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Alexis

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Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. Non, mais la France l'avait encore moins en 1945. Pays submergé en 1940, occupé et ruiné, libéré essentiellement grâce à l'aide de ses alliés, dont certes les forces armées avaient pris une part brillante aux combats depuis 1942, mais une part très nettement minoritaire... France et Grande-Bretagne contemporaines sont toutes deux dans une bien meilleure situation de puissance que ne l'était la France en 1945 La Russie n'est en aucun cas une superpuissance en effet, le pouvoir russe qui fait mine de croire le contraire est aussi ridicule que ne le seraient Macron ou Starmer s'ils le revendiquaient pour leurs pays respectifs Cela dit, même si la différence n'est pas une question mathématiquement claire ni tranchée, il existe bien une notion de "grande" puissance, qui sont dans les faits les pays qui peuvent mener une "grande" guerre En gros ceux qu'il vaut mieux avoir autour de la table pour discuter des sujets sérieux que de les voir en dehors - potentiellement à foutre le boxon La Russie est incontestablement de ce groupe. France et Royaume-Uni ont potentiellement les moyens de rappeler que eux aussi - en montrant dans les faits qu'ils ont la capacité de fiche le binz dans les plans de Moscou pour s'emparer de l'Ukraine en faisant s'écrouler sa défense C'est tout juste, soyons honnêtes. Mais la Russie semble bien avoir une vulnérabilité spécifique dans le domaine aérien - les derniers Sukhoï sont bons, mais semble-t-il pas du niveau des derniers Rafale, ni des derniers Typhoon. Quelques dizaines de pilotes et quelques centaines de mécanos français et anglais pourraient potentiellement suffire à fiche ce binz, et à rouvrir le champ des possibles pour Kiev A condition d'être joints à des livraisons massives de blindés, missiles et autres matériels venus des pays européens. Mais la France s'est privée de 25% de ses canons Caesar en 2022, sûre de les retrouver bientôt car elle multipliait dans le même temps ses capacités de production - il y a eu deux ans de battement environ. Paris pourrait faire de même avec ses VBCI, Scalp, SAMP etc. Berlin avec ses Leopard 2, Puma etc. ainsi que les autres pays Il y aurait de quoi donner un véritable ballon d'oxygène aux Ukrainiens, sans mettre les pays européens concernés en danger puisque ce n'est pas dans les 2-3 ans qui viennent que Moscou serait en position de lancer une guerre de plus - surtout si son armée reste en Ukraine, sans plus guère avancer face à une Ukraine qui aurait relancé le recrutement maintenant qu'elle aurait davantage d'armes pour équiper ses forces
  2. J'ajouterais que je repense à la manière dont De Gaulle a forcé l'intégration de la France parmi les cinq vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale - qui initialement devaient être quatre. Il s'est assuré que les forces françaises contrôlent en leur nom propre une partie du territoire allemand, ce qui rendu la France incontournable pour parler de la suite, du monde qu'il fallait reconstruire... donc a rendu nécessaire d'accepter de l'intégrer. Les forces françaises ont d'ailleurs du créer leur propre point de franchissement du Rhin, n'étant pas autorisées par les Américains à utiliser celui qu'eux avaient créé. Les unités chargées de forcer le passage du fleuve ont eu un taux de pertes de l'ordre de 50%... ==>Si vraiment ce "monde à trois puissances" se met en place, comment Paris et Londres pourraient-ils à leur tour forcer la porte du premier cercle, comme De Gaulle a su la forcer en 1945 ? Est-ce que ce pourrait être de la manière dont nous discutions avec @Patrick sur le fil Ukraine géopolitique, en intervenant de manière aérienne en Ukraine, enlevant à Moscou au Rafale et à l'Eurofighter le levier des bombes guidées pour forcer les défenses ukrainiennes, donnant une chance à Kiev - si les autres Européens envoient davantage d'armes - de stabiliser la situation, d'échapper à la domination russe complète... et devenant ainsi incontournables pour parler de la paix mondiale, comme De Gaulle a su rendre la France incontournable en 1945 ?
