, elle est vraiment jolie. Mais continuons, pendant qu'on y est ? L'article expose la question de la chaîne de commande, il est vrai cruciale, et liée à la question de la crédibilité d'une dissuasion nucléaire. La France est-elle vraiment prête à menacer d'utiliser des armes nucléaires en cas d'attaque contre la Pologne ou la Lettonie ? Ou même à les utiliser ? À l'instar de la règle de l'OTAN, chaque membre de l'Union européenne est théoriquement obligé de se précipiter au secours d'un autre État membre s'il est attaqué. "Si un État membre est victime d'une agression armée sur son territoire, les autres États membres ont à son égard une obligation de secours et d'assistance par tous les moyens en leur pouvoir", indique l'article 42 du traité sur l'Union européenne. Mais si cela peut sembler puissant, cela pourrait aussi signifier que l'aide se limite à des couvertures et des bandages. Oui, la question de la crédibilité est en effet largement ouverte. Mais le texte manque complètement de remarquer qu'elle se pose tout autant avec le fameux article 5 du traité atlantique - lequel n'est pas plus engageant que le 42 du traité de l'UE ! Et puis - accrochez-vous - il y a quand même la question de Macron. Oui, parce que ce président est plutôt décevant quand même. Pas assez "européen", vous voyez Les Allemands ont eu des expériences plutôt mitigées avec Macron et les Français dans le passé. Les diplomates allemands à New York ont vu comment, d'un côté, Paris a publiquement chanté les louanges de la coopération européenne - pour ensuite repousser toute tentative de faire du siège français au Conseil de sécurité de l'ONU un siège européen partagé. Des sources dans les cercles de sécurité berlinois affirment que, jusqu'à présent, il n'y a pas eu de véritable offre de Macron pour le partage nucléaire. Oui, la France n'a pas tout de suite proposé de partager son siège au Conseil de sécurité. Elle n'a pas déjà offert le partage nucléaire à l'Allemagne ou à l'UE. C'est dire si Macron est un Européen assez douteux en fait ! Bon, les gens, comment dire... On est le 13 avril, et le modèle statistique de The Economist estime à 17% la probabilité que quelqu'un d'autre que Emmanuel Macron devienne président de la République. Perso je l'estimerais un peu plus haut, mais quoi qu'il en soit, Macron est le plus pro-européiste de tous les présidents de la République possibles en France. Et le candidat européiste le mieux placé après lui le 10 avril n'a pas atteint les 5% (Mme Pécresse) ! Et l'élection de 2022, même si le vainqueur est encore celui qu'on souhaite outre-Rhin, sera encore suivie d'une autre en 2027... Donc si vous n'êtes pas satisfaits juste parce que même lui n'est pas prêt à partager siège au CS et arme nucléaire tout de suite, je conseillerais de réfléchir un peu plus. L'article termine cependant sur une note un peu plus réaliste Si le président reste en fonction, "Olaf Scholz devra s'asseoir avec lui calmement après les élections et explorer ce qui est possible", déclare un consultant politique à Berlin Va falloir voir en effet. Si Macron est réélu, et si les minces velléités allemandes de déterrer le sujet sont suivies d'un quelconque effet, la première chose à faire serait d'étudier sérieusement le sujet !
  3. Après avoir été touchée en 1987 par deux missiles Exocet tirés par un chasseur irakien, la frégate américaine USS Stark était retournée en service... après des réparations estimées à plusieurs fois le prix neuf du navire. Une réaction d'orgueil - que certes les Américains pouvaient se permettre vu leurs budgets de défense faramineux. Une telle réaction d'orgueil est-elle envisageable pour le Moskva ? Je ne l'exclurais pas, même si elle serait stupide, surtout avec des budgets contraints et s'agissant d'un vieux navire. Mais bon, les décisions de Moscou depuis quelques temps ...
