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Tout ce qui a été posté par Alexis
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Il serait très partant j'en suis sûr. Il s'est déjà marié à Versailles, il lui manque de fêter son anniversaire à Persépolis ! Ça c'est la vue haute. Et c'est très vrai. Voire fondamental, si on ajoute la question du réchauffement climatique. Celle là elle est splendide ! Il est donc constitutionnellement obligé de prévenir dans les 48 heures... ceux qui ne lisent pas les journaux ! Hmmm... et un toilettage de la Constitution, peut-être ? C'est un détail, mais Sykes et Picot ont bon dos. Il ne faut pas oublier qu'ils ont eu la charge de trouver des solutions pour réorganiser un empire qui s'effondrait - et qui ne laissait pas que des bons souvenirs - sur la base d'un peu plus d'autonomie pour les différents peuples qu'il contenait. Vu qu'ils étaient plutôt divers et entremêlés, c'était une vraie gageure, et ils étaient certains de faire des mécontents. Les mandats de la Grande Bretagne et de la France sur ces nouveaux pays entre deux guerres n'étaient certes pas l'indépendance, mais c'était déjà plus d'autonomie et aussi de progrès que l'Empire ottoman qui avait précédé. Les échecs et insatisfactions de ces pays depuis leur indépendance sont avant tout de leur responsabilité... comme pour tous les autres pays indépendants au monde. Prendre comme boucs émissaires MM. Sykes et Picot, c'est peut-être très tentant, mais ça n'a pas grand sens.
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Voici une prédiction du président américain Donald J. Trump Explication : La prophétie est en majuscules, ce qui signifie qu'elle présente le degré de certitude maximal. Contexte : Se rapporter à cette autre prophétie du même devin le 2 janvier 2017 On constate que cette prophétie sur la Corée du Nord n'était pas en majuscules elle. C'est pourquoi elle n'était pas si certaine. D'ailleurs, elle a été contredite par les faits.
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La politique iranienne de Trump en bande dessinée. En pratique, ses récentes citations sur la situation en Iran, mises en image (extrait du compte Twitter President Supervillain)
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Des foules énormes, menées par le dirigeant suprême en larmes, pleurent Souleimani en Iran Les médias d'État ont déclaré que des millions de personnes s'étaient déversées dans les rues de la capitale iranienne. L'ampleur de la foule montrée à la télévision semble être la plus importante depuis les funérailles en 1989 du fondateur de la République islamique, l'ayatollah Ruhollah Khomeini. Et encore "De nombreux pays doivent leur existence à [Suleimani]", a dit un homme âgé, alors que les vers funèbres étaient diffusés par des haut-parleurs. "La Syrie, l'Irak et le Yémen s'effondreraient sans lui." Un autre homme a défilé avec une lecture de pancarte : "Mettez en sourdine la langue qui parle de négocier avec les USA" pendant qu'une fillette de 4 ans chantait "Mort à l'Amérique". Les femmes ont pleuré et les personnes en deuil ont crié " Ni médiation, ni reddition " alors que des groupes d'agents de sécurité en uniforme et d'agents des services secrets se frayaient un chemin dans la foule. Une pétition a circulé dans les rues demandant noms et numéros de téléphone : "Je suis prêt pour le jihad à tout moment et j'attends les ordres de mes chefs." (...) A Téhéran, Zeinab Suleimani, la fille du commandant, a dit dans son discours enflammé aux personnes en deuil "L'Amérique et le sionisme doivent savoir que le martyre de mon père va entraîner le réveil ... du front de la résistance et leur apporter un jour sombre et aplatir leurs maisons." L'Iran désigne habituellement Israël comme l'État sioniste et décrit les pays de la région et les autres forces opposées à Israël et aux États-Unis comme un front de " résistance ". " Crazy Trump, ne pensez pas que tout est fini avec le martyre de mon père ", a-t-elle dit. (...) Les dirigeants chiites rivaux de l'Irak, y compris ceux qui s'opposent à l'influence iranienne, se sont unis depuis l'attaque de vendredi pour demander l'expulsion des troupes américaines. Esmail Qaani, le nouveau chef de la Force Quds, l'unité des Gardiens de la Révolution chargée des activités à l'étranger, a déclaré que l'Iran poursuivrait la voie de Souleimani et a déclaré que " la seule compensation pour nous serait d'expulser l'Amérique de la région ". Plutôt émus, on dirait. Légèrement énervés, aussi.
