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Wallaby

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Tout ce qui a été posté par Wallaby

  1. 8. Les Américains sont des gens extrêmement pratiques. Ils s'intéressent à ce qui fonctionne, et non à ce qui sonne bon. Les Américains sont cependant très religieux, plus religieux que les Européens, et la religion consiste à prêcher ce qui "sonne bon". Les Américains sont des prêcheurs. Et dans l'interprétation de Joseph Bottum, auteur de An Anxious Age: The Post-Protestant Ethic and the Spirit of America [1] le wokisme est un résidu du protestantisme dans une société de plus en plus sécularisée. Le wokisme est la religion des "sans religion". [1] voir la recension de ce livre dans le Washington Post : https://forum.air-defense.net/topic/11243-usa/page/817/#comment-1468252
  2. https://responsiblestatecraft.org/europe-trump-ukraine/ (7 novembre 2024) Le prêt de l'Union européenne lui-même - jusqu'à un maximum de 35 milliards d'euros (environ 38 milliards de dollars) - est si élevé précisément en raison de l'incertitude quant à savoir si les États-Unis s'aligneraient sur le financement des autres pays du G7. Il s'agit d'une protection contre Trump en action. En substance, même si Trump n'accepte pas la contribution américaine de 20 milliards de dollars proposée par Biden, l'Europe est prête à couvrir le coût d'une nouvelle année de guerre dévastatrice. Selon le FMI, si la guerre se termine effectivement à la fin de 2025, la dette ukrainienne atteindra 108 % du PIB et ne commencera à diminuer qu'en 2028. Dans ce scénario, l'économie ukrainienne ne retrouverait sa taille d'avant-guerre qu'en 2031, ce qui représente neuf années de croissance perdue. Il va de soi que si un cessez-le-feu est conclu en Ukraine et qu'un processus de paix est enfin lancé, la Russie exercera de fortes pressions pour obtenir la restitution de ces avoirs [russes gelés par l'Occident] dans le cadre d'un allègement progressif des sanctions. Si les fonds provenant des avoirs russes gelés se tarissent ou si aucun fonds n'est reçu de la Russie au titre des réparations de guerre, l'Ukraine devra assurer elle-même le service de la dette. Mais quel est l'intérêt d'une année supplémentaire de combats alors que l'Ukraine est en train de perdre la guerre dans l'est du pays ? L'offensive russe dans le Donbass s'est accélérée avant les élections américaines, avec une importante poussée vers Khurakove. Environ 50 % de Donetsk reste sous contrôle ukrainien, y compris des centres importants comme Kramatorsk et Pokrovsk. Au rythme actuel des progrès militaires, il faudrait, selon certains commentateurs, au moins un an de plus à la Russie pour achever sa conquête du Donbass. En accordant à l'Ukraine un prêt supplémentaire de 50 milliards de dollars, l'Europe l'aidera simplement à sacrifier une plus grande partie de son territoire, à un coût énorme en termes de morts et de destructions. Comme l'a souligné le vice-président élu JD Vance en avril, le compte n'y est pas. Et avec la possibilité désormais significative que les livraisons d'armes américaines se tarissent, le risque d'un effondrement complet de la ligne de front de l'Ukraine s'accroît. La meilleure façon de soutenir le glorieux pays qu'est l'Ukraine est de mettre fin à ces absurdités et de demander enfin la paix. Cela nécessitera des conversations difficiles entre le 47e président des États-Unis et ses collègues européens assoiffés de guerre. Mais d'abord, il doit décrocher le téléphone de Poutine et de Zelenskyy.
  3. https://www.asahi.com/ajw/articles/15498260 (7 novembre 2024) Tokyo Electric Power Co. a terminé une opération expérimentale visant à retirer un petit échantillon de débris de combustible d'un réacteur de la centrale nucléaire de Fukushima n° 1 le 7 novembre, a déclaré la société. Le débris sera transporté vers un centre de recherche dans la préfecture d'Ibaraki pour y être analysé, une étape essentielle pour comprendre la composition des débris de combustible restants et achever leur enlèvement à l'avenir. L'échantillon de débris de combustible, d'une taille inférieure à 5 millimètres, a été prélevé dans le réacteur n° 2 de la centrale et placé dans un caisson d'isolation à l'extérieur de l'enceinte de confinement du réacteur le 2 novembre, jusqu'à ce que ses niveaux de radiation puissent être mesurés. L'opération expérimentale de récupération devait initialement commencer en 2021, mais elle a été reportée à trois reprises en raison de difficultés rencontrées par un bras robotique mis au point grâce à des fonds publics. https://www.asahi.com/ajw/articles/15489463 (31 octobre 2024) L'ancien président de Tokyo Electric Power Company Holdings, qui avait dirigé l'intervention d'urgence après la fusion de la centrale nucléaire de Fukushima n° 1 et était accusé de ne pas avoir empêché la catastrophe en tant que membre de la direction, est décédé, son procès étant toujours en cours. Il avait 84 ans.
