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Alexis

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Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. Que signifie "besoin" ? La Russie s'est adaptée aux sanctions, ce n'est pas idéal pour elle, mais obtenir leur levée n'est en aucun cas une urgence Quant aux 300 milliards d'actifs russes bloqués, il est probable qu'à Moscou on a déjà fait une croix dessus Poutine est convaincu, avec l'ensemble du monde politique et stratégique russe, de pouvoir obtenir la victoire sur le terrain à moyen terme. La stratégie d'attrition des FAR semble bien être en train de fonctionner. Ce qui signifie qu'il n'a aucun besoin que les Etats-Unis fassent pression sur les Ukrainiens. Il est parti pour les mettre à genoux tout seul, sans l'aide de Washington ni de Berlin Ce n'est pas idéal certes, Moscou préférerait la victoire demain matin. Mais si elle n'est obtenue que dans six mois ou bien un ou deux ans, ce n'est pas grave Pour changer ce calcul, il faudrait faire douter Moscou de sa victoire finale. C'était d'ailleurs l'objectif de la contre-offensive de 2023 - mais elle a échoué. Depuis, les événements renforcent la confiance de Moscou au contraire Si cette confiance est mal placée, il faudra d'abord que Moscou s'en rende compte. Disons encore une de préférence deux probablement trois années ou plus ? Sans effondrement du front bien sûr. C'est possible ? Poutine est persuadé que non
  2. Beaucoup de choses sont pensables dans l'absolu, mais je soupçonne que Trump sur ce point au moins est beaucoup moins imprévisible que cela. Et surtout que Poutine l'a bien compris et que le jeu n'est pas égal entre eux dans une négociation, parce que les enjeux pour chacun sont tout à fait différents Je reviens au fil très clair de Dimitri Minic sur ce sujet que je citais il y a quelques pages, notamment ces tweets Le Kremlin, sûr de sa capacité à remporter la victoire sur le champ de bataille et assuré de la faiblesse des enjeux pour un Trump animé et porté par des aspirations isolationnistes (...) Pour convaincre Trump (au cas où il menacerait la Russie d’armer l’Ukraine jusqu’aux dents), (il) suffira au Kremlin d’invoquer le spectre d’une Troisième Guerre mondiale et d’une apocalypse nucléaire, des mesures de dissuasion qui ont payé en Ukraine et ont pesé dans l’élection de Trump (...) Le Kremlin sait que les électeurs républicains pardonneront à Trump d’abandonner l’Ukraine en rase campagne, ce qui n’était pas le cas pour les Démocrates (...) Le Poutine "prudent" que Trump a connu n’a plus grand-chose à perdre – la RU s’est adaptée tant bien que mal aux sanctions, l'économie a tenu bon et le régime s'est renforcé Trump a publié (pas nécessairement écrit...) "The Art of the Deal", l'art de la négociation. Mais il arrive à cette négociation dans une position très faible, parce que Poutine à la vérité n'a pas besoin de lui, et surtout parce qu'il sait que l'enjeu pour Trump est en fait assez limité Les Américains républicains pardonneront à Trump d'avoir abandonné l'Ukraine, de n'avoir assuré la fin de la guerre qu'en accélérant la victoire de la Russie Et Trump le sait. Et Poutine le sait. Et chacun sait que l'autre le sait Trump est-il si doué pour utiliser le bluff qu'il le pense ? Je ne sais pas. Mais même s'il l'est, sa marge de bluff est inexistante. Et s'il tente tout de même de bluffer, je soupçonne qu'il faudra à Vladimir Poutine tout son entraînement du KGB pour ne pas éclater de rire
  3. Comme déjà dit étant né étranger il ne peut prétendre à la présidence. Son plan de carrière semble différent D'abord réformateur de l'Etat façon Twitter, main de fer dans un gant de... crin. Puis pionnier de Mars Empereur de Mars, c'est pour ses vieux jours [HS ON NAN J'AI PAS HONTE] Et oui c'est carrément HS [HS OFF MERDE LA MODERATION ARRIVE]
  4. C'est un peu HS, même si c'était nécessaire pour montrer que des marges existent si on ose les utiliser... mais c'est très juste Il manque un bouton "+1000" !
