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Alexis

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Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. Et maintenant, Olaf ! Ce matin, le Spiegel évoque la visite du nouveau chancelier au président français. C'est intéressant notamment parce qu'il s'agit d'un point de vue allemand sur la relation avec la France. Et aussi parce que ce point de vue, bienveillant sur le fond, n'en oublie pas le réalisme. Nul "couple franco-allemand" à l'horizon ni autre faribole. Simplement, une relation dans l'ensemble positive avec un voisin important. C'est la traditionnelle visite inaugurale de tous les chanceliers allemands après une élection : au président français. C'est pourquoi Olaf Scholz s'envole aujourd'hui pour Paris, où il sera accueilli à l'Élysée par Emmanuel Macron. Il se rendra ensuite à Bruxelles. En tant que Hambourgeois, Scholz est plus proche du monde anglo-saxon que du monde français, il parle couramment l'anglais, on ne sait rien de tel de son français. Les relations entre les chanceliers allemands et leurs homologues français font toujours l'objet de nombreuses spéculations et projections : Merkel et Macron, Merkel et Sarkozy, Merkel et Chirac, Chirac et Schröder, Kohl et Mitterrand - il y a toujours eu beaucoup à interpréter, à comprendre. On a inventé des noms comme "Merkozy" ou "Mercron". Et il y a toujours eu les mêmes malentendus et les mêmes fronts à surmonter. Le cliché allemand classique selon lequel les Français "veulent notre argent" est bien sûr une absurdité. Le revers de la médaille est l'agacement français face à la rigidité budgétaire allemande qui entraverait la croissance européenne. Notre correspondante à Paris Britta Sandberg m'écrit : "Scholz sera accueilli à Paris avec impatience, mais sans suspicion. Scholz n'est pas un inconnu pour Macron, il est déjà venu plusieurs fois à l'Élysée. Le président Macron a présenté hier après-midi dans la salle des fêtes de l'Élysée ses projets ambitieux pour la présidence française du Conseil à partir du 1er janvier 2022. Macron a annoncé vouloir restructurer l'espace Schengen et assouplir les règles budgétaires strictes de l'UE. Et bien sûr, il espère aussi l'aide de Scholz pour cela." Scholz est un social-démocrate, et les Français ont souvent projeté des espoirs sur eux dans le passé - mais Scholz est un social-démocrate fidèle à la fiscalité et il a un FDP au sein du gouvernement qui ne veut pas d'assouplissement des règles budgétaires européennes. Il y a aussi des Verts qui sont assurés de ne pas vouloir se lier d'amitié avec le renouveau français de l'énergie atomique. La position de départ n'est pas facile. Mais cela n'a jamais été le cas, et finalement l'Allemagne et la France ont dû de toute façon trouver des solutions pragmatiques, le plus souvent sous la pression des événements. Par conséquent, la distance entre les positions n'est pas si importante, mais si vous vous faites confiance. C'est l'une des raisons pour lesquelles c'est une tradition importante et bonne que les chanceliers allemands se rendent d'abord à Paris - et vice versa. C'est ce que j'appelle un point de vue adulte sur une relation avec un partenaire étranger important : - Rejet des stéréotypes ("les Français en veulent à notre argent"), volonté de négocier de façon pragmatique, et espoir de maintenir un climat de confiance. Mais aucune illusion romantique sur un prétendu "couple". Il y a un partenaire important, tout comme - de manières différentes - Amérique, Russie et Grande-Bretagne sont des partenaires importants, et il est important de maintenir une bonne relation. Ni plus, ni moins - Un regard clair sur les intérêts de part et d'autre - surtout lorsqu'ils sont différents - sur les desiderata du partenaire (assouplir les règles budgétaires... ah bon ?) ainsi que sur ses propres limites (assouplir les règles budgétaires, pas question) et sur les sujets où il va bien falloir accepter de ne pas être d'accord (le nucléaire) Précisons que Spiegel est un journal très européiste et plutôt centriste voire centre-gauche politiquement. Bref, très proche de ce qu'est chez nous le macronisme ==>En Allemagne, même les équivalents des macronistes ont un point de vue adulte ! M.... on a l'air un peu c... nous par comparaison Le jour où nous aurons ce genre d'attitude vis-à-vis de notre voisin du Nord-Est, je pense que ça nous fera beaucoup de bien
