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Alexis

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Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. Cмешной, Tоварищ ! (c'est drôle, Camarade!)
  2. <HUMOUR ON> Parce que tu n'es pas un agent stipendié du N.O.M. ? Mais mince, faut te faire payer pour ton travail ! <HUMOUR OFF> (les balises html sont utiles pour éviter toute confusion)
  3. Ce n'est pas faux. Dans ce cas le chiffre de 37 milliards détournés -totalement après 2010, ou en partie avant, à voir- pourrait ne pas être exagéré. En revanche cela ne contribuerait de toutes façons que peu à expliquer la crise économique ukrainienne puisque justement la dette n'a que très peu augmenté depuis 2010. Ce ne serait pas l'argent en question qui manquerait, mais sa contrepartie en termes d'investissements publics. Ce qui est bien sûr grave en soi, mais n'est pas cité comme cause de la crise économique actuelle : ce ne sont pas des routes insuffisantes par exemple qui sont à l'origine de cette crise. Je parlais plutôt de l'aide annoncée par Kerry : 1 milliard de prêt garanti de la part des EU, 1 milliard et demi de la part de l'UE, ce qui n'est pas la même échelle. L'aide du FMI risque naturellement tout autant que l'aide russe de se retrouver en partie détournée. Et bien sûr l'aide du FMI ne va pas sans mise sous tutelle étroite : la contrepartie obligée en est un certain nombre de réformes économiques, dont les effets non universellement positifs, voire nocifs, voire dévastateurs -suivant les cas- ont été souvent décrits. L'un des conseils principaux donné par Grimsson, le dirigeant islandais qui a mené la barque de son pays pendant la crise gravissime de 2009 et l'a conduit à son renouveau actuel, est précisément de surtout ne pas faire ce que dit le FMI... L'Ukraine au final n'a le choix qu'entre tutelle du FMI avec crème chantilly UE par-dessus pour la décoration - tutelle économique lourde - et tutelle de la Russie - plus légère sur le plan économique, mais avec une dimension politique. Le nouveau pouvoir a choisi. Reste bien sûr à traiter le cas des régions récalcitrantes qui voulaient l'autre choix et ne reconnaissent pas la légalité ni la légitimité des nouveaux maîtres.
  4. Que les modérés à Kiev, sous pression à la fois de leurs soutiens UE / EU et de l'Ours russe, cherchent à faire rentrer les chiens à la niche, pas de doute. Mais ton expression est très juste : ce genre de mouvements est utilisé par les adeptes de la realpolitik quand ils pensent pouvoir les contrôler. Penser pouvoir, et pouvoir, ça n'est pas la même chose. Penser, c'est plus facile que pouvoir. Si on joue à la roulette russe, même avec une seule balle dans le barillet, on peut très bien penser que tout se passera bien. Vu les nouvelles qui arrivent d'Ukraine, moi je crains qu'il y ait plus qu'une balle dans le barillet. Bon, cela dit, si jamais ça ne se passe pas bien, c'est vrai que ça n'est pas très grave pour ceux qui prennent les décisions. Les politiciens ukrainiens ont à coup sûr tous déjà leur solution de repli confortable en dehors du pays. Et quant aux sponsors extérieurs, ils pourront toujours faire comme une penseuse et stratège américaine bien connue et dire : "FUCK!" Moi je dis bravo, car être conscient de ses préjugés c'est déjà la moitié du chemin pour arriver à les surmonter. J'ai le même problème de fascistophobie que toi, et je me rends bien compte que nous devons tous nous améliorer. Comme le rappelle très justement ce célèbre quotidien Le Gorafi
  5. Deux effets certains : - Ouverture plus grande du marché ukrainien aux produits industriels de l'UE plus compétitifs - Accès plus difficile aux clients extérieurs actuels de l'industrie ukrainienne, c'est-à-dire Russie et pays associés. Obligé pour la Russie de relever ses barrières douanières, sauf à laisser aux produits européens une porte d'entrée à son marché, sans obtenir de contrepartie dans le cadre d'un traité de libre-échange UE - Russie Un risque supplémentaire : - Energie plus chère, la Russie augmentant les tarifs au niveau du tarif moyen payé par les autres pays de l'UE. Là, décision politique La combinaison de ces effets serait fatale à de grandes parties de l'industrie ukrainienne.
