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Tout ce qui a été posté par Alexis
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[BREXIT]
Alexis a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est moi, ou cette affaire sent le musc ? This smells of Musk -
Italie
Alexis a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est précisément la matière d'un débat politique, lequel gagne à être mené à partir des situations concrètes et des contextes effectifs, examinant les politiques jusque là suivies et celles qui sont proposées comme remplacement, non à partir de noms d'oiseaux ou d'adjectifs conçus comme tels, par exemple "populistes". Refuser un débat est cependant la façon la plus simple de le gagner, du moins à ses propres yeux, en espérant couvrir ce refus d'une réputation de compétence que l'on s'imagine avoir, ou en tout cas mériter, et grouper ainsi autour de soi une majorité suffisante pour s'assurer que les politiques que l'on défend, surtout, ne changeront pas. Et la meilleure manière de refuser un débat, c'est encore disqualifier son adversaire en l'accusant d'extrémisme, de populisme, d'incompétence etc. La réalité derrière l'accusation importe au fond assez peu. L'important, c'est que suffisamment de gens prennent cette accusation au sérieux. Ce qui s'est passé en Italie, c'est que cette stratégie de refus de débat et de disqualification a cessé d'être suffisamment efficace. (pour éviter tout malentendu : je ne parle absolument pas de toi, mais de tous ceux qui traitent des hommes politiques de "barbares" comme le Financial Times ou de menaces pour "les Lumières" comme le Monde... tous les qualificatifs, tous les noms d'oiseaux, pour éviter de laisser remettre sérieusement en question les options qu'ils défendent, et qui sont appliquées depuis bien longtemps déjà) Concernant l'Italie, quelques chiffres à garder en tête : - Exportations 455 G$, importations 401 G$ en 2016, soit un taux de couverture des importations supérieur à 113% - Position dans le système Target2 de compensations interbancaires entre pays utilisant l'euro débitrice de plus de 300 milliards d'euros En somme, si l'Italie devait quitter le système euro, que ce soit en l'ayant décidé ou par un "malheureux accident", et si cette sortie menait à défaut plus ou moins caché sur une partie de sa dette extérieure, elle n'aurait pas à craindre d'effondrement de son système financier - récupérant le contrôle de sa banque centrale - et se retrouverait en fait dans une situation plutôt confortable. Contrairement à la Grèce, qui ne pouvait sortir de l'euro en 2015 sans devoir équilibrer en urgence son commerce extérieur très déficitaire. Ça ne signifie pas que l'Italie va forcément sortir du système euro. Mais ça signifie que si elle cesse complètement d'obéir aux règles d'austérité de l'UE - par exemple si le gouvernement M5S-Lega applique le programme qu'il a construit - il n'y aura pas de moyen de pression de la BCE et du reste des institutions européennes pour forcer Rome à obéir comme cela a été fait à la Grèce. Beppe Grillo, le fondateur de M5S, a créé aussi depuis 2007 le V-Day, qui commémore la proclamation par laquelle l'Italie quitta l'Axe, mais est en fait l'abbréviation de Vaffanculo-Day... Sur le sujet de politique économique, c'est l'Italie qui est du côté du manche. Un gouvernement décidé à Rome pourrait adresser un grand V à Bruxelles. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Alexis a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Coup de frais sur la relation entre Paris et Berlin (9 avril 2018) Paris doit gérer sa déception face à l'évidente mauvaise volonté allemande s'agissant de toute réforme de l'euro, sans compter les autres sujets Budget propre ou fin de la zone euro : l’ultimatum de la France à l’Allemagne (15 mai 2018) La pression exercée par la France sur l'Allemagne devient plus explicite. Le blocage par l'Allemagne de la stratégie économique et européenne sur laquelle Macron a fondé son projet électoral et pour le pays n'est pas une surprise, pour qui a observé le comportement allemand des quinze dernières années, et l'évident manque de vision et de prise en compte de la politique continentale de la classe dirigeante allemande. Le gouvernement indépendantiste et anti-austérité que se choisit l'Italie donnera t il une nouvelle chance au président français, en introduisant suffisamment de désordre, en faisant assez tanguer le système de l'euro et en fichant suffisamment la trouille à Berlin pour que la classe dirigeante allemande, contrainte et forcée, se hisse au-dessus d'elle-même ? Pas totalement exclu, mais bon je ne parierais pas un euro un mBTC dessus. L'hypothèse apparemment très aventurée, mais je crois très logique, que je formulais en octobre 2017 sur ce que pourrait être la deuxième partie du mandat d'Emmanuel Macron - après qu'il ait été forcé de se résigner à l'échec de son plan initial - me paraît de moins en moins folle. Historiquement, c'est bien le nationaliste israélien Menahem Begin qui signa la paix avec l'Egypte, c'est bien l'homme de droite Frederik de Klerk qui mit fin à l'apartheid, et c'est bien le serviteur de Concini et soutien de Marie de Médicis Armand du Plessis qui devint Richelieu. Il ne serait pas si surprenant à tout prendre que ce soit le candidat le plus européiste à la présidentielle française de 2017 qui mette fin à l'euro. -