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[Irak] passé, présent, avenir
Alexis a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
Quelques détails Donald Trump menace l'Irak de « très fortes » sanctions et maintient la pression sur l'Iran « S'ils nous demandent effectivement de partir, si nous ne le faisons pas sur une base très amicale, nous leur imposerons des sanctions comme ils n'en ont jamais vu auparavant », a déclaré le milliardaire républicain depuis son avion présidentiel Air Force One. « A côté, les sanctions contre l'Iran seraient presque faibles ». « Nous avons une base aérienne extraordinairement chère là-bas. Elle a coûté des milliards de dollars à construire », a-t-il ajouté. « Nous ne partirons pas s'ils ne nous remboursent pas. » Ce serait alors une troisième guerre américano-irakienne, 2020-20xx après celles de 1991 et de 2003-2011. La différence : celle-là aurait été décidée par Donald Trump en refusant de retirer les troupes américaines. Et c'est lui qui en rendrait compte devant le peuple américain. On en revient à la question de l'incompétence de Donald Trump - il y a des mots moins polis, d'aucuns en resteraient à la deuxième syllabe de ce mot Est-il incompétent au point de commencer consciemment et volontairement une nouvelle guerre en Irak après avoir mené une campagne électorale dénonçant les guerres lointaines "où on ne garde même pas le pétrole" ? Ce serait un palier supplémentaire. -
C'est à moitié vrai. - Les familles sont très proches ? Ça oui, et pour une raison très simple, elle font partie du même milieu, le milieu raréfié des ultra-riches et des ultra-connectés. - Les familles "font semblant de ne pas être d'accord en public" ? Non, il y a des désaccords bien réels, et ce n'est pas parce qu'on est du même milieu social ultra-privilégié qu'on est nécessairement d'accord sur tout. Ce qui n'empêche pas bien sûr que ces désaccords ne porteront que rarement sur des intérêts communs à la caste des ultra-riches et ultra-connectés. Pas besoin de complot pour ça... juste une sélection dans un milieu donné et d'ailleurs très réduit. C'est normal qu'il soit difficile pour les Etats-Unis d'accepter un compromis : ils représentent par nature la vertu, et peut-on accepter un compromis sur la morale ? Ça n'empêche pas bien sûr que dans la vie réelle ils en font pas mal des compromis. A preuve par exemple l'accord de 2015 avec l'Iran. Mais il suffit alors d'un petit accès d'énervement, une petite absence aux réalités du monde... pour qu'ils reviennent au mode qui leur semble naturel, c'est-à-dire identifier leurs intérêts et le Bien.
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Pour ne pas trop risquer d'idéaliser respectivement George W Bush, un petit rappel sur certaines de ses motivations. En 2003, le professeur de théologie de l’Université de Lausanne Thomas Römer reçoit un coup de téléphone du palais de l’Elysée. Les conseillers de Jacques Chirac souhaitent en savoir plus sur Gog et Magog... Deux noms mystérieux qui ont été prononcés par George W. Bush alors qu’il tentait de convaincre la France d’entrer en guerre à ses côtés en Irak. Dans sa livraison de septembre, la revue de l’Université de Lausanne (UNIL) » Allez savoir » révèle cette histoire qui pourrait sembler rocambolesque si, comme le souligne le rédacteur en chef d’ » Allez savoir » Jocelyn Rochat, elle ne révélait pas les soubassements religieux de la politique de Bush. Prophétie apocalyptique Bush aurait déclaré à Chirac que Gog et Magog étaient à l’œuvre au Proche-Orient, et que les prophéties bibliques étaient en train de s’accomplir. C’était quelques semaines avant l’intervention en Irak. Stupéfaction du président français, à qui les noms de Gog et Magog ne disent rien. Dans » Allez savoir » , Thomas Römer précise : Gog et Magog sont deux créatures qui apparaissent dans la Genèse, et surtout dans deux chapitres des plus obscurs du » Livre d’Ezéchiel » de l’Ancien Testament. Prophétie apocalyptique d’une armée mondiale livrant bataille finale à Israël. » Cette confrontation est voulue par Dieu, qui veut profiter de ce conflit pour faire table rase des ennemis de son peuple, avant que ne débute un âge nouveau » , poursuit Thomas Römer. Je n'en suis pas si sûr : 1. Il y a le temps nécessaire pour enrichir suffisamment d'uranium. Au début de l'application de l'accord de 2015, Téhéran a mis hors service (en réserve ? démantelé ?) la plus grande partie de ses centrifugeuses, en même temps qu'il se débarrassait du plus clair de son stock d'uranium déjà enrichi. Il lui faudra déjà mettre en service suffisamment de centrifugeuses, ce qui suppose d'en refabriquer, en utilisant d'ailleurs de nouveaux modèles que l'Iran a conçu entre-temps. A supposer que les annonces iraniennes sur les performances de leurs nouvelles centrifugeuses doivent être prises au pied de la lettre « L’Iran a lancé des centrifugeuses avancées pour augmenter ses stocks d’uranium enrichi », a déclaré samedi le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi. Et de poursuivre : « Aujourd’hui, l’Iran a commencé à utiliser un ensemble de 20 centrifugeuses IR-6 et 20 autres centrifugeuses IR-4. » Selon un responsable iranien, une IR-6 peut produire de l’uranium enrichi dix fois plus rapidement qu’une IR-1, tandis qu’une IR-4 en produit cinq fois plus rapidement. et sachant qu'une IR-1 réalise un travail d'enrichissement équivalent à 10 grammes d'uranium de qualité militaire (enrichissement > 90%) par an, la capacité d'enrichissement remise en service en septembre dernier était équivalente à 20*100+20*50 = 3000 grammes d'uranium de qualité militaire par an. A supposer que cette capacité soit utilisée exclusivement pour préparer l'arme nucléaire, nous parlerions d'une bombe... tous les sept ans. Evidemment, l'Iran va construire de nouvelles centrifugeuses. Mais cela prendra un certain temps, voire peut-être un temps certain. Combien de temps par exemple pour multiplier par 20 leurs capacités actuelles ? Aucune idée, mais même avec de l'optimisme, ça paraît difficile à imaginer en moins d'un an. Dans ce scénario optimiste pour Téhéran, il leur faudrait quand même de l'ordre d'un an avant d'avoir leur toute première bombe et un total de deux ans pour avoir de quoi en fabriquer quatre (l'équivalent de trois bombes produites la deuxième année, la première produite d'ici un an au fur et à mesure de la mise en service des nouvelles centrifugeuses). Donc j'imagine mal un premier essai nucléaire iranien avant deux ans... et il s'agit là d'un scénario optimiste, avec construction rapide de nouvelles centrifugeuses, qui soient aussi performantes que la propagande iranienne le dit, et supposant que Téhéran a vraiment pris la décision de faire la bombe ce qu'ils s'étaient retenu de faire pendant plus d'une décennie. Ça pourrait aussi être nettement plus long. 2. Il y a le risque associé à un programme nucléaire encore en gestation. Car il ne faut guère imaginer que la décision de Téhéran d' "y aller" puisse être gardée secrète tout ce temps. Les SR américain, israélien et autres se rendraient très probablement compte que quelque chose se trame. Une campagne de frappes américaines ne suffirait pas à détruire l'ensemble du programme nucléaire iranien. Mais elle pourrait le rendre extrêmement difficile voire impraticable. Les centrifugeuses peuvent être protégées loin sous la terre oui... mais quid de l'usine qui les produit ? Et des usines qui produisent les pièces utilisées par l'usine d'assemblage ? Et la centrale électrique alimentant les centrifugeuses, est-elle sous la terre aussi ? Et les gens qui y travaillent, où habitent-ils, sous terre aussi ? Si les centrifugeuses sont intactes, mais pas alimentées en électricité et d'ailleurs personne ne travaille dessus... le boulot ne va pas beaucoup avancer. La dissuasion iranienne contre de telles campagnes militaires a toujours été économique : leur capacité à fortement troubler voire interrompre pour longtemps l'activité d'extraction-traitement-exportation des 40% du pétrole mondial qui viennent du Golfe. Mais justement... cette dissuasion économique n'est-elle pas suffisante pour Téhéran, a-t-il besoin de la dissuasion nucléaire ? Jusqu'ici, l'Iran a toujours dit Non. Peut-être Khamenei changera-t-il d'avis, mais ce n'est pas prouvé. D'autant que le temps nécessaire pour changer leur fusil d'épaule, ainsi que les risques associés, ne militent pas vraiment en faveur de cette option. J'imagine fort mal un autre pays que le R.U. participer aux opérations militaires de "punition" dont Trump a menacé l'Iran s'il ripostait à son acte de guerre. Tu veux dire que défendre les intérêts de l'Amérique / de la Russie / de l'Iran / d'Israël / du Soudan du Sud (entourer l'option choisie) ne s'identifie pas à la défense des intérêts du pays ? De même et suivant la même logique que défendre les intérêts de l'UE / de l'OTAN / du G7 / d'une autre organisation n'est pas non plus identifiable à la défense des intérêts de la France ? Alors là ! Voici une idée étonnante ... Le souci, c'est que les Etats-Unis ne sont pas notre ennemi. Ils ne sont pas réellement notre allié, d'ailleurs depuis non seulement 2016 mais bien plus longtemps que ça ils n'ont en réalité pas d'alliés et ne travaillent que pour leur pomme ? Certes. Mais cela n'en fait pas notre ennemi. Ne pas les rejoindre quand ils font une faute énorme, c'est l'évidence même ! Ne pas du moins les prévenir en prenant une position claire, à la fois pour eux - il y a toujours une chance qu'ils se reprennent, même faible - et pour nous - la France sera à terme plus estimée, de même que certains Américains se rappellent que la France les a prévenus de ne pas envahir l'Irak en 2003, et de manière plus immédiate elle prend figure plus indépendante, ce qui contribue à l'estime du monde et concrètement à de meilleures relations avec pas mal de pays... non, ça n'a strictement rien d'évident. ===> Ce n'est pas ce qu'a fait De Gaulle en 1966 lors du discours de Phnom Penh au sujet de la guerre du Vietnam === Ce n'est pas ce qu'il a fait non plus en 1967 lorsqu'il a dénoncé la colonisation de la Cisjordanie qu'Israël commençait juste après sa conquête - certes cet exemple concerne un autre pays ===> Ce n'est pas non plus ce qu'a fait Chirac en 2003 lorsqu'il a refusé d'approuver l'invasion américaine à l'ONU et prévenu les Etats-Unis de ne pas s'y lancer Nous ne sommes certes pas encore tout à fait dans ce genre de circonstances. Mais dans la situation actuelle Ce qui est avantageux dans la situation actuelle, c'est une position contenant un avertissement à la fois feutré mais déjà suffisamment clair à l'adresse des Etats-Unis. La Chine par exemple a appelé tout le monde dans la région "et tout spécialement les Etats-Unis" à exercer de la modération. C'est le genre de déclaration à la fois claire sur le fond et modérée sur la forme qui serait souhaitable à mon sens. Car il faut quand même