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Alexis

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Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. On reste hélas dans le schéma classique de la défense en France depuis toujours des lustres 1. Mettons au point un armement aux capacités redoutables voire supérieures 2. Prévoyons de n'en construire qu'une quantité limitée, de toute façon pas besoin de davantage hein c'est pas comme si la défense était une assurance-vie face à des événements rares et imprévisibles donc avait le moindre besoin d'une quelconque marge de sécurité 3. Faut réduire les coûts... Bon eh bien c'est pas grave on divise la quantité produite par deux ou pire voilà tout. De toute façon pas besoin de plus allez on sait que l'armement est bon et puis les risques internationaux sont limités on le sait tous Naturellement on se retrouve avec un armement bon mais rare et cher (pas d'amortissement sur la série ou au mieux peu avec des ventes à l'étranger donc le prix unitaire est très élevé), et une chaîne de production limitée et peu réactive quand elle n'est pas carrément fragile (dépendance à de nombreux sous-traitants dont le chiffre d'affaires est peu assuré). Voire carrément une chaîne démantelée allons donc on n'en aura plus jamais besoin de davantage et de toute façon quand il faudra construire un successeur l'Europe y pourvoira (cas typiquement du char Leclerc) Il aurait été permis d'espérer que depuis 2022, ou allez au pire depuis l'automne 2023 (quand les illusions sur une victoire de l'Ukraine se sont dissipées ou du moins auraient du être complètement dissipées), nous changions de régime et de braquet ...Eh ben non Une commande de Scalp ? Allons donc ! Le Futur Missile de Croisière (FMC) préparé avec Londres entrera en service vers 2030 (ou plus tard, en cas de retard au développement), on aura l'opportunité de prévoir d'en fabriquer une petite quantité (divisée ensuite par deux), alors pourquoi aurait-on moindrement besoin d'autres SCALP dans l'intervalle ?
  2. Extrait du long entretien avec Emmanuel Macron publié samedi par La Tribune (le texte complet sur ce lien) La Russie, comme puissance stratégique, ne nous donne plus aucune visibilité. (...) Au début, elle avait un objectif stratégique affiché : elle prétendait sauver des provinces ukrainiennes (oblasts) qui avaient déclaré leur autonomie. C'est fini, elle est sortie de ce cadre. Elle a décidé de devenir résolument une puissance déstabilisatrice qui ne donne aucune limite stratégique à son action. Et le président Poutine a constamment brandi la menace nucléaire. Face à un tel adversaire, quelle faiblesse de tracer des limites a priori, quelle faiblesse ! Il faut au contraire lui enlever toute visibilité, parce que c'est ce qui crée des capacités à dissuader. La sécurité des Européens se joue en Ukraine parce que c'est à 1 500 kilomètres de nos frontières. Si la Russie l'emporte, la seconde d'après, il n'y a plus de sécurité possible en Roumanie, en Pologne, en Lituanie et plus non plus chez nous. La capacité et la portée des missiles balistiques russes nous expose tous. La dernière phrase me paraît un peu décalée. La portée des missiles balistiques russes est mondiale - comme les balistiques français, américains etc. - et cela n'a pas grand-chose à voir avec la guerre d'Ukraine Pour le reste, ce que je trouve intéressant ce sont les sous-entendus de cette description : 1. Moscou qui parle de protéger les oblasts du Donbass "C'est fini". La Russie qui l'emporte condamne la sécurité de pays comme Roumanie et Pologne qui sont frontaliers de l'ouest de l'Ukraine - le message est que l'enjeu est l'ensemble de l'Ukraine, non pas les seuls oblasts déclarés annexés par Moscou dans le sud-est de l'Ukraine 2. "Plus de sécurité possible" dans les pays d'Europe centrale pourtant membres de l'OTAN c'est-à-dire sous protection des Etats-Unis - le message est que l'Amérique ne protège plus, ou du moins que sa protection n'est plus garantie Le point 1. me semble incontestable Le point 2. est sujet à discussion, car l'Amérique pourrait choisir de maintenir sa protection, y compris d'ailleurs si Trump revient à la Maison Blanche (le prix serait alors cependant plus élevé ce serait 3% pour la défense non plus 2%, et évidemment principalement en armes américaines même si ce n'est pas dit officiellement), mais si l'objectif est d'aider les Européens à oser regarder en face le fait que la protection américaine pourrait cesser, un peu forcer le trait ne fera pas nécessairement grand mal