  4. Concernant la portée, je ne suis pas sûr que les Russes avaient vraiment le choix. Le Moskva était à Sébastopol le 10 avril paraît-il, alors que le Neptune est listé pour une portée maximale de 280 km. Or, depuis la pointe Sud de l'Ukraine près de la frontière roumaine la distance à Sébastopol n'est que de 290 / 300 km. Même en tenant compte du fait qu'on ne tire généralement pas à la portée maximale, le seul moyen de rester en dehors de portée en partant de Sébastopol est de ne pas faire plus de quelques kilomètres vers le nord ou l'ouest... il faut plutôt filer plein sud. Et alors, à quoi sert au juste un navire amiral de la Mer Noire s'il doit éviter le golfe d'Odessa ? A surveiller les abords du palais de Poutine à Guelendjik ? On en est au stade des spéculations, mais de mon côté je mettrais bien une pièce sur un satellite américain qui localise le Moskva - c'est que ce n'est pas tout petit - l'info qui est transmise aux Ukrainiens lesquels programment une trajectoire pour 4 Neptunes avec vol de croisière, recalage avec la dernière info du satellite, enfin allumage du radar dans les derniers 30 km, lorsque le missile devient détectable depuis le croiseur même en volant à 10 mètres... mais avec pas plus de 100 secondes restantes avant impact. Avec l'effet de surprise - voire peut-être l'effet "pris le pantalon sur les chevilles" - il suffit que la défense sol-air ne réussisse à abattre que 2 ou 3 missiles sur 4... pour qu'un incendie se déclare "inopinément". Voir la fiche du Neptune, dont la batterie transporte 4 missiles, qui a été testé en 2019 sur une "trajectoire complexe" avec vol à 10 mètres, qui inclut bien à la fois navigation inertielle / GPS et autodirecteur radar actif en final, et dont la Marine ukrainienne dispose bien en nombre limité depuis mars 2021. Quant au recalage en cours de trajectoire, si encore il en fallait ce qui n'est pas certain, une intégration parfaite avec un satellite américain n'y serait pas forcément nécessaire, ça peut être aussi du type coup de téléphone de l'opérateur de satellite à l'opérateur du missile "il est maintenant aux coordonnées tant et tant"
  5. Reste que ce qu'a dit Ignazio Cassis est faux "pas un seul pays souverain et démocratique du continent n'a été attaqué depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale" La Serbie, pays européen souverain et démocratique, a été attaquée par une coalition militaire en 1999, soumise à bombardements visant les infrastructures civiles avec milliers de morts à la clé, et l'une de ses provinces lui a été arrachée, les Serbes en étant ethniquement épurés. Il y a pourtant pas mal de choses à dire sur le comportement de la Russie en Ukraine ! Je trouve que ce n'est vraiment pas malin d'y rajouter un mensonge sur l'Histoire, ce qui gâche le message. Pas sûr que ce soit très malin de la part des Ukrainiens. Que le président allemand leur plaise ou non, ce n'est pas eux qui le choisissent, mais bien les Allemands. Déjà qu'ils ne sont pas vraiment portés à la guerre économique à outrance contre la Russie - et au ravage de leur propre industrie - ça ne risque pas de s'arranger.
  6. Les objectifs officiels, annoncés, de l'opération militaire spéciale de Moscou incluent également la neutralité de l'Ukraine et sa démilitarisation. Autant le second, encore plus que la "dénazification", peut prêter à diverses interprétations - entre simple déclaration que l'Ukraine est "démilitarisée" une fois qu'on lui a cassé suffisamment de matériel, et exigence d'un traité contraignant avec limites étroites façon Allemagne post-traité de Versailles - autant la neutralité est une condition claire et sans ambiguïté. Ca fait au total quatre conditions - frontières + "dénazification" + neutralité + démilitarisation - et voici ce que rapportait Vedomosti le 3 avril sur l'état des négociations sur ces quatre points Vedomosti a appris le contenu des discussions entre la Russie et l'Ukraine Elles concernent quatre domaines : le statut de pays non aligné, la taille de l'armée, la structure et les frontières du pays Les négociations entre la Russie et l'Ukraine ont été divisées en quatre domaines principaux (quatre "paniers"), a déclaré à Vedomosti une source familière avec certains aspects de ce processus. Une source proche de l'administration présidentielle en a également entendu parler. Le premier domaine concerne le statut de pays non aligné de l'Ukraine, et la question est de savoir si le pays doit rester neutre à l'avenir ou s'il peut devenir membre de l'OTAN. Après les négociations d'Istanbul le 29 mars, le chef de la délégation russe, l'assistant présidentiel Vladimir Medinsky, avait déjà déclaré que la partie ukrainienne acceptait le statut de neutralité du pays. Son homologue ukrainien, David Arahamiya, a également accepté avec quelques réserves. Cependant, il n'y a toujours pas d'accord sur la question des garanties d'un tel statut de non-aligné entre les parties, indique cet interlocuteur de Vedomosti : les Ukrainiens veulent des garanties de leur sécurité, qui ressembleraient à l'article 5 du traité de l'OTAN, c'est-à-dire la promesse d'une assistance militaire directe en cas de menace. Andrei Kortunov, directeur général du Conseil russe des affaires étrangères, affirme qu'il n'y a pas de désaccord fondamental sur le statut de non-aligné de l'Ukraine. Mais, a-t-il noté, des négociations sont actuellement en cours entre la Russie et l'Ukraine, et des garanties de sécurité doivent être fournies par plusieurs États, et on ne sait pas dans quelle mesure ils sont prêts à les fournir : "Mais si de telles garanties [comme l'article 5 du traité de l'OTAN] sont données, elles doivent passer par les parlements des pays garants, et il n'est pas certain qu'ils seront prêts à le faire. C'est-à-dire qu'il y a de nombreuses nuances à régler, conclut M. Kortunov. La semaine dernière, un porte-parole du gouvernement britannique