  4. https://www.lemonde.fr/international/article/2024/11/07/defaite-de-kamala-harris-autopsie-d-un-desastre-politique_6380764_3210.html Jen O’Malley Dillon, sa directrice de campagne, avait exprimé une tonalité identique dans la note de remerciements à l’attention des volontaires. « Vous avez fait face à des vents contraires sans précédent et à des obstacles qui étaient largement hors de votre contrôle », écrivait-elle. Puis est venu le grand déni. « Nous savions que ce serait une course dans la marge d’erreur, et ce le fut. » Non. Ce fut une déroute. Aucune distance, ni autocritique sur la stratégie suivie. Peut-être n’était-ce pas le moment. Pendant des mois, un puissant biais de confirmation a dominé dans le camp démocrate et parmi la plupart des commentateurs. Il consistait à trouver dans chaque outrance, chaque incohérence de Donald Trump la confirmation de son extrémisme, auquel les Américains ne pouvaient décemment acquiescer. Lorsque Kamala Harris parlait de la nécessité de réconcilier le pays, fatigué par le chaos de l’ère trumpiste, elle passait à côté d’une autre priorité pour une majorité de la population : manifester son insatisfaction par rapport à l’orientation choisie. Perte violente de pouvoir d’achat, modification des marqueurs identitaires, question migratoire, rejet des aventures militaires coûteuses et sans fin à l’étranger, même par procuration : tout cela a coagulé pour former un désir d’alternance. L’autopsie du désastre politique prendra du temps, côté démocrate. Elle commence par une évidence politique. A 81 ans, Joe Biden n’aurait pas dû être de nouveau candidat à l’élection présidentielle. En 2020, il avait promis d’être une figure de transition générationnelle. Il n’a pas tenu parole, sans offrir une explication claire de son entêtement, alors que ses capacités déclinaient. Enfin, son impopularité était sans espoir de retour, trop ancrée dans le temps.
  5. https://www.newstatesman.com/us-election-2024/2024/11/bernie-sanders-crashes-kamala-harriss-stubborn-farewell-speech (7 novembre 2024) Quelques minutes avant que Mme Harris ne monte sur scène, une déclaration du sénateur Bernie Sanders a commencé à être diffusée sur les téléphones des participants. Il s'agissait d'une réprimande cinglante de tout ce qu'elle s'apprêtait à dire. Le texte se lit comme suit : « Il ne faut pas s'étonner qu'un parti démocrate qui a abandonné la classe ouvrière s'aperçoive que la classe ouvrière l'a abandonnée... Alors que les dirigeants démocrates défendent le statu quo, le peuple américain est en colère et veut du changement. Et ils ont raison », a-t-il déclaré. « Les grands intérêts financiers et les consultants bien payés qui contrôlent le parti démocrate tireront-ils des leçons de cette campagne désastreuse ? probablement pas ». Les dissidents reprochent déjà à Mme Harris de s'être acoquinée avec des républicains comme Liz Cheney, d'avoir dilué le populisme économique de M. Biden et de s'être appuyée sur une communication superficielle et incohérente. De l'autre côté, les collaborateurs de Mme Harris sont déjà en train d'expliquer que c'est le refus de Joe Biden de se retirer à temps qui est à blâmer. Mais les démocrates sont en difficulté si l'accent est mis sur le moment où Joe Biden s'est retiré. Si Harris avait eu plus de temps, aurait-elle gagné ? N'y a-t-il pas un risque que plus le public aurait appris à la connaître, plus le résultat aurait été mauvais ?