  5. Stéphane Audrand a fait un fil intéressant sur ce sujet Je ne suis pas convaincu par les toutes dernières étapes (la reconquête de la Crimée !) mais au début il me semble qu'il y a pas mal de suggestions pratiques pertinentes (disons jusqu'au tweet 16 ou 17 sur 24) Lorsque Macron a suggéré en début d'année que la France pourrait aller jusqu'à déployer des troupes en Ukraine ("D'ici un an, il va falloir que j'envoie des mecs à Odessa"), l'opinion publique était à > 75% contre. Encore ne s'agissait-il que de rôles "non combattants", "de soutien" et autres vocables de ce genre Il serait déraisonnable de s'engager dans une entreprise de longue haleine, une guerre d'attrition durant sans doute des années, sans s'assurer d'être prêt à soutenir un tel effort, coûteux y compris en vies humaines, et pendant si longtemps. Il faut être sûr de savoir s'habituer à avoir des cercueils chaque jour, et pendant des années. Surtout pour un pays à régime démocratique Pour que Paris puisse raisonnablement déployer des troupes en Ukraine, c'est-à-dire entrer en guerre ne tournons pas autour du pot, il faudrait donc que la majorité des Français l'approuve, et les yeux ouverts encore, sans faux semblants "soutien", "non combattants" et autres. Sinon il serait parfaitement déraisonnable de l'initier Français, mais aussi je le soupçonne Polonais et autres... sont très loin du compte - "De l'autre côté" du Dniepr, cela suppose soit d'essayer de renforcer très fortement l'armée ukrainienne. Il me semble que c'est difficile, mais il y a une majorité pour cela et donc il est raisonnable et à vrai dire urgent de l'essayer. Soit une entrée en guerre, qui serait tout à fait déraisonnable, voir quelques lignes plus haut dans ce post - "Circonscrite" à l'Ukraine, c'est d'abord la question de la Moldavie, visée directement et explicitement par la Russie. Là je suppose qu'une action "piéton imprudent" serait pensable, un accord franco-moldave secret puis le déploiement rapide de 1 000 ou 2 000 soldats au sol, une demi-douzaine de Rafale et des moyens de DA. Je ne sais pas si ce serait sage, et il reste à voir si les Moldaves en voudraient, mais cela peut certainement être discuté - En dehors de l'Ukraine et de la Moldavie, tant que Washington n'a pas profondément changé son approche de l'OTAN - ce qui pourrait arriver rapidement, mais enfin il faudrait tout de même plusieurs années pour l'implémentation, 2 ou 3 ou minimum - il n'y a pas de question Et ce qui se passera après l'implémentation d'une reconfiguration de l'OTAN que Trump pourrait annoncer potentiellement dès l'année prochaine... est justement la raison d'aller vite, fort et coordonné dans la construction / le renforcement par les pays européens des bonnes capacités militaires pour dissuader Moscou de s'en prendre à un membre européen de l'OTAN une fois que Washington se sera recentré sur autre chose
  6. D'accord avec cela, et je pense justement que les Européens ne devraient accepter aucune limite à leur armement conventionnel, y compris si Moscou l'exige en échange d'un moindre durcissement des conditions qu'il imposera à l'Ukraine Mais ce qui intéresse Poutine, ce sont les Etats-Unis et seulement eux. C'est à eux avant tout qu'il voulait imposer des conditions de "recul" de leurs déploiements en Europe centrale, nordique et balkanique Il a peut-être tort d'ailleurs de considérer les pays européens comme quantités négligeables. Disons qu'à l'heure d'aujourd'hui il a raison, mais il est pensable que les pays européens lui donnent tort à échéance de 5 ans - s'ils réagissent vite, fort et coordonné à la situation, ce que j'espère
  7. Nous avons donné 1/4 des canons Caesar français aux Ukrainiens. Puis nous les avons remplacés, et nous avons donné encore beaucoup plus de Caesar aux Ukrainiens. Pourquoi ? Parce que nous pouvions. Parce que nous avions une chaîne de production Nous pouvions donc remplacer rapidement nos dons, et en étendant les capacités de cette chaîne nous pouvions aller plus loin encore La chaîne de production du Leclerc a été démantelée en 2008. Parce qu'il n'y en avait plus besoin... pensait-on. La précaution consistant à maintenir la chaîne avec une petite production minimale, ce qui aurait coûté quelque chose bien sûr mais aurait été le "ticket" payant une précaution "à tout hasard, s'il y avait un jour une surprise stratégique"... n'a pas été prise