  2. Ce sont les secouristes qui arrivent. Ne pas déranger.
  3. Chauffage électrique + Electricité nucléaire = Tranquillité l'hiver
  4. Une certaine créativité diplomatique du côté américain tout de même. Certains éléments des discussions de Joe Biden avec Vladimir Poutine ont filtré, et le président américain cherche clairement à trouver des solutions, quitte à sortir des sentiers battus. "Vous savez, si j'étais vous, je m'attaquerais à la Finlande ", déclare Biden pour tenter de dissuader Poutine d'envahir l'Ukraine WASHINGTON-Dans le but de dissuader le dirigeant russe d'envahir l'Ukraine, le président Joe Biden aurait déclaré mercredi à Vladimir Poutine : "Vous savez, si j'étais vous, je m'attaquerais à la Finlande". "L'Ukraine, c'est cool et tout, mais la Finlande a un huitième de la population et deux fois le PIB - ce serait un jeu d'enfant à annexer, vraiment", a déclaré Joe Biden lors d'un appel téléphonique, dans l'espoir d'éviter une crise mondiale en convainquant Poutine que, parmi tous les pays limitrophes que la Russie pourrait éventuellement attaquer, la petite nation scandinave est celle qui en a le plus "pour son argent". "Écoutez, je n'essaie pas de marcher sur vos plates-bandes ; je vous rappelle simplement que vous avez des options. Pourquoi voudriez-vous un pays slave de toute façon ? Vous êtes déjà un pays slave, ça n'a aucun sens. Honnêtement, je doute qu'ils se battent vraiment. En plus, je viens de Googler la Finlande, et wow, ça a l'air magnifique. Vous ne pouvez pas visiter le village du Père Noël en Ukraine". Au moment de mettre sous presse, Biden a ajouté qu'envahir la Finlande mettrait également Poutine en parfaite position pour envahir la Suède.
  5. Le Sénateur Roger Wicker (Républicain) est très remonté. Voire, il pète de santé ! Joe Biden devrait envisager une frappe nucléaire sur la Russie au sujet de l'Ukraine, selon un sénateur républicain Lors d'un entretien avec Neil Cavuto sur Fox News le 7 décembre, il a également déclaré que l'envoi de troupes en Ukraine était une autre option que le président Joe Biden devrait garder dans son jeu. Il a déclaré : "Nous commençons à faire une erreur lorsque nous retirons des options de la table. J'espère que le président gardera cette option sur la table". Cavuto a demandé des précisions sur ce que signifie une action militaire. Wicker a répondu que les Etats-Unis devraient envisager à la fois plus de présence sur le terrain en Ukraine et une frappe nucléaire. Il a dit : "Une action militaire pourrait signifier que nous nous tenons à distance avec nos navires dans la mer Noire et que nous faisons pleuvoir la destruction sur les capacités de la Russie, cela pourrait signifier cela. Cela pourrait signifier que nous participons, je ne l'exclurais pas, pas plus que je n'exclurais la présence de troupes américaines sur le terrain. Nous n'excluons pas une action nucléaire en première frappe, nous ne pensons pas que cela se produira, mais il y a certaines choses dans les négociations, si vous voulez être dur, que vous ne retirez pas de la table." Voilà un mec qui "en a" ... Ou alors un fou furieux, je ne sais pas ?
  6. C'est LE point crucial. Les Etats-Unis nous aident au Sahel parce qu'ils ont intérêt à le faire et pas pour une autre raison. Ils ont d'ailleurs raison de veiller à leurs intérêts. Ce n'est pas anormal pour une nation de s'en occuper... c'est même bien naturel ! Mais c'est là la raison de leur aide. Notre participation, ou non, à l'OTAN n'a rien à y voir.
  7. Et qu'est-ce que tu fais après localisation ? Il faut coupler avec du Mica NG à mon avis.
  8. MK Bhadrakumar est un analyste géopolitique indien de longue date et de longue expérience. A-t-il raison dans ce texte ? Je ne sais pas, en tout cas la thèse se tient... et elle n'est pas désagréable Macron prend sa revanche géopolitique pour la trahison d'AUKUS Le président français frappe l'axe anglo-saxon en Asie de l'Ouest là ça fait le plus mal : aux EAU et en Arabie saoudite Ce qui distingue les grandes puissances comme la France, c'est leur sens de l'histoire et leur compréhension profonde de la temporalité de l'expérience historique - ou comment leur passé, leur présent et leur avenir sont censés être liés dans leur diplomatie internationale. C'est pourquoi le pacte AUKUS entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie était une erreur catastrophique. On peut pardonner à l'Australie d'être une nation de troisième rang sans importance, mais les États-Unis et la Grande-Bretagne auraient dû savoir que la France réglerait dûment ses comptes le moment venu. Et le moment est venu, de la manière la plus inattendue qui soit, puisque le président français Emmanuel Macron a frappé l'axe anglo-saxon en Asie occidentale là où ça fait le plus mal : aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite. Lors de sa visite aux Émirats arabes unis vendredi dernier, M. Macron a réussi