Italie
Alexis a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce n'est pas faux. Mais les cas M5S et Lega, chacun assez surprenant voire remarquable à sa manière, sont peut-être avant tout le peuple italien qui justement cherche à tâtons à se saisir à nouveau du pouvoir, et de son destin. -
Italie
Alexis a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Attends, attends, n'oublie pas que tout cela n'est qu'une "rhétorique complotiste multiforme, antiélite et antiscientifique" qui met en jeu "rien de moins que l’héritage de l’Europe des Lumières" C'est pas moi qui l'invente, c'est l'Imm... pardon le Monde qui le dit. Alors ? On ne peut pas se mettre du côté de ces gens-là, voyons ! -
Russie et dépendances.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
- Les sanctions européennes contre la Russie ont été renouvelées pour un an à la mi-juin 2017. - L'adoption ou le renouvellement par l'UE de sanctions contre un pays nécessite l'unanimité au Conseil européen - tous les pays doivent être d'accord sans exception.- - Le programme commun de gouvernement pour l'Italie adopté par M5S et la Lega inclut l'abandon des sanctions contre la Russie, que chacun de ces deux pays dénonçait avec virulence. Voir la source ici, page 18. La traduction automatique donne : ... Il serait assez facile de conclure que les sanctions européennes contre la Russie vont cesser dès juillet de cette année. -
Italie
Alexis a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Un spectre hante l'Europe : le spectre du populisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le président de la commission européenne et la chancelière allemande, Macron et Tusk , les marcheurs de France et les austéritaires d'Allemagne. Quelle est l'opposition qui n'a pas été accusée de populisme par ses adversaires au pouvoir ? Quelle est l'opposition qui, à son tour, n'a pas renvoyé à ses adversaires de droite ou de gauche l'épithète infamante de populiste ? Il en résulte un double enseignement. Déjà le populisme est reconnu comme une puissance par toutes les puissances d'Europe. Il est grand temps que les populistes exposent à la face du monde entier, leurs conceptions, leurs buts et leurs tendances; qu'ils opposent au conte du spectre populiste leur propre manifeste. La suite est là. -
budget Les budgets militaires en Europe vont-ils souffrir de la crise ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de S-37 Berkut dans Economie et défense
Je ne sais pas qui est le plus ridicule, du secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg Ou du président américain Trump Dans la fable, le renard flatte le corbeau pour une raison au moins compréhensible : c'est qu'il y a un fromage à récupérer. Mais Stoltenberg n'est pas un renard, juste un courtisan flagorneur. -
Italie
Alexis a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Et les soldats romains alors ? On les oublie ? C'est un scandâaaaale !!! (et encore, je n'ose imaginer ce qu'en dira @Tancrède ...) -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Alexis a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui. Mais les grands méchants pas beaux tout sales populistes font des progrès. On se demande bien pourquoi d'ailleurs tiens. Oui. Mais Luigi et Matteo qui négocient leur contrat de mariage. Oui. Mais l'Italie n'est pas la Grèce. Elle est trop grande pour être écrasée. Forcer son gouvernement en débranchant ses banques, ça ne marcherait pas. Oui. Mais une nation - suffisamment grande - contre une superstructure a-nationale et dont la légitimité est entièrement une construction. Le pot de fer contre le pot de terre. Et les morceaux du pot de terre, qui pourraient être difficiles à recoller... Il y a autre chose qui pose question. Comment ça s'appelle déjà, mince... j'ai un trou de mémoire, là Bon c'est vrai que c'est un petit truc pas très important, mais d'un autre côté on est censé y attacher de l'importance, et c'est pour ça qu'on répète le mot de temps en temps par habitude. Ah oui c'est ça : la démocratie. -
Israël et voisinage.
