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Australie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Voici la version originale en russe de la communication de Moscou А как насчет нас? Мы тоже являемся тихоокеанской державой, да, не только Франция! И мы полностью солидарны с нашей сверхдержавой. То же самое, что и Великобритания, да, за исключением того, что мы - другая. Нет, не как во Франции, нет, вы видели, к чему это привело? Алло, Пекин? Этого достаточно для вас? Je donne ci-dessous une traduction : Et nous alors ? Nous aussi on est une puissance du Pacifique, oui y a pas que la France ! Et puis on est tout à fait solidaire de notre superpuissance de tutelle. Pareil que la Grande-Bretagne oui, sauf que nous c'est l'autre. Non, pas comme la France, non, z'avez vu à quoi ça les a menés ? Allo, Pékin ? C'est bon là, ça vous suffit ? Tout à fait, c'est de la part de l'Australie le choix de rechercher une protection extérieure, plutôt que de chercher à combiner armement autonome et relatif éloignement du théâtre principal pour se protéger. La contrepartie de ce choix, c'est naturellement de devoir contribuer aux actions - et aux guerres - de la superpuissance dont on recherche la protection. L'Australie avait bien davantage le choix entre stratégie d'alignement et de service de la superpuissance et stratégie de défense autonome qu'elle est plutôt loin de la zone où Pékin veut imposer sa domination. Ce n'est pas qu'il soit impossible de se protéger sans superpuissance de tutelle quand on est voisin d'une grande puissance potentiellement hostile, mais c'est nettement plus difficile - n'est pas la Finlande qui veut. Mais l'Australie a choisi. Ou plutôt, elle a choisi d'abord l'une, puis l'autre de ces stratégies. Et Morrison a fait en sorte de brûler les ponts, c'est vrai. Théoriquement possible oui, mais les chantiers américains sont chargés au max pour fournir autant de Virginia que possible à l'US Navy, qui doit retirer un grand nombre de Los Angeles dans les années qui viennent et s'inquiète de son affaiblissement. Il n'y a pas de créneau de production disponible. Tout SNA qui sera livré "en avance de phase" à l'Australie sera donc un SNA de moins pour l'US Navy... Washington le fera t il quand même ? Je demande à voir. -
Australie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Tout à fait d'accord sur la convergence des intérêts australiens et français dans cette situation. Deux difficultés supplémentaires ont été créées par la décision de Morrison : - La relation entre deux des pays inquiets de cette situation est rendue plus difficile du fait que la parole du PM australien a perdu toute crédibilité à court terme - c'est-à-dire jusqu'au moment où vous aurez un nouveau premier ministre - L'Australie devra conserver des sous-marins anciens jusque dans les années 2040, leur remplacement par des bâtiments plus modernes est un gros point d'interrogation en termes de date, de coût et de dommages portés au traité de non-prolifération Ces dommages étant là, il faudra bien vivre avec. A Pékin, peut-être se rappelle-t-on avec amusement de la maxime de Napoléon : "Quand l'adversaire fait une erreur, surtout ne l'interrompez pas !" Le dernier mot reviendra en effet aux Australiens... pour ce qui est au pouvoir de l'Australie. Comment et quand livrer quels SNA à l'Australie, avec quelle implication locale (tout en assurant les livraisons de Virginia à la Marine américaine, qui ont priorité absolue), pour quel prix et en échange de quels engagements (combien de navires australiens sous commandement américain si la Chine agit contre Taiwan, par exemple)... ce seront des décisions pour les Américains. ==>C'est ça, choisir une politique d'intégration militaire à une superpuissance plutôt qu'une politique d'autonomie militaire avec le support d'un pays qui n'est pas une superpuissance Ca ne sera absolument pas une surprise. Si Johnson est surpris lorsque c'est confirmé, c'est qu'il est encore plus un clown qu'on ne peut le supposer. Tiens, voici la petite sœur de la mignonne que tu nous montrais -
Australie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce n'est pas cohérent, parce que si la raison était seulement "nous voulons maintenant des sous-marins nucléaires", alors l'Australie aurait ouvert des discussions avec les deux fournisseurs potentiels, l'Amérique et la France (la Grande-Bretagne n'est pas au même niveau, ils ont du envoyer un SOS aux Etats-Unis parce qu'ils n'arrivaient pas à terminer leurs Astute, ce sont des ingénieurs américains qui ont terminé le design pour eux) Au-delà du respect envers un partenaire, en l'occurrence la France, c'était tout simplement l'intérêt même de l'Australie ! Recevoir des informations et étudier les deux options aurait permis de décider laquelle était la meilleure pour Canberra. Rien qu'en se basant sur les sources ouvertes, on peut dire : Avantages de la solution française - Sous-marins moins chers, les Suffren coûtent moins que les Virginia à la construction - Disponibles plus rapidement, puisqu'il se serait agi d'une modification, certes importante, d'un contrat existant, pas de mettre tout à la poubelle et de recommencer tout à zéro sans le moindre plan - Moins provocants du point de vue du TNP, parce que les bâtiments américains utilisent de l'uranium très enrichi, proche du combustible des armes nucléaires, tandis que les bâtiments français fonctionnent à l'uranium plus faiblement