une position claire lorsque les enjeux sont si grands. Quant au "pire des cas", c'est-à-dire être écouté, ce pire des cas signifierait aussi éviter le risque d'une guerre très destructrice... y compris pour l'économie mondiale, donc pour nous. Pas la police, mais des attaques contre les exportations de pétrole. Pas nécessairement au stade du transport, ça peut aussi être avant, voir par exemple l'attaque somme toute assez petite contre Abqaiq le 14 septembre... qui a quand même neutralisé 5% de la production mondiale de pétrole pour un temps indéterminé. D'une manière générale, si on veut bloquer un système complexe, on a intérêt à bien choisir les cibles qui doivent être les points de vulnérabilité maximale. George W Bush, ou Donald Rumsfeld, ou Dick Cheney pour ne citer que ces noms, ne sont pas non plus précisément des enfants de chœur. On pourrait parler des centaines de milliers d'Irakiens qu'ils ont fait tuer. Mais si un pays étranger faisait assassiner un de ces gaillards par ses forces militaires officielles, s'en vantait, et expliquait qu'il n'avait fait qu'éliminer un chef terroriste, il y aurait des conséquences. Par exemple des représailles américaines. Voire le début d'une guerre ouverte, peut-être. Ces conséquences pourraient éventuellement être considérées peu souhaitables. Et elle ne pourraient probablement pas être évitées simplement si le chef d'Etat étranger déclarait qu'il n'a bien entendu pas attaqué "pour commencer une guerre" mais bien "pour la terminer". Le souci, c'est que le marché du pétrole est mondial. Un pétrolier qui dessert un certain pays... peut très bien demain en desservir un autre. C'est pourquoi, si les exportations pétrolières du Golfe baissaient sérieusement et durablement, tout le monde serait touché. Ça ne servirait pas à grand chose de dire "Maieuuuh c'est nous que vous aviez prévu de livrer". Le prix notamment augmenterait dans les mêmes proportions pour tout le monde. Et l'élasticité de la production de pétrole par rapport au prix est connue pour être faible. Dit autrement : si la production baissait sérieusement... le prix augmenterait très très très sérieusement. La question devient : l'Iran pourrait-il faire baisser l'exportation de pétrole du Golfe à la fois sérieusement et durablement ? Et la petite démonstration, en forme d'avertissement avec frais, effectuée le 14 septembre dernier est de ce point de vue très éclairante. Car c'est une frappe d'ampleur modérée qui a suffi pour amputer la production saoudienne de moitié pour plusieurs mois. Voilà qui laisse rêveur quant aux conséquences potentielles d'une guerre un peu sérieuse dans le Golfe ...
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Le problème de cette comparaison, c'est que le rapport de force entre Etats-Unis et Iran n'est pas le même qu'entre un lion et une mouche. Le rapport de force entre Israël et Iran est encore plus loin de celui entre un lion et une mouche. On se laisse égarer par la question "Mais qui donc est le Good Guy™ ?" sachant que son adversaire deviendrait ipso facto le Bad Guy™, du moins si on était dans un film de série B à deux balles. En réalité ce n'est pas une question de morale. ===> C'est une question de réalités, de rapports de forces. Et de conséquences.
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Euh ça ne s'appelle pas la courtoisie, mais la précision J'ose espérer que les Iraniens sont encore capables de distinguer entre troupes américaines et européennes. Bien essayé, mais en fait l'Emmanuel il ne recoiffait rien du tout. Il était juste en train de causer avec son copain Vladimir, et encore avec sa copine Angela et aussi Jinping Si ce n'était pas tragique, ça pourrait faire un sketch comique. Deux puissances se préparent à se mettre sur la gueule, enfin plutôt l'une des deux a déjà commencé, et tout à coup en voilà une troisième qui arrive, se fiche au milieu et déclare qu'elle "se prépare à d'éventuelle représailles" Alors qu'il pouvait rester tranquille en dehors de tout ça, on ne lui avait rien demandé, à ce troisième larron. ...Tu dis ? Peu avant qu'il déboule, on avait entendu comme un coup de sifflet ? C'est vraiment gros ça. Et non, je ne parle pas de M'sieur Pompeo. Gros, et quand même super bien défendu. Je sais bien que les Iraniens ont des soum-soum et qu'il y a eu des cas de sous-marins faisant des coucous au milieu d'un groupe aéronaval américain sans avoir été détecté, donc ce n'est pas tout à fait impossible... mais ce serait quand même très très dur de réussir un coup pareil. C'est vrai concernant le bombardement atomique, mais Kyoto avait été préservé des bombardements classiques jusqu'ici notamment à cause de sa valeur culturelle. Netanyahou, perdre son pays ? Je ne vois pas comment, franchement. Dans le pire du pire des cas, les Israéliens pourraient subir des frappes précises au missile sur leurs infrastructures, façon Serbie-1999 "je-te-ramène-à-l'âge-de-pierre", et pour ça il suffirait sans doute de détruire leurs centrales électriques, ce qui n'est pas tout à fait impossible. Mais même s'ils morfleraient grave, ils reconstruiraient ensuite, et la Serbie d'ailleurs existe toujours. En revanche, à la place du guide suprême d'un certain pays voisin à la fois de l'Irak et du Pakistan, avant d'ordonner des frappes de cette ampleur sur Israël, je me poserais la question des armes nucléaires. Nan, pas les "armes nucléaires iraniennes" qui n'existent pas. Les israéliennes, qui existent, elles.
