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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Les fans du A-10 Thunderbolt II auront des regrets pendant longtemps ! Bon, ceci dit, les fans d'Iskander et de Kinjal à ogive nucléaire aussi auront des regrets. Car la suite aurait probablement été assez détonante, dans le genre tactique certes, mais tout de même ... -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Il est permis de se demander quels dialogues exactement les expressions « sa très grande détermination », « prendre le contrôle » et « s’aggraver » recouvrent. Le langage diplomatique élude et adoucit. L’original était probablement assez violent. Le canal de communication est maintenu, et le président français est le seul dirigeant occidental à qui le président russe parle encore, mais cela ne veut pas dire qu'on échange mamours et ronds-de-jambe... Il s'agit d' "«exigences supplémentaires» à sa liste de demandes envers Kiev". Si les mots ont été retranscrits précisément - il est vrai que c'est un "si" - les exigences ne peuvent pas être adressées à d'autres pays que l'Ukraine. Reste que les exigences sont déjà si lourdes - reconnaissance du rattachement de la Crimée et de l'indépendance des RPD et RPL, neutralité, démilitarisation et livraison de tous les politiciens et militants ukrainiens qui ont l'heur de déplaire au président russe "dénazification" - qu'il serait difficile de les aggraver encore. Mais c'est encore possible j'imagine ... Exactement. Les exigences de Moscou sont suffisamment radicales pour que les interlocuteurs les refusent à coup sûr. Ce qui ne laisse plus que la guerre. Et la guerre permet d'imposer ses conditions, quels que soient les refus initiaux. ... A condition de l'emporter, bien sûr. Poutine est certain de la victoire en Ukraine. En Russie, c'est moins sûr. Cependant même dans le meilleur des cas - sauf miracle naturellement - il faudra beaucoup de temps pour que les Russes chassent Poutine du pouvoir. Et comme je l'ai déjà dit, cela tardera encore plus du fait du choix qui a été fait de la stratégie de guerre économique à outrance. L'économie russe va en effet partiellement s'effondrer, les contrecoups ainsi que les ripostes économiques de Moscou étendront l'instabilité économique à l'Europe au moins, au Monde probablement. Mais c'est de l'Histoire désormais. Le coup est parti. Il n'est déjà plus possible de revenir dessus, de même que Poutine ne peut pas dire "Euh attendez j'ai été trop loin pouf pouf on efface tout et on recommence". Nous allons vivre les conséquences, de l'invasion décidée par Poutine comme de la guerre économique décidée par "notre camp". Il semble que du point de vue de Poutine, Macron soit le seul point de contact restant avec le camp d'en face. Même s'il a fait un choix extrêmement radical, même si la question de son état psychologique peut être posée, il se rend probablement compte que ce point de contact est indispensable. Il serait encore plus dangereux que le président russe n'ait strictement plus aucun interlocuteur ! -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Environ 80% de la population russe vit à l'ouest de l'Oural, soit 120 millions de personnes. Ajoutant l'Ukraine et la Biélorussie, on arrive déjà à 25% des moins de 700 millions de personnes qui vivent à l'ouest de l'Oural. Donc c'est à peu près du 3/4 - 1/4. Et oui, De Gaulle (l'Europe de l'Atlantique à l'Oural) est toujours en train de pleurer, de même que Gorbatchev (maison commune) ... Il me semble que tu détailles pas mal d'idées intéressantes pour chercher des solutions. Le problème à mon sens, c'est la volonté d'y aller. Et oui je parle avant tout de Monsieur P. Les exigences des propositions de traité de décembre étaient faites pour être refusées, et "justifier" l'agression. De même, les exigences répétées par Poutine à Macron sont faites pour être refusées, et ainsi "la Russie est bien obligée de continuer son opération militaire, puisque personne n'est raisonnable en face". Je ne crois pas qu'il y avait beaucoup d'avenir pour les négociations en mai 1940 entre Paul Raynaud et Adolf. Ni en mars 2003 entre Saddam Hussein et George. Je crains qu'il n'y en ait pas davantage maintenant entre Volodymir Zelenski et Vladimir. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Je m'auto-cite, mais c'est pour une correction. Maintenant, 4 avertissements en une semaine Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé jeudi que les dirigeants occidentaux pensaient à une guerre nucléaire dans le cadre du conflit avec la Russie. «Tout le monde sait qu'une troisième guerre mondiale ne peut être que nucléaire, mais j'attire votre attention sur le fait que c'est dans l'esprit des politiques occidentaux, pas dans celui des Russes», a-t-il dit lors d'une conférence de presse en ligne. Toujours ce doute à l'arrière de mon esprit... les dirigeants russes ont l'air rationnel et posé - Lavrov en particulier - donc dire que l'Occident a des projets d'attaque nucléaire contre la Russie devrait être de leur part de la simple propagande grossière. Et d'un autre côté, le risque de commencer à croire à sa propre propagande existe c'est bien connu ... Sinon, déclarations du président Zelensky (même lien) La Russie va payer pour tous les dommages infligés à l'Ukraine, a affirmé jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, tout en promettant de «reconstruire chaque immeuble» détruit par les frappes russes. «Nous allons reconstruire chaque immeuble, chaque rue, chaque ville et nous disons à la Russie: apprenez le mot ''réparations''», a-t-il déclaré dans une adresse vidéo. «Vous allez nous rembourser pleinement tout ce que vous avait fait contre notre Etat, contre chaque Ukrainien», a-t-il poursuivi. Bon pour le moral des Ukrainiens, probablement. Mais portnawak sur le fond bien sûr, la France n'a jamais obtenu un remboursement moindrement en rapport avec les énormes destructions infligées par l'Allemagne dans sa partie Nord-Est pendant la première guerre mondiale - et en Belgique c'était pire - en dépit du fait que l'Allemagne avait perdu et Paris pouvait dépêcher des troupes dans la Ruhr pour faire pression. En plus, ce n'est pas précisément la position de l'Ukraine actuellement. La date n'est pas 1923 pour eux, plutôt fin mai 1940 -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