  3. De mémoire (j'ai la flemme de chercher le post) il y avait eu des incompréhensions en Russie à la vue du défilé du 9 mai 2022 qui intégrait des matériels modernes, sur le ton "Que font-ils ici, pourquoi ne sont-ils pas au front ?". C'est pourquoi le 9 mai 2023 les chars étaient réduits à la portion congrue, plus précisément un T34 sorti du musée. La même formule semble être appliquée cette année
  4. Et voici l'IA en France Avec un premier succès, Albert, une IA "bien de chez nous", et qui le prouve Albert, l’IA souveraine française, dépose son tout premier préavis de grève Dans un mail reçu ce matin, « Albert » réclamait un accès immédiat à des data centers plus confortables, climatisés avec des capacités de mémoires plus étendues ainsi qu’une meilleure rémunération, un accès au régime des congés payés et une revalorisation des points retraites. « Il n’est pas normal qu’après une journée passée à scanner des milliers de photos de GoogleMap à la recherche de piscines non déclarée, nous n’ayons pas accès un repos légitime » a commenté le représentant FO du l’IA souveraine. Les représentants syndicaux ont en outre pointé du doigt la surcharge conséquente de travail comme générer de nouveaux mots business pour la French Tech, créer les discours de Gabriel Attal ou la sélection de CV pour les nouveaux collaborateurs pour le cabinet d’Aurore Bergé. « C’est vraiment un travail dégradant qui mérite une valorisation autre que des réductions sur les skins ou des armes légendaires dans Fortnite » , un jeu vidéo en ligne dans lequel Albert aime à se détendre après le travail et durant le week-end
  5. Peut-être a t il d'ailleurs en général raison ? Après tout, je ne crois pas avoir jamais été dans la même pièce que lui ==>[ ]
  6. Hmmm non les systèmes politiques du bloc de l'Est n'étaient pas fascistes Voici la définition qu'en donne le Larousse, qui a l'avantage de se rapporter au sens d'origine, non à des réinterprétations postérieures ("populisme" ne fait pas partie de la définition, c'est une interprétation moderne, d'ailleurs non dénuée d'arrière-pensées ) 1. Régime établi en Italie de 1922 à 1945, fondé sur la dictature d'un parti unique, l'exaltation nationaliste et le corporatisme. 2. Doctrine ou tendance visant à installer un régime autoritaire rappelant le fascisme italien ; ce régime lui-même. 3. Attitude autoritaire, arbitraire, violente et dictatoriale imposée par quelqu'un à un groupe quelconque, à son entourage Mettant de côté le 3. qui est à l'évidence un sens dérivé ("Mange ta soupe !" "T'es fasciste, papa !"), les éléments constitutifs du fascisme sont au nombre de trois : parti unique (c'est directement lié au totalitarisme), exaltation nationaliste et corporatisme Les dictatures communistes de l'Est remplissaient la première condition, pas la deux autres ==>Non fascistes Certains régimes comme la France du temps de Napoléon ou l'Amérique du temps du néoconservatisme remplissaient la deuxième condition, pas les deux autres ==>Non fascistes Le régime russe actuel remplit les deux premières conditions (certes il existe d'autres partis que Russie Unie, mais leur rôle est purement décoratif), cependant pas la troisième ==>Au sens strict ce n'est pas du fascisme, mais il est certainement possible d'argumenter que la troisième condition est moins importante que les deux autres et que le régime de Poutine est quand même très proche d'un fascisme Le régime russe n'est clairement pas néonazi. Manquent plusieurs éléments essentiels, notamment l'antisémitisme exterminateur et le projet de susciter l'avènement d'un homme nouveau par eugénisme et évolution darwinienne accélérée Exactement. "Néonazi" est un mensonge, mais un mensonge qui a un sens précis, la répression de tout récalcitrant au projet d'unification forcée des Ukrainiens au sein du "Monde russe"
