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Tout ce qui a été posté par Alexis
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Chine-Japon : dégradation spectaculaire des relations.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Perry dans Politique etrangère / Relations internationales
«Sera» pris ? Euh... ça mériterait au moins un conditionnel, non ? -
[BREXIT]
Alexis a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Ça ? Sehr interessant, Herr Kugel... on vous appelera. Ah là je suis d'accord et je l'ai d'ailleurs toujours dit ! On "ferait" l'Europe avec un seul pays, le meilleur la qualité extra-super, on ne s'en trouverait que mieux. Tiens, au hasard... la France ? Ben rien n'empêche de faire un deuxième fil, si toi ou quelqu'un d'autre le désirez. Et il serait possible de signaler dans l'intitulé de ce fil que toute réponse et tout commentaire doit être écrit dans le fil qui existe déjà, celui où nous postons en ce moment, en donnant le lien. De cette manière, le nouveau sondage resterait le premier et unique post de ce deuxième fil. -
Idiote, et pire encore peut-être c'est une méthode de "petit joueur". Refuser de payer des sommes après tout négligeables à l'échelle des Etats-Unis, juste parce que les actions des institutions onusiennes - et les avis des Etats membres - ne sont pas en accord avec les desiderata de Washington, c'est une méthode d'enfant boudeur si on veut être gentil, de petit joueur si on l'est moins. Ce n'est pas ainsi qu'un pays maintient - sans parler de l'augmenter - son prestige. Je dirais dix. Minimum. Cela dit, il est possible que Poutine aussi finisse par avoir quelques soucis. Vous pouvez être super-fort aux échecs, ou du moins être très expérimenté, mais si votre adversaire est débutant au point d'avancer un pion de quatre cases et soutenir que si c'est légal, avant de vous subtiliser votre dame avec un brelan d'as - si si l'as l'emporte sur la dame on me la fait pas à moi - puis de carrément mettre le plateau de côté et commencer à écluser une bouteille de bourbon en vous proposant d'investir dans un plan sans accroc pour construire des casinos et des maisons de tolérance en Arabie Saoudite ... vous la terminez comment au juste, votre partie d'échecs ? A partir d'un certain niveau d'imprévisibilité, tout le monde peut commencer à s'inquiéter. C'est aussi la fête du point de vue de la France : - Le TAFTA est à l'eau, ce qui est quand même la nouvelle N°1 du point de vue français jusqu'ici, et quelle nouvelle ! - Les Etats-Unis et la Russie vont probablement moins se chercher des crosses et risquer quelque débordement gênant voire dangereux - L'atout spécifiquement français d'être complètement indépendant de l'OTAN pour ce qui concerne la sécurité fondamentale du pays est valorisé, au moment où Londres et Berlin s'angoissent du devenir de la protection américaine - Quant à être ciblés par les taxes sur le commerce punitives que promet Trump à tout Chinois, Japonais ou Allemand qu'il rencontre, et qui inquiètent tant l'Allemagne voir par exemple L'attaque de Trump contre l'Allemagne et l'économie mondiale (en anglais), pas de risque : notre excédent commercial vis-à-vis des Etats-Unis est petit Pour l'instant, Trump quelque énervement qu'on puisse en concevoir a été une bonne chose pour la France. On verra si ça dure. Ce sera aussi le cas si d'autres pays quittent l'UE. En effet, tout pays qui partira prouvera par la même occasion qu'il ne valait pas grand chose, n'y était pas de bon cœur, et on se rappellera tous les reproches qu'il mérite, pour ne pas parler de sa vilenie générale. On se convaincra que c'est de ce pelé, de ce galeux que venait tout le mal, ou du moins une bonne partie, on poussera presque un soupir de soulagement à le voir parti. On se félicitera d'être enfin entre gens de bonne compagnie, on prévoira pouvoir ainsi aller encore "plus loin", d'ailleurs on ira effectivement plus loin, ou du moins on fera semblant avec quelque accord aux accents ronflants et à la réalité fort modeste voire en trompe-l’œil. Jusqu'au prochain départ.