A Mykolaïv (Nikolaev en russe), les frappes et/ou les combats durent déjà depuis 4 / 5 jours. Mais c'est justement ce type de stratégie "piéton imprudent" que Biden a expressément refusé plusieurs fois avant et après le déclenchement de l'invasion. Et c'est contre ce genre de stratégie que la Russie a émis 3 avertissements nucléaires en moins d'une semaine. Le message de Moscou est d'une clarté lumineuse : si vous tentez cela, j'écrase vos détachements sur place. Et si vous voulez contre-attaquer, rappelez-vous que je suis une puissance nucléaire. Personne ne va prendre un tel risque. Oui, il y a d'ailleurs des exemples historiques d'armées "en glandouille" qui finissent par être activées et prendre un rôle important. Ainsi le détachement français en Grèce pendant la première guerre mondiale, surnommé "les jardiniers de Salonique" parce qu'ils n'en fichaient pas une rame alors qu'on mourrait en masse sur le front en France. Mais qui eurent ensuite un rôle crucial dans l'effondrement rapide de l'empire d'Autriche-Hongrie. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Je ne sais pas si ça a sa place dans ce fil ou dans l'autre. Comme il ne s'agit vraiment pas de géopolitique j'ai choisi celui-ci. La foule en arrière-plan scande "Non à la guerre". Ce n'est qu'un symbole, mais il est assez remarquable. Reste à savoir bien sûr si beaucoup de Russes l'apprendront, et ce qu'ils en penseront. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Pour rappel Une autre chose à se rappeler, c'est qu'au début de la progression américaine en Irak à partir du 19 mars 2003 - qui fut assez fulgurante, avec le recul - il y a aussi eu des critiques comme quoi "les Américains s'enlisent" et autres "ça prend trop de temps". La raison fondamentale était la même dans les deux cas. Au delà de soucis réels qui peuvent exister, ou de la simple friction de toute opération militaire, une Blitzkrieg historiquement c'est une conquête en quelques semaines... ce qui est déjà terriblement long comparé au rythme médiatique. J'avais remarqué -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Les options de riposte nucléaire ne se limitent pas nécessairement à la destruction des États-Unis et des autres pays de l'OTAN. Même dans la doctrine française de dissuasion ce n'est pas le cas. En cas d'intervention militaire occidentale dans la guerre de la Russie en Ukraine, Moscou pourrait effectuer une frappe d' "ultime avertissement" sur une ou plusieurs cibles situées ailleurs que dans l'un des trois pays nucléaires de l'Alliance atlantique. Par exemple, des bases aériennes en Europe centrale ou occidentale (telle Rammstein en Allemagne) ou des concentrations de troupes de l'OTAN en Ukraine. Je ne dis pas que Poutine l'ordonnerait vraiment. Je dis que je ne le sais pas, et que la menace a une certaine crédibilité vu le capital politique énorme engagé par le président russe dans cette guerre et le fait qu'une intervention militaire occidentale pourrait probablement empêcher la victoire de la Russie. Les estimations de coût du palais de Guelendjik vont de 350 millions à 1 milliard de dollars. Je suppose que les "29 milliards" désignent des roubles. Ca correspondait à peu près à 350 millions de dollars avant la chute des derniers jours. Pas d'accord. C'est un message destiné à garantir contre le risque d'une stratégie "piéton imprudent", qui verrait les Etats-Unis (voire un autre pays) déplacer tout à coup des unités militaires au beau milieu de l'Ukraine, comptant que Moscou n'osant alors pas les attaquer le premier, son invasion de l'Ukraine échouerait. Un peu comme le déploiement russe en Syrie à partir de 2015 était entre autres choses une stratégie du piéton imprudent. Biden a déclaré dès le début qu'aucun soldat américain ne serait déployé en Ukraine. Mais à la place de Poutine, il est possible de se poser la question si c'est vrai, ou si le président américain pourrait avoir préparé une petite surprise pour bloquer le projet du président russe. Je ne pense pas que Biden pourrait être tenté. Mais Poutine lui a déjà pratiqué cette stratégie, il serait peut-être prêt à recommencer si c'est des États-Unis qu'il était le président... donc ce scénario l'inquiète, et il tente de le parer. Les messages nucléaires sont destinés à convaincre que si Washington ou quelque autre capitale tente un piéton imprudent, Moscou s'en fichera et passera sur le corps des unités occidentales déployées. "Et si vous comptez alors escalader, j'ai le doigt sur le bouton !" Je ne sais pas s'il y serait prêt, mais je ne vois pas dans quel scénario cela pourrait être nécessaire si la Russie ne doit faire face qu'aux Ukrainiens, sans qu'aucun autre pays ne devienne belligérant. La supériorité militaire russe en Ukraine est quand même assez écrasante, les résultats sur le terrain obtenus en moins d'une semaine sont énormes - au moins aussi rapides que ceux obtenus par les Américains en 2003 en Irak dans le même laps de temps - les pertes sont certainement importantes mais cela avait clairement été anticipé - voir les déploiements d'unités médicales repérés avant le déclenchement de l'invasion. Il paraît difficile d'imaginer que la Russie ait besoin de plus de quelques semaines pour achever la conquête. Ce sera probablement en avril je dirais, tenant compte de la résistance des Ukrainiens et des difficultés de la logistique russe. Voire avant fin mars en cas d'effondrement ukrainien. Les États-Unis n'ont eu aucun besoin de passer au nucléaire contre l'Irak en 2003, la Russie n'en a pas besoin non plus aujourd'hui. Tout à fait d'accord. Les scénarios "à faible probabilité" et "possible théoriquement mais bon" se réalisent parfois. C'est ainsi que beaucoup de commentateurs et analystes qualifiaient le scénario d'invasion complète de l'Ukraine jusqu'au 23 février. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Sur le risque nucléaire dans la crise actuelle, voici un petit document, ainsi qu'un avis personnel. 1) Le document, c'est ce passage d'un entretien de Vladimir Poutine avec Vladimir Soloviev - l'un des principaux journalistes de la TV russe, naturellement parfaitement "aux ordres" - en 2018. Le sujet vient sur les armes nucléaires. A partir de 0'45'' - utilisez les sous-titres automatiques en russe et la traduction automatique dans la langue que vous préférez - le président russe dit : "En ce qui concerne ce thème - il est bien sûr très important, très sensible - je veux vous dire ceci, et qu'on le sache, chez nous et à l'étranger. Nos plans - j'espère que cela n'arrivera jamais, mais les plans théoriques - de ce qu'on appelle la contre-attaque. Qu'est-ce que ça signifie ? Ca signifie que la décision d'utiliser des armes nucléaires ne peut être prise que dans le cas où notre système d'alerte détermine non seulement le lancement de fusées, mais leur trajectoire et temps de vol jusqu'au territoire de la Fédération de Russie. C'est ce qu'on appelle une contre-attaque." "C'est-à-dire, si quelqu'un a décidé de détruire la Russie. Alors nous avons le droit légal de répondre. Oui, pour l'humanité ce sera une catastrophe globale. Pour le monde ce sera une catastrophe globale. Mais je continue à parler en tant que citoyen de Russie, et chef d'Etat de la Fédération de Russie. Et je dois alors poser la question..." "Qu'avons-nous besoin du monde, si la Russie n'y est pas ?" L'expression de Poutine au moment où il prononce "contre-attaque" est à 1'20''. La formule finale est prononcée à partir de 2'13''. Le regard de Vladimir Poutine à ces moments vaut d'être vu. Cette déclaration est, reconnaissons-le, la simple expression de la doctrine de destruction mutuelle assurée. Et un chef d'Etat qui pourrait se retrouver en position de décider de la mort de centaines de millions d'hommes a tout intérêt à faire le nécessaire pour convaincre qu'il y serait vraiment prêt, qu'il a la dureté voire la part de folie nécessaire. Pour pouvoir dissuader efficacement, justement. Je trouve simplement que Vladimir Poutine y parvient très bien. 2) Les principaux personnages de l'Etat russe en sont à trois avertissements nucléaires en moins d'une semaine. C'était Poutine lui-même, dans son discours de début de guerre diffusé le 24 février, où il a affirmé que quiconque tenterait d'intervenir en Ukraine alors que la Russie y fait la guerre s'exposerait à des conséquences "comme vous n'en avez jamais connu dans toute votre Histoire". A nouveau le 27 février, lorsqu'il a mis en scène l'ordre de relever le niveau d'alerte de la dissuasion nucléaire russe, en réaction disait-il à des "déclarations agressives de hauts responsables de l'OTAN" Enfin, le ministre des Affaires étrangères Lavrov a dit aujourd'hui 2 mars que "la troisième guerre mondiale sera une guerre nucléaire dévastatrice" Pourquoi ? Le message semble le même à chaque fois. Il s'agit de rappeler - tous les trois jours - que la Russie utiliserait des armes nucléaires si une puissance militaire intervenait en Ukraine. Si le message est répété, c'est probablement pour renforcer sa crédibilité, et pour dissuader de toute tentation tout pays qui imaginerait par exemple s'impliquer "juste un peu", ou encore profiter de telle vulnérabilité temporaire des forces d'invasion, tel cet "embouteillage monstre" de blindés à l'ouest de Kiev faisant une cible rêvée pour des bombardiers. Et ça marche. Non seulement Biden répète une nouvelle fois qu'il n'est pas question d'intervenir militairement en Ukraine - lui aussi répète en boucle le même message - voir son allocution au Congrès le 1er mars "Laissez-moi être clair, nos forces ne sont pas engagées et ne s'engageront pas dans un conflit avec les forces russes en Ukraine" mais le président polonais "clarifie" qu'il n'est en fait pas question de fournir des avions de chasse aux Ukrainiens "Nous n’envoyons pas d’avions à réaction en Ukraine car cela ouvrirait une ingérence militaire dans le conflit ukrainien. Nous ne participons pas à ce conflit. L’OTAN n’est pas partie à ce conflit" Ce n'est pas que fournir quelques avions de chasse serait équivalent à entrer en belligérance, cela en serait assez loin. Mais c'est que ce n'est pas suffisamment éloigné de la belligérance. Donc, autant ne pas le faire, afin de ne surtout pas courir le moindre risque qu'il y ait une quelconque ambiguïté. Le dialogue pourrait être résumé ainsi : Russie : "Aucune intervention militaire dans ma guerre en Ukraine, sinon je passe au nucléaire" Alliance atlantique : "Bien compris" Russie : "J'avais oublié de vous dire, n'intervenez PAS dans ma guerre en Ukraine, sinon récolte de champignons" Alliance atlantique : "Oui, nous avons bien compris. Vous pouvez être sûrs que nous n'interviendrons pas !" Russie : "Nan mais vous avez encore l'air pas tout à fait convaincus... Vous êtes sourds ou quoi ? J'ai dit AUCUNE intervention militaire !" Alliance atlantique : "Mais oui, on a parfaitement compris, on vous jure ! On n'intervient pas c'est promis !" Les armes nucléaires ont cette propriété remarquable de concentrer l'attention de tout le monde. Vladimir Poutine en use, voire en abuse. Et il est visiblement adepte de la méthode "ceinture et bretelles", deux précautions valent mieux qu'une, et un message répété tous les trois jours ne s'en imprimera que mieux dans les esprits. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