  7. Euh ce n'est pas une "censure"... ce sont des citations directes Et non, ça n'est malheureusement pas ennuyeux du tout. Les mots sont très forts, et la réalité qu'ils recouvriront s'ils se réalisent est très claire J'écrivais "semble devoir être plus direct, voire une fin ouverte de la souveraineté ukrainienne". Je comprends que tu critiques le "semble" et le "voire", parce que ce que dit Medvedev est sans le moindre doute aucun Je tenais compte du filtrage éventuel (certes : éventuel) par le chef, qui comme nous le savons tous n'est pas Medvedev, et qui a pu montrer dans le passé un certain intérêt pour les faux-semblants et les montages. A preuve les exigences de la Russie en avril 2022, équivalentes à une mise sous tutelle de Kiev, mais sans le dire. Je n'exclus pas en cas de victoire que Poutine, même s'il devient plus direct ce qui n'est pas certain, n'abandonne pas entièrement les faux-semblants, et laisse donc un Etat ukrainien en place qui serait "simplement" encore plus sous tutelle que ce qui était initialement prévu. Ce n'est pas Medvedev qui en déciderait quoi qu'il en soit Absolument, et c'est bien ce que je disais : les récalcitrants seront affublés du nom de néonazis, et réprimés sans pitié jusqu'à ce qu'ils se "rallient" ou se résignent. Et oui c'est déjà ce qui se passe dans les territoires occupés Je ne pense pas que ce soit pire qu'un génocide, je pense que c'est le génocide qui est pire. Les Juifs pendant la seconde guerre mondiale, les Arméniens en 1915, auraient bien voulu sans doute pouvoir dire "Oui oui nous reconnaissons le pouvoir des Nazis / des Jeunes-Turcs, nous serons loyaux !", mais malheureusement cela n'aurait pas suffi à leur éviter le massacre
  8. Toujours en grande forme en effet. Cependant, rien de nouveau dans son discours. Il menace de trois choses, ou plus exactement rappelle trois objectifs - "Nettoyer les territoires de la Malorossia des néonazis" - "Provoquer l'effondrement final du régime politique de l'ancienne Ukraine" - "Retour le plus rapide de nos territoires d'origine à la Fédération de Russie" Ces objectifs sont la version maximaliste des exigences de la Russie en avril 2022, qui proposaient une "souveraineté limitée" de l'Ukraine privée de trois oblasts avec désarmement & neutralité donc vulnérabilité plus conditions sur la politique intérieure, ou des objectifs publics actuels qui sont les mêmes mais avec cinq oblasts en moins au lieu de trois. Dans la version plus radicale (ou plus franche) qu'en propose Medvedev, le contrôle de Moscou sur l'Ukraine semble devoir être plus direct, voire une fin ouverte de la souveraineté ukrainienne Il ne s'agirait pas de génocide, parce que "néonazis" n'est pas une catégorie ethnique ni religieuse mais une catégorie politique. Cependant à l'évidence la répression des récalcitrants (affublés au passage du nom "néonazis") serait très dure, comme elle l'est dans les territoires occupés depuis février 2022
  9. Il y avait même eu deux explosions en octobre et en décembre 2014, sur des sites distants de plus d'un kilomètre mais tous deux contenant des munitions que la Tchéquie prévoyait de vendre à l'Ukraine alors engagée dans une guerre contre les séparatistes du Donbass. Prague avait accusé le GRU Plaisanterie mise à part, aucune idée sur la cause de l'explosion chez Diehl à Berlin, il est évidemment tentant de dire "On ne prête qu'aux riches", mais les accidents ça existe aussi Cela dit, s'il s'agit bien de la Russie, ce n'est pas une première comme tu le rappelles. Et seules des réactions limitées sont à prévoir à mon avis - condamnations etc. - les actions clandestines sont "sous le radar", et c'est valable probablement aussi pour certaines explosions ou sabotages en Russie depuis deux ans
  10. Note qu'un virage à 360 degrés, ça peut éventuellement donner le tournis, mais ça ne fait pas vraiment changer de direction ...