  6. https://responsiblestatecraft.org/botswana-election/ (5 novembre 2024) Le Parti démocratique du Botswana (BDP), qui dirigeait le pays depuis les premières élections post-indépendance de 1966, a perdu sa majorité parlementaire lors des élections de mercredi dernier, dans un résultat stupéfiant qui va à l'encontre des analyses et des attentes préélectorales. Les relations du pays avec l'économie mondiale dépendent fortement des exportations de diamants, qui représentent 80 % des exportations totales du pays. Le marché du diamant naturel ayant souffert d'une baisse de la demande mondiale, en partie due à l'essor des diamants synthétiques cultivés en laboratoire, le pays a vu son industrie de premier plan se contracter. La baisse de la demande mondiale de diamants est l'une des principales raisons de la chute de la croissance du PIB du pays, qui est passée de 5,5 % en 2022 à 2,7 % l'année dernière. Le taux de chômage dans le pays a atteint 27 % et touche particulièrement les jeunes. Les efforts de réélection du BDP au pouvoir ont également été compromis par des divisions internes. Ian Khama, le fils du premier président du pays et prédécesseur de Masisis (Masisi a été vice-président de Khama), a publiquement critiqué Masisi sur un certain nombre de questions politiques et l'a accusé de tendances autoritaires. En fin de compte, Khama a formé un parti dissident, le Front patriotique du Botswana, qui a remporté quatre sièges lors des élections de mercredi, soit le même nombre de sièges que le BDP. Bien que stupéfiants en eux-mêmes, les résultats des élections au Botswana s'inscrivent dans une tendance générale en Afrique australe, où les partis au pouvoir depuis longtemps luttent pour conserver leur emprise sur un torrent de cris de corruption et de faibles performances économiques qui ont propulsé les partis d'opposition à s'emparer d'une plus grande part du pouvoir.
  7. On peut voir dans Reagan le comédien ou le collaborateur du FBI en tant que président du syndicat des comédiens en pleine période Maccarthyste : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ronald_Reagan#Débuts Au milieu de la période du Maccarthysme de la fin des années 1940, Reagan fournit au FBI les noms d'acteurs qu'il considérait comme étant des sympathisants communistes au sein de l'industrie cinématographique.
  8. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/ils-ont-change-le-monde/accords-de-minsk-la-defaite-de-la-diplomatie-europeenne-7048842 (15 juillet 2024) (suite) Céline Marangé 23:48 En fait le fait que les Russes et les séparatistes auraient pu aller plus loin en février 2015 et qu'il ne l'ont pas fait, eh bien Vladimir [Poutine] considérait qu'il avait fait là une concession de taille. Et que d'une certaine manière, cette concession lui donnait des droits et des avantages. Par ailleurs, il voyait ces accords de Minsk II comme une victoire personnelle, comme le signe de son habileté à négocier et à obtenir des concessions de ses adversaires. Et en fait, notamment, il a réussi à faire en sorte que les accords n'attribuent aucune obligation explicite à Moscou, et donc en fait le Kremlin pouvait d'une certaine manière se présenter non pas comme une partie au conflit, ce qu'il a toujours été depuis le début, mais comme un médiateur. 25:03 Il voulait forcer Paris et Berlin à imposer à Kyiv les renoncements qu'il exigeait. Il aurait voulu, notamment, que les dirigeants Ukrainiens discutent sur un pied d'égalité avec les représentants séparatistes autoproclamés, ça c'était inacceptable, évidemment. Et je pense que le fait que rien n'ait marché comme prévu, et que, en fait, les Européens n'aient jamais accepté de jouer ce rôle, qu'ils soient toujours en parallèle restés attachés au projet de partenariat oriental de l'Union Européenne avec ces pays, et bien ça a nourri le ressentiment du président russe. [Je n'ai pas souvenir qu'il y ait eu de clauses économiques touchant le partenariat oriental dans les accords de Minsk, et lorsqu’il y avait des échanges de prisonniers, les dirigeants Ukrainiens acceptaient d'être sur un pied d'égalité avec les dirigeant séparatistes avec qui ils se mettaient d'accord sur les détails]. 