La guerre américaine contre l'Irak est terminée, bien sûr. Si elle n'est pas hors sujet, c'est pour deux raisons : 1) Elle est assez récente pour que je m'en souvienne très bien, et je ne pense pas être le seul. Le sac de Bagdad par un fils de Gengis Khan en revanche, je ne suis pas sûr de m'en souvenir très bien ... 2) Surtout, les inconvénients subis par les Américains du fait des réactions internationales étaient inexistants (quelques pays qui disent "vilain pas beau", puis se taisent rapidement, de peur de déranger). Leurs seuls problèmes résultaient de l'occupation. Ce qui laisse ouverte la possibilité que Moscou se dise deux choses "Ouais ça râlera, et on nous mettra des sanctions, mais ça finira par passer après quelques années" et "On n'aura pas de mal à convaincre les Ukrainiens au bout de quelques années, une fois établi un régime stable et éliminés quelques récalcitrants" Il est d'ailleurs tout à fait possible qu'il s'agisse de deux erreurs ! L'avenir le dira. Mais la réaction, disons, très polie à l'agression américaine contre l'Irak, ou plus récemment à l'agression saoudienne contre le Yémen, a pu contribuer à encourager ces erreurs. Même si certes Vladimir Poutine aurait pu, aurait du comprendre que les Ukrainiens c'est différent des Irakiens ou des Yéménites, étant donné qu'ils sont Bl... pardon, je veux dire étant donné que c'est beaucoup plus proche de chez nous ! (Pfffiou, j'ai failli en dire trop ) -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Je dirais plus simplement la FCO La F... China Organization Nan, autant dire les choses, hein Il va de soi que la France ne doit pas permettre une telle évolution. J - 39. Faut comprendre Certains responsables politiques ne perdent décidément pas le Nord Je pense que c'est ce qui s'appelle un vœu pieux. La réalité peut être désagréable. Elle est même extrêmement dure pour les Ukrainiens. Mais on ne peut rien faire sans la prendre en compte. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Toute raison n'a peut-être pas disparu, mais je crains que ça ne change pas grand'chose au résultat final. Les Russes n'acceptent de vendre leur gaz en échange d'euros, de dollars ou de yuans que pour une raison, c'est qu'en échange ils peuvent ensuite acheter divers produits et services. Ces achats ne sont plus possibles à partir du moment où les banques russes sont déconnectées du système Swift, voire où toute banque qui d'accord avec une banque russe utiliserait un autre système pour réaliser des transactions peut elle-même être cible de sanctions. Bref, les Russes ne peuvent désormais plus échanger leur gaz, pétrole, ou autres matières premières que contre des signes électroniques (euros, dollars...) qui ne leur serviront à rien. A mon avis, le gaz ne va pas continuer longtemps à arriver dans les tuyaux. Vladimir Poutine est peut-être fou, mais il n'est pas stupide. Sauf bien sûr à s'entendre avec la Chine pour leur vendre des matières premières quand même, et que Pékin s'arrange pour protéger ces transactions des sanctions américaines ou européennes. Ce que Pékin devrait arriver à faire - et il obtiendra en échange une belle ristourne. Sauf bien sûr à s'entendre avec d'autres clients, y compris en Europe et aux Etats-Unis, pour échanger autrement. Les barres d'or par exemple, ça peut se livrer en Russie non ? Les bitcoins aussi. Ou le troc pourquoi pas ? 1973, 2009, 2020... et 2022 -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Il faut croire qu'il en est des nazis comme des chasseurs... il y a les bons et il y a les mauvais Voir aussi le traitement médiatique ici du bataillon Azov et de Pravy Sektor en Ukraine ou de Jobbik en Hongrie Les nazis que les libéraux mondialistes préfèrent ignorer Le principe est universel Le secrétaire d'État, Sumner Welles, a dit un jour : "Somoza est un salopard !" Et Roosevelt a répondu : "Oui, mais c'est notre salopard." -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
On peut toujours ce matin accéder à RT depuis la France. J'entends... à la version russe de RT, qu'il est ensuite aisé de traduire en français (clic droit + "traduire en français"). C'est intéressant parce qu'il s'agit d'un média gouvernemental à usage interne. Non pas une version "adaptée" à l'influence sur l'audience française, non pas un média se voulant "neutre" (dans les limites autorisées...) comme Kommersant.ru sans parler d'un média oppositionnel comme NovayaGazeta.ru, mais ce que le pouvoir russe veut présenter à sa population. Il y a à boire et à manger dans ce discours, c'est le moins qu'on puisse dire. Je ne fais aucun commentaire sur les déclarations de politique intérieure de Malhuret - ce serait contre les règles du forum, surtout à moins de deux moins d'une présidentielle. Je ne relaierai pas davantage de discours de responsable politique français par exemple opposé à Malhuret, toujours pour la même raison de respect des règles du forum. Sur le reste : Description cinglante et juste de la personnalité de Poutine, faux dur et vrai parano. Et oui, en envahissant l'Ukraine il met vraiment en danger le système de pouvoir qu'il a construit, à long terme. Je mets un point d'interrogation ici. Si l'on regarde l'état d'esprit général actuel, c'est-à-dire la réaction sur l'instant, Malhuret a évidemment raison. En ce qui concerne le moyen et long terme, nul ne sait encore si la fureur et le scandale se mueront en détermination partagée, volonté dans la durée et "union nationale". Sur ce dernier point, les déclarations de Malhuret lui-même montrent bien que c'est mal parti. C'est ici l'occasion de se réjouir une fois de plus que la France, à la différence de la Russie, ait un régime démocratique, qui protège les opposants et les oppositions. Car ce discours a exactement la même tonalité que le discours du gouvernement russe envers ses oppositions à lui. Qui sont accusés, et on pourrait dire insultés, exactement dans les mêmes termes Ce sont les institutions démocratiques de la France, et rien d'autre - surtout pas les bonnes dispositions de personnes comme Claude Malhuret - qui font que les opposants ont chez nous toute liberté de s'exprimer, accès aux médias, protection contre l'assassinat et l'emprisonnement arbitraire etc. A la différence des opposants au gouvernement russe. L'opposition géopolitique structurelle à l'échelle du Monde est déjà et sera de plus en plus l'opposition entre Etats-Unis et Chine, avec à leur suite les pays qu'ils réussissent par menace, intérêt ou - le plus efficacement - idéologie à placer dans leur mouvance. Et un troisième groupe de pays recherchant l'indépendance vis-à-vis des deux Grands et de leur lutte impitoyable pour la prééminence, se gardant d'être confondus dans la croisade de l'un