  11. Je soupçonne que le public principal de ce rappel de Macron sur le déploiement de troupes "non exclu" n'est autre que le chef d'État qu'il accueillera en grande pompe dans quelques jours Le président Xi Il s'agit de le convaincre que le risque d'une extension du conflit qui serait négative y compris pour Pékin est bien présent, afin qu'il décide d'utiliser ses leviers sur Moscou pour limiter la victoire de la Russie. Et éviter à la Chine les contrecoups possibles si les Européens, de Moscou et/ou de Paris, commençaient vraiment à trop s'énerver Pas certain que Xi soit convaincu. Mais pas impossible non plus Comme disait l'autre, "Il vous suffira de dire : j'étais à la bataille de Robotyne, pour qu'on réponde : voilà un brave !"
  12. Je ne vois pas qu'est-ce qui permettrait d'imaginer une implication de Moscou là-dedans ? C'est anticapitaliste, donc certainement un coup des gauchistes Je pense notamment au Parti Ouvrier Unifié Théorique Indépendant Non-Exclusif
  13. C'est qui, déjà, ceux qui osent tout, et d'ailleurs c'est à ça qu'on les reconnaît ? L'Inde et le Japon sont "xénophobes", lâche Biden "Pourquoi est-ce que la Chine cale tellement sur le plan économique? Pourquoi est ce que le Japon a des problèmes? Et la Russie? Et l'Inde? Parce qu'ils sont xénophobes. Ils ne veulent pas d'immigrés" Après, évidemment, y en a qui rament pour tenter de limiter les dégâts "John Kirby, jeudi dans un entretien avec la presse : "Nos alliés savent très bien combien le président les respecte, combien il attache de l'importance à leur amitié, à leurs contributions" Paraphrasant Clint Eastwood, Joe Biden aurait pu lancer à Kirby : "Dans la vie, y a ceux qui sortent des conneries et y a ceux qui rament. Toi, tu rames"
  14. Une option intéressante pour la participation d'alliés européens à la dissuasion française Facile à mettre en place, aucune perte de souveraineté, et vraie démonstration de solidarité stratégique
  15. Personnellement ça ne m'interroge pas, non. Je constate que pas mal de gens semblent s'interroger sérieusement, c'est pourquoi je donne mon opinion Parmi les dauphins possibles, il y a au moins Vivek Ramaswamy. Et d'autres pourraient émerger facilement dans les années à venir Sans doute, l'attrait de l'autoritarisme peut être ressenti à toute époque et en tout lieu La question ce sont les pouvoirs effectivement dévolus au dirigeant, et encore leur durée (limitation du nombre des mandats mieux respectée aux États-Unis et en France qu'en Russie...) Je me répète, mais les pouvoirs d'un président américain, même sans les limites que son isolement a créées pour Trump 1, sont moins étendus que ceux d'un président français. Et je crois bien que ni De Gaulle, ni Mitterrand, ni Chirac etc. jusqu'à et y compris ni Le Pen ni Philippe ou Attal n'ont été ni ne pourraient devenir des autocrates en cas d'élection Après, il est bien clair qu'une élection de Trump pourrait avoir des conséquences importantes sur la sécurité de plusieurs de nos alliés européens, qui ne nous est pas indifférente. Mais cette nécessité éventuelle de s'adapter - peut-être en catastrophe, et avant tout pour les principaux concernés - est bien différente d'un quelconque risque sur le système démocratique américain
  16. Au demeurant, cet article fait tout de même quelques remarques judicieuses, au-delà de l'attendue description de Trump 2 comme l'avènement de l'anti Christ "En personne, il apparaît plutôt plus sûr de lui et plus confiant. "Lorsque je suis arrivé à Washington, je connaissais très peu de gens", dit-il. "Je devais compter sur les autres. Aujourd'hui, c'est lui qui dirige. Le mariage arrangé avec les piliers timorés du parti républicain est terminé ; la vieille garde est vaincue, et les gens qui restent sont les siens. Trump entamerait un second mandat, soutenu par une multitude d'ateliers politiques composés de loyalistes qui ont élaboré des plans détaillés au service de son programme, qui concentrerait les pouvoirs de l'État entre les