un coup diplomatique de taille en obtenant un contrat de 19 milliards de dollars pour 80 avions de combat Rafale de fabrication française, la plus grosse commande internationale jamais passée pour ces avions. (...) M. Macron a exploité l'impatience des Émiriens face à l'hésitation du président américain Joe Biden à approuver un accord sur les F-35, dans un contexte d'inquiétude quant aux relations entre les Émirats arabes unis et la Chine, notamment en ce qui concerne la prévalence de la technologie 5G (cinquième génération de télécommunications sans fil) de Huawei dans le pays. L'administration Biden s'est assise sur le marché des avions de combat furtifs F-35 des Émirats arabes unis, qui constituait en quelque sorte un complément aux accords dits d'Abraham sur l'établissement de relations diplomatiques entre Israël et les Émirats, qui ont permis à l'ancien président Donald Trump de remporter un triomphe en matière de politique étrangère en Asie occidentale dans les derniers jours de son mandat. (...) En avril, un porte-parole du département d'État américain a déclaré à propos de l'accord de 23 milliards de dollars : "Nous pouvons confirmer que l'administration a l'intention d'aller de l'avant avec ces ventes de défense proposées aux Émirats arabes unis, même si nous continuons à examiner les détails et à consulter les responsables émiriens pour nous assurer que nous avons développé des accords mutuels en ce qui concerne les obligations émiriennes avant, pendant et après la livraison...". "Nous prévoyons un dialogue solide et soutenu avec les Émirats arabes unis pour [garantir] que tout transfert de défense réponde à nos objectifs stratégiques mutuels afin de construire un partenariat de sécurité plus fort, interopérable et plus performant. " L'administration Biden a ajouté une mise en garde selon laquelle les Émirats arabes unis doivent revenir sur les liens solides qu'ils entretiennent avec la Chine et imposer des restrictions quant aux lieux et aux circonstances dans lesquels les F-35 peuvent être utilisés. En clair, les Émirats arabes unis paieront une fortune pour acheter le F-35, mais son utilisation sera sous contrôle américain et, deuxièmement, il ne s'agira peut-être même pas de la version la plus avancée du nouvel avion de combat (qu'Israël a obtenu). Si les dirigeants des Émirats arabes unis se sont sentis humiliés, ils n'ont pas montré leurs sentiments. Mais la nouvelle façon de penser de la politique régionale des EAU ces derniers temps parle d'elle-même. L'accord sur le Rafale peut être comparé à l'accord conclu par la Turquie avec la Russie pour des missiles S-400 après les tergiversations américaines concernant l'intérêt d'Ankara pour les missiles Patriot. Les EAU se sont également détournés des États-Unis pour se tourner vers d'autres sources d'achat d'armements avancés, sans conditions attachées. (...) Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a eu un entretien téléphonique avec le prince héritier des Émirats arabes unis, le cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, dimanche. Selon le communiqué du département d'État, ils ont "discuté d'importantes questions régionales, réaffirmé le partenariat solide entre leurs deux pays et discuté des moyens d'élargir et d'approfondir leur vaste coopération". La vérité, c'est que Blinken a l'air malin maintenant. Quelques semaines après avoir pris l'initiative de former un groupe exclusif d'Asie occidentale (baptisé "Quad.2") avec Israël, les Émirats et l'Inde, voilà que les Émirats ont pris une direction opposée, à savoir la normalisation des relations avec la Syrie, la Turquie et l'Iran (qui ne sont pas en bons termes avec les États-Unis et/ou Israël). (...) D'Abu Dhabi, Macron s'est rendu en Arabie saoudite pour rencontrer le prince héritier Mohammed bin Salman. Le symbolisme est écrasant. Macron est devenu le premier grand dirigeant occidental à se rendre en Arabie saoudite et à rencontrer MBS depuis qu'il a été impliqué dans le meurtre de Jamal Khashoggi il y a trois ans. (...) M. Biden est entré à la Maison-Blanche en condamnant l'Arabie saoudite comme un État "paria" en raison des violations des droits de l'homme et a promis qu'il ne traiterait pas avec le prince héritier. Mais Washington a récemment commencé à faire marche arrière, se rendant compte de l'impératif de s'engager avec Riyad sur nombre de ses objectifs politiques, notamment les marchés de l'énergie. Une délégation de la Maison-Blanche s'est rendue à Riyad la semaine dernière, à la veille de la réunion de l'OPEP+ de jeudi, afin d'accroître l'offre de pétrole pour refroidir les prix qui ont alimenté l'inflation aux États-Unis. Avec Macron à ses trousses, Biden subit des pressions pour ravaler sa fierté et parler avec le prince héritier saoudien, qui est le dirigeant de facto. C'est peut-être le prix ultime qu'il devra payer pour la trahison d'AUKUS infligée à la France.