25:50 Et ça l'a sans doute convaincu, en particulier après l'échec du sommet du format Normandie en décembre 2019, que ça irait plus vite d'utiliser la force et de répéter le scénario de la Crimée à l'échelle de toute l'Ukraine. Jacques Audibert 27:26 Pourquoi on n'a pas avancé, parce qu'on a toujours refusé de tordre le bras des Ukrainiens. Évidemment on était du côté des Ukrainiens. [J'espère que la mémoire de Jacques Audibert défaille. Si les Français et les Allemands refusent de tordre le bras des Ukrainiens, comment espérer que les Russes tordent le bras des séparatistes ? Il n'y a que les alliés qui puissent tordre le bras de leurs alliés. Si ce ne sont pas les alliés qui le font, personne ne le fera] 28:12 Je pense qu'on ne sous-estime jamais assez l'incapacité des Russes à mettre en oeuvre leurs plans, c'est à dire que je ne sais pas s'ils avaient une capacité conventionnelle, opérationnelle sur le terrain pour faire ce qu'ils menaçaient de faire. Peut-être qu'il ne se serait rien passé du tout, mais ce que l'on voit ces accords de Minsk, encore une fois, comme l'a dit Mme Merkel d'une manière un petit peu directe, ces accords de Minsk, ont donné du temps à l'Ukraine pour acquérir une capacité - et ça j'en témoigne - qu'ils n'avaient pas du tout à l'époque. Vous savez on travaillait beaucoup avec les conseillers militaires. Moi je travaillais avec le général Puga qui était le chef d'état major particulier du président : ils avaient une bien piètre opinion de la manière dont ces affrontements étaient menés. 28:56 Tirer sur des villes avec de l'artillerie, c'est en gros le Moyen-Âge de la guerre, et c'est ce que ces deux forces, d'ailleurs les Ukrainiens pareil, étaient capables de faire : tirer depuis 20 km sur des villes, avec de l'artillerie. C'est le Moyen-Âge, c'est en gros ce qui est en train de se passer encore aujourd'hui. Céline Marangé 29:28 En tout cas il faut se rappeler qu'à l'époque il y avait ce projet de Novorossiya, c'est à dire toute l'extrême droite, les franges de l'extrême droite impérialiste qui tiennent aujourd'hui le haut du pavé d'ailleurs, à Moscou, était favorables à l'idée que la Russie devait pousser son avantage plus loin et aller jusqu'à Kiev. Enfin, c'est ce que plaidaient certains d'entre eux, et les dirigeants russes ont eu du mal, en fait, à imposer à tous ces volontaires - parce que du côté russe aussi, il y avait des volontaires, issus de l'extrême droite, qui se sont engagés dans le conflit - et ils ont réussi à imposer, enfin à mettre fin à cette poussée, à cette avancée. Donc est-ce que s'il n'y avait pas eu les accords de Minsk, et ce relatif gel du front, même si la guerre n'a jamais cessé, est-ce que ces personnes seraient allées plus loin ? Ils cherchaient aussi à l'époque à déstabiliser Odessa. Ils cherchaient aussi, ils ont tenté aussi de prendre Kharkhiv au tout début de la guerre, donc ils auraient peut-être pu pousser leur avantage plus loin militairement, mais on ne le saura jamais. Ce qui est sûr, c'est que ces accords, de mon point de vue, il ne faut pas les dénigrer entièrement, ils ont eu le mérite d'exister et de donner un répit à l'armée ukrainienne et de permettre aussi une négociation, qui certes n'a pas abouti, mais elle aurait pu aboutir, donc de créer un cadre de négociations avec l'Allemagne et la France.
  9. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/ils-ont-change-le-monde/accords-de-minsk-la-defaite-de-la-diplomatie-europeenne-7048842 (15 juillet 2024) (suite) Céline Marangé 11:51 Donc cette montée en puissance de l'armée Ukrainienne, elle n'a pas été facilitée par les accords de Minsk, mais en tout cas, les accords de Minsk ne l'ont pas empêchée. Jacques Audibert D'abord il faut se souvenir pourquoi on les a faits [les accords de Minsk], donc là, je vous disais tout-à-l'heure comment on a créé le chemin, en février 2015 on se dit : "il faut absolument aller plus vite et plus loin parce que les choses se dégradent. Comme l'a dit Mme Marangé les choses se dégradent sur le terrain et on est dans une situation dramatique avec des Ukrainiens qui ne sont pas... ils ne sont pas rompus à ce genre de négociations. Ils ne sont pas non plus rompus au contrôle opérationnel d'une armée sur le terrain. Quelquefois, dans les conversations qu'on a eues avec eux et on en a eu en permanence, on sentait bien qu'il y avait un flottement. 18:36 Donc on arrive à Minsk, on est accueillis par Loukachenko, et il avait préparé un immense festin et Mme Merkel et le président Hollande disent non, non, pas de festin, on travaille. Et on a passé la nuit dans le hall d'entrée, à travailler dans l'espace qui était un espace d'attente. Pourquoi ? Parce que [inaudible]. Mais la situation était était d'autant plus dramatique qu'évidemment Poutine l'a dramatisée : il a accueilli tout le monde - c'est pas lui qui accueillait, mais sa première prise de parole a été de dire : désolé, il y a 8000 soldats coincés dans la poche de Debaltsevo, il y a autour des forces d'artillerie de forces séparatistes que je ne contrôle pas, je n'y peux rien, moi russe, et ils risquent tous d'être massacrés si on ne s'entend pas ce soir. Voilà le climat d'entrée d'une négociation qui a duré 16 heures. 19:35 Lorsque quelqu'un vous dit explicitement qu'il risque d'y avoir des milliers de morts si vous échouez, vous êtes dans une situation de tension extrême, ce qui était le cas de tout le monde, mais en particulier des Ukrainiens.