enrichi, proche du combustible des centrales nucléaires Avantages de la solution américaine - Pas de rechargement du cœur nucléaire tous les dix ans Seule une étude sérieuse et approfondie aurait permis d'arriver à définir deux projets clairs, et l'Australie aurait pu alors choisir le meilleur. En dehors d'éviter de se brouiller avec la France, pays voisin et influent en Europe - même si la France avait perdu la compétition pour des SNA australiens, elle aurait perdu "à la loyale", cela aurait été décevant mais sans aucune trahison - cela aurait surtout permis à l'Australie de choisir les yeux ouverts et sérieusement ce dont elle a besoin pour sa Défense. La politique de Morrison consiste à : - Passer d'une position défensive face à la menace chinoise à une position offensive, puisque les sous-marins nucléaires peuvent faire des transits longs tout en restant discrets, permettant à l'Australie d'intervenir par exemple autour de Taiwan - Passer d'une stratégie au service de l'Australie à une stratégie au service de l'Amérique : contribuer le cas échéant à l'effort de guerre américain en Asie du Nord-Est - Remplacer l'autonomie - le contrat des sous-marins français incluait le transfert de technologie - par un degré sans doute assez poussé de dépendance, sauf à ce que l'Australie soit aidée à construire une industrie nucléaire en partant de zéro, ce qui d'une part n'est pas dans les manières de la maison Amérique, d'autre part prendrait encore plus de temps - Décaler le premier sous-marin opérationnel de nombreuses années, probablement une décennie - Augmenter les coûts S'il avait poursuivi cette politique ouvertement, par exemple en discutant les options possibles à la fois avec Américains et Français, il aurait risqué un retour de bâton de la part de ses opposants australiens... un retour de bâton de type lance-flammes ! Il a voulu créer des faits accomplis. Ce n'est pas des Chinois ni des Français qu'il devait se protéger. Mais des Australiens. De mon point de vue, la meilleure manière de réagir pour la France vis-à-vis de l'Australie est de faire clairement et publiquement la différence entre le pays, dont nous souhaitons qu'il reste un partenaire proche sur le moyen-long terme, et son dirigeant actuel, qui est un incompétent et un menteur. Je crois qu'il ne serait pas de trop que Macron lui-même utilise ces mots dans une communication publique pour décrire Morrison. En expliquant de manière courte mais claire pourquoi il mérite d'être appelé ainsi. Et tout en disant que le fond de notre relation avec l'Australie ne changera pas. Seules des difficultés de court terme sont prévisibles, étant donné qu'il est plus difficile d'avoir un partenariat efficace lorsque la personne en face - la personne, pas le pays - est un fourbe certifié. Il n'y aucune raison de chercher à "punir" l'Australie par le biais du traité commercial en préparation. En revanche, il est vrai comme l'a dit Von der Leyen qu'il y a des difficultés spécifiques à faire des affaires quand il n'y a pas de confiance. Ces difficultés là sont inévitables. Il faut voir comment il pourrait être possible de les surmonter. "Aussi problématiques que la Chine" ? Euh... y a pas un peu d'exagération, là ? Tout ce que Morrison pourra dire sera non crédible. Il ne sera pas premier ministre éternellement. -
Australie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Discussion à haut niveau entre les dirigeants de Chine et d'Australie Du côté chinois, on cherche à comprendre la stratégie australienne en matière de sous-marins. La conclusion est un peu rude certes, mais au fond parfaitement logique. On connaît peut-être à Pékin la maxime de Napoléon : "Quand l'ennemi commet une erreur, surtout ne l'interrompez pas" -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
La Russie agit contre nous au Sahel et en Centrafrique. L'Amérique agit contre nous en Océanie. La Chine agit contre nos industries. Le point pour les Russes, je suis d'accord, c'est qu'ils sont beaucoup moins faux culs. Un peu comme Trump : il y avait beaucoup de critiques à lui faire, mais l'hypocrisie n'était pas son défaut principal. Même quand il mentait, ce qui arrivait à peu près aussi souvent que quand il ouvrait la bouche, il le faisait tellement mal, c'était tellement transparent, que c'était pratiquement équivalent à la sincérité De même, quand Poutine essaie des armes chimiques en Angleterre, quand il tente d'assassiner des opposants ou quand il truque les élections, c'est tellement forcé, tellement évident, que c'est presque comme si c'était sincère. Bon, reste quand même que ça ne fait que un point positif. Pas deux. Ca ne change quand même pas grand chose sur le fond. Puisqu'on parle de la Russie, et je partage le même tropisme que toi @wagdoox, c'est le moment de citer le tsar Alexandre III - vous savez, l'alliance franco-russe, le pont à Paris... "Nous n'avons dans le monde entier que deux alliés fidèles - notre armée et notre marine. Tous les autres se retourneront eux-mêmes contre nous à la première occasion" C'est là qu'on voit que la France d'aujourd'hui a bien de la chance. Puisqu'elle a non pas deux, mais trois alliés fidèles. En effet, il ne faut pas oublier l'armée de l'air. Depuis le départ de Theresa May, tout se passe comme si le 10 Downing Street était passé en mode tabloïd. -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est le point intéressant dans ce communiqué : un point de rendez-vous a été défini. Cela