Alexis a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
La nécessité de protéger une ville d'une foule de protestataires pas nécessairement bienveillants peut se comprendre. Il est possible qu'une foule se comporte de manière inhumaine, ce qui s'est bien vu par exemple le 12 octobre 2000 à Ramallah. Le problème, ce sont les moyens utilisés. Sommations ? Canons à eau ? Balles en caoutchouc ? Lacrymogènes ? Tasers ? Autres moyens non létaux qui seraient très probablement suffisants si employés en masse, du moins il vaudrait le coup de les essayer d'abord... si la vie des Palestiniens a quelque valeur ? Rien de tout cela. On avait envoyé les soldats pour qu'ils mitraillent généreusement à balles réelles, et c'est ce qu'ils ont fait. Le mythe des orcs dans le livre de Tolkien, c'est celui d'êtres humanoïdes qu'il est toujours juste de tuer, tellement ils sont inhumains et immondes. Naturellement, les orcs existent bien dans la vraie vie : il suffit de décider de considérer tel peuple ennemi comme suffisamment inhumain pour qu'on puisse en tuer sans problème, même des civils, même des enfants... et voilà, on a des orcs ! Le gouvernement israélien semble bien avoir décidé que les Palestiniens, ou du moins les Gazaouis, sont tout compte fait des orcs. Le beau-père de Jared Kushner, pourquoi ? Les plus décidés critiques de Donald Trump doivent au moins lui reconnaître cette qualité : il sait soutenir sa famille. Camp de concentration est un terme chargé et dans ce cas inapproprié, car il en est venu à signifier camp où l'on concentre les gens pour les décimer voire les exterminer. Ce n'est pas le cas du camp géant de Gaza, même si la vie y est extrêmement dure du fait du blocus maintenu par Israël - un acte de guerre soit dit en passant, Israël n'a pas cessé une seule journée ces dernières années de faire la guerre au sens légal du terme aux gens de Gaza. L'Egypte participe au blocus de Gaza. Et pourtant elle aurait les moyens de régler leurs problèmes : Israël s'opposerait-il à ce que l'Egypte, avec laquelle il est en paix, annexe Gaza ? Les Israéliens penseraient sans doute que le Caire leur ôte une fameuse épine du pied, puisque c'est alors l'armée égyptienne qui contrôlerait la frontière. Même si l'Egypte est un pays pauvre, les Gazaouis y seraient bien mieux que sous blocus israélien. La population égyptienne et ses 95 millions de personnes ne serait pas déséquilibrée par l'addition de 2 millions d'autres. Et bien sûr la langue est commune. Sans compter que le gouvernement égyptien a montré qu'il sait comment traiter les islamistes : le Hamas aurait intérêt à filer doux. Bref, un effort mesuré, pour lequel l'Egypte pourrait sans doute négocier une aide économique conséquente d'Israël et d'autres pays, et qui donnerait aux 2 millions de personnes habitant Gaza une nouvelle vie. Il est vrai qu'il y a quelque chose de bizarre et de faux dans la prétendue "solidarité" arabe. Imaginons qu'à la frontière française, 1 million de francophones (Belges, Suisses) soient affreusement persécutés par un pays qui les maintienne en état de blocus et de privation permanente. Imaginons qu'il suffise à la France de les annexer pour résoudre leur problème tout en s'ajoutant autant de nouveaux citoyens faciles à intégrer car culturellement extrêmement proches. Qui peut douter que Paris sauterait sur l'occasion approuverait leur annexion ? Qui unit... en théorie. Les pays arabes en pratique aiment soutenir les Palestiniens en paroles, plutôt qu'en actes. Israël était David. Il est devenu Goliath. Ou bien Sparte, une comparaison faite sauf erreur par Moshe Dayan. Le problème bien sûr, c'est que Sparte malgré ses prouesses militaires a mal fini. Dayan en était conscient, il avait aussi été affecté par la guerre du Kippour en 1973, c'est sans doute pour cela qu'il a agi de manière décidée pour la paix, en l'occurrence avec l'Egypte. Aujourd'hui la situation militaire objective d'Israël est plus assurée que jamais. Et c'est l'esprit de Sparte qui tente les dirigeants israéliens. -
Israël et voisinage.