  6. Et les Goths ? Les Goths de Crimée ? Pourquoi personne ne pense jamais à eux, hein ? Voilà encore une pauvre communauté maltraitée !
  7. Il est certainement souhaitable qu'il réussisse, pour tous les Ukrainiens ! Mais le problème politique est tout aussi urgent, probablement davantage, que le problème économique. Sachant d'une part que le pouvoir actuel est à base de milices irrégulières, d'autre part que les habitants des régions les plus industrielles du pays - où se trouve une bonne partie des plus importantes sources de revenu - donnent tous les signes de ne pas considérer le nouveau pouvoir comme légitime... si cette situation continue, donner confiance aux investisseurs sera plus qu'acrobatique. Carrément impossible. Maîtriser et faire sortir de la rue les milices qui poussent à l'extrémisme, tout en négociant avec les provinces récalcitrantes et en mettant suffisamment d'eau dans son vin pour les convaincre de rentrer dans le rang... est déjà un vaste programme - et quelque peu contradictoire. Cela suppose encore d'aller suffisamment vite avant que le sang ne commence à couler entre des miliciens Maidan qui iraient dans le sud-est et des miliciens d'autodéfense de ces régions... car si le sang coule entre des groupes non contrôlés, une montée aux extrêmes de la peur et de la violence est à craindre, qui même si elle est interrompue par les tendres chenilles des T-80 - qui pourraient dans ce cas faire figure de moindre mal... - aura un coût en terme d'unité du pays. Peut-être un coût définitif et irrémédiable, et alors où est la frontière ? Sans compter que "mettre suffisamment d'eau dans son vin" vis-à-vis des sud-orientaux peut nécessiter d'abandonner de larges pans du partenariat avec l'UE afin de ne pas condamner l'industrie de ces régions. Tandis que le partenariat avec l'UE est justement l'une des choses que les ouest-nordistes désirent le plus. Trouver un compromis là-dessus, coton ! La meilleure aide que pourrait proposer UE serait probablement d'accepter des périodes / exceptions / investissements garantis de façon à éviter que l'industrie sud-orientale ne soit mise en danger mortel. Mais l'UE n'est pas une organisation charitable - sorry for the bad news ! - et un tel accord amendé serait-il acceptable par nos princes et nos banquiers ?
  8. A voir ces calculs, non il n'y en a pas. Encore moins si on se rappelle le trajet en zig-zag de l'Ukraine ces dix dernières années entre Est et Ouest : révolution orange 2004 (Zig !), élection de Ianoukovitch 2010 (Zag !), nouvelle révolution 2014 (Zig !)... Les gouvernements ukrainiens se sont toujours plantés, au bout d'un moment ils sont devenus suffisamment impopulaires pour que les gens veuillent réessayer l'autre direction. A première vue il suffit à Moscou de faire le gros dos pendant peu d'années en attendant le prochain tournant (Zag !) pour récupérer Kiev dans sa zone d'influence aux dépens de l'Ouest. D'autant que vu les problèmes du pays et la faible propension des Occidentaux à aider, il est prévisible que ça soit encore plus rapide la prochaine fois. La chose qui change cette fois-ci, c'est la nature de la transition. Un Zig, c'est une chose. Un Sieg! en est une autre (*) Les dernières fois, même quand la transition n'était pas régulière comme en 2004, il n'y avait pas prise de pouvoir par un mouvement objectivement d'extrême-droite violente. Il n'y avait pas désintégration d'une partie de l'appareil de l'Etat, en pratique sa police. Il n'y avait pas en un mot des miliciens armés dans les rues, donnant tous les signes que ce sont eux qui dominent et qu'ils n'ont aucune envie de devenir de gentils petits démocrates. Il n'y avait pas des hommes politiques ukrainiens aux ordres, donnant à croire qu'ils sont prêts à servir de paravent à la mise en place d'un régime à côté duquel, avec tous ses défauts, le régime politique russe a l'air d'une Suisse (voir l'interview de Iouri Loutsenko que j'avais déjà analysée il y a quelques pages) La seule chose qui peut expliquer la réaction de la Russie, ce n'est ni l'orgueil de Poutine ni le nationalisme des Russes. C'est une inquiétude très sérieuse sur ce qui va arriver en Ukraine si les choses continuent comme depuis la chute de Ianoukovitch. (*) Oui, je sais... mais j'ai pas pu me retenir.