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[BREXIT]
Alexis a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Y a-t-il un Allemand sur ce fil ? On a besoin de quelqu'un qui puisse parler raisonnablement aux Français, qui s'apprêtent à faire une bêtise. Si vous lisez ce fil, intervenez bitte ! Prêchez Frieden, Freundschaft et tout ça. Danke schön ! -
Voici un homme heureux Thomas Enders, PDG d'Airbus D'autres ont déjà répondu sur le pétrole de schiste, et le fait que les Etats-Unis sont fort loin de couvrir leurs besoins énergétiques, et n'y peuvent rien. Sur ce plan de "couper la dépendance au pétrole"... comment dire... tu n'as pas l'impression d'être un tantinet dans le yaka faukon ? C'est étonnant que Hollande n'ait pas adressé le même genre de cri déchirant concernant le sort du pauvre OTAN que ne l'ont fait May ni Merkel. Pourtant, vu les bases américaines en France, vu la dépendance du pays envers les armes nucléaires américaines pour sa défense, la France a fortement besoin de l'OTAN et serait vraiment démunie si les Etats-Unis s'en éloignaient. Bizarre, bizarre... Au fond d'un lac, dans un tonneau avec Trump ? Se faire découper ? Tu veux dire les chars russes qui roulent jusqu'à Strasbourg, ou plutôt les chars chinois défilant sur les Champs-Elysées ? N'y aurait-il pas un tout petit peu de lyrisme et d'exagération dans ce commentaire ? De quelle menace concrète parles-tu au juste ? Meuh non rien d'ordurier à ça. J'ai bien compris ton allusion artistique :
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Au sujet de cette liste de sept pays majoritairement musulmans auxquels Trump vient d'interdire la délivrance de visas à leurs ressortissants et à l'inclusion très idéologique de l'Iran, les Américains d'origine iranienne sont en moyenne très éduqués - plus que la moyenne de la population américaine - et ont un revenu supérieur au revenu moyen. Sinon, pour rappel, 15 des 19 terroristes du 11 septembre 2001 étaient de nationalité saoudienne.
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C'est tout-à-fait vrai. Cependant, dans un système politique démocratique, la définition de "compétent" est à l'appréciation de l'électorat, selon les règles établies pour l'élection. Le fait que telle ou telle personne pense que l'élu américain soit incompétent, que ce soit tels forumeurs en France, ou d'ailleurs leurs équivalents aux Etats-Unis, n'est pas en soi pertinent pour décider de la compétence ou non d'un président américain. Cela peut déplaire, cela a aussi des inconvénients, on a le droit si l'on veut de préférer le "gouvernement des meilleurs" (littéralement : aristocratie). Mais c'est comme ça. L'un des mécanismes de sauvegarde les plus importants de ce système est justement que les élections soient périodiques. Si les Américains décident en 2018 qu'ils veulent rectifier le tir, ils donneront le contrôle du Congrès aux Démocrates. S'ils décident en 2020 que Trump a déçu, ils éliront quelqu'un d'autre pour le remplacer. En attendant, Trump est compétent, au sens qui importe, le sens démocratique. Quant au mix de succès, d'échecs voire de catastrophes qu'il suscitera, l'avenir le dira.
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Q & R intéressant du correspondant du Monde à Washington « Malgré quelques voix dissonantes, Donald Trump bénéficie d’un état de grâce chez les républicains »
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Ben oui j'en ai conscience, voyons ! Et pas seulement depuis trente secondes que j'ai vu ton message. Ça je peux te l'assurer. That's for sure, people, that is!