  8. Spécifiquement, pour la France, ça donnerait quoi par exemple ? Je suis d'accord que sur le principe ça pourrait être exploré, mais comment à la fois faire une vraie différence suffisamment rapidement sur le front pour les Ukrainiens et conserver les réserves nécessaires pour réagir à d'autres urgences / surprises stratégiques ailleurs dans le monde ? Déjà que la France n'a vraiment pas beaucoup de marge. Si une production à la bonne échelle (grande) est lancée en parallèle pour "combler" le trou capacitaire, alors le trou peut sans doute être comblé en peu d'années... mais en attendant ? En essayant de répondre à ma propre question, et à tout risque (si j'écris des c...eries n'hésitez pas à critiquer), je suppose qu'il serait jouable pour la France sans inconvénient trop lourd (et à condition de commander en même temps en urgence les remplaçants) de se séparer rapidement de Artillerie = on est déjà au max des dons, l'industrie est mobilisée sur le sujet Défense aérienne = rien, on est déjà au minimum... Blindés = 20% des VBCI soit 120-130 machines + 20% des Leclerc soit 40 chars (et peut-être certains chars émiratis dont les EAU sont en train de diminuer le nombre) Le problème bien sûr ce serait la formation, qui devrait être rapide pour avoir un effet réel sur le front Chasse = rien, sauf si... la France s'entend en urgence avec un pays qui est en train de remplacer des Mirage 2000 (Emirats, encore ?) ET qu'ils sont pris en charge par des pilotes ukrainiens. Des Ukrainiens qui s'appellent Jean ou Jacques, et qui sont ukrainiens parce que Zelensky leur a donné leur passeport avant-hier Mais bien sûr pour cela il faut 1) des volontaires prêts à s'engager dans l'armée de l'air ukrainienne et gagner un nouveau passeport en prime 2) déployer des mécaniciens français en Ukraine ==>Si les autres principaux pays européens font le même genre d'effort, est-ce que le tout fera une différence sur le front ? Probablement. Une différence suffisante pour laisser à l'Ukraine la possibilité de tenir les (deux ou trois ?) années supplémentaires pour que la production d'armes européennes en masse (lancée dès maintenant) ait eu le temps d'arriver à plein rythme ? J'ai des doutes, franchement. Maintenant si des gens plus compétents que moi sur le sujet donnent des analyses différentes non seulement à Macron mais à Scholz, Starmer, Meloni, Tusk et les autres, ce serait une bonne idée oui
  9. Ils se battent en effet au plan général pour cela, et une "résolution" bien sûr qui soit exactement dans leurs idées et leurs intérêts, c'est-à-dire qui consiste à les imposer Poutine continue de faire référence aux "propositions d'accord" qu'il avait envoyées fin 2021 aux Etats-Unis et aux pays de l'OTAN. En ce sens, au-delà de la démilitarisation et neutralisation donc la satellisation forcée de l'Ukraine, il maintient l'objectif de "faire reculer" les déploiements de force américains en Europe centrale, en plus évidemment du gel de toute nouvelle extension de l'OTAN (nous avions discuté le contenu de ces "propositions" en forme d'ultimatum au début de l'autre fil sur la guerre d'Ukraine) Si la guerre continue à aller dans le sens de la Russie, comme cela me semble de loin le plus probable, alors les Occidentaux seront confrontés tôt ou tard à l'alternative entre 1. Accepter les revendications russes sur l'OTAN, ou du moins une partie importante, en échange d'un "adoucissement" ou du moins de l'absence d'aggravation du sort que Moscou prévoit déjà pour l'Ukraine 2. N'accepter aucune de ces revendications (et Poutine ne peut pas les y forcer, contrairement à l'Ukraine où la Russie peut parvenir à ses fins par la force pure), retirant à Poutine toute raison de se limiter dans ce qu'il imposera à l'Ukraine, et lui fournissant tous les prétextes (sur lesquels il compte probablement) pour aller très loin dans ce sens. En juin dernier, Poutine le disait déjà, si l'ensemble de ses conditions ne sont pas acceptées (y compris celles qui sont pour les Occidentaux), alors les termes du règlement vont