Alexis a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Que les avis diffèrent - c'est peu dire - sur ces événements, ce n'est pas une surprise. Les arguments de part et d'autre, ils sont assez bien connus je crois, pas de véritable surprise non plus. Un point de vue original et intéressant sur la question, c'est celui de William Lind, stratège américain qui popularise la grille de lecture de la "guerre de quatrième génération". Ce texte date d'il y a quelques jours... mais il est en plein sur l'actualité d'aujourd'hui en Israël-Palestine. Israël, Gaza et la guerre de quatrième génération La thèse de Lind, c'est que le Hamas, autrefois nettement moins bon que le Hezbollah pour la G4G, est en train de s'améliorer nettement. Chaque manifestation du Hamas à la frontière de Gaza qui se termine par la morts de manifestants sous les balles israéliennes est une victoire pour le Hamas sur le plan moral, qui est le niveau décisif dans la G4G car c'est celui qui détermine la légitimité, laquelle est le facteur le plus puissant et le véritable enjeu. Lind en ce début mai expliquait que le mouvement gagnant pour Hamas serait d'organiser des manifestations encore plus grandes qu'auparavant, et - c'est essentiel - sans la moindre violence de la part des manifestants. Pas de jet de pierre, encore moins d'armes à feu. De l'équipement pour couper les barbelés bien sûr, mais rien d'autre. L'idée étant d'attaquer la légitimité d'Israël aux yeux du monde, en comptant bien que le Likoud, étant ce qu'il est, ne saura réagir que par un massacre sans état d'âme. Comment Israël devrait-il se protéger ? Du point de vue de Lind, l'objectif devrait être de démobiliser les manifestants du Hamas, et pour cela de leur donner quelque chose à perdre. Bref, d'améliorer leurs conditions de vie. Cela nécessiterait bien sûr un gouvernement israélien qui sache penser stratégiquement ... Nécessité pour éviter un désastre stratégique pour Israël, celui d'apparaître aux yeux du monde - ô paradoxe ! - comme une nouvelle Allemagne nazie. Car si le Hamas envoyait 150 000 manifestants comme l'imagine Lind, les morts ne se compteraient pas en dizaines et les blessés en centaines. Ils se compteraient en milliers, et les blessés en dizaines de milliers. Alors, la comparaison, aussi infamante soit-elle, serait certainement faite, non seulement par la "rue arabe", mais en Europe, en Chine et au Japon. Et même - oui même - en Amérique. Comme le dit Lind, "j'ai été en Israël, j'aime le pays, j'aime les gens, j'ai des amis israéliens, je ne veux pas que cela arrive (...) Mais si cela arrive, c'est Israël qui se sera vaincu lui-même". Aujourd'hui, ce n'était certes pas la manifestation massive qu'imaginait Lind. Mais le Hamas a compris : pas un seul acte de violence de la part des manifestants. Et d'autres manifestations plus grandes sont annoncées. -
L'Union européenne est un machin alambiqué lourd et bureaucratique pour ce qui est de prendre des décisions oui. Cela dit, quand on parle de l'Europe ici, il s'agit en fait de trois Etats, France Allemagne et Royaume-Uni. Nous ne parlons pas de l'UE. Si c'était le cas, on pourrait aller pleurer tout de suite, évidemment. Que trois Etats s'entendent rapidement pour une action commune énergique, ou au minimum deux si les Britanniques ont des réticences, ce n'est certes pas sûr du tout. Mais ce n'est du moins pas une contradiction dans les termes, alors que ça le serait évidemment dans le cas de l'UE. Dans le même genre du "Et si ?", on pourrait imaginer de donner le choix à Washington : soit on vend en Iran et on investit pour produire des voitures et d'autres biens de consommation. Soit on vend des armes. Après tout, il n'y a pas que Vlad qui a le droit de jouer à "qui veut du S-400, il est beau il est frais mon S-400". Faut bien que les autres s'amusent aussi, quoi.