a déclaré que des garanties pour l'Ukraine étaient possibles, mais pas les mêmes que si le pays était membre de l'OTAN. Le 3 avril, le président ukrainien Volodymyr Zelenski a également déclaré que les États-Unis n'avaient pas fourni au pays de "garanties de sécurité". Le deuxième domaine des négociations est la question de la démilitarisation et, en fait, des restrictions imposées à l'armée ukrainienne, a déclaré la source de Vedomosti. L'Ukraine insiste pour conserver le nombre actuel de troupes, alors que, selon la Russie, il devrait être plusieurs fois inférieur et dépourvu d'un certain nombre de systèmes à longue portée, poursuit-il. Selon M. Kortunov, la position de la Russie est que l'armée ukrainienne ne doit pas dépasser 50 000 hommes. Et l'Ukraine, selon l'expert, suggère de prendre l'exemple de la Finlande - pour estimer la taille de l'armée de ce pays et faire une corrélation avec la taille de sa population : "Et ce sont déjà des chiffres différents. La Finlande comptait 21 500 soldats pour 5,5 millions d'habitants en 2020 (l'Ukraine en compte plus de 42 millions), selon le manuel britannique Military Balance. La structure politique de l'Ukraine fait également l'objet de négociations, indique la source de Vedomosti. Il y a des désaccords sur cette question, reconnaît M. Kortunov, car la Russie insistera pour éliminer catégoriquement les groupes politiques de droite : Mais ce sont ces groupes qui offrent le plus de résistance à la Russie et sont actifs dans l'espace public en Ukraine. Le plus difficile, selon cette source, est le quatrième domaine de négociation - sur les frontières de l'Ukraine. Il n'y a aucun signe de compromis sur cette question, affirme l'interlocuteur de Vedomosti. La partie russe a déclaré publiquement à plusieurs reprises que sa position est que la Crimée est russe et que ce statut n'est pas négociable, tout comme la reconnaissance de l'indépendance des républiques du Donbass à l'intérieur des frontières des oblasts de Louhansk et de Donetsk. Parallèlement, certains signes indiquent que des autorités locales sont en train d'être mises en place dans l'oblast de Kherson et dans certaines parties de l'oblast de Zaporizhzhya, notamment avec le soutien de la Russie. La partie ukrainienne, quant à elle, exige le retrait des troupes russes jusqu'à la ligne du 23 février. Les domaines décrits couvrent l'ensemble des questions nécessaires à un règlement pacifique, et un accord politique ne sera pas possible sans leur résolution, a déclaré Fyodor Lukyanov, chef du Conseil de la politique étrangère et de défense : "La solution dépendra entièrement du résultat des opérations militaires, qui sont maintenant concentrées sur un certain territoire - le soi-disant Donbass Plus". Sur la base de leurs résultats, il sera possible d'évaluer lesquelles des options discutées lors des discussions sont applicables, estime l'expert. Il cite en exemple la question territoriale sur laquelle il ne peut y avoir de compromis sans succès ou défaite militaire. Selon une source proche de l'administration présidentielle, Vedomosti, "les accords sur l'un des domaines ne sont pas valides isolément, et un échec dans l'un d'entre eux gâchera le résultat". Mais ce processus ne sera probablement pas rapide, car "aucun des quatre blocs ne fonctionnera sans un changement complet des autorités en place" en Ukraine, indique Vedomosti. Selon une source de la Douma, les succès obtenus par l'opération spéciale militaire peuvent contribuer à l'efficacité des négociations. Il a indiqué que le ministre des affaires étrangères, Sergey Lavrov, avait auparavant parlé des progrès réalisés dans les négociations sur le statut non aligné et non nucléaire de l'Ukraine. "Nous avons déjà dit que nous ne voulons pas commenter le contenu des négociations", a déclaré à Vedomosti le porte-parole de la présidence, Dmitri Peskov. Un porte-parole du ministère des affaires étrangères n'a pas répondu à la demande de Vedomosti au moment de l'impression de ce numéro. En fait, il n'y a encore d'accord sur aucun de ces quatre points Ni l'Ukraine n'a choisi de céder, ni la Russie n'a choisi d'en rabattre de ses exigences. Non seulement il semble évident qu'il n'y a pas encore eu de décision au sens militaire sur le terrain, mais c'est ouvertement assumé, voir les propos de Fyodor Lukyanov plus haut : "La solution dépendra entièrement du résultat des opérations militaires" Ca veut dire "On continue jusqu'à ce qu'en face ils soient découragés". Quant aux Ukrainiens, ils pensent probablement la même chose. ==>Que Poutine soit intéressé à un succès "montrable" pour le défilé du 9 mai, ou qu'il s'en fiche pas mal... de toute façon, la guerre ne s'arrêtera pas le 9 mai, mais bien lorsque l'un ou l'autre des protagonistes se sentira contraint et forcé de céder
  7. (Bon c'est pas exactement des répercussions, mais c'est quand même plutôt un sujet général. Donc je le mets ici) C'est aujourd'hui la journée de l'astronautique, anniversaire du 12 avril 1961 le premier vol spatial humain par Youri Gagarine. Le député Serguei Mironov rappelle le souvenir du premier homme dans l'espace, et dit sa joie et sa fierté que la Russie se soit relevée, comme certainement Gagarine l'aurait voulu "Journée de l'astronautique ! La phrase "Youri, je suis désolé, nous avons tout perdu" n'est plus d'actualité. Nous n'avons plus aucune raison de demander pardon à Youri Alekseïevich. Je suis sûr que maintenant, il serait plus que jamais fier de son pays. La Russie s'est relevée des tranchées pour un monde nouveau - pour le monde russe, pour notre liberté, pour le bien !" Cependant, Kira Yarmich, secrétaire de presse d'Alexei Navalny, a eu communication d'un enregistrement récent de Gagarine. Car oui, le premier homme dans l'espace, retourné depuis quelque décennies déjà dans le ciel - enfin au Ciel - a reçu l'autorisation de téléphoner en ce bas monde !