changer Si nous en arrivons là, je pense personnellement que l'option 1 devrait être explorée. D'autant que les Etats-Unis vont selon toute probabilité se retirer largement de la sécurité en Europe de toute façon... donc la "perte" du point de vue de nos alliés centre-européens et allemands si Washington s'engage à ne pas déployer de troupes dans les pays entrés dans l'OTAN après 1997 (c'est dans l'ultimatum russe de 2021 de mémoire) pourrait n'être qu'apparente et limitée. En revanche l'option 1 devrait être refusée sèchement s'il s'agit de limiter le moins du monde la capacité des pays européens à se défendre. Si Moscou veut que l'Allemagne s'engage à ne pas monter 12 divisions blindées avec > 2000 chars lourds, ou que la Pologne s'engage à ne pas monter une force égale à la moitié de cela, ou la France à s'engager à ne pas produire 5 000 missiles de croisière et 20 000 bombes guidées précises avec quelques escadrons de Rafale et ravitailleurs supplémentaires... ça doit être Non, ou plus exactement НЕТ pour être sûr qu'ils comprennent Je soupçonne que c'est surtout l'option 2 qui est probable
  10. Je vois un gros problème dans cette déclaration de Macron " Si elle gagne, cela signifie qu'à nos frontières se trouve une puissance impériale à laquelle nous disons : vous pouvez être expansionnistes. Je ne vois pas qui autour de cette table peut avoir l'esprit tranquille si nous laissons cela se produire" Le président part de l'hypothèse, même pas énoncée ni explicitée, qu'il faudrait que les pays européens "laissent cela se produire" pour que cela advienne Il me semble difficilement niable qu'à ce stade, la Russie n'a plus besoin pour l'emporter que les Européens n'agissent pas Vu l'écroulement lent du front qui a déjà commencé, vu les problèmes croissants de l'Ukraine à trouver de nouveaux soldats, vu les délais incompressibles pour toute relance à l'échelle des productions d'armes (le quadruplement du rythme de production des Caesar, il y a fallu deux ans, et c'est le seul matériel pour lequel la relance est intervenue à temps, pour les autres ça n'est pas encore prévu)... Comment les Européens pourraient ils changer l'issue à ce stade, même s'ils décidaient aujourd'hui même de quadrupler la production de Leopard, VBCI, Scalp, Aster, etc. ceci à budget ouvert carte blanche ? L'illusion, l'illusion et encore l'illusion... Depuis le début de cette guerre... Et nous continuons ! Oui il faut lancer en urgence l'augmentation des productions d'armes... des bonnes armes, celles qui seront pertinentes pour dissuader la Russie d'aller demain au-delà de l'Ukraine, même si l'appui américain aujourd'hui fondamental a disparu Cet objectif-là est certainement encore atteignable A condition d'aller vite, fort, et coordonné, et efficace Quant à l'Ukraine, il n'y a pas d'illusion à avoir. Elle va perdre la guerre, et sa situation est particulièrement sombre
  11. Voici le journaliste d'ascendance ukrainienne Cyrille Amoursky qui témoigne des différentes réactions qu'il entend notamment de militaires ukrainiens à l'élection de Trump C'est varié, mais certains sont plutôt positives "Au moins ce sera clair". Soit Trump qui fut le premier à envoyer à Kiev des armes décidera d'un fort soutien à l'Ukraine, qui aura alors une vraie chance de survie, soit il coupera toute aide et les Ukrainiens sauront alors qu'ils vont perdre la guerre et arrêteront de sacrifier leurs soldats pour rien. Les deux options étant meilleures que le filet tiède de soutien des Démocrates, menant à une défaite longue et encore plus coûteuse... D'autres Ukrainiens pensent que Trump est une catastrophe pour leur pays
  12. Si on parle de champ lexical, j'aimerais bien qu'on me rappelle quel est le mot anglais qui correspond au français entrepreneur ? Je suis sûr que notre ami farceur @Stark_Contrast ne fera pas la même erreur que George W Bush sur le sujet
  13. Effectivement, il semble bien que Margaret Thatcher notamment ait usé d'autres méthodes. Indira Gandhi également, Golda Meir... Quant à François Hollande, il remplissait la deuxième de ces conditions, mais en homme poli il demandait d'abord, une fois descendu de son scooter et enlevé son casque ==>[ ] (loin, loin, très loin !)