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Un petit intermède culturel, ou plutôt idéologique, en l'occurrence une explication de la formule « Mort à l'Amérique » ou « A bas l'Amérique » par le Hochführer Guide suprême Ali Khamenei. Ce n'est pas que les discours d'un homme de pouvoir doivent toujours être pris au pied de la lettre, mais enfin il s'adresse ici à une assemblée de fidèles, du genre militaire, très probablement des Gardes de la révolution. Il s'agit donc de la manière dont la doctrine est présentée en interne. On aperçoit même au début un gars dont on a parlé récemment parce qu'il n'avait pas pu prendre son avion à l'aéroport de Bagdad. C'est en persan bien sûr, avec sous-titres anglais. Et puis ça donne une ambiance, aussi. Quand ils sont calmes, j'veux dire. Là, maintenant, ils ont l'air moins calmes, hein
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[Irak] passé, présent, avenir
Alexis a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
Donc une décision fracassante, suivie d'une mise en application plus complexe, voire hésitante ? Voire horripilante à force de tortillage de popotin ? C'est marrant, ça me rappelle quelque chose, dans l'Histoire récente. Mais quoi ? Je demanderais bien à Boris Johnson de m'éclairer, s'il n'était pas trop occupé à faire le beau devant Donald Trump -
[Irak] passé, présent, avenir
Alexis a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
La source est sujette à caution, Press TV est un organe de propagande iranien... mais je ne vois pas pourquoi ils mentiraient sur ce point. La résolution ordonnant au gouvernement irakien d'exiger le départ du pays de toutes les forces étrangères serait présentée par 170 députés. Sachant que le parlement irakien ne compte que 329 membres, si l'information est exacte, le résultat du vote est facile à deviner ... Il faut un Darwin Award, non pour Donald Trump, mais pour l'Empire américain en Irak ! -
[Irak] passé, présent, avenir
Alexis a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
"Les hommes normaux ne savent pas que tout est possible" - Hannah Arendt (Oui, elle l'a dit dans un autre contexte... mais la citation se prête bien à notre époque) -
Présent ! Royal Navy deployed to protect British ships in Gulf in wake of Qassim Soleimani's assassination
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Le 4 janvier Les Européens ne se sont pas montrés assez solidaires des Etats-Unis. Lors d'un entretien sur la chaîne Fox News vendredi soir, le chef de la diplomatie américaine a reproché aux alliés européens de ne pas avoir aidé Washington à mettre en oeuvre l'intervention américaine de jeudi en Irak. « Les Européens ne nous ont pas aidés autant qu'ils le pouvaient. Les Britanniques, les Français, les Allemands doivent comprendre que ce que nous avons fait a aussi permis de sauver des vies en Europe (...) nous appelons chacun dans le monde à soutenir l'action des Etats-Unis pour faire en sorte que la République islamique d'Iran se comporte simplement comme une nation normale » Le 5 janvier S'exprimant sur Sky News, Raab a dit de Suleimani : " Soyons très clairs : il était une menace régionale, et nous comprenons la position dans laquelle les Américains se sont trouvés, et ils ont le droit d'exercer leur légitime défense. Ils ont expliqué la base sur laquelle cela a été fait, et nous sommes sensibles à la situation dans laquelle ils se sont trouvés". (...) A la question de savoir s'il allait transmettre un " message ferme " à Pompeo et à son patron, Donald Trump, M. Raab a répondu que oui : "Nous sommes sur la même longueur d'onde que nos partenaires américains, nous continuerons à leur parler."
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Moi non plus je n'y crois pas une seconde. Rien qu'une demi-seconde... et ça suffit pour donner quelques sueurs froides Trump ne ressemble vraiment pas à une personne courageuse. Mais il existe un type de fuite qui s'appelle la fuite en avant... et un type de lâcheté qui pousse à toujours surenchérir pour fuir ce qu'on craint le plus. Que craint Trump ? Je suis assez d'accord avec cette analyse Si le président souhaitait éviter la guerre, il n'engagerait pas publiquement les États-Unis à des représailles massives pour toute réponse iranienne à l'assassinat de Soleimani. Si Trump s'intéressait à la désescalade, il ne promettrait pas de commettre des crimes de guerre contre des sites civils iraniens comme il l'a fait dans sa menace dérangée d'attaquer des sites importants pour la culture iranienne. (...) [Trump] se soucie avant tout de ne pas paraître " faible ", et cela le rend plus susceptible de réagir de manière excessive à chaque incident. Le président n'est pas intéressé à éviter la guerre autant qu'il est intéressé à ne pas être cloué au pilori par des faucons l'accusant de ne pas être assez "dur". Le but du meurtre de Soleimani n'était pas de " rétablir la dissuasion " ni d'empêcher une attaque " imminente ". C'était juste pour satisfaire le besoin de se défouler quelles qu'en soient les conséquences.
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A noter que lors de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis se sont volontairement abstenus de tout bombardement sur Kyoto, ancienne capitale et cœur des trésors culturels japonais. Ceci alors que la guerre du Pacifique n'a pas précisément été une guerre en dentelles, qu'il s'agisse des bombardements américains sur le Japon ou - dix fois pire - du comportement japonais en Chine occupée.