crée un "point de pression" pour la présidence américaine si ils ne veulent pas que Macron tire certaines conséquences. "Mesures concrètes" ça veut dire des concessions des Etats-Unis. Sur quoi, c'est secret, du moins pour l'instant. Des choses importantes, ou du symbolique qui permet de faire de la comm' ? Impossible à discerner pour l'instant. On verra. Mais à la lecture du texte du communiqué il n'est pas aussi faible que ce que j'en avais compris à voir ce que disaient les gazettes. DEFCON 2 en effet. Justifié par le "point de pression", en attendant les "mesures concrètes". Réversible, naturellement. Ou pas, après tout quand De Gaulle a sorti la France du commandement intégré, l'ambassadeur français est resté bien sagement à Washington Ca peut être un avant-goût sur des "mesures concrètes". Ou être du vent. Wait and see, en effet. Ce n'est pas une concession, c'est le simple maintien de la situation actuelle. Qui est à l'évidence dans les intérêts des Etats-Unis. Cela dit, si la sortie du commandement intégré a été ouvertement évoquée, il est possible que la partie américaine ait répondu "Dans ce cas on vous coupera le soutien en ravitaillement en vol et en renseignement, même si c'est mauvais pour nous, parce que voilà grosse colère". Si c'est le cas, ce point sert à dire "Pour l'instant, on continue à vous soutenir". Mais le fond de l'affaire ce n'est pas l'Australie ! Ni les sous-marins. Ni le contrat perdu. Le fond de l'affaire c'est que les Etats-Unis ne se comportent pas en alliés mais en adversaires. C'est qu'il est impossible de faire confiance à des gens qui vous trompent consciemment pour vous évincer sur un domaine où pourtant vous êtes censés aller à peu près dans le même sens. C'est beaucoup plus important qu'un contrat perdu, même un gros ! Le fond de l'affaire c'est encore la politique que doit adopter la France en réponse à cette situation. -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est aussi mon impression. Tout ça pour ça ? J'espère que Macron agira. Tout ce qu'il a obtenu pour l'instant, ce sont quelquess paroles d'un menteur certifié. D'accord, rien n'est encore vraiment dessiné. Mais le retour immédiat de l'ambassadeur est un très mauvais signe. Il n'a pas une maison en province cette homme là ? Pourquoi n'aurait il pu s'y reposer quelques temps ? Si Macron en reste là, alors la classe dirigeante américaine se verra confirmé ce qu'elle pense déjà. Aucun besoin de tenir aucunement compte des intérêts français. On peut les tromper autant qu'on veut, faire le nécessaire pour réduire ou faire disparaitre leur influence dans une région où on ne les veut que comme supplétifs, au pire leur président fera un petit spectacle de même pas une semaine et on en sera quitte pour une heure de temps de notre président à répéter les mensonges en direct. Autant dire que ça pourra recommencer à n'importe quel moment, éventuellement en pire pourquoi pas. J'espère que le PR est plus avisé que ça -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
Je ne suis pas très chaud pour ce genre d'échange, je crois l'avoir déjà exprimé. Cela dit, c'est vrai que ça pourrait quand même être envisageable dans un cas. Oui, ça pourrait "avoir un prix" Je pense à : Faut voir si Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Croatie... pourraient être d'accord ? Allez Manu, allez Manu, allez ! Allez Manu, allez Manu, allez ! Hmmm ? De la politique ? Eh bien non en fait. Et ce n'est pas nécessairement une indication sur mes opinions politiques non plus. ==>Juste, quand un joueur sur le terrain a une bonne idée, on peut l'encourager, non ? Si Macron prend cette décision, il ne doit pas s'agir d'un simple affichage ni d'un simple symbole. Ce doit être seulement un élément d'une mise en cohérence générale de la politique étrangère française avec la nouvelle réalité. Autres éléments nécessaires, liste non limitative : - Augmentation du budget de la DGSE afin qu'elle puisse surveiller l'ensemble des pays dont nous avons à craindre des sales coups. Pas seulement Turquie, Russie, Iran et Chine - je suppose qu'ils le font déjà. Mais aussi les Etats-Unis - Rapprochement de l'ensemble des pays qui s'inquiètent d'éviter l'hégémonie de l'un ou de l'autre des aspirants au contrôle du système mondial. L'Inde évidemment, mais encore l'Indonésie, etc. et la liste pourrait avoir tendance à s'allonger - Plan de renforcement de la Marine qui dans cette politique étrangère moins centrée sur l'Europe sera d'autant plus "au premier plan de la puissance militaire française", comme De Gaulle le faisait déjà remarquer en son temps - Développement, prudent mais actif - sauf si on se prenait une veste bien sûr - de relations plus proches avec la Chine et avec les Etats dans sa mouvance en premier lieu la Russie. Non certes pour "changer de camp" mais pour équilibrer quelque peu les relations que nous conserverons de toute évidence avec Etats-Unis et pays dans leur mouvance comme Royaume-Uni et Australie - Discussions discrètes avec Allemagne, Italie et Pologne sur le thème "Nous sommes conscients que vous n'êtes pas encore prêts à prendre un chemin similaire au nôtre. Nous pensons toutefois que vous y viendrez, parce que vous serez de plus en plus conscients du changement fondamental qu'ont subi les Etats-Unis et qui les fait cesser d'être des alliés sincères - nous ne pouvons qu'espérer que ce soit moins brutal pour vous que pour nous. Nous réfléchissons de manière