  9. Déclarations intéressantes du nouveau premier ministre demi-ukrainien (*) La corruption du personnel politique ukrainien ne fait pas de doute. Elle n'est pas nouvelle non plus, ni particulière à une équipe. Maintenant quelques chiffres tout de même : - La dette publique ukrainienne c'est 40,5% du PIB en 2010 à l'arrivée au pouvoir de Ianoukovitch et 42,8% en 2013 dernière année connue. Sachant que le PIB de l'Ukraine doit être de l'ordre de 170 milliards... "37 milliards" disparus, c'est un peu difficile à concevoir. - Cet article du Point donne quelques clés pour comprendre cette faillite qui se profile : Donc : Chute de la demande adressée aux productions ukrainiennes du fait de la crise + Soutien de la monnaie à niveau trop élevé pour payer les importations de gaz russe et le service de la dette en monnaie étrangère ===> Déficit extérieur massif structurel ===> Chute quand l'ensemble des marchés émergents chutent, sachant que la plupart des pays émergents ont l'air plus engageants pour les investisseurs que l'Ukraine donc seront moins désertés : l'Ukraine étant par comparaison frappée davantage Ce n'est pas principalement la corruption qui a fait chuter l'Ukraine. Même si ça a certainement aggravé les choses. L'Ukraine a de toute évidence besoin d'un moratoire, si ce n'est d'une restructuration, si ce n'est d'une annulation partielle de sa dette extérieure. Ce qui lui permettra de laisser baisser sa monnaie qui reviendra à un niveau plus réaliste, les achats de gaz étant réduits en conséquence. Ce que soit dit en passant personne ne lui offre. La Russie proposait 15 miliards de nouvel endettement... plus 6 milliards d'économie par an sur le gaz qui là auraient été une aide sérieuse. L'UE et les EU ne parlent d'aucune aide sérieuse : quelques petits milliards de prêts garantis... nouvel endettement encore. Iatseniouk est-il en train de préparer un argument sur la "dette odieuse" pour justifier un futur défaut ? (*) reconnu par une grosse moitié de l'Ukraine
  10. Les Rafale, Typhoon, Leopard, Leclerc et consorts, ça a quelle portée déjà ? En ancienne URSS, les distances sont vastes. Dans le cas qui n'arrivera pas où l'OTAN voudrait se lancer dans des opérations militaires en Ukraine, la première question à se poser serait les bases et la logistique. Iskander, quelqu'un ? Le faire sérieusement, ça voudrait dire soit un long build-up de forces massives aux frontières de l'Ukraine suivi d'une pénétration qui serait initialement couronnée de succès. Initialement. Pour la suite, voir le regretté Napo ou le pas regretté Ado pour les explications. Et encore, la fission et la fusion des atomes n'étaient pas maîtrisées à ce moment-là... Soit la seule manière de gagner la guerre contre une nation continentale massive : conquérir puis tenir une position sur son territoire et attendre qu'il vienne à négociations, voir la guerre de Crimée. Le gros, mais gros PB, c'est qu'il n'y a guère de position de ce genre sur le territoire russe. C'est plutôt l'armée russe qui pourrait adopter cette stratégie en Ukraine : "tenir la Crimée" et attendre que le gouvernement de Kiev vienne négocier.