  3. Plusieurs annonces importantes supplémentaires de la part de Trump - qui est en mode turbo depuis le 20 janvier, c'est assez impressionnant Le président américain propose un sommet tripartite entre Etats-Unis, Chine et Russie afin de discuter la diminution de 50% des budgets militaires. D'autre part, il veut accueillir à nouveau la Russie dans le G7, qui redeviendrait le G8 « J'aimerais qu'ils reviennent, je pense que c'était une erreur de les mettre dehors », a déclaré M. Trump, qui a reproché au président de l'époque, Barack Obama, la décision collective des plus grandes économies industrialisées du monde d'exclure la Russie de ce qui était devenu le Groupe des sept, ou G7, après la chute de l'Union soviétique, lorsque la Russie a été invitée à s'y joindre pour tenter de l'intégrer plus étroitement à l'économie mondiale (...) « Lorsque les choses se seront calmées, je rencontrerai la Chine et la Russie, en particulier ces deux-là, et je leur dirai qu'il n'y a aucune raison pour que nous dépensions près de mille milliards de dollars pour l'armée », a-t-il déclaré. (...) « Je veux leur dire : réduisons de moitié notre budget militaire. Et nous pouvons le faire », a-t-il déclaré. Par ailleurs, il a appuyé la déclaration du ministre de la défense Hegseth sur l'OTAN et l'Ukraine « Je ne vois pas comment un pays dans la position de la Russie pourrait permettre (à l'Ukraine), juste dans sa position, de rejoindre l'OTAN. Je ne vois pas comment cela pourrait se produire », a-t-il déclaré. L'objectif de Trump est clair. Il s'agit que les trois grandes puissances maîtrisent et limitent leur rivalité, qu'elles parviennent entre autres à limiter drastiquement leur armement. L'entente et la modération entre les puissances C'est la vision qui a donné naissance au Conseil de sécurité de l'ONU. Avec cette "minime" différence qu'il manque deux membres... les plus faibles des cinq. Dont la puissance militaire a décliné depuis 1945 au point où ils peuvent être considérés comme quantité négligeable, en tout cas ne pas être dans le "premier cercle", là où les choses se décident Une vision mondiale réaliste de ce genre est par nature douce pour les grandes puissances. Elle peut être dure pour les autres Dans ce cas, le dindon de la farce est à l'évidence l'Ukraine
  4. Je note ces deux passages (Le choc exogène que représente Trump) contribuerait à rendre lucides ceux qui, en Europe, pensent encore pouvoir vivre dans un état de « dépendance stratégique » « Ce modèle, qui consiste à dire que l'on a le marché chinois comme débouché, que l'on a le parapluie américain pour notre sécurité et que l'on a le gaz russe bon marché pour pouvoir produire, oubliez les trois » Bon résumé de la situation. Ce n'est pas un monde qui s'effondre - mais trois Et La question de savoir si M. Macron peut rallier d'autres pays européens à son programme reste ouverte, d'autant plus qu'il a été fortement affaibli dans son pays et à Bruxelles par la paralysie politique qui a suivi les élections anticipées de l'année dernière. L'épuisement des finances publiques de la France limite également sa propre capacité à réaliser les investissements nécessaires en matière de défense et d'autres priorités. Cruel, mais juste Seule une France dotée d'un président et d'un parlement stables et travaillant de concert, qui plus est prête à réformer ses finances publiques pour non seulement les stabiliser mais retrouver d'importantes marges de manoeuvre, pourra répondre à la situation stratégique, à ce triple choc exogène, de manière adéquate
  5. Merci. Entretien intéressant en effet. Il est souvent possible de récupérer des articles derrière paywall avec le site https://archive.is/ Dans ce cas, ça marche, on obtient ce lien vers un enregistrement de la version complète