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[Irak] passé, présent, avenir
Alexis a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
La question qu'il faudrait se poser c'est si Khamenei, qui lui aussi n'en doutons pas ne souhaite pas commencer une guerre... ne pourrait pas utiliser la même méthode que Trump pour l'arrêter S'ils faisaient une telle chose dans les prochaines semaines, ou même les prochains mois, cela montrerait qu'ils auraient réussi à cacher des quantités importantes de matière fissile et/ou des sites d'enrichissement secrets ===> Ce n'est franchement pas très probable. Et si c'était vrai, alors le résultat paradoxal serait de donner raison à Trump qui s'est retiré de l'accord de 2015 et a établi un quasi-blocus de l'Iran par ses sanctions contre Européens, Chinois et Japonais. Sans compter le risque pas du tout négligeable que Trump ne décide une frappe nucléaire en premier, tant que l'Iran n'a pas construit de missiles intercontinentaux et qu'il n'aurait au plus que quelques armes montées sur missiles à moyenne portée ===> Dans le contexte actuel, ce serait d'une extrême imprudence Nettement moins conciliant... ou encore nettement moins compétent, du genre d'un type prêt à créer des catastrophes par ses erreurs de calcul et ses surréactions. Voire les deux à la fois. C'est-à-dire que l'acte de guerre a déjà eu lieu Si un pays organisait l'assassinat du général Lecointre de manière parfaitement ouverte et en se vantant d'avoir tué un chef terroriste - puisque l'armée française n'est qu'un ramassis de terroristes n'est-ce pas - alors ce pays aurait commis un acte de guerre contre la France. Les deux disent ne pas vouloir la guerre, mais le dirigeant américain a sa manière "bien à lui" de l'éviter. Si la manière de Khamenei ressemble à celle de Trump ... Ce serait joli en effet, mais il faudrait qu'à Moscou et/ou à Pékin on soit d'accord. J'émets de gros doutes. Quel serait l'intérêt ? Ce n'est pas comme si l'Iran donnait l'impression d'être un pays facilement contrôlable et transformable en docile allié. Alors pourquoi risquer de prendre des coups pour lui ? Il ne faut certainement pas sous-estimer les moyens militaires américains qui sont énormes, les plus puissants sur la planète. Mais cela ne signifie absolument pas que l'armée américaine pourrait envahir l'Iran "sans trop de problèmes". Effectifs, logistique et terrain créeraient des difficultés redoutables : - En 2003 les Américains ont déployé plus de 200 000 soldats pour envahir l'Irak, pays trois fois plus petit que l'Iran, et ils n'ont pas 600 000 hommes à déployer outre-mer - Le déploiement ne s'envisage pas base de départ, or l'Irak dirait non, le Pakistan aussi, tandis que les pays pétroliers du Golfe craindraient les attaques de Téhéran pendant la phase de montée en puissance avant invasion - L'Iran inclut des montagnes et des déserts ainsi que de grandes villes, et il est suffisamment grand pour que les lignes logistiques d'une armée d'invasion y soient dangereusement étendues et vulnérables La "capacité de nuisance" de l'Iran inclut la capacité démontrée de neutraliser 5% de la production mondiale de pétrole pour une durée indéterminée, rien qu'avec une seule attaque ponctuelle assez limitée. Voir les événements à Alqaiq le 14 septembre dernier. ===> Les effets de cette "capacité de nuisance" si Téhéran choisissait de l'utiliser à plein ? La "capacité de nuisance" de l'Iran, par l'intermédiaire du Hezbollah ou directement avec ses balistiques de portée régionale et d'ECP réduite, inclut probablement la neutralisation des sept ou huit centrales énergétiques qui fournissent plus de 90% de l'électricité israélienne. Ceci pour une durée indéterminée, en pratique jusqu'à ce qu'on les reconstruise. ===> Que devient une économie industrialisée et un pays moderne quand on le prive d'électricité ? C'est pourquoi, Votre Majesté, après avoir éliminé l'armée française en quelques semaines, nous pourrons immédiatement nous retourner contre la Russie et vaincre l'armée du tsar. Nos soldats seront de retour dans leurs foyers pour Noël 1914 ! C'est aussi pourquoi, Monsieur le président du Conseil, le Vietminh ne pourra jamais submerger les défenses du camp retranché qui restera une épine dans ses arrières, et Dien Bien Phu nous donnera la victoire ! A piece of cake, Mister President! @RugbyGoth disait il y a quelques pages que "On est dans un jeu de poker menteur et Donald vient de faire tapis. Soit Khamenei se couche soit il contre avec tout ce qu'il a et son discours ne ressemble pas à quelqu'un qui se couche" Ça se confirme, on dirait. Trump a décidé de forcer, en mode "ça passe ou ça casse", pour obtenir la renonciation de l'Iran à toute attaque contre des Américains ou des actifs américains, quoi que les Américains puissent faire par ailleurs. Et bien sûr, s'il l'obtient, il pourra l'utiliser justement... pour faire tout ce dont il a envie à l'Iran et à ses alliés ou protégés. Je continue de penser que le plus prudent pour Khamenei serait d'ordonner une riposte évitant de toucher quelque Américain que ce soit, mais extrêmement douloureuse et inquiétante pour les alliés régionaux de Washington. L'assassinat de Ben Salman serait idéal - à