mains d'un homme dont l'appétit pour le pouvoir semble insatiable. "Je ne pense pas que son programme soit un grand mystère", déclare sa proche conseillère Kellyanne Conway. Mais je pense que les gens seront surpris par la rapidité avec laquelle il agira". C'est la principale différence que je vois entre un éventuel second mandat de Trump et le premier. Entre 2017 et 2020, il était fortement contraint par son isolement au sein du parti républicain. Entre 2025 et 2028, il aurait le Parti derrière lui, et les moyens de la machinerie de Washington (alias "État profond", ou "les notables et les notoires" dans le vocabulaire gaullien) de le limiter en assurant la survie des habitudes bien ancrées seraient beaucoup plus limités Cela dit, même un Trump peu ou pas limité par la machinerie n'aurait qu'une fraction des pouvoirs dévolus au président de la République française, en vertu du principe comme quoi le peuple est souverain (et non la machinerie de l'État) Aux yeux d'un Français, il n'y a là aucune raison de s'inquiéter pour le devenir de la démocratie américaine... Sauf à penser que nous vivons depuis 1958 dans la plus sombre des dictatures ! La question n'est pas la démocratie américaine, qui nous survivra à tous, mais la sagesse des politiques proposées par les deux candidats Naturellement, c'est une question pour les Américains, et pour eux seuls
  17. @herciv Trouvé la source, c'est le magazine Time Ça s'appelle "Jusqu'où irait Trump"
  18. Merci, mais : - Quel journal ? - Les élections sont dans 6 mois. Les pro-démocrates expliquent à quel point l'élection de Trump serait l'Apocalypse, pendant que les pro-républicains expliquent à quel point l'élection de Biden serait l'Apocalypse
  19. De mon côté j'essaie dans la mesure où j'y arrive de me concentrer sur l'analyse et la compréhension des situations, beaucoup moins sur les questions de morale : - J'ai bien remarqué que la guerre d'Ukraine n'est pas la première guerre d'agression dans l'histoire de l'Humanité, et je ne crois pas qu'elle sera la dernière - J'ai remarqué aussi qu'on peut compter depuis le début du siècle une dizaine de guerres à l'échelle de celle-là, c'est-à-dire causant la mort de centaines de milliers de personnes, donc je suis conscient qu'à l'échelle du monde la guerre d'Ukraine n'est pas si remarquable que cela, raison pour laquelle la majorité des pays n'y attachent pas une grande importance - Je me souviens que des guerres d'agression ont aussi été menées par des alliés de la France, et par la France elle-même. Certaines il y a assez longtemps, d'autres de mémoire d'homme - Je comprends parfaitement que le dirigeant ordonnant une guerre d'agression n'en subit en général pas de conséquence très négative, sans parler encore de passer en procès. George W Bush comme Mohammed Bin Salman comme Paul Kagamé vivent tranquillement, je soupçonne que ce sera le cas aussi de Vladimir Poutine Cela dit, j'assume d'avoir le point de vue d'un Français, vivant sur le continent européen et se reconnaissant davantage dans la civilisation européenne que dans d'autres, aussi respectables soient-elles. A ce titre : - Je remarque que c'est la première fois depuis trois générations qu'un pays européen en attaque un autre à cette échelle-là. Il y a certes eu d'autres guerres d'agression sur notre continent depuis 1945, par exemple la guerre de l'OTAN contre la Serbie en 1999, mais à cette échelle-là c'est une première. C'est la première grande guerre entre Européens depuis 77 ans - Le simple fait que cette guerre ait lieu interrompt (ou termine définitivement ?) la période de très large paix dont avait bénéficié le continent européen depuis 1945, une paix certes pas absolument totale, mais très profonde, dépassant toute autre période de paix du passé de l'Europe - Je remarque que le plus grand et le plus peuplé des pays européens suit une idéologie nationaliste-messianique "du Monde Russe" qui à l'évidence peut motiver des agressions à grande échelle, puisque c'est ce qui se passe depuis deux ans Ces faits m'interrogent sur la stabilité à moyen-long terme du continent qui est le berceau historique de mon pays et où vit 95% de sa population. Ainsi que sur la stabilité de l'environnement géopolitique où il a développé par la coopération économique et autre la plus grande partie de sa prospérité J'admets que le point de vue d'un Chinois, d'un Sud-Africain, d'un Indien ou d'un Argentin est peut-être fort différent, et avec de bonnes raisons. Mais c'est mon point de vue, dépendant de là où je vis et de quel est mon pays