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J'entends bien. Ce que je veux dire, c'est que la démocratie c'est la contestation à intervalles réguliers. Il y a eu une campagne électorale aux Etats-Unis, dont nous connaissons le résultat. Tous les défauts, toutes les critiques adressées à tort et à raison au milliardaire populiste ont été prises en compte par l'électorat, ainsi que tous les autres facteurs de la situation des Etats-Unis, aboutissant à POTUS[45] = DJTrump, sans oublier Congress.append(GOP) qui furent les décisions souveraines du Peuple américain - oui je suis un peu franchouillard sur les bords, je ne rechigne pas à l'impérialisme culturel sur certains sujets, et les notions de peuple souverain tellement datées Révolution française, et pas trop dans la tradition politique américaine j'en conviens, je les applique à nos amis d'Outre-Atlantique sans barguigner. Tous les défauts, toutes les critiques adressées à tort et à raison au POTUS seront à nouveau prises en compte par l'électorat en novembre 2018 - plus les quasi-deux ans de sa présidence d'ici là, ses résultats en bien et en mal, ses ridicules, ses entourloupes et ses succès, sans oublier les actions du Congrès. De mon point de vue, il n'y a pas grand chose de neuf concernant les qualités et les défauts - grands - du Donald. Chacun voit midi à sa porte, mais de mon point de vue il n'y a guère de raison d'épiloguer sur ce qui est déjà connu. En revanche, les actes de sa présidence, ainsi que les résultats qu'il obtiendra - ou les catastrophes qu'il déclenchera - voilà qui est plus intéressant. D'ailleurs on ne manque pas de matière à commenter ! Entre : - le retrait du TPP, - l'annonce de la construction du Mur, - l'injonction au Mexique d'avoir à payer, - les déclarations sur la Mer de Chine, - les annonces de taxes sur les voitures allemandes, - l'ordre de freiner des quatre fers l'application de l'Obamacare en attendant de pouvoir le démanteler, - l'offre au RU d'un traité de libre-échange là rapidement, - les interdictions de visa pour sept pays musulmans .. et encore j'en oublie certainement ! Mais de mon point de vue, les conflits d'intérêts, l'impolitesse et l'ego surdimensionné de Trump, ses entourloupes, ses ridicules et ses tics de communication "unbelievable, terrific, fantastic" etc. ce n'est pas vraiment pertinent maintenant. Ça le redeviendra à nouveau à l'automne de l'année prochaine, sauf truc énorme du niveau d'un viol dans le Bureau Ovale ou équivalent - il faudrait que Trump fasse bien pire que Bill Clinton pour courir un risque de destitution. Enfin, chacun voit midi à sa porte encore une fois.
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S'agissant du commerce et du thème plus général du populisme et du "nationalisme économique", cet article du Spiegel (version anglaise) est intéressant. Abasourdis encore plus que d'autres par l'élection de Trump, ces journalistes allemands sont allés lire dans un exemplaire de 1990 d'un journal de charme - oui il s'agit de Playboy - l'entretien donné par le fringuant quadragénaire qui figurait en couverture. Eh bien c'est intéressant, parce que les thématiques de nationalisme économique sont exactement les mêmes. Trump ne s'est pas réveillé il y a deux ans "tiens je s'rais bien président, m'en vais dire les idées dans le vent moi" suite à quoi il aurait décidé que oui c'est le protectionnisme et le mercantilisme sur lesquels il faut surfer. Non, il a ces idées-là depuis un quart de siècle au minimum. Je me prends seulement à regretter qu'on n'aie pas de photo d'Angela Merkel en train de lire Playboy... Il ne faut pas faire d'erreur, le thème du nationalisme économique - je le comprends davantage comme du mercantilisme que comme du protectionnisme stricto sensu - est absolument fondamental pour Trump. Peut-être est-ce son tout premier thème. La suite de l'article est intéressante aussi. Car ces journalistes - qui ne sont certes pas le gouvernement allemand, mais il est permis de penser que leurs préoccupations en sont assez représentatives - posent la question de l'affrontement politique à venir entre Allemagne et Etats-Unis, et s'interrogent sur la question qui fâche l'arrière, je veux dire l'Europe, tiendra-t-il ? Ce qui nous mène tout droit à la liberté de mouvement renouvelée de la France lorsque les deux pays étrangers qui ont le plus d'influence sur elle en viennent à s'opposer frontalement, et c'est ce qui devrait être confirmé dans les mois à venir. Voir le fil dédié à ce positionnement de Paris entre Berlin et Washington. Quel que soit le choix de la France, quel que soit en particulier le nom du prochain président français, une chose est claire à mes yeux : cette opportunité pour la France de ne plus être sous Berlin ni Washington, mais à côté ne doit en aucun cas être gâchée. Paris ne doit en aucun cas donner "automatiquement" son soutien à Berlin - à supposer encore que l'élu du mois de mai soit sur cette ligne - mais seulement en échange d'avantages clairs et concrets.