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Je crois que même un Pompeo - pas nécessairement un Bolton ni un Trump - peut comprendre que l'Iran n'a aucun intérêt à rechercher une "réparation" de l'accord sur des termes plus favorables aux Saoudiens et Israéliens Américains. C'est une simple question de dynamique de négociation. Alors qu'ils respectent l'accord tandis que l'Amérique ne le faisait pas - action pour décourager les investissements en Iran, même avant la décision de sortie de l'accord - Washington exige de modifier encore l'accord à leur détriment. Ils savent que s'ils venaient à mettre le doigt dans cette logique, les demandes deviendraient de plus en plus lourdes voire exorbitantes, sans autre limite que le "changement de régime" ouvertement proclamé par Bolton comme véritable objectif américain. Aucun intérêt pour eux à ne serait-ce qu'essayer. Reste la possibilité de maintenir l'accord avec 5 pays au lieu de 6, mais cela exige que ces pays trouvent des solutions pour résister aux injonctions américaines au monde entier de cesser tout commerce avec Téhéran. Possibilité ténue, qu'il vaut tout de même la peine d'essayer. Pendant une période donnée cependant, sachant que les sanctions universelles américaines elles s'appliquent dès maintenant. D'où : Nucléaire: l'Iran fixe un délai de 60 jours à Bruxelles Si les Européens échouent, c'est-à-dire s'ils n'arrivent pas à protéger leurs propres entreprises contre le chantage américain, l'Iran considérera l'accord comme mort et enterré, et Téhéran devra constater que la pression économique sur lui est sans précédent aucun. Quelles décisions ils prendront à ce moment, nul ne saurait le dire. Ce qui est certain, c'est qu'un pays encerclé, en danger pressant d'être ruiné puis soumis, tentera tout ce qu'il peut. Une autre chose qui est certaine, c'est qu'à Washington, à Tel-Aviv et à Riyad, on se tiendra prêt à utiliser toute action de l'Iran comme prétexte à davantage de pression ou à attaque directe. Les Bolton, les Pompeo, les Netanyahou et les Ben Salman ont le contrôle du cerveau trumpien, et en joueront comme d'un instrument pour la musique qu'ils voudront. Si nous (France+Allemagne+Royaume-Uni) sommes collectivement incapables de faire front devant l'Amérique, l'alternative sera de nous préparer à résister à la guerre. Avant tout sur le plan économique : une interruption même partielle et temporaire des flux de pétrole dans le Golfe entraînerait 1) des pénuries 2) une récession. Je crois qu'il serait utile de réfléchir à une augmentation en urgence des stocks stratégiques français, actuellement de 90 jours de consommation. Sur le plan diplomatique, ce serait une bonne idée de se coordonner avec Chine et Japon, qui sont en gros dans la même situation que nous : pas impliqués dans les opérations militaires au Moyen-Orient, mais fortement impactés si les exportations de pétrole souffrent. La Russie c'est différent : ils sont producteurs de pétrole, donc leur économie est beaucoup moins vulnérable.
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A l'époque, Condoleeza Rice avait conseillé de "pardonner à la Russie, ignorer l'Allemagne et punir la France". On a vu le résultat, c'est-à-dire pas grand chose. Il est vrai qu'entre temps, la question de l'autorisation d'exportations vers la Chine d'armes françaises européennes avec leurs technologies associées avait été posée ... une question qui avait "intéressé" les Etats-Unis. Nul ne sait ce qui s'est passé hors de vue des caméras, mais le résultat des courses a bien été d'oublier cette histoire de "punition" contre la France, tout comme à Paris on oubliait cette idée d'exporter de la technologie militaire avancée en Chine. Bien sûr, depuis quinze ans, la Chine a fait quelques progrès, elle ne serait peut-être pas tellement aidée par des exportations technologiques militaires françaises, dont ne serait probablement pas un épouvantail suffisant. Mais bon il n'y a pas que la Chine ...
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"La raison du plus fort est toujours la meilleure : Nous l'allons montrer tout à l'heure." La Fontaine... on y revient toujours.