  6. D'accord là-dessus. Eliminer le facteur bombes planantes guidées pourrait permettre de rouvrir le champ des possibles pour Kiev, et si le soutien militaire passait dans le même temps à une échelle supérieure, l'Ukraine pourrait elle aussi sans doute recruter davantage (quand on a des armes sérieuses à fournir aux militaires, ça a plus de sens...), et elle arriverait peut-être à stabiliser le front de manière plus ou moins permanente Etant donné la longueur de la formation pour devenir un pilote de chasse performant ainsi que l'urgence de la situation, je ne pense pas qu'il suffirait de "donner les moyens", c'est-à-dire de fournir les armes. Comme tu le disais plus haut, il faudrait une implication directe de pilotes occidentaux, et sans doute aussi de mécaniciens d'aviation Aucun dirigeant moindrement raisonnable d'une puissance non-nucléaire ne prendra un tel risque. Les Etats-Unis - sauf à penser que Vance ne fait pas que bluffer, perso je n'y crois pas - n'iront pas. Ce qui ne laisse que France et Royaume-Uni pour ce rôle Je suppose que pour couvrir la partie active du front dans le Donbass, il faudrait au minimum deux escadrons de Rafale et d'Eurofighter, un de chaque pays. Peut-être davantage. Avec les Mica, Amraam et Meteor qui vont bien. Et des cocardes ukrainiennes, et un passeport ukrainien pour chacun des Jacques et des Johns pilotant les chasseurs, afin de maintenir une (très fine) couche de déniabilité, façon pilotes soviétiques pendant la guerre du Vietnam ("Quoi ? Bien sûr qu'aucun pilote soviétique ne combat les Américains, nous ne faisons que soutenir nos frères prolétariens nord-vietnamiens !") La multiplication des capacités industrielles européennes en armement, la livraison d'une partie des matériels des stocks "qu'on garde sous le coude rien que pour nous" à Kiev en attendant que le tsunami d'armes sortant des usines dans 2-3 ans ne permette de les remplacer, là ce devrait être tous les principaux pays européens, y compris Allemagne, Italie, Pologne qui seraient nécessaires... puisque Washington ne serait pas dans le jeu C'est pensable
  7. D'autres personnes en Russie ont des raisonnements différents, alignés sur le fait que la Russie au fond, en dépit de toutes ses particularités, reste un pays européen, dont la situation géopolitique fondamentale n'est pas excessivement différente de celle des autres pays européens. Si un Russe raisonne comme cela, et étant donné qu'il refusera de toute façon absolument la dépendance envers une autre puissance (on peut compter sur les Russes pour cela), il en arrive à une vision géopolitique... française Voir le long entretien avec Boris Nadejdine il y a un an dont j'avais rendu compte ici. Mais bien sûr, Nadejdine fut empêché de se présenter à l'élection - qu'il n'aurait pas gagné de toute façon - tandis que Poutine s'est aisément maintenu au pouvoir C'est donc un dictateur nationaliste messianique qui dirige la Russie. Il est rationnel oui, mais dans le sens d'utiliser la raison pour tenter d'atteindre les objectifs de la doctrine messianique du "monde russe". A moins d'être convaincu par cette doctrine, peu trouveront ces objectifs raisonnables L'heure de politiciens comme Nadejdine viendra peut-être un jour. A échelle générationnelle, si on choisit d'en rester aux seuls espoirs réalistes. En attendant, la sécurité des autres pays européens ne pourra être assurée qu'en instaurant un équilibre militaire de façon à bloquer toute expansion supplémentaire de l'empire créé par le plus peuplé des pays européen Et cet équilibre ne sera possible que si ce sont des Européens qui l'établissent eux-mêmes. Môman Washington en a marre depuis longtemps, et après s'être longtemps contentée de récriminer, elle passe maintenant à l'action immédiate Exactement. Selon Shakespeare, "Être grand, c'est épouser une grande querelle" L'un soutient la cause du rétablissement d'un empire russe sur la base d'une idéologie nationaliste messianique L'autre soutient la cause de l'indépendance de son pays
  8. La Corée du Sud est indépendante, soutenue depuis 1953 par le déploiement de troupes de garantie Le problème pratique est plutôt que les Européens auraient beaucoup de mal à réaliser la même chose face à la Russie. Mais en principe ce modèle pourrait fonctionner L'Ukraine est au bord de la catastrophe militaire et de perdre la guerre Certes, cela fait de longs mois qu'elle parvient à tenir, dans une situation extrêmement difficile. Poutine n'a aucune garantie sur le moment où le front ukrainien s'effondrerait vraiment Mais vu l'affaiblissement tendanciel des FAU, il n'est pas très raisonnable d'espérer que le miracle de leur résistance perdure indéfiniment Un bras de fer est en cours depuis l'automne 2022, et c'est l'Ukraine - sans guère de surprise - qui a le plus de mal