  9. Tout à fait. C'est une des raisons pour lesquelles Gorbatchev est si mal considéré en Russie aujourd'hui, représenté au mieux comme un naïf qui se serait contenté d'assurances verbales, quand ce sont des traités qu'il aurait fallu exiger. C'est aussi la raison pour laquelle la Russie demande un engagement formel des Etats-Unis de ne pas étendre l'Alliance atlantique à l'Ukraine. Des assurances autre que formelles dans un traité n'ont pas de valeur aux yeux du gouvernement russe actuel. Oui. C'est aussi la raison pour laquelle la Russie n'a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Nord et de l'Abkhazie en août 2008 qu'après que la plupart des pays de l'OTAN et de l'Union européenne ont reconnu celle du Kosovo en février 2008. Moscou s'était bien gardé auparavant de reconnaître ces Etats, nés dans des conditions contestables en 1992 suite au refus des habitants de ces régions de transférer leur loyauté de l'Union soviétique à la Géorgie, tout comme le Kosovo était né dans des conditions contestables en 1999 suite à une offensive de l'OTAN. La Russie a clairement adopté la même attitude lors du référendum qu'elle a organisé en Crimée - dans des conditions évidemment contestables, même si contrairement aux guerres d'Abkhazie et d'Ossétie du Nord de 1992 et à celle du Kosovo de 1999, du moins il n'y a pas eu mort d'homme en 2014 en Crimée. Ce qui revient à considérer que le Kosovo a "fait jurisprudence". Evidemment contestable en droit, mais disons que c'est plus facile du point de vue des Etats qui n'ont pas reconnu le Kosovo, tels Espagne, Grèce, Iran ou Inde... et un peu plus difficile du point de vue des autres. Quant à la réintégration de la Crimée dans l'Ukraine, elle est tout aussi probable que celle du Kosovo dans la Serbie. Même problème dans les deux cas : la majorité des habitants de ces territoires ne veut pas en entendre parler. Eminemment condamnable en effet. Cela dit, la Russie a été "à bonne école"... Academi, ex-Blackwater, est bien une "société militaire privée", c'est-à-dire en pratique une troupe de mercenaires, déjà très active lors de la guerre et de l'occupation de l'Irak à partir de 2003. L'utilisation de mercenaires ayant pour le pays commanditaire l'avantage de diminuer les pertes apparentes et surtout de pouvoir disposer d'une troupe qui ne soit pas soumise au Code militaire. Wagner a été fondé en 2013, plus d'une décennie après Blackwater. La Russie rattrape, et elle y met du sien on est d'accord ! Mais il s'agit bien de rattrapage. Le mot d'ordre implicite face à Etats-Unis ou OTAN est "Nous ne serons pas meilleurs que vous, nous nous alignerons sur vos actes" Je soupçonne que c'est un ressort psychologique profond pour les Russes dans la phase actuelle. Je le vois aussi à l'œuvre d'ailleurs dans la méthode choisie pour forcer l'organisation d'un référendum en Crimée : des soldats sans insigne prennent le contrôle du parlement de Simféropol et "expliquent" aux députés qu'ils vont appeler à ce référendum... moins d'un mois avant que d'autres combattants eux aussi sans insigne ont pris le contrôle du parlement de Kiev et "expliqué" aux députés d'une part que le parti le plus favorable aux relations à la Russie n'a plus le droit de siéger, d'autre part qu'ils vont porter au pouvoir un gouvernement avec Untel et Untel. Bien sûr, en février 2014 à Kiev c'était des miliciens néofascistes (partisans revendiqués de Bandera) et en mars 2014 à Simféropol c'était des soldats russes. D'autre part, contrairement à Kiev, il n'y a pas eu mort d'homme à Simféropol. Mais ces opérations sont quand même des images en miroir l'une de l'autre... Le message implicite c'est "Vous utilisez des miliciens néofascistes, nous nous ferons la même chose avec des soldats russes (et nous sommes meilleurs que vous !)" Quand la guerre du Kosovo a commencé, suite au refus par la Serbie des exigences de l'OTAN lors de la Conférence de Rambouillet en mars 1999, avec notamment le point inacceptable pour la partie serbe d'une force OTAN qui aurait occupé le Kosovo et aurait eu le droit de se déplacer librement dans tout le reste de la Serbie - un statut d'occupation de fait - plusieurs ont fait le parallèle avec les exigences de l'Autriche-Hongrie en juillet 1914, avec précisément le même point d'une occupation de la Serbie par les troupes austro-hongroises (point 5 de l'ultimatum) - statut d'occupation de fait - menant au refus de ces exigences par la Serbie, d'où offensive militaire de Vienne, et finalement Première Guerre Mondiale. Et ont craint que l'affaire du Kosovo ne mène à une nouvelle guerre mondiale. Peu de temps après, les événements les ont bien entendu rassurés. Aucune guerre mondiale n'avait commencé. A moins que ?... Une des manières d'interpréter le cours des événements par la suite, c'est qu'une guerre mondiale a bien commencé en 1999. Plus précisément la Russie, s'étant relevé du nadir de son effondrement (que l'on peut fixer à 1998), s'est bien mise en marche pour la guerre, et en attendant pour la défense et pour l'ordre : - Manœuvres Zapad-1999 en juin 1999 avec exercice de bombardement nucléaire dans le cadre d'une guerre majeure - y compris ne mettant pas en jeu la survie de la Russie - de façon à compenser l'infériorité conventionnelle russe, et alignement officiel de la stratégie nucléaire l'année suivante - En août 1999, nomination par le président Eltsine comme chef du gouvernement du directeur du FSB de l'époque, jusque là un relatif inconnu resté dans l'ombre. Son nom : Vladimir Poutine - A partir de 2000, le nouveau président organise la "verticale du pouvoir", bref restaure l'autorité de l'Etat jusque là éparpillée dans de multiples chefferies, grands féodaux et autres groupes criminels. Autorité qu'il confondra rapidement avec la sienne propre, devenant un autocrate de fait - Retrouvant une puissance, la Russie s'affirmera progressivement comme un adversaire stratégique de l'Ouest. Ou sera conduite voire forcée de le faire, les deux interprétations sont possibles, voire ne s'excluent pas Parler de guerre mondiale est certes une exagération. Mais l'opposition stratégique est bien réelle, de plus en plus affirmée, et structurante d'une part pour la structure OTAN - qui a enfin retrouvé une raison d'être, youpi ! - et tout autant pour la Russie - qui s'est enfin trouvé une mission et une "idée nationale", youpi ! Et naturellement aussi pour les personnes et les intérêts très concrets qui travaillent et profitent de l'OTAN. Et pour les personnes et les intérêts très concrets qui autour de Poutine dominent la Russie - avec ses ressources naturelles. Et ne continueraient sans doute pas très longtemps à le faire sans la tension qu'introduit dans le pays la nécessité perçue de tenir tête à des adversaires si puissants - étant donné qu'à part défense et politique étrangère, le reste de leurs résultats n'est pas brillant-brillant... Et même si elle est avant tout européenne et moyen-orientale, l'opposition s'est d'une certaine façon étendue aussi au Pacifique, par l'intermédiaire du spectaculaire rapprochement opéré par Moscou avec Pékin suite à la guerre civile ukrainienne. L'ultimatum otanien de mars 1999 est bien un moment crucial. Comme, d'une autre manière, l'avait été l'ultimatum austro-hongrois du 23 juillet 1914.