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Rhétorique creuse, mais plus probablement rodomontades qu'autre chose. Cela dit, je n'aime pas le ton de Trump parlant récemment des combattants de l'Etat Islamique Non. Même des ennemis dont la cause est méprisable et criminelle ne doivent pas être qualifiés ainsi. La métaphore des rats a un historique chargé. Elle doit rester complètement hors limites s'agissant d'êtres humains.
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On n'en est pas encore là tout de même. Le type a été président une semaine tout mouillé, il n'a pas encore eu le temps de satisfaire ni de décevoir ses électeurs. Plus précisément il a pris un certain nombre de décisions (retrait du TPP) et confirmé des orientations générales (immigration, commerce), mais ce n'est pas sur une semaine que le degré de son succès ou de son échec peut être mesuré. Ni sur un mois, d'ailleurs. Dans deux ans, premier point d'étape lors des élections de mi-mandat.
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Oui, mais comme tu le dis toi-même la réalité du résultat de l'élection s'impose quand même. Moyennement voire mal élu, Donald Trump est le président américain, et il en a les pouvoirs, pas moindrement diminués du fait par exemple qu'il a eu un nombre total de voix sur son nom inférieur à celui de Clinton.. De même que pour prendre un autre exemple le Congrès des Etats-Unis peut bien avoir une réputation absolument dégueulasse dans le pays - à côté, François Hollande est adulé par les Français - il n'en reste pas moins le dépositaire du pouvoir législatif. Si on fait un concours de popularité entre Trump et le Congrès, c'est le nouveau président qui gagne haut la main. Ce n'est pas la popularité, la boulot-approbation et tout le tintouin qui compte. C'est la capacité de Trump et du Congrès - Républicains en premier lieu - à se bloquer ou s'aider mutuellement, et sur quels sujets, et avec quelles négociations et compromis etc. La boulot-approbation de l'ensemble Trump+Républicains du Congrès, on en reparlera dans deux ans quand il faudra renouveler une partie du Congrès, et pas avant. D'ici là, c'est manifs et compagnie, avec autant d'impact médiatique que par exemple la Manif pour Tous et son million de gens dans la rue en 2013... et tout autant d'impact sur les lois votées, c'est-à-dire pratiquement rien. Tu es un bon catholique, croyant fermement l'enseignement de Notre Mère l'Eglise, respectant comme il se doit le Pape, les Évêques ainsi que la Sainte Inquisition, ... "mais" ? Mais... quoi ? Tu dis ? Messe noire ? Belzébuth ? Repens-toi, malheureux ! Prends garde, le bras séculier déjà s'intéresse à ton cas. Voui, je trolle. Et j'ai honte. M'en vais aller dire trois Pater et deux Ave moi, tiens
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Pas d'accord, la méthode utilisée est tout à fait sérieuse et pour tout dire proprement scientifique. Voici leur instrument principal : Bon ben c'était plié, la victoire de Trump a rendu inévitable le déclenchement de la guerre. Je parle de la guerre sur le fil USA hein. Comme en 1914 encore. N'empêche que je me sens un peu dans la peau des Pays-Bas sur ce coup-là...