  14. Il trolle les complotistes ou quoi ? Voici le dernier tweet d'Elon Musk, il est si je comprends bien en famille avec Trump (l'un des petits-enfants de ce dernier sur les épaules ?)... et il reproduit la devise latine présente sur le dollar américain Novus ordo seculorum (le nouvel ordre du mondial, extrait d'un vers de Virgile lu au Moyen-Age comme prophétisant l'avènement du Christ) qui fait tant fantasmer les complotistes ! Le nouvel ordre du monde selon Musk c'est donc cela, lui-même au coeur du pouvoir américain, le plus proche du président peut-être (davantage encore que Vance ?), en charge d'une simplification et optimisation radicale de l'Etat fédéral, tout en poursuivant sans entrave notamment réglementaire son projet d'établissement d'une colonie humaine autosuffisante sur Mars... Bon, il est compréhensible qu'il soit animé d'un sentiment de jubilation
  15. Pour poursuivre sur le thème "Trump se prépare à de sérieuses déconvenues", voici l'analyse en quelques twits, rassemblés par cette appli en une seule page, de Dimitri Minic, l'auteur de "Pensée et culture stratégiques russes", qui non seulement va dans le sens de ce que je disais plus haut, mais semble même encore plus pessimiste que moi sur les appétits de Moscou et les conséquences... et a priori vu son thème de spécialité son analyse est à prendre en compte Je retiens en particulier "Des propositions bien naïves", "Moscou se montrera dur et dominateur" et "les deux hommes ne sont pas de la même trempe" Trump et son équipe se leurrent s’ils pensent convaincre Poutine avec les propositions évoquées (Vance, Trump, presse américaine). Petit fil sur les intentions du Kremlin, la faiblesse de Washington et l'avenir de l'Europe autour de ces négociations. 1/13 Le plan de Trump, censé ramener la paix et l’harmonie entre la Russie, l’Ukraine et l’Occident, pourrait prévoir une cession des territoires ukrainiens déjà annexés par la Russie, la création d’une zone démilitarisée gardée par des forces de maintien de la paix européennes, 2/13 le renoncement de l’Ukraine à entrer dans l’OTAN et/ou une déconnexion entre la Russie et la Chine. 3/13 Des propositions bien naïves, avancées par des politiciens qui ne connaissent pas la Russie et font un mauvais diagnostic de la situation, des enjeux et du rapport de force. 4/13 Le Kremlin, sûr de sa capacité à remporter la victoire sur le champ de bataille et assuré de la faiblesse des enjeux pour un Trump animé et porté par des aspirations isolationnistes, devrait être beaucoup plus gourmand : 5/13 reconnaissance de ses annexions ainsi que d’autres territoires (peut-être dans les oblasts de Kharkiv, Odessa et Dnipropetrovsk) ; finlandisation totale de l’Ukraine, incluant une interdiction de lui livrer des armes ; démission de V. Zelensky et de son gouvernement ; 6/13 réduction de l’armée ukrainienne ; levée partielle ou totale des sanctions occidentales ; création d’une nouvelle architecture de sécurité en Europe impliquant un recul de l’OTAN. 7/13 Pour convaincre Trump (au cas où il menacerait la Russie d’armer l’Ukraine jusqu’aux dents) qu’il doit céder et rester à sa juste place dans un nouveau monde multipolaire dont la SVO a accéléré l'apparition, et où Washington n’a rien à faire en Europe, 8/13 il suffira au Kremlin d’invoquer le spectre d’une Troisième Guerre mondiale et d’une apocalypse nucléaire, des mesures de dissuasion qui ont payé en Ukraine et ont pesé dans l’élection de Trump. 9/13 Moscou se montrera dur et dominateur dans ce jeu auquel Trump n’est pas prêt à jouer jusqu’au bout ; le Kremlin sait que les électeurs républicains pardonneront à Trump d’abandonner l’Ukraine en rase campagne, ce qui n’était pas le cas pour les Démocrates. 10/13 Non seulement le Poutine "prudent" que Trump a connu n’a plus grand-chose à perdre – la RU s’est adaptée tant bien que mal aux sanctions, l'économie a tenu bon et le régime s'est renforcé –, mais les deux hommes ne sont pas de la même trempe, quoi que fantasme Donald Trump. 