  8. Texte "de fond" mais utile je crois pour appréhender la situation présente. Rappelé par JD Merchet aujourd'hui Voici le passage complet dans le texte d'origine. Ecrit par Romain Rolland, Au-dessus de la mêlée a été écrit le 15 septembre 1914. On entend, une fois de plus, le refrain séculaire : « Fatalité de la guerre, plus forte que toute volonté », — le vieux refrain des troupeaux, qui font de leur faiblesse un dieu, et qui l’adorent. Les hommes ont inventé le destin, afin de lui attribuer les désordres de l’univers, qu’ils ont pour devoir de gouverner. Point de fatalité ! La fatalité, c’est ce que nous voulons. Et c’est aussi, plus souvent, ce que nous ne voulons pas assez. Qu’en ce moment, chacun de nous fasse son mea culpa ! Cette élite intellectuelle, ces Églises, ces partis ouvriers, n’ont pas voulu la guerre… Soit !… Qu’ont-ils fait pour l’empêcher ? Que font-ils pour l’atténuer ? Ils attisent l’incendie. Chacun y porte son fagot. Le trait le plus frappant de cette monstrueuse épopée, le fait sans précédent est, dans chacune des nations en guerre, l’unanimité pour la guerre. C’est comme une contagion de fureur meurtrière qui, venue de Tokio il y a dix années, ainsi qu’une grande vague, se propage et parcourt tout le corps de la terre. À cette épidémie, pas un n’a résisté. Plus une pensée libre qui ait réussi à se tenir hors d’atteinte du fléau. Il semble que sur cette mêlée des peuples, où, quelle qu’en soit l’issue, l’Europe sera mutilée, plane une sorte d’ironie démoniaque A méditer.
  9. Disons plutôt que l'Ukraine pourrait devenir un nouveau pays candidat dès cette année. ... D'ailleurs, la Turquie est pays candidat depuis 1987 "Politique" de communication, affichage et concours de vertu. Je pense que certains "responsables" gagneraient parfois à être plus sérieux ... Ne pas oublier que la Turquie fournit certes des drones TB-2 - en nombre limité tout de même - mais c'est aussi le seul pays de l'OTAN qui ne sanctionne pas la Russie, qui ne s'associe pas à la guerre économique contre elle Ca aide, pour être intermédiaire Morawiecki est bien gentil, mais ses critiques sur la communication avec Poutine qu'il faudrait refuser, car "on ne négocie pas avec Hitler", ce n'est pas à la France qu'il faut qu'il les adresse. Mais à l'Ukraine ! Car Kiev négocie bien avec Moscou. Et heureusement. Qu'il aille faire la leçon à Zelensky, et nous en reparlerons.
  10. Ca ne va tout à fait bien ni dans un fil sur la guerre ni dans l'autre. Je le mets dans celui-là quand même parce que c'est assez général. J'ai plus d'une fois posté des articles du Gorafi que je trouvais drôles. Cette nouvelle-là pourrait être issue du Gorafi. Et pourtant non Je ne sais pas quoi dire. Comment un pouvoir peut-il aller aussi loin dans la caricature de lui-même ? Voici la porte-parole du MAE russe Maria Zakharova qui donne un exemple du nazisme culinaire des Ukrainiens Les Ukrainiens voulaient revendiquer le bortsch comme étant le leur et uniquement le leur et ne voulaient pas le partager avec d'autres. Pour Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, il s'agit de "xénophobie, d'extrémisme et de nazisme" ... Je ne sais pas si c'est plus comique que sanguinaire, ou plus tragique que ridicule ? « L'extravagance est un privilège du réel » (Bussy-Rabutin)
  11. On peut aussi citer certains mauvais traitements contre des Allemands résidents en France pendant la première guerre mondiale, ou pire encore l'internement des Américains d'origine japonaise pendant la seconde guerre mondiale... Risque de dérapages sérieux. Je ne pense pas tellement à la France, mais plutôt aux pays plus proches de la guerre. C'est là qu'on voit que AD c'est vraiment chouette ! Poutine fait un discours important le 16 mars... Dès le 3 avril, le Grand Continent publie une traduction commentée ==>Délai = moins de 3 semaines Oui, mais... Dès le 16 mars, Air-Defense avait déjà publié la traduction commentée des principaux extraits ==>Délai = moins d'1 journée ! Je crois qu'il y au moins une autre possibilité : un conflit "gelé", "cessez-le-feu" qui dure, voire conflit "semi-gelé". Personne n'a accepté la situation en tant que telle, mais personne ne fait de gros efforts pour la changer. En version calme, la Transnistrie. Plus sanglante, le Donbass 2015-22. Encore plus, le Haut-Karabakh. Version géante, la frontière entre les deux Corée. Je ne dis pas que c'est souhaitable, je pense le contraire, mais... ça s'est vu pas mal dans l'espace post-soviétique Le « détail qui tue » au sujet de Sergueitsev c’est sa nationalité. Ce Monsieur est ukrainien. Si. C’est un projet stalinien, refaire en Ukraine ce que l’URSS a fait après 1945 en Pologne, Tchécoslovaquie, ainsi qu’en RDA, mais au nom du nationalisme grand-russe plutôt que du communisme : – Liquidation de l’ensemble des combattants ukrainiens, – Liquidation de l’élite prétendument « nazie » c’est-à-dire l’ensemble des dirigeants, intellectuels etc. liés à l’idée d’indépendance ukrainienne et/ou de rapprochement avec l’Occident, – « Souveraineté limitée » avec « rééducation » du peuple pendant une génération Sergueitsev est un commentateur, pas un idéologue officiel. Reste que le média tout ce qu’il y a de plus officiel qu’est RIA Novosti publie ce genre de texte. C’est donc que sa vision est au moins une potentialité, vers laquelle pourrait se tourner le pouvoir russe. Anna Colin Lebedev – dont les écrits Twitter sont souvent très éclairants – pointait mardi un message Telegram de Medvedev l’ancien premier ministre, qui peut être décrit comme du « Sergueitsev light ». Voire même comme du Sergueitsev pas light du tout, mais simplement qui se contente d’énoncer les raisons, sans détailler trop les mesures… mais celles ci en découlent logiquement une fois acceptés les arguments. C'est donc beaucoup plus significatif que celui de Sergueitsev. Ça peut aussi être décrit comme des ballons d’essai. Ou le début d’une préparation du peuple par la propagande. Extraits : L'actuel radical ukrainien a également grandi derrière un banc d'école. Dans de belles chemises brodées et avec des pensées de haine pour tout ce qui est russe. Au lieu d'être fier des réalisations communes des ancêtres, depuis 1991, une pseudo-histoire de l'État ukrainien a été écrite "sur ses genoux" : le lien générationnel de la Rus' de Kiev avec les terres de Novgorod, Pskov et la Rus' de Vladimir-Suzdal a été "coupé". Au nom de la mythique "histoire de l'Ukraine" des XIVe-XVIIe siècles, l'idée d'une nation russe unie a été détruite. (...) La partie passionnée des Ukrainiens a prié pour le Troisième Reich pendant les 30 dernières années. Littéralement (...) Il ne faut pas s'étonner que l'Ukraine, qui s'est mentalement transformée en troisième Reich et dont les livres d'histoire sont remplis de Judas et de sbires nazis, subisse le même sort. Bon vent à l'Ukraine ! (...) lorsque Pavel Sudoplatov a assassiné le nationaliste Eugene Konovalts, en donnant poliment à cet amoureux de Rotterdam une boîte de bonbons avec une bombe à l'intérieur - "C'est un cadeau pour toi de Kiev". Il y aura beaucoup d'autres "cadeaux" de ce type pour les criminels nazis ! Le président russe Vladimir Poutine a fermement fixé l'objectif de démilitarisation et de dénazification de l'Ukraine. Ces tâches complexes ne peuvent pas être accomplies du jour au lendemain. Et elles ne seront pas seulement résolues sur le champ de bataille. L'objectif le plus important est de changer la conscience sanglante et pleine de faux mythes d'une partie des Ukrainiens d'aujourd'hui. L'objectif est la paix pour les générations futures d'Ukrainiens eux-mêmes et la possibilité de construire enfin une Eurasie ouverte, de Lisbonne à Vladivostok. Je comprends la réaction "Ils prennent quoi ?" Le rejet d'une idéologie aussi radicale, et à potentialités si inhumaines, est évidemment sain. Mais elle ne doit pas mener à sous-estimer ce qui se passe. Et le scénario impossible à exclure où ce projet serait vraiment appliqué. Pas "du jour au lendemain", certes. Pas d'une année sur l'autre. Ce serait un projet générationnel. D'ailleurs, si la Russie se lance vraiment dans ce projet, "les deux feront la paire". Pékin avec les Ouïghours, Moscou avec les Ukrainiens. Je pense le contraire. A mon avis, on sous-estime grandement : 1. la solidité du pouvoir de Poutine, 2. la solidité de l'économie russe, 3. la volonté de Moscou de soumettre l'Ukraine Je crains que cette affaire dure des années. En effet. D'ailleurs, qu'il s'agisse d'un fait exprès ou d'une conséquence imprévue, cette guerre mène justement à une rupture de plus en plus profonde, qui pourrait potentiellement aller jusqu'à être radicale, avec l'Europe de l'Ouest. ==>Cette guerre est le rêve des idéologues eurasianistes
  12. Euh, Pavel Sbitov est mort au combat le 12 mars 2022. C'est vraiment "earlier" en effet. Genre trois semaines plus tôt. Je trouve difficile de voir un lien de cause à effet entre la perte du commandant et la reddition des soldats, comme le sous-entend ce commentaire.