prospective à ce que pourrait être une entente européenne de défense sans les Etats-Unis, nous vous proposons d'y réfléchir ensemble, ça n'engage à rien et avoir un plan B n'est jamais mauvais" -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce démenti est une erreur. La présidence de la République ne passe pas son temps à démentir tout ce que peuvent raconter Spoutnik de Russie, le Global Times chinois ni les agences de presse iranienne ou turque. Parce qu'elle a mieux à faire. Ca devrait valoir aussi pour les tabloïds britanniques ou américains. Ceci : -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est appeler un chat un chat. Ce qui est toujours sain. Il faut noter aussi que la plupart des candidats alternatifs à la réélection de Macron soit trempent dans le grand bain un peu plus que le bout du pied (Bertrand, peut-être bientôt Barnier), soit proposent de plonger directement (Le Pen, Zemmour, Mélenchon, Roussel...). Il n'y a guère que le PS qui demeure dans son atlantisme coutumier ne s'est pas joint au bal. Cette situation exerce une pression sur Macron, qui en réponse à la révélation que les Etats-Unis sont désormais un adversaire doit choisir entre : - soit agir clairement et visiblement d'ici avril prochain, - soit se préparer à expliquer pendant la campagne pourquoi tout cela n'est pas si grave et les Etats-Unis sont nos amis, en face d'opposants qui l'accuseront d'accepter que la France soit prise comme paillasson Il y a là une pression indéniable qui s'exerce sur le PR dans le sens de décisions énergiques. Pression qui n'aurait pas existé si l'événement était arrivé à deux ou trois ans de la prochaine présidentielle. -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
En 2019, Macron faisait remarquer que l'OTAN était en état de mort cérébrale. Deux ans plus tard, ça commence à sentir. Il est temps de dégager le cadavre. -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
Réactions très diverses... Intéressant, merci. En lisant cette phrase issue d'un journal croate Pour les Américains, [Aukus] est une bonne manière de collaborer avec des partenaires fidèles tout en s'évitant les désagréments d'une coordination laborieuse avec des organisations comme l'OTAN et l'UE incapables de prendre une décision sans consensus J'ai visualisé un Joe Biden heureux et bien entouré Mais bien sûr, ce n'est que du mauvais esprit -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
Cet article pointe vers une lettre ouverte de 2013 par Régis Debray, qui argumentait à rebours de Hubert Védrine sur la nécessité de quitter l'OTAN La France doit quitter l’OTAN Article très juste et... très bien écrit ! Quelques beaux extraits : Loger dans le fourre-tout « terrorisme » (un mode d’action universel) les salafistes wahhabites que nous pourchassons au Mali, courtisons en Arabie saoudite et secourons en Syrie conduit à se demander si, à force d’être interopérable, on ne va pas devenir interimbécile (...) L’actuelle démocratie d’opinion porte en première ligne, gauche ou droite, des hommes-baromètres plus sensibles que la moyenne aux pressions atmosphériques. On gouverne à la godille, le dernier sondage en boussole et cap sur les cantonales (...) « les Américains, ça leur fait l’effet d’une insulte dès que nous n’acceptons pas d’être leurs satellites » Ce bon mot est-il de Michel Audiard ? Vous n'y êtes pas : c'est Charles de Gaulle Chaque stéréotype est ainsi à traduire. « Apporter sa contribution à l’effort commun » : fournir les supplétifs requis sur des théâtres choisis par d’autres. « Supprimer les duplications inutiles dans les programmes d’équipement » : Européens, achetez nos armes et nos équipements, et ne développez pas les vôtres. C’est nous qui fixons les standards. « Mieux partager le fardeau » : financer des systèmes de communication et de contrôle conçus et fabriqués par la métropole. « L’Union européenne, ce partenaire stratégique avec une place unique aux yeux de l’administration américaine » — alors que l’hypopuissance européenne n’est pas un partenaire, mais un client et un instrument de l’hyperpuissance Hypopuissance européenne... bien vu ! A l’heure où chaque grand pays joue son propre jeu (comme on le voit dans les conférences sur le climat, par exemple), où s’affirment et s’exaspèrent fiertés religieuses et identités culturelles, ce n’est pas bâtir l’avenir que de s’enrôler. Sont à l’ordre du jour des coalitions ad hoc, des coopérations bilatérales, des arrangements pratiques, et non un monde bichrome et manichéen. L’OTAN est une survivance d’une ère révolue (...) La place du brillant second étant très logiquement occupée par le Royaume-Uni, et l’Allemagne, malgré l’absence d’un siège permanent au Conseil de sécurité, faisant désormais le troisième, nous serons donc le souffleur n° 4 de notre allié n° 1 (et en Afghanistan, nous fûmes bien, avec notre contingent, le quatrième pays contributeur). Evoquer, dans ces conditions, « une influence de premier plan au sein de l’Alliance » revient à faire cocorico sous la table. (...) Si l’Occident doit aux yeux du monde s’identifier à l’Empire américain, il récoltera plus de haines que d’amour, et suscitera plus de rejet que de respect. Il revenait à la France d’animer un autre Occident, de lui donner un autre visage que Guantánamo, le drone sur les villages, la peine de mort et l’arrogance. Y renoncer, c’est à fois compromettre l’avenir de ce que l’Occident a de meilleur, et déjuger son