11/13 Ce qu’il n’a pas obtenu avec l’administration Biden en décembre 2021, le Kremlin essaiera de l’extorquer à l’administration Trump. Moscou sait que sa dépendance à la Chine n’est pas optimale et aimerait pouvoir renouer avec l’Occident, 12/13 mais Trump n’a probablement pas compris que cette reconnexion se ferait aux conditions du Kremlin, sans renoncer à l’alliance sino-russe et passerait par une éviction des Etats-Unis d'Europe et un tête à tête entre Moscou et l'Europe. 13/13
  16. J'ai déjà écrit ces derniers mois que le projet de Trump de mettre fin rapidement à la guerre d'Ukraine était irréaliste, Moscou n'étant nullement prêt à se satisfaire d'un simple gel sur les positions acquises et même d'un simple engagement de ne pas intégrer l'Ukraine à l'OTAN, étant donné que ses exigences sur l'Ukraine vont très largement au-delà et que l'évolution du rapport de forces lui donne confiance de parvenir à ses fins de toute façon au terme de cette guerre d'attrition Voici dans Kommersant aujourd'hui une analyse de Dmitri Trenin, géopoliticien russe que j'estimerais assez proche de la "ligne Poutine", pas un modéré relatif, pas non plus un radical absolu comme Karaganov. Si ce qu'il écrit est effectivement proche de la position effective du Kremlin (c'est proche des déclarations officielles en tout cas)... eh bien oui Trump peut se préparer à des déconvenues Donald Trump est connu pour ses déclarations sur le danger d’une troisième guerre mondiale et sa volonté de mettre fin à la guerre en Ukraine « dans les 24 heures ». La prise de conscience du risque que le conflit indirect actuel entre l’Occident et la Russie ne dégénère en affrontement direct est un élément positif de la rhétorique électorale de Trump (...) Quant à la volonté de mettre fin à la guerre, nous devons comprendre que, premièrement, cela ne peut pas être fait « en 24 heures » et, deuxièmement, « mettre fin à la guerre » ne signifie pas « arrêter les hostilités », mais résoudre les problèmes qui y ont conduit S’il s’agit de mettre fin aux opérations militaires le long de la ligne de contact militaire existante, il est peu probable qu’une telle approche soit prise au sérieux à Moscou. Un tel «arrêt de la guerre» ne sera rien d'autre qu'une pause, après laquelle le conflit reprendra avec une vigueur renouvelée et, probablement, avec une plus grande intensité. La nature du futur régime ukrainien, son potentiel militaire et militaro-économique, ainsi que le statut militaro-politique de l’Ukraine sont d’une importance capitale pour la Russie. De plus, il est nécessaire de prendre en compte les nouvelles réalités territoriales "Nature du régime ukrainien" = Alignement sur Moscou, linguistique, politique et religieux "Potentiel militaire" = Désarmement de l'Ukraine pour assurer sa docilité future "Statut militaro-politique" = Neutralisation complète, non pas seulement la non-intégration à l'OTAN "Nouvelles réalités territoriales" = Totalité des quatre nouveaux territoires annexés en septembre 2022 (...) Un autre sujet est celui de ce qui peut être considéré comme des garanties satisfaisantes dans des conditions où les deux parties ne se font pas du tout confiance. Deux accords de « Minsk » (accords de 2014 et 2015) ont été violés, la troisième tentative – « Istanbul » paraphée en 2022 – a été contrecarrée, il est donc peu probable qu’une quatrième ait lieu. La seule garantie sur laquelle la Russie peut compter est une garantie pour elle-même. Pour l’instant, la bonne nouvelle est que Trump a annoncé sa volonté de réduire l’aide militaire à l’Ukraine. Malgré la probable compensation partielle du soutien européen à Kiev, ce désir, s’il devient une solution, rapprochera la paix La seule bonne nouvelle est la réduction de l'aide militaire américaine à l'Ukraine, qui rapprochera la paix Car la seule paix envisageable... est la victoire de la Russie