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Exactement, on parle d'un mouvement général vers plus de libre-échange qui dure depuis une cinquantaine d'années... deux générations ! Changer de direction est possible et on peut le penser souhaitable, mais l'inertie ne peut que ralentir la manoeuvre. Il s'agit de faire faire un demi-tour à un super-pétrolier, pas à un dériveur. Surtout, il est permis de douter que le Mexique doive avoir la priorité. Assez petit pays, voisin, stabilité pas très assurée alors que les EU y sont fortement intéressés... La Chine devrait être en tête de liste, suivie probablement du Japon et surtout de l'Allemagne. Ce qu'annonçait d'ailleurs Trump aux deux journalistes européens qui l'interviewaient récemment... S'en prendre à un voisin beaucoup plus faible que soi, ce n'est pas la bonne méthode.
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Sinon, quelques images du mur entre Etats-Unis et Mexique - car oui il existe déjà en partie, sur une série de sections représentant au total environ 30% de la longueur totale de la frontière (930 sur un total de 3100 km) Y a aussi bien sûr les tunnels, actuellement utilisés pour transporter de la drogue. Et attention, c'est pas du trou branlant aux parois de terre creusé à la pelle ! Les trafiquants se paient de la belle ouvrage. Eh oui, si l'on souhaite empêcher l'immigration clandestine, un mur ne suffit pas, il ne peut être tout au plus qu'un appoint et un élément, pas le principal, d'une politique globale, dont l'essentiel devra être une chasse aux employeurs de clandestins avec des peines dissuasives. Devra être... ou non. C'est au pied du mur que l'on voit le sérieux du Donald. Ou pas.
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C'est exactement la raison pour laquelle je conserve un doute sur l'efficacité de la politique anti-immigration clandestine de Trump. Cette efficacité est liée au degré de son emprise sur le parti républicain, et de son influence au Congrès, que l'on ne connaît pas encore - @Tancrède a régulièrement exposé des doutes argumentés - et qui ne se clarifiera dans un sens ou dans l'autre que d'ici quelques mois au plus tôt à mon avis. Sauf si Trump tente de "forcer la main" au Congrès en passant tout un train de mesures à rythme très élevé pour les ahurir et les entraîner, ceci dans les tout premiers mois. J'ai un peu de mal quand même à imaginer qu'il garde longtemps son rythme actuel, il y a pas mal de vieux briscards parlementaires qui n'attendent qu'une occasion pour ralentir et idéalement faire mordre la poussière à ce président arrogant qui leur a imposé un programme dont ils ne voulaient en majorité pas.
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Russie et dépendances.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Merkel et Trump vont échanger sur la Russie Achtung Russland ! Tel sera très probablement le message d'Angela pour Donald De même que celui que Theresa a déjà livré : En visite aux Etats-Unis, Theresa May invite à se méfier de Poutine Quant à François, Marine ou Jean-Luc, à partir de mai prochain on peut s'attendre à ce que l'un d'entre eux équilibre le message de défiance germano-allemand par une plus grande confiance envers la Russie. Sauf si c'est Emmanuel qui s'y colle, lequel rejoindrait le chœur des avertisseurs - n'a-t-il pas qualifié la Russie d'"ennemi" ? -
Les responsabilités sont probablement un peu partout on est d'accord. Cela dit, en tout état de cause même si les Etats-Unis sont le pays le plus puissant au monde et notre allié de très longue date, ils sont pour nous un pays étranger. Il est souhaitable au moins de ne pas laisser l'esprit de division idéologique extrême que l'on peut percevoir chez eux déborder trop chez nous. Ce qui n'est pas si simple, j'en conviens.