propre passé A noter aussi cette réflexion finale, plus générale mais loin d'être inintéressante : Ibn Khaldoun (...), ce philosophe arabe et perspicace (1332-1406) observe que les Etats voient le jour grâce aux vertus viriles et disparaissent avec leur abandon. Puritanisme de Bédouin on ne peut plus incorrect, mais description intéressante de l’entropie des civilisations (...) Un Ibn Khaldoun saluerait peut-être le talent des Etats-Unis d’Amérique pour freiner le processus et retarder la fin. Tout en poussant hors périmètre, par leurs technologies et leurs images, aux joies de l’hyperindividualisme et du quant-à-soi festif, ils conservent par-devers eux les affres et les atouts mêlés de la virilité : culte des armes, gaz de schiste, budget militaire écrasant, massacres dans les écoles, patriotisme exacerbé. Phallocrates et souverainistes pour ce qui les concerne, mais soutenant ailleurs ce qu’on pourrait appeler la féminisation des cadres et des valeurs. Les derricks pour eux, les éoliennes pour nous. D’où une Europe plus écologique et pacifique et paradoxalement moins traditionaliste que l’Amérique elle-même. (le texte date de 2013, la révolution du wokisme remet certes tout cela en cause, mais la réflexion reste intéressante) -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca veut dire aussi je t'embarque pieds et poings liés pour ma croisade. Mais t'en fais pas, je te protège. #Kurdes #Afghans A noter aussi que la Chine non plus «ne croit pas à la notion d'une nouvelle Guerre froide avec un monde divisé en blocs» La Chine croit à l'Harmonie #FôkuAussi GROS +1 D'accord sur le principe, mais... en pratique, comment on fait ? Oui et non. C'est l'objectif de ceux de leurs dirigeants qui essaient de penser, mais parfois - désolé pour la trivialité - ils oublient la vaseline. -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
! "Laissons la France en demander encore. Peut-être est-ce qu'elle aime ça ?" Je ne sais pas ce qu'ils fument, au Times, mais j'aimerais bien essayer, ça a l'air bon ! -
Australie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Corrigé Les moteurs des Barracuda fonctionnent à l'uranium faiblement enrichi et sont donc beaucoup moins proliférants que les moteurs des SNA américains et britanniques à l'uranium hautement enrichi. Ce qui aurait pu être un avantage pour que l'Australie fasse mieux accepter à ses voisins sa décision de passer aux SNA. Nous sommes devant un exemple supplémentaire d'incompétence du gouvernement Morrison. Ou bien, s'ils ne sont pas incompétents... ? (Théorie du complot, je sais. Mais d'un autre côté, est-on certain qu'ils sont incompétents ?) Je suis d'accord que c'est mieux que ce à quoi on pouvait s'attendre. Cela dit il est assez drôle que cette seule phrase "c'est inacceptable" attiré presque autant l'attention que lorsque par exemple Trump menacait un pays de frappe nucléaire Ça en dit long sur ce qu'on attend de l'Union européenne en matière de fermeté... -
Oui, mais je crois qu'il n'a pas pleinement compris le fonctionnement de Lightning. Les ouvertures et fermetures de canaux peuvent être beaucoup plus rares qu'il ne le représente.
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Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
Dans un monde où il existe désormais un précédent pour la vente de SNA complets propulsion comprise, tandis que l'Amérique a clarifié que la seule place qu'elle peut envisager pour la France est celle d'un paillasson sur lequel à l'occasion on pourra cracher L'intérêt de l'Inde pour la propulsion nucléaire sous-marine est intéressant La gifle australo-américaine à la France dans le contrat des sous-marins n’est pas passée inaperçue en Inde. Une idée fait son chemin parmi les analystes de la capitale: New Delhi doit saisir l’occasion pour pousser la France à transférer sa technologie en matière de submersibles, en particulier dans la propulsion nucléaire. «Après le revers qu’elle vient de subir, la France sera peut-être beaucoup plus ouverte sur cette question. L’accord Aukus a montré que les pays de la zone indo-pacifique qui souhaitent contenir la présence chinoise doivent mettre en place une coopération dans les hautes technologies», pointe Harsh Pant, analyste à l’Observer Research Foundation, un centre de recherche de New Delhi connu pour sa proximité avec le ministère des Affaires étrangères. Ce qui est certain, c'est que si on liste les puissances qui tentent de maintenir une "troisième voie" et d'être "non alignés" sur l'un ou l'autre des rivaux pour la domination mondiale Washington et Pékin - donc ni la Russie tombée dans l'escarcelle chinoise, ni Grande-Bretagne et Japon alignés sur le grand frère américain - la plus puissante est l'Inde. Si nous nous dirigeons vraiment vers une seconde "guerre froide", centrée sur l'Asie comme la première était centrée sur l'Europe, alors il me semble que la seule position digne pour la France, en même temps que la plus prudente et celle qui laisse le plus d'opportunités d'influence c'est précisément d'être non alignée. -
Les transferts sur la chaîne Bitcoin, non en effet. La surcouche Lightning, basée sur Bitcoin, permet d'avoir des transferts très rapides et extrêmement bon marché, tout en maintenant l'aspect "pas de tiers de confiance nécessaire". C'est d'ailleurs à ça qu'elle sert C'est celle qui est utilisée au Salvador, permettant des paiements au quotidien rapides avec une application sur smartphone.