  17. En dehors même de tout positionnement partisan (le mien est d'ailleurs loin d'être aligné avec le président), je trouve que cette formule utilisée par Emmanuel Macron aujourd'hui au sommet politique des Européens à Budapest résume l'essentiel "C’est un moment de l’Histoire, pour nous, Européens, qui est décisif. Au fond, la question qui nous est posée, voulons-nous lire l’Histoire écrite par d’autres, les guerres lancées par Vladimir Poutine, les élections américaines, les choix faits par les Chinois en termes technologiques ou commerciaux ? Ou est ce qu’on veut écrire l’Histoire ? Et moi, je pense qu’on a une force pour l’écrire" Ballotés passivement par les contrecoups des invasions russes, des changements politiques américains et des avancées technologiques chinoises ? Ou acteurs ? Que faire, comment, avec qui, etc. les questions une fois cela entendu sont nombreuses. Mais le constat fondamental est là Et il ne se limite pas à la défense, même si par facilité je l'ai placé dans ce fil. La technologie est une question au moins aussi importante, je dirais en réalité bien davantage car elle conditionne et détermine non seulement la capacité d'être acteur de sa défense mais même l'ensemble de la prospérité
  18. Patrick, je rejoins souvent ce que tu écris sur le sujet, et de toute façon c'est toujours intéressant Mais... Ce serait un danger si nous envisagions une opération militaire spéciale pour libérer la Belgique de son gouvernement néo-nazi ... mais je crois que le risque est faible
  19. Yep. J'irais même jusqu'à dire qu'ils sont sans limite dans l'inversion accusatoire. Le nombre de morts en Ukraine, militaires et civils confondus, se compte sans doute en centaines de milliers, mais il me semble bien que ce ne sont pas des soldats américains, français, allemands ni polonais qui les ont tués... ... Mais ça n'est pas nouveau
  20. "Radicalement insignifiants" est sans doute une exagération Je me souviens avoir discuté avec vous il y a quelques mois des plans des stratèges et essayistes gravitant autour de Trump - les Sumantra Maitra, Elbridge Colby, JD Vance... - de diminuer radicalement le soutien militaire que les Etats-Unis apportent aux pays européens, même si ce ne serait pas au point de sortir de l'OTAN, en établissant clairement le principe qu'à partir d'un jalon temporel fixé et pas trop loin dans l'avenir, Washington ne s'impliquera plus dans la défense des pays européens face à l'Est, mais seulement sur certains sujets précis comme le maritime par exemple, apportant donc une interprétation spécifique à l'article 5 du Traité, que cet article lui-même d'ailleurs permet Si je me souviens bien, vous avez défendu l'idée que ces plans seraient irréalisables même pour Washington, qui à supposer même que ces essayistes et stratèges soient sérieux ne saurait pas réformer suffisamment ses propres habitudes bien ancrées et déploiements pour les mettre en oeuvre réellement J'ai défendu de mon côté l'idée que ces plans étaient bel et bien réalisables et que l'éventuelle élection de Trump pourrait mener à les concrétiser Je ne crois pas utile de recommencer ce débat, il me semble que nous avions fait déjà le tour du sujet ... Mais je dois remarquer que la réalité va nous départager dans les mois et les quelques années à venir
  21. Il a mangé du lion ! Il a beau être plus âgé que Joe Biden, il est encore capable de faire une sortie en force
  22. D'autant que l'un des murs de la réalité a une chevelure orange et s'appelle Donald Version plus optimiste maintenant, il est possible, ou du moins pensable, que ce mur de réalité particulier provoque une réaction plus raisonnée et plus réaliste chez nos voisins allemands. Je ne dis pas que c'est le seul scénario, et je compte de toute façon sur une phase de sidération et/ou de mouvements désordonnés, mais une fois sortis de ce passage à vide, un scénario optimiste est envisageable