  11. Oui, en tandem avec John "L'Amérique est avec vous !" Mc Cain. Il y a une moitié de l'Ukraine qui espère le chevalier blanc Amérique-OTAN pendant que l'autre moitié espère le chevalier blanc Russie. M'est avis qu'ils se font tous des illusions... il n'y a pas de chevalier blanc, nulle part.
  12. D'accord sur l'interprétation du commando Simferopol comme sous contrôle de Moscou, probablement direct. Soit dit en passant, c'est à mon sens moins dangereux que ne le serait le même commando issu d'une milice locale que personne de responsable ne contrôle. Un Etat la plupart du temps a un comportement prévisible, des objectifs définis même si pas publics, on peut négocier, influencer, faire pression... En revanche les groupes extrémistes que les événements ont encouragé à se considérer les rois du monde, prompts à la surenchère, l'utilisation non contrôlée de la violence... c'est beaucoup plus dangereux. Des groupes comme ceux de Maidan / Secteur Droite / Svoboda en somme... tant que des politiciens de Kiev ne les ont pas convaincu de désarmer et de rentrer dans le rang, ce qui est tout sauf trivial quand ils "assurent la sécurité" du président et du parlement, lequel comme par hasard a désarmé la police en leur laissant la haute main sur la rue, tandis que ces groupes s'habituent à conserver leurs armes et à faire la loi. Si ce chaudron de sorcières à Kiev n'est pas calmé et démonté d'une manière ou d'une autre par les modérés, il vaudra beaucoup mieux qu'ils aient en face d'eux les forces d'un Etat plutôt que des bandes armées issues de la petite moitié de l'Ukraine qui refuse leur pouvoir.
  13. Celle-là qu'on a vu à la télé avec zoo privé etc., je ne sais pas. Mais c'était déjà un milliardaire. De même que son adversaire Ioulia Timoshenko. Pas d'illusion sur la classe politique ukrainienne... Ils ne sont pas nécessairement tous corrompus, non, il pourrait y avoir une exception : Oleh Tyahnybok, à la tête de Svoboda ! En bref, dans le contexte politique local, le baron voleur des années 90 devenu milliardaire corrompu, c'est le gentil... qu'il ou elle s'appelle Ianoukovitch ou Timoshenko. Le méchant, lui, il est carrément fasciste.
  14. - Le Kremlin "aucune réaction concrète à la victoire des Maidanistes" ? Le rappel de l'ambassadeur, la dénonciation du pouvoir de Kiev comme illégitime car sous la coupe des extrémistes, la préoccupation affichée du fait de l' "orgie d'extrémisme" dans le pays... ce sont des messages certes, quoique suffisamment forts pour être des actes notables. Mais surtout, un exercice militaire massif ordonné à l'improviste à côté de l'Ukraine, sans parler de 50 mecs armés qui prennent le parlement de la Crimée... ça me paraît très concret. Et ce dernier groupe je n'imagine pas qu'il soit autonome vis-à-vis du Kremlin. - Ianoukovitch carbonisé politiquement certes, mais il peut encore avoir une utilité pour Moscou : être une feuille de vigne justifiant une intervention militaire à plus grande échelle. Et en attendant il est déjà utile pour Poutine en contribuant à crédibiliser cette menace. - "L'intérêt de tous est de faire descendre la pression", je ne crois pas... sinon Moscou ne serait pas en train de l'augmenter, la pression :) Ça ne veut pas dire que la Russie veut absolument intervenir militairement, elle veut peut-être seulement obtenir un certain résultat politique en Ukraine sans avoir à envoyer les VDV en se contenant de menacer de manière crédible. Quel est ce résultat qui satisferait Moscou, c'est la question à cent balles... - La faillite économique proche ne signifie pas que tout va se calmer, permettant d'éviter cette faillite... A mon avis elle ne sera évitée que si un accord arrive 1. rapidement 2. satisfaisant tous les acteurs 3. que tous les acteurs peuvent tenir c'est à dire imposer dans leur camp. Les points 2 et 3 sont problématiques : de quoi Moscou peut-elle se contenter, est-il possible au pouvoir de Kiev de survivre au prix d'une négociation. Et surtout si un accord était rapidement trouvé, le président ukrainien par intérim aura-t-il les moyens de l'imposer à Secteur Droite et consorts ? Je ne dis pas que la faillite est certaine. Mais je lui donnerais plus que 50% de probabilité. - L'investissement colossal de la part de l'UE ou des EU pour redresser l'Ukraine en dehors de l'aide russe... n'aura pas lieu.