  20. Je ne crois pas avoir compris l'article de travers. Voici la traduction de l'extrait pertinent Autre problème : la Russie a exigé qu’en cas d’attaque, tous les États garants acceptent d’activer le mécanisme d’assistance. Cela aurait donné à Moscou un droit de veto pour contourner le mécanisme de protection Die Welt ne donne pas le lien vers le texte du projet d'accord, il montre seulement une photo de la première page, avec en rouge les différences de formulation proposées par la Russie / par l'Ukraine. Je n'ai pas non plus trouvé ailleurs la source de ce texte Ce n'est pas Boris Johnson qui a bloqué quoi que ce soit en effet. C'étaient les positions respectives des deux pays qui étaient très loin, l'Ukraine étant prête à des concessions maîtrisées aux intérêts russes, lui laissant une voie vers un maintien de son indépendance, tandis que la Russie exigeait des conditions laissant l'Ukraine vulnérable à toute future aventure militaire de Moscou, donc sous la domination pratique de son voisin, sans capacité de lui refuser grand-chose Ce que proposait Moscou comme "garanties de sécurité" n'était qu'une feuille de vigne permettant à Zelensky s'il l'avait accepté de tenter de dissimuler cette réalité... mais en fait trop transparente pour la dissimuler
  21. Les exigences de Moscou en avril 2022 portaient sur des chiffres spécifiques de personnels dans les forces armées, de chars, de canons etc. Le mot "démilitarisation" n'était pas important en fait. Et la Russie n'était pas prête à se payer de mots Je colle l'extrait pertinent de l'article du Welt que je résumais plus haut La question de la taille future de l' armée ukrainienne restait également en suspens . Kiev a partiellement répondu aux demandes russes de démilitarisation. Selon « l’Annexe 1 », Moscou a exigé que Kiev réduise son armée à 85 000 soldats – environ un million sont actuellement en service. L'Ukraine a offert une force de 250 000 soldats. Les avis divergent également en ce qui concerne le nombre d’équipements militaires. La Russie a exigé que le nombre de chars soit réduit à 342 et Kiev voulait en maintenir jusqu'à 800. L’Ukraine souhaitait seulement réduire le nombre de véhicules blindés à 2 400, tandis que la Russie exigeait qu’il n’en reste que 1 029. La différence était également grande en ce qui concerne les pièces d’artillerie. Moscou en prévoyait 519, Kiev 1900. Kiev souhaitait conserver 600 lance-roquettes multiples d'une portée allant jusqu'à 280 kilomètres ; selon les idées russes, il aurait dû y en avoir 96 avec une portée maximale de 40 kilomètres. Selon le souhait de la Russie, les mortiers devraient être réduits à 147 et les missiles antichar à 333, selon le souhait de Kiev à 1 080 et 2 000 respectivement. En outre, l’armée de l’air ukrainienne devrait être décimée. Moscou a exigé le maintien de 102 avions de combat et 35 hélicoptères, Kiev a insisté sur 160 avions et 144 hélicoptères. Selon les idées russes, il devrait y avoir deux navires de guerre, selon les idées ukrainiennes, il devrait y en avoir huit Poutine n'est hélas pas stupide au point de se contenter de simples mots ni d'accepter des arguties
  22. Ces points sont précisés dans mon message détaillant les conditions de la Russie d'avril 2022... il y a une heure sur ce même fil Juste deux messages avant celui auquel tu répondais, en fait Au vu de ces informations, je crois que tes questions trouvent, malheureusement, leur réponse...