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Australie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Et capables de fonctionner sans être connectés à des réseaux OTAN. Qui sont du point de vue des systèmes d'information militaires français des système extérieurs auxquels nous pouvons nous connecter. Nous n'y sommes pas obligés. Les Etats-Unis pourraient choisir de couper tout soutien à la France pour ses 4 E-3F et ses 3 E-2F embarqués. C'est un choix possible s'ils veulent "punir" la France, et perdre de l'argent (dont il est vrai qu'ils l'impriment à loisir) Les questions à poser c'est : - Combien de temps le soutien spécifiquement français peut-il "tenir" ? L'information n'est pas publique. Ce que j'ai pu entendre va dans le sens de "longtemps", voire "très longtemps". Sont-ils seulement renvoyés jamais aux Etats-Unis pour entretien ? Ce n'est pas sûr. Et les pièces détachées pourraient être en stock pour "longtemps" - Combien de temps pour produire un avion-radar embarqué / embarquable national ? C'est en années bien sûr. Mais pas forcément beaucoup d'années La question des drones armés se pose. Les Reaper ont été acheté aux EU parce que la France avait trop longtemps insisté pour faire un programme européen sur le sujet - forcément ! - et que ça ne marchait pas parce que c'est toujours plus difficile avec N pays dans le poste de commande qu'avec 1. A supposer que les EU décident d'arrêter tout MCO, qui reste de la responsabilité de General Atomics, il est probable qu'ils deviendraient de moins en moins fonctionnels avec le temps. C'est un inconvénient. Qui doit cependant être mis en balance avec tout le reste. Un programme en urgence pour des drones armés nationaux devrait clairement être lancé de toute façon. Le GPS est une question. Question qui a une réponse : Galileo. Monter en national une formation équivalente à ce qui se fait aux Etats-Unis n'aurait rien d'impossible. Il ne s'agit pas quand même de faire comme si l'Australie n'existait pas ! Elle n'est d'ailleurs pas aux dernières nouvelles membre de l'OTAN, encore moins sa puissance tutélaire. Ce n'est pas elle le sujet. Elle est même dans une certaine mesure la victime, sans doute d'ailleurs la raison pour laquelle Morrison a caché ses intentions : il ne voulait pas se cacher des Français, mais des Australiens, pour créer des "faits accomplis" de peur que les innombrables questions que pose son plan ne fassent capoter sa manœuvre. Là oui, tous ces programmes devraient être accélérés ! La menace n'attend pas. Et si la France veut une politique étrangère à la fois indépendante ET active, elle a besoin d'une Marine de nettement plus fort calibre. En effet, le seul scénario où la défense des Européens seuls serait prise en défaut est une invasion russe des Pays Baltes. C'est d'ailleurs un problème... pour les Européens, pas pour les Français. Prendre une place notable dans une alliance militaire européenne, la France pourrait y être prête. Dès que les autres y seront prêts quant à eux ! D'ici là, si ce scénario assez "lunaire" se réalisait, la France serait redevable d'un "meilleur effort". Pas plus. L'époque de Napoléon est terminée. La défense de la France pourrait être prise en défaut si la Chine attaquait la Nouvelle-Calédonie. Mais ce n'est pas certain, même maintenant, parce que c'est loin pour la Chine aussi, et les moyens de projection de forces de Pékin à cette distance ne sont pas si impressionnants, du moins pour l'instant. Je pense aux SNAs et aux porte-avions. Quant à l'avenir, la Marine doit être renforcée... et il ne faut pas non plus oublier que nous parlons d'un scénario limite Même quand elle le pourra, la Chine aurait-elle intérêt à dépenser une partie de ses ressources navales - accepter de fortes pertes - pour récupérer le nickel de Nouvelle-Calédonie ? Boris Johnson, peut-être. Faire la guerre pour Taiwan, quand Theresa May le lui demande, il n'exclut rien. C'est en cela avant tout qu'il mérite d'être appelé un clown. +1 -
La Place de la France dans un monde de blocs
Alexis a répondu à un(e) sujet de herciv dans Politique etrangère / Relations internationales
Remarquable en effet. J'avais déjà posté ce texte dans le fil Australie, mais ça a sa place aussi ici en effet - d'ailleurs ça n'arrête pas ces jours-ci En plus de remarquer, à la suite de Macron et en à peine plus gentil, que l'OTAN n'est qu'un "mastodonte dépassé" et que les Etats-Unis ne sont pas loyaux envers ceux qui se considèrent leurs alliés, l'auteur va jusqu'à se mettre à la place des Français et dire "Qu'est-ce qu'on y gagne" au juste, à être dans l'OTAN ? A noter quand même que l'auteur, britannique, ne dit pas la même chose concernant son pays. Allemagne, Hollande et toutes les autres Italies ne sont pas forcément dans la même situation que la France non plus. Mais pour nous, oui : "Qu'est-ce qu'on y gagne ?" à être dans l'OTAN ? -
Australie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