  15. Je ne pense pas que nous repartions en guerre froide. Il n'y aura pas demain à nouveau N divisions blindées soviétiques nous regardant dans le blanc des yeux par la trouée de Fulda, avec N grand.
  16. Je ne sais pas. On n'a pas beaucoup de détails sur ce qui se passe à Simféropol, mais une action coordonnée par cinquante hommes déterminés dotés d'armes à feu il y faut soit une milice déjà bien organisée - les Criméens ont-ils pu en monter une aussi vite ? - soit l'entraînement d'une force armée établie. Je serais surpris que des Criméens aient organisé tout seuls l'action de ce matin. A mon sens, l'Ukraine est menacée de bien pire que d'une cessation de paiement... laquelle est probablement déjà tout simplement inévitable. Concernant les annonces, celle de la Russie n'est pas claire, ce qui participe sans doute à la stratégie de pression. Tout ce qu'on sait c'est que le gouvernement de Kiev est dénoncé comme illégitime et la Russie dénonce une "orgie d'extrémisme" dans tout le pays. C'est compatible à la fois avec une autonomisation de la seule Crimée sous protection russe leur permettant de négocier pour l'avenir d'une Ukraine unitaire, avec le même scénario étendu à la moitié de l'Ukraine de Odessa à Kharkov et Donetsk, avec une autonomisation visant à l'indépendance, voire avec les milices de Maidan à Kiev connaissant le même sort que les partisans de Hitler dans le bunker en 1945 et ceux de Dubcek en 1968 à Prague - bref tous les ennemis de Moscou, que nous les trouvions odieux ou sympathiques. Je ne crois pas, perso, à ce dernier scénario "maximal". Mais il me semble que Poutine laisse planer l'ambiguïté, peut-être à dessein. Ce serait à étudier, mais si la Russie le décidait il me semble qu'il devrait être possible de dépêcher des forces à Kiev - aéroportées ? - assez vite pour l'emporter sans que l'OTAN n'ait le temps de réagir - à supposer qu'il le souhaite ce qui me paraît douteux, pour dire le moins. A noter cette précision dans le communiqué de Ianoukovitch ce matin : Message clair de mon point de vue : le premier haut gradé de l'armée ukrainienne qui se permet d'obéir au pouvoir de Kiev pour agir à l'intérieur du pays prend ses risques... Si le pouvoir Maidan s'écroule, il se retrouvera en slip devant le tribunal et ne pourra pas dire "je n'ai fait qu'obéir aux ordres, je ne comprenais pas". Une forte incitation à la prudence pour tous les responsables de l'armée qui pourraient être tentés de suivre le mouvement Maidan...