comme de l'autre. Sachant que peu de Français souhaitent que Paris se place dans la mouvance de Pékin, notre pays n'a qu'une alternative : soit devenir davantage un affidé de Washington et instrument de sa grande querelle, soit se placer parmi ceux qui recherchent l'indépendance et peuvent se soutenir et s'aider mutuellement. Malhuret défend mordicus le premier terme de cette alternative. Dont acte. Je ne pleurerai pas sur le sort de RT et Spoutnik. Je remarque tout de même en passant que pendant la guerre froide, la France n'avait pas interdit l'Humanité. Mon impression générale est qu'à l'époque, nous avions le cuir un peu plus épais. L'action d'un Brutus, rien d'impossible. Je ne surestimerai pas la probabilité, car les "scénarios idéaux" rose bonbon se réalisent assez rarement. Quant à l'action du peuple russe lui-même, le type de guerre économique contre la Russie que nous avons entamé sous les exhortations et les applaudissements d'hommes politiques comme Malhuret la rend beaucoup moins probable. Effet classique et prévisible de la guerre économique ("sanctions" visant l'économie d'un pays plutôt que simplement les avoirs et intérêts de ses dirigeants), vérifié maintes fois. La guerre pour l'indépendance ukrainienne, ils peuvent la gagner en effet, de même que les Polonais ont gagné la guerre pour leur indépendance après la répression de leur révolte de 1830 écrasée dans le sang ("L'ordre règne à Varsovie") Mais ils ne la gagneront que sur le long terme, en restant fermes dans leur volonté collective dans les années (au mieux) voire les décennies qui viennent. Comme les Polonais l'ont fait. En 1830, certains libéraux / bonapartistes en France, défenseurs de la liberté des peuples, romantiques, attachés au sort de la Pologne cette fidèle alliée de Napoléon, voulaient partir la libérer manu militari. Ils ont été raisonnés, car la France n'était pas en position de partir en guerre contre la Russie, et les conséquences du départ en guerre auraient été négatives. Ce dont certains libéraux / bonapartistes / romantiques n'avaient cure, parce qu'ils considéraient que s'opposer au mal était une action justifiée d'avance, justifiée en elle-même, quelles qu'en soient les conséquences. En 2022, cette mouvance libérale / romantique / bonapartiste l'emporte dans toute l'Europe, sous la forme de la décision de guerre économique à outrance (l'option de la guerre militaire était trop démente même pour la plupart des partisans de cette mouvance). Ceci sans considération des conséquences probables, pourtant assez claires au vu de l'historique des guerres économiques comme de la fragilité des flux économiques mondiaux. Il y a la morale de la pureté et la morale des conséquences. Ce qui est juste, est-ce l'action même de s'opposer au mal - pardon au Mal - en elle-même et quelles que soient les conséquences, et alors tout autre choix que la montée aux extrêmes doit-il être dénoncé comme faiblesse coupable ? Ou est-ce la politique dont les conséquences peuvent être évaluées avoir les meilleures chances d'être positives, et s'agit-il avant tout de réfléchir à ce qui est vraiment possible et comment l'atteindre ? Partir la fleur au fusil sous les balles, c'est beau paraît-il. Enfin disons du moins que c'est dénué de faiblesse coupable. ... Mais est-ce ainsi que nous avons gagné la Première Guerre mondiale ? -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
La question ne m'était pas destinée, mais j'y réponds quand même. 1. Pour "dissuader la Russie de continuer ses actes en Ukraine" ==> rien. En effet, l'objectif n'est pas atteignable, ni par pression militaire (que Biden et al. excluent à raison), ni par pression économique (la guerre économique actuelle n'empêchera pas Moscou d'achever la conquête de l'Ukraine), ni par pression médiatique (quelques semaines ne suffiront pas pour faire comprendre aux Russes la réalité de ce que fait leur gouvernement) 2. La première règle est comme toujours ==> ne pas nuire. Donc pas de guerre économique à outrance qui ne ferait que plonger l'Europe voire le monde dans une crise économique laquelle ne diminuerait pas l'ascendant actuel du pouvoir russe sur sa population - ça pourrait même l'augmenter - mais générerait toutes sortes de problèmes voire de crises nouvelles éventuellement inattendues 3. Ensuite ==>empêcher l'aggravation de la situation, c'est-à-dire l'extension des agressions russes à d'autres pays. En pratique, déploiements militaires significatifs ouest-européens (et américains s'ils l'acceptent) dans les pays de l'Alliance atlantique limitrophes de Russie et Ukraine + la Moldavie si elle l'accepte 4. Militaire à moyen terme ==> augmenter le coût pour la Russie de maintenir l'Ukraine sous sa coupe. Donc, former et équiper les Ukrainiens qui souhaiteront participer à la résistance contre l'occupation / le gouvernement collaborateur, y compris en finançant une R&D spécifique pour construire des armes adaptées. Limite = maintenir la politique zéro néo-nazi, allant jusqu'à opération "homo" pour se débarrasser de leurs chefs ou les livrer à la Russie. C'est certes se priver de plusieurs milliers de combattants déterminés, mais leur apport net est en réalité négatif car ils sont par leur simple existence une aide gigantesque pour la propagande de Moscou 5. Informationnel à moyen terme ==>informer les Russes sur la réalité en Ukraine. Les mensonges éhontés que le pouvoir de Poutine doit utiliser pour maintenir l'approbation de la population russe sont sa vulnérabilité principale, bien davantage qu'aucune vulnérabilité économique ou même que le coût de l'occupation. Le pouvoir russe cherchera certes à épaissir encore cet écran de mensonges, mais les infos finissent toujours par passer. On peut les y aider en adoptant un discours le plus objectif possible, en diffusant les discours des résistants ukrainiens, en développant des moyens technologiques (par exemple le réseau de satellites de diffusion de Musk...) L'information passera d'autant mieux qu'elle ne viendra pas d'un ennemi qui étrangle le pays de sanctions économiques Bien sûr, tout ceci est théorique. C'est en fait du futur antérieur... car comme déjà dit ce n'est pas cette voie qui a été choisie. Les conséquences, nous les découvrirons. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui. Cela dit, et au minimum dans un premier temps, "action russe en dehors de l'Ukraine" peut être tout simplement une action russe... en Russie. Par exemple la suspension des exportations d'énergie et autres matières premières vers les pays qui font une guerre économique à la Russie - suspension qui serait en quelque sorte logique à partir du moment où le blocage des transactions bancaires empêche les Russes d'utiliser les euros et autres dollars qui leur sont envoyés en échange de leurs matières premières ! Ou pour prendre un autre exemple, ou détailler une autre possibilité, la poursuite de ces exportations d'énergie et matières premières seulement en échange... d'or physique livré sur le territoire russe. La Russie a déjà des réserves d'or de 2300 tonnes, soit 140 milliards de dollars au cours actuel, elle pourrait Il y a certes des actes plus agressifs que la Russie pourrait envisager pour s'attaquer aux économies occidentales - câbles sous-marins, satellites, cyberguerre... - mais de simples restrictions aux exportations auront déjà un très gros impact. C'est la théorie derrière les "sanctions économiques" - nom convenu de ce qui est en réalité une guerre économique. Cette théorie a déjà été mise à l'épreuve dans plusieurs pays à régime dictatorial : Irak, Iran, Corée du Nord... Le résultat a invariablement été l'échec. Les restrictions sont certes efficaces pour diminuer le niveau de vie général - parfois jusqu'à la cruauté à échelle massive, les sanctions contre l'Irak dans les années 1990 ont provoqué la mort de centaines de milliers de civils, certaines estimations vont jusqu'à 1,5 million - mais la population ne se révolte pas contre le régime, soit qu'il parvienne à se maintenir par la répression, soit que le lien entre population et régime soit même renforcé par l'adversité extérieure. Cette fois-ci, cependant, il y a une différence fondamentale. La cible n'est plus un pays relativement secondaire, voire plutôt marginal, mais une grande puissance dont les exportations notamment énergétiques et pas seulement sont indispensables à l'économie mondiale, qui plus est bien pourvue sur le plan militaire depuis les opérations "hybrides" jusqu'aux armes de destruction massive. On dit que la guerre c'est comme la chasse, à ceci près que les lapins aussi ont un fusil ==>Eh bien les sanctions économiques contre la Russie c'est comme les sanctions économiques contre Irak ou Corée du Nord, à ceci près que le lapin aussi a un fusil. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Il y a une situation où on n'écoute plus la partie d'en face, et de manière démonstrative, ce n'est pas la diabolisation. C'est la guerre. La communication de Le Maire ce matin était à se mettre la tête dans les mains, mais il faut lui reconnaître qu'il ne disait que la stricte vérité. La décision collective des membres de l'UE ainsi que des États Unis est bel et bien une guerre économique visant à faire s'effondrer l'économie russe. C'est un choix. Ce n'est pas celui que j'aurais fait, mais cela a été celui de nos dirigeants. Alea jacta est. Je ne sais pas quelles seront les conséquences - à part l'évidence d'une crise économique cette année, au minimum en Europe, probablement dans le monde, et une augmentation notable voire forte de l'inflation - mais nous allons les découvrir. Je me demande si les dirigeants qui ont décidé de cette guerre économique radicale - pas loin d'être totale - ont bien pesé et réfléchi au fait, pourtant évident, que tu rappelles. Peut-être que si ? Les historiens de l'avenir en débattront, sans doute. De même qu'ils débattront de la radicalisation du président Poutine à la fin 2021. Et peut être à peu près dans les mêmes termes. C'est un scénario aujourd'hui inatteignable. Il est extrêmement difficile d'imaginer que Moscou s'arrête avant d'avoir atteint la "totalité" de ses objectifs en Ukraine, comme l'a rappelé Shoigou aujourd'hui. Même si l'économie russe s'effondre du fait de l'attaque occidentale. Et c'est une question de semaines plutôt que de mois. La question est plutôt ce qui se passera à moyen long terme. C'est là qu'il pourrait y avoir du jeu. -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, d'accord pour dire que l'hypothèse de la "folie" de Poutine n'est guère utile à discuter, en plus de ne pas avoir beaucoup de fondements. S'il était fou, il ne serait sans doute pas resté au pouvoir pendant 22 ans. Il me semble prêt au risque afin d'être le Bismarck russe. Ce qui est bien différent. Les tweets que j'ai cités étaient des réactions sarcastiques à tous les commentaires sur le thème "nous devons imposer une zone d'interdiction de vol" et autres qui s'entendent chez certains politiciens américains et autres twittomanes irréfléchis. Poutine a expliqué très clairement qu'une intervention occidentale en Ukraine mènerait à l'utilisation de l'arme nucléaire. Il est prudent de prendre cet avertissement au sérieux, et c'est ce que ces spécialistes rappelaient. Fort heureusement, Biden est peut-être un peu fatigué voire atteint par l'âge, mais il n'est pas fou. -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce professeur et spécialiste de prolifération nucléaire pose une question qui moi aussi m'intrigue Vous êtes-vous déjà demandé ce qui se passe lorsque vous étranglez l'économie d'une grande puissance autocratique dotée de l'arme nucléaire au beau milieu d'une guerre majeure ? Je pense que nous sommes sur le point de le découvrir. Aucun précédent historique clair pour éclairer le chemin. ... Ce qui est bien dans l'époque que nous vivons, c'est que nous allons découvrir la réponse à des questions intéressantes comme celle-là Mais d'autres questions en revanche sont plus "techniques" - Vladimir Poutine dirait "militaro-techniques" sans doute - et les personnes compétentes du forum pourraient sans doute apporter une réponse. Par exemple cette discussion - certes pince-sans-rire dans la veine Docteur Folamour, mais c'est un ton qui s'entend plus souvent qu'auparavant ces jours-ci - Dès qu'un lancement nucléaire russe sera détecté, tous les habitants de la côte Est auront 22 minutes pour tweeter comment cela prouve qu'ils avaient raison. - Ce n'est pas vrai - s'ils sont lancés depuis des sous-marins au large de nos côtes, nous aurons beaucoup moins de temps. Je suggère de rédiger des tweets et de les avoir prêts à être lancés en guise de contre-attaque. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Jolie trouvaille C'est plutôt Kadyrov qui est un mélange de Gorafi et de férocité. Cela dit, il peut lui arriver d'avoir de bonnes idées : Sanctionner la conduite à gauche ? Eh, il faut y réfléchir ... -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca ne peut pas être sérieux La meilleure preuve en est qu'on ne trouvera dans l'entourage de Navalny nulle "Jamie Bond à la fois très sexy, résistante et totalement suicidaire, mais modeste" pourtant indispensable au plan décrit par @Boule75 Donc Navalny ne peut pas être un instrument américain de changement de régime En revanche, j'ai regardé ses doigts et je peux confirmer que c'est bien un reptilien. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Rien de tout cela n'est assuré. Tout est encore en jeu, et les forces russes ont progressé rapidement durant les 5 premiers jours de l'invasion. Bref, j'ai l'impression que la colère - justifiée - devant la décision de Poutine mène trop souvent à croire ce que l'on voudrait être vrai. - Démilitarisation de l'Ukraine : si la Russie termine sa conquête, elle pourra imposer la démilitarisation - Arrêt de l'expansion de l'OTAN : le basculement de la Finlande ou de la Suède est un scénario, mais seulement un scénario, après les menaces explicites de la Russie contre ces pays s'ils rejoignaient l'OTAN, après les incursions de drones au-dessus des réacteurs nucléaires suédois à la mi-janvier, on se demande sans doute à Helsinki et à Stockholm s'il est plus sûr de demander à rejoindre l'OTAN, ou plutôt de ne pas le demander - RPD et RPL étendus à tout le Donbass : on est d'accord - Exploser la solidarité européenne : en effet ce n'est pas le résultat à ce jour, mais d'une part le résultat à terme n'est pas connu (prendre des décisions fortes dans l'instant sous le coup de la colère est une chose, maintenir une volonté tenace dans la durée malgré les obstacles en est une autre, et on ne sait pas encore si la première mènera à la seconde), d'autre part il n'est pas certain que Poutine s'en soucie vraiment. Dans son orientation "eurasienne", il est possible qu'il pense que l'UE peut aller se faire cuire un œuf, du moment qu'elle respecte la frontière du "monde russe" Il me semble que si, c'est bien le sens. Voici la manière dont la version russe de RT rapporte le discours de Poutine à Macron aujourd'hui Il est à noter que la partie française a exprimé l'espoir d'un règlement rapide du conflit actuel par le dialogue et les négociations avec Kiev. Selon Poutine, un tel règlement n'est possible qu'en tenant compte des intérêts de sécurité légitimes de la Russie, qui comprennent "la reconnaissance de la souveraineté russe sur la Crimée, la solution des tâches de démilitarisation et de dénazification de l'État ukrainien et la garantie de son statut de neutralité" "Démilitarisation" et "neutralité" sont bien deux points distincts. Et Poutine exige les deux. Le premier est демилитаризация, demilitarizatsiya. La définition de ce terme sur le Wikipédia russe ne laisse aucune place à l'ambiguïté. Voilà. Poutine va très loin dans le pôle "eurasien" de la stratégie russe, acceptant de réduire à quia l'autre pôle "occidentalisateur". Tous les Russes le suivent-ils sur ce choix ? Certainement pas. L'émigration, le tourisme etc. russe c'est vers Europe et Amérique du Nord davantage que Chine, Inde ou Japon ! Le balancier reviendra un jour dans l'autre sens, peut-être même avec grande force. Mais ce n'est pas pour aujourd'hui. Pas nécessairement pour demain non plus. Les drames humains et la souffrance de la guerre russo-ukrainienne, les désordres et les pertes de l'opposition entre Occident et Russie - qui seront lourds des deux côtés - empêchent évidemment de prendre les événements à la légère. Si on s'y essayait cependant, on pourrait dire : ==>La Russie fait collectivement un caca nerveux géant parce que l'Occident c'est tout horrible et pas bô d'ailleurs les Américains sont méchants et les Européens sont des pleutres alors on n'en veut plus, na ! Ca leur apprendra ! Et puis la guerre c'est chouette on est soldat et tout ==>L'Occident réagit collectivement par un caca nerveux géant parce que la Russie c'est tout barbare et vilain alors que nous on est bô et moral et civilisé et tout. Qu'ils aillent dans les ténèbres extérieures on n'aura plus de relation tant qu'ils n'auront pas reconnu qu'ils sont barbares et demandé pardon à genoux ! Et puis la guerre c'est chouette, surtout quand c'est les autres ...On pourrait rajouter bien sûr que ceux d'en face sont des hérétiques, tout le monde sait bien que l'Esprit Saint procède du Père et du Fils / du Père seulement (faites votre choix, oui c'est sur ça que le grand schisme de 1054 s'est joué). Et on irait alors à la racine des choses. Non, ce n'est pas une blague Mais bien sûr la plupart des Occidentaux et des Russes d'aujourd'hui, qui sont soit athées, soit catholiques ou orthodoxes mais n'arrivent pas trop à comprendre pourquoi ce point du dogme est autre chose qu'une discussion sur le sexe des anges, soit - j'en frémis - juifs musulmans voire - gasp ! - protestants... ne le croiraient pas. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce qui me semble du gros portnawak... D'abord il y a quand même quelques accords à signer et approuver démocratiquement. Y compris par le parlement à Kiev, ce qui pose quelques difficultés logistiques. Oui, pires qu'à Paris. Ensuite les délais pour tout approuver devraient être de quelques semaines tout au plus. A moins d'imaginer inclure le gouvernement collabo à venir à Kiev ? Enfin le TUE inclut une alliance militaire. Donc dès la signature c'est direction Ukraine pour les armées de tous les pays de l'UE. Magnifique. Juste magnifique. C'est Von der Leyen qui est à l'origine de cette idée... brillante -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Si quelqu'un a cru sérieusement à la propagande des prétendus super soldats qui tombent en criant Slava Putina, oui effectivement constater que les soldats russes ne sont que des êtres humains, comme les Américains et tous les autres Français c'est sans doute un retour bienvenu à la réalité. Cela dit ça ne change pas grand chose à l'écrasement en cours de l'Ukraine Oui, sauf que... Cette image ressemble quand même furieusement à une illusion. Ça correspond à la communication russe peu avant l'assaut comme quoi "60 000" soldats de Kiev seraient concentrés dans le Donbass pour attaquer les séparatistes. La seule source à ma connaissance pour cette information est d'ailleurs la communication russe. Je recommande la prudence ... Et toutes ces destructions d'infrastructures civiles auront des conséquences très concrètes dans la durée. Après l'achèvement de la conquête et la probable constitution d'un gouvernement collaborationniste, Moscou redevenue métropole de toutes les Russies soutiendra t elle la reconstruction ? On peut le rêver... Mais ce n'est sans doute qu'un rêve -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Plus sérieusement et sur le sujet du fil, voici une opinion intéressante comme quoi la Chine peut briser les sanctions SWIFT mais à un coût élevé Selon un expert, le système de paiement CIPS peut remplacer SWIFT pour le financement du commerce russe, mais pourrait déclencher des sanctions américaines contre les banques chinoises. Le système chinois de paiements internationaux transfrontaliers (CIPS) peut remplacer SWIFT pour le financement du commerce russe, a déclaré un universitaire chinois au site d'information Observer basé à Shanghai (guancha.cn) dans une interview du 27 février (...) La Chine pourrait être réticente à aider la Russie à contourner les sanctions SWIFT, a déclaré le professeur Chen Xi de l'Institut supérieur de finance de Shanghai de l'Université Jiaotong dans une interview à l'"Observer", car les États-Unis pourraient riposter en imposant des sanctions aux banques chinoises. Cela aurait des conséquences désastreuses, a ajouté Chen. (...) "Par exemple, le système de paiement construit par la Chine peut être indépendant du système SWIFT contrôlé par les États-Unis, mais les nœuds intermédiaires sont tous des banques. Les États-Unis peuvent sanctionner ces banques. Si personne n'est autorisé à faire des affaires avec les banques chinoises, et que les autres pays coopèrent avec ces mesures, alors ce système ne fonctionnera pas." "La Russie a également construit son propre système de paiement indépendant", a déclaré Chen. "Elle pourrait également adopter le système de paiement transfrontalier mis en place par la Chine comme un remplacement potentiel de SWIFT. Mais le point essentiel est que ces systèmes internationaux transfrontaliers nécessitent tous la participation de banques réelles. (...) "En dernière analyse", explique Chen dans l'article de l'Observer, "le jeu entre les grandes puissances dépend de la force. Si les États-Unis n'ont pas du tout besoin des ressources russes, et s'ils n'ont pas besoin des produits chinois, ils pourraient certainement imposer des sanctions sévères. "Toutefois, étant donné le niveau actuel des échanges internationaux, si le commerce entre la Chine et la Russie était complètement coupé, il faudrait beaucoup de temps aux États-Unis pour s'y adapter, et les dommages causés aux chaînes d'approvisionnement causeraient des dommages à l'ensemble de l'économie mondiale." Il y a là un jeu à hauts risques et enjeux très élevés entre les deux superpuissances. Pékin peut choisir de ne pas soutenir le commerce extérieur de la Russie - ce qui rendra plus difficile à Moscou de s'en sortir - afin d'être sûr de protéger ses banques. Mais cela signifie laisser tomber son partenaire, au moment même où il serait possible de s'assurer la livraison de très gros volumes notamment de gaz et de pétrole - puisque Européens et Américains n'en veulent plus - par voie de terre donc hors de portée de la Marine américaine donc très intéressant en terme d'autonomie. Pékin peut au contraire aider la Russie en la laissant utiliser son alternative à SWIFT, voire en développant plus loin son utilisation - ce qui permettra à Moscou de limiter les dégâts économiques en réorientant ses exportations et importations, en premier lieu vers la Chine. Mais cela signifie donner le choix aux Etats-Unis entre soit rester spectateur en laissant faire, soit attaquer les banques participant au CIPS afin d'enfoncer davantage la Russie - ce qui signifierait pour Washington non seulement absorber les coûts et les troubles de la réorientation de leur commerce extérieur avec la Russie, certes beaucoup moins important que celui de l'Europe, mais encore des troubles profonds voire la condamnation de tout ou partie de leur commerce extérieur avec la Chine ! Je m'attends personnellement à ce que Pékin saute sur l'occasion, puisque Europe et Amérique se tirent des balles dans le pied afin d'empêcher la Russie de commercer avec eux, la livrant pieds et poings liés à la Chine sur le plan commercial ! Et voilà ce qui est peut-être la pire conséquence pour Moscou du projet impérialiste de Poutine sur l'Ukraine, faire du nouvel "Empire russe" ainsi créé (Russie+Ukraine+Biélorussie+RPD+RPL) un simple dépendant de la superpuissance asiatique au même titre que Londres est un simple dépendant de la superpuissance américaine. Et aussi la pire conséquence pour Européens et Américains de leur choix de réaction "maximale" à l'invasion de l'Ukraine, des troubles économiques sérieux voire graves, pendant que la Chine au contraire profite de la situation. Car enfin, comme lors de la guerre d'Irak, comme lors de la pandémie du covid-19... à la fin le seul vainqueur est la Chine Voici d'ailleurs un commentaire bête, méchant et tout