  10. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/ils-ont-change-le-monde/accords-de-minsk-la-defaite-de-la-diplomatie-europeenne-7048842 (15 juillet 2024) Jacques Audibert, ancien conseiller diplomatique de François Hollande 04:44 Pourquoi on a fait Minsk ? Parce qu'auparavant on avait fait ce qu'on appelait le format "Normandie", Mme Merkel et le président Hollande ont décidé ensemble de prendre les choses en main, au moment d'une période extrêmement critique. Rappelez-vous : Porochenko est élu en mai, mais Poutine refuse de lui adresser la parole, il considère que le seul président qui compte, c'est Ianoukovitch [1], qu'il a été démis de ses fonctions de manière indue, et donc on a une possibilité de crise qui monte très fort. Si à cela on ajoute le fait que Poutine a pris la Crimée en février-mars, on a une vive tension. 07:35 Jusqu'au dernier moment, Poutine pouvait refuser de le faire [rencontrer Porochenko en Normandie le 6 juin]. 07:50 « Poutine et Porochenko se sont parlé et ils ont convenu d'une prochaine rencontre » : voilà comment ça s'est passé, mais protocolairement, c'était un cauchemar : c'était un déjeuner avec le président Obama, la reine d'Angleterre, il avait fallu faire venir Poutine un petit peu en avance pour ménager 10 à 15 minutes, où vous ne faites pas vraiment attendre la reine d'Angleterre en lui disant : désolé, il y a un rendez-vous ailleurs, ça se produira un peu plus tard, donc on était vraiment vraiment tendus, et on avait vraiment quelques minutes pour organiser ce contact. 08:20 Poutine a accepté. Il a accepté une photo, à condition qu'elle ne soit jamais publiée. Et elle n'a jamais été publiée. Céline Marangé 11:55 Les deux fois [les deux accords de Minsk] les forces armées ukrainiennes étaient en grandes difficultés. C'est à dire que les premiers accords de Minsk, Minsk I, en septembre 2014, c'était après la défaite autour d'Ilovaïsk, et les seconds accords, qui étaient censés, en fait, de mettre en oeuvre les premiers accords conclus, eh bien eux, ils ont été négociés à un moment où l'armée ukrainienne venait de subir une défaite très cuisante à Debaltseve, où les séparatistes épaulés par la Russie, armés par les Russes avaient vraiment l'avantage et pouvaient pousser... ce qui était craint à l'époque c'était qu'en fait ils puissent aller plus loin, et ces accords, en fait, ils ont été arrachés aux Russes au terme d'une nuit sans sommeil, après de longues tractations, et l'idée c'était de définir un ensemble de mesures qui permettraient d'appliquer les premiers accords conclus l'année précédente, mais surtout, d'interrompre l'offensive russo-séparatiste, donc le premier objectif, c'était d'obtenir un cessez-le-feu. 13:05 Évidemment, du fait de ce déséquilibre sur le front, les Russes avaient l'ascendant, en fait, pour imposer leur point de vue sur un certain nombre de sujets, et Vladimir Poutine ne s'est pas gêné, ne s'en est pas privé, si vous voulez. L'un des points de contentieux concernait la loi de décentralisation : il était prévu, en fait, que l'Ukraine procède à une réforme constitutionnelle de façon à inscrire la décentralisation et l'autonomie des régions séparatistes dans la loi. Et de facto, ça aurait conduit, en fait, à une forme de fédéralisation de l'Ukraine, ce qui aurait un moyen pour Moscou de garder des leviers de pression sur Kyiv et d'entraver ses aspirations à rejoindre l'Union Européenne et l'OTAN, donc si vous me posez maintenant la question de savoir pourquoi ça n'a pas fonctionné et qui est responsable, je pense qu'il y a deux raisons principales qui expliquent cet échec : premièrement, Moscou et Kiev avaient des lectures opposées des accords, et en particulier de l'ordre d'application des accords. 