  10. Je n'y crois pas du tout, la menace ne me semble pas crédible. La Russie est indispensable à l'économie mondiale, essentiellement par ses exportations de combustibles fossiles pétrole et gaz. Notamment, elle produit 12% du pétrole mondial. Si le Monde était privé brutalement de 12% de son pétrole, étant donné que nous sommes proches du pic et que pas grand monde n'a de capacité de production inutilisée sous le coude... l'économie mondiale risquerait de ne vraiment pas apprécier. Naturellement la Russie chercherait à continuer à exporter son pétrole et son gaz - et ses clients chercheraient à continuer à acheter. Comment faire ? Le réseau SPFS russe ne fonctionne pour l'instant qu'à l'intérieur de la Russie, les "pourparlers" pour se connecter avec Chinois, Turcs ou Iraniens ne sont que des pourparlers - et de toute façon la Russie a beaucoup de clients en dehors de ceux-là. Il ne peut être une solution, du moins pas à court terme. Que reste-t-il ? Eh bien l'or bien sûr ! Ou en version plus moderne le ₿... Ce serait assez folklorique ! Tel pays pourrait dire à la Russie "Envoie ton pétrole, je t'envoie un avoir sur mes réserves d'or". Moscou, qui suite à son exclusion de Swift risquerait d'être grognon voire taquin pourrait répondre "Contre un avoir sur tes réserves d'or, pas de souci je t'envoie un avoir sur mes réserves de pétrole ! Sinon, on peut aussi parler de livraison physique c'est comme tu le sens" Le marché de l'or peut apparaître un peu vieillot, mais il reste toujours à l'arrière de l'esprit de ceux qui se rappellent que les crises financières ça existe. Et ce n'est pas par hasard que le prix de l'or a triplé depuis 2008. Un pays majeur qui se mettrait à utiliser l'or pour la compensation de ses échanges internationaux, échanges se trouvant être indispensables à l'équilibre énergétique de la planète, ça risquerait de donner à penser à plus d'un. Evidemment, si le système financier international était d'une solidité à toute épreuve, ça n'aurait pas d'importance. Mais comme ça se trouve... il n'apparaît pas si sûr sûr que ça. Quant à l'utilisation du Bitcoin, je ne suis pas sûr que la Russie irait jusque là pour troller les Etats-Unis. Mais en fait, qui sait ? Je n'imagine pas les Etats-Unis prendre ce genre de risque. Evidemment, risquer de gêner la seule Allemagne en contraignant ses importations de gaz russe - blocage de Nord Ström II - ça c'est un risque acceptable. Tout à fait acceptable, même Les Etats-Unis sont tout à fait prêts à faire la guerre à la Russie. Jusqu'au dernier Ukrainien ! Jusqu'au dernier euro d'importation européenne de gaz ! La défense de la démocratie, c'est fondamental.