condition qu'il soit opérationnellement réaliste, ce qui n'est pas du tout assuré. Une autre option serait une redite de l'attaque du 14 septembre sur Abqaiq, afin de retarder les réparations encore de quelques mois. Celle-là est certainement possible, voire à vrai dire aisée. Une option élégante serait d'obtenir de l'Irak la sortie du traité autorisant les Américains à y opérer et l'exigence de retrait de toutes les forces américaines. Ce serait aussi l'option avec le moindre risque d'escalade, et la plus cuisante peut-être pour Washington. Mais il n'est pas du tout clair que ce soit un objectif atteignable, même si beaucoup d'Irakiens semblent très "remontés" après l'affront qui leur a été fait. Et il est tout à fait possible que Khamenei décide plutôt de s'en prendre par exemple à un (très) haut responsable américain. Soit dit en passant, il ne faut pas oublier que Khamenei est avant tout un chef religieux, et qui a immédiatement déclaré que Soleimani est un martyr pour la foi. D'ailleurs, si le pape se voit forcé de choisir entre martyre et répudiation de la foi, quelle sera sa décision ? J'espère que ce n'est pas ainsi que Khamenei voit les choses -
[Irak] passé, présent, avenir
Alexis a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
En matière cervicale, le principal c'est avant tout la stabilité -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Alexis a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
On peut vous laisser si vous voulez. Pour l'intimité. Vous voulez passer en salon privé ? -
Ça c'est de la manif ! Il y a quoi, quelques centaines de pleupleus ? Moins ? Je ne dis pas que personne ne se réjouit en Irak de la mort de Soleimani, après tout l'Irak a bien une minorité sunnite, et l'E.I. a probablement des sympathisants même s'ils se tiennent à carreau. Mais il s'agit d'une minorité, et cette vidéo au cadrage, comment dire, bien travaillé le suggère clairement. En train d'écluser sa deuxième bouteille de chouchen, pourquoi ? Sa famille a caché les autres, en attendant qu'il se remette... C'est un peu comme dire "Flinguer Mattis ou Pence, pourquoi pas, mais alors ne pas revendiquer au nom de l'Iran". Il est vrai que si l'assassinat n'avait pas été revendiqué, ça aurait été moins provocateur. Mais... de là à être une action prudente Mais non, @Rufus Shinra n'est pas langue de pute. C'est notre Caton l'ancien à nous ce Romain qui concluait chaque discours par les mots Delenda est Carthago : il faut détruire Carthage. Simplement, lui son message, c'est plutôt Merda est Lightning II Je sais de source sûre que quelque part dans le 8ème arrondissement de Paris, il y a un gars qui se demande comment il va pouvoir dire les choses. "Mort cérébrale, c'est déjà fait, m..de je dis quoi maintenant ?" Emmanuel, qu'il s'appelle, le gars. Je n'ai trouvé aucune source qui dise ça, ni en français ni en anglais. Du coup je me demande si ça pourrait être un malentendu ? Oui, mais d'un autre côté quand c'est le chat qui garde le gué... les cerfs folâtrent dans la rivière.
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[Irak] passé, présent, avenir
Alexis a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
Si Khamenei choisit l'option d'une riposte directe en miroir - type "œil pour œil" - c'est-à-dire un assassinat ciblé contre un responsable américain au même niveau, il faut noter que Soleimani était pratiquement le N°2 du régime iranien, juste derrière le guide suprême Khamenei, probablement plus haut en pratique que le président Rouhani dont le système politique iranien fait un simple chargé aux affaires intérieures auprès du guide, tandis que Soleimani était chargé plus important des actions extérieures. Une riposte proportionnée en miroir, ce serait l'assassinat du N°2 du régime américain c'est-à-dire le vice-président Pence. Dans ce cas, ou même si c'était seulement quelque général américain haut placé qui était envoyé ad patres par un drone iranien de passage, j’imagine mal Trump ne pas grimper encore plusieurs barreaux de l’échelle d’escalade … J'espère vivement que l'Iran choisira une riposte indirecte et contre un adversaire régional, même une riposte cinglante, comme je le suppose avec optimisme (trop ?). Ce serait beaucoup moins dangereux. Soleimani était davantage encore qu'un Mattis. J'ai trouvé ce texte d'un chercheur en politique étrangère intéressant Peu se souviennent que la première grande mission [de Soleimani] en tant que commandant de la force Qods - la branche extraterritoriale des Gardiens de la Révolution iraniens - était en coordination implicite avec les États-Unis lors de l'invasion de l'Afghanistan en 2001. Les talibans étaient et, dans une certaine mesure, demeurent un ennemi mutuel. Cette alliance de convenance a pris fin en 2002 lorsque le président américain George W. Bush a notoirement qualifié l'Iran de membre de " l'Axe du mal ". Dans les années qui ont suivi, Soleimani s'est efforcé de saigner l'armée américaine dans des endroits comme l'Irak. Il a réussi. Après avoir dépensé des trillions de dollars et perdu des milliers de soldats, Washington s'est retiré d'Irak - en partie à cause de la pression iranienne sur le gouvernement irakien - en 2011. Mais Soleimani n'a pas eu