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Je ne sais pas si nous sommes - encore ? - prêts à aller très loin dans cette direction. Mais il est vrai que si la réunion Fra-Alle-RU avec l'Iran déjà prévue était suivie d'une réunion à 5 + Iran, en incluant la Russie et la Chine, ce serait déjà un "signal" adressé à Washington. Oui. Mais il est vrai aussi que l'activité des groupes américains en Europe est totalement vulnérable à la législation européenne. C'est à voir, France et Allemagne ensemble ont tout de même un certain poids. Mais je suis d'accord que la question se pose. Si Berlin et Paris choisissaient la voie de l'action, je pense qu'il serait nécessaire d' "acheter" en interne l'accord de certains pays de l'Est. Par exemple, mettre la pédale douce sur les attaques judiciaires contre la Pologne en échange de son assentiment. On n'a rien sans rien. C'est ça aussi, faire de la politique internationale responsable : il faut choisir ses priorités et transiger sur le reste. Tout à fait d'accord, mais c'est moins du marché iranien qu'il s'agit que de la guerre au Moyen-Orient, de son impact sur le prix du pétrole donc une récession mondiale qui nous toucherait aussi. Là, les enjeux sont d'une autre dimension... C'est une autre option, qui consisterait essentiellement à se retirer du chemin, essuyer les pertes dues aux investissements déjà réalisés en Iran, se préparer à se protéger contre la prochaine guerre au Moyen-Orient, et souhaiter bonne chance à tous les Américains, Saoudiens, Iraniens et Israéliens. Cela dit, je ne suis pas d'accord pour viser Israël. Je veux bien qu'ils ont de moins grandes dents que les Etats-Unis, commercialement notamment, mais ce n'est pas une raison. Il est vrai que la politique israélienne consiste à utiliser l'Amérique pour frapper l'Iran, mais c'est tout de même Washington qui prend ses décisions tout seul comme un grand. Ils se laissent instrumentaliser par un petit allié... parce qu'ils le veulent bien.
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Bien sûr. Il s'agirait d'une épreuve de force. Le principe dans ce cas, c'est que les deux côtés peuvent augmenter le niveau des rétorsions. Question politique, encore une fois. Je ne sais pas quelle sera la décision. Mais il me semble que tout le monde a compris en Europe que Trump ne respecte que la force. Or, les Européens sont comme tout le monde : ils souhaitent être respectés. Obama ne respectait pas nécessairement beaucoup mieux les Européens et leurs intérêts que ne le fait Trump. Mais il avait l'intelligence d'y mettre les formes, et un grand sourire par-dessus. Trump dévoile ce qui était poliment dissimulé sous le voile, il rend impossible d'ignorer ce qu'on s'entendait autrefois pour laisser à l'arrière-plan. "Der Westen existiert nicht mehr" ? Pas exactement. Ce n'est pas que le bloc occidental n'existe plus, c'est que la soumission qui a toujours été au cœur de la notion même de bloc occidental devient plus difficile, je dirais impossible à nier. L' "Occident", c'est-à-dire l'arrangement de soumission-contre-protection qui a toujours été au cœur de la relation transatlantique, peut-il survivre en pleine lumière ?
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Un article du même Spiegel - tendance centriste pro-européenne - dont le titre mérite à peine traduction Der Westen existiert nicht mehr (l'Occident n'existe plus) Traduit dans la version anglophone de leur site en Time for Europe to Join the Resistance (il est temps pour l'Europe de rejoindre la Résistance) Au risque de l'emphase - la Résistance, quand même ... - ils ont quand même le mérite d'afficher une position claire. C'est justement parce que l'enjeu est très élevé que les choses pourraient se passer différemment. Le fonctionnement européen "normal" serait bien entendu d'avaler toute fierté, d'accepter les moindres pertes associées à l'obéissance aux ordres américains même extra-territoriaux donc illégitimes. Cela a déjà été bien éprouvé, dans le cas de la BNP et dans d'autres, et les rackets associés totalisent plusieurs dizaines de milliards dans les dernières années. Jusqu'ici, rien n'a été fait, parce qu'établir un rapport de force avec les Etats-Unis n'est pas quelque chose qui vient naturellement à la plupart des dirigeants européens, pour parler poliment. Cette fois-ci en revanche, si les Européens échouent à maintenir leurs relations commerciales avec l'Iran, cela poussera sans doute ce dernier vers la sortie, d'où forte augmentation des tensions, et très probable conflagration régionale à court / moyen terme. D'un côté aucun Européen ne mourra certes, aucun pays européen ne se laissera entraîner par Washington comme en 2003, seuls les Américains, Israéliens, Saoudiens et bien sûr les Iraniens subiront la guerre. Mais de l'autre le prix du pétrole pourrait augmenter de façon catastrophique, d'où récession mondiale, sans compter de possibles nouvelles vagues de migrants vers l'Europe. Bref, si les Européens se contentent de l'habituel comportement béni-oui-oui, nous subirons probablement un fameux retour de bâton tôt ou tard, au minimum économique. Qui nous coûtera beaucoup plus qu'une épreuve de force avec l'Amérique. S'il y a volonté politique de contrer l'Amérique sur ce dossier, les moyens seront trouvés. Cela dépend à mon sens davantage de l'Allemagne que de la France, parce que chez nous la volonté semble déjà là. Les Allemands quant à eux semblent vraiment troublés... ils voient parfaitement l'enjeu et veulent agir, et d'un autre côté cela irait à l'encontre de leurs habitudes les mieux ancrées vis-à-vis de leur protecteur américain. Difficile vu de ma fenêtre de discerner ce qu'ils décideront. Par exemple : - il serait possible pour les Etats européens de garantir leurs entreprises contre les pertes subies dans des procès aux Etats-Unis au sujet du commerce avec l'Iran, en utilisant des fonds issus d'une taxe à lever sur les activités des entreprises américaines - ou encore, punir les entreprises américaines pour tout avantage concurrentiel qui résulterait d'un procès contre un concurrent européen - une punition se chiffrant suivant les cas en milliards ou plus bien sûr Et ce ne sont que deux exemples. La créativité vicieuse n'est pas réservée au législateur américain, nous pouvons nous y mettre aussi. La question est politique, non technique.