  11. Les hussards ailés reviennent ! Et les hussards ailés arrivèrent...
  12. Il s'agit de James Baker, alors Secrétaire d'Etat des Etats-Unis. Les échanges avec Gorbatchev à ce sujet ont été enregistrés de la même manière par les parties russe et américaine. Ce qui maintient la controverse sur l'existence ou non d'une promesse, c'est l'interprétation des échanges qui est différente dans le discours officiel américain actuel et le discours russe actuel. Le 9 février 1990, Gorbatchev rencontre le secrétaire d’État américain, James Baker, au Kremlin. Au cours d’une discussion étendue, Baker demande : « Je veux vous poser une question à laquelle vous n’êtes pas obligé de répondre maintenant. En supposant que l’unification [de l’Allemagne] ait lieu, qu’est-ce qui est préférable pour vous : une Allemagne unifiée en dehors de l’otan, entièrement indépendante (la version russe dit, samostoiatel’naia), sans troupes américaines, ou bien une Allemagne unie, qui maintient les liens avec l’otan, mais avec la garantie que ni la juridiction ni les troupes de l’otan ne s’étendront à l’est de la ligne actuelle ? » Gorbatchev répond : « Nous allons réfléchir à tout cela. Nous avons l’intention de discuter toutes ces questions au niveau de la direction. Il est entendu, c’est clair, que l’élargissement (rassihirenie) de la zone de l’otan est inacceptable (iavliaetsia nepriemlemym). » Et Baker de répondre : « Nous sommes d’accord avec cela » A noter toutefois que quelqu'un comme le dernier ambassadeur américain en Union soviétique, Jack Matlock, Républicain, soutient qu'il y a bien eu engagement de ne pas étendre l'OTAN. Quoi qu'il en soit de l'interprétation de ces échanges, il est certain que le non-respect de ce qui a été perçu par les Russes comme un engagement est un facteur important de la perception de l'Alliance atlantique par Moscou, et de la valeur donnée aux engagements pris par Washington. Même s'il y a certes d'autres facteurs, comme la guerre d'agression de l'OTAN contre la Serbie en 1999 et la victoire obtenue par bombardement stratégique des infrastructures civiles serbes. C'est ce contexte qui avait décidé la Russie en juin 1999 - alors que les bombardements continuaient - à changer la doctrine d'emploi de ses forces nucléaires en prévoyant en cas de guerre un recours plus rapide aux armes nucléaires, afin de renforcer sa dissuasion contre une éventuelle agression. Moscou, inquiet de voir l'Alliance atlantique se transformer en alliance agressive, émettait avec force le message "Attention, nous ne sommes pas la Serbie !". Tous ces événements appartiennent désormais à l'Histoire, et ne peuvent plus être changés. Ce qui reste à écrire, c'est la suite.
  13. On peut certainement poser la question, même si on n'aura évidemment jamais de certitude sur l'issue d'une telle uchronie. Je soupçonne que ce qui a pesé lourd dans la balance, c'est le fait que l'accord d'attribution de la base de Sébastopol courait jusqu'en 2017. Moscou a pu soupçonner qu'un gouvernement ukrainien insurrectionnel au minimum pro-américain, voire très influencé par Washington, abandonnerait les avantages économiques pour l'Ukraine de cette base juste pour handicaper sérieusement la stratégie de la Russie en Mer Noire et en Méditerranée. Ca, plus bien sûr le spectacle de miliciens néofascistes (héritiers revendiqués de Bandera) menant l'assaut sur le parlement à Kiev en renversant un gouvernement démocratiquement élu, pendant que les pays occidentaux applaudissaient à la révolution démocratique. Je ne sais pas comment on dit "Faut pas pousser grand-mère dans les orties" en russe, mais...
  14. Je peux te montrer un tsar président de Russie que la plupart de ses administrés s'accordaient à reconnaître faible C'est exactement ça, oui. Suivant le même raisonnement, et tenant compte du fait que l'UE aussi sera éternelle, je milite personnellement pour le regroupement du Bénélux, de la rive gauche du Rhin, du Piémont, de la Lombardie et de la Catalogne dans le cadre français. La facilité administrative, c'est important
  15. Le texte d'Alexis (Oleksii) Reznikov est intéressant. Quelques commentaires Cela fait maintenant presque huit ans que la Russie a attaqué l'Ukraine. L'agression russe n'a pas cessé depuis et fait désormais partie de la vie quotidienne. Faux. La guerre dans le Donbass oppose des Ukrainiens à d'autres Ukrainiens. C'est la suite de la guerre civile déclenchée par le renversement du président ukrainien élu en février 2014. Ce qui est vrai, c'est que la Russie a empêché le nouveau gouvernement ukrainien d'écraser ses opposants du Donbass comme il a écrasé ses opposants dans le Sud-Ouest de l'Ukraine, voir les plus de 40 opposants brûlés vifs à Odessa en 2014. Et c'est bien la Russie qui équipe et appuie les Ukrainiens du Donbass opposés à Kiev. Nous sommes devenus indifférents au flux incessant de désinformation du Kremlin et nous nous sommes habitués aux tentatives des dirigeants russes de nier le droit à