  17. - Pressions américaines sur le pouvoir de Kiev, en public Ukraine: Washington appelle à protéger les minorités Droit des minorités ne peut que signifier : droit des russophones du sud-est encouraged the authorities in Kiev to form a representative multiparty technical government Un gouvernement "technique" : un gouvernement qui agit très vite pour appliquer les recommandations du FMI mais qui ne prend pas de décisions politiques fortes avant les élections prévues le 25 mai. Il s'agit là bien sûr de déclarations publiques. La diplomatie discrète tire-t-elle dans le même sens ? Probable, mais pas absolument certain. - Du côté de Kiev, nouveau message "nous vous avons entendu fort et clair" Le sujet n'est évidemment pas Ianoukovitch dont le Kremlin se contref.... certainement. Mais ce qu'a dit le ministre de l'Intérieur du pouvoir de Kiev c'est qu'il n'y aura pas d'action des milices Maidan en Crimée. Il semble qu'à Donetsk aussi (dans l'Est, non seulement en Crimée) les volontaires se présentent pour former des milices de protection contre les milices Maidan. D'un autre côté, rodomontades de certains Maidanesques "si les gens du sud-est n'ont pas compris, on va aller leur montrer". Nous sommes très proches d'un incident du genre un groupe armé de Maidan qui prend le train pour Crimée ou Est et un groupe armé d'autodéfense qui les rencontre, peut-être dès la sortie du train. Dans ce cas, il y aurait des morts, Ce qui pourrait facilement s'étendre ensuite. Et mener à une intervention armée russe dans les provinces d'Ukraine subissant l'attaque. Tout le monde joue son rôle pour éviter cela : la Russie montre ses muscles, les EU disent au pouvoir de Kiev de se modérer et un représentant de ce pouvoir assure qu'il n'y aura pas d'intervention des milices d'ultra-droite en Crimée. La vraie question, c'est le degré d'influence des ministres qui sont la face visible du pouvoir à Kiev sur les milices qui en sont, du moins pour l'instant, la réalité.
  18. C'est plus compliqué que ça à mon avis. D'abord de petites précisions : Il y avait entre 400 et 800 000 manifestants estimés à Kiev début décembre. Fin décembre 200 000 au plus. Mi-janvier 50 000. Compte tenu de la différence de population, ta comparaison devrait donc être "s'il y a jusqu'à 1,2 million de manifestants puis quelques semaines plus tard 100 000 à Paris, le gouvernement ne pourra s'accrocher au pouvoir" Si c'est ce que tu penses, perso je ne suis pas d'accord avec toi. Nous sommes dans un pays qui fonctionne, oui naturellement par rapport à l'Ukraine "y a pas photo !" Pays développé, pas divisé contre lui-même, corruption beaucoup plus faible... Mais des manifs de cette taille, impossible en France :D ? Euh, 1995, 2006, 2013 ? Le gouvernement est "obligé" d'écouter les gens, faut voir. Parfois il retire ses projets devant de grandes manifestations, parfois non. Soit dit en passant, ce n'est pas illégitime de mon point de vue : c'est au moment des élections qu'on peut obtenir un changement de politique. Comme disait De Gaulle, la démocratie ce n'est pas la contestation permanente, c'est la contestation à intervalles réguliers. Ça c'est un argument fort. Le seul à mon sens. Le gouvernement ukrainien a effectivement ordonné l'usage de la force létale. Ce qui n'est pas arrivé chez nous depuis une cinquantaine d'années. Cela dit, un petit peu de contexte n'est pas inutile : ce qu'a l'Ukraine et que nous n'avons pas, c'est un mouvement d'ultra-droite (type "Bloc identitaire", interdit chez nous) à 10% dans le pays, dont 30 à 35% dans trois provinces de l'Ouest, et surtout doté d'une milice organisée et violente. C'est précisément cette milice qui était aux premières loges sur la place de l'Indépendance et qui attaquait les policiers avec cocktails Molotov, battes de baseball, haches, occasionnellement armes à feu, véhicules utilisés pour écraser les forces de l'ordre... Ça ne change pas le fait que la police ukrainienne a été à la fois brutale et inefficace. J'espère et je pense que dans le cas improbable où nous aurions un tel "Bloc identitaire géant" sur les bras, notre police ferait mieux. Cela dit, je ne suis pas sûr que même eux parviendraient à réduire le nombre de morts à zéro. De plus et surtout, si l'accord de transition conclu sous la supervision de négociateurs européens pouvait être considéré imparfait d'un côté comme de l'autre, il avait le mérite de préparer tout de suite une transition partielle, et dans un délai bref -avant fin 2014- une possibilité de transition complète avec nouvelle élection présidentielle. Ceci dans le cadre d'un ordre public qui resterait assuré. Ce qui s'est passé depuis semble bien être la désintégration de l'ordre public, remplacé par l'ordre de Secteur Droite, les politiciens de l'opposition étant leurs otages, une milice d'ultra-droite maîtresse de la rue, et des projets (voir l'interview de Iouri Loutsenko plus haut) à côté desquels le gouvernement Ianoukovitch pourrait passer pour un modèle de démocratie ! Les accords entre Ukrainiens, la politique étrangère de l'Ukraine, ça ne regarde qu'eux. Mais si la démocratie est aussi abîmée en Ukraine qu'elle risque de l'être au vu des derniers événements, je ne vois pas comment les Français et les Ouest-Européens attachés à la démocratie que nous sommes pourraient l'approuver !