L'Inde ce n'est pas tout le monde en effet. Mais là on parlait de l'Indonésie -
Australie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est une analyse. Cela dit, l'idée de "construire avant" est celle qui a conduit à notre premier rapprochement partiel avec les structures de l'OTAN, décidé par Chirac en 1996, et motivé à l'époque par l'idée que "de l'intérieur, et après avoir montré patte blanche, on convaincra mieux nos voisins de construire une 'identité européenne' au sein de l'OTAN". Vingt-cinq ans plus tard, les résultats ne sont pas exactement au rendez-vous... Il est possible aussi de penser que l'heure est à la clarté. Oui, mais non pas tellement en fait. La classe "Attack" aurait été très chère, à cause du système de combat américain notamment. Nettement plus chère que les SNA type Barracuda. Et l'Indonésie n'est pas un pays riche. Bon évidemment on ne peut pas vendre des SNA à un autre pays. Ca ne se fait pas. D'ailleurs personne ne l'a jamais fait... euh attendez ! (bon c'est une blague, hein... il est possible maintenant de vendre des SNA, mais ça ne veut pas dire en permanence et à tout le monde) -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Voici un texte intéressant, publié par la BBC. Je n'ai pas dit que j'étais d'accord avec tout. Mais il y a des choses qui sont très vraies... et exprimées sans fard, dis-donc ! Le pacte Aukus livre à la France de dures vérités Lorsqu'ils se seront relevés de leur humiliation, les Français devront rassembler leur sang-froid et affronter quelques vérités cruelles. La première : il n'y a pas de sentiment dans la géostratégie. Les Français doivent comprendre qu'il ne sert à rien de se lamenter d'avoir été maltraités. Ils l'ont été. Mais qui a déjà entendu parler d'une nation qui réduirait ses priorités en matière de défense pour ne pas froisser ? Le fait est que les Australiens ont calculé qu'ils avaient sous-estimé la menace chinoise et qu'ils devaient donc renforcer leur niveau de dissuasion. Ils ont agi avec un mépris total pour les préoccupations de la France, mais c'est ce que font les nations lorsqu'elles sont dans l'urgence. C'est presque la définition d'une nation : un groupe de personnes qui se sont réunies pour défendre leurs propres intérêts. Les leurs, pas ceux des autres. Bien sûr, il arrive que des nations décident que leurs intérêts sont mieux servis en rejoignant des alliances. C'est ce qu'ont fait les États-Unis en supprimant leurs instincts isolationnistes au siècle dernier. C'est la partie la plus faible du texte. Parce qu'il n'est pas dans l'intérêt de l'Australie d'attendre dix ans de plus pour des sous-marins nettement plus chers qui ne peuvent que servir à projeter des forces loin du pays dans un endroit dangereux au service d'une superpuissance, même si cette superpuissance leur a promis la protection qu'elle avait aussi promise aux Kurdes et aux Afghans qui l'ont aidée. Et parce que la France ne se plaint pas que l'Australie ait changé son fusil d'épaule, mais d'avoir été gravement trompée. Mais la deuxième vérité douloureuse révélée par l'affaire Aukus est que les États-Unis n'ont plus grand intérêt dans le mastodonte dépassé qu'est l'OTAN. Ils n'éprouvent pas non plus de loyauté particulière envers ceux qui se sont tenus à ses côtés. Les gaullistes en France - et le président Emmanuel Macron en fait partie - rêvent d'un pays comme une puissance totalement indépendante, exerçant sa force pour le bien grâce à une présence mondiale et une force militaire soutenue par le nucléaire. Dans la pratique, et non sans une grande réserve, la France s'est liée à l'alliance dirigée par les États-Unis parce que cela lui semblait à la fois moral et opportun. Mais aujourd'hui, les questions résonnent autour de Paris : Pourquoi nous sommes-nous donné cette peine ? Qu'est-ce que nous y gagnions ? "Ce coup est tombé du ciel", déclare Renaud Girard, analyste principal des affaires étrangères au journal Le Figaro. "Macron a fait tellement d'efforts pour aider les Anglo-Saxons. Avec les Américains en Afghanistan ; avec les Britanniques sur la coopération militaire ; avec les Australiens dans l'Indo-Pacifique. Il n'a cessé de dire : "Nous vous suivons, nous sommes de véritables alliés". " Et il a fait l'effort non seulement avec Biden - mais aussi avec Trump ! Tout ça, et puis ça. Pas de récompense du tout. Traités comme des chiens." Les Français vont maintenant réévaluer leur rôle au sein de l'Otan. Leur participation militaire à l'organisation a été suspendue par De Gaulle en 1966 et seulement rétablie par Nicolas Sarkozy en 2009. Il n'est pas encore question d'un second retrait. Mais n'oubliez pas qu'Emmanuel Macron est l'homme qui a qualifié l'OTAN de "mort cérébrale" il y a deux ans. Il n'aura pas changé d'avis. Un commentateur britannique. De la BBC. Et qui écrit que l'OTAN est un "mastodonte dépassé". A peine plus gentil que "en état de mort cérébrale". Et qui souligne avec justesse que