  13. Comparé à la somme de morts et de souffrances que représente cette guerre, cet événement pourra certes paraître relativement petit. Mais c'est quand même dommage ... Un couple ukrainien se sépare du fait d'une dispute sur les opérations militaires
  14. Peut-être pas un si petit détail qu'on pourrait le penser ? Réélu triomphalement, le Premier ministre hongrois Orban qualifie Zelensky d'"adversaire" "Nous n'oublierons jamais cette victoire car nous avons eu à nous battre contre un grand nombre d'adversaires: les bureaucrates de Bruxelles, les médias internationaux ou encore le président ukrainien", a-t-il lancé à ses partisans C'est que Zelensky s'en était pris directement et vivement à Orban le 24 mars, et en public. Ce que ce dernier a très probablement interprété comme une intervention directe dans la campagne électorale hongroise « Je veux être clair une fois pour toutes : tu dois décider pour qui tu es » L'on parle en UE de sanctions économiques supplémentaires. Selon Charles Michel par exemple, elles seraient "en chemin". Au niveau des pays individuels, certes c'est possible, car chacun décide pour soi. Mais au niveau UE... l'unanimité est nécessaire. On va voir la suite. Mais je ne serais pas surpris que le Viktor soit encore moins d'humeur qu'avant ...
  15. Si tu vas sur le lien fourni par Corto et que tu utilises la traduction automatique de ton navigateur, le résultat sera tout à fait compréhensible
  16. Merci beaucoup, je pense que cet article est important. C'est une vue extrême, qui rencontre à la fois des résistances et des appuis. Voir le fil de commentaires - d'aucuns approuvent vivement, d'autres dénoncent des crimes commis au nom de la lutte contre des "nazis imaginaires". Cependant nous sommes en train d'assister depuis le début de l'invasion à une "montée aux extrêmes" militaire et idéologique. Militaire en passant d'une opération initialement conçue pour épargner autant que possible les civils au bombardement indiscriminé de zones entières - Marioupol détruite à 80% - et au massacre de civils désarmés - qu'il s'agisse de débordements ou de logique idéologique, l'avenir le dira. Idéologique par la radicalisation toujours plus poussée des discours, en particulier celui qui est servi à la population russe. C'est donc un scénario tout à fait crédible je pense que cette radicalisation aille jusqu'à faire de la vision de Sergueïstev l'opinion générale, par déplacement progressif de la fenêtre d'Oberton des "opinions acceptables" Un "détail qui tue" au sujet de Sergueïstev, c'est sa nationalité. ... Il est Ukrainien. A noter que son film de 2012, qui décrit des événements de 1942 à Kiev avec les Ukrainiens dans les rôles négatifs, avait initialement été refusé à la projection en Russie ... Puis à partir de juillet 2014, il est devenu chroniqueur à RIA Novosti ... Qui l'autorise maintenant à publier ce genre de texte Dérive vers la radicalité. Déplacement de la fenêtre d'Oberton, de 2012 à 2022 en Russie. Oui, de fait. Ce qui est inquiétant, c'est que Yudin semble bien avoir repéré une logique et une dynamique vers la radicalisation idéologique du côté russe. Cette dynamique est-elle la seule, probablement pas. Est-elle et sera-t-elle confirmée comme dynamique prépondérante... ça me semble une possibilité bien réelle - Il me semble important d'être précis : le discours de Sergueïstev n'est pas génocidaire. Ce qu'il décrit, c'est-à-dire liquidation de l'ensemble des combattants ukrainiens, liquidation de l'élite "nazie" c'est-à-dire l'ensemble des dirigeants, intellectuels etc. liés à l'idée d'indépendance ukrainienne et de rapprochement avec l'Occident, "souveraineté limitée" avec rééducation du peuple pendant une génération, est proche de ce que l'URSS a pratiqué en Allemagne de l'Est après 1945. On peut aussi le rapprocher de la politique du même Staline en Pologne, Tchécoslovaquie etc. occupées à la même époque - territoires à "soviétiser". En allant à l'extrême de ce projet, on se rapprocherait sans doute de ce que Xi Jinping fait aux Ouïghours. Pratiqué cependant non par une nation de 1,4 milliard sur un peuple de 10 millions, mais par une nation de 150 millions sur un peuple de 30 / 40 millions (suivant le territoire où serait appliqué le projet de Sergueïstev, sachant que lui-même exclut par exemple l'Ukraine occidentale) - Je ne partage pas vraiment l'espoir que tu exprimes. Je souhaite me tromper, mais la montée aux extrêmes idéologiques si la Russie prend vraiment ce chemin concerne aussi - surtout ? - l'autocrate et l'élite qui le soutient
  17. Onze de ces douze avions connaîtront un crash spectaculaire d'ici le 24 avril au plus tard ! Oui, il s'agit des candidats à l'élection présidentielle française... Ami modérateur qui passe, ne nucléarise pas tout de suite, l'objectif n'est pas de lancer un débat mais bien de partager un bon fil Twitter : "Candidats à l’élection présidentielle française AS avions" Bon ils en prennent tous pour leur grade, et certaines comparaisons sont bien trouvées. Voire assez vachardes, Hidalgo et Pécresse notamment... Mais le plus maltraité, qu'on se sente proche ou éloigné, c'est bien Dupont-Aignan - regardez à quel avion le pauvre est comparé !