  9. Je n'étais peut-être pas clair, je veux dire d'une part que c'est le seul objectif qui me semble un peu réaliste et atteignable à ce stade, d'autre part que le reconnaître comme objectif signale qu'on a compris que c'est bien l'indépendance de l'Ukraine qui est en jeu. Bref qu'on a lu et écouté Poutine et la bande, et à entendre pas mal de responsables européens j'ai souvent des doutes... Ce n'est pas un gaulliste bien sûr. Il a cité un étranger comme modèle politique, ce qui est rare pour un politicien américain, et c'était De Gaulle, mais ça ne suffit pas à en faire un gaulliste. Et oui il ne peut que faire contrepoint à Hegseth, et créer un (petit) doute sur la version que choisira en définitive Trump si Poutine ne montre aucune flexibilité dans les négociations
  10. Je suis tout à fait d'accord. Si j'étais Poutine, moi non plus je ne négligerais pas ce risque Le problème est que Poutine pense à sa propre manière. Très probablement différente, notamment du fait de l'idéologie du "monde russe", qu'il a absorbé comme un buvard l'encre, et qu'il fait appliquer par la guerre
  11. JD Vance fait évoluer la position américaine sur la guerre d'Ukraine - à mon avis de manière intelligente "Vance brandit la menace de sanctions et d'une action militaire pour pousser Poutine à conclure un accord avec l'Ukraine Dans une interview accordée au Wall Street Journal, le vice-président déclare que l'Ukraine doit avoir une « indépendance souveraine » (...) M. Vance a déclaré que l'option d'envoyer des troupes américaines en Ukraine si Moscou ne négociait pas de bonne foi restait « sur la table », adoptant un ton beaucoup plus dur que celui du secrétaire à la défense Pete Hegseth, qui a laissé entendre mercredi que les Etats-Unis n'engageraient pas de forces. "Il existe des moyens de pression économiques et bien sûr militaires que les États-Unis pourraient utiliser contre M. Poutine, a déclaré M. Vance (...) « Le président ne va pas s'engager dans cette voie avec des œillères », a déclaré M. Vance. Il va dire : « Tout est sur la table, concluons un accord ». Il est à Paris en ce moment, il a visité Notre-Dame en famille... Ça l'a peut-être aidé... Il faut qu'il revienne plus souvent ! Je ne crois pas que les États-Unis soient prêts à le faire. Mais maintenir au moins l'ombre d'un doute dans l'esprit de Poutine est le bon sens même Et Vance formule ce qui est effectivement le vrai objectif, "l'indépendance souveraine" de l'Ukraine, celui qu'il n'est peut-être pas encore exclu d'atteindre, plutôt que d'aligner des âneries et des patenôtres sur "l'intégrité territoriale" comme la déclaration européenne - l'irréalisme est signe de faiblesse Reste bien sûr que l'ombre d'un doute dans l'esprit de Poutine, c'est assez peu
  12. "Ah, les cons !" en parlant de Munich... Je vois que Monsieur a des références historiques Voilà. Dans le monde réel, à différencier de celui du Droit Internationâl, des zinstitutions internationâles, zet autres trucs du même genre, c'est la puissance qui est source d'influence et plus important encore de sécurité Ce n'est pas que la justice, le bon sens, le pragmatisme et l'intérêt général de l'Humanité doivent compter pour du beurre. C'est qu'ils ne comptent que dans la mesure où les pays qui pèsent, c'est-à-dire les pays puissants, le veulent bien De toute façon, tout commence par la question de la puissance Pascal est peut-être celui qui l'a dit le mieux La justice sans la force est impuissante. La force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite parce qu’il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste. La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Ainsi on n’a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice, et a dit qu’elle était injuste, et a dit que c’était elle qui était juste. Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste Qui a la force a la possibilité d'être juste, donc d'avoir un impact positif Qui est juste sans force ne compte pas de toute façon Il ne s'agit pas de mourir "pour Zelensky". Ni de mourir pour la Crimée ou le Donbass - les Ukrainiens savent eux-mêmes qu'ils ne les récupéreront pas L'enjeu, c'est la possibilité pour l'Ukraine de conserver son indépendance, même avec un territoire amputé. D'arriver à forcer le destin pour atteindre une défaite semblable à celle de la France en 1871, alors que c'est une défaite parallèle à celle de la Pologne en 1795 qui menace Cette chance de forcer le destin et maintenir l'indépendance n'existera que si l'Ukraine reçoit un soutien militaire plus important qu'auparavant, afin que son armée arrête de reculer en s'affaiblissant. Au moment où Washington diminue voire cesse son soutien, cela n'est possible que si les Européens multiplient leur soutien. Maintenant Sinon, effectivement, la liberté de l'Ukraine est condamnée Les racines politiques de Lecornu sont gaullistes. Ca s'entend parfois. Ici, ça s'entend assez bien En plus, il a raison Bonne question. Voire très bonne. La réponse n'est pas du domaine public, je pense Il existe des rumeurs comme quoi les versions spécifiques de ces appareils vendues à la France (version "F") seraient modifiées pour être plus "souveraines". Du point de vue logiciel notamment. Je ne sais pas si elles sont vraies
  13. Tout cela est bel et bon, mais les mots pèsent-ils leur poids ? Ou bien s'agit-il de grands mots préalables à de petites actions ? Permettre à l'Ukraine de continuer à résister même en l'absence de l'aide militaire américaine, cela nécessiterait de la part des Européens un gros effort de production d'armes. Un effort ressemblant à une multiplication. Et comme même un grand effort dans un domaine industriel mettra du temps avant de produire quelque effet (un an, deux, trois ?) il y faudrait aussi des livraisons intermédiaires d'armes pour faire la soudure, livraisons qui ne pourraient être prises que dans les stocks d'armes que les Européens se sont réservés pour eux-mêmes. Les faisant donc baisser en-dessous de ce que chacun a estimé être son "minimum prudent", certes temporairement en attendant que la multiplication des productions d'armes permette de remplacer tout cela mais... tout de même Est-ce que les pays européens - on parlerait essentiellement des six grands en effet - sont prêts à cela ? Si oui, ce serait effectivement le moyen de donner une chance à l'Ukraine - rien qu'une chance, car il est tard, mais sans doute une chance réelle - d'éviter d'être totalement subjuguée par la Russie Si oui, ce serait alors la justification pleine et entière d'une implication de ces pays dans les négociations. Suivant l'excellente formule de Bismarck “La diplomatie sans les armes, c’est la musique sans les instruments”, qui exprime bien que si on n'est pas une puissance militaire (sérieuse), on n'a rien à fiche dans un processus diplomatique Si oui, alors l'enjeu ne serait pas les territoires contrôlés par la Russie bien sûr, ni l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN - rien de tout cela n'est accessible en effet. L'enjeu serait une chance d'éviter le reste des conditions russes. Que Moscou a l'intention d'imposer soit dans la négociation avec Washington, soit si Trump n'est pas suffisamment coulant en continuant la guerre jusqu'à la victoire sur le terrain Tout est possible. J'avoue cependant être dubitatif. En espérant me tromper
  14. Un gouvernement adroit appellera toujours partenaire respecté, voire partenaire fondamental un pays qui a accepté de dépendre de lui et s'est placé dans sa mouvance. Il fut un temps où les dirigeants américains le savaient. Londres n'était-il pas un partenaire véritablement fondamental ? Xi le sait fort bien, et a les mots les plus élogieux pour la relation de son pays avec la Russie Trump a... un autre style. Le fond ne change pas forcément, mais c'est beaucoup plus évident, du niveau "Dans ta gueule". Je ne suis pas sûr que ce style soit efficace sur le long terme. On verra
  15. Ca me rappelle la blague sur le Polonais qu'on interroge "Mais si ton pays est attaqué à la fois par Russie et Allemagne, qui combats-tu en premier ?" Réponse du tac au tac "L'Allemagne, bien sûr. Le travail avant le plaisir !"