la France a fait de grands efforts pour aider ses partenaires de l'OTAN, qu'elle ne reçoit rien en échange, que les Etats-Unis n'éprouvent de loyauté envers aucun de leurs alliés européens. Et qu'en somme la France n'a vraiment plus grand chose à faire dans cette galère. Un sujet de Sa Très Gracieuse Majesté ! Mais la troisième et dure vérité est qu'il n'y a pas d'autre moyen évident pour la France de réaliser ses ambitions mondiales. La leçon de la semaine dernière est que la France est trop petite pour peser sur les affaires stratégiques. Tous les quatre ans, les Chinois construisent autant de navires qu'il y a de navires dans toute la flotte française. En cas de crise, les Australiens préfèrent être proches d'une superpuissance, pas d'une mini-puissance. Non. Ce commentateur oublie que la France est l'un parmi seulement deux pays en Europe qui sont autonomes pour leur Défense y compris leur dissuasion nucléaire, et capable d'exporter indépendamment jusqu'à des avions de combat hautes performances et des SNA. Et que l'autre, c'est la Russie. La France n'est pas dans la situation de la Grande-Bretagne. La solution conventionnelle pour sortir de l'énigme a été pour les Français de dire que leur avenir militaire se trouve en Europe. L'UE - avec sa vaste population et ses ressources technologiques - serait le tremplin de la mission mondiale de la France. Mais 30 ans n'ont rien donné d'autre que quelques brigades conjointes, un peu de planification des achats et des contingents mineurs de l'Estonie et de la République tchèque au Mali. Pour Renaud Girard, l'idée de faire de l'UE une force militaire est une "blague totale". C'est tout à fait vrai. La défense européenne est et restera une vaste blague. Ce commentateur ne le dit pas parce qu'il est un représentant de la "perfide Albion", mais parce qu'il a des yeux pour voir. Alors que peut faire la France ? Accepter les réalités. Essayer de former des alliances ad hoc (comme Macron a effectivement essayé de le faire dans l'Indo-Pacifique). Continuer à pousser les Allemands à se débarrasser de leurs complexes du 20e siècle et à agir comme la puissance qu'ils sont vraiment. Et gardez une porte ouverte sur les Britanniques. Ce n'est peut-être pas la suggestion la plus facile en ce moment. Les relations entre Paris et Londres sont à leur pire niveau depuis de nombreuses années. Les Français ont du mal à dissimuler leur mépris pour Boris Johnson, et beaucoup de Londoniens semblent ressentir la même chose en retour. À court terme, il est tout à fait possible que la France cherche à punir le Royaume-Uni pour son rôle dans l'affaire Aukus, dit M. Girard, peut-être en réduisant la coopération nucléaire secrète qui fait partie des accords de Lancaster de 2010. Il pourrait y avoir des retombées dans d'autres domaines également, comme le contrôle des migrants transmanche. Mais le Royaume-Uni est la seule autre armée sérieuse en Europe. Les deux pays ont une histoire et une expérience du monde similaires. Leurs soldats se respectent mutuellement. Sur le long terme, la coopération franco-britannique en matière de défense est trop logique pour être ignorée. C'est peut-être la dernière des vérités douloureuses de Macron. Oui et non. Oui, la Grande-Bretagne a été et sera à nouveau dans l'avenir un partenaire utile pour la France. Probablement même le plus utile parmi tous ses voisins. Non, cette coopération ne peut être sérieusement activée pour l'instant. Il y faudra notamment un dirigeant sérieux en Grande-Bretagne. Cela arrive souvent, le dernier dans ce genre était Theresa May. Mais tant qu'une telle situation n'est pas restaurée, la France ne peut pas vraiment être proche d'un dirigeant qui se comporte comme un clown. -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Extrait du lien : Jean-Yves Le Drian et Subrahmanyam Jaishankar ont également convenu au cours d'un appel d'approfondir leur partenariat stratégique, "fondé sur une relation de confiance politique entre deux grandes nations souveraines de l'Indo-Pacifique", a indiqué le ministère dans un communiqué samedi. Les deux ministres ont convenu de se rencontrer à New York la semaine prochaine, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, pour travailler "sur un programme commun d'actions concrètes pour défendre ensemble un ordre international véritablement multilatéral", a-t-il ajouté. (...) Cet appel téléphonique a eu lieu un jour après que le gouvernement français a rappelé ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie, après que Canberra a renoncé à une commande de plusieurs milliards de dollars de sous-marins français en faveur d'un partenariat avec Washington et Londres dans la région indo-pacifique. Ca n'a pas traîné. Excellent. Il faut battre le fer quand il est chaud. (*) Et l'Inde est effectivement le premier pays à appeler. Pas le dernier. (*) Je le sens chaud, là, le PR. Pas au point d'aller gifler des kangourous dans un zoo, mais ...