14:16 Et en fait Kyiv insistait pour que les clauses de sécurité, comme par exemple le rétablissement de la frontière avec la Russie ou le désarmement des combattants, pour que ces clauses de sécurité interviennent en premier [oui mais ce n'est pas ce que Kyiv a signé ! Kyiv a signé des accords de Minsk qui stipulent noir sur blanc que ces clauses doivent intervenir en dernier, pas en premier !], et Moscou de son côté entendait faire appliquer les clauses politiques et refusait en fait que les questions de sécurité viennent en premier [et dans les accords de Minsk II, Kiev a accepté et signé ces exigences de Moscou]. 16:51 Je crois qu'en fait, à l'époque, la situation comme je viens de le dire était extrêmement critique pour l'armée ukrainienne, et qu'en fait ces accords ont permis à l'armée ukrainienne de ne pas s'effondrer sur le moment, ce qui aurait eu potentiellement des conséquences politiques autrement plus graves, et par la suite, ces accords, même s'ils n'ont pas abouti, ils ont donné du temps, en fait, à l'Ukraine, et avec l'aide et l'entraînement des Britanniques, des Américains, des Canadiens, l'armée Ukrainienne a pu s'entraîner aux modes de combat de l'OTAN, se renforcer, comment dire, pratiquer la subsidiarité dans le commandement, pratiquer la dilution en défense, enfin, qui sont des choses qui lui ont permis d'encaisser le choc initial au moment de l'invasion de l'Ukraine en février 2022. [1] renforcé par l'accord du 21 février 2014 sur la résolution de la crise politique en Ukraine, signé par le français Laurent Fabius, l'allemand Frank-Walter Steinmeier, et le polonais Radoslaw Sikorski, maintenant sa présidence jusqu'à de nouvelles élections au plus tard en décembre 2014 : https://en.wikipedia.org/wiki/Agreement_on_settlement_of_political_crisis_in_Ukraine
  11. https://responsiblestatecraft.org/harris-trump-election-ukraine/ (5 novembre 2024) « Quel que soit le vainqueur, le prochain président américain sera confronté à de dures réalités en Ukraine qui exigeront un changement par rapport à la politique actuelle de M. Biden. Les Russes sont beaucoup plus nombreux que les Ukrainiens et produisent beaucoup plus de matériel militaire que l'Ukraine et ses soutiens occidentaux », souligne George Beebe, directeur du programme Grand Strategy du Quincy Institute. « Par conséquent, l'Ukraine ne peut pas gagner une guerre d'attrition avec la Russie et se dirige, tôt ou tard, vers un effondrement général en l'absence d'un accord diplomatique pour mettre fin à la guerre ou d'une décision des États-Unis d'entrer en guerre avec la Russie. " En attendant, malgré le soutien des dirigeants européens, les élections dans la région, en particulier en Allemagne - deuxième fournisseur d'armes de l'Ukraine - ont reflété l'épuisement de l'opinion publique face à la guerre, en grande partie à cause de ses impacts économiques visibles. Les sanctions contre la Russie n'ont pas « écrasé » l'économie ou l'effort de guerre de Moscou, mais ont eu des effets négatifs sur les prix de l'énergie en Europe. « Si l'on maintient le cap actuel, l'Ukraine deviendra un État failli, ce qui plongera l'Europe dans un désarroi croissant », note M. Beebe.