  16. Assez d'accord sur le fond. Le problème est que la naïveté a ensuite été abandonnée - ce qui est bien en soi - pour être remplacée par quelque chose de plus sinistre Depuis quelques années, rappelant le rôle prépondérant de Moscou dans la victoire de la seconde guerre mondiale, on pouvait entendre le slogan "Nous pouvons répéter" (мы можем повторить) Je l'ai initialement compris comme un simple slogan nationaliste, particulièrement stupide car faisant comme une impasse sur le coût humain effroyable payé par l'Union soviétique Depuis 2022, force m'est de reconnaître que j'avais tort. C'était beaucoup plus dangereux qu'un simple slogan stupide Je précise que je ne crois pas du tout à une manipulation consciente de la propagande. D'ailleurs nous savons tous que la Russie est partie en guerre en 2022 la fleur au fusil pour une victoire en quelques semaines, pas pour une guerre de plusieurs années type "bras de fer" et tranchées. Mais cet état d'esprit préexistant "On peut le refaire !" a sans doute contribué ensuite à la décision de Poutine en mars-avril 2022 de définir des conditions écrasantes pour les Ukrainiens pour arrêter la guerre - revenant à dire vous m'accordez tout, et comme ça au moins vous n'aurez plus de morts vous serez soumis mais tranquilles - d'où refus de Kiev et guerre longue et très sanglante pour le subjuguer, alors qu'il avait aussi la possibilité de se dire à part lui "J'ai fait une énorme bêtise" et de définir des conditions limitées destinées à arrêter la guerre en évitant simplement de perdre la face Je ne suis pas sûr que c'étaient les plus gros avant les Nazis - il y a hélas pas mal de concurrence - mais il y a eu des pogroms à grande échelle dans la Russie du sud-ouest dans les années 1880 Cependant... il faut être cohérent. J'ai dit "Russie du sud-ouest", mais ces régions s'appellent aujourd'hui Pologne et Ukraine, des villes comme Kiev, Varsovie et Odessa. Si on pense que ces peuples ont droit à l'existence indépendante - je pense qu'on sera tous d'accord là-dessus ! - alors il faut avouer que ces pogroms n'étaient pas le fait prioritairement des Russes
  17. Si ça en était resté au niveau de la chanson nationaliste à beugler un soir de cuite, mais dont on sait bien qu'elle n'a rien à voir avec la réalité, il n'y aurait pas de quoi fouetter un chat. Le problème bien sûr est que ça n'en est pas resté là L'Alaska n'a rien à craindre évidemment, les dirigeants à Moscou ne sont pas complètement fous ils comprennent les rapports de force... mais précisément parce qu'ils comprennent les rapports de force, il existera à échéance de peu d'années un danger réel pour Estonie, Lettonie et Lituanie - c'est petit, c'est tout proche de St Pet', y a pas mal de russophones, et surtout c'est géographiquement difficile à défendre, donc si Washington décide vraiment de s'en fiche et qu'en face il n'y a que du Britannique, du Français, de l'Allemand et du Polonais... ça peut éventuellement se tenter. Ou pas. Mais le risque existera vraiment Et bien sûr, pour la Moldavie ça pourrait être beaucoup plus rapide. C'est qu'elle n'est pas même un allié, pour les pays européens de l'OTAN, et étant donné que Odessa est une "ville russe", après la fin de la guerre les troupes russes pourraient facilement partir de là-bas pour aller à Chisinau Le discours à Moscou, c'est le monde russe, qu'il s'agit de défendre. Le monde russe inclut à l'évidence l'Ukraine, voir tous les bons auteurs sur le sujet, par exemple l'essai publié par Vladimir Poutine en 2021, de même qu'il inclut la Biélorussie, et le défendre signifie dans ce cas naturellement débarrasser l'Ukraine de son idéologie indépendantiste... ah non pardon on me souffle dans l'oreillette qu'il faut dire "idéologie nazie". Les pays Baltes ? Les sources diffèrent, mais c'est au moins une idée qui a droit de cité. Ensuite, il faut citer le proverbe "l'appétit vient en mangeant"... La Pologne ? La Finlande ? Ce sont seulement des extrémistes qui en parlent, et sont-ils vraiment sérieux ? Habitant en Normandie, je suis d'avis que non. Mais si j'habitais à Varsovie, j'écouterais ces extrémistes attentivement
  18. En revanche, en Alaska les gens seraient vraiment rassurés C'est du trollage bien sûr, mais ce n'est pas complétement dénué de fondement. Il existe bien une idée en Russie que l'Alaska en fait serait russe, et une chanson populaire "Ne fais pas l'idiote, Amérique" sur le sujet Nous n'avons pas de chanson populaire en France sur le retour de la Nouvelle Orléans à la mère patrie Only in Russia...