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[BREXIT]
Alexis a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Je pense que cette discussion est extrêmement théorique, pour ne pas dire totalement dépassée par les événements, ceci dit avec le plus grand respect je pense que vous n'en douterez pas. Non seulement les Britanniques ne sont pas partis pour ne pas sortir de l'UE - l'un des politiciens les plus europhiles Jeremy Corbyn menace d'expulsion les parlementaires travaillistes qui n'approuveraient pas la sortie de l'UE, question de respect de la démocratie et du résultat du référendum - mais il n'y aucune raison pour qu'ils changent d'avis dans un avenir à court terme moindrement concevable. Pour le meilleur ou pour le pire, une décision a été prise, elle sera appliquée. - Non seulement les hommes politiques britanniques même les plus favorables à l'UE conservent un attachement suffisant à la démocratie pour respecter cette décision, ou du moins une proportion suffisante d'entre eux. - Non seulement il n'existe aucune raison de reculer devant les conséquences, et la sortie du marché unique même si beaucoup de Britanniques la regardent comme un inconvénient ne fera tout au plus qu'un épisode de plus à l'Histoire d'un pays presque millénaire le Royaume-Uni. - Mais encore il existe une dynamique aux relations humaines qui rend pratiquement impossible un retour en arrière à ce stade, de même qu'un couple ne dé-divorce pas. La Grande-Bretagne sera-t-elle un jour à nouveau membre de l'Union européenne ? Rien ne l'exclut, mais dans ce cas ce ne sera qu'à long terme. Si - et c'est un gros si - l'Union européenne survit en tant qu'organisation, disons à dix ou quinze ans, elle ne pourra à mon avis que s'être réformée suffisamment de façon à devenir plus attirante pour les peuples des pays membres, lesquels pour l'instant sont tous peu ou prou en train de s'en éloigner "mentalement" même si à des vitesses différentes, et à force de s'en éloigner mentalement on finit un jour par agir concrètement. Il faudra d'abord que ce grand mouvement historique soit inversé, donc un nouveau traité soit dit en passant remplaçant l'actuel traité de Lisbonne qui est objectivement intolérable en l'état - c'est l'évolution des opinions européennes ces dernières années qui le prouve - et encore n'est-ce qu'une condition nécessaire et non suffisante. Dans ce scénario de survie de l'UE disons en 2030, et dans ce scénario seulement, la possibilité d'une adhésion de nouveaux pays européens sera ouverte. Y compris de la ré-adhésion d'un ancien membre tel le Royaume-Uni. La possibilité en serait d'ailleurs ouverte tout aussi bien pour un pays comme la Russie que la Suisse. Pour l'Ukraine aussi bien que pour le Royaume-Uni, la Serbie, l'Albanie ou qui sait même la Turquie. Bref, il s'agirait d'un autre monde, d'une autre époque et d'une autre Union européenne. Pour nous qui vivons à cette époque-ci, la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE est un fait historique. Un événement réel que l'on peut prendre plus ou moins de temps à accepter - les cinq stades classiques du deuil - mais qui n'en continuera pas moins à exister, quoi qu'il en soit du moment de notre passage du troisième stade - le marchandage, les négociations et les menaces - au cinquième l'acceptation, de préférence sans s'attarder exagérément au quatrième la dépression. Eh, De Gaulle avait raison one more time, faut-il s'en étonner ! Oups, désolé Mon Général... un anglicisme -