  18. "Il va falloir" ? S'agissant de M. Kaczynski, qui se répand en fausses accusations "Pendant des années, le gouvernement allemand n'a pas voulu voir ce que faisait la Russie sous la direction de (Vladimir) Poutine et on voit le résultat aujourd'hui", a-t-il jugé. comme si Allemagne ou France étaient moindrement responsables de la guerre d'invasion lancée par Poutine, comme si aboyer contre la Russie lorsqu'il n'y avait pas de raison de le faire aurait eu la moindre chance d'empêcher Poutine d'ordonner d'envahir l'Ukraine... Qu'il se rappelle plutôt de l'empressement avec lequel Varsovie a rejoint une guerre d'agression ayant causé des centaines de milliers de morts, après l'avoir soutenue avec une lamentable démonstration d'esprit lèches-bottes. Et qu'il se taise sur ce sujet. C'est la meilleure chose qu'il puisse faire. ==>La France n'a aucun besoin de surcompenser quoi que ce soit
  19. Nouveau fil de tweets par le même sociologue russe Gregiry Yudin. Toujours aussi intéressant. Mais là, autant je comprends la logique qu'il décrit, autant je la trouve convaincante... autant je souhaite vraiment qu'il se trompe Il s'agit de son regard sur les atrocités découvertes à Bucha. Malheureusement, je ne suis pas surpris par les atrocités commises dans la zone occupée de Bucha. Une chose que les gens ont tendance à sous-estimer est le récit construit en Russie pour justifier cette guerre. Il semble si farfelu à la plupart des observateurs qu'il est trop facile de l'écarter. Mais il fonctionne. Le récit monté par Poutine dès les premiers jours de la guerre se concentre sur la "dé-nazification" de l'Ukraine. Le nazisme est considéré en Russie (comme partout ailleurs) comme un mal absolu. Cependant, il est considéré comme un mal externe, la Russie est par définition libérée du nazisme (nous l'avons vaincu !) Il s'ensuit que le nazisme est un ennemi extérieur qu'il faut détruire à tout prix. Le point de vue initial était que les nazis ont pris le pouvoir en Ukraine, tandis que les Ukrainiens ordinaires ne sont que des sortes de Russes avec des idées stupides sur leur identité et une langue ridicule. Cela signifiait que la "dé-nazification" pouvait être achevée par un changement de régime et que les Ukrainiens devaient être libérés. Évidemment, cette conception a échoué lorsque les Ukrainiens ont commencé à résister avec courage. Une conclusion naturelle de cela : Les Ukrainiens se sont avérés être profondément infectés par le nazisme. Par conséquent, la libération signifie la purification. Je me suis un peu étendu sur ce sujet (lien vers un autre fil) Et c'est précisément la façon dont le message des orateurs officiels a changé récemment. Ici, Margarita Simonyan dit précisément ceci : nous avons sous-estimé la profondeur avec laquelle le nazisme a pénétré la société ukrainienne. Maintenant, libération signifie purification (lien vers une vidéo) Cela affecte les choix opérationnels des troupes sur le terrain. Imaginez que vous soyez un soldat russe occupant une ville en Ukraine (je sais que c'est une expérience désagréable). Quelles sont les classifications et les distinctions que vous utiliseriez pour traiter avec la population locale ? Votre théorie de base est que c'est une terre occupée par les nazis, et que vous êtes ici pour la libérer. Évidemment, les nazis vont résister, et ceux qui résistent sont des nazis. Votre tâche principale est de séparer les nazis des pauvres Ukrainiens et de nettoyer la ville du nazisme C'est pourquoi nous voyons déjà les camps de filtrage fonctionner près de Mariupol. Le processus de filtrage impliquerait de nombreux endroits en Russie, ce qui signifie que tout le concept des opérations de filtrage a été planifié à l'avance. Une fois de plus, le récit de pureté est crucial ici C'est pourquoi je doute sérieusement que ces atrocités ne soient que des excès de la guerre. Toute guerre excite le pire chez les gens, surtout lorsque les commandants sont des voyous. Cependant, les actions systématiques et cohérentes doivent plus à la façon dont la guerre est justifiée qu'à des affects comme la vengeance Si vous avez l'impression que cette logique de purification rappelle en fait la pensée nazie, je pense qu'il y a beaucoup de vérité à cela. Je vais probablement faire un fil séparé sur les raisons pour lesquelles la Russie n'a probablement aucune immunité contre le nazisme. Je crains que le pire ne soit encore à venir. J'espère que je me trompe. Les atrocités sont-elles donc structurelles, conséquences logiques du récit utilisé par le pouvoir russe pour légitimer l'invasion, comme Yudin en fait l'hypothèse ? Ou bien non finalement ? L'avenir le dira