  23. La plupart des pays d'Europe centrale sont relativement petits et faibles, sans espoir un tant soit peu réaliste de changer cela L'appui exclusif sur (l'espoir de) la protection américaine est donc la seule option disponible pour eux. Ce qui ne signifie nullement qu'ils la considèrent comme vraiment suffisante et rassurante... Mais ils estiment n'avoir rien de mieux Ai-je dit la seule option ? En réalité il y en a une autre, qui consiste à ajouter une deuxième sécurité consistant à (tenter de) faire ami ami avec Moscou. Quand on est voisin d'un fauve féroce, contre lequel on estime n'avoir qu'une protection insuffisante, il ne reste qu'à (tenter de) l'apprivoiser... La Hongrie et aussi la Slovaquie sont sur cette ligne. Viktor Orban agit comme s'il s'attendait à bientôt compter la Russie parmi ses voisins, ce qui sera bien le cas si la Russie remporte une victoire totale en Ukraine... Orban a d'ailleurs dit des choses comme "la Russie ne sera pas vaincue", euphémisme probable pour ce qu'il pense vraiment La Pologne est la seule exception, à l'échelle de l'Europe centrale ses presque quarante millions d'habitants et son économie performante lui donnent l'air d'un géant, et il est concevable donc qu'elle améliore sa sécurité par une politique de surarmement (relatif tout de même, Israël est depuis toujours au-delà de 5% du PIB pour la défense, la Russie est actuellement à 8%, Varsovie n'est qu'à 4%) C'est donc fort logiquement ce qu'elle fait Et ce sont davantage des considérations pratiques qu'un tropisme pro-américain qui lui font acheter outre-atlantique et sud-coréen. Quelles sont les capacités de production, par exemple de chars ? L'Allemagne produit 50 Léopard 2 par an, elle compte poussivement augmenter cette capacité à 100 par an, et tout le monde veut en acheter les places sont chères dans la file d'attente. Quant aux autres Européens... ils n'ont rien du tout, la France a démantelé la chaîne des Leclerc en 2008 les autres ont fait pareil. Si vous voulez des chars allez à Washington ou mieux encore à Séoul... C'est donc ce que fait Varsovie
  24. Tout ce que montre ce graphique, c'est que la participation électorale était plus élevée en 2020 qu'aucune année avant ni après Rien d'autre Si on trace une ligne entre score républicain en 2012 et en 2024, on verra apparaître le même genre d'anomalie pour l'année 2020. Faut-il en conclure qu'en 2020 il y avait aussi des extraterrestres républicains ?
  25. Il faut vraiment que nous vous parlions de Jeanne d'Arc. Montant à l'assaut d'une muraille fortifiée à Orléans, comme un homme, gravement blessée pour cela, et galvanisant cependant son camp au point de remporter la bataille. En plus du reste, comme recevoir une mission d'En-Haut pour sauver la France, jeune bergère de son état... et y réussir Ou de Jeanne Hachette (petite hache), nommée ainsi à cause de son instrument de prédilection pour défendre sa ville, galvaniser ses défenseurs... et gagner la bataille Ou de Sainte Geneviève, dirigeant la défense de Paris (alors Lutèce) contre l'invasion d'Attila alors que l'empire romain s'écroulait, et repoussant l'envahisseur ...Si les démocrates veulent une bonne candidate féminine pour 2028, je recommande de regarder en Louisiane du côté des cajuns C'est une excellente habitude en effet Harris n'avait pas à mon avis le niveau, et je sais que cette opinion n'est pas isolée. Mais est-ce de sa faute ? La personne à qui on confie des responsabilités trop grandes suite à des arrangements de couloir discrets, comment lui reprocher alors d'être une démonstration vivante du principe de Peter, et au-delà ? Elle a fait de son mieux. Ca n'a pas suffi... et ce n'est pas de sa faute Le courage physique de Trump est remarquable en effet. Ainsi que sa présence d'esprit
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