Je ne suis pas au courant. Y a t il des infos crédibles en ce sens ? Ça me surprendrait parce que cette usine est implantée aux Etats-Unis qui ont sans doute des lois sociales moins développées que les nôtres, mais ne sont quand même pas le paradis absolu du patron esclavagiste - c'est d'ailleurs pour ça qu'il y a tant de délocalisations vers des pays plus compétitifs moins regardants. C'est une bonne discipline que je ne peux qu'approuver. Nous sommes en situation "idéologiquement chargée" c'est peu de le dire, les emballements sont non seulement possibles ils sont tout à fait naturels dans ce genre de situation, et il est souhaitable d'éviter les caricatures, même si on considère que Trump est un personnage horrible et dangereux. Donc si on est sur cette position, tenter de trouver les points positifs cachés, ou du moins les limites aux défauts de Trump ("il est comme ceci jusqu'à tel point, mais pas jusque là quand même") est un bon exercice. Oui enfin 50% d'une bonne note, c'est pas mal quand même ! Le rythme est impressionnant en effet. Il semble y avoir une volonté de s'imposer aussi par l'ébahissement produit chez ses adversaires, et pour cela ne pas leur laisser un moment de répit est nécessaire. Cela dit, il ne pourra pas le maintenir longtemps. Assez rapidement, il va se trouver avoir besoin du Congrès pour mettre en place ses politiques, et là qu'il obtienne ce qu'il veut dans une petite ou grande mesure, de toute façon cela ne pourra qu'être plus lent. Un marché pour le travail clandestin sous-payé existe au nord du Rio Grande, il n'est pas petit, et ce n'est pas le Mexique qui l'a créé ce marché... Toute demande suscite une offre correspondante. Et ce n'est pas la responsabilité du gouvernement du Mexique de combattre la satisfaction de cette demande... mais celle du gouvernement des Etats-Unis, s'il le veut sérieusement, c'est-à-dire s'il est prêt à y mettre les moyens. Ce qui est le cas depuis le 20 janvier dernier... peut-être. Au sujet du mur annoncé par Trump ("build the wall!"), il existe des vues plus ou moins charitables favorables. L'une des plus bienveillantes est celle de Marine Le Pen qui le considère comme un "symbole", celui d'une volonté de lutter réellement contre l'immigration clandestine. Selon la présidente du FN il ne s'agirait pas pour l'essentiel de béton et de barbelés, mais d'autre chose. Si cette vue est justifiée, alors le fameux mur même s'il est effectivement construit ne sera qu'un élément d'une politique d'ensemble dont le principal volet ne pourra qu'être des punitions dissuasives et réellement appliquées contre les employeurs d'immigrés clandestins... employeurs qui sont des citoyens américains. En d'autres termes, impossible d'assécher le marché du travail clandestin sous-payé si on ne s'attaque pas à la source, laquelle ne se trouve pas au Mexique mais bien aux Etats-Unis d'Amérique. Tout mur sera contournable si la motivation de le franchir reste suffisamment forte, ce qui sera le cas si la politique de répression des employeurs d'immigrés clandestins n'est pas d'une dureté inflexible. @Tancrède avait déjà rappelé de mémoire il y a un certain temps qu'une grande partie des entrées illégales ne se font pas à pied à travers la frontière, mais en dépassant le temps imparti à une visite légale "j'entre sur le territoire avec un visa court séjour puis je disparais". Et même un mur physique serait assez facile à franchir, les tunnels à dix mètres de profondeur par exemple sont faciles à construire... et existent d'ailleurs déjà (trafic de drogue) Maintenant, si on est moins bienveillant envers Trump que Marine Le Pen, rien n'interdit de penser que le président américain se contentera d'un gros symbole en béton armé sur la frontière, sans s'attaquer sérieusement aux causes américaines de l'immigration clandestine de masse. L'avenir le dira. Je ne connais pas la doctrine du trumpisme. Il me semble même qu'elle n'existe pas - ce n'est pas une doctrine cohérente et organisée. Sinon c'était une belle grenade de provocation. Et une autre grenade de provocation, deux ! Tous aux abris anti-atomiques... m'est avis que les Topol risquent de pleuvoir. Je ne vois pas de raison de le penser. Certes ils ont une grosse dette et un déficit public assez joli, mais on parle sans doute de quelques dizaines de milliards au total.