  12. Si Margaret Thatcher avait été en vie - ce qui est plausible, vu qu'elle est plus jeune que Jimmy Carter et que Jimmy Carter est toujours en vie - elle aurait favorisé les solutions diplomatiques, plaçant la Grande-Bretagne aux côtés de la France et de l'Allemagne dans le format Normandie, au lieu de le bouder [1], en luttant contre le sabotage par les Américains des accords de Minsk [2]. Pourquoi ? Parce qu'elle n'avait pas froid aux yeux : elle n'avait pas peur de s'opposer aux Américains. Autre exemple à propos de l'invasion de la Grenade [3]. [1] https://responsiblestatecraft.org/britain-russia/ (9 juin 2024) Comme le raconte Proud, les dirigeants britanniques à Londres se sont ingéniés à s'exclure des négociations qui ont mené à Minsk, ce qui signifie que les Britanniques n'ont joué que peu ou pas de rôle dans les divers efforts visant à trouver des moyens de mettre en œuvre les accords. La seule contribution britannique majeure à l'histoire désolante des accords de Minsk a été de persuader le Conseil européen de l'UE de convenir que les sanctions contre la Russie ne seraient pas levées tant que Minsk n'aurait pas été pleinement mis en œuvre. Kiev s'en est réjoui et a été incité à bloquer la mise en œuvre des accords de Minsk afin de verrouiller les sanctions occidentales contre la Russie. [2] http://www.lopinion.fr/edition/international/ukraine-guerre-peut-elle-repartir-98998 (28 mars 2016) Les autorités ukrainiennes jouent la montre – des diplomates français parlent, en privé, de « manœuvres dilatoires » – et réinterprètent les documents signés. C’est notamment le cas en ce qui concerne le contrôle de la frontière avec la Russie, dont Kiev fait un préalable à l’organisation d’élections dans le Donbass alors qu’il doit être restauré au lendemain du scrutin selon les termes de l’article 9 des accords de Minsk. A l’automne dernier, le sherpa de François Hollande, Jacques Audibert, a appelé son homologue américain Susan Rice à la Maison Blanche pour lui faire part du mécontentement de Paris face aux messages, jugés déloyaux, que ferait passer Victoria Nuland à Kiev sur les accords de Minsk. [3] https://en.wikipedia.org/wiki/United_States_invasion_of_Grenada « Je ne peux pas cacher que je suis profondément troublée par votre dernière communication. Vous m'avez demandé mon avis. Je vous l'ai exposé et j'espère que, même à ce stade tardif, vous en tiendrez compte avant que les événements ne soient irrévocables »
  13. Même Margaret Thatcher, tenant tête à Ronald Reagan, était pour le gazoduc "parce qu'elle a vraiment envie de voir le problème comme un problème de souveraineté énergétique européenne" :
  14. Sous l'inspiration de Tucker Carlson qui avait fait un show télévisé pour s'opposer à une entrée en guerre contre l'Iran.
  15. J'avais noté que les propositions de Donald Trump en matière de tarifs douaniers sur les automobiles chinoises avaient bien vite été reprises par les démocrates, jusqu'à Joe Biden : https://forum.air-defense.net/topic/22849-relations-et-rivalité-chine-etats-unis/page/24/#comment-1720726- https://forum.air-defense.net/topic/22849-relations-et-rivalité-chine-etats-unis/page/24/#comment-1725637 Dont ces remarques à propos du Mexique :
  16. Les énergies renouvelables vues par Jean-Marc Jancovici (c'est la cerise sur le gâteau, mais malheureusement, ça remplace pas le gâteau) : source : https://www.theguardian.com/environment/2024/oct/19/world-without-end-fossil-fuel-arrives-uk-comic-france-nuclear Et cette réflexion sur le Danemark, qui réclamerait certes une mise à jour parce qu'elle date de 2012-2014, mais qui me parait typique de la manière d'utiliser les énergies renouvelables pour faire du green washing, pour faire l'arbre qui cache la forêt et l'éléphant dans la pièce : https://www.theguardian.com/world/2014/jan/27/scandinavian-miracle-brutal-truth-denmark-norway-sweden Selon un rapport de 2012 du Fonds mondial pour la nature, les Danois ont la quatrième plus grande empreinte écologique par habitant au monde. Ils devancent même les États-Unis. Ces éoliennes offshore peuvent sembler impressionnantes lorsque vous atterrissez à Kastrup, mais le Danemark brûle énormément de charbon. Cela vaut la peine de s'en souvenir la prochaine fois qu'un Danois agitera le doigt contre votre chauffage de terrasse. Donc beaucoup de gens qui ont pris des décisions sur la guerre d'Ukraine et par ricochet sur l'approvisionnement en gaz russe de l'Europe, sont des gens qui se font des illusions sur les énergies renouvelables. Donc ce sont en grande partie des gens qui ne comprennent pas le problème qui ont pris les décisions.
  17. Pour préciser, c'est juste parce qu'étant donné qu'on achète la plupart de nos appareils électroménagers en Chine [1], il faudra bien qu'on paie les Chinois d'une manière ou d'une autre. Je parle chinois. J'ai vécu quelques temps en Chine. La culture chinoise me convient parfaitement. Donc c'est pas contre les Chinois que je dis ça. [1] et les jouets : https://www.tf1info.fr/conso/video-tf1-reportage-jouets-non-conformes-faut-il-se-mefier-des-plateformes-chinoises-shein-et-temu-2331888.html
  18. C'est peut-être parce que c'est le seul pays qui a encore une industrie (enfin avec l'Italie). C'est facile de dire "nous on ne croit pas au gaz" quand on n'a pas d'industrie. Mais cela trahit un esprit de capitulation face au phénomène de désindustrialisation. Couper le gaz entre la Russie et l'Allemagne, c'est accélérer la désindustrialisation de l'Europe, pour en faire un paradis pour touristes chinois, appauvri, et incapable de produire quoi que ce soit.