  20. D'accord sur les deux premiers points, pas sur le troisième. Je ne vois pas pourquoi le devenir personnel de Poutine serait en cause. Poutine n'est ni Milosevic ni Saddam Hussein pour la bonne et simple raison que la Russie n'est ni la Serbie ni l'Irak. Ce qui m'inquiète personnellement, c'est la rapidité avec laquelle les choses empirent - Fin février nous avions une invasion visant à atteindre ses objectifs en n'utilisant que peu les armes de zone, limitant ainsi les pertes civiles - Courant mars nous avons eu une invasion visant à l'emporter sans pratiquement plus d'attention aux pertes civiles. Voir les bombardements sur Kharkov, pire encore Marioupol détruite à 80% - des milliers de civils morts à n'en pas douter, l'artillerie utilisée en ville semble-t-il sans restriction. Plus anecdotique mais significatif aussi, voir le missile frappant le bâtiment administratif de Mykolaïv pour assassiner juste une personne (le gouverneur) en se contrefichant que des dizaines d'autres soient tuées aussi - Début avril nous pourrions avoir - attendre les confirmations tout de même - des exécutions en série dans la population civile, hors de toute opération militaire. C'est rapporté dans la banlieue de Kiev, on remarque sur les images satellite du cimetière de Kherson un grand nombre de tombes nouvelles... Ca me fait penser à un échange récent avec @Akhilleus sur le risque que cette guerre commence à ressembler à une guerre civile Qui sont réputées être parmi les plus cruelles. Ceci à cause de la proximité des peuples russe et ukrainien
  21. Oui. Ces exemples utiles à garder à l'esprit doivent d'ailleurs à mon avis être rappelés dans les deux sens : d'une part cela pourrait être une manipulation, d'autre part la circonspection qu'il est permis de conserver vu les exemples du passé pourrait être un cas du garçon qui a crié trop souvent au loup alors qu'il n'y était pas et n'est donc plus crédible alors que le loup arrive bien cette fois-ci. De mon côté, c'est attendons d'en savoir plus long, attention aux sources, et gardons l'esprit ouvert dans les deux sens.
  22. De fait, merci. Eh bien, il va peut-être falloir que je revoie mes idées sur la capacité des dirigeants occidentaux à se tirer des balles dans le pied ...
  23. ? Pourquoi est-ce que les pays européens et nord-américains bouderaient-ils le G20 ? La guerre économique contre la Russie est quelque chose de sérieux sans aucun doute, mais de là à s'isoler nous-mêmes des autres puissances économiques de la Chine à l'Inde, au Brésil et les autres, je serais vraiment étonné que nous nous tirions une balle dans le pied de cette façon.
  24. Oui, vu la vidéo. Je ne doute pas de son authenticité. Mais je m'interroge au sujet d'une possible sélection des réponses. Car voici le témoignage d'une Lituanienne à la tête d'un groupe qui appelle systématiquement des gens au hasard en Russie pour leur décrire ce qu'est vraiment cette guerre. Et les réactions qu'elle décrit ne se limitent absolument pas à ce qu'on voit repris dans cette vidéo !
  25. Il peut très bien y avoir pas mal de choses qu'on ne sait pas et qui se passent "sous le manteau". Pas seulement en Russie d'ailleurs. Cela dit j'ai un peu de mal avec ce scénario - Maladie de Parkinson ? Poutine est apparu il y a quelques jours en public dans un stade, on l'a vu évoluer et désolé il n'en a pas l'air du tout. S'il a une quelconque maladie grave, j'imagine très mal que ça soit celle-là - Il y a donc un petit groupe de conspirateurs qui cherche à remplacer Vladimir Poutine. Pourquoi pas, c'est tout à fait possible, les complots doivent a priori être plus fréquents dans les autocraties que dans les Etats démocratiques. Mais dans le scénario proposé par Adler, c'est l'un des conspirateurs qui aurait mis "son ami" Alexandre Adler dans la confidence... avec instruction de répandre ça dans les médias occidentaux peut-être ? Je propose trois interprétations : 1. Choigou, Narychkine et Avdeiev, conspirateurs qui publient à l'avance leurs projets, sont de bons candidats au Prix Darwin 2. Adler participe à une opération d'intoxication visant à faire se retourner Poutine le paranoiaque contre certains de ses soutiens 3. Adler, qui trouve qu'on ne parle pas assez de lui, cherche des solutions Perso je mettrais une petite pièce sur la 2... et un gros billet sur la 3 Pas tout à fait, puisque c'est l'entreprise acheteuse, européenne, qui devra donner ordre à Gazprombank de convertir en roubles les euros sur son compte, et surtout donner ordre d'effectuer le paiement en roubles à Gazprom depuis un compte qui lui appartient chez Gazprombank vers le compte de Gazprom lui-même. Et c'est seulement cette dernière opération qui fera que le paiement sera considéré réalisé. Mais le mécanisme qui est décrit permet effectivement aux Européens de mettre le projecteur sur l'étape transfert d'un compte en euros chez une banque européenne appartenant à l'acheteur vers un compte en euros appartenant à l'acheteur chez Gazprombank, bref sur l'étape qui est uniquement en euros, permettant ainsi de déclarer que le paiement a été réalisé en euros. ==>Tout le monde sauve la face, donc tout le monde peut continuer les affaires, donc pas de catastrophes économiques diverses et variées Et c'est ce qui compte
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