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Petite saillie du "stratégiste en chef" de la Maison Blanche et ancien président de Breitbart, Steve Bannon qui a dit --- Sinon, la tentative de rapprochement d'Elon Musk vers Trump se confirme. L'entrepreneur se présente ainsi : "Je suis la voix de la raison de Trump". - Il a apporté son appui par exemple à Rex Tillerson le Secrétaire d'Etat, dont il loue les capacités, eu égard notamment à son soutien à une taxe carbone - ce n'est pas Tillerson qui ferait du climato-dénialisme semble-t-il. - Musk a aussi rejoint un panel de 15 entrepreneurs qui "rencontreront régulièrement le président pour partager leur expérience alors que le président implémente sa politique économique". - Non seulement cette stratégie d'influence peut apparaître comme raisonnable et adroite - car elle l'est, si on s'inquiète des imbécillités climatosceptiques qu'a sorti Trump à l'occasion - elle correspond aussi aux intérêts bien compris de Musk, dont le projet Gigafactory d'usine de batteries aux Etats-Unis bénéficierait de plus d'un milliard de dollars de subventions sous forme de réductions d'impôt. Mettre en avant sa qualité d'investisseur dans le bon pays - pas à l'étranger - pour garantir le maintien de ces avantages est certainement aussi à l'esprit de Musk. - Et puis il y a toujours la possibilité d'aider Monsieur Make-America-Great-Again à voir grand, je veux dire bien sûr à voir loin. Mars est absolutely fantastic, y envoyer des hommes ce serait dépasser Kennedy et assurer la place du Donald parmi ceux qui ont fait la grandeur de l'Amérique. Vraiment ces deux-là sont faits pour s'entendre
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Le YEMEN en voie de "Somalisation"
Alexis a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Selon l'ONU, le Yémen risque la famine cette année. Ce qui n'est certes pas nouveau ni une surprise. Ni sans rapport avec la guerre menée par l'Arabie Saoudite et ses alliés, et notamment le blocus du Yémen qu'ils appliquent sans le dire. Ceci, contre un pays qui dépend en grande majorité des importations pour sa nourriture. A ma connaissance, c'est le seul crime contre l'humanité actuellement en cours sur la surface du globe. Il y a bien évidemment des crimes de guerre ailleurs, mais rien qui s'apparente à l'utilisation de la famine pour faire plier un peuple rétif à la domination. Selon le grand reporter Georges Malbrunot écrivant en mai dernier, la France serait "très discrètement cobelligérante" dans le conflit, effectuant des reconnaissances et préparant des dossiers d'objectifs pour le compte de Riyad. -
... Lequel est le pire des trois ? Sérieusement, Trump est en train de négliger le fait que les êtres humains ne sont pas motivés seulement par l'intérêt matériel, mais aussi par le sentiment de leur propre dignité. Or, les Mexicains sont humains. Je ne parle pas de la limitation de l'immigration clandestine, qui fait partie des prérogatives d'un Etat - indépendamment de la question de savoir si un mur est la bonne solution pour ce faire - ou encore du renvoi des clandestins, ou encore du protectionnisme à l'égard de pays à bas salaires. Toutes politiques qu'on a le droit d'estimer mauvaises ou bonnes, mais qu'il revient en tout état de cause aux Etats-Unis de décider pour ce qui les concerne. Si le résultat est mauvais pour les intérêts du Mexique, c'est dommage pour eux, si c'est mauvais pour les Etats-Unis, c'est dommage pour eux aussi, de toute façon c'est bien aux Etats-Unis de prendre leurs décisions. Mais exiger que le Mexique paye pour le mur anti-immigration américain, c'est totalement aberrant sur le fond, bien pire c'est exiger une humiliation gratuite du Mexique et des Mexicains, et à utiliser des arguments de force "amicale pression" - qui en langage diplomatique signifie le plus souvent le couteau sous la gorge ne nous leurrons pas - pour obtenir l'assentiment du gouvernement mexicain à ce genre d'indignité... on risque d'obtenir l'effet exactement inverse, c'est-à-dire une réaction d'orgueil. Le genre de réaction qui fait négliger tout avantage matériel tant que l'essentiel - la dignité - est menacé. Les échanges de biens et de services entre Washington et Mexico se montaient en 2015 à 316 milliards d'exportations vers les Etats-Unis et 267 milliards d'exportations vers le Mexique. Certes le taux de couverture américain de leurs importations du Mexique est seulement de 85%, mais les exportations américaines vers le Mexique ne sont quand même pas négligeables du tout. Si l'exigence insultante de devoir payer pour le mur construit par le voisin pousse Mexico à une réaction d'orgueil, il n'y a pas que le Mexique qui en souffrira.