  19. https://www.asahi.com/ajw/articles/15497062 (6 novembre 2024) Le nombre annuel de naissances dans le pays passera [en 2024] sous la barre des 700 000 pour la première fois depuis 1947, date à laquelle des statistiques comparatives ont commencé à être disponibles. En 2022, le nombre de naissances était passé sous la barre des 800 000 pour la première fois.
  20. Ma réaction (suite) 3) Le héros de la soirée, c'est Dean Phillips, car il avait vu avant tout le monde que le parti démocrate devait organiser une primaire compétitive pour sélectionner un candidat jeune et compétent, de façon à tourner la page Biden : -
  21. Ma réaction : 1) Je ne suis pas très surpris car le raisonnement d'Alexis qui suggérait une avance cachée de Trump malgré des sondages mettant Harris en tête m'avait assez fortement séduit : 2) La guerre civile a été évitée :
  22. https://www.eurotopics.net/fr/328941/estonie-les-russes-prives-de-droit-de-vote (5 novembre 2024) En Estonie, la coalition gouvernementale souhaiterait priver les citoyens russes et biélorusses du droit de vote aux scrutins municipaux. On ignore si cette mesure concernerait aussi les "non-citoyens" – statut accordé aux ex-citoyens soviétiques non-estoniens et à leurs descendants après l'indépendance. Quoi qu'il en soit, la mesure nécessite une révision constitutionnelle, sur laquelle le Parlement doit se prononcer. Les médias du pays en débattent. Dans Õhtuleht, Liia Hänni, l'une des corédactrices de la Constitution estonienne, y voir une atteinte aux droits fondamentaux : « Donner le droit de vote à tous les habitants permanents aux élections municipales n'a pas été une erreur faite jadis par l'assemblée constituante, contrairement à ce que prétendent certains 'experts', mais une décision prudente, qui tient compte de la responsabilité des communautés locales dans l'organisation de leur propre vie, ainsi que des réalités dans un grand nombre de villes et de communes d'Estonie. ... La révision active de la Constitution avant les élections municipales de l'automne 2025 est un exemple notoire de la volonté de certains partis politiques de remodeler le corps électoral juste avant un scrutin, en instrumentalisant l'émotion suscitée par l'agression russe en Ukraine ».
  23. https://www.eurotopics.net/fr/328851/presidentielle-moldave-quel-impact-aura-la-victoire-de-maia-sandu Le mandat qui attend la présidente ne sera pas une partie de plaisir, juge G4Media.ro (Roumanie, 4 novembre 2024) : « Sandu devra présider un pays profondément divisé. Sans les voix des Moldaves de l'étranger, Sandu ne serait jamais devenue présidente. Le candidat pro-russe [Alexandr Stoianoglo] aurait alors obtenu la majorité des voix. En d'autres termes, Sandu dispose d'une base fragile dans le pays, la majorité des citoyens vivant dans le pays étant même opposés à elle. Dans un contexte politique aussi tendu, il est difficile de mener de grandes réformes. Comme on ignore du reste si la diaspora se mobilisera autant la prochaine fois, Sandu devra veiller à ne pas s'attirer davantage les inimitiés d'une partie de la population ». Il est préférable de ne pas donner de perspective d'adhésion à la Moldavie à l'heure actuelle, fait valoir Frankfurter Allgemeine Zeitung (Allemagne, 4 novembre 2024) : « A moyen terme, l'UE n'est pas en mesure de s'élargir. La venue d'un nouveau membre à part entière, grand ou petit, susceptible de bloquer les décisions avec son droit de veto, nuirait à ses processus décisionnels. De plus, le sentiment prorusse reste fort en Moldavie, comme l'a montré il y a deux semaines le référendum sur l'adhésion à l'UE, qui a failli échouer. Une aide réaliste et durable à la Moldavie, voilà ce qui est nécessaire. Par exemple par une amélioration significative des voies de communication avec la Roumanie, les deux pays étant historiquement liés ».
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