  19. Sauf que les citations que tu fais sont inventées, sous l'effet de l'énervement comme tu le dis toi-même :) : le gouvernement russe n'a pas dit cela, et tu n'as pas entendu de babouchka dire cela (ou quand bien même, on s'en fiche quelque peu des illusions de cette respectable vieille dame) Je ne sais pas si je dois me sentir visé comme "annexe d'ambassade" :) que je ne suis pas... mais perso je préfère parler des faits. Qui sont inquiétants en Ukraine tels que je les comprends. C'est discutable naturellement, tout peut être discuté... mais alors, faisons-le ! A partir d'une autre interprétation des faits que je rapporte, à partir d'autres faits, peu importe du moment que ce sont des faits
  20. La pression verbale du gouvernement russe continue... Une première réponse des nouvelles autorités ukrainiennes "Nous vous avons entendu fort et clair" ? Il faut souhaiter que les nouvelles autorités ukrainiennes soient en mesure de convaincre les miliciens de déposer les armes -puisqu'ils ne peuvent les y forcer.
  21. Je plaide coupable, Votre Honneur :D ! Signaler que les alliés politiques ukrainiens de l'UE et des EU sont en train ou sont déjà passés sous contrôle de gens assez difficiles à distinguer de <COUGH> néo- <COUGH> fas <COUGH> cistes, c'est à coup sûr aller contre les intérêts des Européens. ;) Plus sérieusement, nos dirigeants et nos chancelleries sont certainement informés de ces événements. S'ils sont même modérément compétents, ils sont en train de faire passer le message clairement à tous leurs partenaires ukrainiens : désarmez vos milices vite et par tout moyen que vous jugerez nécessaire, c'est la condition préalable indispensable pour obtenir notre aide. J'espère qu'ils ont du moins ce degré de compétence... Je ne sais pas quel effet peut avoir la gesticulation militaire russe. Idéalement elle pourrait aller dans le même sens - voire être coordonnée avec les Européens en sous-main qui pourraient dire aux nouveaux responsables ukrainiens "Nous ne pourrons pas retenir la Russie longtemps... agissez maintenant !". Au pire elle pourrait au contraire conforter l'alliance de certains politiciens ukrainiens avec les milices que dessine Loutsenko
  22. Quelques détails sur l'exercice militaire russe "impromptu" Le MinDef russe Sergei Shogu a précisé que contrairement aux hypothèses imprudentes avancées à l'Ouest "l'exercice n'est absolument pas connecté aux événements en Ukraine" Ceci dissipe tous les doutes, j'en suis certain...