beaucoup de temps pour faire la fête. Son attention s'est tournée vers la maîtrise des retombées du printemps arabe, concentrant son énergie sur le soutien au président syrien Bachar al-Assad. Ce développement a vu la création d'un réseau régional de milices soutenues par l'Iran comptant plus de 100 000 hommes, une collaboration militaire iranienne sans précédent avec la Russie et la transformation du Hezbollah en une force capable d'opérer à grande échelle en dehors des frontières du Liban. En 2014, lorsqu'il a réussi à stopper la tentative de l'État islamique de renverser l'Irak, Soleimani a été fêté comme un héros parmi les Irakiens, aux côtés des commandants locaux, dont al-Muhandis. La même réaction s'est manifestée en Iran, où il est rapidement devenu un nom familier et a été considéré comme un potentiel futur président - une tendance qui a été renforcée par le retrait unilatéral de l'administration Trump de l'accord nucléaire iranien en 2018. Ainsi, les Etats-Unis n'ont pas seulement tué un commandant militaire iranien, mais aussi une figure très populaire, considérée comme un gardien de l'Iran même parmi les Iraniens laïques. Et avec l'assassinat d'al-Muhandis, l'administration Trump s'est mise dans la position d'avoir tué le commandant opérationnel d'une grande branche des forces armées irakiennes. Certains diront que ces assassinats ont porté un coup énorme aux capacités de l'Iran et à sa politique plus large dans la région. Mais une telle approche ignore la façon dont le système iranien est structuré. Le successeur de Soleimani à la tête des forces Qods - son adjoint de longue date Esmail Qaani - a été annoncé dans les 12 heures qui ont suivi sa mort. Et bien que M. Soleimani ait été charismatique et ait joué un rôle personnel dans le développement de nombreuses relations de l'Iran dans la région, ces liens ne reposent pas uniquement sur lui. Ils sont plutôt le produit de liens étendus et profonds qui remontent souvent à des décennies et, dans bien des cas, impliquent des liens familiaux. Soleimani était bien conscient des dangers du poste : tout comme son singulier patron, l'ayatollah Ali Khamenei, qui l'a considéré dans le passé comme un " martyr vivant ". La planification de la relève n'était donc jamais loin de son esprit. (...) Avec sa mort, Soleimani a peut-être déjà réalisé la plus grande vengeance possible, et sans tirer une seule balle : à savoir, son objectif ultime de mettre fin à la présence militaire américaine en Irak. S'il était effectivement derrière l'attaque de la base militaire américaine qui a finalement précipité son propre assassinat, alors il a probablement réussi à piéger les États-Unis pour qu'ils déclenchent leur propre éjection d'Irak. Jusqu'à présent, la plupart des décideurs irakiens - du premier ministre intérimaire à la plus haute autorité spirituelle du pays - ont condamné en termes très clairs la violation de la souveraineté que l'assassinat a entraînée. (...) Au moment où les sanctions sans précédent [de Trump] avaient provoqué des troubles à l'intérieur de l'Iran, l'élite politique vient de recevoir un cri de ralliement. L'attaque contre Soleimani, dont le statut se rapproche de celui d'icône nationale, va durcir le sentiment populaire contre les Etats-Unis tout en soutenant le régime. Malgré toutes ses fanfaronnades sur le coup décisif porté à un ennemi insolent, Trump est peut-être sur le point de découvrir que le problème avec les martyrs est qu'ils sont immortels. -
Russie et dépendances.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
La nuance entre planeur "hypermanœuvrant" et véhicules de rentrée tels que déjà testés aux Etats-Unis il y a quarante ans n'est pas forcément si grande que tu le penses. Voir le vol de l'AMaRV américain vers 1980 Le véhicule de rentrée, c'est le trait du dessus. Et la partie quasi-horizontale de la trajectoire parle d'elle-même : l'AMaRV était déjà capable de planer à un grand nombre de Mach dans la très haute atmosphère. Il y a quarante ans. -
[Irak] passé, présent, avenir
Alexis a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
Juste, j'avais été un peu rapide. Dans la perception cependant, une incursion dans une ambassade peut être perçue comme une agression du fait même que l'extraterritorialité peut être confondue avec la souveraineté. Je soupçonne Trump d'avoir réagi à cette perception. Plus bien sûr le spectre d'un « nouveau Benghazi » et la détermination à se différencier au maximum de Barack Obama. Aucune idée de la politique irakienne sur le sujet. Mais j'ai une interrogation... du genre impoli. Si les Irakiens « exigeaient » ... les États-Unis obéiraient ils ? -
Je dirais que c'est avant tout inélégant pour les Irakiens. Après tout, Bagdad est leur capitale à eux, l'Irak est leur pays à eux... et Trump, comme bien d'autres responsables américains d'ailleurs, s'en soucie comme d'une guigne. Il y a les puissants, comme les Etats-Unis ou l'Iran. Même à des degrés divers et selon des modalités diverses bien sûr. Et il y a les autres, comme l'Irak. D'une manière générale, il vaut mieux être puissant que ne pas l'être. Oui, je sais... Avec cette phrase, j'ai épuisé mon quota de défonçage de porte ouverte pour toute l'année 2020