l'existence de l'Ukraine. Vrai. La propagande d'Etat dans les médias russes - TV en premier lieu - n'a pas cessé depuis 2014 d'alimenter une sorte d'hystérie au sujet de l'Ukraine. Dernièrement - 1 ou 2 ans ? - il y a eu un changement qualitatif inquiétant, puisque c'est la légitimité de l'existence de l'Ukraine comme Etat indépendant qui est désormais mise en cause couramment. Ce changement pose en filigrane la question de l'évolution du pouvoir personnel de Vladimir Poutine, en poste depuis plus de 20 ans, et pour tout dire de sa stabilité personnelle. La puissante armée russe peut certainement avancer en force, mais les troupes russes ne seront pas en mesure de tenir les territoires qu'elles prendront. Au contraire, les terres ukrainiennes occupées brûleront sous leurs pieds. Dans le scénario - qui reste heureusement peu probable - où la Russie envahirait une partie importante de l'Ukraine, une résistance et guérilla armée continuerait très probablement après la victoire des troupes russes. Cela dit, les Ukrainiens ne sont ni des Irakiens ni des Afghans ni des Tchétchènes, que ce soit du point de vue de l'idéologie ou du point de vue de la démographie, tandis que le territoire ukrainien n'est pas constitué de multiples vallées comme Afghanistan ou Tchétchénie. Le plus vraisemblable est que la Russie aurait davantage de pertes durant la conquête que lors de la totalité de l'occupation qui suivrait - l'inverse de l'expérience américaine en Irak ou otanienne en Afghanistan. L'apparition soudaine de trois à cinq millions de réfugiés ukrainiens fuyant l'invasion russe ne serait qu'une des nombreuses préoccupations majeures de la société européenne. Dans ce scénario extrême, cela parait assez vraisemblable oui. La seule façon réaliste de traiter avec le Kremlin est de montrer que nous sommes prêts à faire face à l'agression russe. Nous devons convaincre Moscou que le prix d'une nouvelle offensive serait trop élevé pour être envisagé. Ce prix se traduirait en termes purement militaires et sous la forme de répercussions négatives sur le plan politique, économique et social. Oui... mais. Mais cette stratégie serait incomplète, déséquilibrée voire dangereuse. En apportant un soutien inconditionnel à Kiev, les Européens pourraient laisser croire aux partisans de la guerre dans le Donbass qu'ils ont le champ libre, qu'ils peuvent lancer l'offensive pour écraser les pro-russes parce que la menace économique européenne retiendra le bras de Moscou qui n'osera pas secourir ses protégés. Voilà qui augmenterait le risque d'une grande guerre plutôt que de le diminuer ! Seule une stratégie équilibrée peut être réaliste. Faire pression à la fois sur Moscou et sur Kiev, pour que la Russie n'envahisse pas l'Ukraine, pour que l'Ukraine ne tente pas une solution militaire à la question du Donbass. Le mot d'ordre serait : "Guerre économique au premier qui commence !" Si les Européens ne sont pas capables de s'entendre sur une stratégie de ce genre - et vu la perméabilité de la plupart aux impulsions et injonctions venues d'Amérique, par le biais de la courroie de transmission OTAN - alors il ne leur reste que deux options raisonnables : 1. Se dégager de toute responsabilité et tout engagement quant au conflit ukraino-russe 2. Mettre clairement le marché en main à Kiev : soit il applique maintenant le plan de paix de Minsk tandis que les Européens motivent Moscou par la perspective de la levée des sanctions si la Russie pousse les Ukrainiens pro-russes à eux aussi appliquer le plan, soit les Européens mettront fin unilatéralement à leurs sanctions envers la Russie et laisseront les Ukrainiens se débrouiller comme ils pourront A noter que cette deuxième option pourrait être décidée par un pays européen seul, sans même besoin de la faire approuver d'abord par les autres membres de l'UE. En effet, les sanctions contre la Russie ne sont décidées que par périodes de six mois, et renouvelées régulièrement par une décision qui doit être unanime. Donc, oui, même la France seule pourrait appliquer cette stratégie. La situation actuelle de l'Ukraine est très mauvaise pour ce pays, et aussi, à peine moins, pour la Russie. Et encore, indirectement, pour les autres pays européens. Parmi les pays impliqués, seuls les Etats-Unis n'en souffrent pas. Mettre fin à cette situation n'est possible que d'une seule manière. En appliquant les accords de Minsk. Et même la France seule a les moyens de "forcer" le choix entre application rapide des accords de Minsk - pour enfin refermer ce conflit ! - et se laver les mains de cette affaire et laisser les Européens de l'Est - c'est-à-dire les Russes et les Ukrainiens - se débrouiller comme ils le voudront. De même que nous laissons les Indiens et les Pakistanais se débrouiller comme ils veulent de leur conflit au Cachemire : humainement nous leur souhaitons évidemment le meilleur, mais pratiquement nous prenons garde à ne pas nous impliquer dans ce conflit et à ne pas en être éclaboussés.