  19. Les négociations Trump - Poutine devraient couvrir l'ensemble des sujets d'intérêt, de façon à établir une paix vraiment durable Les deux pays devront chacun faire des concessions Voici un exemple de concessions réciproques qui pourrait être envisageable. Même si elle serait douloureuse pour Moscou "Le pacte de non-agression Trump-Poutine de 2025 contiendra une clause secrète qui attribue la Pologne à la sphère russe en échange du maintien de l'Alaska dans les États-Unis"
  20. Il s'appelle Exash Musk. Prénom original, j'imagine inventé par son père, mais du moins il n'y a pas de numéro dedans Musk a dit quelque chose de très intéressant à cette occasion Il s'est retourné vers Trump et lui a dit "T'es pas le président. Faut que tu t'en ailles" Si. Ah non ce n'était pas Elon, il s'agissait d'Exash Musk Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Elon et Donald ne s'entendront peut-être pas indéfiniment...
  21. Les concessions majeures accordées par Washington en préalable à l'ouverture de négociations avec Moscou - c'était probablement des conditions de la Russie pour ne serait-ce que prendre langue - ne sont pas la fin de la guerre d'Ukraine, mais le début de la fin C'est ce que fait remarquer Alekseï Pouchkov, le président de la commission des affaires étrangères de la Douma de Russie La conversation téléphonique entre Poutine et Trump n'est pas encore une percée, mais peut-être le premier pas vers une percée. À Kiev, Bruxelles, Paris et Londres,, on lit maintenant avec horreur les commentaires de Trump sur sa conversation d'une heure et demie avec Poutine. Maintenant ils vont se concerter d'urgence sur la manière de faire dérailler le dialogue qui s'est instauré Ce n'est pas une surprise. Les conditions définies par Moscou à la fin de la guerre d'Ukraine sont incomparablement plus vastes et plus dures que la proposition qui vient de Washington. L'accord de Moscou pour mettre fin à la guerre sera beaucoup plus cher que ça La Russie est en position de force sur le terrain par rapport à l'Ukraine. Et Moscou a tout son temps (du moins, des années), tandis que Washington est pressé (des mois, au plus). Moscou est donc en position très favorable pour ces négociations L'accord final ressemblera beaucoup plus aux exigences définies par Moscou qu'aux propositions actuelles de Washington
  22. Je ne suis pas sûr que The Onion ou Babylon Bee ait haqué le site du Congrès des Etats-Unis... L'auteur de la proposition Buddy Carter est d'après ses prises de position un trumpien de stricte obédience. En 2020, il a été l'un des 126 députés républicains à soutenir une pétition à la Cour suprême contestant le résultat de l'élection présidentielle Sa proposition lui permet d'exister et de se faire bien voir du grand manitou. "Sir, I'm the most loyal, Sir!" Ben après la participation de Trump à la grande parade russe du 9 mai, il aura à coeur de montrer à Poutine le 4 juillet que les Etats-Unis peuvent faire encore plus grand Plaisanterie (quoique ?) mise à part, nous sommes mal placés en France pour critiquer les parades militaires des autres pays
  23. Plus sérieusement, voici Trump à qui une journaliste demande s'il considère l'Ukraine comme un membre égal du processus de paix. Il commence par une petite moue C'est une question intéressante. Je pense qu'ils doivent faire la paix. Leurs gens sont en train d'être tués, et je pense qu'ils doivent faire la paix J'ai dit que ce n'était pas une bonne guerre à mener, et je pense qu'ils doivent faire la paix On appréciera. Surtout la formule "I said that was not a good war to go into", où Trump fait semblant de croire que c'est l'Ukraine qui a choisi de "mener cette guerre" Kellogg, jusqu'ici en charge de cette approche et qui avait tenté de faire valoir la capacité américaine à durcir les sanctions économiques contre la Russie, afin d'essayer de se ménager un levier... est dans le même temps écarté Ce n'est pas une négociation. Trump ne fait même pas semblant d'obtenir quelque chose en échange Ou bien, interprétation semi-complotiste, la contrepartie pour les Etats-Unis a déjà été discutée hors du champ des caméras... en termes de ventes préférentielles de matières premières russes aux Etats-Unis, peut-être ?
  24. Grok m'avait même proposé une version où les deux dirigeants se trouvaient derrière un pupitre portant leurs deux drapeaux ... mais c'était deux fois le drapeau russe ! ... Yes, that's me
  25. Hmmm, au risque d'inquiéter davantage, je dois partager les images qu'une machine à explorer le temps m'a ramenées du 9 mai 2025 à Moscou (*) (*) Grok ? Oui, cette machine s'appelle Grok, pourquoi ?
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