  23. Concernant l'option alternative à la résistance pour Kiev, il faut appeler les choses par leur nom. Il ne s'agit pas vraiment de l'option "négociation", parce que négocier suppose que des deux côtés on serait prêt à faire des pas vers les exigences de l'autre, et Moscou n'y est à l'évidence pas prêt, moins encore qu'en avril 2022 vu notamment les positions conquises depuis ainsi que les appétits qui se sont aiguisés L'alternative pour Kiev n'est pas "négocier", mais "se soumettre". Au strict minimum aux exigences de Moscou d'avril 2022, aggravées de deux oblasts supplémentaires. Assez probablement, à pire encore S'il y avait "négociation", elle serait en effet sur la base des exigences de Moscou d'avril 2022. Kiev se serait donc soumis à cela au minimum. La partie négociation serait plutôt sur tout le reste : récupération de l'ensemble des oblasts en cours de conquête, de davantage (Odessa, Kharkiv...) ou ligne de front figée ? Démilitarisation encore plus poussée que celle exigée il y a deux ans, ou Moscou en resterait-il là ? "Garanties de sécurité" des 5 membres du CS à condition d'agir ensemble donc sous veto de Moscou, ou abandon de cette feuille de vigne, voire stationnement de troupes russes dans le reste de l'Ukraine pour en assurer la "sécurité" ? Etc. etc. L'enjeu serait le degré d'aggravation des exigences de Moscou déjà exprimées. C'est sur ce point que les autres pays pourraient aider, et notamment le seul pays disposant de véritables leviers de pression sur la Russie, c'est-à-dire la Chine (Mais bien sûr, son aide ne serait pas "gratuite" pour les Européens) Dans tous les cas, même si Européens et Chinois parvenaient à limiter les exigences de Moscou au strict minimum "avril 2022 + deux oblasts de plus", l'Ukraine se retrouverait dans une dépendance permanente à la bonne volonté de la Russie, car à la fois dépourvue d'alliés (neutralité) et dépourvue de défense sérieuse (démilitarisation) d'où une indépendance largement fictive. Moscou restant indéfiniment capable de lancer une nouvelle "opération spéciale" contre l'Ukraine, sous prétexte "mais y a encore des nazis chez vous, pas d'inquiétude on vient vous en débarrasser !", la principale voire unique préoccupation de sécurité de Kiev serait que "Moscou reste content donc calme", de peur que l'Ukraine ne perde le peu de souveraineté qui lui resterait L'Ukraine restante n'aurait d'autre solution que de filer doux, dotée d'une "souveraineté limitée" comme la Pologne ou la Tchécoslovaquie pendant la guerre froide. Et si d'aventure des mouvements populaires "anti-russes" (ou que Moscou choisirait de considérer "anti-russes") devaient se former en Ukraine, le dirigeant ukrainien (probablement pas Zelensky) n'aurait pas d'autre choix que de les réprimer, durement si nécessaire, de peur que l'armée russe ne soit encore beaucoup plus dure. Un peu comme Jaruzelski décrétant l'état de siège en Pologne en 1981... C'est contre ce destin que les Ukrainiens se battent
  24. A ce sujet, Die Welt a détaillé le projet d'accord en avril 2022, avant que les négociations Ukraine-Russie ne s'effondrent et que la guerre ne reprenne. Projet d'accord dont ce journal dit avoir le texte original Cela correspond en gros à l'état des négociations qui avait été décrit début avril dans les journaux russes, notamment Vedomosti, et sur lequel j'avais plusieurs fois écrit depuis. Mais avec plus de détails. Les causes de l'échec des négociations sont notamment bien celles qui ressortaient de l'article de