  16. Hein ? L'Inde a racheté l'Olympique de Marseille et personne ne m'a rien dit ?
  17. Tu veux dire ceux qui pensent que le F-35 est finlandais, tout comme un personnage très connu ?
  18. L'attaque préventive, la seule stratégie valide ? Avec la Russie ? Euh... Tout à fait vrai. Allez, on peut se le permettre : Mais bien sûr, y a le risque de faire fuir nos voisins européens ... Oh mais ils sont déjà en train de s'éloigner, étant donné qu'on est pas assez NATO-aligned ! Alors, on peut y aller
  19. C'est un bon prospect. En plus, ça rassurerait @rendbo, rapport à ses valeurs personnelles
  20. Absolument. J'ajouterais que l'embrouille journalistique n'est même pas de très haute volée... Iltalehti est la source unique de l'information reprise par d'autres titres en mode "caisse de résonance". Et Iltalehti c'est ça Iltalehti est un journal finlandais au format tabloïd paraissant six jours par semaine2. (...) Le journal est très axé sur l'actualité people. (...) Il s'inscrit dans la lignée de périodiques satiriques finlandais comme Uusi Päivä (1917-1918) ou Iltalehti (1919–1930) C'est un peu comme si Voici ou Closer annonçaient une décision fondamentale pour la Défense française ! Sur la base de leur sources spécifiques et uniques ... Il est clair que le F-35 a ses chances, parce que les Etats-Unis peuvent garantir un approvisionnement massif en munitions en cas de guerre et que leur statut de superpuissance leur permet de "projeter" une ombre protectrice - ou du moins d'en donner l'illusion. Il est clair qu'il a des défauts importants, entre mauvais taux de disponibilité, coût de MCO prohibitif, faible emport en armes, faible allonge, déverminage loin d'être terminé et fragilité du concept tactique "je mise tout sur la furtivité EM avant, aux dépens du reste". On ne connaît pas encore la conclusion des forces armées finlandaises.
  21. Il y a clairement un objectif. Je ne suis pas sûr qu'il soit à court terme seulement, parce qu'une éventuelle "descente en tension" dans les prochains mois n'empêcherait pas de remonter en tension plus tard - de même que la montée en tension du printemps dernier a été suivie d'une accalmie. Ceci, de ce que j'ai compris, plutôt par retour des soldats dans leurs baraquements habituels, mais en laissant une bonne partie du matériel près de la frontière - manière de limiter les coûts du déploiement tout en se laissant la possibilité de "revenir" plus rapidement. L'objectif le plus probable et de loin, c'est tout simplement de s'assurer que Kiev ne fait pas de bêtises dans le Donbass. Le contexte gagne à être rappelé (...) Depuis le début de cette année, les violations du cessez-le feu augmentent significativement. Lors du premier trimestre 2021, l’OSCE en a compté 8’676, dont deux tirs d’artillerie [ou de chars]. Et elle a constaté la présence de 527 armes théoriquement interdites par les accords de Minsk près de la ligne de front. Pour le second, le nombre de violations a quasiment triplé [26’757 cas], quand celui des tirs d’artillerie ont été multiplié par 100 [212 constatés, ndlr]. Et, malgré le brouillage de ses drones de surveillance et d’observation, la mission de l’OSCE a repéré 673 armes qui n’étaient pas censées se trouver près de la ligne de contact. (...) Quoi qu’il en soit, les forces ukrainiennes ne sont pas non plus en reste, l’OSCE indiquant régulièrement qu’elles déploie aussi des armes prohibées près de la ligne de contact. Et à l’instar des séparatistes, soupçonnés d’être matériellement soutenus par la Russie, ces dernières bénéficient également d’un appui extérieur, notamment fourni par les États-Unis [via la livraison de missiles anti-chars Javelin] et… la Turquie. L’an passé, Kiev a annoncé la commande de 48 drones tactiques Bayraktar TB2 auprès du constructeur turc Baykar. Ces appareils devaient alors compléter les 12 exemplaires précédemment acquis et mis en oeuvre [depuis mars 2019, nldr] par les forces ukrainiennes. Jusqu’à présent, et alors qu’il a été avancé que, en Libye, ces drones tactiques turcs avaient changé le rapport de forces entre les milices loyales au gouvernement d’union nationale [GNA], soutenu par Ankara, et l’Armée nationale libyenne [ANL] du maréchal Khalifa Haftar, les forces ukrainiennes n’en avaient jamais utilisé pour frapper des positions tenues par les séparatistes. C’est désormais chose faite. (...) L’obusier des séparatistes ayant été détruit, les forces ukrainiennes ont lancé avec succès un assaut pour reprendre le contrôle de la localité de Staromaryevka, située non loin de Granitne. Ce qu’ont confirmé les séparatistes… Le rapport de force au Donbass est simple : les forces de Kiev pourraient écraser les séparatistes, mais les forces russes pourraient écraser celles de Kiev Comme les combats continuent au Donbass, comme Kiev semble bien actif dernièrement jusqu'à introduire des armes nouvelles et à chercher à changer la ligne de front et à créer des faits accomplis sur le terrain, Moscou vise à intimider Kiev afin de le dissuader d'aller jusqu'à mettre la Russie devant l'alternative de : 1) soit abandonner les prorusses du Donbass - ce qui "tuerait" politiquement Poutine et qu'il refuserait certainement 2) soit faire la guerre à plus grande échelle et tout à fait ouvertement au Donbass - ce qui donnerait prétexte à Washington pour faire pression sur les Européens afin qu'ils mènent une guerre économique plus intense contre la Russie, à leurs propres frais, sans qu'il en coûte grand chose aux Etats-Unis Le plus probable, c'est qu'avec toutes les inquiétudes et les intimidations, c'est la raison qui l'emportera, Kiev va se calmer vis-à-vis du Donbass et Moscou restera calme vis-à-vis de l'Ukraine. Mais ce n'est pas garanti. Ce genre de "jeu" est dangereux. C'est le redémarrage de l'implémentation des accords de Minsk qui serait l'option la plus prudente.
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