  23. En ce qui concerne l'émergence d'un gouvernement stable à Kiev, les nouvelles sont mauvaises et la situation apparaît de plus en plus inquiétante. Il est utile de rappeler tout d'abord que la sécurité physique de la Rada (le parlement) est actuellement assurée non par la police ni même par l'armée, mais bien par une milice issue de Maidan et au moins composée en grande partie, si ce n'est entièrement contrôlée par les gens de Secteur Droite. C'est-à-dire une milice d'ultra-droite. Ditto pour la Présidence. La police ukrainienne - et non seulement les unités antiémeute Berkut - est actuellement assignée à des zones de regroupement dont il lui est interdit de sortir, tandis que c'est la milice Maidan qui a le contrôle de la rue. Ceci sur ordre de la Rada - voir plus haut qui assure sa sécurité. Le désarmement de la milice Maidan, qui est une étape évidente dans le cadre d'un retour à un ordre normal assuré par la police, n'est pas à l'ordre du jour. Pour être plus précis : la milice refuse de déposer les armes, et nul ne semble en mesure de l'y forcer. L'interview de Iouri Loutsenko par Le Monde le 25/2 est très intéressante. Il s'agit d'un proche de Timoshenko, et de "l’un des seuls responsables politiques respectés et applaudis sur Maïdan" Je ne recopie qu'une seule réponse de Loutsenko, mais l'ensemble de cette interview est fort instructive. Il n'est pas difficile de discerner derrière ses propos une stratégie d'accompagnement de la milice Maidan - ou faut-il dire de Secteur Droit et Svoboda. Se rappeler que Timoshenko lors de son discours sur la place de l'Indépendance à Kiev a appelé les gens de Maidan à rester mobilisés car "tout n'est pas terminé". Parmi les autres mesures "intéressantes" annoncées par Loutsenko, en désordre et sans être exhaustif : - renvoi de la totalité de la police à remplacer par des gens dont on contrôlera les antécédents politiques, - interdiction des partis désormais dans l'opposition (parti des régions & parti communiste), - future structure issue de Maidan et parallèle aux institutions destinée à "contrôler" les engagements des politiques... L'Ukraine a déjà connu deux transitions politiques en "zig zag" ces dix dernières années : "révolution orange" de 2004, élection de Ianoukovitch en 2010. Aucune de ces transitions n'a ressemblé à ce qu'annonce Loutsenko. Lequel il faut le rappeler n'est même pas un membre de Secteur Droit ni Svoboda... il ne représente certainement pas le plus extrême de Maidan. Que donne tout cela sur le terrain ? Voici des scènes filmées en Ukraine dernièrement. Les échanges sont en russe, mais je vais résumer. - Au Conseil municipal Le sujet est la requête que la milice Maidan dépose les armes. L'homme en treillis debout qui parle fort en mettant sur la table sa Kalash et en sortant son couteau est en train de dire "Qui va m'enlever mes armes ? Je les garde". Les hommes silencieux qui l'écoutent docilement sont les membres du conseil municipal. Scène qui a du se reproduire plus d'une fois à n'en pas douter. - Vos papiers ! La scène est filmée par une caméra portée par un milicien de Maidan. L'homme qui interpelle un policier dans sa voiture, puis un autre, puis discute avec une vieille dame est en train d'exiger de contrôler leurs papiers. Son discours est en gros "Donne-moi tes papiers. Tu es armé mais moi aussi. C'est moi qui fait la loi, c'est le parlement qui l'a dit. Pourquoi es-tu hors de ta zone de regroupement (mais je suis juste sorti acheter à manger !)". La femme interpelle le milicien en lui disant "et tes papiers", elle a moins peur que les policiers car elle comprend qu'à elle le milicien ne peut pas faire violence. Effectivement il discute un peu avec elle mais au final il parvient bien à contrôler les papiers du deuxième policier, qui lui aussi aura compris qu'il s'agit de retourner dans sa zone et de filer doux. Rappelons que ces policiers ne sont pas des unités anti-émeute Berkut. Ce sont des policiers ordinaires, dont le parlement a enlevé le pouvoir et qu'il a placés sous contrôle de la milice Maidan. Le scénario que à mon sens tout le monde à l'Ouest a imaginé jusqu'ici - et celui que j'imaginais - c'est la régularisation de la situation par désarmement des milices et retour d'un ordre républicain sous contrôle du Parlement et de la Présidence - simplement contrôlé par d'autres politiciens jusqu'ici dans l'opposition. Ce n'est pas le scénario qui semble se mettre en place ! La question que je me pose est la suivante : si la milice d'ultra-droite ne veut pas rendre le pouvoir, QUI en Ukraine peut le lui reprendre de force ? Sans vouloir être alarmiste, j'ai bien peur que la réponse soit : l'Armée. Mieux vaudrait que ce soit l'ukrainienne, plutôt que la russe.
  24. Ukraine : un scénario à la yougoslave? Un point de vue intéressant, même si on n'est pas obligé de le suivre sur tout.
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