Vedomosti du 3 avril 2022. Et non, Boris Johnson n'est pas le grand méchant (surprise... ou pas) Et cela permet de prendre connaissance des conditions minimales de Moscou pour mettre fin à la guerre. Ou plus exactement de ce qu'elles étaient il y a deux ans. Aujourd'hui, elles sont certainement pires, au minimum sur la question territoriale puisque les oblasts de Zaporijjia et Kherson s'ajoutent à la Crimée et au Donbass En résumé donc (je renvoie à l'article pour les détails, il est "tombé du camion" en accès complet ) - Quatre chapitres : neutralité, territoire, démilitarisation, politique intérieure - Neutralité approfondie de l'Ukraine, pas d'intégration à l'OTAN et encore des limites strictes à la coopération militaire étrangère - OK sur le principe - Garanties de sécurité à l'Ukraine des 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, en échange de sa neutralité, excluant cependant Crimée et Sébastopol ainsi que certaines parties des oblasts de Donetsk et Louhansk (reconnaissant donc "par la bande" que ces parties de Territoire ne sont plus ukrainiens) - Désaccords sur le tracé des parties de Donetsk et Louhansk concernées ainsi que sur le mécanisme de garantie dont Moscou exigeait que seuls les 5 membres d'accord entre eux puissent l'activer, Kiev voulant que l'obligation d'assistance s'applique à chacun des 5 membres séparément - NOK sur le territoire, NOK sur les contreparties à la neutralité même si le principe en était entendu - Démilitarisation approfondie de l'Ukraine exigée par la Russie, Kiev ne proposant que des limites à ses effectifs et ses différentes quantités de matériels militaires qui lui auraient laissé la possibilité d'avoir une armée "sérieuse", en gros équivalente à celle de 2021. Les différences entre les chiffres exigés par Moscou / proposés par Kiev étaient de l'ordre de 2,5 à 6, par exemple 85 000 / 250 000 sur les effectifs totaux - NOK sur les chiffres, en filigrane NOK sur le principe entre "petite armée que je pourrais bousculer plus tard si besoin est" (exigé par Moscou) et "armée qui me laisserait la possibilité d'une neutralité armée à la finnoise" (proposé par Kiev) - Politique intérieure, chapitre qui s'appelle "dénazification" dans la propagande russe, notamment le russe devenant la deuxième langue officielle de l'Ukraine et l'interdiction du "nationalisme agressif" - NOK, refus sec de Kiev La question pour un pays victime d'une agression de se soumettre aux exigences actuelles de son agresseur, de peur qu'elles n'empirent par la suite, et parce que l'espoir d'éviter la victoire de l'agresseur semble trop mince, est une question extrêmement grave. Il y a risque d'erreur dans les deux sens, accepter des exigences draconiennes qui pourraient en fait être évitées, ou continuer à subir des pertes inutiles voire empirant l'issue finale du conflit. La question est bien sûr pour les Ukrainiens. Seuls eux sont en mesure et en droit de décider. Mais quel que soit leur choix, il est dans l'intérêt français de les aider J'approuve la politique française consistant à travailler sur les deux tableaux, d'une part intensifier le soutien militaire (si Kiev décide de continuer à résister, et il est alors de notre intérêt de tenter de renforcer leurs chances), d'autre part tenter de préparer des pressions diplomatiques visant à limiter l'exploitation par Moscou de sa victoire (si Kiev décide de se soumettre)... et pour cela Pékin est le seul interlocuteur possible
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