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Parmi les huit blessés, on en note deux en état d' "urgence absolue". Sur l'attribution, il convient de rester prudent oui. Certes une attaque djihadiste est probable, mais il y a aussi d'autres types de radicalisme même si moins fréquents. Edit : la précision sur "Allah akbar", si confirmée, ôte les doutes En tout cas, un mode opératoire très très basse technologie, pratiquement impossible à parer je dirais L'inconvénient du point de vue djihadiste est le faible "rendement" en nombre d'infidèles et hypocrites tués pour chaque opérateur.
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L'avenir de la péninsule coréenne
Alexis a répondu à un(e) sujet de Andromeda dans Politique etrangère / Relations internationales
Les gourgandines, c'est Donald qui fournit bien sûr ! L'expérience, y a qu'ça de vrai. Demandez à M'dame Clifford Stephanie -
L'Europe n'a jamais été une grande nation, sauf durant deux courtes périodes autour de 1812 et de 1942. Il n'existe aucun passé de ce genre à «ressasser». Ce qui peut exister, c'est une coopération entre Européens contre les menaces extérieures, économiques comme militaires. Ça n'existe pas aujourd'hui, mais c'est un scénario pour l'avenir. Bien sûr, on en est fort loin sur le plan militaire - c'est OTAN au menu pour la plupart - comme, presque, sur le plan économique. Mais le genre d'agression économique caractérisée que nous organisent les Trump, Bolton et Pompeo, servant les intérêts des Ben Salman et des Netanyahou, pourrait être une occasion de se retourner.
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Celle-là, j'y avais pensé... mais je n'avais pas osé Elle est un peu dure certes, mais bon Monsieur Bibi ne l'a pas tout à fait volée...
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D'autres évoquent l'attaque de deux destroyers américains par des torpilleurs nord-vietnamiens. Une riposte américaine serait envisagée. Pas mal les Israéliens ! Les Syriens n'ont réussi à arrêter qu'un peu plus de la moitié de leurs missiles, alors qu'ils en étaient à plus de 70% contre les Américains, Français et Britanniques. Talk is cheap, comme disent les Godons. J'attends d'avoir des nouvelles de la sortie de l'Allemagne du TNP et de la mise en service de ses missiles GBB-1 (*) à tête nucléaire avant de prendre ce genre de proclamation au sérieux. Ou alors, au strict minimum, le retrait des B-61 à double clé stationnés en Allemagne pour remplacement par des ASMP-A à double clé. D'ici là, c'est juste M'dame Angela qui cause dans le poste. (*) Groß Boum-Boum
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La vision de Shorr Kan, propre peut-être à rassurer les inquiétudes d'Arland, peut être rapprochée de celle de Robert Heinlein. Les bonnes manières, qui peut être contre ? Très largement d'accord sur le fond, mais je me permets de suggérer des alternatives évitant trivialité et juron sans pour autant se retrancher dans l'imprécision et le vague des séries de petites étoiles : catins, courtisanes, péripatéticiennes, entraîneuses, greluches, gourgandines, tapineuses, roulures, grues, garces... Les manières, tout est là Oui, oui, même pour vous là-bas, Monsieur Donald.